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Full text of "Une page d'histoire de la medecine : la thérapeutique sous les premiers Césars"

Jerry Stannard 
459 Channing Ave. 
Westfield,New Jersey 



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Gift of 
KATHERINE MOORE STANNARD 

In Memory of 
PROFESSOR JERRY STANNARD 





















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UNE PAGE D'HISTOIRE DE LA MÉDECINE 



LA 



THÉRAPEUTIQUE 



SOUS LES PREMIERS CESARS 



R. LEPINE 



PROFESSEUR A LA FACULTE DE MEDECINE DE LYON 
CORRESPONDANT DE l/iNSTITUT 



PARIS 

ANCIENNE LIBRAIRIE GERMER BAILL1ÈRE ET Ci* 

FÉLIX ALCAN, ÉDITEUR 

108, BOULEVARD SAINT- GERMAIN, 108 
1890 



LA 

THÉRAPEUTIQUE 

SOUS LES PREMIERS CÉSARS 



DISCOURS 

Prononcé 

A LA SÉANCE SOLENNELLE DE RENTRÉE DES FACULTES 

DE LYON 

LE 4 NOVEMBRE 1889 



Des diverses branches de la médecine, l'hygiène et 
la thérapeutique sont celles qui offrent pour l'homme 
l'intérêt le plus immédiat, car la première a pour 
objet de prévenir la maladie, et la deuxième de la gué- 
rir. Je n'ai pas qualité pour vous parler de l'hygiène, 
surtout en présence d'un des hommes éminents qui, 
dans notre pays, la représentent avec le plus d'autorité * ; 



1 M. le médecin inspecteur Vallin, directeur de l'École de santé mili- 
taire. 




aussi ai-je songé à mettre sous vos yeux un frag- 
ment de l'histoire de la thérapeutique. — J'ai choisi 
une des époques où la civilisation a été le plus floris- 
sante, l'ère des premiers Césars, et je vais rechercher 
ce qu'était l'art de guérir au moment où les lettres et 
la philosophie brillaient d'un si vif éclat. 

§ I. — Jusque vers la fin de la République, la méde- 
cine à Rome était restée dans l'enfance. De science 
médicale il n'existait pas trace, et la pratique ne con- 
naissait d'autre guide que l'empirisme le plus grossier. 
Mais, après la conquête de l'Orient, lorsque, suivant 
l'expression d'Horace, la Grèce, ayant dompté ses 
vainqueurs, fit en quelque sorte renaître sur le sol 
italien sa civilisation, ses arts et sa science, bon 
nombre de médecins traversèrent l'Adriatique à la 
suite des rhéteurs et des artistes, empressés comme eux 
à tirer parti de leurs talents dans la capitale du monde. 
Tels furent A sclépiade, l'ami de Gicéron, qui commença 
par enseigner la rhétorique et devint par son habileté 
le type du médecin à la mode ; Thémison, son élève ; 
Soranos, d'Ephèse ; plus tard, Arétée, de Gappadoce, 
et l'illustre Galien. 

Beaucoup de leurs ouvrages ne sont point arrivés 
jusqu'à nous; mais ce qu'il en reste suffit pour per- 
mettre de reconstituer fort exactement l'état des con- 
naissances médicales dans les deux ou trois pre- 
miers siècles de notre ère. Aux médecins que je viens 
de citer il convient d'ajouter Gelse, bien qu'il n'ait ni 
professé ni pratiqué la médecine, car il nous a conservé, 



— 5 — 

dans une encyclopédie médico-chirurgicale d'un style 
aussi clair que précis, la substance de beaucoup d'ou- 
vrages grecs aujourd'hui perdus i . Gelse n'est pas le 
seul écrivain s'étant assimilé les connaissances techni- 
ques d'un métier sans l'avoir exercé. 

On trouve dans Gelse et dans Galien l'indication des 
principaux remèdes usités de leur temps; mais, pour 
en avoir l'inventaire complet, il faut recourir à Y Histoire 
naturelle de Pline et surtout au Traité de matière 
médicale de Dioscoride, ouvrages qui ont joui d'une 
grande réputation au moyen âge, et même jusque 
dans les temps modernes 2 . 

Des trente-sept livres que comprend sa volumineuse 
Histoire naturelle, Pline en consacre plus de douze 
aux substances servant de remèdes, et qui sont fournies 
par les plantes cultivées et sauvages, par les herbes et 
les graines, par les eaux et par les animaux terrestres 
et aquatiques. Il cite plus de six cents plantes, et rap- 
porte une quantité presque innombrable de recettes, 
quelques-unes fort bizarres, pour ne pas dire plus. 
Aussi la partie médicale de Y Histoire naturelle 
a-t-elle été très sévèrement appréciée par les savants 
les plus compétents : « La thérapeutique de Pline, dit Lit- 
tré, est un ramassis d'absurdités et de superstitions 3 . » 
Il n'est pas possible de faire appel de ce jugement ; 



1 Voir Celse : Laboulbène, Bévue scientifique, 1884, 2 e semestre, 
p. 682. 

Il Histoire naturelle de Pline a eu un grand nombre d'éditions. Le 
traité de Dioscoride a été aussi maintes fois réimprimé. Un célèbre mé- 
decin vénitien du seizième siècle, Mattioli, y a ajouté des commentaires. 

3 Préface de Yédiùion de Pline de la collection Nisard. 



— (j — 

et cependant nous trouvons intérêt et profit à lire Y His- 
toire naturelle ; car, à défaut de mérite scientifique, 
elle a au moins l'avantage de nous renseigner à mer- 
veille sur les croyances populaires et les préjugés de la 
société romaine Pour en trouver de nos jours d'aussi 
étranges, en Europe, il faudrait interroger les paysans 
des contrées les moins civilisées *. 

Tout autre est l'ouvrage si réputé de Dioscoride, qui 
fut médecin militaire sous Néron et Domitien. Sauf qu'il 
fait mention, comme celui de Pline, de la « crasse d'a- 
thlète » comme médicament émollient, et des punaises, 
comme un remède contre la fièvre quarte, on n'y trouve 
rien de bien choquant pour nous. Dioscoride traite 
surtout des plantes 2 , car celles- ci constituaient alors la 
plus grande partie de la pharmacopée, et en décrit 
environ cinq cents — ce sont à peu près les mêmes que 



1 On en jugera par le passage suivant que je prends au hasard dans la 
traduction de Littré, et où il est question des vertus thérapeutiques de 
l'hyène : « La partie gauche de la cervelle de cet animal, appliquée au 
nez, adoucit les maladies pernicieuses, la peau du front préserve des 
fascinations. La chair du cou, soit mangée, soit séchée et prise en bois- 
son, guérit les douleurs des lombes; les barbes, approchées des lèvres 
d'une femme, sont un philtre amoureux. Le foie donné en breuvage 
délivre des tranchées et des calculs. Le cœur pris en aliment et en boisson 
est un remède pour toutes les douleurs du corps; la rate est un remède 
pour celles de la rate ; l'épiploon avec de l'huile guérit les ulcères enflam- 
més ; la moelle, les douleurs de l'épine et les courbatures; les nerfs des 
reins, pris en boisson dans du vin avec de l'encens, restituent la fécon- 
dité enlevée par un maléfice. » (Livre XXVIII, paragr. 27.) Je m'arrête. 
Dans les pages suivantes, il est beaucoup de passages qu'il me serait im- 
possible de reproduire ici, même dans le texte latin. 

2 A ce moment la botanique était une science relativement fort avancée. 
Déjà, depuis trois siècles, Théophraste, l'élève favori d'Aristote, en avait 
posé les fondements par ses deux ouvrages sur la vie des plantes et sur 
leur génération, qui sont d'un prix inestimable pour l'histoire. Aristote 
lui confia le Jardin botanique et la direction du Lycée, quand, pour se 



celles qui sont citées par Pline — avec la mention de 
leur provenance et de leur usage médical f". La plupart 
ne sont plus employées, et leur nom a changé ; aussi 
est -il fort difficile de les reconnaître. Néanmoins, un 
savant de notre ville, à la fois érudit de premier ordre 
et botaniste consommé, le docteur Saint -Lager, y est 
parvenu pour la grande majorité d'entre elles 2 . 

La préparation des vins médicamenteux prend une 
grande place dans l'œuvre de Dioscoride. En effet, ne 
possédant ni l'alcool, ni l'éther, les anciens n'avaient 
à leur disposition que le vin pour extraire les principes 
actifs des plantes. Parmi les centaines de préparations 
de ce genre, mentionnées par Dioscoride, il en est 
une, recommandée dans les maladies gastriques, et 
qu'on obtenait par macération d'un estomac de lièvre 



soustraire à l'accusation d'impiété, il prit le parti de quitter Athènes. 
Malheureusement une partie des ouvrages d'Aristote et de Théophraste 
fut perdue, comme on sait (Voir Saint-Lager : Histoire des herbiers, 
1885, p. 7 ; Recherches historiques sur les mots « ■plantes mâles et 
plantes femelles », Paris, 1881, et Réforme de la nomenclature bota- 
nique, Paris, 1880, passim). Je recommande particulièrement la lecture 
de ce dernier ouvrage, dont l'intérêt scientifique est considérable. 

1 Dioscoride ne peut être considéré comme un auteur tout à fait ori- 
ginal. Il a emprunté beaucoup à divers auteurs grecs dont les ouvrages 
sont presque entièrement perdus et notamment à Gratevas, dans lequel ont 
aussi beaucoup puisé Pline et Galien (Voir pour l'indication des fragments 
qui subsistent de Gratevas : Gostomiris, Gaz. me'd. de Paris, 1889, n° 37). 
Cependant il a lui-même herborisé en différents pays et a généralement 
écrit en parfaite connaissance de cause. On n'en saurait dire autant de 
Pline, qui, traduisant des ouvrages grecs sans être ni botaniste ni méde- 
cin, a commis quelques grossières erreurs (Voir Histoire des herbiers, 
p. 9, et Réforme de la nomenclature botanique, p. 49). 

2 Réforme de la nomenclature botanique, p. 8 et suivantes. — Le 
tableau dressé par le docteur Saint-Lager renferme toutes les plantes 
citées par Théophraste, Dioscoride et Pline, huit cents environ. Celles 
dont ce savant n'a pu établir, . si je puis m'exprimer ainsi, Vétat civil, 
sont au nombre de vingt-quatre seulement. 



ou de poulet. J'ai cru d'abord avoir trouvé dans cette 
préparation un remarquable essai de thérapeutique 
rationnelle; mais la lecture de Pline m'a désabusé : 
J'y ai appris qu'on faisait manger du foie aux malades 
atteints d'affections hépatiques et de la cervelle à ceux 
qui avaient quelque maladie de la tête. Il ne faut donc 
pas être trop surpris de voir traiter les maladies de 
l'estomac avec une sorte de vin de pepsine. 

Dioscoride décrit la préparation de l'oxymel scilli- 
tique, de l'eau ferrée obtenue par l'immersion dans 
l'eau d'un fer chaufïé au rouge, de l'huile de ricin, etc. ; 
il mentionne un bon nombre de substances minérales, 
l'arsenic, le cinabre, le pétrole, etc. 1 ; mais, en somme, de 
son temps les véritables agents médicamenteux étaient 
presque tous empruntés au règne végétal. Chaque 
herbe passait pour avoir une vertu spéciale, le plus 
souvent imaginaire. — Les végétaux exotiques étaient 
apportés à Rome dans des magasins tenus par l'Etat ; 
malgré cela, au rapport de Galien, les falsifications 
n'étaient pas rares. Quant aux plantes indigènes, on se 
les procurait auprès des rhizotomes, herboristes am- 
bulants qui en faisaient la cueillette, ou bien chez les 
pliarmacopoles, industriels qui cumulaient les métiers 
de droguiste, de parfumeur et de magicien. La pro- 



i II donne même des détails de métallurgie et bon nombre de recettes 
diverses non médicinales, pour fabriquer l'encre, diverses couleurs et des 
parfums, notamment le kiphi, parfum sacré des Égyptiens, sur lequel 
notre collègue M. Loret a publié une si intéressante étude et qu'il a pu 
préparer avec le concours de M. Fournie, pharmacien en chef des hôpitaux 
de Lyon (Bulletin des travaux de V Université de Lyon, 1888, tome I, 
p. 212). 



— 9 — 

fession de pharmacien n'existait pas en tant que pro- 
fession spéciale : les médecins préparaient leurs dro- 
gues eux-mêmes. 

§ II. — Les charlatans de toute sorte, vivant de 
l'exercice de la médecine, abondaient à Rome. Pline 
en cite un qui fit une grosse fortune en traitant ses 
malades par l'astrologie. A cela rien d'extraordinaire : 
on a vu, je crois, des charlatans même au dix-neuvième 
siècle. Occupons-nous seulement des médecins. 

Ils appartenaient, en général, à une secte, et il y en 
avait plusieurs, notamment celles des Dogmatiques, 
des Pneumatiques, des Eclectiques, des Empiriques 
et des Méthodiques. Pour ne pas lasser votre patience, 
je ne parlerai que des deux dernières, qui étaient les 
plus réputées. 

La secte des Méthodiques fut constituée à Rome 
dans le premier siècle de notre ère; celle des Empi- 
riques était née en Grèce plus de huit cents ans aupa- 
ravant. Les premiers Empiriques furent Sérapion et 
Philinos, ce dernier ' disciple du célèbre Hérophile 
d'Alexandrie, qui partage avec Érasistrate la gloire 
d'avoir fondé l'anatomie 1 . 

Hérophile fut un novateur, non seulement en ana- 
tomie, mais en thérapeutique : un des premiers il usa 



1 Les Empiriques dont il est question n'ont rien de commun avec les 
vulgaires empiriques qui ont existé de tout temps. Il s'agit ici d'une Ecole 
philosophique, opposée à celle des Dogmatiques, et qui avait sa raison 
d'être dans les excès d'explications hypothétiques de ces derniers. Leur 
doctrine n'est pas acceptable pour nous; mais les attaques qu'ils portaient 
à leurs adversaires les Dogmatiques sont au fond assez justifiées, 



— 10- 
de formules compliquées dans le but de trouver un 
spécifique à chaque symptôme. Tous les Empiriques 
le suivirent dans cette voie. Ignorants de toute physio- 
logie et de toute pharmacodynamique, ils sont excu- 
sables d'avoir poursuivi cette chimère. 

Les Empiriques posaient en principe que la recher- 
che de la cause des maladies est oiseuse et qu'il suffit, 
pour les traiter, de leur appliquer les remèdes que 
l'observation a reconnus efficaces. Vu l'état rudimen- 
taire de la science médicale d'alors, les causes réelles 
des maladies leur échappant dans le plus grand nombre 
des cas, cette doctrine était, en principe, sinon admis- 
sible, au moins soutenable. Malheureusement ils en 
poussèrent à l'extrême les conséquences, et, négligeant 
toute investigation dans le domaine de la patho- 
logie, ils se contentèrent de chercher à l'aventure des 
remèdes. 

Jugeant avec raison qu'il n'était pas facile de trouver, 
dans un cas donné, le remède qui convient, les Empi- 
riques d'Alexandrie eurent une idée géniale, celle 
d'associer un grand nombre de drogues ensemble et 
d'en faire une panacée. Ils espéraient qu'un, au moins, 
des principes qui entraient dans la composition de leur 
mixture irait à son adresse et qu'ainsi le hasard vien- 
drait au secours de l'ignorance du médecin d . 



1 Le roi Mithridate avait eu la même idée : passant sa vie à essayer sur 
des criminels, et sur lui-même, Faction de tous les poisons et contre- 
poisons connus — singulier délassement royal, — il avait fini par com- 
poser un électuaire qui portait son nom et qui acquit une grande célé- 
brité. — Pompée, après sa victoire, fit saisir et traduire la recette de la 
fameuse drogue pour l'apporter à Rome. 



— 11 — 

Andromaque, archiatre de Néron, imagina de per- 
fectionner la panacée des Empiriques ; il y fit entrer 
soixante-dix substances, parmi lesquelles des vipères 
sèches. Un certain Xénocrate — Galien l'affirme — 
voulut même y introduire de la chair humaine! Telle 
est la drogue monstrueuse à laquelle on donna le nom 
de thériaque, et qui, débarrassée, il est vrai, de quel- 
ques-uns des éléments qui la souillaient, traversa les 
siècles sans rien perdre de sa popularité. Il y a moins 
de cent ans, elle était préparée, en France, publique- 
ment et en grande cérémonie 4 . Tout récemment encore, 
elle avait sa place marquée dans l'officine des phar- 
maciens, et il se trouvait des médecins pour la pres- 
crire ! 

Outre la thériaque, qui était le type du genre, les 
Empiriques employaient beaucoup d'autres médica- 
ments composés, et, il faut bien le reconnaître, quel- 
ques-unes des associations qu'ils réalisaient n'étaient 
pas tout à fait irrationnelles : ainsi ils mélangeaient les 
narcotiques, qu'ils regardaient comme froids — et qui 
le sont en réalité, puisqu'ils dépriment la tempéra- 
ture, — avec des principes qu'ils jugeaient être chauds, 

1 A Paris, la Compagnie des Apothicaires exposait pendant quinze 
jours les substances entrant dans la composition de la thériaque et procé- 
dait à sa confection en présence de magistrats et de délégués de la 
Faculté. Il en était sans doute de même dans les principales villes. Pour 
Lyon, j'ai eu communication, grâce à l'extrême obligeance de mon savant 
collègue le professeur Lacassagne, d'un certificat daté de 1733, attestant 
la bonne préparation de la thériaque, et signé par les médecins les plus 
considérables de notre ville. Elle renfermait alors soixante-quatre sub- 
stances, parmi lesquelles, naturellement, la chair de vipère, qui figurait 
en troisième ligne. Cet intéressant document appartient au vénérable 
doyen de la pharmacie lyonnaise, M. Guillerm'ond. 



— 12 — 

par exemple des aromates. Mais le plus souvent les 
médicaments qu'ils réunissaient juraient de se trouver 
ensemble. Chaque Empirique célèbre avait ses for- 
mules plus ou moins baroques et compliquées. 

§ III. — On dit que la secte des Méthodiques fut 
fondée par Thémison i ; mais, pour bien comprendre le 
Méthodisme, il faut connaître la doctrine de son maître, 
Asclépiade, qui procède, comme l'a bien mis en lu- 
mière ^notre distingué collègue, M. Bertrand 2 , de celle 
des Epicuriens. 

Asclépiade 3 , qui, à son arrivée à Rome, commença 
par professer la rhétorique, s'adonna à la médecine 
sans études préalables, mais servi par une vive intel- 
ligence et une merveilleuse habileté. Ignorant l'ana- 
tomie, il emprunta à Epicure l'idée des vides et des 
atomes et se représenta le corps comme un agrégat de 
molécules (plus matérielles que les atomes de Démocrite) 
laissant entre elles des interstices ou pores, dans les- 
quelles se mouvaient perpétuellement des particules 



1 Thémison de Laodicée vivait dans le premier siècle de notre ère. 
Ses ouvrages sont perdus. Nous ne connaissons sa doctrine que par Gœlius 
Aurelianus. Il passe pour avoir le premier employé les eangsues. 

2 Alexis Bertrand : Histoire de la philosophie chez les médecins (Revue 
scientifique, 1881, 1 er semestre, p. 140). 

3 Asclépiade de Bithynie n'a rien de commun que le nom avec la famille 
des Asclépiades. C'est l'auteur du fameux précepte : Guérir sûrement, 
promptement et à" 1 une manière agréable. En fait, il s'étudiait à natter 
les goûts de ses clients, et traitait les maladies chroniques par le régime, 
l'exercice, les voyages et les spectacles. Quant aux malades atteints d'af- 
fections aiguës, l'agrément qu'il leur promettait n'était pas toujours sans 
mélange : guidé par une théorie assurément erronée, il laissait les fébri- 
citants souffrir de la soif, et les empêchait de dormir, « afin, disait-il, 
que l'excès d'incitation amenât une débilité favorable ! » 



— 13 — 

plus petites, matériaux du sang et des humeurs, et 
d'autres plus subtiles encore qui formaient la chaleur 
et les esprits. — La santé dépendait du rapport exis- 
tant entre les pores et les particules plus ou moins 
ténues qui devaient les parcourir. Ce rapport pouvait 
être modifié par un changement de volume, soit des 
particules mobiles, soit des pores eux-mêmes. Il admet- 
tait aussi comme troisième cause de la maladie la con- 
fusion des humeurs et des esprits. C'était, comme on le 
voit, une doctrine assez embrouillée. 

Thémison la simplifia. Il en rejeta la partie humo- 
rale et ne retint que l'idée du relâchement et du resser - 
rement des pores. En conséquence il rangea toutes les 
maladies en deux classes : celles où ils étaient resserrés 
(l'apoplexie, les convulsions, le vertige, la jaunisse, etc.), 
et celles où ils présentaient l'état contraire. Il traitait 
les premières par la saignée, les onctions huileuses sur 
la peau et l'exercice ; les secondes par l'eau froide et 
les décoctions astringentes. 

Mais ce qui caractérisait le Méthodisme, c'était, dans 
le traitement des maladies chroniques, une règle quasi 
invariable, et qui avait pour but d'obtenir la mètasyn- 
crise ou reconstitution de l'organisme. Cette métasyn- 
crise est décrite par Coelius Aurelianus, qui, comme on 
sait, n'a fait que traduire en latin les écrits de Soranos, 
un des plus grands cliniciens de l'antiquité. Voici, 
comme exemple, comment on y procédait pour la cure 
du mal de tète : 

Tout d'abord, abstinence de trois jours; onctions 
sur la tête avec de l'huile et quelques sucs de plantes, 



— 14 — 

telles que le plantain et la chicorée. Si le mal de tête 
était très fort/ on pratiquait une saignée, mais seule- 
ment après le troisième jour. Le jour suivant on accor- 
dait au malade un tiers de ration (pain et citrouilles) ; 
puis deux tiers de ration (pain, œufs et petits oiseaux) ; 
enfin la portion entière (pain et chair de porc). 

Si le malade n'était pas guéri, on commençait un 
troisième cycle, qui comprenait un premier jour d'ab- 
stinence, un deuxième avec un tiers de ration, un 
troisième avec deux tiers de ration (lièvre ou che- 
vreuil), et un quatrième avec ration entière (porc salé 4 
et aromates). Le mal résistait— il ? — Nouveau cycle 
dans lequel on insistait sur les mets suivants : becfigues 
avec des olives, mais sans ail, sardines, thon, etc.; 
le cycle était de six jours. — Le septième, le 
malade prenait de la racine de raifort, macérée 
dans l'hydromel et le vinaigre ; puis on passait aux 
moyens relâchants, énergiques : on faisait vomir le 
malade à outrance et on le mettait au lit, en l'em- 
pêchant de dormir, parce que le sommeil était con- 
sidéré comme un resserrant. On donnait alors de la 
graine de moutarde macérée dans le vinaigre, du 



1 On remarquera qu'il n'est pas question du bœuf, mais bien du porc 
comme aliment reconstituant. D'après mon savant collègue, le professeur 
Gornevin, le bœuf n'était pas une viande de consommation courante. On 
mangeait sans doute les jeunes animaux, taureaux ou génisses, qui, ainsi 
que le montre la lecture des poètes, étaient sacrifiés aux dieux ; mais 
l'immense majorité des bovidés étaient élevés non pour la consommation, 
mais pour les usages agricoles, et conservés jusqu'à la vieillesse, comme 
on le fait encore en Orient. Dans ces conditions, la viande qu'ils fournis- 
saient était peu appréciée et ne pouvait passer pour un aliment de malades 
(communication orale). 



— 15 — 

cresson, de la décoction de thym, d'origan ou d'hy- 
sope, etc., etc. 

§ IV. — Par ces prescriptions minutieuses tou- 
chant le régime, les Méthodiques se flattaient de 
modifier la constitution : après avoir vidé les pores par 
l'abstinence, et au besoin par la saignée, ils croyaient 
avoir le pouvoir, grâce à des aliments plus ou moins 
succulents, d'améliorer la qualité des humeurs. Telle 
était l'idée qui guidait les créateurs de cette méthode 
thérapeutique, assurément originale, et même ration- 
nelle en théorie, mais qu'ils réalisaient d'une manière 
extrêmement défectueuse. La reconstitution de l'écono- 
mie n'est pas l'œuvre de quelques jours seulement : une 
maladie chronique ne peut guérir que lentement et par 
une thérapeutique et une hygiène longtemps soutenues. 
Nous aussi nous faisons de la métasyncrise, dans la 
goutte, dans le diabète et dans beaucoup d'autres mala- 
dies; mais nous ne brusquons rien. Loin de violenter 
la nature, nous imitons la lente évolution de ses actes, 
et c'est pas à pas, mais d'une manière sûre, que nous 
ramenons à la santé le malade docile à nos prescrip- 
tions, tandis que les Méthodiques se livraient à des 
tentatives vaines, et parfois nuisibles, en soumettant 
leurs patients à une cure que l'on peut appeler intensive, 
et qui dans certains cas méritait presque l'épithète de 
brutale. 

En effet, si après la série des cycles précédents le 
mal de tête n'était pas guéri, on rasait la tête du patient 
à contre-poil, afin de faire rougir la peau du crâne, et 



— 16 — 

on la frottait de nitre. Puis on appliquait, de la nuque 
au bas du dos, une série de ventouses scarifiées que l'on 
recouvrait d'un emplâtre adhésif. Celui-ci était ensuite 
arraché violemment 1 . — Voilà les moyens à l'aide 
desquels les Méthodiques pensaient relâcher les pores 
de la tête 2 . Si tout avait échoué, ils envoyaient le malade 
aux eaux minérales, — procédé assurément trop com- 
mode pour n'avoir pas été imité. 

Telle était la pratique de Soranos, d'Ephèse, clini- 
cien justement célèbre, et qui fut à Rome le rival 
heureux de Galien. J'ignore en quoi consistait au juste 



1 Goelius Aurelianus. — Liber primus. — De Capitis passione quam 
Grxci cephalssam nominant. 

2 A côté du traitement du mal de tête, tel que l'avaient institué les 
médecins méthodiques, il n'est peut être pas sans intérêt de rapporter ici 
les remèdes que propose Pline. Je les trouve indiqués dans trois passages 
de Y Histoire naturelle. Voici d'abord le principal, que je copie textuel- 
lement dans la traduction de Littré : 

a On a pour les maux de tête la tête d'escargot (voir plus haut, p. 22) 
prise sur des escargots sans coquilles et encore informes. Il s'y trouve 
une concrétion que l'on pile pour en faire des frictions sur le front. On a 
encore le suint, les os de la tête d'un vaulour portés en amulette, la cer- 
velle de cet oiseau avec de l'huile et de la résine de cèdre : on pile la 
tête avec ce mélange et on en introduit dans les narines. La cervelle, 
cuite, de corneille et de hibou, prise en aliment, produit le même effet. 
— Si on enferme un poulet, et qu'on le fasse jeûner un jour et une nuit: 
si celui qui a mal à la tête se soumet à la même abstinence, et qu'il s'at- 
tache à la tète les plumes arrachées du cou, ou la crête, il se guérit de son 
mal. — On traite encore le mal de tête par la cendre de belette, en to- 
pique, par un rameau pris au nid d'un milan et placé sous le chevet, par 
une peau de rat qu'on fait brûler et dont on applique la cendre avec du 
vinaigre, par le petit os d'une limace trouvée entre deux ornières : on 
passe ce petit os à travers l'oreille avec une aiguille d'ivoire, ou on le 
pend au cou dans un sac de peau de chien. Ce remède réussit constam- 
ment à beaucoup de personnes. » (Livre XX IX, paragraphe 36.) 

Ailleurs il recommande des onctions de suc de chicorée, des frictions 
avec du serpolet cuit dans l'huile, de l'ail bouilli, de la cendre de corne 
de cerf, des baies de laurier, en nombre impair, broyées dans de l'huile, 
des feuilles de cyprès, enfin de l'herbe cueillie sur la tête d'une statue, etc. 



— 17 — 

celle du chef des Méthodiques après la mort de Thé- 
mison, de ce Thessalos que Galien traite « d'âne et de 
prince des fous ». — Il se vantait, paraît-il, de faire 
en six mois toute une éducation médicale, et parcourait 
les rues de Rome suivi de nombreux élèves racolés 
parmi les apprentis de tout métier. Si Galien est en 
cette circonstance un narrateur tout à fait sincère, 
vous voyez que les disciples des Méthodiques n'étaient 
pas, comme nos étudiants, l'élite de la société. 

Àrétée, dont la réputation égalait celle de Soranos, 
et à qui nous devons d'excellentes descriptions de 
diverses maladies, notamment de l'angine diphtérique, 
se sépare des Méthodiques. Sa pratique est, en général, 
beaucoup plus sage. Néanmoins je lis au sujet de 
la léthargie cette prescription bizarrement motivée, 
« qu'il faut placer le malade en pleine lumière, parce 
que l'essence de la maladie est l'obscurité, et, d'autre 
part le maintenir au chaud, parce qu'elle est produite 
par un froid intérieur i l » 

§ V. — Voilà, Messieurs, à quelles conceptions 
puériles et parfois dangereuses s'abandonnaient des 
hommes, qui, par l'intelligence et le jugement, ne de- 
vaient pas être inférieurs à ceux de leurs contempo- 
rains, philosophes ou poètes, dont nous admirons à bon 
droit les oeuvres. Ce qui leur manquait, c'était la vraie 
méthode. — Avec Galien commence une ère nouvelle. 
Avant lui à peine s'il était question de physiologie, 

1 Aretœus aus Cappadocien, par Hans Locher, Zurich, 1847, p. 202. 



— 18 — 

assurément pas de médecine physiologique. Ce grand 
homme a créé la physiologie et compris qu'elle était 
la base de notre science. — Le jour où, appliquant 
un cautère sur le dos, il a guéri une paralysie de la 
main que d'autres médecins avaient infructueusement 
traitée par l'application de remèdes sur la main elle- 
même, ce jour, dis- je, marque une date dans l'histoire 
de la thérapeutique rationnelle 1 . 

L'école de Gos, dont le plus illustre représentant est 
Hippocrate, avait, six siècles auparavant, fondé la 
médecine d'observation. Mais, faute de connaissances 
anatomiques, Hippocrate n'observait que Yextêrieur, 
et tirait ses indications thérapeutiques des signes les 
plus apparents : les traits du visage, la langue, le 
pouls, etc. L'intérieur lui était à peu près inconnu; et, 
malgré l'éclat des découvertes anatomiques faites à 
Alexandrie, la plupart des écoles qui se sont succédé 
jusqu'à Galien ignoraient, sinon complètement, la struc- 
ture du corps, du moins n'en tenaient presque pas 
compte : on a vu que pour les Méthodiques l'organisme 
n'était qu'une sorte de grosse éponge, avec des pores 
plus ou moins resserrés; quant aux Empiriques, ils 
méprisaient systématiquement toute anatomie. — Ga- 
lien a eu le mérite immense d'essayer de pénétrer le 
mécanisme intérieur. Gela a été une révolution. 

A la vérité, quand on l'examine dans les détails, sa 
thérapeutique ne semble guère supérieure à celle de ses 



1 Voir sur Galien : Pouchet, Revue scientifique, 1831, 1er semestre, 
p. 612. — Ch. Richet, id., id., p. 126, et surtout Laboulbène, id., 1882, 
2* semestre, p. 610 et 685. 



— 19 — 

devanciers. — Un homme, quelque grand qu'il soit, 
ne peut s'affranchir complètement des préjugés de son 
milieu. — Il a cru, à tort, comme l'école empirique, 
qu'un grand nombre de médicaments était nécessaire. 
— Nous savons aujourd'hui qu'il suffit d'un très petit 
nombre, car il n'y a pas une infinité de manières d'agir 
sur l'économie ou sur la cause du mal. — Si nous 
nous ingénions à chercher de nouveaux médicaments, 
ce n'est pas pour augmenter notre arsenal thérapeuti- 
que, c'est pour substituer à de vieilles armes des armes 
perfectionnées : ainsi on n'emploie presque plus la 
quinine dans les névralgies depuis que j'ai trouvé 
d'autres médicaments qui agissent mieux encore contre 
la douleur et n'en ont pas les inconvénients. 

Mais, si Galien a commis cette erreur — et bien 
d'autres, — il a su au moins donner au médecin les 
préceptes généraux qui doivent diriger sa conduite : 
« Détermine, lui dit-il, la nature et le siège de la 
maladie; éloigne les causes qui l'entretiennent; 
attaque d'abord Vêlement 'principal et combats- en 
les effets par les contraires ; proportionne le remède 
au mal. » — Ces principes, qui contiennent en germe 
la thérapeutique tout entière, Galien les a posés, et 
c'est un de ses titres de gloire; mais, au temps où il 
vivait, il lui était impossible de les mettre en pratique. 
Grâce aux progrès de la médecine, dus aux efforts 
de nombreuses générations, nous pouvons aujourd'hui 
les appliquer dans le plus grand nombre des cas, et 
opérer des cures que les contemporains de Galien 
eussent considérées comme des miracles. Hippocrate a 



— 20 — 

dit ; « Soulager la douleur est chose divine. » — Cet 
acte « divin » est actuellement à la portée du praticien 
le plus modeste. Nous avons aujourd'hui des aspira- 
tions encore plus hautes ; notre objectif est de triom- 
pher de la mort, cette grande irréparable. 

Jeunes gens qui étudiez la médecine, vous arrivez 
au bon moment. Il fut un temps, peu éloigné de nous, 
où la thérapeutique était dédaignée par les médecins 
les plus célèbres. Tout entiers à l'étude des lésions et 
des symptômes, ils se préoccupaient trop peu de les 
traiter. Doutant de l'utilité d'une intervention active, 
ils érigeaient l'expectation en système ! Aussi voyait-on 
les maladies s'éterniser pendant des mois. — Ces mêmes 
maladies, nous les guérissons maintenant en quelques 
jours. La thérapeutique s'est relevée d'un discrédit 
aussi injuste que funeste; elle est remise en honneur, 
et son enseignement a acquis une légitime autorité. 
Écoutez les préceptes de vos maîtres. En vous y con- 
formant, vous jouirez de la plus grande satisfaction que 
puisse éprouver le médecin, celle d'être utile. Quel sti- 
mulant dans votre labeur quotidien, souvent pénible, 
quel réconfort aux heures de lassitude que de pouvoir 
réaliser l'antique devise de notre profession: « Guérir 
souvent, soulager toujours l » 



FIN 



LÏOX. — IMPRIMERIE PITRAT AINE, 4, RUE GENTIL 



REFORME 



NOMENCLATURE BOTANIQUE 



REFORME 



DE LA 



NOMENCLATURE BOTANIQUE 



T>' SAINT-LAGER 



Extrait des Annales de la Société botanique de Lyon. 



LYON 

ASSOCIATION TYPOGRAPHIQUE 

G. MOTOR, RUE DE LA BARRE, 12 

1880 



RÉFORME 



DE LA 



NOMENCLATURE BOTANIQUE 



» SAINT-IiAGER 



Origines de la Nomenclature. 



Une personne étrangère à l'histoire de la Botanique qui lirait 
l'énumération des plantes signalées jusqu'à ce jour, et qui 
verrait les noms d'un grand nombre d'entre elles, surtout des 
plus anciennement connues, suivis du signe L., lettre initiale 
du nom de Linné, pourrait croire que notre science ne remonte 
pas au-delà de l'époque où vivait l'illustre naturaliste suédois. 
Assurément les érudits n'ignorent pas que Linné a eu de nom- 
breux prédécesseurs ; ils les connaissent parfaitement et ils 
savent apprécier leurs découvertes ; mais la masse du public, 
trompée par l'étiquette, prend facilement le change, et volon- 
tiers place le début de la Botanique à l'année 1737, date de la 
publication du Systerna plantarum, à l'exemple des mahomé- 
tans pour qui l'histoire de l'humanité ne remonte pas au-delà 
de l'Hégire (622 de l'ère chrétienne), époque à laquelle le Pro- 
phète s'enfuit de la Mecque. 

Il ne sera donc pas sans intérêt pour les personnes qui n'ont 
pas eu le loisir d'étudier l'histoire de la Botanique, de connaître 
en particulier les origines de la Nomenclature. Ces sortes d'étu- 
des rétrospectives, quoique d'une importance tout-à-fait secon- 
daire et fort arides dans les détails, ont cependant pour le phi- 
losophe naturaliste qui s'y livre un attrait irrésistible ; il se 
plaît à suivre l'esprit humain dans son voyage à la recherche 

1 



— 2 — 

de la vérité; n' étudiât-il même que la question de linguistique, 
comme c'est notre cas actuellement, il essaie de reconnaître 
dans les variations du langage l'évolution des idées que celui- 
ci a pour but d'exprimer. 

Nous avons donc pensé que la recherche des origines de la 
Nomenclature botanique, indépendamment de l'intérêt histo- 
rique qu'elle présente et de son application immédiate aux 
questions de linguistique que nous devrons examiner, pourrait, 
en une certaine mesure, contribuer aux progrès généraux de 
la science que nous cultivons. 

Les connaissances que les hommes ont acquises en premier 
lieu sont celles qui se rapportent à leurs besoins. Nous voyons 
en effet que, chez les Grecs, qui ont été, dans les sciences ainsi 
que dans le domaine littéraire et artistique, les initiateurs de 
l'humanité, l'agriculture et la médecine venaient au premier 
rang. Celle-ci, grâce à l'impulsion donnée par un éminent 
observateur, était arrivée chez eux à un degré assez élevé de 
perfection relative. 

Comme la plus grande partie des remèdes étaient tirés du 
règne végétal, on comprend aisément que l'étude des plantes 
avait dû de bonne heure fixer l'attention des médecins grecs. 
C'est ainsi que naquit la Botanique ; mais avant d'être une 
science autonome, elle resta pendant longtemps à l'état d'annexé 
de la médecine. 

Il va sans dire que la dénomination des plantes ne fut d'abord 
assujettie à aucune règle. Lorsqu'il s'agissait des plantes com- 
munes, on acceptaitpes noms vulgaires ; dans le cas contraire on 
créait un nom nouveau ; mais les uns et les autres étaient le 
plus souvent des mots significatifs, grâce à la facilité avec la- 
quelle la langue grecque se prête à la formation des mots 
composés. 

C'étaient par exemple : 

Adianton. Qui ne se mouille pas. Myriophyllori. Dix mille feuilles. 

Amaranton. Qui ne se flétrit pas. Lagopous. Pied de lièvre. 

Acantha. Epine. Mêlanthion. Fleur noire. 

Alopecouros. Queuo de ronard. Polycarpon. Nombreux fruits. 

Stachys. Epi. Hydropeperi. Poivre aquatique. 

Botrys. Grappe de raisin. Tragopogôn. Barbe de bouc. 

Cynoglôsson. Langue de chien. Chrysanthemon. Fleur jauno d'or. 

Epipetron. Qui croît sur les pierres. Triphyllon, Trois feuilles. 

Tschîemon. Qui arrête le sang. Glycyrrhiza. Racine sucrée. 



— 3 — 

Il est inutile de multiplier davantage les exemples, attendu 
qu'on pourra lire plus loin la liste complète des plantes énumé- 
rées par les anciens botanistes grecs. On verra alors, comme on 
peut déjà le constater par ces quelques citations, qu'un grand 
nombre de plantes étaient désignées au moyen d'un seul mot, 
simple ou composé ; de sorte que, suivant ce système d'appella*- 
tion, il fallait autant de noms qu'il existait d'espèces différentes. 

On sait que pareille habitude s'est conservée dans le langage 
vulgaire de tous les peuples ; c'est ainsi que nous disons commu- 
nément, en français, l'Absinthe, la Tanaisie, la Garance, la Jus- 
quiame, la Belladone, l'Oseille, le Seigle, etc. 

Ce mode de dénomination était possible chez les Grecs, les- 
quels ne connaissaient pas plus de 900 plantes ; il ne serait plus 
de mise actuellement, car le nombre des espèces végétales décri- 
tes s'élève à plus de cent mille. 

Du reste les Grecs avaient déjà été conduits à modifier l'usage 
des dénominations simples et à donner à un grand nombre 
d'espèces végétales des noms binaires exactement pareils à ceux 
qui sont employés dans notre Nomenclature. Lorsqu'ils décou- 
vrirent de nouvelles plantes que le vulgaire n'avait pas remar- 
quées et qui n'avaient reçu aucun nom, ils furent amenés, par 
une tendance naturelle à l'esprit humain, à chercher les analo- 
gies quelles présentaient avec telles autres déjà nommées. 
C'est ainsi que prit naissance l'idée de grouper sous un nom 
générique toutes les formes végétales présentant un ensemble 
de caractères communs. 

Tantôt ils distinguaient les espèces au moyen d'une épithète 
qui rappelait la patrie de chacune d'elles, comme on le voit dans 
les expressions suivantes : 

Cyamos hellênicos (Faba vulgaris), Cyamos œgyptios, Dau- 
cos creticos, Batosidaea (Rubus idseus), Coloutea idaea, Meon 
athamanticon, Iris lybicê, Mêlea persicê (Amygd. Persica), 
Mêlea armeniacê (Pr. Armeniaca), etc. 

Les espèces montagnardes recevaient l'épithète oreinos, 
comme par exemple Leucas oreinê, Polion oreinon, Hyssopos 
oreinê. 

Les plantes saxicoles recevaient celle de petraeos, ex. : Sym- 
phyton petraeon. 

Les plantes fluviatiles recevaient celle de potamios, ex.: 
Stratiôtes potamios. 



— 4 — 

Les plantes des lieux marécageux, celle de telmateios, ex. : 
Phacos telmateios. 

Les espèces qui vivent dans la mer ou sur les rivages mari- 
times, celle de thalassios, ex. : Bryon thalassion, Phycos tha- 
lassios, Crambê thalassia, Apsinthion thalassion. 

Lorsque Tune des espèces était cultivée et une autre sauvage, 
ils appelaient la première hêmeros, la seconde agrios, ex. : 
Rhaphanis hêmeros, R. agria. 

Les plantes qui s'étalent sur la terre ou dont les souches 
rampent recevaient l'épithète & epigeios, ex. : Tribolos epigeios 
(Tribulus terrestris), Chamaecissos epigeios (Hedera terrestris), 
Calamos epigeios (Calamagrostis Epigeios). 

Ils se servaient souvent de la taille des plantes pour distin- 
guer les espèces entre elles, ex. : Arnoglôsson meizon (Plantago 
major), Arn. micron (P. minor), Conyza megalê (magna), mesê 
(média), micra (parva). 

Quelquefois le caractère spécifique était tiré de la couleur des 
fleurs : Hyoscyamos leucos (albus), H. mêlas (niger), H. por- 
phyrous (rubescens), Helleboros mêlas ', H. leucos, Anagallis 
phœnicê (A. phoenicea), A. cyanos (A. cœrulea). 

L'odeur agréable de certaines espèces leur avait valu le sur- 
nom de hêdyosmos, euosmos ou arômaticos, ex. : Schoenos euos- 
mos, Calaminthê hêdyosmos ', Calamos arômaticos. 

Les Grecs avaient aussi recours, pour différencier les espèces, 
à la forme des feuilles ou à leur nombre, ex. : Tithymalos pla- 
typhyllos, Artemisia leptophylla, A. platyphylla, Parthenion 
microphyllon, Daucos selinophyllon, Drys platyphylla, Lon- 
chitis prasophyllon, Stratiôtes chiliophy llos (mille-feuilles). 

Les plantes dont les feuilles et la tige sont hérissées d'as- 
pérités étaient distinguées au moyen de l'épithète trachys (rude) 
de celles qui sont lisses, leios, ex. : Smilax iracheia (Smilax 
aspera), S. leia, Sonchos trachys, S. leios. 

Au moyen de l'adjectif eidês dérivé du substantif Eidos (appa- 
rence), les Grecs exprimaient la ressemblance d'une espèce avec 
telle autre ; ex. : daphnoeidês, sesamoeidês. 

La tige fournissait aussi des caractères spécifiques ; ainsi, 
par exemple, Théophraste distingue plusieurs variétés de Thri- 
dacinê (laitue), parmi lesquelles une est appelée platycaulos 
(tige large), l'autre strongylêcaulos (tige arrondie). 

La forme des fruits servait aussi à différencier les espèces, 



— 5 — 

ex. : Peperi strongylon (Poivre arrondi), P. hypomêces (P. 
oblong). 

Enfin les propriétés comestibles et médicinales étaient aussi 
mises à contribution pour la dénomination des espèces, ex. • 
Colocyntha edôdimos (edulis), Bolbos edôdirnos, B. emeticos, 
Strychnos manicos (qui donne le délire). 

Certaines épithètes étaient tirées de l'emploi industriel, comme 
par exemple Rhus byrsodepsicê, le Sumac qui sert aux cor- 
royeurs, Coccos baphicê, le Kermès qui sert à teindre. 

Nous ne multiplierons pas davantage ces exemples, attendu 
qu'on trouvera plus plus loin la liste complète des plantes con- 
nues des Grecs et nommées par eux. 

Deux conséquences, fort importantes sous le rapport histo- 
rique, résultent de ce qu'on vient de lire : la première, c'est que 
les Grecs avaient la notion très-nette du genre et de l'espèc e : la 
seconde, c'est qu'ils sont les véritables créateurs de la Nomen- 
clature binaire dont plusieurs botanistes ont fait honneur à 
Linné. Ce qui est vrai, c'est que l'illustre naturaliste suédois a 
eu l'heureuse inspiration de généraliser et systématiser un 
mode de dénomination que les Grecs n'avaient employé que 
d'une manière restreinte. 

Nous venons de dire que les Grecs avaient la notion très-nette 
du genre et de l'espèce, et cependant ils ne l'ont jamais formu- 
lée d'une manière explicite. Il est curieux de constater que le 
mot ysvos si souvent employé par Théophraste, ainsi que celui de 
genus qu'on retrouve presque à chaque page de l'histoire 
naturelle de Pline signifient, non pas genre, mais espèce. 

Dioscoride se servait du mot «&s préférablement à celui de 
ysvo$ ; c'est ainsi qu'il disait fréquemment : toutou iùt\ov% toà e«to, 
ce qui peut se traduire exactement par cette phrase de Pline : 
plura ejus (herbœ sous-entendu) gênera, cette plante a plu- 
sieurs espèces. D'où il suit que l'idée de genre n'avait pas d'ex- 
pression propre, mais se trouvait implicitement contenue dans 
les mots /Soravyj, Ttoa, çuto'v qui correspondent au mot latin herba. 

Ajoutons encore une remarque. Le mot itSoç dont se servait 
Dioscoride signifie, dans son sens propre, apparence ; or telle 
est précisément la signification du mot latin species que les 
botanistes latinisants employèrent plus tard pour exprimer l'idée 
que nous attachons au mot français espèce, lequel dérive évi- 



demment de species et diffère de celui-ci par la préposition de 
la lettre e qui rend la prononciation plus facile (1). 

Quoique les Grecs ne se soient pas appliqués à créer une 
classification des espèces végétales par genres, tribus et fa- 
milles, cependant on reconnaît, en lisant la Matière médicale 
de Dioscoride, que très-souvent les plantes sont énumérées dans 
un ordre déterminé. 

Dans le premier livre, l'auteur passe en revue : 1° les espèces 
dont les racines et les bois sont aromatiques , comme par 
exemple l'Iris, le Meon, le Cardamômon, les divers Nardos, le 
Malabathron, Cinnamomom, Amômon, Costos, Calamos arô- 
maticos, Aspalathos, Balsamon, etc. 

2° Les arbres que nous rangeons actuellement dans les fa- 
milles des Abiétinées, Cupressinées, Juglandées, Cupulifères, 
Ulmacées, Platanées, Pomacées, Cornées, Rhamnées, Térébin- 
thacées, etc. 

Le second livre est consacré à Ténumération : 1° des herbes 
alimentaires ; 2° des herbes à sucs acres. 

Dans le premier groupe on voit en première ligne les Gra- 
minées, Froment, Orge, Millet, Avoine, etc., puis les Papilio- 
nacées, Fève, Lentille, Haricot, Lupin ; — les Crucifères co- 
mestibles, Chou, Radis, Cresson ; — le Pourpier, la Mauve, 
l'Asperge ; les Laitues et Chicoracées diverses ; — la Bette, la 
Patience, l'Arroche ; — enfin les Cucurbitacées. 

Les herbes à sucs acres sont les diverses sortes d'Ail, quel- 
ques Crucifères, les Poivres, Aron, Renonculacées, etc. 

Dans le troisième livre défilent successivement les Cardua- 
cées et Dipsacées épineuses, puis la nombreuse cohorte des 
Labiées et Ombellifères aromatiques , ainsi que les tribus de 
l'Absinthe, de l'Abrotonon, des Armoises et des Anthémis. 

Le quatrième livre est un résidu de tout ce qui n'a pu trouver 

place dans les trois autres. L'auteur y a entassé les plantes 

, „> sans arrangement systématique. Cependant certaines familles 

^>** sont assez bien ordonnées, comme, par exemple, les Borragi- 

,st** nées, les Solanées, et surtout les Euphorbiacées. Dioscoride 



(1) Nous avons dans la langue française plusieurs mots qui ont subi la 
même altération : estomac vient de stomachus, escabeau de scabellUm, 
escarbot de scarabos, escalier de scala, espace de spatium, eschole ou école 
de schola, esprit de spiritus, espérer de sperare, et ainsi de même pour 
plusieurs autres verbes ou substantifs. 



— 7 — 

énunière et décrit brièvement, les unes après les autres, les es- 
pèces suivantes de Tithymalos : Characias, Myrsinites, Pa- 
ralios, Helioscopios , Dendrôdes, Plalyphyllos, PilMyousa, 
Lathyris, Peplos, Peplis, Chamaesyce. En entendant cette 
énumération, ne croirait-on pas qu'il s'agit d'un livre écrit de 
nos jours ? 

De ce rapide exposé il résulte évidemment que les botanistes 
grecs avaient le sentiment inconscient de l'existence des fa- 
milles végétales, et il y a lieu de croire que leur esprit observa- 
teur aurait trouvé une formule précise de classification fondée 
sur les caractères morphologiques, si, à leur époque, la Bota- 
nique n'avait pas été l'esclave de la Médecine, et si par consé- 
quent, les botanistes grecs ne s'étaient pas cru obligés de 
grouper les plantes seulement d'après leurs propriétés cura - 
tives ou alimentaires. 

Mais à quoi bon disserter plus longuement sur la Nomencla- 
ture botanique des Grecs ? Nous avons pris un parti qui nous 
dispensera de plus amples commentaires, c'est de présenter la 
liste complète de tous les noms de plantes citées par Hippo- 
crate (1), Théophraste (2), Dioscoride (3), Pline (4) et Galien (5). 

On sera peut-être surpris de voir le nom de Pline mêlé h ceux 
des quatre médecins ou botanistes grecs. Mais nous dirons , en 



(1) Hippocrate, né vers l'an 460 avant J.-C, est le plus ancien médecin 
dont les écrits nous soient parvenus. Ceux-ci, entièrement consacrés à la 
Médecine, à la Chirurgie et à l'Hygiène, no traitent des plantes que d'une 
manière incidente et à l'occasion de la guérison des maladies. Le nombre 
des plantes citées par Hippocrato est d'environ 240. 

(2) Théophraste, né vers l'an 731 avant J.-C, fut d'abord l'élève, puis le 
successeur d'Aristote au lycée d'Athènes. Il est le premier auteur qui ait 
écrit un traité spécial de botanique. Nous avons de lui une histoire des 

Elantes en dix livres et un ouvrage intitulé de causis plantarumen six livres. 
ie nombre des plantes citées dans ces deux ouvrages est d'environ 500. 

(3) Dioscoride était médecin à Anazarbe en Cilicie. Nous n'avons aucun 
renseignement précis sur la date de sa naissance et de sa mort ; nous savons 
seulement qu'il vivait dans le l or siècle de l'ère chrétienne. Son traité de 
matière médicale, nepi vhxms ixrpixriç, est le meilleur ouvrage concernant la 
Botanique que nous ait légué l'antiquité ; il y est fait mention d'environ 600 
plantes. 

(4) Pline l'ancien, né à Vérone Fan 23 après J.-C, mort victime de l'érup- 
tion du Vésuvô en l'an 79, avait composé un traité d'histoire naturelle en 
37 livres. Les livres 12 à 27 sont particulièrement consacrés à rémunération 
de 800 plantes et à l'indication des vertus médicinales de quelques-unes 
d'entre elles. 

(5) Galien, né l'an 131 après J.-C. exerça la médecine d'abord à Pergame 
sa patrie, puis à Rome. Dans ses écrits, et surtout dans le livre intitulé de 
simplicium medicaminum facultatibus, Galien a parlé d'un grand nombre 
de plantes dont il recommande l'emploi dans le traitement des maladies. 



— 8 — 

manière de justification, que, comme il sera démontré plus 
loin et comme le savent très-bien les érudits, le naturaliste ro- 
main ne connaissait pas les plantes et n'a fait que copier les 
ouvrages de Théophraste, de Dioscoride et de quelques autres 
botanistes grecs, sans y rien ajouter de son propre fonds, si 
ce n'est un grand nombre d'erreurs grossières et de fables ridi- 
cules. Cependant, comme il a fait mention de plusieurs plantes 
non signalées par les auteurs grecs cités plus haut, on peut 
en conclure qu'il a dû puiser des renseignements dans quel- 
ques ouvrages qui ne nous sont pas parvenus. En effet il cite 
quelquefois les opinions et assertions de Pythagore, Démocrite, 
Apollodore, Phanias, Magon, Nicander, Métrodore, Cratevas, 
Chaereas, Glaucias, Chrysippe, Dionysias et de plusieurs au- 
tres naturalistes et médecins grecs qui, comme nous l'apprend 
aussi Athénée, avaient écrit des traités sur les plantes. 

On a le droit de considérer l'Histoire naturelle de Pline 
comme une annexe de l a -littérature scientifique des Ci rées, ou, 
pour parler plus exactement, comme une mauvaise compilation 
en latin des écrits des naturalistes grecs. 

On a vu plus haut que Dioscoride a énuméré les plantes sui- 
vant un ordre assez méthodique et d'après une classification 
basée sur les propriétés thérapeutiques, alimentaires et indus- 
trielles des végétaux. 

Théophraste, au contraire, s'est surtout placé au point de vue 
de l'organographie végétale qu'il étudie successivement chez 
les arbres, les arbrisseaux et les herbes, dont il énumère les di- 
verses espèces sans ordre établi à l'avance. Dans les cinq pre- 
miers livres, principalement consacrés aux arbres, l'auteur 
traite, dans une suite de chapitres, des divers organes végétaux, 
les racines, les tiges, les feuilles, les fleurs et les fruits, et sou- 
vent ne cite les plantes que comme des exemples à l'appui de 
ses démonstrations. 

La Nomenclature de Dioscoride, beaucoup plus claire et plus 
précise de celle de Théophraste, est celle que nous suivrons 
dans ce travail. Cependant, comme elle n'est pas complète, nous 
aurons soin d'y intercaler les noms de plantes que n'a pas cités 
Dioscoride, et qui ont été mentionnés par Théophraste. Dans ce 
cas le nom sera suivi de la lettre T. La lettre P se rapporte à 
Pline, la lettre G à Galien, 



— 9 — 

Lorsque le nom ne sera suivi d'aucun signe abbréviatif, on 
saura que c'est celui qu'a employé Dioscoride. 

On voit par là que, contrairement à l'usage adopté par les bo- 
tanistes, nous ne tenons aucun compte de l'antériorité et que 
nous estimons par dessus tout la correction et la précision des 
formules. 

En regard de chaque nom, nous avons mis le synonyme cor- 
respondant de la Nomenclature moderne. Toutefois il est bon 
que le lecteur soit prévenu que pour un grand nombre de ces 
synonymes, la concordance n'est qu'approximative. 

Si nous avions voulu apporter en cette matière une précision 
rigoureuse, il aurait fallu distinguer trois catégories de noms : 
1° ceux dont les concordances sont certaines ; 2° les synonymies 
probables ; 3° les indications douteuses et tout- à-fait conjectu- 
rales. 

Mais, notre but principal étant de présenter rémunération 
des noms de plantes cités par les Grecs, quel, que soit leur rap- 
port avec la Nomenclature moderne, nous avons considéré la sy- 
nonymie comme une question accessoire dans le présent travail. 

Cependant si nous n'avons pas réussi à élucider les questions 
obscures, ce n'est pas faute d'application de notre part, car, 
après avoir étudié les textes, nous avons examiné les nombreux 
commentaires faits par les botanistes anciens et modernes, les 
Leonicenus, Caesalpin, Gesner, Tragus , Fuchs, Matthiole, 
Ruel, Dodonaeus, Clusius, Lobel, Dalécbamp, Golumna, les 
deux Bauhin, Bodaeus a Stapel, Scaliger, Hardouin, Casaubon, 
Sprengel, Desfontaines, Sibthorp, Fraas, Fée, Pickering et quel- 
ques autres érudits botanistes. 

Mais, dès le début de nos recherches, nous avons reconnu 
l'impossibilité d'établir un parallélisme exact entre la Nomen- 
clature grecque et celle qui est en usage actuellement. En effet, 
plusieurs plantes ont été citées par les Grecs sans aucune des- 
cription. La plupart des descriptions sont si vagues et si in- 
complètes que souvent on peut les appliquer indifféremment à 
plusieurs espèces appartenant soit à divers genres, soit même à 
différentes familles. 

A ces difficultés insurmontables vient encore s'ajouter la com- 
plication de l'emploi d'un même nom pour désigner plusieurs 
espèces. C'est ainsi que les Grecs ont appelé Smilax, d'abord le 
Smilax aspera, puis le Convolvulus arvensis et même le Plia- 



— 10 — 

seolus vulgaris et le Taxus baccata. Ce cas n'est pas embar- 
rassant, car Dioscoride avait eu soin de donner la clef de cette 
synonymie. Mais en d'autres circonstances, il est impossible 
d'apercevoir la moindre lueur. C'est ainsi» par exemple, que le 
nom de Phleôs a été donné par Théophraste à une plante ter- 
restre épineuse et à une espèce aquatique fort commune en 
Grèce ; Tune et l'autre nous sont inconnues. Le nom àePhœnix 
par lequel on désignait communément le Dattier, a été aussi ap- 
pliqué, par quelques auteurs, à un Lolium. 

Le mot Parthenion servait habituellement à nommer un Py- 
rethrum, et quelquefois la Mercuriale ou la Pariétaire. Certaines 
expressions telles que Heraclea, Circaea, Limônion, Doryc- 
nion, ont servi à désigner tant d'espèces différentes qu'on se 
voit forcé de renoncer à toute interprétation. 

Quoique le Baccharis ait été décrit par les botanistes grecs, 
il est imposable de savoir à quelle plante ce nom se rapporte. 
On peut en juger par les dissidences des commentateurs. 

D'après Leonicenus, ce serait le Salvia Sclarea. 

— Clusius, — Inula Vaillantii. 

— » RueletFée, — Digitalis purpurea (1). 

— Linné, — Baccharis Dioscoridis. 

— Sprengel, — Gnaphalium sanguineum. 
Suivant d'autres botanistes, ce serait le Geum urbanum, l'As- 

perula adorata, l'Asarum europaeum. 

Mais c'en est assez sur ce sujet dont le développement nous 
conduirait beaucoup trop loin. Qu'il soit bien entendu que pour 
beaucoup de noms dont on va lire l'énumération, la synonymie 
est probable, mais que pour quelques-uns elle est tout-à-fait 
conjecturale. 

Etant obligé de citer un nombre assez considérable de mots 
grecs, nous avons pensé qu'il serait plus commode pour le lec- 
teur de voir ceux-ci écrits en caractères romains. Au surplus, il 



(1) On aurait pu se dispenser de songer à la Digitale pourprée , laquelle 
n'existe ni en Grèœ, ni en Asie-Mineure, ni même en Italie. Or le Baccharis 
servait dans ces divers pays à faire des couronnes. 

D'après Dioscoride, il a la tige et les feuilles rudes ; la tige est anguleuse, 
haute d'une coudée ; les fleurs sont d'un pourpre blanchâtre, odorantes ; la 
racine ressemble à celle de l'Hellébore noir. 

L'espèce de Conyza que Linné a appelé Baccharis Dioscoridis est particu- 
lière à l'Egypte, à la Nubie et à l'Abyssinie et, pour ce motif, n'aurait pas 
dû §tre mise en cause. 



— 11 — 



aurait été difficile de faire autrement, attendu que la composi- 
tion typographique des ouvrages grecs est une spécialité qui 
n'existe que dans quelques villes où Ton trouve réunis et le ma- 
tériel nécessaire et le personnel habitué à imprimer cette sorte 
d'ouvrages. 

On se rendra compte de la véritable Orthographe des mots 
grecs qui seront cités, à l'aide de la convention suivante, la- 
quelle du reste est généralement adoptée dans la transcription 
latine des mots grecs. 

y remplace u * . . . . exemple : 



hy 


— 


marqué de l'esprit rude. 


e 


—""* 


V? , , , , , 


se 


ai . é , . 


ce 


—m 


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et , » ♦ • • 


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* 


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— . 


yv> y*>yx 


rh 





p avec esprit rude. 



Drypis. ,.:*.... 


pour tyvjuç? 


Hypericon ... 4 » * 


_ 


vmpLx.Of 


Aloê . . : i * 


— 


akè/i» 


Chamsedrys 


— 


Xct/j.cùSpvi.. 


Hypochceris .... 


— 


\moxoipic,. 


Ericê . i . é * * * * . . 


— 


èpsUvi. 


Bunias. ........ 




fîovncti.. 
ppû/j-ot. 


Brômos .♦ 4 .... * 


— . 


Gacalia. èiUlJ i, 


"— 




Chelidonioii * . . . 


Xehàôviov. 


Phcenix.4 ..*;.* 


— 


folvi%. 


Chrysanthemon . 


*-. 


XpvooLvdepo» : . 


^EgilÔpS é 4 4;.. 


— 


uiylXto<l>. 


Eryngion , 


— 


xpty/tov. 


Catanancê 


_ 


xaravscyxyj . 


Orobanchê 


— 


àpoêàyffl. 


Rhamnos 


— 


pàpvos. 



— 12 



Nomenclature botanique des Grecs. 



Clêmatis ou Clèmatitis. 
Atragenê 
Thalictron. 
Anémone hêmeros. 

— agria. 

— limônia T. 
Anémone arvensis P. 
Batrachion. 

— chrysanthemon. 

— coriouphyllon. 

— chnoôdesteron. 

— galactizanthos. 
Chelidonion micron. 
Helleboros mêlas. 
Melampodion. 
Melanthion. 

— agrion. 
Delphinion. 

— heteron. 
Staphis agria. 

Aconiton Cammaron, Pardalianches. 

— lycoctonon ou cynoctonon. 
Actsea P. 

Paeonia ou Glycysidê thêleia. 
— arrhên. 

Oxyacantha G. (non Diosc). 
Leontopetalon. 
Chrysogonon. 
Nymphsea leucê ou Sidê T. 
Lotos leucos. 
Nouphar (arab.) ou Nymphéa xan- 

thos anthos. 
Lotos, cyamos segyptios. 
Mêcôn hêmeros. 

— agria, rhœas. 

— agrotera. 

— ceratitis ou Glaucion. 

— hêracleon ou aphrôdês. 
Argemônê. 

Hypêcoon. 



Clêmatis cirrhosa. 

— Vitalba. 
Thalictrum minus ou flavum. 
Anémone coronaria. 

— hortensis. 

— nemorosa. 
Adonis sestivalis. 
Ranunculus (multae species). 

— muricatus. 

— asiaticus. 

— lanuginosus. 

— aquatilis. 
Ficaria ranunculoides. 
Helleborus orientalis. 

— niger. 
Nigella sativa. 

— damascena et arvensis. 
Delphinium peregrinum. 

— Ajacis. 

— Staphisagria. 
Aconitum Napellus. 

— Lycoctonum. 
Actsea spicata ? 
Peeonia officinalis. 

— corallina. 
Berberis vulgaris. 
Leontice Leontopetalum. 

— Chrysogonum. 
Nymphsea alba. 

— Lotus. 
Nuphar luteum. 

Nelumbium speciosum. 
Papaver somniferum. 

— Rhœas. 

— hybridum. 

Glaucium luteum et corniculatum. 

Roemeria hybrida ? 

Papaver Argemone. 

Hypecoum procumbens et pendulum. 



— 13 — 



Chelidonion mega. 
Isopyron. 
Capnos . 

Corônopus. 
Rhaphanis hêmeros. 

— agria. 
Sinêpi. 
Crambê hêmeros. 

— agria. 

— tlialassia. 
Lapsanê. 

Gongylê ou Gongylis. 

Bunias. 

Hesperis. 

Erysimon. 

Sisymbrion. 

— heteron ou Cardaminê. 
Sinêpi persicon. 

Alysson. 

Myagros ou Melampyron. 

Isatis. 

Thlaspi. 

Lepidion. 

Cardamon. 

Drabê. 

Iberis cardamanticê. 

Capparis. 

Cistos arrhêu ou Cissaron. 

— thêly. 

— Ladanon ou Lêdon. 
Ion porphyroun. 

— melan. 
Phyteuma. 
Sesamoeides mega. 
Agrostis Parnassou. 
Polygalon. 

Lychnis agria. 

— stephanomaticê ou Phlox. 
Dios Anthos T. 

Pothos T. 
Malundrum P. 
Strouthion. 
Cuculus P. 
Condurdum P. 



Chelidonium majus. 

Corydalis claviculata ? 

Fumaria parviflora, capreolata, offi- 

cinalis. 
Cochlearia Corônopus. 
Rhaphanus sativus. 

— Rhaphanistrum. 
Sinapis nigra. 

Brassica oleracea. 
Sinapis alba. 
Crambe maritima. 
Sinapis arvensis. 
Brassica Râpa. 

— Napus. 
Matthiola tristis. 

Sisymbrium officinale ou orientale. 

— polyceratium. 
Nasturtium officinale. 
Lunaria annua ? 
Clypeola Jonthlaspi ou microcarpa, 

Biscutella apula. 
Camelina sativa. 
Isatis tinctoria. 
Thlaspi arvense. 
Lepidium latifolium. 

— sativum. 

— Draba. 

— graminifolium ou cam- 

pestre. 
Capparis spinosa. 
Cistus villosus. 

— salvifolius. 

— monspeliensis ou creticus. 
Viola sylvatica. 

— odorata. 
Res.eda Phyteuma. 

— alba. 
Parnassia palustris. 

Polygala venulosa , monspeliaca , 

vulgaris. 
Lychnis dioica. 

— Coronaria. 

— Flos Jo\is. 

— chalcedonica. 

— sylvestris. 

Gypsophila fruticulosa ou Struthium, 
Cucubalus baccifer.L. 
Saponaria Vaccaria ? 



— 14 — 



Drypis T. 

Linon. 
Philyra T. 
Corchoros T. 

Dendron eriophoron T. ou Erioxylon, 
Gossypium P. 
Althsea ou Ibiscos. 
Cannabis agria. 
Malaeê hêmeros. 
Yftâkâê' agria. 
Alcea. 

Mêlea medicê. 
— chrysê. 
Geranion. 

— rhiza hypostrongylê. 
Hypericon. 

— Coris. 
Ascyron ou Androsœmon. 
Tragion. 
Sphendamnos. 
Clinotrichos. 
Glinon. 
Ampelos oinophoros. 

— agria. 
Oxys ou Oxalis. 

Tribolos epigeios ou Chersaios. 

Phyllacaixthos. 

Pèrsea. 

Peganon hèmeron. 

— agrion. 
Herba myrtifolia P. 
Agrifolium ou Aquifolifhi. P. 
Staphylodendron P. 
Evônymos T?, 

Rhamnos leucos. 

— mêlas. 

— melantera. 
Phylice T, 
P^xacantha. 

Lotos paliuros. 

Lôfcophagôn dendron T. 

Paliuros. 

Pistacia. 

Terminthos. 

Schinos. 

Rhus byrsodepsicê. 



Drypis spinosa ? ou Echinophora 

spinosa. 
Linum usitatissimum. 
Tilia europsea. 
Corchorus olitorius. 
Gossypium herbaceum. 

Althsea rosea ou officinalis. 

— cannabina. 
Malva rotundifolia. 

— sylvestris. 

— Alcea. 
Citrus medica. 

— Aurantium. 
Erodium malachoides. 
Géranium tuberosum ? 
Hypericum perforatum ou monta - 

num. 
— » Coris. 

— Androsœmon. 

— hircinum. 
Acer campestre. 

— Pseudo-Platanus. 

— cretieum ou monspessulanum. 
Vitis vinifera. 

— Labrusca. 
Oxalis Acetosella. 
Tribulus terrestris. 
Fagonia cretica. 
Balanites segyptiaca. 
Ruta graveolens, 

— * montana ou PeganUm Harmala. 
Coriaria myrtifolia ? 
Ilex Aquifolium. 
Staphylea pinnata. 
Evonymus latifolius. 
Zizyphus vulgaris, 
Rhamnus lycioides 

— infectoria. 

— Alaternus. 

— saxatilis. 

— Spina Christi. 

— Lotus. 
Paliurus aculeatus. 
Pistacia vera. 

— Terebinthus, 
— . Lentiscus. 

Rhus Coriaria. 



— 15 — 



Cocconileia. 
Libanos. 
Balsamoti dendron. 

— judaicon. 
Smyrna. 
Anagyris. 
Spartion. 

Aspalathos ou Erysisceptron. 

Scorpios. 

Genista tinctoria P. 
Laburnum P. 
Thermos hêmeros. 

— agrios. 
Onônis ou Anônis. 
Natrix P. 
Barba Jovis P. 
Ebenê T. 
Medicê. 
Cytisos. 

Buceras ou Têlis. 
Lotos agrios, lybios. 

— agrios ou Melilôtos. 

— hêmoros. 
Triphyllou. 
Lagôpus. 
Astragalos. 

— tragacantha. 
Glaux. 

Sosamoeides micron. 
Pelecinon T. 
Colutoa T. 
Glycyrrhiza. 
Triphyllon minyanthes. 
Baphicon indicon. 

Phasiolos ou Dolichos T. . Smilax 

cepeea. 
Cyamos hêmoros. 

— agrios. 

Aphacê. 

Aracjfos ou Arachon T, 
Phacos. 
Orobos. 
Erebiuthos. 
Pison. 
Lathyros T. 
Ochros T. 
Aracydnê T. 



Rhus Cotinus. 
Boswellia s errata. 
Balsamodendron Opobaisamum. 

— Gileadense. 

— Myrrha ou Kataf. 
Anagyris fœtida. 

Spartium junceum. 
Genista aspalathoidcs ou Calycotome 
villosa. 

— Scorpius. 

— tinctoria. 
Cytisus Laburnum. 
Lupinus albus. 

— hirsutus 
Ononis Antiquorum. 

— Natrix. 
Antftyllis Barba Jovis. 

— cretica. 
Medicago sativa. 

— arborea. 
Trigonella Fœntyoa grœcum. 
Melilotus cœrulea ? 

— officinalis. 
Trifolium creticum ou italicum. 

— (multee species). 

— arvense ou Lagopus. 
Lathyrus tuberosus. 
Astragalus croticus. 

— Glaux. 

— sosamoides. 
Biserrula Pelecinus, 
Colutoa cruonta ? 
Glycyrrhiza glabra ou echinata. 
Psoralea bituminosa. 
Indigofera tinctoria. 
Phaseolus vulgaris. 

Faba vulgaris. 

Vicia narbonensis ou angustifoîia. 
— sativa. 
Pseudo Cracca, 
Ervum Lens. 
Ervilia sativa. 
Cicer arietinïïni. 
Pisum sativum. 
Lathyrus sativus. 

— Ochrus. 

— amphicarpos» 



— 16 — 



Clymenon. 

Scorpioeides. 

Hèdysaron. 

Onobrychis. 

Catanancê. 

Ouingon T. 

Balanos myrepsicê ou Balanou den- 

dron T. 
Nyctegretum P. 
Ceratia ou Ceratônia T\ 
Cassia meleena. 
Cercis T. 
Acacia ou Acantha eegyptia. 

— hetera. 
Lycion indicon. 
^Eschynomene P. 
Amygdale. 
Mêlea persicê. 

— armeniacê. 

— cydônia. 

— agria. 
Coccymêlea hêmeros. 

— agria. 
Spodias T. 
Pados T. 

Cerasos ou Cerasia. 
Apios ou Achras. 
Colutea idsea. 

Mespilos, Arônia ou Anthôdon T. 

— epimêlis. 

— sêtaneios. 
Oxyacantha. 
Crataegos T. 

Oa ou Oê T. 

Aria T. 

Sycê idœa ou Hamameelis. 

Spirsea T. 

Melandryon P. 

Rhodora P. 

Geum P. 

Pentaphyllon. > 

Heptaphyllon. 

Comaron ou Phragouli, Fraga P. 

Batos. 

— ideea. 
Chamsebatos. 
Cynosbatos. 
Rhodon. 



Lathyrus clymenum ? 
Scorpiurus sulcata ou lsevigata. 
Coronilla Securidaca. 
Onobrychis sativa. 
Ornithopus compressus ? 
Arachis hypogea. 
Moringa oleifera. 

Ceesalpinia pulcherrima. 
Ceratônia siliqua. 
Cassia Fistula. 
Cercis siliquastrum ? 
Acacia vera. 
Calycotome spinosa. 
Acacia Catechu. 
Mimosa polyacantha ? 
Amygdalus communis. 

— Persica. 
Prunus Armeniaca. 
Cydonia vulgaris. 
Malus acerba. 
Prunus domestica. 

— spinosa. 

— insititia. 

— Mahaleb. 

— Cerasus. 
Pirus communis. 

— cretica. 
Crataegus Azarolus. 
Mespilus germanica. 
Cotoneaster vulgaris ? 
Cratsegus oxyacantha. 
Sorbus torminalis. 

— domestica. 

— Aria. 
Amelanchier vulgaris. 
Spirsea salicifolia. 

— Ulmaria ? 

— Aruncus. 
Geum urbanum. 
Potentilla reptans. 

— Tormentilla. 
Fragaria vesca. 
Rubus fruticosus. 

— Idseus. 

— ca3sius. 
Rosa canina. 

Itosa (multee species). 



— 17 — 



Eupatôrion. 

Potêrion. 

Rhœa (Roia) ou Sidia. 

Onagra. 

Œnothêra. 

Myriophyllon. 

Tribolos enhydros. 

Polygonon thêly, Ipnon T. 

Lysimachia ou Lythron. 

Cypros. 

Myricê. 

Myrsinê, Myrrhinê T. 

Ampelos leucê ou Mêlôthron. 

Sicyos hêmeros. 

— Pepôn. 

— agrios ou Elatèrion. 
Pepôn. 

— heteros. 
Colocyntha ou Colocynthis. 

— edôdymos. 
Andrachnê. 
Parônychia. 
Acacalis. 
Telephion. 
Rhodia rhiza. 
Cepaea. 
Epipetron T. 
Aizôon mega. 

— micron. 

— triton, Andrachnê agria. 
Cotylédon cyclophyllon. 

— platyphyllon. 
Sycê indicé, Opus T. 
Daucos creticos. 

— selinophyllon. 

— tritos coriannouphyllon. 

Gingidion. 
Staphylinos hêmeros. 

— agrios. 
Elaphoboscon. 
Caucalis. 

Corion ou Coriannon. 

— dysalthes. 
Thapsia. 
Silphion libycon. 

— mêdicon, 



Agrimonia Eupatoria? ou Eupato- 

rium Cannabinum. 
Poterium spinosum. 
Punica Granatum. 
Epilobium roseum. 

— montanum. 
Myriophyllum spicatum. 
Trapa natans. 
Hippuris vulgaris. 
Lythrum Salicaria. 
Lawsonia inermis. 
Tamarix gallica. 
Myrtus communis. 
Bryonia dioica. 
Cucumis sativus. 

— Melo. 
Ecballium Eiaterium. 
Cucurbita Pepo. 

— Citrullus. 
Cucumis Colocynthis. 
Cucurbita lagenaria. 
Portulaca oleracea. 
Parônychia argentea. 
Gymnoearpum fruticosum ? 
Sedum Telephium. 

— Rhodiola. 

— Cepsea. 

— ochroleucum ou acre. 
Sempervivum tectorum. 

— sediforme. 
Sedum stellatum. 

Umbilicus pendulinus ou parviflorus. 

Saxifraga Aizoon. 

Cactus Opuntia. 

Athamanta cretensis. 

Laserpitium silaifolium ? 

Seseli ammoides ou Pimpinella pe- 

regrina. 
Daucus Visnaga. 

— Carota. 

— hispidus ou mauritanicus. 
Pastinaca sativa. 

Caucalis grandiflora. 
Coriandrum sativum. 
Bifora testiculata ? 
Thapsia villosa. 

— Silphium. 
Ferula Asafœtida, 



18 — 



Narthex. 

Galbanê ou Metôpion, 

Magydaris T. 

Panax ou Panaces asclêpion. 

— Chirônion. 

— Hêracleon. 
Meou athamanticon. 
Ligusticon. 
Thysselinon. 

Cyminon hêmeron. 

— agrion. 
Anethon. 
Peucedanon. 
Oreoselinon. 
Sphondylion. 
Agasyllis. 

Crithmon ou Crethmon. 
Seseli massaleôticon. 

— creticon, Tordylion. 

— peloponnesiacon. 

— sethiopicon. 
Bouprestis T. 
Libanôtis. 

— acarpos T. 
Marathron. 
Hippomarathron. 
Œnanthê. 
Phellandrion P. 
Sion. 

Sisaron. 

Pimpinelê. 

Tragion. 

— scolopendriphyllon. 
Annêson ou Anison. 
Caros ou Caron. 
Bunion ou Bolbocastanion. 
Pseudobunion. 
Ammi sethiopicon. 
Bupleuron. 
Sisôn. 

Selinon cêpseon 
Petroselinon. 
EJseoseiinon. 
Psederôs, Cerefolium P. 
Scandix. 
Myrrhis. 
Smyrnion ou Hipposelinon. 



Ferula communis. 
Bubon Galbanum. 
Laseipitium ferulaceum. 

— hirsutum? 

— chironium. 
Pastinaca Opopanax. 
Laserpitium Siler. 
Ligusticon Levisticum. 
Angelica sylvestris. 
Cuminum Cyminum. 
Lagœcia cuminoides. 
Anethum graveolens. 
Peucedanum officinale. 

— Oreoselinum. 
Heracleum Sphondylium. 

— pubescens. 
Crithmum maritimum. 
Seseli elatum ou tortuosum. 
Tordylium apuluin. 

— officinale. 
Bupleurum fruticosum. 

— protractum ? 
Libanôtis montana. 

? 

Fœniculum vulgare. 
Cachrys sicula. 
Œuanthe pimpinellifolia. 

— Phellandrium. 
Sium latifolium et angustifolium. 

— Sisaron. 
Pimpinella magna, saxifraga. 

— cretica. 

— Tragium. 

— Anisum. 
Carum graecum, Carvi. 
Bunium Bulbocastanum. 
Pimpinella tenuis, Trinia vulgaris. 
Ammi copticum. 

— majus ? 
Sison Amomum. 
Petroselinum segetum. 

— sativum. 
Apium graveolens. 
Anthriscus Cerefolium. 
Scandix Pecten et australis. 
Myrrhis odorata. 

Smyrnium Olusatrum ou perfoliatum. 



— 19 — 



Conion. 

Cachrys. 

Eryngion. 

— cyaneon. 

— thalassion. 
Cissos. 

Crania. 

Thêlicrania T. 

Ixia. 

Stelis T. 

Acte. 

Chamseactê. 

Daphnê agria T. 

Periclymenon. 

Cissanthemon ou Cissophyllon. 

Erythrodanon. 

Galion. 

Aparinê. 

Nardos agria ou Phu 

— oreinê. 

— celticê. 
Dipsacos hêmeros. 

— agrios. 
Gallidraga P. 
Pycnocomon. 
Eupatôrion. 
Petasitês. 

Cacalia ou Leontice. 
Bêchion ou Chamseleucê. 
Chrysocomê. 

Aster atticos ou Boubônion. 
Tripolion. 
Bellis P. 
Erigerôn. 
Thêlyphonon. 
Apsinthion. 

— thalassion ou Seriphion, 

— Santônion. 
Tarchon. 
Abrotonon arrhên. 

— thêly. 
Artemisia leptophyllon. 

— platyphyllon. 

— euôdestera. 

— leptotera. 
Chrysanthemon ou Chalcas. 
Buphthalmon. 
Parthenion. 



Conium maculatum. 
Cachrys cretica. 
Eryngium campestre. 

— amethysteum ou creticum. 

— maritimum. 
Hedera Hélix. 
Cornus mascula. 

— sanguinea. 
Viscum album. 
Loranthus europseus. 
Sambucus nigra. 

— Ebulus. 
Viburnum Tinus. 
Lonicera Pcriclymenum. 

— Caprifolium ? 
Rubia tinctorum. 
Galium (multae species). 

— Aparine. 
Valeriana Dioscoridis. 

— tuberosa. 

— montana, saliunca, celtica ? 
Dipsacus Fullonum. 

— sylvestris. 

— piiosus. 
Scabiosa succisa ? 
Eupatorium cannabinum ? 
Petasitês vulgaris. 

— niveus ? 
Tussilago Farfara. 
Chrysocoma Linosyris. 
Aster Amellus. 

— Tripolium ? 
Bellis perennis. 
Senecio vulgaris. 
Aronicum scorpioides ? 
Artemisia Absinthium. 

— maritima. 

— cœrulescens. 

— Dracunculus. 

— Abrotanum. 
Santolina Chamsecyparissus. 
Artemisia campestris* 

— ? 

— camphorata. 

— pontica. 
Chrysanthemum segetum. 
Pinardia coronaria ? 
Pyrethrum Parthenium, 



20 - 



Parthenion microphyllon. 
Pyrethron. 

Charaiemelon ou Euantliemon. 
Anthémis, Leucanthemon ou Eran- 
themon. 

— porphyranthês. 

— mêlinanthês. 
Achilleios ou Achilleia leucantha. 

— anthos chrysizon. 

— anthos porphyroun. 
Chiliophyllon. 

Agêraton. 

Ptarmicê. 

Helenion. 

Bretanicê ou Bettonieê. 

Conyza megalê. 

— mesê ou thêly. 

— micra ou arrhên. 
Gnaphalion. 
Helichryson. 
Leontopodion. 

Caltha P. 
Rhytros T. 
Acantha leucê 

Leucacantha. 

Silybon. 

Pternix ou Scalion T. 

Acanthion ou Acanos. 

Cinara G. 

Cactos T. 

Acantha arabieê. 

Onopyxos. 

Cirsion. 

Ceanôthos T. 

Limônia. 

Cnêcos malacôteros. 

Acorna T. 

Atractylis ou Phonos T. 

Chameelêon leucos ©u Ixinê. 

— mêlas. 

Cnicos ou Cnêcos. 
Centaurion mega. 
Cyanus P. 

Hippophaeston ou Hippophaes. 
Arceion ou Prosôpis. 
Xanthion ou Phasganon. 



Anthémis? 

Aoacyclus Pyrethrum, Cota altitsima. 
Mati-icaria Chamomilla. 
Anthémis Chia. 

— rosea. 

— tinctoria. 
Achillea nobilis. 

— tomentosa. 

— tanacetifolia. 

— Millefolium. 

— Ageratum. 

— Ptarmica. 
ïnula Helenium. 

— Britannica ? 
Baccharis Dioscoridis ? 
Pulicaria vulgaris. 
Cupularia viscosa. 
Diotis candidissima. 
Gnaphalium Stœchas. 
Filago germanica, arvensis, minima, 

Micropus erectus. 
Calendula officinalis. 
Echinops Ritro, sphserocephalus. 
Galactites tomentosa, Tyrimnus leu- 

cogi aphus ? 
Chamsepeuce Casabona). 
Silybum Marianum. 
Atractylis cancellata. 
Onopordon Acanthium. 
Cinara Scolymus. 

— Cardunculus. 
Carduus arabicus. 

— nutans. 

— parviflorus. 
Cirsium arvense. 

— oleraceum ? 
Carduncellus mitissimus. 
Cnicus benedictus. 
Kentrophyllum lanatum. 
Acarna gummifera. 
Carthamus corymbosus. 

— tinctorius. 
Centaurea ? 

— Cyanus. 

— spinosa. 
Lappa major. 

— minor. 



21 — 



Hypoehœris T. 
Picris T. 

Tragopôgôn ou Comê. 
Chondrillê. 

— hetera. 
Thridax hêmeros ou Thridaciue T. 

— platycaulon T. 

— strongylocaulon T. 

— lacônicoa T. 

— agria. 
Sonchos trachys. 

— leioteros. 
Cichôrion. 

Seris hêmeros. 
— agria. 
Hieracion mega. 

— micron. 
Andryala T. 
Scolymos. 
Ambiôsia. 
Erinos. 
Medion. 

Hyacinthos mêlas, 
ldsea rhiza. 
Comaros. 

Andrachne T. non Diosc. 
Ericê (Ereicê). 
iEgolethron P. 
Symphyton petraeon. 
Anagallis phoenicê. 

— cyanos. 
Dodecatheon P. 
Samolus P. 

Stratiôtes chiliophyllo3. 
Cyclaminos. 
Sarcocolla. 
Diospyros. 

Ebenos indicé. 

— œthiopicê. 
Styrax. 

Mêlia. 
Boumêlia. 
Phillyrea apharcê. 

— lacathê. 
Cêlastron T. 
Elaea. 

Clêmatis daphnoeides. 



Hyoseris lucida. 

Helminthia echioides, Picris asple- 

nioides ? 
Tragopogon pratensis, crocifolius. 
Lactuca perennis, 
Scorzonera tuberosa. 
Lactuca sativa. 



— var. 

— virosa. 
Sonchus maritimus. 

— oleraceus. 
Taraxacum Dens leonis. 
Cichorium Endivia. 

— Intybus. 
Sonchus arvensis ? 
Crépis virens. 

? 

Scolymus hispanicus, maculatus. 
Ambrosia maritima. 
Campanula Erinus. 

— Médium, Trachelium . 
Vaccinium Myrtillus. 

— Vitis idsea. 
Arbutus Unedo. 

— integrifolia? 
Erica arborea. 
Rhododendron ponticum. 
Coris monspeliensis ? 
Anagallis phœnicea. 

— cœrulea. 
Primula officinalis. 
Samolus Valerandi. 
Hottonia palustris. 

Cyclamen hedersefolium, europaBura 
Penaaa Sarcocolla. 
Diospyros Lotus. 

— Ebenum. 

— Ebenaster. 
Styrax officinalis. 
Fraxinus Ornus. 

— excelsior. 
Phillyrea angustifolia. 

— latifolia. 
Ligustrum vulgare. 



Vinca major. 



•v>9 



Asclepias. 
Clèmatis circaea. 
Apocynon ou Cynanchon. 

Nêrion ou Rhododendron, Rhodo- 

daphne. 
Gentiane. 
Mênanthos T. 
Centaurion micron. 
Sesamon. 

Polemônion ou Philetserion . 
Scammônia. 
Cissampelos, Helxinê. 
Jasiônê T. ou Smilax leia. 
Dorycnion. 
Cantabrica P. 
Anthyllis. 
Cassytha. 
Epithymon. 
Cerinthon T. 
Heliotropion mega. 
Anchusa. 

— Alcibiadon ou Onochiles. 

— Onochlia. 

— tritê, phoenicocarpos. 
Lithospermon ou ^Egonychon. 
Symphyton. 

— pêcton, 
Cynoglôsson. 
Buglôsson. 
Consiligo P. 
Onosma. 

Echion ou Doris. 

Lycopsis. 

Lappula P. 

Coccymêlea segyptia T. 

Œsos (oisos) T. 

Lycion. 

Hyoscyamos anthos leucos. 

— mêlas. 

— anthos mêloeides. 

— anthos hypoporphyron. 
Mandragoras, Dircsea ou Circsea. 

— thridacias. 

— leucos, môrion. 
Strychnos edôdimos. 

— agrios. 

— manicos ou Dorycnion. 



Asclepias Vincetoxicum. 

— nigrum. 

Cynanchum erectum,Periploca grseca, 

angustifolia. 
Nerium Oleander. 

Gcntiana lutea 
Menyanthes trifoîiata. 
Erythreea Centaurium. 
Sesamum orientale. 
Polemonium coeruleum. 
Convolvulus Scammônia. 

— arvensis. 

— sepium. 

— Dorycnium ? 

— Cantabrica ? 
Gressa cretica. 
Cuscuta europasea. 

— Epithymum. 
Cerinthe aspera. 
Heliotropium europasum. 
Anchusa tinctoria. 
Echium creticum. 
Anchusa italica. 
Lithospermum fruticosum. 

— officinale, arvense. 
Symphytum officinale ? 

? 

Cynoglossum pictum, officinale. 

Borrago officinalis. 

Pulmonaria officinalis ? 

Onosma echioides ? 

Echium rubrum. 

— italicum. 
Myosotis Lappula ? 
Cordia myxa. 
Lycium europseum ? 

— barbarum ? 
Hyoscyamus albus. 

— niger. 

— aureus. 

— reticulatus. 
Atropa Mandragora. 
Mandragora autumnalis. 
Atropa Belladona ? 
Solanum Melongena. 

— nigrum. 

— villosum, melanocarpum ? 



— 23 



Strychnos hypnoticos. 

Physalis ou Halicacabon* 

Capsicon. 

Arcturos ou Arction. 

Phlomos thêleia leucê. 

— arrhên leucê. 

— melsena. 

— lychnitis ou thryallis. 
Orobauche ou Cynomôrion. 
^Emodôron T. 
Melampyroa. 
Antirrhinon, Bucranion. 
Anarrhinon. 

Elatinê. 

Alectorolophos P. 

Odontitis P. 

Stoechas ou Stichas. 

Iphion T. 

Minthê ou Mintha, Hêdyosmon. 

Hêdyosmon agrion. Calaminthê. 

Glêchôn. 

Sisymbriou agrion. 

Polycnemon. 

Ocimon T. 

Origanon leucon, Onitis. 

— melan, heracleoticou. 

— agrion ou Conilê. 
Sampsycon ou Amaracos. 
Dictamnos creticos. 

— tritos T. 

— heteros. 
Thymos. 
Herpyllos. 

— agrios, Zygis. 
Tragoriganos. 
Thymbra. 

Acinos. 

Clinopodion. 

Melitteia ou Melissophyllon. 

Calaminthê ou Nepeto?. 

— (oreinê) orinê 
Hêdyosmon phyllon. 
Libanôtis stephanomaticê. 
Hormiuon hêmeron. 

— agrion. 
Jîthiopis. 
Elelisphacon. 
Sphacelos T . 



Physalis somnifcra . 

— Alkekengi. 
Capsicum annuum. 
Celsia orientalis? 
Veibascum plicatum ? 

— Thapsus. 

— sinuatum ? 

— Lychnitis. 
Orobanche (mulfoe species). 
Phelipœa cœrulea. 
Melampyrum arvense ? 
Antirrhinum majus. 

— Orontium ? 

Linaria spuria, Elatine. 
Rhinanthus major. 
Euphrasia Odontites ? 
Lavandula Stoechas. 

— Spica ? 
Mentha sativa. 

— sylvestris. 

— Pulegium. 

— aquatica. 

— cervina ? 
Ocimum basilicum ? 
Origanum Onitis. 

— hirtum. 
Satureia greeca. 
Origanum Majoranoides. 

— Dictamnus. 

— Tournefortii ? 

— creticum. 
Thymus vulgaris. 

— Serpyllum. 

— z ygis- 

— Tragoriganum. 
Satureia montana. 
Calamintha Acinos. 

— Clinopodium. 
Melissa officinalis. 

— Nepeta? 

— cretica. 
Calamintha officinalis. 
Rosmarinus officinalis. 
Salvia Sclarea. 

— Horminum, 

— argentea. 

— officinalis. 

— cretica. 



24 



Chamsecissos epigeios, Chamaeclema. 
Leucas. 

— (oreinê) orinê. 
Galiopsis. 
Galeobdolon. 
Stachys. 

Sidêritis heraclea. 

— hetera leptoclados. 

— tritê. 

Cestron ou Prionites ou Psychotro- 

phon. 
Ballotê ou Prasion mêlas. 
Phlomis agria. 

— hetera. 

— thryallis ou lychnitis. 
Prasion. 

Pseudo Dietamnos. 
Chamaepitys porphyranthos, Antbyl- 
lis hetera. 

— hetera, anthos leucon. 

— leptaphyllaria. 

— anthos mêlinon. 
Teucrion. 

Maron ou Hysobrion. 

Chamsedrys. 

Scordion. 

— alterum P. 
Polion mega. 

— (oreinon) orinon. 
Helenion segyption. 
Hyssôpos cêpeutê. 

— oreinê. 
Acanthos ou Acantha. 

— agrios. 
Peristereôn. 
Iera Botanê. 
Agnos ou Lygos. 
Arnoglôsson meizon. 

— micron. 

Psyllion. 
Cynops. 
Holostion. 
Alypon. 
Statice P. 
Tripolium. 

Plumbago ou Molybdœna P. 
Teutlon ou Seutlon mega. 



Glechoma hederacea. 
Lamium album. 

— maculatum. 

— purpureum. 

— Galeobdolon. 
Stachys cretica, germanica. 
Sidêritis Heraclea. 

? 
? 
Betonica officinalis. 

Ballota nigra. 
Phlomis fruticosa. 

— italica. 

— Lychnitis. 

Marrubium peregrinum , creticum , 

vulgare. 
Pseudo Dictamnus. 
Ajuga Iva. 

Teucrium Pseudochamaepitys. 
Ajuga Chamsepitys. 
Teucrium Botrys. 

— lucidum. 

— Marum. 

— Chameedrys. 

— Scordium. 

— Scorodonia? 

— Polium. 

— montanum. 

— creticum. 
Hyssopus officinalis. 
Thymbra spicata. 
Acanthus mollis. 

— spinosus. 
Verbena supina. 

— officinalis. 
Vitex Agnus castus. 
Plantago major. 

— Lagopus, média. 

— Psyllion. 

— Cynops. 

— Holostea? 
Globularia Alypum. 
Statice Armeria. 

— Limonium ? 
Plumbago europaaa. 
Beta vulgaris. 



— ZD — 



Teutlon ou Seutlon leucon. 

Amarantus P. 

Blêtton. 

Gromphsena P. 

Halimos. 

Atraphaxis ou Chrysolachanon cê- 

peuton. 
Chrysolachanon agrion. 
Tragos ou Scorpios. 
Empetron ou Phacoeides. 
Botrys. 
Garos. 

Scopa regia P. 
Lapathon côpeuton. 

— agrion. 

— oxalis. 
Hippolapathon. 
Oxylapathon. 
Hydrolapathon. 
Hydropeperi. 

Crataeogonon ou Polycarpon. 
Polygonon arrhên. 
Phegopyron. 
Centunculus P. 

Rheon ou Rha. 

Nascaphton, 

Daphnê. 

Cinnamômum. 

Cassia. 

Malabathron. 

Daphnoides. 

Chanuedaphne. 

Cneôron. 

Thymelsea. 

Chamgelea ou Coccos Cnidios. 

Thesion T. 

Osyris. 

Hippophaes. 

Hypocistis. 

Asaron. 

Aristolochia. 

— strongylè. 

— macra. 

— clêmatitis. 

— Pistolochia P. 
Euphorbion dendron. 
Chamgesycê. 

Peplis. 



Bota cicla. 
Celosia cristata ? 
Amaïaatus Blitum. 

— tricolor. 
Atriplex Halimus. 

— hortensis. 

— patula. 
Salsola Tragus. 

— polychlonos ? 
Chenopodium Botrys. 

— Vulvaria. 

— Scoparia. 
RuinexPatientia. 

— obtusifolius. 

— Acetosa. 

— Hydrolapathum. 

— acutus. 

— aquaticus. 
Polygonum Hydropiper. 

— Persicaria. 

— aviculare. 

— Fagopyrum. 

— Convolvulus. 
Rheum Rhaponticum. 
Myristica moschata? 
Laurus nobilis. 

— Cinnamomunie 

— Cassia. 

— Malabathrum. 
Daphne Laureola. 

— Mezereum. 

— Cneorum. 

— Thymelea. 

— Gnidium. 
Thesium linophyllum ? 
Osyris alba. 

Hippophae rhamnoides ? 
Cytinus Hypocistis. 
Asarum curopeeum. 
Aristolochia cretica, parvifolia. 

— rotunda. 

— longa. 

— Clêmatitis. 

— Pistolochia. 
Euphorbia officinarum. 

— Chamsesyce. 

— Peplis. 



26 



Peplos. 

Lathyris. 

Apios. 

Pithyusa. 

Tithymalos paralios. 

— helioscopios. 

— cyparissias. 

— platyphyllos. 

— characias. 

— Thêlis, myrsiaitês. 

— dendrôdês. 

— arrhên. 
Mêcôn aphrôdês. 
Linozôstis. 
Cynocrambe ou Cynia. 

Phyllon ou Eleeophyllon, Arsenogon. 

Heliotropion micron. 

Crotôn ou Cici. 

Pyxos T. 

Agaliochon ou Xylaloe. 

Morea. 

Sycê hêmeros. 

Sycomoron ou Sycaminos. 

Lotos. Lotus italica P. 

Ptelea. 

Oreoptelea T. 

Phyllon, Thêligonon. 

Cnidê. 

Acalyphê trachytera. 

Alsinê ou Myosôta. 

Helxinê. 

Perdicion. 

Peperi strongylon, melan. 

— hypomêcês, erythron. 
Cannabis. 

Lupus salictarius P. 
Caryon basilicon ou Carya. 
Oxya T. 

Dios Balanos eubœcô T., Castanon. 
Prinos T. 

PhêgosT.,^Esculus P. 
Hêmeris T. 
Dry s. 

— platyphyllos. 
Phellos T. 
Haliphlœos T. 
^Egilôps T. 
Coccos baphicê. 



Euphorbia Peplus. 

— Lathyris. 

— Apios. 

— Pithyusa. 

— Paralias. 

— Helioscopia. 

— Cyparissias. 

— platyphylla. 

— Characias. 

— Myrsinites. 

— dendroides. 

— orientalis. 

— Esula. 
Mercurialis annua. 

— perennis. 

— tomentosa. 
Crozophora tinctoria. 
Ricinus communis. 
Buxus sempervirens. 
Excœcaria Agallochum. 
Morus nigra. 

Ficus Carica. 

— Sycomorus. 
Celtis australis. 
Ulraus campestris. 

— montana. 
Theligonum Cynocrambe, 
Urtica urens. 

— dioica. 
Parietaria cretica? 

— officinalis. 

— diffusa. 
Piper nigrum. 

— longum. 
Cannabis sativa. 
Humulus Lupulus. 
Juglans regia. 
Fagus sylvatica. 
Castanea vulgaris. 
Quercus Ilex. 

— iEsculus. 

— racemosa. 

— Robur. 

— sessiliflora var. platyphylh 

— Suber. 

— Pseudosuber. 

— Jîgilops. 

— coccifera. 



— 27 — 



Oxyê agria. 

Caryon ponticon, Carya Heracleô- 

ticê T. • 
Zygia T. 
Ostrya T. 
Cociuphora T. 
Phœnix. 
Charnue riphes. 
Itea leuce T. 

— melsena T. 

— Hélix T. 

— melanophloios. 

— Eleeagnos T. 
Leucê dendron. 
Jîgiros (^Egeiros) 
Platanos. 
Sêmyda T. 
Clêthra T. 
Peucê hêmeros. 

— paralios T. 

— idsea T. 

— cônophoros T. 
Elatê T. 

Cedros T. 
Pitys. 

— agria. 

Arceuthos ou Arceuthis micra. 

— megalê. 
Cedros. 

— micra. 
Cedris. 
Brathys. 

Taxos Milos ou Smilos T., Smilax 

thymalos. 
Cyparissos. 
Thyia ou Thyon T. 
Polygonon silvestre P. 
Alisma. 

Pistana ou Sagitta P. 
Butomos T. 

Colchicon ou Ephêmeron. 
Bolbou Côdion T. 
Helleboros leucos. 
Lirion ou Crinon basilicon. 
Phlogiou T. 
Scillê ou Scilla. 
Pancration. 
Bolbos eriophoros. 



Quercus Cerris. 
Corylus Avellana. 

Carpinus Betulus. 

— Ostrya. 
Cucifera thebaica. 
Phœnix dactylifera. 
Chamserops humilis. 
Salix alba. 

— riparia. 

— Hélix. 

— amygdalina. 

— babylouica ? 
Populus alba. 

— nigra. 
Platanus orientalis. 
Betula alba. 
Aluus glutiuosa. 
Pinus Picea. 

— halepensis. 

— maritima. 

— Pinea. 

— Abies. 

— Cedrus. 

— Larix. 

— sylvestris. 
Juuiperus communis. 

— phœnicea. 

— Oxycedrus. 

— lycia. 

— nana. 

— Sabina. 
Taxus baccata. 

Cupressus sempervirens. 
Thuia articulata. 
Ephedra distachya? 
Alisma Plantago. 
Sagittaria sagittifolia. 
Butomus umbellatus. 
Colchicum autumnale. 
Bulbocodium vernum? 
Veratrum album. 
Lilium candidum. 

— chalcedonicum. 
Scilla maritima. 

— varietas radiée rubra ? 

— hyacinthoides ? 



— 28 — 



Bolbos emeticos. 
Ornithogalon. 
Hyaciothos hêraeros. 

— erythros. 

— agrios. 
Bolbinê. 

Satyrion erythronion. 
Phalangion. 
Asphodelos. 
Prason cephalôton. 
Scorodon hêmeron. 

— agrion ou Ophioscorodon. 

— ascalônion. 
Scorodoprason. 

— Moly. 

Crommyon ou Bolbos edôdîmos. 
Gethyon T. 
Ampeloprason. 
Aloê. 
Asparagos. 

— petraeos. 

Myrsinê agria, Oxymyrsinê, Centro- 

myrrhinê T. 
Hippoglôsson. 
Daphnê alexandria. 
Thraupalos T. 
Smilax tracheia. 
Polygonaton. 
Ampelos ideea ou Melëena. 
Crocos. 
Iris. 

— lybicê. 
Xyris. 

Sisyrhynchion. 
Hermodactylos. 
Xiphion 011 Phasgaaon. 
Leucoion. 
Narcissos porphyroeidês. 

— crocôdês. 
Hemerocallis. 
Cardamômon. 
ZiDgiberi. 

Costos arabicos et indicos. 

Cynosorchis. 

Serapias. 

Satyrion. 

Ophrys. 

Epipactis ou Elleborinê, 



Ornithogalum stachyoides? 

— umbellatum. 

Hyacinthus'orientalis. 
Lilium Martagon. 
Muscari comosum. 

— botryoides. 
Erythionium Dens canis. 
Phalangium Liliastrura. 
Asphodelus ramosus. 
Allium Porrum. 

— sativum. 

— oleraceum. 

— ascalonicum. 

— Seorodoprasum. 

— Dioscoridis. 

— Cepa. 
? 

— vineale. 
Aloe perfoliata. 
Asparagus officinalis. 

— aphyllus ? 
Ruscus aculeatus. 

— Hippoglossum. 

— Hypophyllum. 

— racemosus. 
Smilax aspera* 
Convallaria latifolia ? 
Tamus communis. 
Crocus sativus. 

Iris florentina, germanica. 

— mauritanica. 

— fœtidissima. 

— Sisyrhynchiura. 

— tuberosa. 
Gladiolus communis. 

Leucoium vernum? 
Narcissus poeticus. 

— Tazetta. 
Pancratium maritimum. 
Amomum Cardamomum. 

— Zingiber. 
Costus arabicus. 

Orchis Morio, militaris, papilionacea. 

Serapias Lingua. 

Orchis latifolia, maculata. 

Listera ovata. 

Neottia spiralis. 



Potamogitôn (Potamogeitôn). 

Phycos agrosteoidês. 

Phacos telmateios. 

Acoros. 

Stratiôtês potamios. 

Aron. 

Arisaron. 

Dracontion. 

Aron cyrenaicon ou Colocasia. 

Tiphê. 

Sparganion. 

Combretum P. 

Schœnos. 

— mêlas ou Melancranis T. 
Oxyschœnos. 

Oloschœnos. 

— sarcôsdestera. 

Cypiros (Cypeiros). 

— heteros. 
Papyros. 

Mnasion ou Malinathallê T. 

Sari T. 

Stœbe ou Phleôs T. 

Ischsemon. 

Schœnos euosmos. 

Nardos indicé. 

Miliaria P. 

Elymos ou Melinê. 

Cenchros ou Cenchrys. 

Calamos indicos. 

— aulêticos ou Donax T. 
Plocamos ou Phliô T., Ampelodes- 

mos P. 
Calamos epigeios ou Calamagrostis. 

— Phragmites ou Characias. 
Agrostis typhoeidês. 

Phalaris. 

Anemochorton. 

Alopecuros. 

Linosparton T. 
^Egilôps. 
Brômos. 
Agrostis. 
Dactylon P. 
Pyros. 
Zeia ou Zea 
Dicoccos. 



Potamogeton natans,pusillus. 

Phycagrostis major ? 
Lemna minor. 
Acorus Calamus. 
Pistia Stratiotes. 
Arum italicum. 

— Arisarum. 

— Dracunculus. 

— Colocasia. 
Typha latifolia. 
Sparganium ramosum. 
Luzula maxima. 
Juncus (multse species). 
Schœnus nigricans. 

Scirpus Holoschœnus, mucronatus. 

— lacustre. 
Cladium Mariscus. 
Cyperus longus. 

— comosus. 

— Papyrus. 

— esculentus. 

— fastigiatus. 
Carex (multse species) ? 
Androgopon Ischsemum. 

— Schœnanthus ? 

— Nardus. 
Setaria verticillata. 
Panicum miliaceum. 

— italicum. 
Bambos arundinacea. 
Arundo Donax. 
Ampelodesmos tenax. 

Calamagrostis Epigeios. 
Phragmites communis. 
Phleum pratense. 
Phalaris minor. 

— canariensis. 

Lagurus ovatus, Polypogon monspe- 

liensis, Imperata cylindrica. 
Stipa tenacissima. 
Avena sterilis, fatua. 

— sativa. 
Agropyrum repens. 
Cynodon Dactylon. 
Triticum vulgare. 

— amyleum. 

— dicoccum. 



— 30 



Olyra. 

Briza G. ou Tiphê T. 
Stelephuros T. 
Crithê. 

— disticha. 
Gymnocrithon. 
Aristida P. 
Oryza. 

Aira. 

Phoenix anchinôps. 

Coix T. 

Polypodion. 

Dryopteris. 

Thelipteris. 

Blêchnon, Polyrrhizon. 

Pteris. 

Asplênon. 

Trichomanes. 

Hemionion. 

Scolopendrion ou Phyllitis. 

Adianton leucon. 

— Melan ou Polytrichon, 
Lonchitis prasophyllon. 

— tracheia. 
Ophioglosson. 
Hippuris (Hippouris). 

— hetera. 
Selago P. 
Hydnon. 
Mison (Athen.) 
Agaricon thelys. 

— arrhên. 
Uredo et Carbunculus P. 
Mycôs. 

Flos vini P. 
Phycos. 

— trichôdes. 
Platyphycos. 

Sycê pontica aphylla. 
Bryon creticon. 
Androsaces. 
Conferva P. 
Lichen epipetron. 
Bryon cedrinou. 

— thalassion. 
Phycos thalassios. 
Splanchnos, Phascos, Sphagnos, 

Bryon. 



Triticum Spelta. 
Secale céréale. 

— villosum? 
Hordeum vulgare. 

— hexastichon. 

— nudum. 

— murinum. 
Oryza sativa. 
Lolium temulentum. 

— perenne. 
Coix Lacryma ? 
Polypodium vulgare. 

— Dryopteris. 
Athyrium Filix-fœmina. 
Polystichum Filix-Mas. 
Pteris Aquilina. 
Ceterach officinarum. 
Asplenium Trichomanes. 

— Hemionitis. 
Scolopendrium officinale. 
Adiantum Capillus Veneris. 
Asplenium Adiantum nigrum. 
Aspidium Lonchitis. 
Blechnum Spicant. 
Ophioglossum vulgatum. 
Equisetum arvense. 

— sylvaticum. 
Lycopodium Selago. 
Tuber cibarium. 

— niveum ? 
Boletus igniarius? 

— Agaricum ? 
Uredo (multee species). 
Multse species fungorum. 
Mycoderma vini. 
Fucus (multse species). 

— aculeatus. 

— Saccharinus. 

— turbinatus. 

— cartilagineus. 
Acetabularia mediterranea. 
Conferva (multae species). 
Marchantia polymorpha. 
Alectoria jubata. 

Algues marines indéterminées. 

Mousses indéterminées. 



— 31 — 

Outre les 880 noms de plantes ci-dessus énumérés, on trouve 
encore, dans les écrits de Théophraste , de Dioscoride et de 
Pline, plusieurs autres noms, dont il est impossible, malgré la 
meilleure volonté, d'établir la concordance avec la Nomencla- 
ture moderne. Tels sont, en particulier, les suivants : 

Achsemenis P. Ipsos T. 

Andrachnê, micron dendron T. Icmê T. 

Andryala T. Limeum P. 

Apargia T. Mêcôn hêraclia T. 

Aphia T. Ocymoeides. 

Baccharis. Othonna. 

Calabricê P. Pezia T. 

Catanancê. Petilium P. 

Epimêdion. Phseôs ou Stœbë T. 

Hêdypnois. Phleôs T. 

Hippomanes. Phyllanthes T* 

Garyophyllon P. Tagetes. 

auxquels il faut encore ajouter les noms de Phascos, Sphagnos, 
Bryon, Phycos, Lichen, que les anciens ont employés pour dési- 
gner plusieurs Lichens, Mousses et Algues qu'il est impossible 
de reconnaître actuellement. 

La période brillante de la Botanique chez les Grecs avait duré 
jusqu'à la fin du second siècle de l'ère chrétienne. A partir de 
cette époque les sciences tombèrent dans une décadence rapide 
qui ne fut ralentie, pendant quelques années, que par les tra- 
vaux de l'École arabe. Enfin arriva le long et profond sommeil 
qui dura jusqu'au milieu du XV e siècle. 

Alors on se remit à l'étude ; la période de renaissance de la 
Botanique inaugurée par Hermolaus Barbarus et Leonicenus 
fut continuée avec succès sous l'impulsion de Jér. Tragus, Ruel, 
Fuchs, Anguillara, Matthiole, Maranta, Cordus, Pona, Thalius, 
Alpinus, Gesner, Turner, Dodonaeus, Lobel, Clusius, Caesalpin, 
Daléchamp, Tabernaemontanns, Columna, les deux Bauhin. 
L'inventaire de leurs travaux appartient à l'histoire générale de 
la Botanique. En ce qui concerne la Nomenclature, seule ques- 
tion dont nous ayons à nous occuper, il y a peu de chose à dire, 
attendu que tous les auteurs cités plus haut, reprenant la tradi- 
tion des Grecs dont ils s'appliquent à commenter les observa- 
tions, se servent des mêmes noms déjà employés par Théo- 
phraste, Dioscoride, Pline etGalien. Lorsqu'ils veulent désigner 
des espèces que les anciens n'avaient pas distinguées, ils ont 



— 32 — 

souvent recours à des numéros d'ordre; c'est ainsi que Matthiole 
énumère cinq espèces d'Aconit et de Renoncules ; Dodonaeus, 
cinq espèces de Cynosorchis, auxquels ces deux célèbres bota- 
nistes ne donnent pas d'autre épithète que prior, alter, tertius, 
quartus, quintus. Clusius s'est aussi servi de numéros d'ordre 
dans l'énumération des treize espèces à'Erica qu'il décrit suc- 
cessivement. 

Au lieu de ce procédé numérique, les botanistes employaient 
aussi, comme l'avaient déjà fait les Grecs, des épitbètes spéci- 
fiques tirées de la taille, de la couleur, de l'odeur, de la forme 
des feuilles, de la tige et des racines, ainsi que de l'habitat et 
de l'époque de floraison. 

éi l'on veut avoir une idée de la Nomenclature employée pen- 
dant le XVII e siècle, il suffît de parcourir le Pinax theatri 
bo'cnici publié àBâle, en 1671, par C. Bauhin. Nous citons cet 
ouvrage de préférence à ceux des autres botanistes de la même 
période, parce que, jusqu'à Linné, il a été considéré unanime- 
ment comme le synopsis classique en matière de Nomenclature ; 
de telle sorte que, lors même qu'on n'employait pas les expres- 
sions dont s'était servi C. Bauhin, on avait soin de mentionner 
celles-ci à titre de synonymes. 

Comme exemple, citons les dénominations des Gentianes 
d'après C. Bauhin : 

ALPINJB 

Gentiana major lutea correspond au G. lutea L. 

— major purpurea — — purpurea L. 

— major flore punctato — — punctata L. 

— asclcpiadis folio — asclepiadea L. 
Gentianella alpina latifolia flore 

magno — acaulis L. 

Gentianella verna major — verna L. 

— verna minor — brachyphylla Vill. 

— sestiva centaureae mi- 

noris foliis. — campestris L. 

Gentianella brevifolia — nivalis L. 

— cœrulea oris pilosis — tenella Rottb. 

— omnium minima — pumila Vill. 



— 33 



PRATENSES 



Gentiana cruciata correspond au G. cruciata L. 

— autumnalis ramosa — germanica Willd. 

— pratensis flore breviore — utriculosa L. 

— angustifolia autumna- 
lis major 

Gentiana angustifolia autumna- 
lis floribus ad latera pilosis — ciliata L. 

PALUSTRES 

Gentiana palustris angustifolia corresp. au Pneumonanthe L. 

— — latifolia flore 

punctato — SwertiaperennisL. 

Après C. Bauhin, l'art de décrire les plantes, si imparfait 
jusqu'alors, fit de très-rapides progrès. Morison, Ammann, 
Hermann, Rai, Rivin, Breyn, et surtout notre illustre Pitton de 
Tournefort s'appliquèrent à différencier les espèces et à expri- 
mer ces différences au moyen de définitions claires et précises. 
Les perfectionnements apportés à l'art de décrire les espèces 
végétales contribuèrent pour une grande part à l'établissement 
de classifications beaucoup plus méthodiques que celles qui 
avaient été en usage jusqu'alors. Il n'entre pas dans notre plan 
de montrer avec quelle sagacité Tournefort sut distinguer plu- 
sieurs genres autrefois confondus, et réunir en groupes homo- 
gènes les espèces appartenant aux familles des Labiées, Perso- 
nées, Rosacées, Ombellifères, Caryophyllées, Liliacées, Papilio- 
nacées, Carduacées, Semi-flosculeuses, Radiées, etc. 

Dans l'introduction de son ouvrage (1) Tournefort présente, 
sur les conditions d'une bonne Nomenclature botanique, des 
considérations on ne peut plus judicieuses, que nous regrettons 
de ne pouvoir, à cause de leur étendue, citer en entier et 
textuellement. 

D'après Tournefort chaque plante doit avoir d'abord un nom 
générique, puis une épithète spécifique exprimant la différence 
qui la sépare des autres espèces appartenant au même genre. 
Les meilleures épithètes spécifiques sont celles qui ont été tirées 



(1) Institutiones rei herbariœ. Paris, 1719. La première édition avait été 
publiée en langue française, en 1694, sous le titre de : Eléments de Bota- 
nique. 



— 34 — 

des caractères offerts par les diverses parties des fleurs, des 
fruits, des feuilles, des tiges et des racines. Cependant, à défaut 
des caractères organe-graphiques, il est permis d'avoir recours 
aux caractères secondaires fournis par la couleur, l'odeur, la 
saveur, la grandeur, l'habitat, la similitude avec des objets 
connus, et enfin par les divers attributs qui peuvent servir à 
différencier les espèces. 

Par conséquent on ne doit point imiter l'exclusivisme de Ges- 
ner, de Césalpin et de Columna qui voulaient que les épithètes 
spécifiques fussent tirées seulement de la forme et de la struc- 
ture des fruits, des g*raines et des fleurs. 

Tournefort avait donc parfaitement compris que, à vouloir de 
parti pris se priver des ressources que peuvent offrir, pour la 
distinction des espèces, l'examen de quelques-uns des organes 
des végétaux ainsi que les caractères secondaires, tels que la 
couleur, l'odeur, la saveur, la taille, l'habitat, la similitude 
avec des objets connus, on ne parviendrait pas à trouver dans le 
langage humain un nombre d'expressions suffisant pour dénom- 
mer les myriades d'espèces dont se compose le règne végétal. 

On verra plus loin que Linné, qui devait cependant être bien 
renseigné sur les difficultés qu'on éprouve souvent à trouver 
des épithètes spécifiques, a repoussé l'emploi de celles qui 
sont empruntées aux caractères secondaires. 

Tournefort insistait énergiquement pour que les noms de 
plantes fussent courts ; il reprochait à Morison et à Breyn d'en 
avoir inventé de si longs qu'on ne pouvait les réciter sans per- 
dre haleine; il cita en particulier la longue phrase diagnostique 
par laquelle Morison avait remplacé le nom si simple de Maloa 
rotundifolia : 

« Malva annua, rotundifolia floribus omnium minimis albis, 
pentapetalis, verticillatim genicula ambientibus, et seminibus 
arcte iisdem verticillatim adhserentibus. » 

Après avoir cité cette phrase, Tournefort ajoute : certes, 
autre chose est de décrire une plante, autre chose de la nom- 
mer. La première qualité d'un nom est d'être court. 

Malgré les remontrances de Tournefort, l'habitude de rem- 
placer les noms par des phrases diagnostiques continua encore 
jusque vers le milieu du XVIII e siècle, comme on peut le voir 
en parcourant les ouvrages des Vaillant, Dillenius, Scheuchzer, 
H aller, Micheli, Barrelier, Garidel et même le Flora lapponica 



— 35 — 

et la première édition du System a naturœ publiés par Linné en 
1735. Comme exemple de ce genre de Nomenclature descriptive, 
citons l'énumération des Sauges, d'après Linné. 

SALVIA 

1 — S. — foliis lanceoiato-ovatis integris crenulatis, noribus 

spicatis, calycibus acutis. 

2 — S. — foliis rugosis oblongo-cordatis : noralibus calyce 

longioribus, acuminatis. 

3 — S. — foliis cordato-sagittatis serratis, acutis. 

4 — S. — foliis cordato-oblongis, crenatis, summis amplexi- 

caulibus, verticillis subnudis. 

5 — S. — foliis oblongis, dentato-angulatis, hirsutis, verti- 

cillis lanatis. 

6 — S. — foliis pinnatifido-sinuatis, incisis , corollœ labiis 

approximatis. 
Plus tard Linné donna des noms à chacune de ces Sauges : 
N° 1 — Salvia offlcinalis. N° 4 — Salvia pratensis. 

2 — — Sclarea. 5 — — iEthiopis. 

3 — ■ — glutinosa 6 — — Verbenaca. 

Il fit de même pour toutes les espèces, et réduisit leurs noms 
à la plus simple expression, c'est-à-dire à un nom générique et 
à un nom spécifique composés chacun d'un seul mot, réalisant 
ainsi de la manière la plus heureuse le précepte que Tournefort 
avait donné (nomina breviora sint). 

Comment se fait-il qu'il ait fallu si longtemps pour arriver à 
comprendre que pour nommer une plante, on ne doit pas s'y 
prendre autrement que pour appeler un homme ? Lorsque nous 
voulons désigner l'illustre naturaliste suédois dont il est question 
présentement, nous disons Linné Charles ; le premier mot est le 
nom patronymique qui correspond au nom générique des plan- 
tes; le second est le prénom qui sert à distinguer tel individu de 
tous ceux qui portent le même nom ; il correspond à l'épithète 
spécifique des plantes. Jamais il n'est venu à la pensée de qui 
que ce soit d'appeler une personne au moyen de l'énumération 
des caractères extérieurs qu'elle présente. 

En 1751, Linné fit paraître l'ouvrage intitulé Philosophia 
botanica, dans lequel il posa les lois de la Nomenclature bota- 
nique. Les principales sont les deux suivantes, déjà formulées 
par Tournefort : 



1° Chaque plante doit avoir un nom générique et un nom spé- 
cifique ; 

2° Le nom spécifique, pour être légitime, doit exprimer un 
des caractères par lesquels chaque espèce ^diffère de toutes celles 
qui appartiennent au même genre. 

Dans le choix des caractères, ajoutait Linné, il convient de 
laisser de côté ceuxqui présentent souvent des variations, comme 
la taille, l'époque de floraison, la couleur, la saveur, l'odeur, la 
pubescence, la durée, et de n'employer que les caractères 
empruntés aux organes essentiels des plantes, notamment aux 
racines, à la tige, aux feuilles, aux fleurs et aux fruits. 

On doit rejeter les noms spécifiques qui rappellent la patrie 
présumée, l'habitat, les propriétés médicinales et industrielles. 

Les noms de plantes ne doivent pas être formés au moyen de 
deux mots distincts ni composés d'un radical grec associé à un 
radical latin. 

Les noms doivent être empruntés aux langues grecque ou 
latine, à l'exclusion de toutes autres. 

Les noms génériques peuvent être tirés d'un nom d'homme, 
surtout du nom d'un botaniste célèbre, mais jamais il ne faut 
se servir d'un nom d'homme dans la construction des épithètes 
spécifiques lesquelles doivent toujours exprimer un caractère 
différentiel. 

On verra par la suite que l'auteur de la Nomenclature botani- 
que, soit qu'il n'ait pas osé rompre avec de vieilles traditions, 
soit qu'il ait éprouvé des difficultés insurmontables, a maintenu 
une multitude d'expressions en opposition manifeste avec les 
lois par lui établies, et dont quelques-unes, notamment celle qui 
concerne la prohibition des caractères secondaires, nous paraît 
d'une rigueur excessive. Quelle qu'en soit la cause, manque de 
courage ou de force, Linné a laissé inachevée l'œuvre magis- 
trale qui devait immortaliser son nom, à bien plus juste titre 
que le système sexuel de classification aujourd'hui abandonné, 
et auquel cependant il attachait plus d'importance qu'à la 
création de la Nomenclature botanique. 

Au mois d'août 1867, cent cinquante botanistes, venus des 
diverses parties de l'Europe et de l'Amérique, se réunirent à 
Paris dans le but d'établir définitivement les lois de la Nomen- 
clature botanique. 

Il ne pouvait être question d'une innovation complète, telle 



— 37 — 

que celle qui fut faite en 1787, lorsque Guyton de Morveau, 
Lavoisier, Fourcroy et Berthollet vinrent présenter leur mémo- 
rable rapport sur la Nomenclature chimique. Ces savants, après 
avoit fait table rase de toutes les vieilles dénominations en usage 
jusqu'alors, fondèrent la Nomenclature nouvelle sur le principe 
de la composition des corps. 

Bien plus facile était la tâche du Congrès des botanistes. Les 
deux lois fondamentales de la Nomenclature botanique avaient 
été nettement formulées par l'illustre naturaliste suédois, ce 
sont celles qui ont été rapportées plus haut. Il ne restait plus 
qu'à y ajouter quelques articles destinés à indiquer d'une 
manière précise quelles qualités doivent présenter les noms 
génériques et spécifiques, et quels défauts on doit éviter dans 
leur construction. 

Après une délibération qui occupa plusieurs séances, du 16 au 
23 août 1867, le Congrès adopta le recueil des lois de la Nomen- 
clature botanique en 68 articles, rédigé par M. Alph. de Can- 
dolle. 

Douze années se sont écoulées depuis la promulgation des 
lois, et cependant la Nomenclature est restée exactement ce 
qu'elle était avant l'année 1867; on n'a pas réformé un seul 
nom défectueux. La cause de cette immobilité est facile à trou- 
ver : le Congrès, de peur d'apporter une perturbation aux usages 
adoptés, n'a pas osé donner aux lois un effet rétroactif, et a accom- 
pagné chacune d'elles de restrictions qui ont eu pour effet de 
maintenir le statu quo. 

Cependant, comme on le verra par la suite, il est facile, sans 
déranger beaucoup les habitudes prises, d'améliorer d'une 
manière très-notable la Nomenclature botanique et de corriger 
un grand nombre d'expressions grossièrement incorrectes qui 
la déparent. 



— 38 — 



Réforme des épithètes spécifiques qui ne s'accordent 
pas avec le nom générique. 



Parmi les vices d'une nomenclature scientifique, les plus 
choquants et, par conséquent, ceux qu'il est le plus urgent de 
faire disparaître sont, sans contredit, les infractions aux règles 
de la grammaire. 

Aussi croyons-nous devoir commencer notre étude en signa- 
lant à la réprobation des botanistes plusieurs séries d'expres- 
sions incorrectes que nous ramenons à trois groupes principaux 
ainsi désignés : 

1° Défaut d'accord grammatical du nom générique avec l'é- 
pithète spécifique ; 

2° Pléonasmes; 

3° Mots composés par l'association de radicaux hétérogènes. 

Abordons immédiatement, et sans autre préambule, l'examen 
des expressions vicieuses du premier groupe. 

Tout d'abord, il importe de poser en principe que le genre 
grammatical d'un substantif employé comme nom générique 
est précisément celui qu'il avait dans la langue, grecque ou la- 
tine, à laquelle il a été emprunté. Nous ne nous occuperons pas 
des noms génériques tirés des autres langues. 

La règle que nous venons d'énoncer est évidemment la seule 
admissible en pareille matière ; aussi voyons-nous que les bota- 
nistes se sont appliqués à la suivre ; c'est ainsi qu'ils sont una- 
nimes à dire : Rhododendron hirsutum, Pœonia peregrina, 
Phyteuma spicatum, Onosma arenarium , Arabis alpina, 
Thlaspi arvense , Seseli coloratum , JEgilops ovata, Aster 
Amellus, Acer campestre, Quercus pedunculata, etc. 

Dans les noms génériques composés de deux radicaux, le der- 
nier est le véritable substantif qui détermine le genre gramma- 
tical, tandis que le premier est simplement qualificatif et joue 
le rôle d'un adjectif (1). 

(1) Il en est de même dans les mots composés, qui forment la principale 
richesse de la langue allemande. Gartcnblume (fleur des jardins), Wiesen- 



- 59 — 

Le premier radical peut être un véritable adjectif, comme 
dans Polypogon (beaucoup de barbe), ou un substantif, comme 
dans Leontodon (Dent de lion), Ornithopus (Pied d'oiseau), 
Gerontopogon (barbe de vieillard) ; dans ce dernier cas il prend 
la forme du génitif. On ne doit donc pas dire, avec Linné, Gero- 
pogon, mais bien Gerontopogon, suivant l'usage des anciens 
botanistes. 

Les noms génériques terminés par un adjectif sont défectueux ; 
leur genre grammatical semble être tout-à-fait arbitraire et 
dépendre entièrement de la désinence. Ainsi il est clair que le 
même mot peut avoir les trois genres, suivant qu'on dit Echi- 
nophorus, ou Echinophora, ou Echinophorum ; Gypsophilus, 
Gypsophila, Gypsophilum. Toutefois il sera expliqué plus loin 
que la désinence neutre est celle qui convient le mieux aux 
adjectifs grecs. Dans tous les cas on doit les considérer comme 
des substantifs , au même titre que les sobriquets Leblond, 
Leroux, Lebègue, etc., lesquels, à la longue, sont devenus des 
noms patronymiques. 

Il est bien entendu que la règle formulée au commencement 
de ce chapitre ne trouve son application que dans le cas où les 
substantifs ont conservé leur désinence propre. 

Au contraire, lorsqu'un mot grec a reçu la terminaison latine 
en us, en a ou en uni, le genre grammatical varie avec l'une ou 
l'autre de ces trois désinences, conformément aux usages de la 
langue latine. Ainsi, par exemple, Diosanthos (fleur de Jupiter) , 
qui est neutre en grec, devient masculin si on le change en 
Dianthus (1); Diospyros (froment de Jupiter), est du genre mas- 
culin, mais Melampyrum (froment noir) et Agropyrum (fro- 
ment des champs) sont neutres. 

C'est donc surtout de la désinence, plutôt que de l'étymologie, 
que dépend le genre grammatical des noms génériques. Cepen- 
dant il existe quelques exceptions qu'il ne faut jamais perdre 
de vue. C'est ainsi que la désinence latine en us n'indique pas 



blume (fleur des prés), Feldblume (fleur des champs), sont tous trois du 
genre féminin qui appartient à Blume, quoique Garten soit du masculin, 
Wiese du féminin et Feld du neutre. Comme en grec, c'est le dernier subs- 
tantif qui détermine le genre grammatical. 

(1) Les botanistes ont donné en effet des épithètes masculines à tous les 
noms génériques terminés en anthus, sauf à M schinanthus et à Chionan- 
thus. Ces exceptions sont injustifiables. 



— 40 — 

toujours le genre masculin, puisque plusieurs noms d'arbres, 
comme Malus, Pirus, Rhammus sont du féminin. La même 
exception existe aussi à l'égard de plusieurs substantifs grecs 
terminés en os ; la plupart sont du genre masculin ; quelques- 
uns, surtout les noms d'arbres, sont du genre féminin. Enfin 
on sait que ceux qui ont le génitif en eos-ous sont du genre 
neutre ; tel est le cas des substantifs anthos, rhynchos, stegos, 
stephos. 

C'est ici le lieu de signaler une cause d'erreur contre laquelle 
les botanistes n'ont pas toujours su se tenir en garde. Les dési- 
nences en a et en is étant communes à la langue grecque et à 
la langue latine, il est arrivé quelquefois que les auteurs ont 
méconnu l'origine grecque de certains noms terminés en a et en 
is, et qu'ils les ont considérés comme étant latins ou du moins 
latinisés. Or, comme les substantifs latins qui ont les susdites 
désinences sont du genre féminin, on n'a pas hésité à adjoindre 
des épithètes féminines à des mots neutres, comme Polygala, 
Camphorosma, ou à des substantifs masculins, comme Orchis, 
Stachys. 

Il est donc fort important de ne jamais oublier que le genre 
grammatical des substantifs employés comme noms génériques 
est exactement le même que celui qu'ils ont dans la langue à 
laquelle ils appartiennent, et qu'un nom grec ne peut être con- 
sidéré comme latinisé que lorsqu'il a perdu la désinence qui lui 
est propre, pour prendre une terminaison particulière à la lan- 
gue latine. 

Il est juste d'ajouter que, sauf les quelques erreurs qui seront 
signalées plus loin, la règle ci-dessus énoncée a été générale- 
ment suivie. Ainsi, quoique la terminaison a soit féminine en 
latin, la plupart des botanistes n'ont pas hésité à conserver le 
genre neutre aux mots grecs Phyteuma, Alisma, Onosma, 
et à toute la longue série des mots composés des radicaux 
sperma, derma, stigma, stoma, brama, chroma, nema, stem- 
ma, gramma, phragma, schisma, stroma, loma, etc. Les usa- 
ges adoptés sont, comme on le voit, en parfaite conformité avec 
la règle ci-dessus établie, de sorte qu'on a le droit de considérer 
comme des fautes grammaticales toutes les dérogations à la sus- 
dite règle. 

Conséquemment, c'est à tort que les auteurs ont adjoint des 
épithètes féminines aux noms masculins suivants : Orchis, 



— 41 — 

StachySy Scandix, Phœnix, Psydrax, Phragmites, Balanites, 
Eçhites, Galactites, Comètes, Achœmenes, Tagetes, Diospyros, 
Symplocos, Strychnos, Cissos, Metrosideros, Cysticapnos, Po- 
lyozus, Scorpiurus (1). 
Il faut donc dire dorénavant : 

Orchis globosus. Achœmenes hirsutus. 

Stachys alpinus. Tagetes erectus. 

Scandix hispanicus. Diospyros hirsutus. 

Phœnix dactylifeiv^. Strychnos breviflorus. 

Psydrax angustifoîius. Symplocos obovatus. 

Phragtnites giganteus (2). Cissos cordifolius. 

Balanites eegyptiacus. Metrosideros capitatus. 

Echites acuminatus. Cysticapnos africanus. 

Galactites tomentosus. Polyozus acuminatus. 

Comètes alterniflorus. Scorpiurus vermiculatus. 

Parmi les noms qu'on vient de lire, il en est deux, Achœme- 
nes et Tagetes, qui sont des noms d'hommes et dont, par consé- 
quent, le genre masculin aurait dû être respecté par les bota- 
nistes. Puisqu'on Ta oublié, il ne sera pas inutile de donner 
quelques détails à ce sujet. 

On ne sait pas au juste quelle est la plante que les anciens 
avaient dédié à Achsemenes, premier roi des Perses. Pline se 
borne à dire qu'elle avait la couleur de l'ambre et qu'elle était 
dépourvue de feuilles (lib. 24, cap. 102). 

P. Brown appliqua ce nom à un genre de la famille des Ges- 
nériacées ; mais, ignorant l'étymologie, il eut la maladresse d'é- 
crire Achimenes et d'adjoindre à ce nom des épitbètes fémi- 
nines. 

Avis donc aux botanistes qui, à l'avenir, écriront la mono- 
graphie des Gesnériacées ; qu'ils se souviennent que le fonda- 
teur de la dynastie des Achéménides, illustrée par Darius et 
Cyrus, n'appartenait pas au sexe féminin et s'appelait Achœ- 
menes. 



(1) Il est fort bizarre que les auteurs attribuent unanimement le genre 
féminin au mot Scorpiurus (queue de scorpion), alors qu'aucun d'eux 
n'hésite à donner des épithètes masculines aux autres substantifs terminés 
en urus, comme Lagurus (queue de lièvre), Cynosurus (q. de chien), Alope- 
curus (q. de renard), Myosurus (q. de rat), etc. La contradiction aurait dû 
sauter aux yeux. 

(2) Voici ce que dit Théophraste : 

nul sTspos fpxy/j.imi, Aern-os, imoAsvxo;, ncLat yjùpifio$. « Il y a aussi un autre Phrag- 
mites grêle, blanchâtre, bien connu de tout le monde. » 



— 42 — 

Apulée a parlé d'une plante appelée Tagetes, qu'on avait dé- 
diée à Tagès, petit- fils de Jupiter. On ne trouve dans les auteurs 
anciens aucune description de ce Tagetes. 

Fuchs (Stirpiuni historia) appela Tagetes inclica la jolie 
plante, originaire du Mexique, que nos jardiniers cultivent 
sous le nom d'Œillet d'Inde. On sait que pendant longtemps 
l'Amérique fut désignée dans les ouvrages des historiens sous 
le nom d'Indes occidentales, par opposition aux Indes orien- 
tales. Linné changea le nom de Tagetes indica en Tagetes pa- 
tula. Il aurait dû dire Tagetes patulus. 

Pour terminer ce qui concerne les substantifs masculins, je 
ferai remarquer qu'on a eu tort de joindre des épithètes neutres 
aux substantifs suivants : Styrax, Panax , Crotôn, Sisôn, 
Leontodôn, Andropogôn, Polypogôn, Erigerôn, Potamogitôn, 
et à une multitude d'autres terminés par les radicaux pogôn, 
gitan. 

On doit donc dire : 

Styrax officinalis. Andropogôn hirtus. 

Panax fruticosus. Polypogôn maritimus, 

Crotôn tinctorius. Erigerôn atticus. 

Sisôn verticillatus. Potamogitôn heterophyllus (1). 

Leontodôn hastilis. 

Si nous passons aux substantifs neutres, nous voyons qu'on 
a considéré à tort comme étant du genre féminin les substantifs 
suivants : Polygala , Diosma , Camphorosma , Coprosma , 
Trianthema, Aceras, Buceras, Anacampseros , ainsi que les 
adjectifs suivants pris comme substantifs : Isoetes, Minyanthes, 
Prenanthes, Petasites, et plusieurs autres dont il sera question 
plus loin. 

On doit donc dire : 

Polygala comosum. Coprosma fœtidissimum (2). 

Diosma ciliatum. Trianthema decandrum. 

Camphorosma monspeliacum. Comesperma flavum. 



(1) Ce n'est pas Potamogeton, mais bien Potamogitôn, attendu que le 
diphthongue ei du mot grec geitôn (voisin) se contracte en i dans la trans- 
cription en caractères romains ; de même que ai se contracte en œ, oi en œ, 
ou en u, comme on le voit dans les mots Liriodendron, Chamœdry*, 
Stœchas, Anchusa, qui, en grec, s'écrivent Leiriodendron, Chamaidrus, 
Stoichas, Anchousa. 

(2) Il est vrai que le substantif osmê (odeur) est du genre féminin, mais 
le radical osma est neutre, comme on le voit dans le mot Onosma, employé 
par les Grecs. 



— 43 — 

Aceras hircinum. Menanthos trifoliatum. 

Buceras spinosum. Prenanthos purpureum (1). 

Anacampseros lanceolatum. Petasites album. 
Isoetes tenuissimum. 

Enfin des erreurs analogues ont été commises par tous les 
auteurs en ce qui concerne le genre grammatical de quelques 
substantifs féminins, auxquels on a adjoint des épithètes tantôt 
masculines, comme on l'a fait pour Echinops (sphœrocephalus), 
Euryops (imbricatus) , tantôt des épithètes neutres, comme il 
est arrivé pour Negundo (fraxinifolium), Triglochin {palustre 
et maritimum) ; il faut donc dire : 

Echinops sphaerocephala (2). Negundo fraxinifolia. 

Euryops imbricata. Triglochin maritima. 

Quoique le genre grammatical des substantifs latins soit 
mieux connu que celui des substantifs grecs, cependant Tour- 
nefort et Linné se sont trompés relativement au genre du mot 
Bidens qu'ils ont cru être féminin. Il est clair que dens étant 
masculin, on doit dire Bidens tripartitus, B. cernuus (3). 

Toutes ces fautes grossières, que l'élève le plus novice évite- 
rait aujourd'hui en se servant des dictionnaires grec et latin, 
ont cependant été commises par plusieurs générations de bota- 



(1) Les motifs du changement de Menanthes en Menanthos et de Pre- 
nanthes en Prenanthos seront expliqués plus loin. Pour le moment, je me 
borna à constater que les Aoristes paraissent n'avoir aucune opinion arrêtée 
relativement au genre grammatical des noms génériques terminés en anfhes ; 
ainsi, d'une part, ils écrivent Trochiscanthes nodiftorus, Strobilanthes 
auriculatus, et, d'autre part, ils écrivent Cheilanthes odora, Prenanthos 
pur pur ea. 

(2) Il est surprenant que Linné, et tous les botanistes à sa suite, ne se 
soient pas aperçu de la contradiction qui existe entre Echinops sphceroce- 
phalus et Âïgilops ovata. Le radical ops ^aspect) ne peut pas être tantôt 
masculin, tantôt féminin. 

(3) L'erreur de Tournefort et de Linné au sujet du genre grammatical de 
Bidens vient peut-être de ce que ces botanistes, ayant cherché ce mot dans 
un lexique en usage de leur temps, auront trouvé la citation du passage 
suivant de Virgile (Enéide, lib. 6, V. 39) : 

Nunc grege de intacto septem mactare juvencos 
Preestiterit; totidem lectas de more bidentes. 

Ils n'auront pas fait attention que bidentes se rapporte à oves sous-en- 
tendu, et que le poète a voulu dire: Il vaudra mieux immoler sept jeunes 
taureaux indomptés, et autant de brebis de deux ans choisies, selon l'usage. 
Oves étant du genre féminin commande l'adjectif féminin lectas. 

Le mot Bidens était aussi employé pour désigner un instrument d'agri- 
culture à deux branches ; dans ce cas, il était du genre masculin, comme le 
prouvent les passages suivants d'Ovide et de Juvénal : 

Sarcula nunc, durusque bidens et vomer aduncus. (Ovide, fast. 927.) 

Versarem valido pingue bidente solum. (Juven. 128.) 



— 44 — 

nistes, parmi lesquels un grand nombre avaient une connais- 
sance approfondie de la littérature ancienne. Il ne sera donc 
pas inutile de rechercher quelle peut être la cause d'une erreur 
aussi prolongée, et d'entrer dans quelques détails au sujet de 
plusieurs des mots dont il a été question précédemment. 

Il est certain que chez les Grecs le mot Orchis était du genre 
masculin, soit dans son sens propre et anatomique, soit par dé- 
rivation, dans son acception botanique. Le passage suivant de 
Dioscoride ne laisse aucun doute à cet égard : o>x<s, ôv Se xvrit épw» 

xocAougc o/5X £ 5 ZTzpos ov aspunluSx irspoi \vfOvavj (1). 

Aussi les botanistes qui, comme Matthiole, Fuchs et Dodo- 
naeus avaient fait une étude attentive des ouvrages de Diosco- 
ride, de Théophraste et de Galien, n'ont-ils pas hésité à attri- 
buer le genre masculin au mot Orchis. 

Matthiole cite l'opinion de Galien relativement aux vertus 
attribuées au Serapias et s'exprime ainsi : Orchis vero, quem 
Serapiada nuncupant ad Venerem non similiter accomodus est. 
Œdemata illitus discutit et ulcéra sordida purgat. Siccatus 
multo magis etiam dessicat (2). 

Fuchs répète la même assertion, presque dans les mêmes 
termes (3). 

Dodonœus établit les distinctions suivantes entre les diverses 
espèces d'Orchis ; orchies duo sunt, unus Cynosorchis ; alter 
orchis Serapias dicitur. Plus loin, le même auteur énumère cinq 
sortes de Cynosorchis : C.prior, C. alter, C. tertius, C. quar- 
tus, C. quintus (4). 

Lobel décrit un Orchis minor odoratus (5). 

Enfin Daléchamp distingue aussi plusieurs espèces d'Orchis. 
Il suffit de citer les paroles suivantes qui se rapportent à la 
question dont il s'agit actuellement : tertius Orchis Serapias 
foliis minoribus quam secundus ; est alius orchis rotundus co- 
gnominatus (6). 



(1) De materia medica, lib. 3, cap. 141-142. 

(2) Commentaria in libris Dioscoridis ; lib. 3, cap. 127. 

(3) Stirpium historia; cap. 214. 

Les commentaires de Matthiole et de Fuchs se rapportent au passage 
suivant de Galien : opxt$ o'v IZepxmxSx xaAovat ^porépas 5uv«/*ew5 Iutcv, o0ev sig Ta' 
ùypotiiatx oux o'/totws eiTtT»j<5sws tare». De simpl. medic. facult. lib. 8. 

(4) Pemptad. II, lib. 2, cap. 30. 

(5) Stirpium adversaria nova, p. 63. 

(6) Historia generalis plantarum ; lib . 15. 



— 45 — 

Il est probable que Terreur dans laquelle on est tombé relati- 
vement au genre grammatical du mot orchis a pour origine 
une fausse interprétation du passage suivant de l'Histoire na- 
turelle de Pline : sed inter pauca mirabilis est orchis herba ; 
duo ejus gênera : una longioribus foliis ; altéra satyrios orchis 
cognominatur. Haec tumores et vitia partium earum cum po- 
lenta Mita sedat (lib. 26, cap, 62). 

On n'a pas fait attention que puisque Pline disait orchis 
herba (la plante Orchis), tous les adjectifs qualificatifs et dé- 
monstratifs se rapportaient au mot féminin herba, que du reste 
Pline emploie très-souvent (1). 

Il y a même lieu de croire que, dans beaucoup des cas où 
Pline ne joint pas le mot herba aux noms de plantes, il le sous- 
entend, comme, par exemple, dans la phrase suivante : ea quo- 
que quœ Stachys vocatur. Il est évident que Pline a voulu dire : 
et aussi cette plante (ea herba) qui s'appelle Stachys. Cette ré- 
ticence de Pline a été cause de l'erreur dans laquelle sont tom- 
bés tous les botanistes au sujet du genre grammatical du mot 
grec Stachys, lequel est certainement le genre masculin. 

Le mot Polygala (beaucoup de lait) étant composé de deux 
radicaux, dont l'un est un adjectif, le second un substantif du 
genre neutre, il est fort surprenant que Pline ait pu écrire : 
Polygala quœpota facit abundantiam lactis. Cette phrase, répé- 
tée dans tous les lexiques et dictionnaires, est l'origine de l'opi- 
nion qui attribue le genre féminin au mot Polygala, comme si 
ce mot avait cessé d'être grec, parce que, comme tant d'autres, 
il a été cité dans un ouvrage écrit en latin. 

De deux choses l'une, ou Pline ignorait que le substantif 
gala est du genre neutre, ou dans la phrase citée plus haut, il 
a sous-entendu le mot herba : Polygala (herba) quœ pota facit 
abundantiam lactis. 

On va voir que cette dernière supposition est la seule admis- 



(1) Il suffira de citer les passages suivants : 

Sic et apud Graecos Polion herbam, inclytam Museei et Hesiodi laudibus, 
prorsusque miram. Lib. 21, cap. 21. — Il est clair que les adjectifs féminins 
inclytam et miram se rapportent au substantif herbam, et non à Polion, 
qui est du genre neutre. 

Est et alia herba Tragos quam aliqui Scorpion vocant. Lib. 27, cap. 106. 

Chamaecyparissos herba ex vino pota contra venena serpentium, scorpio- 
numque pollet. — Lib. 24, cap. 86. 

Les botanistes grecs employaient aussi fort souvent devant les noms de 
plantes les mots phyton t poa ou botanê, qui correspondent à herba des Latins, 



_ 46 — 

sible. En effet, dans nn autre passage (lib. 28, cap. 36) où il 
parle de YOxygala (lait aigri), il emploie une épithète du 
genre neutre : Oxygala fit et alio modo, acido lacté in recens 
quod velis inacescere, utilissimum stomacho. Il est clair que 
lorsqu'il s'agissait du lait aigri, le mot herba ne pouvait pas 
être sous-entendu, et alors nous voyons Pline écrire correcte- 
ment Oxygala utilissimum. 

Ainsi, en ce qui concerne le substantif Polygala, l'erreur est 
du côté des commentateurs, dont aucun n'a su interpréter les 
textes et comprendre les réticences et sous-entendus du natu- 
raliste romain. Donc Polygala est bien du genre neutre et 
nous devrons dire dorénavant : P. vulgare, comosum, calca- 
reum, depressum> austriacum, monspeliacum, roseum, etc. 

Persoon est le seul qui ait compris que les noms génériques 
terminés par le radical gala sont nécessairement du genre neu- 
tre. C'est ainsi qu'après avoir créé le genre Lycogala (lait de 
loup), il a dénommé ainsi qu'il suit les espèces appartenant à 
ce genre : L. argenteum, conicum, miniatum, punctatum. 

Il est digne de remarque que les Grecs préféraient souvent la 
désinence en on à celle en a ; ainsi ils ne disaient pas Polygala, 
Lithosperma, Cynoglossa, Androsœma , Alyssa , Epipetra, 
Bouphthalmos, mais bien Polygalon, Lithospermon, Cyno- 
glosson, Androsœmon, Alysson, Epipetron, Bouphthalmon, 
etc., etc. 

La réticence dont il vient d'être question à l'occasion des mots 
Stachys et Polygala, n'est pas un cas isolé dans l'ouvrage du 
naturaliste romain : on la retrouve si souvent qu'on peut la re- 
garder comme une habitude prise. C'est en effet ce qu'on cons- 
tate aisément dans plusieurs passages où l'auteur accole des 
épithètes féminines à des substantifs grecs du genre neutre, 
comme Alisma, Onosma, Teucrion, Bunion, Polypodion, Hy- 
pericon, Polygonon, et aussi à des substantifs masculins comme 
Potamogitôn, Erigerôn, Capnos, Cissos, Scandioc, etc. (1). 



(1) Lib. 22, cap. 38. — Scandix décoda alvum sistit. Hœc est quam Aristo- 

phanes Euripidi poetse objicit joculariter. 
24 — 84. — Chamsecissos spicata est tritici modo foliosa. — Au chap. 86, 

même livre, il dit : Chamsecyparissos herba ex vino pota. 

24 — 96. — Pseudobunion Napi folia habet. Laudatissima in Cretâ. 

25 — 20. — Invenit et Teucer eadem setate Teucrion, quam quidam Hemio- 

nion vocant. 
25 — 77. — Alisma quam alii Damasonium, alii Lyrou appellant, 



— 47 — 

Dans le livre consacré aux pierres précieuses, Pline tantôt 
accole au nom de chacune d'elles le substantif gemma, tantôt 
sous-entend celui-ci, de sorte qu'il adjoint à tous ces noms des 
épithètes féminines, lors même qu'ils sont du genre masculin, 
comme, par exemple, Hœmatites, Myrrites, ou du genre neu 
tre, comme Heliotropion (1). 

Quoiqu'il soit surabondamment démontré que Pline ne con- 
naissait pas les plantes, cependant il est difficile d'admettre qu'il 
fût ignorant des éléments de la langue grecque, au point de 
ne pas savoir que les substantifs terminés en on sont du genre 
neutre, que ceux qui ont la désinence on, comme Erigerôn, 
Potamogitôn, Tragopogôn sont du genre masculin, et enfin 
que les mots terminés par sperma, gala, aima sont du genre 
neutre, de même que les substantifs Alisma, Phyteuma, Onos- 
ma, et généralement tous ceux qui ont la terminaison ma. 

Du reste, ce qui prouve que Pline connaissait bien le genre 
grammatical des susdits noms grecs, c'est que, maintes fois, 
alors qu'il ne sous-entendait pas le mot herba, il a donné des 
épithètes neutres à plusieurs noms terminés en on et en i, en 
er et en es; il savait aussi très-bien que Chamœleôn, Trago- 
pogôn, Styrax sont du genre masculin (2). 



25 — 98. — Capnos prima quam pedes gallinaceos vocant ; alla est Capnos 

fruticosa, prœtenera. 
25. — 106. — Erigerôn a nostris vocatur Senecio. Hanc si ferro circums- 
criptam effodiat aliquis. 

26 — 33. — Potamogeton adversatur et crocodilis ; itaque secum habent 

eam, qui venantur. 
26 — 34. — Lagopus sistitalvum è vino pota. Eadem inguini adalligatur 

in tumore. Solvit et Cyclaminos ex aquâ pota. 
26 — 37. — Polypodion, quam nostri filiculam vocant, similis est Filici. 

26 — 53. — Eadem prsestat Hypericon, quam alii Chamsepityn, alii Corion 

appellant. 

27 — 86. — Onosma longa folia habet ; prsegnans si edat eam, abortum 

facere dicitur. 
27 — 91. — Polygonon Grseci vocant, quam nos Sanguinariam. 
27 — 90. — Polyanthemum quam quidam Batrachion appellant. 
27 — 96. — Polygala palmi altitudinem petit ; quœ pota lactis abundan- 
tiam facit. 
(1) Hsematites non omittenda, promissis ad coarguendas barbarorum in- 
sidias. 
Myrrites odorem unguenti attrita. 

Heliotropion nascitur in ^Ethiopia, sanguinis venis distincta. 
(2) Lib. 26, cap. 54. — Est aliud Hypericon quod alii Corin appellant. 
Quelques lignes plus haut, Pline sous-entend herba et écrit : eadem 
preestat Hypericon quam alii Chameepityn, alii Corion appellant. 
25 — 90. — Psyllion radice tenui, sarmentosum. 
20 — 17. — Siser erraticum sativo simile est. 



— 48 — 

Cependant plusieurs savants fort érudits, entre autres Her- 
molaus Barbarus, Leonicenus, Gesner, Saumaise, Scaliger, Bo- 
dœus, Hardouin, Casaubon, Sprengel, Desfontaines et Fée, dans 
leurs commentaires sur l'Histoire naturelle de Pline ou sur 
l'Histoire des plantes de Théophraste et la Matière médicale de 
Dioscoride, après avoir accusé, non sans raison, le naturaliste 
romain d'avoir maladroitement copié les descriptions faites 
par les botanistes grecs, ont ajouté que non-seulement Pline 
ne connaissait pas les plantes, mais encore qu'il a fait preuve 
d'une ignorance incroyable de la langue grecque (1). 

En ce qui concerne ce dernier reproche, il est probable que 
les érudits auraient été moins sévères s'ils avaient tenu compte 
des réticences dont il a été parlé plus haut, et s'ils avaient ad- 
mis la possibilité d'une altération du texte, soit par les scribes 
que Pline employait à compulser les ouvrages à consulter, soit 
par les copistes ignorants qui nous ont transmis son œuvre. 

Nous savons d'ailleurs, par le témoignage de Pline le jeune, 
neveu de Pline l'ancien, que celui-ci, fort occupé par ses fonc- 
tions de commandant de la flotte romaine , composait rapide- 
ment pendant les repas ou au bain, d'après des notes fournies 
par des scribes à gages et sans avoir toujours sous les yeux les 
écrits des auteurs grecs qu'il compilait. Il se proposait de revoir 



27 — 101. — Trichomanes decoctum strangurias sanat in vino albo potum. 

Illitum cohibet capillos defluentes, Alopeciasque densat tritum et in 

oleo illitum. 
27 — 13. — Est et Tragopogon quem alii Comen vocant. 
24 — 15. — Styrax placet maxime pinguis, purus ; deterior furfurosus et 

cano situ obductus. 
27 — 99. — Phyteuma quale sit, describere supervacaneum habeo. 
27 — 113. — Alterum Thlaspi, aliqui Persicum Napy vocant, et ipsum 

utile ischiadorum infusioni. 
22 — 21. — Chamseleon hic niger , illic viridis, alibi cyaneus , alibi 

croceus. 
20 — 18. — Optimum Sili (Seseli) massiliense ; secundum œthiopicum, 

nigrius; creticum odoratissimum omnium. 
(1) Saumaise porte sur Pline le jugement suivant, qui résume assez bien 
les opinions exprimées par tous les autres commentateurs : 

Dici vix potest quantum et quoties non satis exactâ linguae graecse peritiâ 
Plinium falsa et inconcinna de plerisque herbis pronuntiare adegerit. 
Qusecumque commentatus est de re herbariâ, ex Graecis ea scriptoribus trans- 
tulit ; sed defectu otii multa ordine perturbato temerèque congessit. Demum 
defectu Critices nullo judicio usus est in his qure tractavit ad rem herbariam 
pertinentibus. 

Hermolaus Barbarus, le plus ancien des commentateurs de l'Histoire natu- 
relle de Pline, s'est vanté d'avoir relevé dans le dit ouvrage plus de cinq 
mille erreurs de tout genre. (Castigationes Plinianse, 1492.) 



— 49 — 

plus tard son ouvrage; mais il n'en eut pas le temps, car il 
mourut inopinément pour être allé examiner de trop près l'é- 
ruption du Vésuve qui eut lieu en l'an 79 après J.-C. 

Tout en admettant, en ce qui concerne la forme, des circons- 
tances atténuantes, on est bien obligé de reconnaître, quant au 
fond, que Pline était tout-à-fait ignorant en Botanique et que, 
comme l'ont dit tous les commentateurs, il n'a fait que copier, 
en les abrégeant et les mutilant, les écrits des naturalistes 
grecs. 

Il serait trop long d'énumérer les erreurs qu'il a commises ; 
il suffira de citer les suivantes. 

Pline (lib. 24, cap. 86), après avoir parlé de YAmpeloprason 
(Allium vinealeL.), dit qu'il existe aussi une autre plante 
appelée Stachys y laquelle, comme la précédente, ressemble à un 
Porreau, mais a des feuilles plus longues et plus nombreuses 
que l'Ail des vignes. Loin d'avoir l'odeur désagréable que 
celui-ci communique aux éructations (ructu gravis), le Stachys, 
au contraire, a une odeur suave. 

Il faut bien avouer que celui d'entre nous qui avancerait que 
les Stachys germanica, italica et cretica ressemblent à un 
Porreau et qui les placerait dans le même genre que l'Ail des 
vignes, devrait renoncer à être compté parmi les botanistes. 

Voici l'explication de la bévue commise par Pline : Diosco- 
ride , que notre auteur copie très-souvent sans jamais le 
citer, avait dit que le Stachys est semblable au Prasion 
(Marrubium vulgare L.) , mais qu'il est plus grand et plus 
feuillu (1) ; au lieu de Prasion, Pline a lu Prason, nom grec 
du Porreau (Allium Porrum L.). 

Comme il arrive à ceux qui copient des livres sans comprendre 
leur contenu, ce ne sont pas les idées qui appellent les idées, 
mais les mots qui appellent les mots. Ainsi, après avoir parlé 
de la plante aquatique appelée par les Grecs Myriophyllon, 
Pline s'empresse de mentionner le Millefolium (Achillea mille- 
folium). A propos du Cissos (Lierre), vite il se met à parler du 
Cistos (Ciste), comme s'il pouvait y avoir quelque cbose de 



(1) S-râ^us sy.<fépr,ç npzGtù), u7rû i uy)X£Tâcôs os x«i TilsiarU «pu)i« e/wv. Lib. 3, Cap. 120. 

IL est probable qu'il s'agit du Stachys cretica et peut-être aussi du <S. ger- 
manica, tous deux assez communs eu Grèce et dans l' Asie-Mineure. 

En Italie, on rencontre fréquemment les S. germanica et italica, mais le 
S. cretica ne s'y trouve point. 



— m ~- 

Commun entre ces deux plantes, dont les noms ont quelque 
ressemblance. Le Cratœgos, qui est un arbre bien connu, est 
confondu par lui avec le Cratœgonon (Polygonum Persicaria). 

A propos du Buis, il transcrit ce que Théophraste avait dit 
du Gui de Chêne. 

N'ayant rien compris de ce que Dioscoride avait écrit sur la 
Fève, Cyamos hellênicos, il croit qu'il s'agit du Micocoulier 
(Celtis australis). 

Théophraste avait dit que les feuilles du Mêcôn aphrôdes, 
Papavéracée mal déterminée, ressemblent à celle du Strouthion 
(Gypsophila Struthium ?). Pline, comme un écolier maladroit 
qui choisirait la première version donnée par un dictionnaire, 
prend le mot Strouthion dans son sens vulgaire (moineau), et, 
en conséquence, écrit que les feuilles du susdit Pavot ressem- 
blent à un moineau (passer). 

Une autre fois (lib. 25, cap. 44), il prend pour une plante le 
fromage que les peuples de la Scythie fabriquent au moyen du 
lait de jument et qu'on appelait Hippaoc. 

Il est fort heureux qu'Hippocrate, Hérodote, Théophraste et 
Dioscoride nous aient parfaitement renseignés au sujet de 
Y Hippaoc, sans quoi il est probable que les commentateurs au- 
raient donné libre carrière à leur imagination et que nous pos- 
séderions actuellement autant de dissertations sur la plante 
appelée par les anciens Hippax que nous en avons sur le 
prétendu Nêpenthes d'Homère, lequel n'est autre chose qu'un 
adjectif signifiant « qui dissipe le chagrin », et que le divin 
vieillard a appliqué à un breuvage narcotique. 

J'ai dit plus haut que Pline copie très-souvent Dioscoride, 
sans jamais le citer. En effet, les passages de l'Histoire natu- 
relle de Pline, qui paraissent tirés de la Matière médicale du 
médecin d'Anazarbe , sont en si grand nombre qu'on ne peut 
s'empêcher de croire que le naturaliste romain a eu connais- 
sance du susdit ouvrage. Malheureusement nous manquons de 
renseignements chronologiques précis sur la vie de Dioscoride ; 
nous savons seulement qu'il était contemporain de Pline. 

A l'encontre de notre assertion, on pourrait alléguer que si, 
en effet, Pline eût connu les ouvrages du médecin cilicien, il 
n'aurait pas manqué de les citer, comme il a fait pour un grand 
nombre d'autres. Au surplus, pourrait-on ajouter, il est permis 
d'admettre sans invraisemblance que deux auteurs contem- 



. — 51 — 

porains , éloignés l'un de l'autre par une grande distance , 
pouvaient bien rester inconnus l'un à l'autre, à une époque où 
on n'avait, pour abréger les distances, ni les chemins de fer, ni 
les paquebots faisant un service régulier entre l'Italie et le 
Levant, ni même les voitures publiques, alors surtout que 
l'imprimerie ne répandait pas encore par milliers d'exemplaires 
les ouvrages littéraires ou scientifiques. 

Si on se range à cette dernière opinion, on est forcé d'ad- 
mettre que Dioscoride et Pline ont puisé à la même source, 
probablement dans l'ouvrage de Cratevas, maître de Dioscoride, 
souvent cité par Pline. 

Dans l'autre hypothèse, le silence de Pline au sujet de Dios- 
coride serait un stratagème destiné à faire prendre le change 
sur l'origine de ses connaissances en botanique. 

Quelque opinion qu'on adopte, on peut dire qu'il y a entre 
le naturaliste grec et l'écrivain romain la différence qu'on 
observe entre un disciple qui, ayant tiré bon profit des leçons 
du maître, entreprend de composer un traité sur la matière, 
qu'il connaît aussi bien que possible à son époque, et un 
compilateur ignorant qui , ayant la prétention d'écrire une 
encyclopédie à l'usage des gens du monde, coupe à tort et à 
travers des lambeaux dans quelques ouvrages spéciaux et les 
entasse pêle-mêle, sans ordre et sans aucun discernement. 

Nous en avons assez dit pour démontrer l'incompétence de 
Pline en matière de Botanique. Cette constatation est fort 
importante, attendu que cet auteur a été le seul qui, chez les 
Latins, ait écrit un traité d'histoire naturelle. Ses erreurs de 
linguistique ont été suivies par la plupart des botanistes et se 
sont perpétuées jusqu'à ce jour. Nous avons donc dû établir 
qu'on serait mal fondé à venir nous opposer l'autorité de Pline ; 
on sait maintenant ce qu'elle vaut. 

L'incident relatif à Pline étant vidé, continuons l'examen de 
la question du genre grammatical des noms génériques. 

On remarque dans la Nomenclature botanique un assez 
grand nombre d'adjectifs terminés en es qui ont été employés 
comme noms génériques, et, par une bizarrerie inconcevable, 
les uns ont été considérés comme masculins, les autres comme 
féminins. Bien plus, le même radical, phanes, par exemple, a 
été associé à des épithètes tantôt masculines, tantôt féminines, 
Mogiphanes villosa, Calophanes crinitus. 



— 52 - 

Parmi ces noms, citons en particulier : Hippophaes (appa- 
rence d'un cheval), Aphanes (sans apparence), Mogiphanes (à 
peine apparent), Calophanes (de belle apparence), Anisomeles 
(divisé en parties inégales), Octomeles (huit parties), Tetra- 
mêles (quatre parties), Helicteres (enroulé), Eurychanes (qui a 
une large ouverture), Drypetes (fruit mûr tombant de l'arbre), 
Aleurites (composé de farine), Agapetes (aimable), Euthales 
(bien fleuri) (1), Pentapetes (à cinq feuilles), Nepenthes (sans 
chagrin) (2), Isoetes (qui est égal toute Tannée), Ompha Iodes 
(forme de nombril), Prenant hes (floraison penchée), et les nom- 
breux noms formés du radical anthes, comme Aphyllanthes, 
Achyranthes, Agathisanthes, Aœanthes, Byrsanthes, Chloan- 
theSy Ilysanthes, Cheilanthes, Calyptranthes , Miny anthes, 
Micr anthes , Ny étant hes , Spiranthes, Trochiscanthes. J'ai 
déjà expliqué plus haut que les Aoristes paraissent n'avoir été 
guidés par aucune règle lorsqu'ils ont adjoint des épithètes 
spécifiques aux noms génériques terminés en anthes et que ces 
épithètes sont les unes masculines, les autres féminines. 

Cependant dans un langage scientifique rien ne doit être 
abandonné au caprice et à l'arbitraire individuel. Il importe 
donc, une fois pour toutes, de bien poser la règle qui détermine 
le genre grammatical des adjectifs employés substantivement 
comme noms génériques. 

(1) L'adjectif erithales, composé de la particule augmentative eri et de 
l'adjectif dérivé du verbe thallô, était employé dans le même sens que 
euthales, c'est-à-dire belle floraison, ou quelquefois vigoureuse végétation. 
Cette expression n'a pas été conservée dans la Nomenclature moderne, 

Pline avait appelé Erysithales une espèce de Carduacée à fleurs jaunes, 
ayant des feuilles semblables à celles de l'Acanthe. (Lib, 26, cap. 85 ) 
Scopoli a donné ce nom à un Cirsium à fleurs jaunâtres. On ne comprend 
pas pourquoi les auteurs, oubliant l'étymologie d' Erysithales, qui signifie 
floraison jaunâtre, écrivent Erisithales, au lieu à? Erysithales (fleur d'un 
jaune paille). 

(2) On sait qu'Homère dit, dans l'Odyssée : « Elle jette aussitôt dans le 
vin une composition pharmaceutique qui dissipe le chagrin et la colère, et 
apporte l'oubli de tous les maux. » Odyssée., lib. 4, — 221. 

aiÎTtx «|5 £($ olvO'j fiais yàpfiaxov, ev0sv sizivov 
VTiUSvOsç t uxolov ts, xaxwv èiï'tlrtôov «Travrcov. 

Plusieurs commentateurs se sont ingéniés à chercher quelle était la plante 
désignée par Homère sous le nom de Nepenthes ; mais il suffit de voir dans 
le premier vers le mot pharmacon pour comprendre qu'il ne s'agit pas d'une 
plante, mais bien d'un breuvage préparé (peut-être une teinture d'opium), 
lequel a pour effet de dissiper le chagrin (nepenthes) et la colère (acholon). 
Nepenthes est un adjectif au même titre que acholon. 

A propos du substantif colère, il y a lieu de remarquer l'altération ortho- 
graphique qu'il a subie. Comme il dérive de Çholos, il est évident qu'on 
aurait dû écrire cholère, de la même manière qu'on écrit choléra. 



— 53 — 

Par lui-même, un adjectif n'a pas de genre qui lui soit 
propre, et, comme son rôle est de qualifier un substantif, il 
reçoit de ce dernier son genre grammatical. 

Mais lorsque, par exception et abusivement, un adjectif est 
employé à titre de substantif, on ne voit pas pourquoi il serait 
masculin, ni pourquoi, féminin. Puisqu'il n'existe aucun motif 
pour adopter un de ces genres de préférence à l'autre, il en 
résulte qu'un adjectif pris substantivement ne peut être que du 
genre neutre. C'est, en effet, ce qu'avaient bien compris les 
Grecs. Ainsi, ils n'ont pas dit Lycoctonos, Cynoctonos, 
Adiantos, Amarantos, mais Lycoctonon (qui tue les loups), 
Cynoctonon (qui tue les chiens) , Pycnocomon (qui a une 
chevelure épaisse), Adianton (qui ne se mouille pas), Ama- 
ranton (qui ne se dessèche pas). C'est conformément au même 
principe qu'ils ont composé les expressions de Cynanchon 
(étrangle-chien), Heliotropion (tourné vers le soleil), Ischœmon 
(arrête-sang) , Hypecoon (qui résonne) , Damasonion (qui 
dompte) , Horminon (qui excite) , Erysimon (qui guérit) , 
Eryngion (qui fait roter), Onopordon (qui fait péter les ânes), 
Pardalianches (tue-panthères), Hippomanes (excite la folie 
des chevaux), Hippophaes (qui paraît semblable au cheval), 
Panaces (guérit tous les maux), Petasites (qui a la forme d'un 
chapeau) et une multitude d'autres, qu'il serait trop long 
d'énumérer et dont on trouvera la liste plus loin (1). 

De ce principe fixe et invariable, sans l'adoption duquel la 
Nomenclature serait, comme je l'ai déjà dit, abandonnée au 
caprice individuel, résultent deux conséquences. La première, 
c'est que les adjectifs grecs employés comme noms génériques, 
et auxquels on a donné des désinences masculines ou féminines, 
ainsi qu'on le voit dans Eucalyptus, Hypocalyptus, Enca- 

(1) Il y a aussi une autre raison de l'abondance des noms neutres dans la 
Nomenclature grecque, principalement dans le groupe des noms à forme 
adjective, c'est que les Grecs sous-entendaient le substantif phyt on (plante), 
tout comme les Romains sous-entendaient le substantif herba, ainsi qu'il a 
été expliqué précédemment. 

Puisqu'il est conforme au génie de la langue latine de sous-entendre le 
mot herba, nous continuerons à dire Arenaria, Dentaria, Fumaria, Lu- 
naria, Parietaria, Stellaria , Saponaria, Scutellaria, Utricularia, etc. 
Malgré le désir que nous aurions de généraliser le principe en vertu duquel 
le genre neutre convient à un nom adjectif, il ne nous appartient pas de 
changer les usages des anciens auteurs latins ; nous n'aurions pas eu le 
même scrupule s'il ne s'était agi que des habitudes prises par les botanistes 
latinisants. 



— 54 — 

lypta, Anacalypta, Echinophora, Gyrophora, Cladophora, 
Sphœrophorus, Asterolampra, Mastogloia, Palmoglœa, Gyp- 
sophila, Alsophila, Argyreia, Alsodeia, devront tous recevoir 
la désinence neutre et deviendront Eucalypton, Hypocalypton, 
Encalypton, Anacalypton, Echinophoron, Gyrophoron, Cla- 
dophoron, Sphœrophoron, Asterolampron, Mastoglœon, Pal- 
moglœon, Gypsophilon, Alsophilon, Argyreon, Alsodes. 

La seconde conséquence , c'est que , sauf les exceptions 
signalées plus loin, les adjectifs ou participes grecs terminés 
en on ou en es et employés comme noms génériques doivent 
être considérés comme étant du genre neutre. 

On devra donc dire : 
Aphanes arvense. Drypetes album. 

Mogiphanes villosum. Aleurites trispermum. 

Calophanes crinitum. Euthales trinerve. ^ 

Anisomeles moschatum. Helodes palustMA/sfrQit&tftMn 

Tetrameles nudiflorum. Pentapetes phœniceum. 

Helicteres angustifolium. Agapetes acuminatum. 

Eurycnanes verbascifolium. Nepenthes distillatorium. 

Cependant plusieurs adjectifs dont le génitif est terminé en 
ou, comme Orites (montagnard) , Herpetes (qui rampe), Mimetes 
(imitateur), Drapetes (déserteur), Otites (de l'oreille), Asterias 
(étoile) sont invariablement du genre masculin ; il ne faut 
donc pas dire, avec Rob. Brown, Orites revoluta, ni avec 
Agardh, Micrasterias furcata, Herpestes floribunda, mais 
0. revolutus, H. floribundus, Micrasterias furcatus. 

Les noms des pierres précieuses, Botrytes, Ceramites, Chlo- 
rites, Balanites, Hœmatites, Myrrites, Selenites, Galactites, 
sont aussi du genre masculin parce qu'on sous-entend lithos. 

Le radical anthes signifiant floraison, n'était jamais employé 
seul par les Grecs : on le chercherait vainement dans un 
dictionnaire. Toujours il était joint soit à un adjectif, soit à un 
substantif, au moyen desquels on exprimait un état quelconque 
de la floraison. Ce radical joue donc, dans les mots grecs, le 
même rôle que la terminaison florus, flora, florum dans les 
mots latins. C'est ainsi, par exemple, que les Grecs disaient 
prôianthes (qui fleurit tôt) , opsianthes (qui fleurit tard), 
7niny anthes (floraison courte), poly anthes (qui a beaucoup de 
fleurs), euanthes (bien fleuri), porphyr 'anthes (qui a des fleurs 
purpurines), etc. 

Il ne sera pas sans intérêt de donner quelques explications 



_ 55 -- 

au sujet de l'adjectif minyanthes, qui a été employé dans la 
Nomenclature botanique des Grecs. 

Dioscoride (1), Galien (2), Pline (3) et Columelle (4) ont 
appelé Triphyllon minyanthes un petit arbrisseau, haut d'un 
peu plus d'une coudée, ayant des feuilles trifoliolées, aiguës 
(pour ce motif on l'appelait aussi Oxytriphyllon), exhalant une 
odeur bitumineuse, à cause de laquelle il avait été surnommé 
Asphaltion. Sa fleur est de couleur violacée ; il croît dans les 
lieux rocailleux. 

En comparant toutes les descriptions concordantes données 
par les auteurs précités, on reconnaît sans peine qu'il s'agit du 
Psoralea bituminosa, et non pas, comme l'ont cru quelques 
auteurs, du Menyanthes Trifoliata, plante aquatique dépour- 
vue d'odeur bitumineuse et ayant des folioles obtuses. 

Cependant, tandis que Galien, Pline, Columelle, Scribonius 
Largus, Nicander et Hesychius écrivent Triphyllon minyan- 
thes, au contraire Dioscoride écrit T. menyanthes (wwmdèç); ce 
qui a donné à penser aux commentateurs que ce mot signifie : 
qui fleurit pendant un mois (/«S»). 

Mais il est évident que, si telle était l'étymologie, les bota- 
nistes grecs auraient écrit mênanthes, et non pas menyanthes, 
ni à plus forte raison minyanthes. Au surplus , l'idée de 
floraison pendant un mois ne saurait être applicable au Psoralea 
bituminosa. D'où il suit que c'est bien le radical minyos (fuwos) 
qui a servi à composer l'adjectif en question, et que la substi- 
tution de Ye à Vp, dans le texte de Dioscoride, est le fait de 
quelque copiste ignorant, qui n'aura [pas compris la véritable 
étymologie. 

Théophraste (5) dit que, dans le lac d'Orchomène,enBéotie(6), 
croissent des Saules, des Joncs, des Carex, des Cyperus, des 
Typha, des Sparganium , des Hippuris , des Lemna , des 
Nymphaea, ainsi qu'une autre plante aquatique, le Mênanthos 

ou fleur de la lune (w «v0os). 

____-___-___-_-_—-—__ ________ ________ 

(1) De materia medica. Lib. 3, cap. 123. 

(2) De simplic. medic. facult. Lib. 8. 

(3) Hist. natur. Lib. 21, cap. 88. 

(4) De re rustica. Lib. 6, cap. 17. Trifolium quod invenitur confragosis 
locis, odoris gravis neque absimilis bitumini, et ideirco Grseci eam (herbam 
sous-entendu) Asphaltion appellant. On voit que Columelle sous-entend le 
mot herba, comme Pline l'a fait si souvent. 

(5) Histor. plantar. Lib. 14, cap. 11. 

(6) Appelé aujourd'hui lac Copais, 



i 

— 56 - 

Théophraste n'ayant pas donné la description du Mènanthos, 
il est impossible d'assurer que c'est bien, en effet, notre 
Menyanthes Trifoliata. Toutefois, il est certain, contrairement 
à l'opinion soutenue par Bodseus, que ce n'est pas le Triphyllon 
minyanthes de Dioscoride et de Galien. En effet, le Mènanthos 
est une espèce aquatique qui vit en compagnie des Typha, 
Cyperus, Sparganium, Joncs, Carex, Hippuris, Nymphsea et 
Lemna, tandis que le Triphyllon minyanthes croît dans les 
lieux rocailleux. 

Le substantif Mènanthos, abstraction faite de sa signification 
qui importe peu quand on l'emploie comme nom générique, 
est correctement construit ; il remplacerait donc avantageuse- 
ment, pour désigner le Trèfle d'eau, l'adjectif menyanthes, 
dont l'irrégularité a été suffisamment démontrée. Je propose 
donc de dire dorénavant Mènanthos trifoliatum. 

On trouve, dans l'Histoire des plantes de Théophraste , et 
dans l'Histoire naturelle de Pline la mention, sans aucune 
description, d'une plante appelée Phyllanthes (floraison 
foliacée) (1). C'est à l'imitation de ce mot que les botanistes ont 
créé l'expression d' 'Aphy llanthes , par laquelle ils ont voulu 
dire fleur sans feuille, ce qui se traduit en grec par le substantif 
Aphy llanthos. C'est, du reste, celui qu'avaient déjà employé 
les anciens botanistes de Montpellier, ainsi que nous l'apprend 
Lobel (2). 

Par le même motif, il conviendra aussi de remplacer la 
terminaison adjective anthes (floraison) parle substantif anthos 
(fleur) dans tous les noms génériques où on a voulu exprimer 
l'idée de fleur, et non celle de floraison. 

Achyranthos (fleur couleur de paille). Lepanthos (fleur écailleuse). 

Byrsanthos (fleur coriace). Prenanthos (fleur penchée). 

Cheilanthos (fleur labiée). Spiranthos (fleur en spirale). 

Chloanthos (fleur verte). Strobilanthos (fleur en forme de 
Ilysanthos (fleur des fanges). toupie). 

Micranthos (petite fleur). Trichosanthos (fleur chevelue). 

Nyctanthos (fleur nocturne). Trochiscanthos (fleur circulaire). 



(1) Theophr., lib. 7, cap. 9. — Pline, lib. 21, cap. 40. 

(2) E minus hodie notis, ea est cui nomen Aphyllanthos fecerunt studiosi 
herbarii monspelienses, non quia nulla folia emittat, sed quod exilia et 
juncea sint. Stirpium adversaria nova, p. 190. 

On a donné le nom de Phyllanthus à un genre de la famille des Euphor- 
biacées. Afin d'uniformiser la désinence des noms génériques d'origine 
grecque, il convient de changer ce nom substantif en Phyllanthos. 



— 57 — 

Ces noms, de même que Menant hos, Aphyllanthos et tous 
ceux qui ont la terminaison anthos, sont du genre neutre. Par 
conséquent, il ne faut pas dire, avec Meisner, Adenanthos 
velutina. 

Les linguistes qui se sont donné la tâche ne composer un 
dictionnaire latin, ont dû être fort embarrassés lorsqu'ils ont 
voulu indiquer le genre grammatical de certains noms de 
plantes, car l'ouvrage le plus ancien qu'ils pouvaient consulter 
pour s'éclairer est l'histoire naturelle de Pline, et nous savons 
qu'il fourmille de fautes et d'erreurs grossières. Cette difficulté 
se présente en particulier lorsqu'on veut savoir quel est le 
genre grammatical des mots Atriplex et Vitex. Pline met le 
premier au neutre (1) ; son exemple a été suivi par M. Boissier ; 
la plupart des autres botanistes ont préféré le genre féminin 
adopté par Em. Macer (2). Quant au mot Vitex, il serait fémi- 
nin, si l'on en croit Pline (3). On sait que les Romains attri- 
buaient volontiers le genre féminin aux arbres et aux arbustes ; 
c'est sans doute à cause de ce motif que Ilex et Vitex ont été 
considérés comme des substantifs féminins. 

Festus nous apprend que le substantif A triplex est une cor- 
ruption d'un ancien mot, Atraplexum ou plutôt Atraplexis. Il 
s'efforce de trouver une étymologie latine à cette expression 
qu'il fait dériver de ater (noir). Il est beaucoup plus probable 
que c'est tout simplement une altération de Y Atraphaxis des 
Grecs ; tel est en effet le nom que ceux-ci donnaient à l'Arro- 
che des jardins. 

Puisqu'il est impossible, en consultant les écrits des auteurs 
latins, de savoir au juste quel est le genre du mot Atriplex, 
on a le droit de choisir celui qui paraît le plus probable. Or il 
semble que, sauf pour Ilex et Carex (4), la désinence ex indi- 
que le genre masculin, ainsi que le montrent les substantifs 



(1) Atriplex et silvestre et sativum est. Lib. 20, cap. 83. 

(2) Atriplicem tritam cum nitro, melle et aceto, 
Dicunt appositam calidam sedare podagram. 

(3) Vitex major in arborera salicis modo assurgit, minor ramosa ; prima 
album florem cum purpureo.Lib. 24, cap. 38. 

(4) Ssepe sinistra cavâ praedixit ab Ilice cornix. 

Egl. I, 18. 
Forte sub argutâ consederat Ilice Daphnis. 

Egl. VII, 1. 
Frondibus hirsutis et Carice pastus acutâ. 
Georg. III, 231. 



— 58 — 

Rurneje, Ulex, Latex, Cortex, Frutex, Rumex, Pulex, Culex, 
Cimex, Vortex, Index, etc. 

Par ce motif, et dans l'incertitude où nous sommes relative- 
ment au genre grammatical des mots Atriplex et Vitex, je 
propose d'adopter le masculin. 

Il ne reste aucun doute relativement au genre grammatical 
des mots Scandix, Phœnix, PhragmAtes, Botrys, Stachys (et 
les nombreux noms composés de Stachys), non plus qu'à l'égard 
des mots Sicyos, Diospyros, Strychnos, Cissos, Panax, Styrax. 
On doit leur adjoindre des épithètes masculines, contrairement 
à l'usage généralement adopté. 

On ne comprend pas pourquoi les Aoristes modernes ont at- 
tribué le genre féminin au mot Aspalathos. Cependant il est 
certain que dans les écrits de Dioscoride et de Galien, il est ac- 
compagné d'articles et d'adjectifs masculins (1). 

Pline lui-même qui, comme on sait, a une tendance mar- 
quée à féminiser les noms de plantes, considère ce mot comme 
étant du genre masculin (2). 

Il est probable que l'erreur en question vient de ce que quel- 
ques auteurs grecs ont désigné l'arbrisseau épineux dont nous 
parlons actuellement sous le nom à? Aspalathos acantha (épine) 
et ont alors employé des adjectifs féminins à cause du mot 
acantha. 

Le substantif Plocos (entrelacement) étant du genre mascu- 
lin, il est clair que le mot Symplocos est du même genre. Jac- 
quin et tous les autres auteurs qui ont accolé des épithètes fé- 
minines à ce nom générique, ont confondu le mot Symplocos 
avec le substantif Symplocê, lequel est en effet féminin. 

Un grand nombre de botanistes ayant cru que tous les noms 
génériques terminés en on sont du genre neutre, il ne sera pas 
inutile de rappeler que les susdits substantifs se divisent en 
deux catégories : 

1° Celle des noms qui ont en grec la terminaison w, comme 



(1) son Se o xa).ds k<3ni\a.Bo$ èpvdpôç fi nopfvplÇow, tzvavÔs, eJw&rjs, nixplÇm ev tvj yïvoi. 
Diosc. lib. 1, cap. 19. — Le meilleur Aspalathos est rouge, ou tournant au 
pourpre, dense, d'une odeur agréable, d'une saveur amère. kaitàlxQos xcù x«ra 
tw yzvaw IffTt Spipùi âfJLX yù& axxm'zt.y.ôç êisi rovro npài gy)izs$ovix.$ xac psvpxTK xp^ipoç 
tnccfxet. — L'Aspalathos est d'une saveur à la fois acre et astringente ; c'est 
pourquoi il est efficace contre la putriditô et les fluxions. Galien ; de simpl. 
medic. fac. 

(2) Quidam eum (Aspalathum) Erysisceptrum vocant. Lib. 12, cap. 52. 



— 59 — 

Crotôn (Ricin), Sisôn, Alectryôn et tous les mots composés de 
gerôn (vieillard), pogôn (barbe), odôn forme ionienne d'odous 
(dent), leôn (lion), geitôn (voisin), siphon (tube), stemôn (éta- 
mine), chitôn (tunique). Ils sont tous du genre masculin (1). 

2° La catégorie des noms à désinence on ( ov en grec) ; ces 
derniers, beaucoup plus nombreux que les précédents, sont tous 
du genre neutre. 

Dans le chapitre où il sera question de la désinence des noms 
génériques, je présenterai la liste des principaux noms en on 
et en on en usage chez les anciens Grecs et dans la Nomencla- 
ture actuelle. 

Comme il n'est jamais permis dans un langage scientifique 
de violer les règles fondamentales de la Grammaire, il y a lieu 
d'espérer qu'il ne se trouvera personne pour s'opposer aux rec- 
tifications qui viennent d'être proposées. Au surplus, on re- 
marquera que le changement opéré par ces corrections sera 
tellement insignifiant, qu'on ne saurait alléguer en ce cas le 
motif qu'on oppose ordinairement à toutes les tentatives de ré- 
forme, je veux dire l'inconvénient d'apporter une perturbation 
aux habitudes prises. 

Il faut bien reconnaître qu'entre Orchis glooosus et globosa, 
entre Aceras hircinum et hircina, entre Echinops sphœro- 
cephala et sphœrocephalus, la différence est si minime qu'on 
s'accoutumera bien vite aux nouvelles désinences. 

Le Congrès des botanistes tenu à Paris en 1867 a autorisé 
les changements ci-dessus proposés. Voici la teneur de l'art. 6Q 
des Lois : 

Art. 66. — Lorsqu'un nom tiré du grec ou du latin a été 
mal construit, ou qu'une erreur sur le genre grammatical d'un 
nom a entraîné une désinence vicieuse dans les noms d'espèce, 
chaque botaniste est autorisé à rectifier le nom fautif ou les 
désinences fautives, à moins qu'il ne s'agisse d'un nom très- 
ancien et passé entièrement dans l'usage sous sa forme erronée. 

Ainsi le Congrès a admis que chaque botaniste a le droit de 
rectifier les désinences qui sont vicieuses par défaut d'accord 
grammatical de l'épithète spécifique avec le nom générique. 



(1) Cependant quelques auteurs grecs attribuent le genre féminin à 
Glechôn (sorte de Pouliot) et à Mecôn (Pavot). Ce dernier nom n'a pas été 
maintenu dans la Nomenclature. 



— 60 — 

Le Congrès a demandé grâce en faveur des noms fautifs 
très-anciens. Cette restriction était sans doute motivée par la 
crainte d'apporter un trop grand dérangement aux habitudes ; 
mais c'est là un scrupule excessif ; en effet, on comprend qu'on 
n'ose pas proposer le redressement des expressions vicieuses du 
langage vulgaire que parlent plusieurs millions d'hommes ; 
du reste on risquerait fort d'échouer complètement dans cette 
entreprise. Mais lorsqu'il s'agit d'une glossologie technique en 
usage seulement chez quelques milliers d'hommes instruits, 
pourquoi hésiterait-on à demander la rectification des noms qui 
violent les règles de la linguistique ? N'est-ce pas faire injure 
au public d'élite, et d'ailleurs peu nombreux, auquel on s'a- 
dresse, que de douter de son acquiescement ? 

En matière de langage scientifique, où tout doit être précis et 
correct, il ne saurait exister de prescription en faveur des locu- 
tions fautives. On sait que la prescription est une mesure adop- 
tée par les jurisconsultes dans le but d'assurer aux particuliers 
la propriété de choses dont ils sont nantis depuis très-long- 
temps. En effet, s'il était permis de revenir indéfiniment sur les 
faits accomplis, les intérêts des citoyens seraient sans cesse 
menacés et troublés. Mais dans le cas présent, il n'y a aucun 
inconvénient à corriger les expressions vicieuses du langage 
scientifique, et ce serait faire preuve de pusillanimité que de 
s'opposer à des corrections tout-à-fait inoffensives. 



61 — 



Réforme des épithètes spécifiques qui forment 
pléonasme avec le nom générique. 



Je ne discuterai pas ici la question de savoir si Wimmer a eu 
raison ou tort de créer le genre Sarothamnus aux dépens du 
genre Genista, si c'est à bon droit que Richard a séparé certains 
Neottia des Epipactis, et enfin si la création du genre Psamma 
était bien nécessaire. 

Actuellement, laissant de côté le point de vue taxonomique 
pour n'examiner que ce qui concerne la linguistique, je ferai 
remarquer que c'est une faute de dire avec Koch Sarothamnus 
scoparius, avec Richard Neottia Nidus avis, avec Rœmer et 
Schultes Psamma arenaria. 

En effet, si l'on remonte aux étymologies, on reconnait im- 
médiatement que l'adjectif scoparius (de balai) répète l'idée 
déjà exprimée par le substantif grec composé Sarothamnus 
(arbrisseau-balai). Afin d'éviter ce pléonasme, Wimmer avait 
eu soin de dire S. vulgaris. 

Le mot grec Neottia signifie nid, tout comme le substantif 
latin Nidus. L'expression de Nidus avis a en outre le défaut 
d'être composée de deux mots distincts et de violer la règle de 
Linné : « nomina ex duobus vocabulis integris ac distinct is 
facta, è republica botanica releganda sunt. » 

On pourrait dire Neottia orobanchoidea. Cette dernière épi- 
thète rappellerait avec avantage le caractère le plus apparent 
de l'Orchidée dont il s'agit, c'est-à-dire sa ressemblance avec 
les Orobanches. 

On sait que le Miroir de Vénus, si commun dans nos mois- 
sons , portait autrefois le nom de Spéculum. Linné l'appela 
Campanula Spéculum ; ensuite Lhéritier, ayant démembré le 
genre Campanula, nomma le Miroir de Vénus Prismatocarpus 
Spéculum; enfin M. Alph. de Candolle, séparant les Prisma- 
tocarpus des Specularia, l'appela Specularia Spéculum. 

M. Alph. de Candolle n'a sans doute pas manqué de remar- 
quer le pléonasme formé par ces deux substantifs exprimant 



- 62 — 

tous deux l'idée de miroir, mais, à l'imitation d'un grand nom- 
bre de botanistes et de Linné lui-même, il a préféré violer les 
lois de la grammaire plutôt que de renoncer à une ancienne 
dénomination (1). Il était facile cependant de dire Specularia 
vulgaris ; c'est bien assez, ce me semble, de dire une fois 
miroir. 

On sait que Linné, conformément au principe fondamental 
en vertu duquel chaque espèce doit être désignée par un nom 
générique suivi d'une épithète spécifique, avait appelé Cypri- 
pedium Calceolus la belle Orchidée nommée Calceolus par 
tous les botanistes, depuis Dodonœus jusqu'à Tournefort. 

Linné nous apprend (2) qu'il a composé le mot Cypripedium 
en réunissant les deux radicaux grecs Cypris (Vénus) et podion 
(pantoufle). Comment donc ne s'est-il pas aperçu que l'idée de 
pantoufle exprimée par le mot Calceolus se trouvait répétée 
dans le substantif composé Cypripedium ? 

Puisque Linné avait l'intention d'emprunter le radical podion 
et non pedion qui existe aussi dans la langue grecque, on 
ne comprend pas bien pourquoi il n'a pas dit. Cypripodion 
au lieu de Cypripedion. Mieux aurait valu l'expression de 
Cypripedilon, composée du radical pedilon beaucoup plus 
usité que podion et surtout que pedion dans le sens de pan- 
toufle, petit soulier. 

Quoiqu'il en soit, qu'on adopte Cypripedilon ou Cypripo- 
dion, ou bien qu'on conserve Cypripedion, il est certain que 
ces diverses formes du même mot sont incompatibles avec Cal- 
ceolus, et que celui-ci ou ceux-là doivent être rejetés. Pour moi, 
je préférerais conserver Calceolus comme nom générique (3); 
il ne resterait plus qu'à trouver une épithète convenable. En 
attendant mieux, je propose celle de C. alternifolius. 

Il paraît que Linné n'était point choqué par les pléonasmes ; 
car s'il en eût été autrement, il n'aurait jamais eu l'idée de 
composer un nom de plante au moyen de l'adjectif Cressa (de la 



(1) Il est probable que M. Alph. de Candolle, chez qui le bon goût est égal 
au savoir, ne se laisserait plus aujourd'hui entraîner, par respect pour un 
vieux mot, à commettre un pléonasme aussi choquant, car il a recommandé 
formellement, dans l'art. 36 des lois de la Nomenclature botanique, d'éviter 
les noms spécifiques qui forment pléonasme avec le sens du mot de genre. 

(2) Philosophia botanica, p. 186. 

(3) Depuis Dodoneeus, l'Orchidée dont il s'agit a été appelée Calceolus 
Marianus (Sabot de Marie). 



— 63 — 

Crète) employé comme nom générique, et de l'adjectif spécifique 
cretica, qui a exactement la même signification. 

L'expression de Cressa cretica a encore le défaut, moindre il 
est vrai que le précédent, de donner à penser que la Convolvu- 
lacée à laquelle elle s'applique est particulière à l'île de Crète. 
Nous savons cependant que la susdite espèce existe non-seule- 
ment dans la France méridionale, l'Espagne, le Portugal, l'Ita- 
lie, la Sardaigne, la Corse, la Grèce, la Macédoine, mais aussi 
dans l'Afrique septentrionale, la Nubie, l'Abyssinie, la Pales- 
tine, l'Arabie, et même jusque dans la Perse, le Hérat et le Bé- 
loutchistan. D'après ces données géographiques, il conviendrait 
de changer entièrement le nom linnéen. Toutefois, puisque les 
botanistes ont une si grande peur des innovations, conservons 
le nom g*énérique Cressa, à la condition de n'y attacher aucun 
sens (1) ; adjoignons-lui une épithète spécifique tirée d'un des 
caractères de la plante en question, comme, par exemple, l'exi- 
guité des feuilles , et disons dorénavant : Cressa micro - 
phylla (2). 

Il semble vraiment que l'auteur de la Nomenclature botani- 
que avait pris pour devise : bis repetita placent. Après avoir 
créé le genre Liriodendron (arbre- Lys), il n'a pas hésité à don- 
ner à l'une des espèces de ce genre l'épithète de lilifera (porte- 
Lys). Heureusement il n'est pas nécessaire de changer ce der- 
nier adjectif, car l'espèce dont il s'agit a été reportée dans un 
autre groupe , et s'appelle actuellement Magnolia pumila 
Andr. 

Nous n'avons pas non plus à nous occuper de YErvum ervi- 
lia L., maintenant appelé Ervilia sativa Link. 

Linné avait donné le nom de Lysimachia Linwn stellatum 
à une mignonne plante rangée actuellement dans la famille des 
Primulacées. Il aurait pu dire tout simplement Lysimachia 
stellata, ce qui aurait certainement mieux valu que d'employer 
une épithète spécifique composée de deux mots distincts. 

Link et Hoffmann séparèrent cette plante des Lysimaques et 
l'appelèrent Asterolinum stellatum. Or il est clair que le nom 



(1) Il serait souvent plus avantageux, disait Tournefort, d'ignorer l'éty- 
mologie des noms génériques que de la savoir, et même, pour bien faire, on 
ne devrait employer que des noms sans signification. 

(2) Les Grecs l'appelaient Anthyllion, 



— 64 — 

générique signifiant Lin étoile, l'épithète stellatum devient su- 
rabondante. Je propose de la remplacer par celle de lysima- 
chioideum, qui rappelle que la susdite plante ressemble aux 
Lysimaques. 

Linné ayant créé le genre Melaleuca pour désigner un groupe 
d'arbres et d'arbustes de l'Australie et des Indes orientales, 
avait appelé Melaleuca Leucadendron l'une des espèces de ce 
genre. Le mot melaleuca (noir-blanc) est mal construit, car 
puisque Linné avait l'intention d'employer une désinence fémi- 
nine, il devait dire melœnoleucê. Mais comme il n'y a pas plus 
de raison pour qu'un nom formé de deux adjectifs soit féminin 
plutôt que masculin, il fallait prendre la forme neutre mêla- 
leucon. Il ne sera pas inutile d'expliquer que ce nom de Mêla- 
leucon vient de ce que le tronc des arbres en question est noir, 
tandis que les rameaux sont blancs. Il était bien facile d'expri- 
mer ce caractère d'une manière parfaitement claire, au moyen 
des deux mots Meladendron leucocladum, lesquels signifient 
littéralement arbre noir à rameaux blancs. De cette manière, 
Linné aurait évité de répéter le radical leucos qu'il a eu la 
maladresse de mettre et dans le nom générique et dans l'épi- 
thète spécifique. 

Après ce qui vient d'être dit, il n'est pas nécessaire d'épilo- 
guer longuement sur l'expression de Psamma arenaria, dans 
laquelle l'idée de sable est exprimée d'abord par le radical grec 
psammos, puis par l'adjectif latin arenaria. Il est facile de rem- 
placer cette appellation vicieuse par celle de Psammites litto- 
ralis employée par Palisot de Beauvois. Les botanistes qui 
n'admettent pas le genre Psammites (Ammophilon Host) con- 
tinueront à se servir de l'expression Calamagrostis arenaria 
créée par Roth. 

Tous les botanistes connaissent la plante appelée par Linné 
Arbutus Uva-Ursi (Raisin d'ours). On sait aussi que, depuis 
Adanson, elle a été rangée dans le genre Arctostaphy los, lequel 
diffère du genre Arbutus par la présence d'une seule graine 
dans chaque loge du fruit. Sprengel, qui pourtant était un hel- 
léniste fort habile, oubliant que le substantif Arctostaphy los 
signifie raisin d'ours, l'a accouplé avec l'épithète latine Uva- 
ursi, laquelle a la même signification. Wimmer a su éviter ce 
pléonasme en disant Arctostaphy los officinalis. 

Linné a été mal inspiré lorsqu'il a remplacé le nom de Sa- 



gitta aquatica (Flèche d'eau) donné par les anciens botanistes 
à une plante aquatique connue de tout le monde, par celui de 
Sagittaria sagittifolia. 

Cette dernière expression a deux défauts : d'abord le mot sa- 
gittaria est un adjectif qui ne signifie pas flèche, mais bien 
propre à faire des flèches ; il ne convient pas comme nom géné- 
rique ; ensuite l'épithète de sagittifolia répète d'une manière 
inutile et choquante l'idée déjà exprimée. Reprenons donc l'an- 
cien nom Sagitta aquatica, Flèche d'eau. 

Enfin voici ce qu'on pourrait appeler le comble du pléonasme. 
On trouve en Italie sur le mont Gargano, ainsi que sur le Vul- 
ture et la Maiella, une Centaurée dans laquelle on avait cru à 
tort reconnaître le Centaurion mega de Dioscoride. Linné l'ap- 
pela Centaurea Centaurium. Il serait assurément plus conve- 
nable de la nommer Centaurion atropurpureum, en ayant soin 
de souder atro avec purpureum, de manière à n'en faire qu'un 
seul mot. 

Après le Centaurea Centaurion, on ne peut s'empêcher de 
citer aussi le Cuminum Cyminum et le Rhaphanus Rhapha- 
nistrum. Il était pourtant bien facile de trouver une épithète au 
Cumin dont les fruits sont dépassés par l'involucelle, et au 
Radis qui se distingue de ses congénères par la longueur du 
style. Je propose donc de remplacer la chanson taurea-taurium, 
minumminum, phanus-phanistrum, parles expressions de Cen- 
taurion atropurpureum, Cyminon longeinvolucellatum, Rha- 
phanos longistylus (1). On gagnera ainsi en précision tout ce 
qu'on aura perdu du côté de l'harmonie musicale. 

Comment se fait-il que tous ces pléonasmes n'aient pas de- 
puis longtemps soulevé la réprobation des botanistes lettrés ? 
Une pareille tolérance vient sans doute de ce que nous n'avons 
pas un sentiment très-vif des défauts des langues que nous ne 
parlons pas habituellement. Il est certain, par exemple, que les 
botanistes français qui répètent, depuis si longtemps et sans 
aucune répugnance, les appellations de Cypripedium Calceo- 
lus, Sarothamnus scoparius, Neottia Nidus avis, Psamma 
arenaria, Specularia Specuhmz, Sagittaria sagittifolia, 
Argyreia argentea, etc., n'auraient jamais consenti à dire : 

(1)^ La première lettre du mot grec Rhaphanos porte un esprit rude ; par 
conséquent on ne doit pas écrire Raphanos, mais bien Rhaphanos, 



— 66 — 

pantoufle de Vénus-pantoufle, arbrisseau balai de balai, Nid- 
nid d'oiseau, Sabuline des sables, Miroir-miroir, Crêtique 
de la Crète, Lin étoile- étoile, Noir-blanc- arbre blanc, Cen- 
taurée-Centaurée, Radis-Radis, Argenté- argenté, etc. 

Pourquoi donc ce qui paraît en français un pléonasme insup- 
portable est-il si facilement accepté en grec ou en latin ? 

Il est possible que, comme l'a dit Boileau, 
Le latin dans les mots brave l'honnêteté, 
la pudeur dans le langage est en effet chose variable suivant 
les temps et les peuples ; mais ce qu'on ne saurait admettre, 
pas plus en latin qu'en français ou en aucune autre langue, 
c'est le pléonasme inutile, qui n'ajoute aucune force ni aucune 
grâce à la pensée, comme disent les grammairiens. Que tous 
les hommes de goût s'unissent donc pour chasser de notre No- 
menclature botanique les expressions ridiculement redondantes 
qui la déparent (1). 



(1) C'est sans doute à l'ignorance de la langue allemande qu'il faut attri- 
buer le pléonasme commis par les Français qui ont traduit le mot composé 
Sauerkraut (aigre-chou) par l'expression ridicule de Choukraut ou, par 
corruption, choucroute. En effet, hraut signifiant chou, il en résulte que 
choukraut équivaut à chou-chou. 



67 



Réforme des noms composés d'un radical grec 
associé à un radical latin. 



« Nomina generica ex vocabulo grseco etlatino, similibusque 
hybrida, non agnoscenda sunt. » 

En vertu de ce principe si bien formulé par Linné, on doit 
proscrire de la Nomenclature botanique tous les noms hétéro- 
gènes. C'est ainsi qu'il faut rejeter, par exemple, le mot hybride 
Vincetoxicum, formé par l'association du verbe latin vincere 
avec le substantif grec toxicon. Il est du reste facile, en imi- 
tant le mot grec Alexiphar maçon, de composer le substantif 
Alexitoxicon, qui a le même sens que Vincetoxicum. 

On pourrait alléguer que Linné a pu regarder le mot toxicum 
comme étant devenu latin par suite de l'emploi qui en a été 
fait par Horace, Ovide, Lucain, Stace, Pline et Columelle. Mais 
il est évident que ce substantif n'appartient pas à la langue la- 
tine, et que, à cause de son origine grecque incontestable, on 
ne peut l'associer dans les mots composés qu'à un autre radical 
grec. 

Cette nécessité est encore plus manifeste lorsqu'il s'agit des 
mots dans la construction desquels entrent les radicaux grecs 
chamai ou par contraction chamœ (à terre), pseudo (trompeur), 
eu (bien) qu'on trouve dans Chamœpitys, Pseudootites, Euca- 
lyptus (écrivez Eucalypton). 

C'est donc une faute de dire avec de Candolle Ophrys pseudo- 
spéculum. 

Linné a lui-même violé la règle qu'il avait établie, lorsqu'il 
a associé la désinence grecque oides (de eidos apparence) au 
substantif latin Ranunculus. C'est donc une faute de dire Ané- 
mone ranunculoides, Bupleuron ranunculoides . Du reste il est 
facile de remplacer cette expression vicieuse par celle de ranun- 
culiformis ou de oatrachyoid.es. La première est préférable à 
cause de sa ressemblance avec ranunculoides. 

Villars a commis la même faute lorsqu'il a appliqué à un 
Carex l'épithète hordeistichos (rangé à la manière de l'orge). 



- -M; - 

Les substantifs Hordeum, et Stichos sont, le premier latin, le 
second grec. Il faut dire avec Wahlenberg G. hordeiformis. 

Pour le même motif, il ne faut pas dire myrtiphyllum mais 
bien myrtifolium. Le Myrte s'appelait en latin Myrtus et en 
grec Myrsinê. De même au lieu de thymifolium, hyssopifolium, 
il est plus correct de dire thyrnotâphylhwi, hyssopotfphyllum. 

Tous les anciens botanistes avaient conservé fidèlement le 
nom de Chrysocomê (chevelure d'or), donné à une Composée- 
Corymbifère. Linné, changeant la désinence grecque de ce subs- 
tantif, a eu la malheureuse idée d'écrire Chrysocoma et n'a pas 
pris garde que coma est le mot latin qui correspond au corne 
des Grecs. Si Linné voulait employer coma, il devait dire auri- 
coma ; mais ne valait-il pas mieux encore conserver Chryso- 
cornet La même observation est applicable aux substantifs 
Callicoma, Dicoma, Eurycoma, Xanthocoma. 

Le principe dont il est actuellement question ne régit pas 
seulement la Nomenclature des sciences naturelles , mais 
aussi le langage en général. Ainsi, dans un mot composé, Va 
privatif des Grecs ne doit pas être placé devant un radical latin, 
comme on l'a fait dans le mot anormal, composé de Va privatif 
et du substantif latin norma (règle). Il faut dire anomal (ano- 
moSy sans loi), et anomalie, et non anormal, anormalie. 



69 — 



Réforme des noms composés de deux mots distincts, 



« Nomina ex duobus vocabulis integris ac distinctis facta, 
« è republica botanica releganda sunt. 
« Nomina classium et ordinum unico vocabulo constabunt. 

« Linné. » 

Le défaut dont il s'agit dans le présent chapitre n'est pas, 
comme ceux dont il a été question précédemment, une viola- 
tion des règles essentielles de la grammaire. Cependant Linné 
a eu raison, en vue de l'uniformité de la Nomenclature, de re- 
pousser l'emploi des noms composés de plusieurs mots distincts. 
Le Congrès des botanistes recommande aussi (art. 36) d'éviter 
les noms spécifiques composés de deux mots. 

Du reste on va voir, par le tableau suivant, comment, à l'aide 
de la traduction du latin en grec et de quelques simplifications 
et changements, il est facile d'atteindre le but proposé. 



NOMS ANCIENS. 

Aster Novi Belgii. 
Anthyllis Barba Jovis. 
Agrostis Spica venti. 
Achillios Herba-Rota. 
Adianton Capillus Veneris. 
Asplenion Ruta muraria. 

— Adiantum nigrum. 

— Filix fœmina. 
Arbutus Uva ursi. 
Ascyron Crux Andreae. 
Bauhinia Pes caprse . 
Capsella Bursa pastoris. 
Chenopodion Bonus Henricus. 
Calligonon Caput Medusse. 
Eryngion Spina alba. 
Epidendron Flos aeris. 



NOMS PROPOSES. 

A. brumalis Nées. 
A. argentea Lam. 
A. ventosa. 
A. cuneifolius Lam. 
A. capillare (1). 
A. murale. 

— nigrum. 

— fimbriatum. 
Arctostaphylis officinalis Wimm. 

A. cruciatum. 

B. eegopoda. 

C. triangularis. 
C, ruderale. 

C. medusecephalum. 
E. leucacanthum. 
E. aerosanthum. 



(1) On doit écrire Adianton et non Adianthon. L'adjectif adiantos {a pri- 
vatif et diainein mouiller) signifie non mouillé. De même on doit écrire Ama- 
ranton (qui ne se flétrit pas) et non Amaranthon ; ce mot ne vient pas du 
substantif Anthos, mais bien de Y adjectif amarantos. 



70 



NOMS ANCIENS. 

Erythronion Dens canis. 
Ferula Assa fœtida. 
Hydrocharis Morsus ranee, 
Ipomcea Pes caprse. 
Impatiens Noli tangere. 
Lychnis Flos cuculli. 

— Cœli-Rosa. 

— Flos Jovis. 
Neottia Nidus avis. 
Onobrychis Caput galli. 

— Cris ta galli. 
Ornithogalon Pater- familias. 
Opuntia Ficus indica. 
Phlomis Herba venti. 
Passerina Tarton-Raira. 
Panicum Crus galli. 
Polystichon Filix Mas. 
Ribes Uva crispa. 
Scandix Pecten Veneris. 
Solidago Virga aurea. 
Strychnos Nux vomica. 
Taraxacum Dens leonis. 
Tulipa Oculus solis. 
Thymos Herba Barona. 
Vaccinium Vitis idsea. 
Vitex Agnus castus. 
Xanthophyllon Clava Herculis. 



NOMS PROrOSES 

E. bulbosum. 

F. fœtida. 

H. cordifolia. 
I. segopoda. 
I. penduliflora. 
L. laciniata Lam. 

— cœlestis. 

— incana. 

N. orobanchoidea. 
0. alectorocephalak, 

— alectorolopha. 

0. proliferum Jord. (1). 

Ficindica. 

P. ventosa. 

P. candicans Lam. 

P. alectorocnemum (2). 

P. obtusum. 

R. crispum. 

S. pectiniformis. 

S. virgata. 

S. vomicus. 

T. officinale Wigg. 

T. heliophthalma (3). 

T. attenuatus. 

V. rubrum. 

V. agnus (4). 

X. clavatum. 

Z. spinosum. 



Ziziphon Spina Christi. 

Par ce tableau, on voit que nous avons traduit en grec plu- 
sieurs noms spécifiques composés de deux mots latins distincts. 
En effet, la langue grecque se prête mieux que la langue latine 
à la formation des noms composés. Cependant, lorsqu'on aura 
avantage à conserver certaines épithètes latines formées de deux 
mots distincts, on soudera ces deux mots l'un à l'autre, comme 
on l'a fait souvent pour plusieurs adjectifs tels que brevifolius, 
atropurpureus, longibracieatus. 



(1) M. Loret a prouvé que les Ornithogalon Pater-familias, 0. divergens 
Bor., 0. umbellatum Gouan sont des états divers de la même espèce. 

(2) Assurément il conviendrait de changer le nom grotesque de jambe de 
coq. En attendant, cette expression paraîtra moins ridicule en grec qu'en 
latin. 

(3) Au lieu de heliophthalma, il vaut encore mieux se servir de l'épithète 
acutiflora. 

(4) Dans un chapitre précédent, il a été expliqué pourquoi il convient d'at- 
tribuer le genre masculin au substantif Vitex. 



— 71 — 

ïl est parfaitement permis de créer, en latin comme en grec, 
des noms composés, et ce serait faire preuve d'un rigorisme ex- 
cessif que de proscrire cette sorte de néologisme qui peut être 
fort utile à l'expression des idées. 

On remarquera que, pour plusieurs espèces, nous nous som- 
mes servis des synonymes déjà existants, sans tenir aucun 
compte de la question de priorité, à laquelle il ne faut accorder 
aucune importance; car, en matière de langage scientifique, la 
valeur intrinsèque des noms doit l'emporter sur l'ancienneté. 

Nous n'avons pas hésité un seul instant à rejeter le nom pa- 
tois KHerba Rota, herbe de la Rue, par lequel les montagnards 
de la haute Maurienne désignent une Achillée à odeur aroma- 
tique. Nous n'avons pas eu plus de scrupule à l'égard du nom 
de Tarton-Raira que les paysans de la Provence donnent à 
une Passerine remarquable par le duvet soyeux et argenté qui 
recouvre ses feuilles, non plus que pour la dénomination àïHerba 
Barona appliquée à une espèce voisine du Serpolet par les ha- 
bitants de la Corse. 

Les botanistes qui regretteraient l'expression bizarre de Fleur 
de Coucou, pourront se donner la satisfaction d'adopter celle de 
Lychnis coccugosantha, qui en est la traduction exacte et qui 
d'ailleurs ne manque pas d'une certaine harmonie. Ceux qui 
tiennent plus à la vérité qu'au pittoresque, choisiront de préfé- 
rence l'épithète déjà employée par Lamarck, L. laciniata. 

On a vu dans le tableau précédent que nous avons remplacé 

le nom ridicule de Morsus ranœ par un adjectif tiré de la forme 

des feuilles de YHydrocharis, H. cordifolia. Cependant, si la 

morsure de grenouille inspire de trop vifs regrets, on pourra 

avoir recours au mot grec Batrachyodegma. 

Enfin les botanistes qui ne pourraient se décider à renoncer 
au vénérable nom de Bourse à pasteur , se dédommageront en 
employant son synonyme grec Poimenobalantion. 

Voilà certes un mot bien propre à faire pâmer d'aise les hel- 
lénomanes. En l'entendant, Philaminte, des Femmes savantes 
de Molière, se serait écrié : 

Ah ! permettez, de grâce, 
Que pour l'amour du grec, Monsieur, on vous embrasse. 

Mais hélas ! tout n'est qu'heur et malheur en ce bas monde... 
Impossible d'affubler le Bon Henri d'un vêtement grec ! 



Aussi bien quelle singulière idée a-t-on eu d'appeler une 
plante Bon Henri. N'était-ce pas assez d'avoir la Jambe de 
coq, la Barbe de Jupiter, la Massue d'Hercule, la Fleur de 
coucou, les Cheveux et le Nombril de Vénus, sans compter la 
Pantoufle, le Miroir et le Peigne de la plus gracieuse des 
Déesses de l'Olympe, ainsi que tant d'autres appellations allé- 
goriques créées par l'imagination féconde des amants de Flore, 



73 



La Nomenclature botanique est formée de noms 
grecs et latins. 



On n'aurait qu'âne bien faible idée de la place considérable 
qu'occupent dans la Nomenclature botanique les mots tirés de 
la langue grecque, si l'on se bornait à lire la table de la Flore 
de France ou du Synopsis florse germanicœ et helveticse. Pour 
se rendre un compte exact de l'importance de la langue grecque 
dans la Nomenclature botanique, il faut parcourir la table 
placée à la fin du tome XVII du Prodomus de De Candolle ou le 
Gênera plantarum d'Endlicher. On reconnaît alors que les noms 
dérivés du grec forment la grande majorité des noms de genre, 
de tribu, d'ordre et de classe des plantes phanérogames. 

La proportion des noms génériques d'origine grecque est en- 
core plus considérable dans la Nomenclature des Mousses, des 
Lichens, des Algues et des Champignons, comme il est facile 
de s'en convaincre en jetant un coup d'oeil sur la table des 
principaux ouvrages concernant les plantes cryptogames. 

En consultant ces derniers ouvrages, ainsi que l'Index ad 
Prodromum, par Buek, le Nomenclator botanicus de Steudel, 
les Annales botanices de Walpers, on voit que le contraire ar- 
rive pour les épithètes spécifiques : le nombre de celles qui ap- 
partiennent à la langue latine l'emporte sur le nombre de celles 
qui dérivent du grec. 

La constatation du rôle considérable que joue la langue grec- 
que dans la Nomenclature botanique a une importance parti- 
culière, attendu que le Congrès des botanistes , tenu à Paris en 
1867, a déclaré par l'article 6 des Lois, que les noms scientifi- 
ques sont en langue latine. 

Cependant, comme on s'est aperçu que, à vouloir appliquer 
rigoureusement cette règle, on serait obligé de changer une 
multitude de noms empruntés à la langue grecque, le Congrès 
a adopté l'amendement suivant : « Quand les noms sont tirés 
d'une autre langue, ils prennent des désinences latines, a moins 
'd'exceptions consacrées par l'usage. » 



— 74 — 

Il est clair que cet amendement annule la disposition princi- 
pale, en ce qui concerne tous les noms en usage antérieurement 
à l'année 1867. D'où il résulte qu'il n'est pas vrai de dire que 
les noms qui composent la Nomenclature botanique sont en 
langue latine, puisque, par suite des fait accomplis et générale- 
ment acceptés, les neuf dixièmes des noms génériques et un 
tiers des noms spécifiques sont d'origine grecque. 

Les nombreux emprunts qui ont été faits à la langue grecque 
ne sont pas le résultat d'un engouement irréfléchi ; car, ainsi 
que l'avait très-bien remarqué Linné, cette langue nous offre 
des expressions d'une concision admirable ; elle l'emporte d'ail- 
leurs sur toutes les autres par la facilité qu'elle procure dans la 
construction des mots composés. C'est pourquoi on est obligé de 
reconnaître avec Linné qu'il est impossible de l'exclure du lan- 
gage scientifique (1). 

C'est sans doute afin de donner à la Nomenclature botanique 
une parfaite homogénéité, que le Congrès a formulé la loi 
(restée à l'état de désir irréalisable), d'après laquelle tous les 
noms de plantes doivent être en langue latine. 

Il est incontestable que l'emploi exclusif de la langue latine 
donnerait à notre Nomenclature l'homogénéité qui lui manque ; 
mais il est facile de voir que cette qualité, si désirable qu'elle 
soit, ne saurait être obtenue ainsi, sans grand détriment pour 
la richesse, la concision et la clarté du langage. Les idées que 
doivent exprimer les myriades de noms dont se compose la No- 
menclature botanique sont si nombreuses et si diverses, que ce 
n'est pas trop de pouvoir se servir, tour à tour et suivant les 
exigences de chaque cas particulier, tantôt des mots latins, tan- 
tôt des mots grecs. 

Que penserait-on d'un Français qui, par patriotisme ou par 
amour de l'uniformité, demanderait l'exclusion de tous les hél- 
lénismes introduits dans notre vocabulaire ; faudrait-il, par 
exemple, quand on voudrait exprimer l'idée si bien rendue par 



(1) Greeca nomina generica tolerari necessario debent, cura Res herbaria 
primo à Greecis exstructa sit ; quo tempore tôt nomina introducta sunt, ut 
sine totali scientise reformations mutari nequeant ; accedit quod greeca Vox 
plurium aliarum linguarum sensus brevitate exhauriat, faciliusque in ea 
combinentur vocabula, ut nulla, in nominibus componendis genericis, eâ 
aptior sit. Nomina generica, % 229. 



— 75 — 

le mot grec télégraphe, recourir à la périphrase suivante : l'ins- 
trument qui transmet au loin l'écriture ? 

Cette démonstration par l'absurde suffit à prouver qu'il y 
aurait de grands inconvénients à se priver des ressources que 
peut fournir la langue grecque, soit au langage usuel, soit à 
plus forte raison au langag-e scientifique. Cependant, à mérite 
égal, les expressions latines sont préférables à celles qui ont une 
origine grecque, parce que nous comprenons mieux les premières 
que les secondes. 

Il aurait donc fallu rédiger ainsi l'article 6 des lois de la No- 
clature botanique : les noms de plantes sont en langue latine 
ou en langue grecque; on les écrit en caractères romains (1), 
en faisant subir aux mots dérivés du grec les changements de 
lettres adoptés dans cette sorte de transcription (2). 

Les noms génériques conservent les désinences qui leur sont 
propres dans la langue à laquelle ils appartiennent. 

Les désinences des épithètes spécifiques sont latines ou lati- 
nisées (3). 



(1) Nomina latinis litteris pingenda sunt. — Linné, philos, botan, % 247, 

(2) Ces changements ont été indiqués dan^ le i er chapitre. 

(3) Les motifs des règles relatives aux désinences seront exposés dans les 
deux chapitres suivants. 



76 — 



De la désinence des noms génériques. 



On a vu plus haut que le Congrès des botanistes réunis à 
Paris en 1867, tout en proclamant que les noms de plantes sont 
en langue latine, a cependant toléré ceux qui ont été composés 
au moyen de radicaux grecs, à la condition que ceux-ci reçoi- 
vent des désinences latines, à moins d'exceptions consacrées 
par Vusage. 

Cette dernière restriction, inspirée par la crainte de troubler 
les habitudes, a eu pour conséquence le maintien de tous les 
noms de genre à désinence hellénique (le nombre en est grand, 
comme on le verra plus loin) ; de sorte que le but qu'on se pro~ 
posait d'atteindre par l'article 6 des lois a été complètement 
manqué, ce qui arrive inévitablement toutes les fois que, par 
respect pour les usages, on ne donne pas aux lois qui régissent 
la linguistique un effet rétroactif. 

Sans doute, en une certaine mesure, il est prudent de tenir 
compte des usages établis, mais il ne faut pas que cette préoc- 
cupation devienne un obstacle perpétuel à toute espèce de ré- 
forme. Avant Linné, il y avait aussi des usages adoptés; pour- 
tant l'illustre suédois n'a pas hésité à proposer des change- 
ments à un grand nombre d'entre eux, et le succès le plus com- 
plet a couronné son entreprise, à ce point qu'il y a lieu de re- 
gretter que Linné n'ait pas eu le courage de poursuivre l'entière 
exécution de son programme. 

Prétendrait-on maintenant que la Nomenclature linnéenne, 
telle que l'a laissée son auteur, avec ses défauts et ses incorrec- 
tions, est devenue une sorte de dogme religieux, enchaînant 
pour toujours les générations présentes et futures ? Non, ne 
laissons pas établir parmi nous la funeste doctrine de la tyrannie 
de l'usage, si préjudiciable à l'amélioration du langage usuel (1). 



(1) si volet usus 

Quem pênes arbitrium est et jus et norma loquendi. 
Horace, Ars poet. 71. 



- n - 

Qu'il reste bien convenu que, dans le domaine qui nous appar- 
tient, c'est nous, botanistes, qui faisons et défaisons les usages, 
lorsque nous y voyons une utilité réelle et parfaitement démon- 
trée. Apportons à l'œuvre incessante du perfectionnement de 
notre langage toute la prudence et le discernement dont nous 
sommes capables, mais ne consentons jamais à laisser entraver 
notre liberté parles faits accomplis. 

Par les développements qui suivront, on verra que la Nomen- 
clature botanique est complètement dépourvue d'homogénéité, 
que c'est un amalgame de noms latins, de noms grecs, les uns 
conservés intacts, les autres altérés et défigurés, et enfin de 
mots empruntés à la langue arabe ainsi qu'aux divers idiomes 
de l'ancien et du nouveau monde. 

Afin d'éclairer la question des noms de genre dont nous al- 
lons d'abord nous occuper, il nous a semblé utile de présenter, 
dans une série de tableaux, rénumération : 1° des noms géné- 
riques d'origine grecque dont la désinence a été conservée ; 
2° des noms génériques de même origine qui ont été altérés 
dans leur contexture et dans leur désinence ; 3° des noms géné- 
riques composés par les auteurs modernes, au moyen de radi - 
eaux grecs conservés intacts ou modifiés dans leur terminaison. 

Après avoir lu cette statistique, les botanistes pourront aisé- 
ment juger de l'anarchie dans laquelle est tombée la Nomen- 
clature en ce qui concerne l'emploi des noms de genre, et, après 
avoir constaté le mal, ils comprendront la nécessité de l'appli- 
cation du remède, c'est-à-dire de l'établissement de lois fixes, 
auxquelles, sous aucun prétexte, il ne sera fait ni exception ni 
dérogation quelconque. 



— 78 — 



Noms génériques employés par les anciens auteurs 
grecs et conservés sans changement de désinence. 





Désinence en on. 






Aizôon (1). 


Chamseleôn. 


Rhododendron. 




Cotylédon. 


Pycnocomon (2). 


Abutilon. 




Polycarpon. 


Sisôn. 


Crotôn. 




Erigerôn. 


Galeobdolon. 


Potamogitôn. 




Tragopogôn. 


Glêchôn (3). 


Cynodon. 




Onopordon. 


Mimeecylon (4). 
Désinence en es. 


Dactylon. 




Balanites. 


Petasites. 


Stratiôtes. 




Minyanthes. 


Pardalianches. 


Myrsinites. 


■ 


Erithales (5). 


Achaemenes. 


Phragmites. 




Panaces. 


Comètes. 


Trichomanes, 




Nepenthes, 


Onochiles. 


Isoetes. 




Galactites. 


Désinence en os. 






Capnos. 


Anacampseros. 


Diospyros. 




Cissampelos. 


Sicyos. 


Strychnos. 




Cissos. 


Dolichos. 


Prinos. 




Pothos. 


Apios (6). 

Désinence en a. 


Ampelodosmos. 




Pseonia. 


Cydônia, 


Artemisia. 




Nymphsea. 


Oxyacantha (9). 


Chondrilla (12). 




Althsea. 


Ceratônia. 


Ambrosia. 




Alcea. 


Parônychia. 


Lysimachia (13). 




Samyda (7). 


Œnothêra. 


Bumelia. 




Ptelea. 


Pistacia. 


Onosma. 




Mêlia. 


Circsea. 


Anchusa. 




Colutea. 


Bryônia. 


Scammônia. 




Tragacantha. 


Thapsia. 


Phillyrea. 




Acacia. 


Cinara (10). 


Phyteuma. 




Cassia. 


Cacalia (11). 


Acantha. 




Glycyrrhiza. 


Othonna. 


Thymbra. 




Arônia (8). 


Conyza. 


Mintha (14). 





(1) Voir les notes ci-après, p. 84. 



79 — 



Cassytha. 


Aristolochia. 


Aira. 


Persea. 


Canna. 


Briza. 


Itea. 


Pithyusa. 


Zeia. 


Clêthra. 


Spinacia. 


Poa. 


Ephedra. 


Thymelea. 


Olyra. 


Thyia. 


Alisma. 


Oryza. 


Scilla. 


Typha (14). 


Zizania. 


Ixia. 


Désinenc9 en e. 




Anémone. 


Hydrocotylê. 


Staticê. 


Atragenê. 


Aparinê. 


Aloê. 


Argemonê. 


Stœbê. 


Chamsesycê. 


Cardaminê. 


Chamsepeucê. 


Andrachnê. 


Crambê. 


Catanancê (16). 


Daphnê. 


Alsinê. 


Jasionê. 


Chameedaphnê 


^Eschinomenê. 


Myrsinê. 


Cynocrambê. 


Œnanthê. 


Orobanchê. 


Helxinê. 


Leonticê. 


Elatinê. 

Désinence en is. 


Bolbinê. 


Clêmatis 


Colocynthis. 


^Ethiopis. 


Capparis. 


Erithalis. 


Sidêritis. 


Lychnis. 


Magydaris. 


Osyris. 


Drypis. 


Baccharis. 


Atraphaxis. 


Oxalis ou Oxys. 


Atractylis. 


Peplis. 


Hesperis. 


Prosôpis. 


Lathyris. 


Arabis. 


Anthémis. 


Orchis. 


Iberis. 


Seris. 


Epipactis. 


Isatis. 


Picris. 


Hemerocallis. 


Cercis. 


Hypochœris (17). 


Iris. 


Onobrychis. 


Anagallis. 


Cannabis. 


Onônis. 


Coris. 


Agrostis. 


Anthyllis. 


Myosotis. 


Calamagrostis. 


Anagyris. 


Onochilis. 


Phalaris. 


Hamamelis. 


Lycopsis. 


Pteris. 


Agasyllis. 


Physalis. 


Dryopteris. 


Libanôtis. 


Phlomis. 


Thelfpteris. 


Myrrhis. 


Thryallis. 


Lonchitis. 


Buprestis. 


Hypocistis. 


Hemionitis. 


Caucalis. 


Galiopsis. 


Hippuris. 




Désinence en ys (us en 


grec). 


Cachrys. 


Chamsepitys (18). 


Chamsedrys. 


Botrys. 


Stachys. 


Ophrys. 



80 - 



Désinences en ix, ax, ox et ops. 



Scandix. 


Panax. 




Phlox. 


Larix. 


Styrax. 




Cynops. 


Phœnix. 


Smilax. 




iEgilops. 


Coix. 


Donax. 








Désinences en as et us (ou? en 


grec). 


Bunias. 


L eu cas. 




Cycas. 


Spondias. 


Cyparissias. 




Rhus. 


Buceras. 


Serapias. 




Làgopus. 


Stœchas. 


Achras. 




Coronopus (19) 




Désinence 


en i. 




Thlaspi. 


Ammi. 




Moly. 


Sinêpi. 


Seseli. 








Désinences en 


er et en. 




Aster. 


Lichen. 







81 — 



Noms génériques grecs dont la désinence a été 

changée. 



Désinence on changée en um. 



Batrachyon. 

Delphinion (20). 

Thalictron. 

Melânthion. 

Aconiton. 

Melampodion. 

Isopyron. 

Leontopetalon. 

Chrysogonon. 

Chelidonion. 

Glaucion. 

Hypecoon. 

Erysimon. 

Sisymbrion. 

Alysson. 

Lepidion. 

Cardamon. 

Holostion. 

Geranion. 

Linon. 

Cneôron.' 

Epimedion. 

Peganon. 

Hypericon. 

Androssemon. 

Ascyron. 

Lythron. 

Melôthrion. 

Spartion. 

Dorycnion. 

Pison. 

Hedysaron. 

Potêrion. 

Telephion. 

Galion. 

Periclymenon. 

Elatêrion, 



Selinon. 

Oreoselinon. 

Thysselinon. 

Bolbocastanon. 

Heracleon. 

Sphondylion. 

Bunion. 

Crithmon. 

Tragion. 

Ligosticon. 

Coneion. 

Anethon. 

Anison. 

Coriannon. 

Cyminon. 

Smyrnion. 

Chserephyllon. 

Caron. 

Peucedanon. 

Marathron. 

Hippomarathron. 

Sion. 

Tordylion. 

Gingidion. 

Boupleuron, 

Eryngion. 

Amomon. 

Silphi@n. 

Chiliophyllon. 

Carpesion. 

Helenion. 

Buphthalmon. 

Chrysanthemon. 

Chameemelon. 

Eupatôrion. 

Ageraton. 

Parthenion. 



Seriphion. 

Apsinthion. 

Abrotonon. 

Tripolion. 

Pyrethron. 

Helichryson. 

Leontopodion (21). 

Gnaphalion. 

Clymenon. 

Arcion. 

Cirsion. 

Acanthion. 

Silybon. 

Eriophoron. 

Cichôrion. 

Xanthion (22). 

Sesamon. 

Polemônion. 

Ledon. 

Ephêmeron. 

Apocynon. 

Cynanchon. 

Cynoctonon. 

Lithospermon. 

Symphyton. 

Echion. 

Cynoglôsson. 

Buglôsson. 

Heliotropion. 

Lycion. 

Lycopersicon. 

Cestron. 

Myriophyllon. 

Capsicon. 

Exacon. 

Centaurion. 

Nêrion. 



- 82 



Origauon. 

Teucrion. 

Scordion. 

Melissophyilon. 

Ocimon. 

Herpyllon. 

Polion. 

Hormiaon. 

Prasion. 

Maron. 

Hêdyosmon 

Melampyron. 

Antirrhinon. 

Anarrhinon. 

Alypon. 

Psyllion. 

Limônion (23). 

Empetron. 

Asaron. 

Thesion. 

Perdicion. 

Polygonon. 

Zizyphon. 
Celastron. 



Mftlôthron. 
Lysimachion. 



Myagros. 



Achilleios. 



Amygdale. 



Calligonon. 

Fagopyron. 

Bliton. 

Lapathon. 

Rheon. 

Theligonon. 

Aron. 

Arisaron. 

Dracontion. 

Polygonaton. 

Colchicon. 

Leucoion. 

Bolbocôdion. 

Xiphion. 

Sisynrichon. 

Pancration. 

Schoenoprason. 

Ampeloprason. 

Scorodoprason. 

Phalangion. 

Anthericon. 



Ornithogalon. 

Crinon. 

Erythrônion. 

Limodôron. 

Satyrion. 

Sparganion. 

Paspalon. 

Ischsemon. 

Ophioglôsson. 

Adianton. 

Asplênon. 

Polypodion. 

Blêchnon. 

Hydnon. 

Hypnon. 

Bryon. 

Mnion. 

Dicranon (24). 

Sphagnon. 

Splanchnon. 

Polytrichon. 



Désinence en on changée en us. 

Glinon. Agaricon. 

Amaranton. 

Désinence en on changée en a ou la. 

Centaurion (25). Euphorbion. 

Chamsemelon (26). 

Désinence en os changée en um. 

Comaros. 

Désinence en os changée en a. 

Phacos. Helioscopios. 

Désinence en e changée en us. 
Désinence en e changée en a. 



Drabê. 


Lapsanê. 


Calaminthê. 


Aphacê. 


Chrysocomê. 


Ballotê. 


Sidê (27) 


Ptarmicê. 


Betonicê. 


Phylicê. 


Gentiane. 


Acalyphê. 


Pimpinelê. 


Ericê. 


Typhê. 


Persicê. 


Myricê. 





— 83 



Désinence en os changée en us. 



Helleboros. 




Ebenos. 




Tithyraalos. 


Rhaphanos, Rhaphanis. 


Terminthos. 




Phêgos. 


Tribolos. 




Phyllanthos, 


Phyllan- 


Cedros. 


Diosanthos (28). 




thés. 




Taxos. 


Cistos. 




Cactos. 




Cyparissos. 


Hibiscos. 




Ceanôthos. 




Peplos. 


Citros. 




Rhamnos. 




Asparagos. 


Schinos. 




Paliuros. 




Crocos. 


Dictamnos. 




Platanos. 




Hyacinthos. 


Corchoros. 




Elseagnos. 




Narcissos. 


Orobos. 




Daucos. 




Asphodelos. 


Aspalathos (29). 




Anthriscos. 




Acoros. 


Scorpiouros. 




Dipsacos. 




Calamos. 


Ochros. 




Cnicos. 




Butomos. 


Astragalos. 




Scolymos. 




Halimos. 


Cytisos. 




Sonchos. 




Cypiros. 


Lotos (30). 




Hyoscyamos 




Schœnos. 


Melilôtos. 




Acanthos. 




Tragos. 


Phasiolos. 




Erinos. 




Alopecuros. 


Lathyros. 




Hyssopos. 




Nardos (31). 


Cerasos. 




Thymos. 




Cenchros. 


Cratsegos. 




Chamsecyparissos. 


Brômos. 


Mespilos. 




Agnos. 




Elymos. 


Cissos. 




Tragos. 




Phycos (32). 


Désinences dont 1' s final a été supprimé. 


Androsaces (33). 




Hippophaes. 




Ochnas. 


Hippomanes. 




Mandragoras. 
Changements divers. 




Peperi est devenu 


Piper. 




Arachidnê 


— * Arachis. 


Hydropeperi — 


Hydropiper. 


Rhodia 


— Rhodiola. 


Morea — 


Morus 




Medicê 


— Medicago. 


Bubônon — 


Bubon 


. 


Odontitis 


— Odontites (34) 


Cyclaminos — 


Cyclamen, 


Cerinthon 


— • Cerinthe (35). 



— 84 



NOTES 



(1) Aizoon, contraction de Aei-zôon, qui vit toujours. 

(2) Ce nom, signifiant chevelure épaisse, a été altéré par Lobel en Picno- 
mon, mot qui n'a aucune signification. Columna avait pensé que le Pycno- 
comon des Grecs est le Scabiosa Succisa. Sprengel a supposé, sans plus de 
raison, que c'est le Leonurus Marrubiastrum L. Enfin Lobel et Ca*ssini ont 
cru que c'est le Carduus ou Cnicus Acarna, appelé actuellement Picnomon 
Acarna, expression qu'il faut changer en Pycnocomon spinosum. 

(3) Le Glêchôn des Grecs était notre Mentha Pulegium L. Boerhaave, 
s'emparant de ce mot, en a composé le nom de Glec.homa qu'il a appliqué au 
Lierre terrestre, Hedera terrestris des anciens botanistes. Il est clair que le 
mot de Glechoma est mal construit, et qu'il aurait fallu dire Gfechona, ou 
mieux encore Glechonion, expression qui dérive de Glêchôn , comme Mé- 
conion de Mêcôn (Pavot), Botryon de Botrys, Rhynchion de Rhynchos, 
Thamnion de Thamnos, etc. Je propose donc de dire dorénavant Glechonion 
hederaceum. Sprengel s'est servi du nom de Glechon pour désigner un 
genre de Labiées de l'Amérique méridionale. 

(4) Le Mimœcylon des Grecs est le fruit de YArbutus Unedo. C'est à tort 
que les auteurs modernes écrivent Memecylon. 

(5) On disait aussi Erithalis. D'après Pline, ce nom était donné à une 
Joubarbe qui croît sur les murs et les toits des maisons. 

(6) Le mot Apios (Poirier) est représenté en latin par celui de Pirus, 
lequel dérive du celtique piren ou peren, et, par conséquent, ne doit pas 
s'écrire Pyrus, comme s'il venait du radical grec pyros (froment). Il est in- 
concevable qu'on ait eu la pensée que Pirus pourrait bien avoir pour éty- 
mologie le substantif grec pyr (pur) feu. C'est cependant sur cette préten- 
due origine qu'est fondée l'habitude fautive, conservée par beaucoup de 
botanistes, d'écrire Pyrus au lieu de Pirus. Nous constatons avec plaisir 
que parmi les linguistes une réaction s'est depuis longtemps opérée contre la 
mode qui voulait que la plupart des mots latins eussent une étymologie 
grecque. 

(7) Les Grecs appelaient le bouleau Sêmyda. Linné, on ne sait pourquoi, 
a changé Sêmyda en Samyda pour désigner un genre d'arbres originaires de 
l'Amérique. 

(8) On sait que Persoon a appelé Aronia rotundifolia le petit arbre connu 
sous le nom d' Amelanchier vulgaris. Il est fort divertissant de voir quelle 
peine on s'est donné pour chercher l'étymologie du mot Amelanchier. 

Ainsi on a prétendu qu'il se compose de a privatif, mêlea pommier, an- 
chein, étrangler. Comprenne qui pourra la signification de cet étrange as- 
semblage : non-pommier-étrangle. Ce n'était cependant pas le cas de recourir 
aux racines grecques ; car, ainsi que nous l'avait appris Lobel (Slirp. advers. 
nova, p. 441j, Amelancher, dont la dernière syllabe cher a été disgracieuse- 
ment changée en chier, est un nom patois en usage dans le pays de Sisteron 
(Basses-Alpes,), pour désigner l'arbre dont il s'agit. 

(9) Suivant Pline et Galien, YOxyacantha a des baies rouges, pendantes, 
particularité qui, ajoute Pline, lui a fait donner le nom d'Appendix. On peut 
en conclure quel'Oxyacantha de Pline et de Galien est le Berberis vulgaris, 
tandis que celui de Dioscoride et de Théophraste est notre Cratœgus Oxya- 
cantha. 

(10) Conformément à l'orthographe grecque, il faut écrire Cinara et non 
pas Cynara. Voici la description poétique que donne Columelle de l'Arti- 
chaut (Cinara Scolymus L.). De hortis X, V, 237. 



— 85 — 

Hispida ponatur Cinara quse dulcis Iaccho 
Potanti veniat, nec Phoebo grata canenti : 
Heec modo purpureo surgit glomerata corymbo ; 
Myrtiolo modo crine viret, deflexaque collo 
Nunc adoperta manet, nunc pinea vertice pangit, 
Nunc similis calatho, spinisque minantibus horret, 
Pallida nonnunquam tortos imitatur Acanthos. 

(11) Il est bien difficile de savoir quelle était la plante montagnarde ap~ 
pelée Cacalia ou Leontice chez les anciens. Dioscoride se borne à dire qu'elle 
a de grandes feuilles blanches, une tige droite et blanche et une fleur qui a 
quelque ressemblance avec celle de l'olivier ou du chêne. Les commentateurs 
ont cru reconnaître, les uns le Cacalia albifrons, les autres le Mercurialis 
tomentosa, quelques-uns le Bupleuron longifolium, d'autres enfin YAlche- 
milla alpina. C'est à cette dernière opinion que s'arrête ChyPickering dans 
l'ouvrage publié à Boston, en 1879, sous le titre de Chronogical history of 
plants. 

(12) On disait plus souvent Chondrillê. 

(13) Appelé aussi Lysimachion. 

(14) Les Grecs employaient plus souvent le mot Minthê que celui de 
Mintha. 

(15) La forme Typhê était plus usitée que Typha. 

(16) Tous les naturalistes depuis Pline jusqu'à Tournefort avaient écrit 
avec raison Catanancê, mot qui s'orthographie en grec xaravâyxvj et non pas 
xaTavayx*?) comme le croyait Linné (Philos, bot. p. 185). C'est donc une faute 
d'écrire Catinanche. 

(17) C'est à tort que plusieurs auteurs écrivent Hypochœris. Le radical 
étant xoîpos (porc), la véritable orthographe de ce mot est Hypochœris. 

(18) Parmi les trois espèces de Chamœpitys distinguées par les Grecs, il 
en est une qui, comme nous l'apprend Pline (lib. 24, cap. 20), portait en latin 
le nom d'Abiga, c'est à-dire qui fait avorter (abigere-fœtum) . — « Chamœ- 
pitys latine Abigot, vocatur propter abortus. » — C'est la plante que nous 
appelons actuellement Ajuga Iva. 

Comment Abiga s'est-il transformé en un mot complètement insignifiant 
et qui n'a pas même l'apparence d'un mot latin ? C'est ce que personne ne 
pourrait expliquer. Comme il n'est jamais trop tard pour revenir sur une er- 
reur, nous demandons qu'on reprenne désormais le vieux nom Abiga, au 
lieu du mot corrompu et altéré Ajuga. 

(19J Dans tous les noms grecs écrits en caractères romains, Vu doit se 
prononcer ou, contrairement à l'habitude de nos compatriotes qui pronon- 
cent tous les u comme l'u des Allemands. Cette observation s'applique par- 
ticulièrement aux mots Colutea, Rhus, Bunias, Bunion, Butomos, Anchusa, 
et à tous les mots composés de pous (pied) et d'oura (queue) , comme par 
exemple, Ornithopus, Alopecuros, etc. 

(20) Parmi les Delphinion, il en est un que les Grecs avaient appelé Sta- 
phis agria (raisin sauvage). Les anciens botanistes avaient toujours eu soin 
de séparer ces deux mots ; Linné les souda en un seul. Les botanistes fran- 
çais, oubliant la signification de l'adjectif agria (sauvage), traduisirent Sta- 
phisagria par l'expression ridicule de Staphisaigre, qu'on voit s'étaler dans 
toutes nos Flores, sans que jamais personne ait protesté contre une traduc- 
tion aussi absurde. 

(21) Il n'est pas admissible que le Leontopodion des Grecs soit, comme 
l'ont prétendu plusieurs commentateurs, notre Leontopodion alpinum, appelé 
Edelweiss par les montagnards de la Suisse. Les botanistes grecs en parlent 
comme d'une plante indigène dans leur pays. Du reste Pline dit positive- 
ment que le Leontopodion croît dans les terrains légers des plaines. Il est 
probable que par ce nom les Grecs désignaient les diverses espèces de Filago 
et de Micropus. 

(22) Plusieurs commentateurs n'hésitent pas à considérer le Xanthion des 
Grecs comme identique à notre Xanthium strumarium, ce qui suppose évi- 
demment que cette espèce a toujours existé en Europe et notamment en 



— SG — 

Grèce et dans V Asie-Mineure. Mais d'une part, il est plus que douteux que 
les anciens aient connu une espèce quelconque de Xanthium, et, d'autre 
part, nous avons lieu de croire que les Xanthium (sauf peut-être le X. indi- 
cum), sont originaires de l'Amérique. Cette origine semble assez bien démon- 
trée en ce qui concerne les X. spinosum et macrocarpum. M. Alph. de Can- 
dolle, considérant que Fexistence en Europe du X. strumarium est déjà 
ancienne, ne serait pas éloigné d'admettre son indigénat dans l'ancien con- 
tinent. Mais ce n'est là qu'une simple conjecture à laquelle on pourrait ob- 
jecter qu'aucun auteur n'a fait mention du X. strumarium, antérieurement 
à la découverte de l'Amérique. 

(23) Chez les anciens, le mot limonion, qui correspond à l'adjectif latin 
pratensis, était une épithète spécifique donnée à plusieurs espèces. C'est 
ainsi que Pline l'applique à une Anémone : genus Anémones quae limonia 
vocatur. 

Il en était aussi de même de l'adjectif Hêracleios (d'Hercule), de Cîrcœa, 
épithète donnée à toutes les herbes réputées magiques et propres aux en- 
chantements. L'expression de Borycnion s'appliquait à plusieurs plantes vé- 
néneuses dont on se servait pour empoisonner les lances et les flèches (doru, 
lance, flèche). 

(24) Les mots Dicranon (fourche), Aspidion (petit bouclier) et Botrychion 
(petite grappe), ne servaient pas, chez les Grecs, à nommer des plantes. 

(25) Depuis Matthiole, Clusius, Dodonœus et Lobel, il est, pour ainsi dire, 
de tradition parmi les botanistes de rapporter le Centaurion mega des 
Grecs soit au Centauria Centaurium L., espèce italienne qui se trouve au 
monte Gargano et au Vulture, soit au Rhaponticum scariosum. Personne ne 
paraît s'être inquiété de savoir pi ces deux espèces, ou l'une d'elles seulement 
est, conformément au texte de Dioscoride, « très- commune sur les collines 
fertiles et bien exposées du Péloponèse, de l'Elide, de l'Arcadie, de la Mes- 
sénie, dans les environs de Pholoe, dans la Lycie, autour de Smyrne. » 

Or, ni le Centauria Centaurium, ni le Rhaponticum scariosum ne sont 
signalés par Sibthorp dans le Flora grœca, non plus que par M. Boissier 
dans le Flora orientolis. 

Si Centaurée il y a, quelle est donc l'espèce qui est si commune sur les col- 
lines fertiles et bien exposées de la Grèce et d'une partie de l'Asie-Mineure 
et comment se fait-il qu'aucun des botanistes qui ont visité ces régions ne 
nous ait renseignés à ce sujet. 

Le Centaurion micron des Grecs était notre Erythrœa Centaurium. 

(26) On ne voit pas pourquoi les botanistes ont changé le mot Chamœme- 
lon des Grecs en Chamomilla, ni pourquoi le Centaurion a été changé en 
Centaurea. Du reste, tous les botanistes antérieurs à Linné disaient Centau- 
rium ou Centaurion. Cassini avait aussi conservé le genre Chamœmelon, 
Pline avait dit Chamœmelon et Centaurion. Chamomilla et Centaurea doi- 
vent donc être rejetés comme des mots altérés et corrompus. 

(27) Quelques commentateurs ont cru que le nom de Sidê employé par 
Théophraste désignait notre Althœa officinalis L. Il est beaucoup plus pro- 
bable que Sidê était un synonyme de Nymphœa. En effet, Théophraste (lib. 4, 
cap 11), dit que le Sidê croît dans l'eau du lac d'Orchomène en société avec 
plusieurs autres plantes aquatiques, telles que des Saules, des Joncs, des 
Carex, des Typha, des Sparganion, des Hippuris, des Lemna, des Trèfles 
d'eau. Son fruit a quelque ressemblance avec la capsule du Pavot ou avec la 
Grenade. Or il est clair que la Guimauve, bien que se plaisant dans les lieux 
mouillés, ne croît pas ordinairement dans l'eau des lacs, et que la comparai- 
son d'un fruit semblable à celui du Pavot ou du Grenadier s'appliquerait bien 
mieux à la capsule bacciforme du Nymphœa qu'aux carpelles de V Althœa. 

Du reste, Dioscoride (lib. 3, cap. Ï49), dit positivement que le Nymphsea 
croît dans le lac d'Aliarte, que nous appelons aujourd'hui lac Copaïs. Orcho- 
mène et Aliarte étaient des villes situées, l'une près de l'extrémité septen- 
trionale, l'autre sur le bord méridional du lac Copaïs; de sorte qu'on disait 
indifféremment le lac d'Orchomène ou le lac d'Aliarte. 

Dioscoride ajoute qu'on trouve en Thessalie, sur les bords du Pénée, un 



— 87 — 

autre Nymphœa à fleurs jaunes qu'on appelle Blcpharanthos. C'est notre Nu- 
phar luteum 

Le mot de Nuphar (prononcez Noufar), n'a pas été employé par les anciens 
naturalistes grecs et paraît avoir été introduit par les Arabes : on le trouve 
en effet pour la première fois dans les ouvrages d'Avicenne. 

(28; Le mot Dianihus n'a jamais été employé par les auteurs latins, ni 
même par aucun des botanistes antérieurs à Linné. Ceux-ci, lorsqu'ils vou- 
laient parler des Œillets, se servaient du nom générique Caryophyllus, au- 
quel ils adjoignaient une ou plusieurs épithètes pour désigner chaque espèce 
d'Œillet en particulier. 

Linné, à l'imitation des Grecs du Bas-Empire qui avaient appelé le Giroflier 
Caryophyllon, donna à ce dernier arbre, rangé actuellement dans la famille 
des Myrtacées, le nom de Caryophyllus aromaticus. Pour désigner les Œil- 
lets, il reprit le nom de Bios anthos qu'avait employé Théophraste ; mais il 
commit la maladresse de le mutiler et de l'abréger en Dianthus, expression 
qui signifie deux /leurs et non pas fleur de Jupiter, comme le croyait Linné. 
Les Grecs avaient un adjectif dianthês, qui signifie couvert de fleurs ; ce 
n'est pas l'idée qu'il s'agit d'exprimer. Il faudra donc finir par où on aurait 
dû commencer, c'est-à-dire reprendre tel quel le nom, fort harmonieux d'ail- 
leurs, de Diosanthos, en ayant soin de ne pas le séparer en deux mots dis- 
tincts. 

Ainsi, pour avoir voulu faire l'économie de deux lettres, Linné est arrivé 
à un contre-sens que les botanistes ont accepté jusqu'à présent sans s'en 
apercevoir. Notons en terminant que Linné n'a pas osé faire subir au mot 
Diospyros (froment de Jupiter), la mutilation malheureuse qu'il avait exercée 
sur Diosanthos. 

(29) Indépendamment de F Aspalathos qu'on croit être le Calycotome vil- 
losa, il y avait aussi une autre plante appelée Aspalax par Théophraste et 
mentionnée aussi par Pline, lib. 19, cap. 31. Est-ce le Colchicon autumnale, 
comme le veut Sprengel (Hist. rei herbarise, 1,89), ouïe Rhagadiolus stella- 
tus, comme le suppose Pickering (ohronogical history of plants, Boston, 1879). 
Ces deux commentateurs affirment plus souvent qu'ils ne prouvent. Toute- 
fois il faut avouer que le critique qui entreprend d'interpréter les œuvres des 
anciens naturalistes, et particulièrement celles de Théophraste et de Pline, 
n'a ordinairement d'autre alternative que de se taire ou d'émettre des asser- 
tions hasardées. 

(30) Le mot Lotos, un de ceux dont les anciens ont fait le plus grand abus, 
s'appliquait à diverses sortes de plantes. 

Avec Fée, que nous avons déjà pris souvent pour guide, nous distinguons 
les Lotos arborescents, les aquatiques et les terrestres. 

Le premier groupe comprend : tÇmS&û 

1° L'arbre des lotophages, Lôtophagân dendron, Rhamnus &g y p ou s L. 

2° Le Lotos paliuros, Rhamnus Spina Christi. 

3° Le Lotos, appelé par Pline Lotus italicus ou Celtis, c'est le Celtis aus- 
tralis L. 

Dans le second groupe, il faut ranger : 

1° Le Lotos, cyamos œgyptios, Nelumbium speciosum Willd. 

2° Le Lotos leucos, Nymphaea Lotus L. 

3° Le Lotos stephanôticos, Nympheea cserulea Savi. 

4° Le Lotos Colocasion, Arum Colocasia L. 

Enfin les Lotos herbacés sont : 

1° Le Lotos hêmeros triphyllos, Melilôtos, Melilotus officinalis. 

2° Lotos agrios, libyos, Melilotus ceerulea L. 

Pline et Columelle ont commis une grossière erreur lorsqu'ils ont prétendu 
que le Celtis (Lotos dendron de Dioscoride, lib 1, cap. 134), s'appelait aussi 
Faba grœca. 

La Fève grecque, Cyamos hellênicos, est tout simplement le Faba vulga- 
ris, ainsi qu'on peut s'en assurer en lisant le chapitre 127 du livre 2 de la 
Matière médicale de Dioscoride. Il était en effet nécessaire de désigner par 
une épithète de quelle Fève il s'agissait, car dans le chapitre suivant, Dios- 



— 88 — 

coride traite de la Fève égyptienne. Du reste toute la partie du livre 2, depuis 
le chapitre 107 jusqu'au chapitre 166, est entièrement consacrée aux plantes 
alimentaires fournies par les familles végétales actuellement désignées par 
les noms de Graminées, Papilionacées, Crucifères, Cucurbitacées et à quelques 
autres espèces comestibles, la Bette, l'Asperge, le Pourpier, le Plantain, la 
Chicorée, la Laitue, etc. Les Papilionacées que Dioscoride énumère successi- 
vement sont : le Fenu-Grec, le Cicer ou Pois chiche, la Lentille, l'Ervilia ou 
Ers, le Haricot, le Lupin et la Fève grecque. Comme on le voit, l'association 
est on ne peut plus naturelle. 

La Fève tenait une grande place dans l'alimentation des Grecs et, comme 
c'était une chose bien connue de tout le monde, on la prenait souvent comme 
terme de comparaison pour évaluer la grosseur d'un objet. C'est ainsi qu'Hip- 
pocrate indique quelquefois la dose des remèdes au moyen de l'expres- 
sion : gros comme une fève. (Voy. de morbis, lib. 2 cap. 43, 47 ; lib. 3, cap. 
15, 16 ; de natur. mulier., cap. 25.) Il nous suffira de citer le passage sui- 
vant, dans lequel se trouve l'expression de Fève grecque : « le suc du Sil- 
phion est très-efficace, s'il est bu dans Feau, gros comme une fève grecque. » 
(de morbis mulierum ; lib. 1, cap. 46). 

Il n'y a donc pas de confusion possible entre le Lotos dendron (Celtis aus- 
tralis) et le Cyamos hellênicos (Faba vulgaris). 

(31) La plupart des commentateurs ont cru que la plante appelée par les 
Grecs Nardos celticê est la même que celle que nous nommons encore au- 
jourd'hui Valeriana celtica L. D'autres ont pensé que c'était le V. Saliunca 
L. Si on considère que ces deux Valérianes habitent les sommités des Alpes 
de la Suisse, du Piémont, de la Lombardie, du Tyrol, de la Styrie, Carin- 
thie, Carniole, et que les anciens ne paraissent pas avoir eu connaissance de 
la Flore des Alpes occidentales et centrales, on est peu disposé à accepter 
cette opinion. Cependant Pline dit que le Saliunca existe en Pannonie, 
dans les Alpes Noriques, ainsi que dans les Alpes au nord de l'Italie ; il 
ajoute qu'on fait grand cas de sa racine. Il se pourrait donc qu'exceptionnel- 
lement, les anciens qui attachaient une grande importance aux herbes odo- 
rantes, eussent connu soit le V. celtica, soit surtout les V. Saliunca et 
tnontana. 

(32) Pline a écrit Fucus ; or, comme il dit que le Phycos n'a de nom que 
dans la langue grecque, il y a lieu de croire que c'est par erreur que les co- 
pistes auront écrit Fucus au lieu de Phycus qui est la véritable transcription 
latine du mot grec Phycos. 

(33) La plante décrite par Dioscoride (lib. 3, cap. 150), sous le nom d'An- 
drosaces, est une Algue marine qu'on trouve sur les côtes de Syrie, d'Istrie, 
et aussi en France sur le littoral des environs de Maguelonne et de Fronti- 
gnan. Elle est connue actuellement sous le nom d'Acetabularia mediterra- 
nea Lamour. Le nom à'Androsaces, comme ceux d'Hippomanes, Hippo- 
phaes, Petasites, Isoetes, est du genre neutre. 

(34) On a eu tort de changer le mot d'Odontitis, employé par Pline, en 
celui d'Odontites. 

Pline dit que le vin dans lequel on a fait cuire des tiges d'Odontitis est un 
remède souverain contre le mal de dents. Il est probable que c'est de cette 
propriété supposée que vient le nom dont il s'agit. 

(35) C'est la plante que Virgile appelle Cerintha, et Pline Cerinthe. Les 
anciens disaient qu'elle attirait les abeilles ; on connaît les vers des Georgi- 
ques qui font allusion à cette propriété : 

Hue tu jussos asperge sapores, 
Trita Melisphylla, et Cerinthse ignobile gramen. 

Georg., v. 63. 



— 89 — 



Noms génériques modernes composés de deux 
radicaux grecs dont le dernier est masculin. 



Les noms à désinence régulière sont placés en premier lieu ; puis vien- 
nent, écrits en petits caractères, les noms à désinence vicieuse qu'il faudra 
ramener au type. 

carpos (fruit). — Gymnocarpos, Hymenocarpos, Ochrocarpos, 
Osyridicarpos, Physocarpos, Roiacarpos, Symphoricarpos, 
Tetragonocarpos. 
Dermatocarpon, Endocarpon, Polycarpon, Rhizocarpon (1), 
Adenocarpus, Artocarpus, Prismatocarpus, Streptocarpus. 
Callicarpa, Cyrtocarpa, Myriocarpa, Rhamphicarpa, Amphicarpsea, Lepto- 

carpeea, Polycarpsea. 
Neurocarpum, Platycarpum. 

caulos (tige). — Ceratocaulos, Echinocaulos, Orthocaulos, Stro- 
phocaulos. 
Adenocaulon , Acanthocaulon , Eriocaulon , Goniocaulon , 

Pterocaulon, Stereocaulon. 
Leptocaulis, Physocaulis, Nemacaulis. 
thamnos (arbrisseau). — Elachothamnos, Lyciothamnos, The- 
lithamnos. 

Arthrothamnus, CladothamnuSj Lophothamnus, Leptothamnus, Calotham- 
nus, Sarothamnus. 

Voir au paragraphe des radicaux neutres le mot thamnion. 

thallos (rameau) . 

Abrothallus. 
clados (rameau). — Brachyclados, Chsetoclados, Pteroclados. 

Didymocladon. 

Eriocladus, Trichocladus, Dasycladus, Ancistrocladus. 

Calocîadia, Dicladia, Microcladia, Orthocladia, Comoeladia. 

Voyez cladion, radical neutre. 

(1) Les Grecs s'étant servi du mot Polycarpon, il en résulte qu'on peut, 
en suivant leur exemple, employer indifféremment carpon ou carpos dans 
la construction des noms génériques. 

La même remarque est applicable au radical caulon et au diminutif 
caution. 



— 90 — 

lobos (lobe). — Brachylubos, Dilobos, Monolobos, 

Anisolobus, Eriolobus, Isolobus, Oxylobus, Tetragoaolobus. 
Coccoloba, Hemiloba, Pentaloba. 
Voir au paragraphe des radicaux neutres le radical lobion. 

desmos (lien). — Ampelodesmos, Tridesmos. 

Arthrodesmus, Didesmus, Polydesraus, Scenodesmus, Zygodesmus. 

Antidesma, Myriodesma, Eudesmia, Adesmia. 

Amphidesmium, Lithodesmium, Sirodesmium, Sporidesmium, Trichodes- 

mium (1). 
Voir au paragraphe des radicaux féminins ce qui concerne desmis. 

lophos (crête). — Alectorolophos. 

Cypholophus, Platylophus, Cardiolophus, Stizolophus. 
Caryolopha. 

plocos (touffe de cheveux). — Symplocos. 

Periploca. 

coccos (coque). — Oxycoccos, Synecococcos. 

Astrococcus, Botryococcus, Hsematococcus, Protococcus , Pleurococcus, 

Sphaerococcus. 
Chlorococcum, Dicoccum, Polycoccum, Sclerococcum. 
Melicocca. 

capnos (Fumeterre). — Cysticapnos, Platycapnos, Sphœrocapnos. 
sideros (fer). — Metrosideros. 
stephanos (couronne). 

Adenostephanus, Astephanus, Distephanus, Stenostephanus. 

Dasystephana. 

pyros (blé). — Diospyros. 

Agropyrum, Fagopyrum, Isopyrum, Melampyrum, Pteropyrum, Trago- 
pyrum. 

Ces mots doivent prendre la terminaison on, comme dans les substantifs Melampyron, Iso- 
pyron, employés par les Grecs. 

pappos (aigrette). 

Chsetopappa. 

Achyropappus, Anisopappus, Elytropappus, Polypappus. 

bolos (jet). — Metabolos. 

Ascobolus, Chaenobolus, Hymenobolus, Pilobolus, Spheerobolus. 
poros (pore). 

Monoporus, Polyporus, Stemonoporus. 

Myoporura. 



^1) Desma et desmion peuvent servir dans la construction des mots ; ils 
sont du genre neutre ; même remarque à propos du diminutif lojphion. 



— 91 — 

stichos (rangée). 

Acrostichum, Distichium, Gymnostichum. Polystichum (1). 
discos (disque). 

Stephanodiscus, Odontodiscus, Coscinodiscus ; Homalodiscus, Campylo- 
discus. 

cyamos (fève). 

Hyoscyamus. 
strobos (fruit conique). 

Actinostrobus, Glyptostrobus. 

agnos (Gatilier, Agnus castus). 

Elaeagnus 
ozos (rameau). 

Polyozus, Acrozus. 
adelphos (frère). 

Philadelphus. 

chylos (suc). — Myoschylos. 
cyclos (cercle). 

Anacyclus, Adenocyclus, Geocyclus, Tetracyclus. 

Hemicyclia, Syncyclia, Tricycla. 

gyros (cercle). 

Spirogyra. 

coleos (fourreau). 

Coleus, Microcoleus. 
Hydrocoleum. 

stauros (croix). — On peut admettre le mot Stauroneis créé par 
Ehrenberg. 
Pleurostaurum. 
stictos (tacheté), 

Sticta prendra la forme neutre Sticton. 
biatôr (vase à mesurer). 

Biatora prendra la forme du génitif Biatoros. 
myces (champignon). — Ascomyces, Bœomyces, Ceratomyces, 
Ceriomyces, Corallomyces, Phycomyces, Uromyces. 

(1) Les mots Acrostichon et Distichon n'étaient pas employés par les 
Grecs pour nommer des plantes et s'appliquaient à un genre de versification. 
Cependant, puisqu'ils existent dans la langue grecque, on peut leur donner 
un sens botanique. L'adjectif polystichos peut aussi, conformément à un 
usage adopté chez les Grecs, être transformé en substantif en recevant la dé- 
sinence neutre Polystichon. 



— 92 — 

stachys (épi). — Callistachys, Dicranostachys, Echinostachys, 
Eremostachys, Gyrostachys, Orthostachys, Lophostachys . 
Anisostachya, Leptostachya, Teliostachya. 
Gymnostachyum, Schizostachyum. 

pus (pied). Prononcez pous la syllabe finale des mots suivants : 
Arctopus, iErulopus, Coronopus, Campylopus, Elephan- 
topus, Lagopus, Lycopus, Micropus, Ornithopus, Spheno- 
pus, Streptopus. 
Discopoda, Plagiopoda. 
Voyez le radical neutre podion. 

botrys (grappe). — Adelobotrys, Baeobotrys, Macrobotrys, Pyc- 
nobotrys. 

Voir le paragraphe des radicaux neutres à l'article botryon. 

onyx (ongle). — Leontonyx, Halionyx. 
thylax (sac). — Chœtothylax. 

gerôn (vieillard). — Arctogerôn, Eri gerôn, Therogerôn. 
geitôn (voisin). — Actegitôn, Ammogitôn, Halogitôn, Physo- 
gitôn, Thinogitôn. 

Geitôn se contracte en gitan. 

siphon (tube). — B rachy siphon , Dictyosiphôn , Leptosiphôn, 
Lasiosiphôn, Megasiphôn, Ortliosiphôn, Sirosiphôn. 
Pleurosiphonia, Polysiphonia. 

stemôn (étamine). — Actinostemôn, Cyclostemôn, Callistemôn, 
Dasystemôn , Dodecastemôn , Penstemôn , Pachystemôn, 
Odontostemôn, Trigonostemôn. 
Adenostemum. 

chitôn (tunique). — Acbitôn, Chromocliitôn , Erythrochitôn, 
Sclerocbitôn, Thelychitôn. 
Achitonium. 

pogôn (barbe). — Andropogôn, Amblyopogôn, Apogôn, Bryo- 
pogôn, Centropogôn, Endopogôn, Gerontopogôn, Leuco- 
pogôn, Lasiopogôn, Polypogôn, Rhizopogôn, Tragopogôn. 

leôn (lion). — Chamseleôn. 

crotôn (crotôn). — Argyrocrotôn, Acidocrôton. 

odôn, forme ionienne à'odous, odontos (dent). — Blepharodôn, 
Cynodôn, Coscinodôn, Ceratodôn, Didymodôn, Desmato- 
dôn, Hexodôn, Leontodôn, Leucodôn, Microdôn, Zygodôn. 
Anodus, Brachyodus, Aaisodus. 



— 93 — 

Actinodontium, Campylodontium, Cynodontium, Dicranodontium, Dicho- 
dontium, Odontidium (1). 

sôlen (tuyau). — Adenosolen. 
Stenosolenium. 

aden (glande). 
Cryptadenia, Dipladenia, Dodecadenia, Gymnadenia (2). 
Adenaria, Adenarium. 
Synadenium, Adenium. 
Myriadenus, Tachiadenus. 

ous, gén. ôtos. — On ne sert pas du radical ous dans la forma- 
tion des noms composés ; on emploie le radical du génitif 
ôtos en lui donnant la désinence en is, comme dans l'ancien 
mot myosotis. 

C'est donc légitimement qu'on dit Ptychotis , Diotis, 
Leonotis, Hedyotis, Arctotis, Lamprotis, Cynotis. Ces subs- 
tantifs sont féminins. 
anêr, andros (homme, étamine). — Le nominatif de ce mot n'est 
jamais employé dans la construction des mots composés ; 
on se sert exclusivement du radical andros au génitif, 
comme on le voit dans les mots poly andros (qui a beau- 
coup d'hommes), gynandros (hermaphrodite), mots qu'on 
trouve dans les écrits des anciens auteurs grecs. Il est bi- 
zarre que les botanistes aient pu avoir la pensée de donner 
la désinence féminine aux mots génériques composés du 
substantif anêr, andros, auquel convient si bien le genre 
masculin. 
Cryptandra, Cyrtandra, Evandra, Gymnandra, Hemiandra, Pleurandra, 

Peltandra, Pachysandra, Nicandra, Nectandra. 
Stenandrium. 
Conandron. 

citATÊR (coupe). — Chaetocrater, Didymocrater, Hymenocrater. 



(1) Les noms qui ont la désinence odontion et odontidion sont des dimi- 
nutifs que les Grecs n'auraient point désavoués ; ils sont parfaitement accep- 
tables, de même que les diminutifs siphonion, chitonion. 

(2) Tous ces mots peuvent être changés en adenion. Quant aux mots Ade- 
naria, Adenarium, auxquels on a donné la terminaison latine aria, ttrium, 
ils doivent être remplacés par les adjectifs grecs Adenôdes et Adénites, aux- 
quels on attribuera le genre neutre. 



- 94 



Noms génériques modernes composés de deux 
radicaux grecs dont le dernier est neutre. 



dendron (arbre). — • Acinodendron, Balsamodendron, Cleroden- 
dron, Elseodendron, Rhododendron, Ricinodendron, Side- 
rodendron. 

xylon (bois). — Caroxylon, Lithoxylon, Myroxylon, Phylloxylon, 
Ophioxylon, Sideroxylon. 
Erythroxylum, Arrhostoxylum, Citharoxylum. 

phyton (plante). — Acantophyton, Agathophyton, Eremophy- 

ton, Eriophyton, Leucophyton, Nanophyton, Trichophyton. 

Antiphytum. 
Leucophyta. 

phyllon (feuille). 

Chaerophyllum, Ceratophyllum, Hymenophyllum, Kentrophyllum, Myrio- 

phyllum, Zygophyllum. 
Dysophylla, Otophylla, Thymophylla. 
Caryophyllus. 

petalon (pétale). — Decapetalon, Lepuropetalon, Mystropetalon, 
Zygopetalon. 

Oxypetalum, Uropetalum. 
Anisopetala. 

ptilon (plume). — Acroptilon, Spanioptilon. 
botryon et botrydion (petite grappe). — Cladobotryon, Echino- 
botryon, Polybotryon, Peribotryon. 

Eriobotrya, Pleurobotrya. 
Botrydium. 

thamnton (petit arbrisseau). — Argyrothamnion, Ascotham- 
nion, Callithamnion, Lithothamnion, Micro thamn ion. 
Callithamnium, Thamnium. 
Argothamnia, Argyrothamnia. 

lobion (petit lobe). 

Epilobium, Decalobium, Astrolobium. Platylobium, Psilolobium, Ompha- 
lobium. 

PODI0N (pied). 



- 95 - 

^Egopodium, Brachyporium, Conopodium, Chenopodium, Clinopodiura, 

Leontopodium, Lycopodium, Polypodium, Melampodium. 
Merispopedia. 

PLEURON (côte). 
Bupleurura. 

Voir au paragraphe des substantifs féminins le radical pleura. 

neuron (nerf). — Polyneuron. 

Decaneurum, Pteroneurum. 
càryon (noix). — Cardiocary on, Moschocaryon, Trachycaryon. 

Astrocaryum, Ceratocaryum, Lopidocaryum, Monocaryum, Paracaryum. 

Voyez le substantif féminin Carya. 

arthron (articulation). — Diarthron. 
angeion (vaisseau). 

Anœctangium. 
côdion (toison). 

Bulbocodium. 
sciadion (ombrelle). 
Helosciadium, Anisosciadium, Graramosciadium, Sclerosciadium» 

myron (parfum). — Chloromyron. 

Amyris (1). 
clônion (petit rejeton). 

Rhizoclonium, Stigeoclonium, Chondroclonium, Gastroclonium. 
cladion (petite branche). 

Eucladium, Actinocladium, Acladium. 
lophion (petit panache). 

Amphilophium, Cenolophium. 
morton (pénis). 

Cynomorium. 

conion (poussière). 

Amphiconium, Melanconiura. 

pyrenion (petit noyau). 

Arthopyrenia. 
Endopyrenium, Catopyreniura. 

calycion (petit bouton de fleur). 

Calycium. 

(1) Les Grecs ont employé le mot myris dans le sens de boîte à parfums. 



RiNON (bouclier de cuir). 
Soloriua. 

lecteon (couche) radical du verbe moyen legesthai. 
Gyalecta. 

scopion (qui regarde) radical du verbe scopein. — Helioscopion. 
Catoscopium. 
Amphiscopia. 

tropion (qui tourne) radical du verbe trepein. 
Heliotropium. — Monotropa. 

pordon (radical du verbe perdein, péter). — Onopordon, Myo- 

pordon, îEgopordon, Lycoperdon. 
pêgion (petite source), diminutif de pêgê (source). 

Ceropegia. 
cypselion (petit coffret), diminutif de cypselê ou cypselis. 

Coccocypselum. 

centron (aiguillon). — Acrocentron, Diplocentron, Hymeno- 

centron, Macrocentron, Orthocentron, Tricentron. 
trichion (poil). 

Eritrichium, Cephalotrichum, Polytrichum, Orthotrichum,Sporotrichum(l). 

Antitrichia, Syntrichia, Myriotrichia, Zonotrichia, Astrotrichia. 

dictyon (réseau). — Eriodictyon, Hydrodictyon, Ileodictyon, 

Limnodictyon, Palmodictyon, Physodictyon. 
pteron (aile). — Aneupteron. 

Helipterum. 

Anthopterus, Anopterus, Podopterus. 

Actinoptera, Chionoptera, Diptera, Endoptera, Pentaptera, Stauroptera. 

Dipterix. 

blepharon (paupière). — Octoblepharon. 
achyron (paille). 
Polyachyrus. 

mitrion (mitre). — Diplomitrion. 

Physcoraitrium, Gymnomitrium, Holomitrium, Macromitrium, Racomi- 
trium. 

thyrion (petite porte). 

Athyrium, Actinothyrium, Coniothyrium, Leptothyrium, Microthyrium, 
Pleurothyrium. 

(1) Puisque les Grecs ont employé le nom de Polytrichon, il est évident 
que tous les noms terminés en trichon sont légitimes ; il va sans dire que 
ceux qui ont la désinence trichion le sont aussi. 



— 97 — 

cymbion (petite barque). 

Androcymbium. 
thecion (petite boîte). 

Brachythocium, Camptothecium, Cylindrothecium, Isothecium, Orthothe- 

cium. 
Voir le radical féminin thêcê. 

astron (astre, étoile) (1). 

Euastrum, Cœlastrum, Sorastrum, Staurastrum, 
zygon (lien). — Gonatozygon (2). 

Sphaerozyga. 

prion (scie). — ■ Didymoprion. 
steleon et stelidion (manche). 
Carapylosteleum. 

physcion (vessie). 

Diphyscium. — Physcia. 

splenion diminutif de Splên (rate). 

Aspleniura, Cforysosplenium. 
rhynchion (petit bec). 

Eurhynchium. 

bryon (mousse). — Coccobryon, Daphnobryon , Phyllobryon, 
Symbrion. 
Leucobryum, Mtcrobryum, Mastigobryum, Hydrobryum. 

mnion (mousse). — Aulacomnion. 
doron (présent). 

Geodorum, Limodorum, Hsemodorum. 

ANTHEMON (fleur). 

Chrysanthemum, Leucanthemum, Maianthemum , Mesembryanthemum, 
Xeranthemum. 

anthion (petite fleur). 

Melanthium, Halanthium. 

anthos (fleur). — Adenanthos, Asteranthos, Phyllodantbos, 

Pithurantbos. 

Aphyllanthes, Achyranthes, Agathisanthes, Axanthes,Byrsanthes, Chloan- 
thes, Cheilanthes, Calyptranthes, Ilysanthes, Minyanthes , Micranthes, 
Nyctanthes, Prenanthes, Spilanthes, Trochiscanth.es. 

(1) Les Grecs avaient aussi le substantif aster. 

(2) Il existe aussi un radical zygos qui a le même sens. 



— 98 — 

Eranthis, Micranthis, Eremanthis. 

Centranthus, Dianthus, Galanthus, Helianthus, Loranthus, Phyllanthus, 

Rhinanthus, Scleranthus. 
Voir les radicaux anlhe, anthema, anthemon et anthion. 

rhynchos (bec). — Brachyrhynchos, Leptorhynchos, Steno- 
rhynchos. 
Macrorhynchus, Microrhynchus, Oncorhynchus, Pachyrhynchus. 
Voir plus haut le radical rhynchion. 

ramphos (bec d'oiseau). 

Brachyramphus, Anisoramphus. 
stegos (opercule). 

Amblystegium, Diplostegium, Rhynchostegium, Systegium. 

Conostegia, Otostegia, Pterostegia, Cryptostegia, Schistostega (1). 

stephos (couronne). 

Aphanostephus, Callistephus, Cladostephus. 

Amphistephium, Auomostephium, Gymnostephium, Ptilostephium, Diplos- 
tephium. 

cheilos (lèvre, bord). 

Cryptochilus, Ceratochilus, Isochilus, Lagochilus, Lissochilus, Sarcochilus. 
Metachilon, Cyrtochilon. 
Plagiochila. 
Onochiles (2). 

callos (beauté) ; dans les composés, on n'a pas employé callos, 
mais callis. 

Eremocallis, Hemerocallis, Petrocallis, Pleurocallis, ces 
substantifs sont tous du genre féminin ; leur désinence est 
légitime, puisque les anciens auteurs grecs employaient 
le mot Hemerocallis ou Hemerocalles. 
carphos (paillette). 
Acicarpha, Centrocarpha, Haplocarpha, Isocarpha, Odontocarpha. 

Il y a aussi en grec les substantifs carphion et carphe, ce dernier est féminin. 

sterphos (enveloppe). 

Astrephia. 
phycos (algue). 

Anthophycus, Pycnophycus. 



(1) Les diminutifs stegion, stephion, peuvent parfaitement servir dans la 
construction des mots composés et n'auraient pas été désavoués par les 
Grecs. 

(2) Les Grecs avaient donné aune plante le nom dC Onochiles ou Onochilis; 
d'où il suit qu'on peut se servir indifféremment des radicaux chilos, chilon, 
chiles ou chilis, en ayant soin de noter que les trois premiers sont du genro 
neutre, et que le quatrième est féminin. 



— 99 — 

melos (membre, partie). — De ce substantif, on a fait l'adjectif 
mêles, employé seulement dans les mots composés, tels 
que Tetrameles, Octomeles. 

cyphos (bosse). 
Porocyphus. 

lechos (couche). 

Catoleehia, Collolechia, Ochrolechia, Sagiolechia. 

cytos (cavité). 
Melicytus. 

anthema (fleur). — Trianthema. 

gala (lait). — Lycogala, Polygala. Les anciens auteurs grecs 
disaient Polygalon. 

sperma (semence). — ■ Amblysperma, Atherosperma, Aspidos- 
perma, Asterosperma, Blennosperma, Coccosperma, Cy- 
closperma, Dipterosperma, Gymnosperma, Melosperma. 

Corispermura, Echinospermum, Lithospermum, Molospermum, Pleuros- 
permum, Physospermum, Podospermum, Urospermum. 

Tous les noms terminés en spermum doivent prendre la terminaison sperrnon, à l'imitation 
du mot Lithospermon employé par les anciens Grecs . 

omma (œil). — Diplotomma , Hsematomma , Stigmatomma , 

Schismatomma. 
stoma (bouche). — Chsestostoma, Chœnostoma, Cynostoma, 

Dasystoma, Delostoma, Eurystoma, Lophostoma, Melas- 

toma, Platostoma, Tulostoma. 
Astomum, Gymnostomum, Hymenostomum, Trichostomum (1). 

soma (corps). — -Podisoma, Sphserosoma. 
tréma (orifice). — Conotrema, Sistotrema, Thelotrema. 
derma (peau). — Inoderma, Lasioderma, Protoderma, Sclero- 
derma, Stereoderma, Trichoderma. 
Calydermos. 

Actinodermium, Peridermium. 
Leptodermis. 



(1) Les Grecs avaient plusieurs adjectifs terminés en stomos, comme eus- 
tomos, eurystomos y microstomos, qui au neutre ont la terminaison on, d'où 
il suit que les noms composés du radical stomon sont parfaitement accepta- 
bles. Les Grecs se sont servis aussi de Stomion (petite bouche), diminutif de 
Stoma. 

Par les mêmes motifs, il est permis de se servir du diminutif dermion 
et aussi de dermon ; les Grecs ont employé l'adjectif trachydermos (peau 
rude). 






— 100 — 

stroma (couche). — Chsetostroma, Leptostroma, Melanostroma, 

Pachystroma, Phymatostroma. 
loma (frange) . — Astroloma, Antboloma, Lopholoma, Micro- 

loma, Melanoloma, Petaloloma, Odontoloma, Tricholoma. 
stemma (bandelette, couronne). — Agrostemma, Adenostemma, 

Centrostemma, Gryptostemma, Diplostemma, Microstem- 

ma, Sarcostemma. 
stêma (étamine). — Elatostema. 
nema (filament). — iEthfbnema, Cardionema , Cyclonema , 

Gymnema, Glossonema, Gomphonema, Leptoneraa, Pen- 

tanema, Trichonema, Zygnema. 
stigma (stigmate). — Cyclostigma, Cepbalostigma, Crateros- 

tigma, Gomphostigma, Holostigma, Petalostigma, Podos- 

tigma. 
sema (signe). — Brachysema. 
calymma (enveloppe). — Adenocalymna, Diplocalymna, Phy- 

socalymna. 
stelma (ceinture). — Brachystelma, Metastelma, Oxystelma. 
zôsma et zôma (vêtement serré). — Sphserozoma. 
phragma (cloison). — Apophragma, Aphragma, Pentaphragma, 

Pachypbragma, Schistophragma. 
Polyphragmon. 
Cryptophragmium, Gyrophragmium. 
Aphragmus. 

schisma (fente). — Polyschisma, Sporoschisma. 

chroma (couleur). — Callichroma, Cleochroma, Dichroma, Epi- 

chroma, Euchroma, Homochroma. 
gramma (caractères d'écriture.) — Gymnogramma, Mesogramma, 

Melogramma, Monogramma. 
broma (nourriture). — Abroma, Hippobroma, Onobroma, Theo- 

broma. 
poma (breuvage). — Lysopoma. 
paigma (jouet). — Anemopsegma. 
ceras (corne). — Aceras, iEgiceras, Buceras, Coccoceras, Car- 

poceras, Orthoceras, Octodiceras, Styloceras, Tragoceras. 
Anthoceros, Chsetoceros, Diceros, Pentaceros, Triceros, 

Zygoceros. 
Calycera, Tetracera, Dicera. 

(1) Les Grecs ayant dit Buceras et Bucerôs, on peut se servir indifférem- 
ment des radicaux ceras et ceros. On peut aussi employer le diminutif cera- 



— 101 ~~ 

Acerates. 

Aceratium, Triceratium, Cerastium. 

depas (coupe). — Cœlodepas. 
créas (chair). — » Crocicreas. 

g-onu (genou, angle). — Gonu n'est pas employé dans les mots 
composés ; on se sert de gonion ou de gonon, comme on le 
voit dans les anciens mots grecs Ghrysogonon, Pohj go- 
non, et dans les mots Amblygonon, Antigonon, de cons- 
truction moderne. 
Calligonum, Chrysogonum, Eriogonum, Oxygonum, Polygonum, Theligo- 

num, Trigonum. 
Calycogonium, Pterogonium, Schizogonium, Sirogonium. 
Voyez le radical féminin gônia. 



iion, de même que les adjectifs masculins ceratias et ceratites, ainsi que 
l'adjectif féminin ceratitis. Au lieu à! Acerates, on dira plus correctement 
Aceratites. Les Grecs avaient aussi l'adjectif cérastes, d'où le nom générique 
de Cerastion paraît avoir été dérivé. 

Les mots phragmon, phragmion, phragmidion, bien que n'ayant pas été 
en usage chez les Grecs, peuvent servir à composer des noms génériques. 



— 102 — 



Noms génériques modernes composés de deux 
radicaux grecs dont le dernier est féminin. 



tropis (carène). — Brachytropis, Calotropis, Chsetotropis, Ma- 

crotropis, Oxy tropis, Pentatropis. 
crépis (soulier). — Aienocrepis, Hippocrepis. 
cnemis (botte). — Cyathocnemis , Halimocnernis , Rhopaloc- 

neuiis. 
chlamys (chlamyde). — Acanthochlamys, Allochlamys, Antho- 

chlamys, Diplochlamys, Piptochlamys, Sarcochlamys. 
lepis (écaille) (1). — Adenolepis, Acantholepis, Blepharolepis, 
Chsetolepis, Isolepis, Lophiolepis, Odontolepis, Podolepis. 
cystis (vessie). — Diplocystis, Monocystis, Macrocystis, Micro- 

cystis, Polycystis. 
blepharis (cil). — Calliblepltaris, Carpoblepharis. 
desmis (objet lié). — Diadesmis, Microdesmis. 
phyllis (feuillage). — Rhodophyllis. 
rachjs (épine dorsale). — Leptorhachis. 
lacis (déchirure). — Rhyncholacis, Neolacis. 
pelis ou pelicê (écuelle). — Amblypelis. 

stylis (style). — Brachystylis, Diplostylis, Fimbristylis, Hemis- 
tylis, Microstylis, Spha3rostylis. 
Adenostyles, Exostyles, Gymnostyles, Pilostyles, Sarcostyles, 
Péri s ty lu s. 

Helicostylium, Epistylium (2). 
Holostyla. 

actis (rayon). — Anactis, Dasyactis, Euactis, Oligactis, Pleio- 
nactis, Polyactis, Stenactis, Tetractis. 

Monactinus. 
Polyactidium 

taxis (rangée). — Aplotaxis, Arthrotaxis, Ditaxis, Diplotaxis, 
Monotaxis. 



(1) Il existe aussi un diminutif Lepidion. 

(2) Les Grecs n'auraient pas désavoué les substantifs composés au moyen 
du diminutif Stylion. 



— 103 — 

basis (base). — Anabasis, Metabasis, Notobasis. 
staphylis (grappe de raisin) (1). 

Staphylea. 
pteris (Fougère). — Cystopteris, Oreopteris, Pecopteris, Sphe- 

nopteris, Struthiopteris. 
meris (partie). — Actinomeris, Hemimeris, Leucomeris, Oligo* 
meris, Pleiomeris, Trimeris. 
Isomerium, Tetramerium. 
Acanthomeria, Cryptomeria, Leptomeria, Macromeria, Micromeria. 

notis (humidité). — Philonotis. 

Actinotus, Lysionotus. 
charis (grâce). — Anticharis, Heleocharis, Hydrocharis, Halo- 

charis, Limnocharis, Oreocharis. 
opsis (aspect). — Airopsis, Asteropsis, Calliopsis, Coreopsis, 

Dorycnopsis, Lagopsis, Lycopsis, Meconopsis. 
seris (Chicorée). — Aposeris, Arnoseris, iEgoseris, Hyoseris, 

Onoseris, Lagoseris, Lycoseris, Oreoseris, Tephroseris. 
raphis (aiguille). — Chamseraphis, Pentaraphis, Pleuraphis. 
drys (Chêne). — Charnsedrys, Halidrys. 
Acrodryon, Chamsedryon. 

Les Grecs ont employé le radical neutre dry on. 

pitys (Pin). — Acanthopitys, Chainœpitys, Haiopitys. 

HYDROPITYON. 

Le diminutif pityon est admissible. 

corys (casque). — -Microcorys. 

calyx (calice). — Acanthocalyx, Dictyocalyx, Dimorphocalyx, 

Pachycalyx, Stomatocalyx. 
coronis (extrémité). — Gymnocoronis. 

thrix (cheveu). — Astero.thrix, Cladothrix, Calothrix, Diplo- 
thrix, Leptothrix, Malacothrix, Oligothrix, Polythrix, Ulo- 
thrix. 
Acrotriche, Callitriche, Lipotriche, Perotriche. 
ops (œil). — ^Egilops, Dryobalanops, Echinops, Euryops, Gy- 

rinops, Mimusops. 
rops (petite branche). — - Chamœrops, Dsemonorops. 
lonchis ou lonchê (lance) , 
Microlonchus. 

(1) On peut aussi avoir recours aux substantifs Staphys, Staphylê et au 
diminutif Staphylion. Galien (de Comp. med lib. 6) s'est servi du mot 
Arctostaphylos. Toutefois, Arctostaphylis est préférable. 



— 104 — 

glottis (languette). — Brachyglottis, Diglottis, Plocoglottis, 

Spathoglottis, Triglottis. 
glossa (langue). — Amphiglossa, Brachyglossa, Leptoglossa, 
Microglossa, Oligoglossa, Phœnoglossa, Steiroglossa, Rhy- 
tiglossa. 
Buglossum, Cynoglossum, Cœloglossum, Himantoglossum, Ophioglossum, 
Rhynchoglossum (1). 

oura (queue). — • Antherura. 

Hippuris, Diuris, Onosuris. 
Alopecurus, Allosurus, Cynosurus, Chilurus, Lagurus, Leonurus, Lepturus, 
Lepidoturus, Myosurus, Nardurus, Ophiurus, Psilurus, Scorpiurus (2). 
gônia (angle). — Stephanogonia, Trigonia, Tetragonia. 
seira (corde). — Cystoseira, Melosira, Orthosira, Staurosira. 
acantha (épine). — Asteracantha, Cryptacantha , Diacantha, 
Pyrenacantha, Spiracantha. 
Dipteracanthus, Habracanthus , Leptacanthus , Neuracanthus , Siphona- 
canthus. 

chloa ou chloê (gazon, herbe). — Chilocliloa, Echinochloa, 

Eriocliloa, Hierocliloa, Leptochloa, Oreochloa, Sclerochloa. 

anthera (anthère). — Cyrtanthera, Cephalanthera, Dianthera, 

Oxyanthera, Platanthera, Tetranthera. 
mitra (mitre). — Thelimitra. 
chlaina ou lmna. (manteau). — Chromolsena, Notochlsena, 

Schizolsena, Sarcolœna. 
rhiza (racine). — ^Etheorhiza, CorallioVhiza , Glycyrhiza , 
Ophiorhiza, Osmorhiza, Xantho'rhiza. 
Pachy'rhizus. 
spora (semence). — Diplospora, Decaspora, Chorispora, Lasios- 
pora, Leucospora, Microspora, Myriaspora, Rhynchospora. 
Microsporon (3). 
Pittosporum, Arthrosporum, Scoliosporum. 
Ceratosporium, Cladosporium, Chrysosporium, Didymosporium , Zygos- 

porium. 
Ophryosporus. 



(1) Les Grecs ont employé les substantifs Cynoglosson } Bouglosson, 
Ophioglosson : donc il est clair qu'on peut se servir, ad libitum, du radical 
neutre glosson ou du substantif féminin Glossa. 

(2) A l'imitation des Grecs qui ont dit Alopecouros, Scorpiouros , Cyno- 
soura et Hippouris, on peut se servir indifféremment des radicaux oura, 
ouros et ouris dans la formation des mots composés. 

(3) Par les motifs déjà plusieurs fois exposés, on peut admettre les radi- 
caux sporon, sporion, cardion. 



— 105 — 

pleura (côte). — Chœnopleura, Cymatopleura, Discopleura, Mi- 

cropleura, Tripleura. 
cardia (cœur). — Arthrocardia. 

Anacardium. 
capsa et campsa (cassette). — Aphanocapsa, Glœocapsa. 
doxa (gloire), — Adoxa, Amphidoxa, Didymodoxa. 
physa (vessie). — Calophysa. 

Stephanophysum. 

metra (ventre). — Cynometra. 

carya (noix). — Cryptocarya, Hedycarya, Loxocarya, Platyca- 

rya, Pterocarya. 
BYRSA(cuir). — Oncobyrsa. 
spHiBEA (globe). — Ereruosphsera , Glœosphsera, Stephanos- 

phsera. 
tjenia (ruban). — Cryptotsenia, Spirotsenia. 

Pleurotsenium. 
chroa (couleur). — Callicbroa, Dichroa, Polychroa. 

Voyez le radical ' neutre chroma. 

glochin et glochis (pointe). — Acroglochin, Triglochin. 

ampelos (Vigne). — Cissampelos. 

batos (Ronce). — Erobatos, Lyciobatos. 

balanos (gland). — ■ Cyclobalanos, Erytlirobalanos. 

Chlamydobalanus^ Gymnobalanus, Leptobalanus, Myrobalanus, Chrysoba- 
lanus. 

rhabdos (baguette). — Calorhabdos, Leptorhabdos. 
gynê (femme). — Androgyne, Calogyne, Didymogyne, Hoino- 
gyne, Pleurogyne, Sarcogyne, Tetragyne, Telogyne. 

Streptogyna, Amblogyna. 

Cladogynos. 

Ceratogynum (1). 

cltnê (lit). — Achyrocline, Adenocline, Cyatocline, Cylindro- 
cline, Homalocline, Trichocline. 

Conoclinium, Centroclinium, Campyloclinium , Diploclinium , Microcli- 
niura, Sarcoclinium, Triclinium (2J. 



(1) Le bon sens indique que le mot gyne doit avoir une désinence fémi- 
nine et qu'il est vraiment absurde de lui imposer des terminaisons mascu- 
lines ou neutres, alors qu'il est si facile de conserver celle que lui avaient 
donnée les Grecs. 

(2) On peut employer les diminutifs clinidion et clinion. 



— 106 — 

cephalê (tète). — Acéphale. 
Atherocephala, Dasycephala, Dicrocephala, Leucocephala. 
Polycephalos. 

Dracocephalum, Pycnocephalum, Schizocephalum. 
Conocephalus, Ceratocephalus, Sorocephalus. 

cybe (tête). — Conyocybe, Psilocybe, Pachnocybe, Sorocybe, 

Sporocybe. 
cnemê (jambe). 

Arthrocnemum, Halocnemum, Macrocnemum, Polycnemum (1). 

Homocnemea. 

comê (chevelure). — • Achyrocome, Amphicome , Argyrocome, 
Brachycome, Dipterocome. 
Pycnocomon (2). 
Chrysocoma, Callicoma, Dicoma, Eurycoma, Sericoma, Xanthocoma. 
Diplocomium, Hylocomium. 

crjetê (chevelure). — • Asterochsete, Aphanochaete, Bolbochsete, 
Coleochsete, Hynienochsete, Notocha3te. 
Argyrochseta, Anisochseta, Chromochseta, Cladochseta, Desmochseta 5 Hete- 

rocheeta. 
Diplochita. 
Monocheetum. 

coryphê (sommet). — Dicoryphe. 
corynê (massue). — Cryptocoryne. 

Stylocoryna. 
strophe (tour). — Peristrophe. 
plocê (entrelacement). 

Periploca, Symploca. 
morphê (forme). 

Chaetomorpha, Dimorpha, Enteromorpha, Leptomorpha, Amorpha. 
tome (coupure). — Acrotome, Calycotome, Craniotome, Plagio- 
tome. 

Diatoma, Heterotoma, Isotoma, Peritoma, Sphenotoma (3). 
thecê (capsule). — Aphanothece, Glœthece. 

Acanthotheca, Campylotheca, Cylindrotheca, Pterotheca. 



(1) Puisque les Grecs ont dit Polycnemon, nous avons le droit de nous 
servir du mot cnemon, aussi bien que du radical cneme. 

(2) Les Grecs ayant créé le mot Pycnocomon, il est permis, à leur imita- 
tion, d'employer le radical comon, dans le même sens que le substantif comê. 
La même remarque est applicable au radical comion. 

(3) Pour les botanistes, Diatoma est du genre neutre ; pour les conchylio- 
logues, Pleurotoma est du genre féminin. Qui a raison des uns ou des au- 
tres ?Les Grecs avaient le substantif Diatomê (section) et l'adjectif diatomos 



— 107 — 

cotylê (écuelle). — - Hydrocotyle. 

sycê (figuier). — Androsyce, Cliamœsyce, Leucosyce. 

carphê (paillette). — Voir le substantif neutre carphos. 

acmê (pointe). — Mitrasacme. 

cnidê (ortie). — Dendrocnide, Hesperocnide, Leucocnide, Na- 

nocnide, Tilocnide. 
achnê (pellicule). — Andrachne, Cœlachne, Diplachne, Hyme- 

nachne, Prionachne, Perobachne. 
anancê (nécessité). — Catanance (1). 
osmê (odeur). 

Adenosma, Canipliorosma, Cyniinosma, Citrosma, Co- 

prosma, Diosrna, Liriosma, Onosma. 
Hedyosmon, Dysosmon (2). 

Cacosmia, Nardosmia. 
anthê (fleur). — Cerinthe, Cœlanthe, Calanthe, Chorisanthe, 
Lissanthe, Œnanthe, Pneumonanthe, Spananthe. 
Anemonanthea, Cleiosantha, Nananthea, Siphonantha, Triantha. 

(coupé). C'est du premier que procède le nom générique Diatoma, par une 
modification de désinence tout-à-fait semblable à celle que les Grecs avaient 
fait subir à Onosmê qu'ils avaient changé en Onosma. C'est aussi à l'imita- 
tion des Grecs que les botanistes ont créé les noms génériques Camphor- 
osma, Citrosma, Coprosma, lesquels sont nécessairement du genre neutre, 
comme Onosma et tous les noms helléniques terminés en ma ; tandis que, 
au contraire, les radicaux osmê, tome sont du genre féminin. En vain pré- 
tendrait-on que les mots Onosma, Camphorosma, Diatoma, Pleurotoma 
sont des substantifs grecs à désinence latinisée. Il est certain que cette opi- 
nion serait inadmissible en ce qui concerne Onosma, qui est un vieux mot 
grec conservé intact. Les botanistes ont donc eu parfaitement raison de le 
considérer comme tel, et de dire Onosma arenarium, de même qu'aucun 
d'eux n'a jamais hésité à dire Phyteuma spicatum, Alisma lanceolatum, Me- 
lasma ovatum, et à donner des épithètes neutres aux noms génériques com- 
posés des radicaux sperma, omma, stoma, soma, tréma, derma, stroma, loma, 
stemma,nema, sema, stigma, stelma, schisma, chroma, gramma, broma, etc. 

Par analogie, nous avons le droit de conclure que les mots Camphorosma, 
Citrosma, Diatoma, Pleurotoma sont aussi des noms grecs du genre neutre, 
et non pas, ainsi que quelques personnes semblent l'avoir supposé, des mots 
d'origine hellénique à désinence latinisée, comme par exemple, Bromus, 
Euphorbia , Lithospermum , Centaurea, Gentiana , traduction latine de 
Brômos, Euphorbion, Lithospermon, Centaurion, Gentiane. 

De même que, à l'imitation des Grecs, on a pu légitimement créer le subs- 
tantif Diatoma, de même aussi il aurait été permis, en empruntant l'adjectif 
diatomos et le mettant au neutre, d'inventer le mot Diatomon ; cependant, 
en général, il vaut mieux s'abstenir d'employer les adjectifs comme noms 
génériques. 

(1) C'est une faute d'écrire Catananche, comme le font beaucoup d'auteurs, 
à l'imitation de Linné. Il est de règle que le x des Grecs se change en c dans 
l'écriture latine, tandis que le x se change en ch, comme on le voit dans le 
mot Cynanchum (étrangle-chien). 

(2) Puisque les Grecs avaient appelé la Menthe Hedyosmon, on peut aussi se 
servir du radical osmon. 



— 108 — 

thêlê (mamelon). — Cladothele, Staurothele. 
Microthelia. 
Arthothelium. 

daphne (Laurier). — Actinodaphne , Ampelodaplme , Caryo- 

daphne, Dictyodaphne, Nesodaphne. 
crenê (fontaine). — Phytocrene. 
graphe ou graphis (écriture, dessin). — Andrographis, Graphis. 

Enterographa, Opegrapha, Placographa, Platygrapha, Xylographa. 
GLÊNÊ (œil). 

Microglaena. 
blaste (bourgeon). 

Synechoblastus, Chthonoblastus. 
Polyblastia. 

pêgê (source). — Voyez pêgion. 
nome (partage). — Eurynome. 

Heteronoma. 
peltê (petit bouclier). 

Callipeltis, Neuropeltis. 
lecanê, lecanis, lecis (assiette). 

Lecanora, Lecidea. Le premier nom sera changé en l'adjectif Lecanodes 
pris au neutre ; le second en Lecidon (1). 

gastêr (ventre). — Hyrnenogaster, Ceratogaster, Melanogaster. 
Ptychogaster, Polygaster. 
Hydrogastrum. 
Chsetogastra. 

Les tableaux ci-dessus exposés, bien que ne contenant qu'une 
petite partie des noms génériques d'origine grecque , suffisent 
à donner une idée assez exacte de l'état de la question qui nous 
occupe actuellement. 

Il est facile de constater que les créateurs des noms généri- 
ques d'origine grecque n'ont obéi à aucune loi préétablie. Du 
reste, il faut reconnaître que Linné avait négligé d'établir des 
règles précises relativement aux désinences des noms géné- 
riques. 

On a vu plus haut que le Congrès des botanistes réunis à 



(1) Les Grecs avaient aussi le substantif masculin Lecos et les diminutifs 
neutres Lecanion. Lecanidion. 



— 109 — 

Paris en 1867 a essayé de fixer une loi , mais que sa tolérance 
à l'égard des vieux usages a eu pour effet de maintenir le statu 
quo, c'est-à-dire la continuation du désordre et de l'anarchie. 

Cependant il est clair que si l'on veut aboutir à une réforme 
sérieuse, il faut savoir prendre un parti net et décisif. De deux 
choses l'une, ou tous les noms de plantes recevront, sans excep- 
tion ni restriction, des désinences latines, quelle que soit leur 
origine ; ou bien, comme nous le proposons, chaque nom géné- 
rique conservera la terminaison grecque ou latine qui lui est 
propre. 

Dans le premier cas, il faudrait remplacer, sans exception, 
toutes les désinences grecques en on par la terminaison um ; 
ainsi, on devrait dire Erigerum, Tragopogum, au lieu de Eri- 
geron, Tragopogon. 

Les noms terminés en os, ax, ox, as, ops, er, y s, i, prendraient 
la désinence latine us; ainsi, au lieu de Strychnos, Panax, 
Phlox, Asclepias, Echinops, Aster, Stachys, Thlaspi, il fau- 
drait dire : Strychnus, Panaxus, Phloxus, Asclepius, Echi- 
nopsus, Asterus, Stachyus, Thlaspius. 

Les noms terminés en en, en a et en is pourraient être con- 
servés tels quels, attendu que les désinences en en, en a et en is 
existent en latin aussi bien qu'en grec ; cependant, comme les 
deux dernières sont féminines en latin, il conviendrait de donner 
des épithètes féminines aux mots Orchis, Phyteuma, Alisma, 
Onosma, Collema et aux nombreux noms composés des radi- 
caux sperma, stoma, derma, tréma, loma, stemma, nema, 
stigma, stelma, phragma, schisma, chroma, gramma, broma, 
etc., lesquels sont tous du genre neutre en grec. 

Ce système de latinisation à outrance répugnait aux Romains 
eux-mêmes. Nous voyons en effet que ceux-ci ont introduit 
dans leur langue un grand nombre de mots grecs dont ils n'ont 
pas osé changer la terminaison et dont ils ont conservé le genre 
grammatical; tels sont : poesis, grammatice, comètes, JEneas, 
Cybele, epitome, héros, poema, œnigma, diadema, dogma, 
strategema, sans parler des noms de plantes cités plus haut, 
Phyteuma, Alisma, Onosma, Thlaspi, Stachys, etc., et d'une 
multitude d'autres dont nous avons donné la liste. 

Demander impitoyablement la latinisation de tous les mots 
grecs, ce serait être plus royaliste que le roi, plus latinisant que 
les auteurs latins. Qu'on parcoure les écrits de Vairon et de 



— 110 — 

Columelle sur l'agriculture, et surtout la partie de l'Histoire na- 
turelle de Pline consacrée à la Botanique, et on verra que les 
susdits auteurs avaient conservé intacts plusieurs centaines de 
noms grecs se rapportant aux plantes. 

C'est aussi ce qu'avaient fait les anciens botanistes Fuchs, 
Ruel, Tragus, Matthiole, Dodoneus, Lobel, de l'Ecluse, Dalé- 
champ, les deux Bauhin et plusieurs autres. Cependant, déjà de 
leur temps et surtout après eux, tendait à s'établir l'usage de 
latiniser les désinences grecques. Peu à peu les terminaisons en 
os et en on étaient remplacées par celles en us et en um. Mais 
ce fut surtout Linné qui acheva la transformation. Pourtant, 
par une inconséquence inexplicable, il maintint dans la No- 
menclature plusieurs mots à désinence grecque, ainsi qu'on a 
pu le voir en parcourant les tableaux ci-dessus exposés. 

Adanson (Familles des plantes, 1763), comprenant bien qu'en 
agissant ainsi on avait enlevé à la Nomenclature son homogé- 
néité, proposa de rétablir la terminaison en on de tous les mots 
grecs que Linné avait latinisés en uni ; mais, tel était l'ascendant 
exercé par Linné sur tous les naturalistes de son époque, qu'il 
échoua complètement dans sa tentative. L'insuccès d' Adanson 
eut aussi une autre cause : il avait eu la malheureuse idée de 
proposer une réforme de l'écriture et de vouloir mettre celle-ci 
en parfaite conformité avec la prononciation. 

On ne s'explique pas bien pourquoi Adanson s'était borné à 
réclamer la restitution des désinences en on et par quel motif il 
n'avait pas aussi demandé le rétablissement des autres dési- 
nences grecques. En matière de langage scientifique, il convient 
de n'adopter que des principes d'une application générale et de 
ne pas établir des règles qui souffrent une multitude d'excep- 
tions et de restrictions. Il ne faut donc pas, après avoir admis, 
avec Adanson, que les noms génériques qui ont la terminaison 
grecque en on seront maintenus, abandonner ensuite tous les 
autres au hasard et au caprice. Il ne faut pas non plus procla- 
mer, avec le Congrès, que les noms de plantes sont en langue 
latine, mais que cependant on conservera les anciens noms em- 
pruntés aux autres langues. 

La logique veut une solution nette et précise ; c'est pourquoi, 
puisqu'on n'a pas osé latiniser tous les noms génériques d'ori- 
gine hellénique, on devra les conserver tous sans altération ni 
changement. 



— 111 — 

Sous le rapport de l'euphonie, il est incontestable que les dé- 
sinences en os de la langue d'Homère ont une harmonie incom- 
parablement plus agréable à l'oreille que les terminaisons en us 
des latins. Il n'est pas un seul linguiste, tant soit peu doué du 
sentiment musical, qui ne préfère les sons de Platanos, Astra- 
galos, PhiladelphoSy à leurs correspondants latins Platanus, 
Astragalus, Philadelphus, surtout lorsque ces derniers noms 
sont prononcés à la mode française, c'est-à-dire de cette voix dé- 
sagréablement sourde avec laquelle nos compatriotes bourdon- 
nent les substantifs et adjectifs en us. 

Le changement qui sera introduit dans la Nomenclature par 
la restitution des désinences grecques sera si minime, que rai- 
sonnablement on ne saurait alléguer qu'il apportera une pertur- 
bation dans les habitudes prises. En effet, on n'aura le plus sou- 
vent qu'une lettre à chang*er, comme par exemple, Sisymbrium 
en Sisymbrion, Galanthus en Galanthos, Chrysocoma en Chry- 
socome. Du reste, il suffira de consulter les tableaux placés plus 
haut pour savoir de quelle manière les changements devront 
être faits (1). 



(1) Si j'en juge par ma propre expérience, je puis assurer qu'on s'accou- 
tume bien vite aux désinences grecques et que le souvenir s'en grave facile- 
ment dans la mémoire. Quoique j'aie une vieille habitude des noms de genre 
à désinence latine employés dans la Nomenclature, et que le temps depuis le- 
quel je me sers de ces mêmes noms en leur restituant la terminaison hellé- 
nique ne remonte pas au-delà de quelques mois; cependant aujourd'hui mon 
esprit les voit d'abord sous leur forme grecque, et ce n'est que consécutive- 
ment qu'ils m'apparaissent avec la désinence latine accoutumée. 



— 112 



De la désinence des épithètes spécifiques. 



On a vu que le nom générique doit être considéré comme 
un substantif invariable (1). 

L'épithète spécifique servant à indiquer une des qualités ou 
manières d'être de la plante qu'on veut nommer est nécessaire- 
ment un adjectif, et non un substantif. En effet, il serait illogi- 
que de vouloir qualifier un être ou un objet autrement que par 
un adjectif. 

En vertu d'une des règles essentielles des grammaires grec- 
que et latine, l'adjectif spécifique doit s'accorder avec le nom 
générique. 

Les principes qui viennent d'être énoncés ont été admis impli- 
citement par Linné, puisqu'il a déclaré que le nom spécifique 
n'est légitime que lorsqu'il exprime un des caractères par les- 
quels chaque espèce se distingue de ses congénères. 

Le créateur de la Nomenclature botanique a donc violé la loi 
fondamentale qu'il avait posée, lorsqu'il a conservé comme épi- 
thètes spécifiques d'anciens substantifs tels que ceux-ci : 

Viburnum Lantana. Daphne Mezereum. 

Aster Tripolium. Aconitum Napellus. 

Coronilla Emerus. Rhaphanus Landra. 

Cytisus Laburnum. Ilex Aquifolium. 

ainsi qu'une multitude d'autres dont la plupart sont en désac- 
cord grammatical avec le nom générique auquel ils sont asso- 
ciés. 

Le Congrès tenu à Paris en 1867 a décidé, par l'article 31 des 
Lois, que le nom spécifique doit être ordinairement un adjectif; 
mais il a ajouté immédiatement l'amendement suivant : 

Art. 34. — Un nom spécifique peut être un nom de genre ou 
un nom propre substantif. Il prend alors une grande lettre et 



(1) Les noms génériques terminés par un adjectif, comme Eriophoron, 
Echinopheron, Gypsophilon, Alsophilon, Eucalypton , doivent aussi être 
considérés comme des substantifs. 



— 113 — 
ne s'accorde pas avec le nom de genre (Digitalis Sceptrum, 
Coron i l la Emerus) . 

De peur de troubler les usages reçus, le Congrès a ainsi lé- 
gitimé l'existence d'un grand nombre de noms spécifiques vi- 
cieux ; de sorte que le Code adopté par le Congrès est moins un 
recueil de lois que la constatation des faits accomplis. En effet, 
ce n'est pas faire acte de législateur que de venir dire : les 
noms spécifiques doivent être des adjectifs, cependant on tolé- 
rera les substantifs déjà existants. 

Quels sont donc les intérêts si graves en vue desquels le Con- 
grès n'a pas osé donner aux lois un effet rétroactif ? 

On va voir cependant combien il aurait été facile de revenir 
à l'application stricte de la règle qui veut que les épithètes 
spécifiques soient toutes des adjectifs. 

Puisqu'on tient tant à conserver ces vieux noms pour les- 
quels on semble avoir un respect superstitieux, rien ne serait 
aussi facile que de leur donner une forme adjective, ainsi que 
le montre le tableau suivant, dans lequel on a mis d'un côté 
les anciennes dénominations et de l'autre côté les adjectifs cor- 
respondants. 



Astragalos stellatus. 


A. Stella. 


Galion cruciatum. 


G. Cruciata. 


Convolvulus cantabricus. 


C. Cantabrica. 


Allium cepaeum. 


A. Cepa. 


Hieracion pilosellum. 


H. Pilosella. 


— auriculatum. 


H. Auricula. 


Lythron hyssopofphyllum. 


L. Hyssopifolia. 


— thymofrphyllum. 


L. Thymifolia. 


— salicarium. 


L. Salicaria. 


Polygonon bistortum. 


P. Bistorta. 


Rumex acetosus. 


R. Aceto&a. 


— acetosellus. 


R. Acetosella. 


Sisymbpion alliarium. 


S. AUiaria. 


Solanum dulcamarum. 


S. Dulcamara. 


Peucedanon cervarium. 


P. Cer varia. 


Selinon carvifolium. 


S. Carvifolia. 



Il faudrait être bien entiché d'archaïsme pour ne pas préférer 
immédiatement les adjectifs qu'on vient de lire aux substantifs 
placés en regard. Bien plus, leur adoption sera un véritable 
soulagement pour la mémoire, attendu qu'il faut un certain ef- 
fort pour se souvenir que tel nom spécifique s'écrit avec une 
lettre majuscule initiale et ne s'accorde pas avec le nom géné- 

8 



— 114 — 

rique. Il est certainement plus facile d'observer la règle fonda- 
mentale de l'accord de l'adjectif avec le substantif que de la 
violer, comme on le fait si souvent dans la Nomenclature lin- 
néenne. 

Dans le tableau précédent, ne figurent que des noms plus ou 
moins significatifs et faciles à transformer en adjectifs. Mais il 
y a toute une catégorie de noms insignifiants, comme les Na- 
pellus, Mezereum, Emerus, Tazetta, qui ne deviendront pas 
plus expressifs lorsqu'on leur aura donné la forme adjective en 
les faisant accorder avec le nom générique. 

Conformément au principe fondamental de la Nomenclature, 
il faudrait les changer. Cependant, afin de ménager la transi- 
tion, on peut les conserver provisoirement, à la condition de les 
faire descendre du rang de substantifs, qu'ils ont usurpé pen- 
dant si longtemps, au rang plus humble d'adjectifs. On consa- 
crera ainsi définitivement la règle immuable de l'adjectivité 
des épithètes spécifiques. D'ailleurs, puisque ce sont des noms 
insignifiants, quelle importance pourrait-on attacher à dire 
Aconitum Napellus plutôt que A. napellum,, Daphne Meze- 
reum au lieu de D. mezerea, Coronilla Emerus h la place de 
C. emera et ainsi de suite ? 

Linné n'avait rien décidé au sujet de la désinence des épi- 
thètes spécifiques. Le Congrès des botanistes, sans établir au- 
cune distinction entre celles-ci et les noms génériques, a déclaré 
vaguement, par l'article 6 déjà rappelé au début du chapitre 
précédent, que les noms de plantes sont en langue latine et que, 
lorsqu'on les tire d'une autre langue, ils prennent des dési- 
nences latines, à moins cV exceptions consacrées par Vusage. 

Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit relative- 
ment aux obstacles apportés au perfectionnement du langage 
par le respect exagéré de la tradition. Pour n'avoir pas osé con- 
damner les usages vicieux, le Congrès a été obligé de légitimer 
les faits accomplis. 

Il est cependant nécessaire de sortir de cette situation équi- 
voque et d'adopter enfin une règle précise. Or, ainsi qu'il a été 
expliqué dans le chapitre précédent, de deux choses l'une, ou 
on décidera que les épithètes spécifiques conserveront la forme 
et la désinence qui leur est propre dans la langue, gTecque ou 
latine, à laquelle elles appartiennent, ou bien on exigera que 
toutes les désinences, même celles de mots composés de radicaux 



— 115 — 

helléniques, soient latinisées. Lorsqu'il s'est agi des noms 
génériques, nous avons adopté le premier parti. A l'égard des 
épithètes spécifiques, nous nous décidons pour le deuxième, et, 
comme on ne manquerait pas de nous reprocher cette discor- 
dance, nous allons développer les motifs qui nous ont conduit 
à préférer les désinences latines. 

Si on examine, dans les grammaires grecque et latine, le 
chapitre de la déclinaison des adjectifs, on est immédiatement 
frappé du caractère de simplicité des désinences latines compa- 
rées aux désinences grecques. 

L'immense majorité des adjectifs latins est formée par ceux 
qui ont les terminaisons us, a, uni, ou plus rarement er, a, uni. 

Ceux en is, peu nombreux, ont la terminaison semblable au 
masculin et au féminin, et ont au neutre la terminaison e. 

Les autres adjectifs n'ont généralement qu'une terminaison 
pour les trois genres, comme, par exemple, les adjectifs termi- 
nés en ens, en es et en ex. Au contraire, les désinences des ad- 
jectifs grecs sont nombreuses et variées. Il suffira de citer les 
principales. 

Exemples : leucos, gymnos. 

— micros, eleutheros. 

— hêmeros, eriophoros. 

— chrysous, chalchous. 

— eugeôs, pleôs. 

— sâphrôn, eudaimôn. 

— minyanthôs, isoetês. 

— arrhên. 

— ter en. 

— mêlas, talas. 

— megas. 

— pas. 

— polus. 

— adacrus. 

— brachus, hêdus. 

— macar. 

— eucharis. 

— apatôr. 

Par ce simple aperçu, il est facile de voir combien les dési- 
nences des adjectifs latins l'emportent, au point de vue de la 
simplicité et de la commodité, sur les désinences des adjectifs 
grecs. Le choix ne saurait donc être douteux. Du reste, nous 
voyons que depuis longtemps les botanistes, justement effrayés 



os, 


e, 


on. 


os, 


a, 


on. 


os, 


os, 


on. 


ous, 


ë, 


oun. 


eus, 


eôs, 


eôn. 


on, 


on, 


on. 


es, 


es, 


es. 


en, 


en, 


en. 


en, 


eina, 


an. 


as, 


aina, 


an. 


as, 


aie, 


a. 


as, 


asa, 


an. 


us, 


ê, 


u. 


us, 


US, 


u. 


us, 


eia, 


u. 


ar, 


air a, 


ar. 


is, 


is, 


i. 


or, 


or, 


or. 



— 116 — 

de la complication qui résulterait de l'adoption dans la Nomen- 
clature des désinences helléniques, ont pris le parti de latiniser 
en us, a, uni les nombreux adjectifs grecs employés comme 
épithètes spécifiques. C'est ainsi qu'on dit avec raison : Sedum 
inicranthum et non pas S. micranthos, Torilis heterophylla, 
au lieu de T. heterophyllon, Rumex bucephalophorus et non 
E. bucephalophoros. 

Cependant on trouve dans la Nomenclature un certain nom- 
bre de noms spécifiques ayant des terminaisons helléniques. Le 
principe adopté ne devant souffrir aucune exception, il sera 
nécessaire de latiniser toutes ces désinences grecques. Les exem- 
ples suivants montrent de quelle manière et avec quelle facilité 
on parviendra à faire rentrer toutes les terminaisons anomales 
dans la règle commune. 

Cyperos distachyos. C. distachyus. 

Calamagrostis epigeios. C. epigeia. 

Veronica triphyllos. V. triphylla. 

Hieracion prenanthoides. H. prenanthoideum. 

Lamium Galeobdolon. L. galeobdolum. 

Hordeum hexastichon. H. hexastichum. 

Nous nous bornons présentement à ces quelques exemples, 
renvoyant, pour plus ample information, au tableau placé ci- 
après. 

Sans doute il est choquant pour un puriste de voir un mot 
grec affublé d'une terminaison latine, mais c'est là une néces- 
sité imposée par la commodité du langage et à laquelle il faut 
savoir se résoudre. Du reste, depuis longtemps les botanistes 
sont accoutumés aux barbarismes de cette sorte ; on sait en 
effet que notre Nomenclature contient un grand nombre d'épi- 
thètes spécifiques composées de mots grecs ayant une dési- 
nence latine. Puisque donc, par suite d'une vieille habitude, 
nous avons cessé d'être offusqués par ces accouplements, n'ayons 
aucun scrupule de continuer l'emploi de locutions dont les avan- 
tages ont été démontrés par une longue expérience. C'est pour- 
quoi nous demandons que les terminaisons de toutes les épithè- 
tes spécifiques soient latines ou latinisées, quoi que puissent 
dire les puristes théoriciens qui ne tiennent aucun compte des 
exigences de la pratique. 

Dans le chapitre précédent, nous avons, au contraire, proposé 
de conserver aux noms génériques d'origine grecque leur dési- 



— 117 — 

nence propre, afin qu'on ne soit pas obligé* de barbariser d'une 
manière désagréable une multitude de noms helléniques dont la 
forme harmonieuse a été de tout temps respectée. A ceux qui 
trouveraient ces deux propositions contradictoires l'une avec 
l'autre, nous répondrons qu'il n'y a pas parité entre les noms 
génériques et les épithètes spécifiques, et que les règles qui 
conviennent aux uns ne sont pas applicables aux autres. En 
effet, d'une part les noms génériques sont en nombre très-res- 
treint par rapport aux épithètes spécifiques ; ils peuvent être 
insignifiants et ont une désinence invariable, comme l'est celle 
de tous les substantifs employés exclusivement au nominatif. 
D'autre part, les épithètes spécifiques, qui se comptent par 
dizaines de mille, doivent remplir deux conditions essentielles : 
en premier lieu, il faut qu'elles expriment une qualité ou 
manière d'être quelconque, secondement, il est nécessaire que, 
par la flexibilité de leur désinence adjective, elles s'accordent 
grammaticalement avec les noms génériques auxquels elles 
sontjointes. 

De cette différence de fonction, il résulte évidemment, ainsi 
qu'il a été dit plus haut, que les règles qui conviennent aux uns 
ne sont pas applicables aux autres. 

Nous présentons ici, sous forme de tableau, l'énumération des 
principaux noms spécifiques, dont les désinences devront être 
modifiées en ayant soin de mettre en regard la modification 
proposée. 

De peur d'effrayer les botanistes ennemis des innovations, 
nous avons conservé plusieurs noms insignifiants auxquels 
nous n'avons fait subir qu'un simple changement de désinence 
nécessité par l'accord grammatical. Mais il est bien entendu 
que ces noms maintenus provisoirement devront être remplacés 
plus tard par des adjectifs significatifs. 

La liste que nous présentons n'est pas complète ; toutefois 
elle offre un assez grand nombre d'exemples pour que les bota- 
nistes puissent aisément faire eux-mêmes toutes les corrections 
nécessaires. 

Ainsi, par exemple, il suffit de dire, une fois pour toutes, 
que les adjectifs ayant la désinence grecque oides, devront pren- 
dre la terminaison oideus, oidea, oideum, suivant que le nom de 
genre est masculin, féminin ou neutre, 
De même les noms spécifiques composés des substantifs grecs 



- 118 — 

botrys, stachys, dry s, pitys, calyx prendront la forme adjective 
botryus, a, um; dryus, a, um; stachyus, a, um; pityus, a, um; 
calycinus, a, um. 

La désinence grecque es sera changée en us, is, um. 

Les substantifs neutres phyllon, xylon, dendron, etc,, les 
substantifs masculins carpos, caulos, clados, lobos, coccos, de 
même que lesubstantif neutre anthos, recevront les désinences 
us, a, um. 

Les noms spécifiques terminés par pus (prononcez pous, pied) 
et par uros (prononcez ouros), auront la terminaison podus, 
poda, podwn, urus, ura, urum. 

Odon sera changé en odontus, odonta, odontum; pogon en 
pogonus, a, un ; stemon en stemonius, a, um ; ceras en cera- 
tius, ceratia, ceratium. 

Les noms neutres, comme stoma, soma, derma, qui entrent 
dans la composition de certaines épithètes spécifiques, seront 
changés en adjectifs correspondants stomos, somaticos, derma- 
ticos, et recevront, pour s'accorder avec le nom générique, les 
désinences latines us, a, um. 

Les substantifs employés au génitif, comme nemorum, sege- 
tum, sepium, seront remplacés par les adjectifs correspondants 
nemoralis, segetalis, sepincola. 

Ces indications générales nous dispenseront d'énumérer 
toutes les épithètes spécifiques qui rentrent dans les groupes 
ci-dessus mentionnés. 

Afin de donner des exemples des diverses modifications pro- 
posées, nous avons restitué aux noms de genre d'origine grec- 
que la désinence qui leur appartient. 

Acacia hsematoxylon. A. heematoxyla. 

Acanthe-limon Cephalotes. A. cephalotum (1). 

— Scorpius. — scorpioideum. 

Acer Opulus. A. opulifolium Viîl. 

— Pseudo-Platanus. — platanifolium. 

Achillios Millefolium. A. millefoliatus (2). 



(1) Le nom d' Acantholimon a été donné par M. Boissier à un groupe de 
Statice épineux. On sait que parmi les Statice se trouve une espèce appelée 
Limonion, expression déjà employée par les Grecs dans le sens de plante 
des prairies. Par conséquent Acantholimon, dont la traduction exacte, prairie 
épineuse, serait un non-sens, doit être remplacé par Acantholimonion. 

(2) On pourrait aussi, reprenant l'adjectif chiliophyllos employé par 
Dioscoride ; dire Achillios chiliophyllus. 



— 119 



Achillios Ageratum 

— Herba rota 
iEgopodion Podagraria. 
^Esculus Hippocastanum. 
Aconiton Napellus. 

— Anthora. 
Agrostemma Githago. 
Ajuga Cham£ecistus. 
Alisma Plantage 
Allium Cepa. 

— ursinum. 

— Victorialis, 
Alyxia Gynopogon. 
Amarantos Blitum. 

— macrostachys. 
Amelanchier vulgaris. 

— Botryapium. 
Ammi Visnaga. 
Amphiscopia ciliata. 
Amphiloma murorum. 
Amblystegion curvipes. 
Anabasis Ammodendron. 
Anacardium Rhinocarpus. 
Anemopœgma longidens. 
Aniseia Médium. 
Anémone ranunculoides. 
Andropogon Ischsemum. 
Anthoxanthum odoratum. 
Antirrhinon Asarina. 
Anthriscos Cerefolium. 
Aphelandra Acanthus. 
Aron Dracunculus. 

— Colocasia. 
Aronicum scorpioides. 
Artemisia Absinthium. 

— Dracunculus. 

— halodendron. 

— Lagopus. 
Arctostaphylis Uva-ursi. 
Aspalathos Hystrix. 
ArdisiaPyrgus. 



A, viscosua Lam. 

— cuneifolius Lam. 
M. angelicifolium (1). 
M. castanea. 

A. napellum. 

— anthorum. 
Githago segetalis. 
Abiga cistifolia. 
A. plantagineum. 
A. esculentum. 

— longipetiolatum. 

— reticulatum. 
A. gynopogona. 
A. blitonius. 

— macrostachyus. 
Aronia rotundifolia Pers. 

— botryapia, 
A. dilatatum. 
Amphiscopion ciliatum. 
A. murale. 
A. curvipedatum. 
A. ammodendra. 
Anacardia rhinocarpa. 
A. longidentatum. 
Aniseion médium. 
A. ranunculiflora. 
A. polystachyus. 
Xanthonanthos odoratum (2), 
A. quinquelobatum. 
A. chserephyllus. 
Aphelandros acanthus. 
A. dracunculum. 

— colocasium. 
A. scorpioideum. 
A. absinthia. 

— dracuncula. 

— halodendra. 

— lagopina. 

A. officinalis Wimm. 
A. echinatus. 
A. pyrgina. 



(1) Cette Ombellifère avait été appelée par Lamarck Pimpinella angeli- 
cœfolia. 

(2) Le nom générique Anthoxanthum, est mal construit : l'adjectif ocan- 
thon (jaune) doit précéder le substantif neutre anthos (fleur). 



— 120 — 



Arimdo Donax (1). 
Arabis Turrita. 
Arthonia Galactites. 
Argyreia argentea. 
Asclepias Vincetoxicum. 
Asaphes undulata. 
Atropa Belladona. 
Asperula galioides. 
Aspidion Lonchitis. 
Asplenon Ruta muraria. 

— Filix-fœmina. 

— Nidus. 

— Trichomanes. 

— polyodon. 
Aster Tripolium. 
Asterolinon Linum-stellatum. 
Astragalos glycyphyllos. 

— Onobrychis. 

— hypoglottis. 

— Epiglottis. 

— Tragacantha. 

— Cicer. 

— erythrolepis. 

— pterostylis. 

— longicuspis. 

— psiloglottis. 

— Stella. 

— biserrula. 
Barleria Hystrix. 
Banksia Prionotes. 
Barbula chloronotos. 

— flavipes. 
Bauhinia Pes caprae. 
Ballotê Pseudodictamnus 
Betonicô Alopecuros. 



Donax arundinaceus P. de B. 
A. lateripenderis. 
A. galactitis. 
Argyreon sericeum (2) 
A alexitoxica (3). 
A. undulatum. 
Belladona baccifera Lam. 
A. galioidea. 
A. lonchitum. 
A. murale. 

— fimbriatum Dulac(4). 

— neottium 

— subrotundum. 

— polyodontum. 
A. maritimus. 

A. lysimachioideum. 

A. glycyphyllus, 

— onobrychus. 

— hippoglossus. 

— epiglossus. 

— - spinosissimus. 

— cicerinus. 

— erythrolepidius. 

— pterostylus. 

— longicuspidatus. 

— psiloglottus. 

— stellatus Lam. 

— biserratus. 

B. echinata. 
B. prionotis. 
B. chloronota. 

— xanthopoda. 
B. segopoda. 

B. dictamnifolia. 
B. flava. 



(1) Arundo est du genre féminin, Donax du masculin ; aussi vaut-il 
mieux, comme l'a fait Palisot de Beauvois, reprendre le nom générique 
Donax employé par les Grecs. 

(2) Choisy n'a pas fait attention que l'adjectif latin argentea a exacte- 
ment le même sens que l'adjectif grec Argyreia (ou mieux Argyreon) qui 
sert de nom générique. 

(3) Les botanistes qui admettent le genre Vincetoxicon diront Alexitoxi- 
con officinale, attendu que, comme il a été expliqué dans un chapitre pré- 
cédent, le mot Vincetoxicum est composé d'un verbe latin et d'un substantif 
grec. 

(4) Il est inutile de faire ressortir l'absurdité des appellations Filix-?nas f 
Filix-fœmina, Thelipteris ; il ne peut exister aucune Fougère mâle ou 
femelle. 



121 



Bellcvalia romana. 
Bignonia Cymbalum. 

— Leucopogon. 

— Unguis. 
Biserrula Pelecinus. 
Blechnon Spicant. 
Botrychium Lunaria. 
Brassica Cheiranthus. 

— Erucastrum. 

— Napus. 
Bromos tectorum. 
Bupleuron Odontites. 
Cacalia Petasites. 
Canarion Pimela. 
Canthion Cornelia 
Cactos Opuntia. 
Calamagrostis Epigeios. 
Calophyllon Calaba. 
Calaminthê Acinos. 
Campanula Rapunculus. 

— Erinus. 

— elatines. 

— Trachelium. 

— Médium. 
Caucalis daucoides. 
Carex heleonastes. 

— hordeistichos. 

— brachystachys. 

— pseudo cyperus. 

— dioica. 

— Davalliana. 
Carduus Personata. 
Carduncellus monspeliensium. 
Carlina Chamseleon. 
Caroxylon Auricula. 

— Salsola. 
Carpinus Betulus. 
Carthamus oxyacantha. 
Casearia Melistaurum. 



B. cyanoleuca. 
B. cymbala. 

— leucopogona. 

— unguiculata. 
B. pelecina. 

B. boréale Sw. 
Botrydion lunarium (1). 
B. cheirantha. 

— obtusangulata. 

— napa. 

B. lateripronus. 

B. odontitum. 

C. petasitis (2). 
C. pimelum. 

C. cornelianum. 
C. opuntius. 
C. epigeia. 
C. calabum. 
C. acina. 
C. rapuneuia. 

— parviflora. 

— elatine. 

— urticifoliaSchm. 

— grandiflora Lam. 
C. daucoide&. 

C. heleonastis. 

— hordeiformis Wahlb. 

— brachystachya. 

— longibracteata Dulac. 

— dioiscostrongyla. 

— dioicotrigona (3). 
C. lappaceus Lam. 
C. monspeliensis. 

C. chamseleonta. 
C. auriculatum. 

— brevifolium. 
C. betula. 

C. oxyacanthus. 
C. melistaura. 



(1) Botrychion est un barbarisme ; le véritable diminutif de Botrys est 
Botrydion. 

(2) Tous les adjectifs grecs terminés en es recevront la désinence féminine 
is qui existe en latin aussi bien qu'en grec. 

(3) L'épithète de dioica pourrait convenir aussi bien au Carex Davalliana 
qu'au Carex dioica. 

Nous proposons d'appeler ce dernier C. dioicostrongyla , c'est à-dire 
dioïque à tige arrondie, et le premier dioicotrigona, c'est-à-dire dioïque à 
tige triangulaire. 



— i22 — 



Celsia Arcturus. 


C. arcturis. 




Cerasus Padus. 


C. racemosa. 




— Mahaleb. 


— corymbosa. 




— Puddum. 


— pudda. 




— avium. 


— avicularis. 




Centaurion Cyanus. 


C. cyaneum. 




— Centaurium. 


— atropurpureum. 




— Scabiosa. 


— scabios;kfoeË$5- 




— Calcitrapa. 


— calcitrapum. 




Centranthos Calcitrapa. 


C. pinnatifidum. 




Cercis Siliquastrum. 


B. siliquosa. 




Ceropegia Candelabrum. 


C. candelabriformis. 




Cestron Tinus. 


C. tinum. 




— Anagyris. 


— anagyridium. 




— Amelanchier. 


— aronioideum. 




Chaerophyllon Cicutaria. 


C. cicutarium. 




Chelone Pentstemon. 


C. pentstemonia. 




Chenopodion Botrys 


C. botrydiura. 




— Coronopus. 


— coronopodum. 




— ambrosioides. 


— ambrosioideum. 




— Scoparia. 


— scoparium. 




— Quinoa. 


— quinoum. 




— Vulvaria. 


— foetidum (1). 




Cheiranthos Cheiri. 


C. luteum. 




Chrysogonoii Diotostephus. 


C. diotostephum. 




Chrysanthemon Balsamita. 


C. balsamitum. 




Chthonoblastos oligothrix. 


C. oligotrichus. 




Cistos alyssoides. 


C. alyssoideus. 




— Ledon. 


— ledonius. 




Cichorion Endivia. 


C. endivium. 




— Intybus. 


— intybum. 




Cinara Cardunculus 


C. carduncula. 




— Scolymus. 


— scolyma. 




Cinnamomon Camphora. 


C. camphoriferum. 




— Cecidodaphne. 


— glaucescens Nées. 




Cirsion Erysithales. 


C. glutiûosum Lam. 




— tricephalodes. 


— tricephalum 




Citrus Aurantium. 


C. aurantia. 




— Hystrix. 


— echinata. 




— Limonum. 


— limona, 





(1) Les anciens botanistes, qui pourtant ne se piquaient pas de pruderie, 
avait remplacé l'épithète malpropre de Vulvaria par les adjectifs garos- 
mum, olidum, fœtidum. En reprenant ce dernier, nous ne faisons que reve- 
nir à l'ancienne tradition des Tragus, Lobel, C. Bauhin, continuée par 
Lamarck. 

Les amateurs de littérature réaliste se consoleront en pensant qu'il leur 
reste encore le Clitoris Mariana, le Cynomorion coccineum, et le Phallos 
impudicus. 



~~ 123 



Clerodendron Siphonanthus. 
Clideraia Epibaterium. 

— rhodopogon. 

— trichodes. 
Cladion Mariscus. 
Cladonion Botrytes. 
ClypeoTa Jonthlaspi. 
Cnicos benedictus. 
Cocculus Epibaterium. 

— fibraurea. 

— Laeba. 

— Limacia. 

— Cebatha. 

— Nephroia. 

— Chondrodendron. 
Gocconema Arcus. 
Conferva schizoderma. 
Convolvulus Cantabrica. 

— Cneorum. 

— Scammonia. 

— Soldanella. 

— Dorycnium . 

— Ammocharis. 

— sepium. 
Cordia trichostemon. 
Cornus Mas, 
Coronilla Emerus. 
Coscinodiscos Patina. 
Crépis tectorum. 
Crateegos Oxyacantha. 

— Aria. 
Cressa cretica. 
Croton Draconopsis. 

— Helichrysum. 

— Argyrodaphne. 

— Horminum. 

— Spica. 

— Jatropha. 



C. siphonanthum. 
C. epibateria. 

— rhodopogona. 

— trichodea. 
C. mariscum. 
C. botrytum. 
Jonthlaspi clypeatum, 
C. lanuginosus Lam. 
C. epibaterius. 

— fibraureus. 

— laebus. 

— limacius. 

— cebathus. 

— nephroius. 

— chondrodendrus. 
C. arcuatum. 

C. schizodermatica. 
C. cantabricus. 

— argenteus Desr. 

— scammonius. 

— soldanellus. 

— dorycnius. 

— ammophilus. 

— sepincola. (2). 
C. trichostemonia. 
C. flava. 

C. emera. 
C. patinarius. 
C. linearifolia. 
C. oxyacanthus (3). 

— arius. 

C. microphylla. 
C. draconoideus. 

— helichrysoideus. 
C. daphnargyreus. 

— horminoideus. 

— spicatus. 

— jatrophus. 



(1). 



(1) Jonthlaspi étant du genre neutre ne peut s'accorder avec Clypeola; c'est 
pourquoi, à l'exemple de Tournefort, nous l'avons pris comme nom géné- 
rique. En cette circonstance, comme en beaucoup d'autres, Linné n'a pas 
compris que le nom générique doit être un substantif, l'épithète spécifique 
un adjectif. 

(2) Les épithètes spécifiques mises au génitif doivent être changées en 
adjectifs. On remarquera que le mot incola, quoique ayant une désinence 
féminine, sert pour les trois genres, et peut être abrégé en le réduisant aux 
deux dernières syllabes. 

(3) Les Grecs disaient Cratœgos ou Cratœgon. 



— 124 — 



Croton Teucridium. 
Cuscuta epithymum. 
Cuminon Cyminum. 
Cuphsea Melanium. 
Cyathodes parvifolia. 
Cyphia Phyteuma. 
Cypripedium Calceolus. 
Cytisos Laburnum. 
Cytinos Hypocistis. 
Cyclamen europaeum. 
Cymbella Pediculus. 

— Pisciculus. 
Cynodon Dactylon. 
Cynodonton schisti. 
Dalea Lagopus. 

— phymatodes. 
Daphnie Gnidium. 

— Mezereum. 
Daphnidion Myrrha. 
Datura Stramonium. 

— Metel. 
Daucos Carota. 

— Gingidium. 
Delphinion Consolida. 

— Staphysagria. 
Desmodion Hippocrepis. 
Deverra» Pituranthos. 
Diadesmis Bacillum. 
Diosanthos Armeria. 

— Cephalotes. 

— Libanotis. 

— Carthusianorum. 
Digitalis Sceptrum. 
Diospyros Ebenum. 

— Chrysophyllos. 

— Chloroxylon. 

— melanoxylon. 

— embryopteris. 

— pterocalyx. 

— Kaki. 
Dipsacos Fullonum. 
Diplusodon lythroides. 

— myrsinites. 

Dipteracantha Chamsedrys. 
Dolichos Lubia. 



C. teucridius. 

C. epithymiphyta. 

Cyminon longeinvolueellatum. 

C. melania. 

C. parvifolium. 

C. phyteumifolia. 

Calceolus alternifolius. 

C. laburnus. 

C. hypocistus. 

Cyclaminos europaeus (1). 

C. pedicularia. 

— pisciculiformis. 
C. dactylus. 

C. schisticolum. 

D. lagopoda. 

— phymatodis. 
D. orthophylla, 

— lateriflora. 

D. trinerve Pers. 
D. stramonia. 

— metelia. 
D. sativus. 

— gingidius. 

D. divaricatum Dulac. 

— staphydium. 

D. hippocrepidium. 
D. piturantha. 
D. bacillata. 
D. armerium. 

— cephalotum, 

— libanotum. 

— carthusianicum, 
D. macrostachya. 
D. ebenus. 

— chrysophyllus. 

— chloroxylus . 

— melanoxylus. 

— embryopterus. 

— pterocalycinus. 

— sinensis Blum. 
D. fullonius. 

D. lythroideus. 

— myrsinitus. 
D. chamaedrya. 
D. lubius. 



(1) On ne comprend pas pourquoi le substantif grec Cyclaminos, employé 
par tous les anciens botanistes, a été changé par Linné en Cyclamen. 



125 



Doliocarpos Caliaea. 

— Soramia. 
Dorycnion microcarpos. 
Doronicum Pardalianches. 
Dracocephalon Moldavica. 
Drabê brachystemon. 

— aizoon. 

— aizoides. 

— lœvipes. 

— Pumilio. 
Echinops cephalotes. 

— Ritro. 
Echinospermon Lappula. 
Epidendron Vanilla. 
Elatine Alsinastrum. 

— Hydropiper. 
Entada Gigalobium. 
Ervum monanthos. 

— Lenticula. 
Erodion Botrys. 

— malachoides. 
Erythrsea Centaurium. 

— Helodes. 
Erythrina corallodendron. 
Erythroxylon brevipes. 
Eryngion Spina-alba. 

— Sanguisorba. 

— Serra. 
Eucalypton Globulus. 
Eunotia polyodon. 

— bidens. 

— Diadema. 

— Prionotus. 
Euphorbion Peplus. 



D. calineus. 

— soramius. 

D. microcarpum. 
D. cordatum Lam. 
D. moldavicum. 

D. brachystemonia. 

— aizoonia. 

— aizoidea. 

— leiopoda, 

— pumila. 

E. cephalotis. 

— pauciflora Lam. 
E. lappulum. 

E. vanillum. 

E. hippuroidea (1). 

— hydropipera. 
E. gigalobia. 

E. monanthum. 

— lenticulastrum. 
E. botrydium. 

— malachoideum (2). 
Chironia corymbosa Dulac. 

— helodea. 
Erythrinon corallodendrum. 
E. brevipedatum (3). 
E. leucacanthum. 

— sanguisorbens. 

— serftfm. 

E. globulosum. 
E. polyodonta. 

— bidentata. 

— coronata. 
«— prionota. 
E. péplum. 



(1) Il est inexact de dire que Y Elatine en question ressemble à un Alsine; 
c'est plutôt avec Y Hippuris qu'il a quelque rapport: aussi nous proposons 
de l'appeler Elatine hippuroidea. 

(2) La plupart des auteurs écrivent Erodium malacoides, comme si ce der- 
nier adjectif venait de malacos (mou). Il est évident que puisqu'on a voulu 
dire que cet Erodion ressemble à la Mauve (en grec Malachê), il faut écrire 
E. malachoideum. 

(3) Bien que nous préférions dire E. brevipedatum ou E. brachypodum 
à È. brevipes, cependant nous réconnaissons que les adjectifs latins com- 
posés au moyen du substantif pes sont parfaitement légitimes, puisque les 
anciens auteurs latins ont employé les adjectifs bipes, celeripes, longipes, 
multipes. Il est donc bien entendu que toutes les fois qu'il nous est arrivé de 
remplacer la terminaison^^ par celles de pedatus ou de podus, nous vou- 
lions marquer une simple préférence. Du reste, il n'appartient à personne de 
changer les usages de la langue latine. 



— 126 - 



Euphorbion Peplis. 

— Apios. 

— Anacampseros. 

— Lathyris. 

— Myrsinites. 

— peploides. 

— dendroides. 

— Chameesyce. 

— kelioscopia. 
— . Characias. 

— Paralias. 

— Cyparissias. 

— Esula. 
Euphrasia Odontites. 

— ericetorum. 

— salisburgensis. 
Evolvulus pterocaulon. 
Eugenia chrysophyllum. 

— Guapurium. 

— pseudo-caryophyllus. 
Eurhynchon scleropus. 
Exocarpos phyllanthoides. 
Equisetum Telmateia. 
Fissidens adiantoides. 
Fraxinus Ornus. 
Gamolepis Tagetes. 
Galeopsis Tetrahit. 

— Ladanum. 
Galion Cruciata. 

— verum. 

— Mollugo. 

— Aparine. 
Galactia sericea. 
Gaylussacia Rhododendron. 
Gazania Othonnites. 
Garidella Nigellastrum. 
Geranion longipes. 
Genista Scorpius. 



Gentiana Pneumonanthe. 
Gladiolus segetum. 
Glechoma hederacea. 
Globularia Alypum. 



E. auriculatum Lam. 

— apium. 

— anacampserum. 

— lathyrum. 

— myrsinitum. 

— rotundifolium Lois. 

— dendroideum. 

— nummularium Lam. 

— helioscopium. 

— purpureum Lam. 

— paralium. 

— cyparissium. 

— Esulum (1). 
E. odontitis. 

— cuspidata. 

— cuspidatissima. 
E. pteroeaulus. 

E. chrysophylla. 

— guapuria. 

— caryophylla. 
E. scleropodum. 

E. phyllanthoideus. 

E. eburneum Roth. 

F. adiantoideus. 

F. thyrsantha. 

G. tagetis. 

G. nodosa Mœnch. 

— angustifolia. 

G. luteocruciatum. 

— luteoverticillatum 

— molluginum. 

— aparinum. 
Galaction sericeum. 
G. rhododendra. 

G. othonnitis. 
G. nigelliformis. 
G. longipedatum. 
G. scorpi«Bia. 

— aspalathoidea. 

G. macrocarpophora. 
G. segetalis. 
Glechonion hederaceum. 
G. alypa. 



(1) Il est inutile de donner un plus grand nombre d'exemples de l'accord 
du substantif neutre Euphorbion avec les diverses épithètes spécifiques, 
telles que nicœense, segetale, serratum, spinosum, verrucosum , falcatum, 
platyphyllum, amydaloideum, exiguum, etc. 



127 — 



Gnaphalion dysodes. 
Gomphonema Catena. 

— Fibula. 

— Cygnus. 

— Glans. 

— Lagenula. 

— Mamilla. 

— Mustela. 

— Palea. 

— Sagitta. 

— Turris. 

— Sarcophagus. 
Grimmia anodon. 
Grewia microcos. 
Gromphaena gnaphalioides. 
Gualteria brevipes. 
Gypsophilon armerioides. 
Hedyotis Crataegonum. 
Helianthemoii Fumana. 

— Libanotis. 

— polyanthos. 

— Tuberaria. 
Helichryson Stœchas. 

— Plantage. 

— Leptolepis. 

— Leontonyx. 
Helipteron argyropsis. 
Helminthion echioides. 
Helosciadion Ruta. 

— crassipes. 
Hieracion Pilosella. 

— Auricula. 

— picroides. 

— andryaloides. 

— pseudo-cerinthe. 

— murorum. 
Hibiscos Trionum. 

— Moscheutos. 

— Lampas. 
Hippophae rhamnoides. 
Hugonia Mystax. 
Hydrocotyle macrodus. 



G. dysodum. 
G. catenatum. 

— fibulatum. 

— cygneum. 

— glandiforme. 

— lageniforme. 

— mamillatum. 

— mustelinum. 

— paleatum. 

— sagittatum. 

— turritum. 

— sarcophagum. 
G. anodonta. 

G. micrococca (1). 
G. gnaphalioidea ('2). 
G. brevipedata. 
G. armerioideum. 
H. crateegonia. 
H. fumanum. 

— libanotum. 

— polyanthum. 

— tuberarium. 
H. stœchadense. 

— plantagineum . 

— leptolepidium. 

— leontonychium. 
H. argyreum. 

H. echioideum. 
H. rutaceum. 

— crassipedatum. 
H. pilosellum. 

— auriculatum. 

— picroideum. 

— andryaloideum. 

— pseudocerinthum, 

— murale. 
H. trionicus. 

— moscheutus. 

— lampadius. 
Hippophaes rhamnoideum. 
H. mystacina. 

H. macrodonta. 



(1) Linné (Philos, botan., p. 187), donne pour étymologie à ce mot micros - 
coccos : pourquoi alors écrit-il microcos, au lieu de micrococcos ? 

(2) Nous avons restitué au mot Gromphœna son orthographe primitive, telle 
qu elle se trouve dans l'Histoire naturelle de Pline. Linné, Jussieu, Endli- 
cher et de Candolle écrivent, on no sait pourquoi, Gomphrena. 



— 128 — 



Hydrocotyle Asterias. 
— brevipes. 
Hypnon Scleropus. 

— Crista castrensis. 
Hypericon Helodes. 

— Brathys. 

— Coris. 
Ilex Aquifolium. 
Imbricaria Acetabulum. 

— Aleurites. 

— Physodes. 
Inula Helenium. 

— Oculus Christi. 
Ipomœa Quamoclit. 
Iris pseudacorus. 

— Xiphium. 
Impatiens leptoceras. 

— Noli-tangere. 
Imperatoria Ostruthium. 
Itea Rosmarinus. 
Juncus Tenageia. 
Juniporus Oxycedrus. 
Justicia Ecbolium. 
Kleinia Anteuphorbium. 

— aizoides. 
Lachanodes leucodendron. 
Lavandula Stœchas. 
Lamium Orvala. 
Laserpitium Archangelica. 

— Panax. 
Lasiandros adenostemon. 



H. stellata. 

— brevipedata- 
H. scleropodum. 
-i- cristatum. 

H. helodeum (1). 

— juniperinum. 

— verticillatum Lam. 
Aquifolium vulgare (2). 
I. acetabulina. 

— aleuritis. 

— physodis. 
I. helenia. 

— sericea. 

I. cyamoclita (3). 
I. lutea Lam. 

— xiphia. 

I. leptoceratia. 

— penduliflora. 
I. ostruthia (4). 
I. rosmarinifolia. 
J. tenageius. 

J. oxycedrina. 

J. ecbolia. 

K. anteuphorbia. 

— aizoidea. 

L. leucodendrum. 
L. stœchadensis. 
L. phalacranthera. 
L. archangelicum. 

— hirsutum Lam. 
L. adenostemonius. 



(1) Plusieurs auteurs écrivent à tort Elodes au lieu de Helodes. Ce mot 
vient de &os (marais). Or, il est de règle que tous les noms qui en grec com- 
mencent par une voyelle affectée de l'esprit rude, comme v)Xiog (soleil), fanoç 
(cheval) prennent un H initial dans la traduction latine. D'où il suit qu'on 
doit écrire Helodes, Helodea, Heleocharis, Helosciadium, tout comme on 
écrit Heliotropium, Hippuris, etc. 

(2) Comme l'a très-judicieusement fait remarquer Fourreau, on ne com- 
prend pas dans quel but Linné a changé le nom générique à' Aquifolium que 
portait le Houx depuis Pline, en celui d'Ilex qui appartient au Chêne vert. 

(3) Il est difficile de reconnaître un mot grec dans Quamoclit. Cependant, 
en réfléchissant, on voit qu'on a voulu le composer au moyen des radicaux 
grecs cyamos (Fève) et clitos (penché). D'où il suit qu'on doit écrire Ipomœa 
cyamoclita, ou Clitocyamospinnatifidus, suivant que l'on conserve la Nomen- 
clature Linnéenne, ou bien qu'on adopte celle de Choisy. 

(4) On sait que l'Ostruthium est rangé par plusieurs botanistes parmi les 
Peucedanon. Que si on tient à en faire un genre séparé, il est inutile de se 
servir du mot Imperatoria, attendu qu'on peut parfaitement dire Ostru- 
thium trifoliatum . 



- 129 



Lathyros Aphaca. 

— Nissolia. 

— Cicera. 

— Clymenum. 
Leontice Chrysogonum. 

— Leontopetalum. 
Lepidion Draba. 

— Iberis. 
Leonuros Cardiaca. 

— Marrubiastrum. 
Leptobarbula meridionalis. 
Ligosticon aciphylla. 
Leontodon Taraxaci. 
Lonicera Xylosteum. 

— Periclymenum. 

— Caprifolium. 
Lilium Martagon. 
Liriodendron Tulipifera 
Limodoron Fasciola. 
Lippia Eupatorium. 
Linaria Thymifolia. 
Loranthos Spirostylis. 

— Stelis. 

— Tagua. 

— Pentagonia. 

— Scurrula. 

— Corynitis. 

— polyrrhizos. 
Lobelia Erinus. 
Lupinus termis. 
Lythron Hyssopifolia. 

— Thymifolia. 

— Salicaria. 
Lycopodion Selago. 

— microstachyon. 

— Phlegmaria. 

— Myosurus. 

— Saururus. 

— Chamaecyparissus. 
Lysimaehia nemorum. 

— Ephemerum. 



L. filipetiolatus. 

— foliaceopetiolatus. 

— erythrinus Presl. 

— cly menus. 
L. chrysogonia. 

— brevibracteata. 
L. drabifolium. 

— iberifolium. 

L. trilobatus Lam. 

— marrubifolius. 
Barbulina meridionalis (l), 
L. aciphyllum. 

L. taraxacifolius. 
L. ©chroleuca. 

— periclymena. 

— pallida Host. 
L. martagonum. 
L. tulipiflorum. 
L. fasciolum. 

L. eupatorioidea. 
L. thymoflphylla. 
L. spirostylum. 

— stelum. 

— taguum. 

— pentagonum. 

— scurrulum. 

— corynitum. 

— polyrrhizum. 
L. erina. 

L. thermus (2). 

L. hyssopotfphyllum. 

— thymoKphyllum. 

— salicarium. 
L. selaginum. 

— microstachyum. 

— phlegmarium. 

— myosurum. 

— saururum. 

— chamaecyparissum. 
L. nemoralis. 

— glauca Mœnch. 



(1) L'adjectif grec leptos (grêle) ne doit pas être associé avec le mot latin 
Barbula (petite barbe) ; c'est pourquoi nous proposons le diminutif Barbu- 
lina. 

(2) Thermus est la traduction latine de Thermos, nom grec du Lupin blanc. 
Il ne faut donc pas écrire ce mot termis ni termus, mais bien thermus. 



— 130 — 



Lysimachia Linum stellatum. 

— thyrsiflora. 

Maba Ebenus. 
Mahonia Aquifolium. 
Malva Papaver. 
Mamillaria Helicteres. 
Manettia Lygistum. 
Manulea Cheiranthus. 

— Cephalotes. 
Mattbiola oxyceras. 

— Pumilio. 
Mediçago Echinus. 

— Terebellum. 

— Murex. 
Melaleuca Leucadendron. 
Melhania Erythoxylon. 

— Melanoxylon. 
Melosira Oculus. 

— Tympanum. 
Mimusops Erythroxylon. 
Minthê Pulegium. 
Menyanthes trifoliata. 
Meon Mutellina. 
Monotropa Hypopitys. 
Montia minor. 

— rivularis. 
Muraltia macroceras. 
Mucuna macroceratides. 
Myrcia Eriopus. 

— Lasiopus. 

— Leucadendron. 
Narcissos Jonquilla. 

— Pseudo-Narcissus. 

— Tazetta. 
Navicula amphiceros. 

— Ovulum. 
Neottia Nidus-avis. 
Nerion Oleander. 
Nicotiaiw, Tabacum. 
Nivenia Sceptrum. 



L. stellata (1). 

— thyrsantha. 
M. ebenoxyla. 
M. aquifolia. 

M. papaveriformis. 
M. convoluta. 
M. lygista. 
M. cheirantha. 

— cephalotis. 
M. oxyceratia. 

— pumila. 
M. echinata. 

— terebella. 

— rauricula (2). 
Meladendron leucocladum (3). 
M. erythroxyla. 

— melanoxyla. 
M. oculata. 

— tympaniformis. 
M. erythroxyla. 
M. pulegia. 
Menanthos trifoliatum. 
M. mutellinum. 
Monotropion epirrhizium, 
M. erecta. 

— decumbens. 
M. macroceratia. 
M. macroceratitis. 
M. eriopoda. 

— lasiopoda. 

— leucodendra. 
N. jonquillus. 

— grandiflorus. 

— tazettus. 

N. amphiceratia. 

— ovata. 

N. orobanchoidea. 

N. oleandrum. 

N. tabaca. 

N. alopecuroides*Lam. 



(1) Si on adopte le genre Asterolinon, il faut dire Asterolinon lysima- 
chioideum. Voyez les remarques relatives à Asterolinon Linum stellatum, 
dans le chapitre qui traite des expressions vicieuses par pléonasme. 

(2) L'adjectif muricata, qui aurait parfaitement convenu, a déjà été ap- 
pliqué par Allioni à un Mediçago voisin du Murex. 

(3) Les motifs de ce changement ont été expliqués dans le chapitre qui 
traite des noms vicieux par pléonasme. 



— 131 — 



Nymphaea Lotus. 
Omphalodes linifolia. 
Octodon filifolium. 
Ochrosia platyspermos. 
Ochroma Lagopus. 
Ononis Lagopus. 
Onobrychis Echinus. 
Orchis coriophora. 
Origanon Dictamnus. 

— Onites. 

— Majorana. 
Orobos Piscidia. 
Œnanthe Phellandrium. 
Orlaya platycarpos. 
Orobanche Epithymum. 

— Galii. 

— Teucrii. 

— Rapum. 

— Picridis. 

— Scabiosae. 

— Cervarise 
Orthotrichon microblepharis. 
Palicourea macrobotrys. 
Paliuros Aubletia. 
Pannaria Hypnorum. 
Paullinia longipes. 
Pavoniaspinifex. 

Papaver Argemone. 
Pedicularis Sceptrum Carolinum. 
Peganon Harmala. 
Pelargonion althseoides, 

— lateripes. 

— Radula. 

— Ladanoma. 
Peucedanon Cervaria. 
Phalangion Liliago. 
Phasiolos Caracalla. 
Phlomis Herba-veilti. 
Phyllanthos Peltandra. 
Pimpinele Tragium. 

— Anisum. 
Pinguicula leptoceras. 
Pinnularia Digitus. 

— Crux. 



N. segyptiaca. 

0. linophyllum. 

0. filifolius. 

Ochrosion platyspormum. 

0. lagopodum. 

0. lagopoda. 

0. echinata. 

0. coreosmus (1). 

0. dictamnifolium. 

— onitum. 

— majoranum. 
0. piscidius. 
Œ. phellandria. 
0. platycarpa. 

0. epithymophyta. 

— galionepiphyta. 

— teucrionepiphyta. 

— sarothamnophyta. 

— picridiphyta. 

— scabioshaerens. 

— cervarihserens. 

0. microblepharidum, 
P. macrobotrya. 
P. aubletius. 
P. muscicola. 
P. macropoda. 
P. spinigera. 
P. argemonium. 
P. macro stachya. 
P. harm aluni . 
P. althœoideum. 

— lateripedatum. 

— radulum. 

— ladanomum. 
P. glaucifolium, 
P. liliaceum. 

P. caracallensis. 
P. ventosa. 
P. peltandrum, 
P. leucocarpa. 

— anisa. 

P. leptoceratia. 
P. digitata. 

— cruciata. 



(1) Il est clair que l'expression coriophora (porte- punaise) est impropre et 
doit être remplacée par coreosmê (odeur de punaise), dont nous latinisons 
la désinence en la faisant accorder avec Orchis qui est du genre masculin. 



132 — 



Pinmilaria Gigas. 
Piper Lonchites. 

— Betle. 

— Nematanthera. 

— Scopulorum. 

— Mullesua. 

— Schizonephos. 
Plantago Coronopus. 

— Lagopus. 

— Psyllium. 

— Alopecurus. 

— Cynops. 
Pleurandros Cneorum. 
Pleurosigma Fasciola. 
Polygonon Bistorta. 

— Persicaria. 

— Convolvulus. 
Polygala Chamaebuxus. 
Porophyllum Linaria. 
Potentilla Comarum. 

— Fragariastrum. 
Pistacia Terebinthus. 

— Lentiscus. 
Poterion Sanguisorba. 
Pycnocomon Acarna. 
Pteronion cephalotes. 
Pterocarpos Ateleia. 

— Amphimenium. 

— Peltaria. 

— Marsupium. 
Polypodion Dryopteris. 

— Phegopteris. 
Polystichon Theg'pteris. 

— Filix-Max. 

— Oreopteris. 
Protea scolopendrium. 
Prosopis siliquastrum. 
Psychotrion myrtiphyllum. 

— brevipes. 
Psamma arenaria. 
Punica Granatum. 



P. gigantea. 
Piperi lonchitum. 

— betlum. 

— nematantherum. 

— scopulosum. 

— mullesuanum. 

— schizonephum. 
P. coronopoda. 

— lagopoda. 

— psyllia. 

— alopecura. 

— cynopsis. 
P. candicans. 

— fasciolatum . 
P. bistortum. 

— persicarium. 

— convolvuliforme. 
P. buxifolium. 

P. linari^folium. 
P. comariformis. 

— f r agaric folia Gmel. 
P. terebinthina. 

— leiitisca. 

P. sanguisorbens. 
P. spinosum (1). 
P. cephalotum. 
P. ateleius. 

— amphimenius. 

— peltarius. 

— marsupius. 

P. triangulare Dulac. 

— villosum Dulac. 
P. convolutum Dulac. 

— obtusum Dulac. 

— glandulosum. 
P. scolopendrina. 
P. siliquosa. 

P. myrtifolium. 

— brachypodum. 
Psammites littorale P. B. (2). 
Granatum punicum (3). 



(1) Voir page 184 la note relative à Pycnocomon, mot qui signifie épaisse 
chevelure, et que, depuis Lobel, on a altéré en Picnomon. 

(2) Psammites est ici employé au genre neutre ; c'est l'adjectif grec qui 
correspond à l'adjectif latin arenarium. 

On pourrait aussi se servir du nom d'Ammophilon littorale ou A. arun- 
dinaceum Host. 

(3) Les anciens auteurs latins appelaient le Grenadier Malum punicum 



133 — 



Pyrcthron Balsamita. 
Quamoclit vulgaris. 
Quercus Suber. 
Quillaja Smegmadermos . 
Radiola linoides. 
Ranunculus Chserophyllos. 

— Philonotis. 

— Scleratus. 

— Flammula. 

— Thora. 

— lingua. 
Reseda Phyteuma. 
Rhaphanos Rhaphanistrum. 

— Landra. 
Rhaphiolepis Pheostemon. 
Rhamnos Alaternus. 

— Erythroxylon. 
Rhododendron Chamaecistus. 
Rhus Cotinus. 

— Toxicodendron. 

— Metopium. 
Ribes Grossularia. 

— Diacantha. 
Rinodina Sophodes. 
Ronabia myodendron. 
Rondeletia microdon. 
Ruscus Hypoglossum. 

— Hypophyllum. 
Rubia tinctorum. 



P. balsamitum. 

Clitocyamos pinnatifidus. 

Q. subera. (1). 

Q. smegmadermis. 

R. linoidea. 

R. chser&phyllus. 

— philonotus. 

— apiifolius C. Bauh. 

— lanceolatus C. Bauh. 

— renifolius. 

— longifolius C. Bauh. 
R. longicalycina. 

R. longistylus. 

— landrus. 

R. pheostemonia (2). 
R. alaterna (3). 

— erythroxyla. 
R. cistiflorum. 
R. cotina. 

— toxicodendra. 

— metopia. 

R. grossularium. 

— diacanthum. 
R. sophodis. 
R. myodendra. 
R. microdonta. 
R. hypoglossus. 

— hypophyllus. 
R. tinctoria. 



(pomme carthaginoise), et granum punicum le» grains du fruit de cet 
arbre. De granum, les botanistes ont fait Granatum, puis, mettant la char- 
rue devant les bœufs, comme on dit vulgairement, ils ont pris pour nom 
générique l'adjectif punicus (carthaginois), et ont appelé le Grenadier Punica 
Granatum, alors qu'il était si facile de dire Granatum punicum. 

Dioscoride ayant appelé Rhœa (roia) la grenade et, par extension, le Gre- 
nadier, on aurait pu aussi se servir du nom de Rhœa punica. 

(1) Suber est du genre neutre et ne peut s'accorder avec Quercus qui est 
du genre féminin. 

(2) Il est admis que les mots qui en grec, commencent par un p marqué de 
l'esprit rude, comme Rhamnus, Rhus, Rhododendron, doivent avoir rh. 
pour lettres initiales. Par conséquent, il faut écrire aussi Rhaphanos, Rha- 
phiolepis. 

(3) On est toujours embarrassé de savoir si tel nom d'arbre est masculin 
ou féminin. Ainsi par exemple, Rhamnos, Phegos, Cedros, Rhus, Apios, 
Schinos, Ebenos, T$,erminthos sont du genre féminin, tandis que Cyti:os, 
Cerasos, Cratœgos, Prinos et Platanos sont du genre masculin. La même dif- 
ficulté se présente pour les noms latins d'arbres. 

Il est regrettable qu'on n'ait pas admis, à toutes les époques et dans tou- 
tes les langues que chaque désinence indique invariablement le genre gram- 
matical 



— 134 — 



Rumex Acetosa. 

— Aceto sella. 

— Hydrolapathum. 

— Patientia. 
Sagittaria sagittifolia. 
Salvia Candelabrum. 

— brevipes. 

— macrosiphon. 
Salix daphnoides. 

— brachystachys. 

— Lapponum. 

— Myrsinites. 
Sanicula Triclinium. 
Sambucus Ebulus. 
Sarothamnos scoparius. 
Saxifraga Aizoon . 

— aizoides. 

— Cotylédon. 

— tridactylites. 

— Geum. 

— Hirculus. 
Scolopendrion Hemionitis. 
Scandix Pecten. 
Schradera Cephalotes. 
Schmidelia Allophyllus. 
Semecarpos Anacardium. 
Senebiera Coronopus. 
Scilla Lilio-hyacinthus. 
Seseli Libanotis. 

Sedum Fabaria. 

— Cepaea. 

— Rhodiola. 

— heematodes. 

— Anacampseros. 
Selinon Carvifolia. 
Senecio Jacobeea. 

— Doria. 

— Cineraria. 

— Doronicum. 
Serapias Lingua. 
Silène Otites. 

— Atocion. 



R. acetosus. 

— acetosellus. 

— hydrolapathus. 

— hortensis Lam. 
Sagitta aquatica. 

S. candelabriformis. 

— brachypoda. 

— macrosiphonia. 
S. daphnoidea. 

— brachystachya. 

— lapponica. 

— myrsinitis. 
S. triclinaria. 
S. herbacea (1). 

S. vulgaris Wimm. 
S. aizoonia. 

— aizoidea (2). 

— pyramidalis Lap. 

— tridactylitis. 

— geifolia. 

— reflexa. 

S. hemionium. 

S. pectiniformis . 

S. cephalotis. 

S. allophylla. 

S. anacardius. 

S. coronopoda. 

S. squamosa Lam. 

S. libanotum. 

S. purpureum Tauscn. 

— cepaeum. 

— roseum Scop. 

— heematodeum. 

— anacampserum. 
S. carvifolium. 

S. Jacobaeus. 

— carnosus Lam. 

— cinerarius. 

— tomentosus. 
S. brevibracteata. 
S. otitis. 

— atocia. 



(1) C'est l'épithète déjà donnée au Sureau Hièble parles anciens botanistes, 
comme on peut le voir dans YHistoria plantarum de J. Bauhin, lib. 5, 
cap. 24. 

(2). De la même manière on dira S. diapensioidea, evolvuloidea, gera- 
nioidea, hypnoidea, muscoidea. 



135 — 



Silène Pumilio . 
Sidê Abutilon. 
— phyllanthos. 
Siphula Ceratites. 
Sison Amomum. 
Siphocampylus lycioides. 
Sisymbrion Alliaria. 

— Sophia. 

— Irio. 

— Sinapis. 
Solanum Dulcamara. 

— Melongena. 

— aculeiger. 

— amblycalyx. 

— argyracantha 

— astroites. 

— brevipes. 

— dasypus. 
— - Comitis. 

— Convolvulus. 

— Coronopus. 

— Cortex-virens. 

— Hystrix. 

— Ipomoea. 

— Lantana. 

— megalonyx. 

— megalochiton. 

— Myosotis. 

— Radula. 

— stenorchis. 

— Vespertilio. 
Specularia Spéculum. 
Stachys Aleurites. 
Stapelia Asterias. 

— mastodes. 
Stauroneis eurysoma. 
Statice Limonium. 
Stylidium Armeria. 

— leptobotrys. 
Stellaria nemorum. 

— Holostea. 
Spiraea Aruncus. 

— Filipendula. 
Spennera Cheetodon. 
Sterculia Helicteres. 
Serratula Scordium. 
Silphion Astericus. 
Stobsea Erysithales . 



S. puraila. 
S. abutila. 

— phyllantha. 
S. ceratitis. 

S. amomus. 

Campylosiphou lycioideus. 
S. alliarium. 

— erysimastrum Lam. 

— parviflorum Lam. 

— sinapifolium. 
S. dulcamarum. 

— melongenum. 

— aculeatum. 

— amblycalycinum. 

— argyracanthum. 

— asteroideum, 

- — brachypodum. 

— dasypodum. 

— comitum. 

— convolvuliforme. 

— coronopoideum. 

— cûlorophloium. 

— hystricinum. 

— ipomœum. 

— lantanum. 

— megalonychifium. 

— megalochitonium. 

— myosotoideum. 

— radulanum. 

— stenorchideum. 

— vespertilioneum. 

— S. vulgaris. 
S. aleuritus. 
S. stellata. 

— mastodis. 

S. eurysomatica. 
S. limonia. 
S. armerium. 

— leptobotrydium. 
S. nemoralis. 

— coimata Dulac. 
S. paniculata. 

— tuberosa. 
S. chaetodonta. 
S. convoluta. 
S. scordioidea. 
S. asteriscum. 
S. erysithalis. 



— 136 



Surirella Ovum. 
Tanacetum Balsamita. 
Tecoma Hypo diction. 
Teesdalia Lepidium. 
Teucrion Scorodonia. 

— Chamsedrys. 

— Botrys. 
Thibaudia Cerander. 
Thapsia Silphium. 

— Asclepium. 
Theligonon Cynocrambe. 
Thesion Micromeria. 
Thymos Serpyllum. 

— Chameedrys. 

— Piperella. 

— Herba barona. 

— Mastichina. 
Torilis Anthriscus. 
Trichostomon Barbula. 
Trigonella Fœnum grsecum, 

— platycarpos. 
Trifolium Lagopus. 

— Lupinaster. 
Tulipa Oculus solis. 
Uraria Lagopus. 
Vaccinium Myrtillus. 

— Oxycoccos. 

— Vitis idaea. 
Vicia Orobus. 

— > dumetorum. 

— monanthos. 

— platycarpos. 
Viburnum Opulus. 

— Tinus. 

— Lentago. 

— Lantana. 



S. ovata. 

T. balsamitum. 

T. hypodictiona. 

T. lepidia. 

T. scorodonium. 

— chamaedryum. 

— botrydium. 
T. cerandra. 
T. silphia. 

— asclepiadea. 

T. longistipulatum. 
T. micromeri^isu L 
T. serpyllus. 

— chameedryus. 

— piperellus. 

— attenuatus (1). 

— mastichinus. 
T. anthrisca. 

T. barbuliformo, 
T. grseca. 

— platycarpa. 
T. lagopinum. 

— lupinastrum. 

T. acutiflora Pourr. 
U. lagopoda. 
V. myrtiilum. 

— oxycoccum. 

— rubrum. 
V. oroboidea. 

— dumicola. 

— monantha. 

— platycarpa. 
V. lobatum Lam. 

— laurifolium Borkh, 

— lentaginum, 

— lentum (1). 



(1) Ce Thym a les feuilles brusquement atténuées à la base. Sieber l'avait 
appelé affinis, parce qu'il est voisin du Thymos serpyllus. 

(1) Lantana ou plutôt Lentana est un vieux mot italien dérivé de l'ad- 
jectif lento lequel, comme l'adjectif latin lentus, signifie flexible. On connaît 
ces vers de la première églogue de Virgile. 

Verum haec tantum alias inter caput extulit urbes 
Quantum lenta soient inter Viburna Cupressi. 

« Elle élève sa tête parmi les autres villes, comme les Cyprès au-dessus 
« des Viornes flexibles. » 

Ne vaut il pas mieux se servir du langage correct et élégant de Virgile 
que d'une expression empruntée au patois italien? Au lieu de V. Lantana, 
disons dorénavant Viburnum lentum. 



— 137 — 



Viburnum Oxycoccos. 
Veronica triphyllos. 

— Teucrium . 

— Chamaedrys. 
Verbascum Blattaria. 

— Lychnitis. 

— Thapsus. 

— Lagurus. 
Vernonia polyanthes. 
Vulpia myuros. 

— pseudo myuros. 
Waltheria Lophanthus. 
Xanthoxylon Aubertia. 

— Pterota. 

— Rhetsa. 

— Clava Herculis, 
Zizyphon Jujuba. 

— Lotus. 
Zygophyllon Fabago. 



V. oxycoccum. 
V. triphylla. 

— teucriphylla. 

— chameedrya. 
V. blattarium. 

— lychnitideum. 

— thapsum. 

— lagurum. 
V. polyantha. 
V. ciliata Link. 

— longivaginata. 
W. lophantha. 
X. Aubertianum. 

— pterotum. 

— rhetsum. 

— clavatum. 
Z. jujubum. 

— lotoideum. 

Z, fabagineum (1), 



Si quelque chimiste lisait les noms qui figurent dans notre 
malheureuse Nomenclature, il y a lieu de croire qu'il ne pour- 
rait s'empêcher de demander si les botanistes ne ressemblent 
pas aux Augures de Rome, dont on disait qu'ils ne pouvaient se 
rencontrer sans rire. 

Un chimiste à qui viendrait la fantaisie d'imiter la Nomen- 
clature botanique, en accolant aux noms génériques des sels 
quelques-uns des vieux noms employés avant la réforme, arri- 
verait à composer la caricature suivante : 



Sulfate de Chypre 
Sulfate d'Epsom 
Sulfate de Duobus 
Sulfate de Glauber 
Azotate salpêtre 
Azotate pierre infernale 
Oxalate sel d'oseille 
Tartrate de Seignette 
Tartrate crème de tartre 
Carbonate céruse 
Acétate de Saturne 
Acétate verdet 
Arsénite de Scheele 
Cyanure bleu de Prusse 



pour sulfate de cuivre. 

— Sulfate de magnésium. 

— Sulfate de potassium. 

— Sulfate de sodium. 

— Azotate de potassium. 

— Azotate d'Argent. 

— Oxalate de potassium. 

— Tartrate de sodium et de potassium. 

— Tartrate de potassium. 

— Carbonate de plomb. 

— Acétate de plomb. 

— Acétate de cuivre. 

— Arsénite de cuivre. 

— Ferrocyanure de fer. 



(1) Nous n'avons pas répété dans cette liste la plupart des noms dont il a 
été déjà question dans les chapitres précédents. 



— 138 — 

Chlorure calomelas pour Protochlorure de mercure. 

Chlorure sublimé corrosif — Bichlorure de mercure. 

Chlorure de Libavius — Bichlorure d'étain. 

Chlorure de cuisine — Chlorure de sodium. 

Vous riez? changez les noms et vous verrez qu'une grande 
partie de la Nomenclature botanique semble avoir été calquée 
sur ce modèle grotesque (1). 

Certainement le Sulfate de Glauber, l'Arsénite de Scheele et 
le Chlorure de Libavius ne seraient pas plus ridicules que vos 
Echium Wierzbickii, Carex Hornschuchiana et Dracocepha- 
lum Ruyschiana\ les Sulfates de Chypre et d'Epsom valent 
bien le Geranion pyrenaicum et le Cracca corsica; l'Acétate de 
Saturne prêterait moins à rire que la Jambe de Coq, la Barbe 
de Jupiter, et le Nombril de Venus ; enfin le Chlorure sublimé 
corrosif et le Chlorure de cuisine rappellent quelque chose à 
l'esprit, tandis que vos Daphne Tarton-raira, Thymus Herba 
barona, Achillea Herba Rota sont d'affreux mots patois indi- 
gnes de prendre place dans un langage scientifique. 



(1) Quid rides ? mutato nomme de te 

Fabula narratur. — Horace, Satire I, v. 69. 



139 — 



Des épithètes spécifiques barbares. 



Les anciens Grecs et Romains appelaient barbare toutelocution 
étrangère aux langues grecque et latine. C'est aussi dans ce 
sens que nous prenons le mot d'épithètes spécifiques barbares ; 
nous y sommes d'autant plus autorisé que, conformément au pré- 
cepte de Linné auquel nous adhérons, la Nomenclature botani- 
que doit se composer exclusivement de noms grecs ou latins, les 
noms d'origine étrangère ne pouvant être tolérés que si leur 
désinence a été latinisée. 

Pour changer les noms barbares, il faudrait connaître non- 
seulement les plantes auxquelles ces noms s'appliquent, mais 
encore toutes les espèces voisines, afin de pouvoir trouver des 
épithètes spécifiques convenables. N'ayant pas à notre disposi- 
tion les éléments nécessaires à cette révision, nous abandonnons 
cette partie de la tâche à d'autres botanistes plus favorisés, et 
nous nous bornons présentement à signaler quelques-uns des 
noms dont le changement sera nécessaire, si on veut que la 
Nomenclature botanique ne soit pas une œuvre disparate et 
tout-à-fait hétérogène. 

Acacia Julibrissin. Callophyllum Tacamahaca 

— Lebbek. Caragana Chamlagu. 
— • Mangium. Carissa Carandas. 

— Nemu. Cassia Absus. 

— Niopo. — Alcaparillo. 
Amarantus Cararu. — Apoucouita. 

— Caracam. — Aschrek. 
Aster Ansi. — Tarantan. 
Baccharis Chilco. Cerasus Capollin. 
Bassia Blancoi. — Puddum. 
Bignonia Ghortha. Cerbera Odollam. 

— Kerere. — Tanquin. 

Bouchea Gervao. Cestrum Parqui. 

Csesalpinia Sappaa. Convolvulus Pinto. 

— Cacaloco. Cordia Toqueve. 
Callophyllum Calaba. Crescentia Cujete. 

— Cupi. Cereus Jamacaru. 

— Madrunno. — Pitajaya. 



— 140 — 



Cinnamomum Culilawan. 

— Maruba. 

— Sintok. 

— Tamala. 
Chrysophyllum Cainito. 

— Macoucou. 

— Michino. 
Clusia Pana-Panari. 
Coleus Suganda. 
Croton Mubango. 

— Mongue. 

— Malambo. 

— Sampatik. 
Cucumis Dudaim. 
Dalbergia Sissoo. 
Datura Milhummatu. 
Desmodium Scalpe. 
Diospyros Blancoi. 

— Canomoi. 

— Cunalon. 
Dipteracanthus Puri. 

— Sibua. 
Ditassa Niruri. 
Echites Cururu. 

— Velame. 
Eleeocarpus Perim-Kara. 
Embelia Basaal. 
Eugenia Chekan. 
Euphorbia Cattimandoo. 
Genipa Caruto. 
Gilibertia Nalugu. 
Guatteria Korinti. 

— Ouregou. 
Gaulteria Shallon. 
Guillandina Bonduc. 
Hibiscus Maniot. 
Hydrangea Azizai. 

— Sitsisani. 

llex Dahoon. 
— Perado. 
Indigofera Anil. 
Inga Saman. 
Ipomœa Blanchoi. 
Jasminum Sambac. 
Lecythis Zabucajo. 
Lindera Benzoin. 
Lonchocarpus Nicou. 
Luffa Cattu-Piciana. 



Littrsea Culitlawan. 
Lucuma Caimito. 

— Capiri, 

— Rivicoa. 

— Temare. 
Magnolia Coco. 

— Figo. 

— Kobus. 

— Yulan. 
Melastoma Matuba. 
Melia Azedarach. 
Mikania Guaco. 

— Selloi. 
Mimosa Cascabellilo. 
Morinda Rojoc. 
Myrtus Ugni. 
Myrsine Manolilla. 
Ononis Anil. 
Ophiorrhiza Mungos. 
Oreodaphne Bofo . 
Origanum Maru. 
Pharbitis Nil. 
Pisonia Pacurero. 
Paullinia Cururu. 
Pseoaia Moutan. 
Pereskia Bleo. 
Phaseolus Mungo. 

— Pallar. 

— Max. 
Porophyllum Selloi. 

— Cusimbua. 

Pluchea Chingoyo. 

— Quitoc. 
Pittosporon Tobira. 
Polygala Timoutou. 
Quercus Baloot. 

— Look. 
Rhamnus Wihhor. 
Rhizophora Candel. 

— Palun. 

— Mangle. 
Rhus Sacneb. 
Salix Safsaf. 
Salsola Coquimbana. 
Sapindus Rarak. 

— Mukorossi. 
Schinus Huygan. 
Schmidelia Cobbe. 



— 141 



Senecio Ambavilla. 
Sideroxylon Acouma. 

— Auzuba. 

— Bilitbitan. 

— Dulitan. 

— Pacurero. 
Sinapis Kaber. 
Solarium Caavurana. 

— Cari. 

— Bojeri. 

— Gilo. 

— Aracatscha. 

— Gouakai. 

— Kaitisis. 

— Maccai. 

— Poka. 

— Schira-Schima. 

— Tegore. 

— Topiro. 

— Uporo. 



Spathodea Coito. 
Sterculia Balanghas. 

— Ivira. 
Stylocoryna Pandaki. 
Syzygium Makul. 
Strychnos Tieute. 
Styrax Benzoin. 
Syringa Josikaca. 
Tabernsemontana Pandacaqui. 
Thevétia Yccotli. 

— Ahovai. 
Thibaudia Querene. 
Tecoma Guarume. 
Tetranthera Tangao. 
Unona Narum. 
Vatica Rassak. 

— Mangachapoi. 
Xanthoxylon Budrunja. 

— Culantrilo. 

— Rhetsa. 



Charabia et Galimatias! telle est la conclusion de ce chapitre. 
Vraiment quand on est obligé de parler un pareil langage, il n'y 
a pas lieu de s'enorgueillir d'être botaniste. Une Académie 
savante qui mettrait au concours le remplacement des expres- 
sions barbares et ridicules qu'on vient de lire aurait bien mérité 
de la science. 

Le vœu que nous émettons s'applique aussi au remplacement 
des épithètes spécifiques empruntées à des noms d'hommes, 
épithètes dont il sera question dans le chapitre suivant. 



— 142 — 



Des épithètes spécifiques empruntées à un nom 

d'homme. 



Linné avait formellement proscrit l'emploi des noms d'hom- 
mes dans la construction des épithètes spécifiques : 

Inventons vel alius ejuscumque nomen in Différencia non 
adhibeatur. § 223 Philos, botan. 

Pourtant nous savons qu'il avait conservé des expressions 
telles queJuncus Jacquini, Samolus Valerandi, Malva Tour- 
ne for tiana. 

Depuis Linné cette sorte d'appellation a pris un développement 
extraordinaire. Actuellement, on compte par centaines les épi- 
thètes spécifiques tirées d'un nom d'homme. Aussi le Congrès 
des botanistes, n'osant pas lutter contre les habitudes prises, 
a cru devoir les légitimer par les articles suivants des Lois. 

Art. 32. — Le nom spécifique doit en général indiquer quel- 
que chose de l'apparence, des caractères, de l'origine, de l'his- 
toire, ou des propriétés de l'espèce. S'il est tiré d'un nom 
d'homme, c'est ordinairement pour rappeler le nom de celui qui 
l'a découverte ou décrite, ou qui s'en est occupé d'une manière 
quelconque. 

Art. 33. — Les noms d'hommes employés comme noms spé- 
cifiques ont la forme de génitif du nom ou d'un adjectif dérivé 
(Clusii ou Clusiana), La première forme s'emploie quand l'espèce 
a été décrite ou distinguée par le botaniste dont elle prend le 
nom ; la seconde forme dans les autres cas. 

Comme on le voit, le Congrès se croyant engagé par les faits 
accomplis, a admis qu'un nom spécifique peut rappeler quelque 
circonstance relative à l'histoire de la plante à laquelle il se 
rapporte et particulièrement le nom du botaniste qui a eu quel- 
que part à sa découverte ou à sa description. C'est là, suivant 
nous, une tolérance inadmissible, et sur ce point nous nous ran- 
geons complètement à l'avis de Linné. 

Assurément, puisque la signification des noms de genre n'a 
aucune importance et que ceux-ci peuvent même être tout-à- 



— 143 — 

fait insignifiants, il est permis de composer les noms génériques 
au moyen du nom d'un naturaliste célèbre. On ne saurait refu- 
ser aux botanistes le droit d'honorer leurs Saints parla création 
de genres tels que Looelia, Bauhinia, Tourne f or tia, Jussiœa, 
Linnœa, Hedwigia et de plusieurs autres qui rappellent des 
auteurs bien connus. N'avons nous pas accepté les noms géné- 
riques créés par les Grecs en l'honneur des Dieux, des Demi- 
Dieux de l'Olympe ainsi que de divers personnages mythologi- 
ques ou historiques, comme par exemple : Biosanthos et Dios- 
pyros dédiés à Jupiter, Mercurialis à Mercure, Posidonia à 
Neptune, Asclepias à Esculape, Silène et Baccharis à Silène 
et à son nourrisson Bacchus, Iris à la brillante messagère des 
Dieux, Heracleon à Hercule, Atropa à la Parque inflexible 
Atropos, Circœa à l'enchanteresse Circé, Chironia centaurion 
et Achilleios au Centaure Chiron et à son élève le bouillant 
Achille, Helenion à la belle Hélène, cause de la guerre de Troie, 
Andromeda à l'infortunée Andromède sauvée par Persée, Arte- 
misia h la veuve inconsolable de Mausole, Naias et Nymphœa 
aux Naiades et aux Nymphes gardiennes des sources et des 
fleuves, Teucrion à Teucer le premier roi des Troyens, Gentiane 
à Gentius, roi d'Illyrie, et enfin Adonis, Hyacinthos, Narcis- 
sos 9 Daphnê, Amaryllis à divers personnages qui, suivant la 
fable antique, auraient été métamorphosés en fleurs. 

Mais si la signification des noms génériques importe peu, il 
n'en est pas de même de celle des épithètes spécifiques; celles-ci 
doivent exprimer une qualité ou manière d'être de la plante 
qu'on veut nommer. Un nom spécifique est comme une sorte de 
signalement rapide et abrégé d'une espèce ; par conséquent les 
noms d'hommes ne peuvent pas entrer dans leur composition. 

Le remplacement des épithètes vicieuses dont il est question 
actuellement, par des adjectifs exprimant un caractère morpho- 
logique ou une manière d'être quelconque, est une œuvre 
longue et difficile ; en outre, son exécution immédiate nuirait 
au succès des autres réformes proposées, à cause de la perturba- 
tion qu'elle apporterait dans la Nomenclature. Les botanistes 
voyant combien est considérable le nombre des synonymes, 
sont peu disposés à accepter les innovations. Aussi, il est pru- 
dent d'ajourner à une autre époque le changement en question. 

En attendant, et afin d'appliquer d'une manière inflexible la 
règle qui veut que les épithètes spécifiques soient des adjectifs, 



- 144 



il convient de donner la forme adjective à tous ces noms d'hom- 
mes, tant que nous serons obligés hélas ! de les supporter ; par 
conséquent, on dira : 

Alsine cherleriana au lieu de A. Cherleri. 

— jacquiniana — — Jacquini. 

— villarsiana — — VillarsiL 
Asplenion hallerianum — A. Halleri. 

et ainsi de suite. 

Lorsque les épithètes composées au moyen d'un nom d'homme 
auront déjà un synonyme dans la Nomenclature, c'est celui-ci 
qu'on devra employer exclusivement, sans égard pour la ques- 
tion de priorité chronologique. 



NOMS A RÉFORMER. 

Alopecums Gerardi. 
Alsine Jacquini. 
Avena Scheuchzeri. 
Bulliarda Vaillantii. 
Campanula Allionii. 
Cardamine Plumieri. 
Carex Halleriana. 
Centaurion Kotschyana. 
— Ferdinandi. 
Chamaepeuce Casabonse. 
Diosanthos Godronianus. 
Echion Wierzbickii. 
Epipogion Gmelini. 
Eriophoron Scheuchzeri. 
Gag&a Liottardi. 
Gregoria Vitaliana. 
Hypericon Richeri. 
Juncus Jacquini. 
Ononis Columnse. 
Silybon Marianum. 
Sphœnopus Gouani. 
Trifolium Thalii. 
Veronica Buxbaumii. 



SYNONYMES, 



A. capitatus. 
A. fastigiata. 
A. versicolor. 
B pedunculata. 
C. nana. 
C. thalictroidecP 
C. gynobasis. 
C. alpestre. 
— ambiguum. 

C. polyacantha. 

D. longicaule. 

E. parviflorum. 
E. aphyllum. 
E. capitatum. 
G. fistulosa. 

G. lutea. 
H. fimbriatum. 
J. atratus. 
0. parviflora. 
S. maculatum. 
S. divaricatus. 
T. cœspitosum. 
V. persica. 



145 — 



Des épithètes banales, géographiques, ou qui rappel 
lent les propriétés industrielles et médicinales. 



Linné exigeait que le nom spécifique exprimât un carac- 
tère morphologique propre à la plante à laquelle il s'applique. 
Il suit de là qu'on ne devrait pas employer des épithètes 
spécifiques pouvant convenir à plusieurs espèces appartenant 
au même genre. 

Ainsi, par exemple, comme il existe plusieurs Renoncules 
montagnardes et alpestres, les épithètes de montanus et d'aZ- 
pestris sont banales et devraient être rejetées. 

De même, lorsqu'il s'agit de désigner les Séneçons, dont 
plusieurs vivent dans l'eau et dans les marais et, à plus forte 
raison, lorsqu'il s'agit des Scirpus et des Carex, parmi les- 
quels il y a un si grand nombre d'espèces aquatiques, on ne 
pourrait pas employer les épithètes à'aquaticus, palustris, etc. 

La qualification à'arvensis, appliquée à un Filago et à un 
Anthémis a le même défaut, puisque la plupart des espèces 
de Filago et à? Anthémis vivent' dans les champs. 

L'appellation de maritinta, donnée à une Armoise, pourrait 
convenir également aux Artemisia gallica, cœrulescens et à 
plusieurs autres. 

Il est certain que toutes les expressions banales dont il 
vient d'être question, de même que celles de pratensis, ne- 
morosus, segetalis, vulgaris, communis, seraient avantageuse- 
ment remplacées par des adjectifs exprimant un caractère 
morphologique. Afin de ne pas apporter un trop grand trouble 
aux habitudes prises et en attendant une refonte complète 
de la Nomenclature botanique, conservons-les provisoirement. 

Sous les mêmes réserves, et par le même motif, maintenons 
aussi les adjectifs empruntés à la patrie présumée. A l'avenir, 
les botanistes feront bien de s'abstenir complètement d'em- 
ployer des épithètes spécifiques de cette sorte ; car l'expérience 
a prouvé que telle espèce, qu'on croyait particulière aux en- 
virons de Montpellier ou de Narbonne, par exemple, se trouve 
abondamment répandue dans toute la région méditerranéenne 

10 



— 146 — 

et même au-delà, comme c'est le cas des Coris, Aphyllanthes, 
Polypogon, etc., qui portent l'épithète de monspeliensis. 

Il est certain que si la Géographie botanique avait été 
mieux connue au temps de Linné , on se serait abstenu 
d'appeler Geranion pyrenaicum , Genista germanica et an- 
glica, des plantes qui sont largement distribuées dans une 
grande partie de l'Europe. 

Il n'est personne aujourd'hui qui soit assez naïf pour croire 
que le Framboisier (Rubus idaeus) est particulier au mont Ida ; 
les botanistes savent aussi très-bien que le Vaccinium Vitis 
idaea, et le Cressa cretica se rencontrent ailleurs que dans 
l'île de Crète ; ils n'ignorent pas que le Convolvulus can- 
tabricus n'est pas propre h la Biscaye, ni le Poa sucletica aux 
monts Sudètes (1). 

Il est inutile de citer un plus grand nombre d'exemples, 
car il est surabondamment démontré que les appellations géo- 
graphiques ont le défaut de donner une idée incomplète de la 
dispersion des espèces végétales. Toutefois, comme elles ne 
sont ni fausses, ni ridicules, on peut les conserver provisoi- 
rement, pourvu qu'elles ne soient pas incorrectes, et qu'elles 
aient la forme d'un adjectif s'accordant avec le nom générique 
(Convolvulus cantabricus et non G. CantabricaJ. 

Linné, fort sévère en théorie , mais très-tolérant dans la 
pratique, avait déclaré mauvaises les épithètes spécifiques 
empruntées à la patrie présumée, à l'habitat et aux pro- 
priétés médicinales et industrielles ; nous savons cependant 
qu'il avait fréquemment employé les expressions gallicus, 
germanicus, europœus, lapponicus, etc., de même que celles 
de pratensis, nemorosus, segelalis, paludosus, petrœus ou 
saxatilis, alpinus, montanus, etc., et aussi celles de consolida, 
podagraria, officinalis, cynanchica, cathartica, scoparia, 
tinctoria, fullonia, etc. 

Il avait aussi recommandé de ne pas emprunter le nom 
spécifique à des caractères variables comme : 

La taille de la plante (major, minor, média, altissima, 
nana) ; 



(1) Le nom de Poa sudetica sera avantageusement remplacé par celui de 
Poa silvatica qu'avait employé Villars. 



— 147 — 

L'époque de la floraison (vernus, œstivalis> autumnalis, 
hyemalis, prœcox, seroiinus) ; 

La couleur (luteus, cœruleus, purpureus, rubens, viridis, 
albus, niger) ; 

La saveur (diricis, amara, acerba) ; 

L'odeur (suaveolens, fœtida,hircina, coriophora) ; 

La pubescence (hirsuta, glabra); 

La durée (annua, perennis). 

Linné avait raison de recommander de tirer surtout les 
épithètes spécifiques des caractères organogTaphiques pré- 
sentés par la racine, la tige, les feuilles, les fleurs et les 
fruits ; mais il a fait preuve d'une sévérité excessive en pros- 
crivant absolument l'emploi des noms empruntés aux circons- 
tances accessoires dont il vient d'être question. 

Comment, en effet, exprimer plus heureusement que par les 
adjectifs glabra et hirsuta le contraste offert par les deux 
Herniaires bien connues de tous les botanistes ? 

La possibilité de variations dans la couleur des fleurs n'est 
pas un motif suffisant pour renoncer à l'emploi d'un carac- 
tère si apparent à la première inspection. Il est probable qu'on 
ne trouverait pas d'expressions aussi satisfaisantes que celles 
de Digitalis purpurea, Polemonion cœruleum, Orchis niger, 
Orchis viriclis. 

Il est vrai qu'il faut renoncer à se servir du susdit carac- 
tère, lorsque plusieurs espèces du même genre offrent des fleurs 
de semblable couleur. Ainsi par exemple, puisqu'il existe plu- 
sieurs Digitales à fleurs jaunes, entre autres les D. grandiflora 
et D. parviflora AIL, il est évident que le nom de D. lutea 
donné à cette dernière espèce par Linné, doit être abandonné, 
bien qu'il ait la priorité sur celui qu'employa Allioni. 

Il est deux cas dans lesquels il est fort difficile, pour ne 
pas dire impossible, de trouver des épithètes spécifiques par- 
faitement topiques : c'est d'abord lorsqu'il s'agit de nommer 
des espèces très-voisines les unes des autres. En effet, on 
éprouve souvent une extrême difficulté à vouloir enfermer en 
un seul mot l'indication de nuances subtiles qu'on ne saurait 
exprimer convenablement qu'au moyen d'une périphrase. 

Le second cas se présente lorsqu'on a affaire à des genres 
riches en espèces, comme le sont les Carex, les Rosa, les 



— 148 — 

Ruhus et surtout les Hieracium, lesquels se comptent actuel- 
lement par centaines. 

On comprend bien qu'en pareille matière il convient d'être 
très-tolérant, car la critique serait aussi aisée que l'art est 
difficile. Soit, par exemple, le Hieracion villosum ; il est 
clair que l'épithète de velue pourrait s'appliquer à plusieurs 
Epervières et semblerait devoir plutôt servir à nommer un 
groupe qu'à caractériser une espèce. Est-ce un motif suffisant 
pour la rejeter? Il y aurait lieu d'hésiter à répondre affirma- 
tivement en toute autre circonstance ; mais lorsqu'il s'agit des 
Hieracion, il faut laisser de côté la prétention chimérique de 
trouver pour chaque espèce une épithète qui ne convienne 
qu'à elle. 

Dans le cas dont il est question actuellement, l'indulgence 
pour les expressions banales est une nécessité qui résulte de 
l'imperfection du langage humain en comparaison de l'immense 
quantité des objets à décrire et à nommer. 

De ce qui précède, concluons que la règle formulée par 
Linné relativement aux épithètes spécifiques est trop rigou- 
reuse et dépasse les limites du possible. Ainsi que l'avait 
très-bien compris Tournefort, les meilleures épithètes spécifiques 
sont assurément celles qui expriment un caractère observé sur 
les fleurs, les fruits, les feuilles, les tiges et les racines ; mais, 
ajoutait avec raison le judicieux Maître, il est permis de recourir 
aux caractères secondaires tirés de la couleur, de l'odeur, de la 
saveur, de la grandeur, de la similitude avec des objets 
connus et de divers autres attributs pouvant servir à différen- 
cier les espèces végétales. 

Nous ne reviendrons pas sur ce qui a été dit dans le chapitre 
précédent touchant les épithètes spécifiques composées au 
moyen d'un nom d'homme, il est bien entendu qu'elles sont 
tout-à-fait intolérables. 

Quant aux épithètes spécifiques qui rappellent les propriétés 
industrielles, alimentaires ou médicinales des plantes, quoique 
incomparablement meilleures que les précédentes, elles ont 
cependant le défaut de se rapporter à des faits étrangers à la 
Botanique. Il y a même une distinction à faire entre elles. 
Sans doute, s'il n'était pas possible de trouver mieux, il n'y 
aurait pas grand inconvénient à employer des expressions 
telles que Dipsacos fullonius, Genista scoparia, Rubia Une- 



— 149 — 

toria ; il est certain, en effet, que les trois plantes auxquelles 
s'appliquent ces noms servent, la première à carder la laine, 
la seconde à faire des balais , la troisième à teindre les 
étoffes. 

Convient-il d'avoir la même tolérance à l'égard des épithètes 
spécifiques qui font allusion aux propriétés médicinales des 
plantes ? — Non, assurément. 

Lorsqu'on lit les écrits des anciens médecins qui ont traité 
des vertus des simples, on est surpris de la légèreté avec 
laquelle on acceptait autrefois des assertions fondées sur des 
observations mal prises. S'il était permis déjouer sur les mots 
en une si grave matière, nous dirions volontiers que les 
simples ne sont pas ceux qu'on pense. 

On peut affirmer que la plupart des vertus curatives attri- 
buées aux plantes par les anciens médecins sont de pures il- 
lusions. Il n'est personne aujourd'hui qui croie que l'Alysson 
guérit la rage, que le Cirsion est un remède contre les va- 
rices, que le Xanthion est souverain contre les écrouelles, que 
la Herniaire ferme les hernies, que la Consolida soude les lè- 
vres des plaies, que la Podagraria fait avorter les accès de 
goutte, que l'Aristoloche exerce une action sur l'état puer- 
péral, que l'Ischsemon arrête les hémorragies, que le Panax 
est un remède à tous les maux, que la Sauge préserve de 
toutes les maladies et même de la mort (1), et enfin que la 
Cynanchica , moins ambitieuse, fait disparaître les angines, 
si ce n'est celles qui guérissent spontanément au bout de quel- 
ques jours. 

A propos du mot Cynanchica, qui signifie étrangle-chien, 
il ne sera pas sans intérêt de remarquer que, primitivement, 
la Cynanchica, de même que le Cynanchum, passaient pour 
étrangler les chiens. Peu à peu, par antiphrase, la Cynan- 
chica est devenue un remède contre les maux de gorge. 
De sorte que le principe similia similibus curantur , que 
le médecin Hahnemann a cru avoir inventé, aurait été déjà 
connu et appliqué par les anciens. 

Décidément, on serait porté à penser, avec le grand roi 
Salomon, qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil. 



(1) On connaît le vieux proverbe : cur morlatur homo cm Salvia crescit 
in horto. 



— 150 — 

En résumé, les épithètes spécifiques tirées des propriétés 
curatives des plantes ne doivent être acceptées que comme un 
pis-aller, et seulement lorsque les susdites propriétés sont bien 
établies par une longue expérience, comme c'est le cas du 
Papaver somniferum et de quelques antres. Il est bien 
entendu d'ailleurs que les épithètes rappelant les propriétés 
médicinales seront plus tard remplacées par d'autres expri- 
mant un caractère morphologique, afin d'établir définitivement 
une séparation complète entre le domaine de la Médecine et 
celai de la Botanique, trop longtemps confondus au grand 
détriment de celle-ci. 



- 151 



Conclusions. 



La Nomenclature botanique doit être assujettie à des règles 
fixes, dont les principales sont les trois suivantes : 

1° Chaque plante est désignée par un nom générique, suivi 
d'une épitliète spécifique ; 

2° Le nom générique est un substantif grec ou latin, dont la 
forme et la désinence propre doivent être conservées intactes, et 
dont le genre grammatical est précisément celui qu'il a dans la 
langue à laquelle il appartient ; 

3° L'épitbète spécifique est un adjectif grec ou latin expri- 
mant, autant que possible, un caractère morphologique ou une 
des qualités ou manières d'être de la plante qu'on veut 
nommer. Quelle que soit son origine , l'épithète spécifique 
reçoit toujours une désinence latine s'accordant en genre gram- 
matical avec le nom générique auquel elle est jointe. 

Tous les noms, tant génériques que spécifiques, qui ne sont 
pas construits conformément aux principes ci-dessus énoncés, 
seront changés. 

Toutefois, de peur d'apporter coup sur coup un trop grand 
bouleversement dans la Nomenclature actuelle, et aussi afin 
d'avoir le temps d'étudier avec soin les modifications qu'il serait 
convenable d'apporter, il est prudent de ne réformer immé- 
diatement que les expressions incorrectes, fausses ou ridicules, 
ainsi que les désinences vicieuses. 

Le changement des épithètes spécifiques insignifiantes ou 
insuffisantes, sera renvoyé à une autre époque et après mûr 
examen. 

La réforme des vices grammaticaux a un caractère d'urg*ence 
qu'on ne saurait contester, sans faire preuve de mauvais g'oût. 
Parmi les botanistes, il en est beaucoup qui sont des lettrés 
et des hommes fort instruits ; il est de leur dignité de cesser 
d'employer des expressions incorrectes, barbares ou ridicules, 
sinon ils devraient craindre qu'on ne soit tenté de leur appliquer 
la célèbre maxime de Buffon : le style, c'est l'homme. Nous sa- 



— 152 — 

vons cependant que l'application serait injuste et que les bota- 
nistes valent mieux que leur langage. 

Il y a lieu de croire qu'il ne s'élèvera aucune opposition contre 
la réforme immédiate des expressions qui violent les règles de 
la grammaire, comme, par exemple, celles qui pèchent par dé- 
faut d'accord entre l'adjectif spécifique et le nom générique, par 
pléonasme, par hybridité de mots gréco-latins, etc. 

Il est probable aussi que les botanistes seront tous d'accord 
sur les avantages des désinences latines employées exclusive- 
ment dans la construction des épithètes spécifiques. 

Parmi les propositions, les seules qui pourraient ne pas ren- 
contrer l'assentiment unanime, sont : 

1° Celle qui est relative à la conservation de la désinence 
grecque des substantifs d'origine hellénique employés comme 
noms génériques ; 

2° Celle qui concerne l'application rigoureuse du principe de 
l'adjectivité obligatoire de toutes les épithètes spécifiques, et 
conséquemment la transformation en adjectifs ou le remplace- 
ment des anciens substantifs qui ont été maintenus dans la No- 
menclature. 

A l'égard de la première de ces propositions, nous rappelons 
qu'il n'y a que deux partis possibles : ou latiniser impitoyable- 
ment tous les noms de genre d'origine grecque, ou bien, ce qui 
est beaucoup plus simple et plus logique, conserver à chacun 
des noms helléniques la forme et la désinence qui lui est 
propre. En dehors de cette alternative, il n'y a que caprice et 
anarchie. 

Quant à la seconde proposition, il importe de ne pas perdre 
de vue que l'épithète spécifique est destinée à qualifier une espèce 
et que le rôle de qualificatif appartient essentiellement aux ad- 
jectifs. Telle est la seule règle possible en cette matière, règle 
qu'il faut appliquer rigoureusement et sans égard pour les vieux 
usages. Ce n'est qu'à cette condition qu'on arrivera à constituer 
une Nomenclature correcte et homogène. D'ailleurs, il est clair 
que l'exception est la négation de la règle, et que la moindre 
infraction ouvre la porte à tous les abus. 

Afin de décider s'il convient d'accepter ces propositions, fau- 
dra-t-il assembler un nouveau congrès ? 

Cela n'est point nécessaire : il suffit que dans chaque Société 
savante où se trouvent quelques botanistes, ceux-ci se réunis- 



— 153 — 

sant en comité, examinent s'il leur paraît avantageux d'accepter 
e projet de réforme,, au moins en principe, sauf à discuter ul- 
térieurement les détails d'exécution. — Si oui, qu'ils fassent 
connaître leur adhésion, et surtout que dans les publications de 
leur Société ou dans celles qui émanent de leur initiative indi- 
viduelle, ils adoptent les modifications dont ils auront reconnu 
la convenance et l'utilité. 

C'est ainsi que le mouvement, commencé par quelques amis 
du progrès, s'étendra de proche en proche et finira par se gé- 
néraliser, malgré les résistances des optimistes qui estiment que 
tout est pour le mieux dans la meilleure des Nomenclatures 
possibles, malgré l'inertie plus redoutable encore que l'opposi- 
tion déclarée. 

Nous savons tout ce qu'on peut alléguer à l'encontre de notre 
projet. Eh quoi! dira-t-on, la synonymie botanique n'est-elle 
pas déjà assez embrouillée, sans qu'on vienne encore l'encom- 
brer de nouveaux noms ? A quelle confusion n'arrivera-t-on 
pas, s'il est permis à chaque botaniste, même aux plus obscurs 
et aux moins autorisés, de venir à chaque instant bouleverser 
les usages reçus. 

Aux partisans du statu quo et de l'immobilité, nous répon- 
drons que c'est en vain qu'ils voudraient enfermer le langage 
scientifique dans un cercle infranchissable. L'histoire nous ap- 
prend que, d'époque en époque, celui-ci a varié à mesure que 
s'opérait l'évolution des idées dont il est la représentation ma- 
térielle. De ce mouvement incessant, il est permis de conclure, 
par analogie, que ce serait une prétention chimérique de vou- 
loir trouver d'ores et déjà une formule définitive de la Nomen- 
clature. 

Ecoutez, à ce sujet, l'avis d'un maître autorisé : 

« Un jour viendra, dit M. Alph. de Candolle, où la Nomen- 
clature binaire que nous nous efforçons d'améliorer, paraîtra 
comme un vieil échafaudage formé de pièces péniblement re- 
nouvelées. Alors, peut-être, un nouvel édifice surgira sur les 
ruines de l'ancien. 

« En attendant, ne cessons point de perfectionner la Nomen- 
clature linnéenne ; attaquons les abus et les négligences. Nous 
préparerons ainsi, pour quelques années au moins, une meilleure 
marche dans les travaux de classification des botanistes. » 

Pendant que les uns nous traiteront de révolutionnaire, d'au- 

11 



— 154 — 

très nous reprocheront peut-être de n'avoir pas poursuivi jus- 
qu'au bout l'application immédiate des principes que nous- 
mêmes avons posés. 

A ceux-ci nous répondrons que, comme eux, nous aurions 
voulu accomplir une réforme radicale ; mais nous avons craint 
de ne rien obtenir en demandant trop. Entre eux et nous, il n'y 
a de divergence que sur la question d'opportunité, pour em- 
ployer une expression fort à la mode actuellement. Que d'autres 
plus hardis essaient de franchir d'un seul bond la distance que 
nous voulions parcourir par étapes successives ; nous applaudi- 
rons à leurs généreux efforts, et s'ils réussissent, nous serons 
heureux d'un succès que nous n'osions pas espérer (1). 



(1) La Nomenclature zoologique actuellement en usage étant entachée des 
défauts que nous avons signalés dans la Nomenclature botanique, et d'ail- 
leurs les lois qui régissent Tune étant applicables à l'autre, nous prions les 
naturalistes qui s'occupent de l'étude des espèces animales de vouloir bien 
examiner s'il convient d'adopter pour la dénomination de celles-ci les règles 
ci -dessus exposées. 

Au surplus, afin de mettre à profit l'expérience que nous avons acquise en 
matière de linguistique, et malgré notre incompétence dans une multitude de 
questions spéciales, nous nous proposons de présenter prochainement un 
projet de réforme de quelques parties de la Nomenclature zoologique. 



TABLE DES MATIERES 



Ghap. I. — Origines de la Nomenclature botanique. — 

Nomenclature des Grecs ;•••.••*, *~ 30 

La Nomenclature depuis la Renaissance jusqu'à Linné. . . . 31-36 

s Lois adoptées par le Congrès tenu en 1867 «... . 37 

Ghap. IL — Réforme des épithètes spécifiques qui ne s'ac 
cordent pas avec le nom g-ènérique. — Le genre 
grammatical d'un nom générique est celui qu'il avait 
dans la langue, grecque ou latine, à laquelle il appar- 
tient T ..' 38-43 

Les erreurs relatives au genre de certains noms, tels que 
Orchis, Stachys, Polygala, viennent d'une fausse interpré- 
tation de quelques passages de l'Histoire naturelle de 

Pline 44-47 

Ignorance de Pline en botanique 48-51 

Le genre neutre convient aux adjectifs grecs employés 

comme noms génériques 51-54 

Discussion sur le Triphyllon minyanthcs, le Mênanthos, et 

sur divers noms de plantes 57-50 

Ghap. III. — Réforme des épithètes spécifiques qui forment 

pléonasme avec le nom générique 61-66 

Chap. IV. — Réforme des noms composés d'un radical grec 

associé à un radical latin 67-68 

Chap. V. Réforme des noms composés de deux mots 

distincts 69-72 

Ghap. VI. — La Nomenclature est formée de noms grecs et 

latins 73-75 

Ghap. VIL — De la désinence des noms génériques. — An- 
ciens noms grecs conservés dans la Nomenclature 

moderne ... 76-80 

Anciens noms grecs dont les désinences ont été altérées. . . 81-88 
Noms modernes composés de radicaux grecs dont la dési- 
nence a été conservée ou altérée 89-108 

Faut-il que les désinences des noms génériques soient tou- 
tes latines, ou ne vaut-il pas mieux conserver à chaque 

nom la terminaison qui lui est propre? 108-111 

Chap. VIII. — De la désinence des épithètes spécifiques. — 
Il est plus commode de n'employer que des désinences 

latines 112-117 

Exemples des principaux changements à faire aux épithètes 

spécifiques actuellement en usage 118-137 

Chap. IX. — Des épithètes spécifiques barbares 139-141 

Chap. X. — Des épithètes spécifiques empruntées aux noms 

d'hommes 142-144 

Chap. XL — Des épithètes banales, géographiques; de cel- 
les qui ont été tirées des propriétés industrielles 

et médicinales 145-149 

Chap. XII. — Conclusions. — Règles de la Nomenclature. — 

Des réformes urgentes et de celles qu'on peut ajourner 151-154 



■ 



HISTOIRE DES HERBIERS 



Lyon, Assoc. typ., rue de la Barre, 12. — F. Plan, directeur. 



HISTOIRE 



DES HERBIERS 



Içan-V*? 1 ^ 



D' SAINT-LAGER 

A 




PARIS 

J.-B. BAILLIÈRE et FILS, ÉDITEURS 

Rue Hautefeuille, 19 

i885 



HISTOIRE DES HERBIERS 



Le Dr SAINT-LAGER 



I 
L'histoire des herbiers a été négligée jusqu'à présent. 

Parmi les questions du domaine de l'histoire de la Botanique, 
il en est une, celle de l'origine des herbiers, qui, pendant long- 
temps, est restée dans le plus complet oubli. En effet, il n'en est 
fait aucune mention dans les ouvrages de Tournefort, de Linné, 
de Haller et de Seguier, non plus que dans YHistoria rei her- 
tariae de Sprengel et dans Y Histoire de la Botanique de Hoefer. 
Meyer est le premier qui, en 1857, s'en soit occupé dans un cha- 
pitre de sa Geschichte cler Bolanik intitulé Sammlungen 
getrockneter Pflanzen (1). L'année suivante, M. Caruel décri- 
vit l'herbier de Cesalpin (2). Enfin, dernièrement, MM. Camus 
et Penzig ont publié une intéressante notice sur un herbier de 
la fin du XVI e siècle qu'on a découvert dans les archives de Mo- 
dène (3). Ces documents étant les seuls que nous possédons sur 
l'histoire des herbiers et n'ayant pas eu la notoriété qu'ils mé- 
ritent, il nous a paru qu'il ne serait pas sans utilité d'en présen- 
ter un résumé en y ajoutant le résultat de nos propres recherches 
sur le même sujet. 

Comment se fait-il que la question de l'origine historique des 
herbiers ait été pendant si longtemps laissée dans l'oubli et que, 



(1) Ernst H. -F. Meyer : Geschichte der Botanik, B. IV, p. 266. Kœnigs- 
berg, 1857. 

(2) Théod. Caruel : Illustratio in hortum siccum Andreae Caesalpini. 
Florentiae, 1858. 

(3) J. Camus et 0. Penzig : Illustrazione del ducale erbario estense con- 
servato nel R. Archivio di stato in Modena, 18B5. Modena. 

1 



2 HISTOIRE DES HERBIERS. 

posée seulement au milieu de notre siècle, elle ait été l'objet 
d'un si petit nombre de travaux ? Cet abandon nous paraît s'ex- 
pliquer par la tendance de notre esprit à croire que les procédés 
actuellement en usage ont toujours été connus, alors surtout 
que leur invention n'exige aucun effort de génie. Voyant les 
enfants eux-mêmes, pendant leurs promenades à la campagne, 
insérer des fleurettes entre les feuillets d'un livre, nous sommes 
portés à admettre, sans plus ample examen, que les botanistes 
ont dû, à toutes les époques, pratiquer l'art si simple de conser- 
ver les plantes. L'utilité des collections de plantes sècbes est 
d'ailleurs si unanimement reconnue que nous sommes invinci- 
blement conduits à supposer que le célèbre aphorisme de Linné 
« Herbarium omni hotanico necessarium » a été de tout temps 
un article fondamental de la philosophie botanique. Meyer fait 
avec une entière bonne foi l'aveu de son illusion à cet égard : 
« J'étais tellement accoutumé, dit il, à considérer les herbiers 
comme tout à fait indispensables à l'étude des plantes qu'il ne 
m'était jamais venu à l'esprit de soupçonner qu'on n'en ait pas 
fait usagée dès la plus haute antiquité. Aussi grande fut ma sur- 
prise lorsqu'un jour quelqu'un me demanda de lui dire le nom 
du botaniste qui, le premier, a eu l'idée de composer un herbier 
et de lui faire connaître le livre dans lequel il pourrait trouver 
des renseignements sur l'origine et les progrès de cette inven- 
tion. » — Ami lecteur, soyez franc : seriez-vous en état de 
répondre h la question qui fut brusquement posée au savant 
auteur de Y Histoire de la Botanique ? 



II 

Signification du mot a herbarium » jusqu'à la fin du 

XVI e siècle. 



On peut affirmer, sans crainte d'être démenti, que l'idée de 
former une collection de plantes sèches et comprimées dans un but 
phytographique ne se trouve exprimée en aucun des écrits des 
naturalistes grecs et romains. Cependant, comme la Médecine est, 
après l'Agriculture, la science la plus ancienne et que la plupart 
des remèdes étaient autrefois tirés des végétaux, il y a eu dès 
l'aurore de la civilisation grecque des hommes se livrant à la 



HISTOIRE DES HERBIERS. 6 

récolte des plantes (botanologoi ou rhizotomoi) et des marchands 
de plantes médicinales (phytopoïai). 

Dans la langue latine le mot herbarius désignait, comme le 
mot français herboriste, un collectionneur de plantes (1), et 
celui d' herbarium un traité de botanique ordinairement accom- 
pagné de dessins représentant les plantes. Parmi les auteurs 
grecs qui ont composé des ouvrages de cette sorte, le plus célè- 
bre est Crataevas que Dioscoride, dans la préface de sa Matière 
médicale, place au-dessus de tous les autres phytologues à 
cause de l'exactitude de ses descriptions. Pline (XXV, 4) 
reconnaît que Crataevas, Dionysios et Metrodoros ont rendu fort 
attrayante l'étude de la Botanique en représentant chaque plante 
au moyen d'une figure coloriée au-dessous de laquelle se trouve 
l'indication des caractères et des propriétés. Toutefois, ajoute 
Pline, la peinture est souvent trompeuse parce que les copistes 
ne parviennent pas toujours à reproduire fidèlement le coloris 
de l'exemplaire original fait d'après nature. 

Parmi les Herbaria qui sont parvenus jusqu'à nous, le plus 
ancien est celui d'Apuleius Platonicus, composé vers Tan 350 de 
l'ère chrétienne et imprimé à Rome en 1493 d'après un manus- 
crit orné de figures du XII e siècle. Un autre herbarium, rédigé 
pendant la première moitié du XIV e siècle par Giacomo Dondi 
de Padoue, surnommé aggregator patavinus, fut imprimé à 
Mayence chez les associés et successeurs de Gutenberg, puis à 
Padoue en 1485 et 1486, à Vicence en 1491 et à Venise en 1499, 
1502 et 1509. Il a été traduit en plusieurs langues avec diverses 
variantes : telles sont les versions publiées à Anvers, en 1484, 
sous le titre de Herbarius of Kruideboek (herbier ou traité des 



(1) Galien nous apprend que, par ordre des empereurs romains, des her- 
boristes séjournaient dans l'île de Crète pour y récolter des plantes qu'ils 
envoyaient ensuite à Rome dans de grands paniers d'osier {péri antidotôn 
1,2). — Afin d'éviter une confusion, les herboristes avaient soin d'enve- 
lopper un échantillon de chaque espèce dans une feuille de parchemin en- 
roulée sur laquelle le nom de la plante était inscrit (Ibid. I, 14). 

C'est par erreur que plusieurs botanistes latinisants ont employé le mot 
herbarius à, la place de celui à' herbarium pour désigner les traités de bota- 
nique. L'acception du mot herbarius (herboriste) est fixée d'une manière 
certaine par les six passages suivants de l'Histoire naturelle de Pline. — 
Dalion herbarius ex eo (Aniso) cataplasma imposuit XX, 73. — Scelus her- 
bariorum aperietur in hac mentione XXI, 83. — Herbarii nostri strumeam 
vocant (Ranunculum) XXV, 109. — Sideritis... ne rursus sata diro herba- 
riorum scelereXXVI, 12. — Namque et hoc vitio laboravere proximi uti- 
que herbarii nostri XXVII, 43. — Herbarii et ad anginam utuntur iila (Po- 
lygotio) XXVII, 91. 



4 HISTOIRE DES HERBIERS. 

plantes), à Venise en 1522, 1536, 1539 et 1540 sous celui de 
Herbolario volgare, puis à Paris, en 1530, sous la désignation 
de Grant herbier en francoys contenant les qualitez vertus et 
proprietez des herbes, rue Neuve Notre-Dame à renseigne de 
l'escu de France. Les libraires Jean Nyvert, Guillaume Nyvert, 
Denis Janot, Jean Janot et Alain Lotrian réimprimèrent suc- 
cessivement, jusque vers 1620, le Grant herbier en francoys 
translaté du latin. 

Longue serait l'énumération des ouvrages publiés au XVI e 
siècle sous le titre à'Herbarium. Les plus connus sont : Her- 
barium deBrunfels (Argentorati, 1530), Herbarium polonicum 
par Falimierz (Krakow, 1534), New Herball wherin are contai- 
ned the names of herbes by William Turner (London, 1551), 
Erbolario de Tartaglini (Firenze, 1558), Herbarz par Siennik 
(Cracovie, 1568), Herbario nuovo de Castore Durante (Romae, 
1585), Herbarz polski par Urzedow (Cracovie, 1595), Herball 
or gênerai history of plants byGerarde (London, 1597), et enfin 
Herbarium Horstianum composé pendant la seconde moitié 
du XVI e siècle et qui ne fut imprimé que trente ans après la 
mort de Horst. 

En donnant la liste deces ouvrages, nous avons voulu prouver 
que le mot Herbarium était au XVI siècle synonyme de His- 
toria plant arum. Il nous serait d'ailleurs facile de rapporter 
plusieurs passages des écrivains de cette époque où les traités 
phytologiques tels que YHortus sanitatis, résumé de l'ensei- 
gnement de l'école de Salerne, le Botanicon de Dorstenius, les 
Kreuterbuch ou Slirpium historiae de Bock (Tragus), deFuchs, 
de Lonitzer et de Tabernaemontanus, le Cruydeboek de Dodoens 
et autres ouvrages semblables, étaient indifféremment désignés 
sous le titre choisi par les auteurs de ces écrits ou sous celui 
à'Herbarium. Il nous suffira de rappeler qu'Amatus Lusita- 
nus, dans ses Enarrationes in Bioscoridis libros, et Matthiole 
dans son Apologia adversus Àmatum, parlent de plantes dé- 
crites et figurées dans Y Herbarium de Leonhard Fuchs, vou- 
lant indiquer par cette dernière appellation YHistoria slir- 
pium publiée en 1542 par le célèbre professeur de Tûbingen (1). 



(l)Cujus quoque judicio (Acorum) susbcripsit Leonhardus Fuchsius in illo 
suo magno artificio confecto herbario. Enarr. lib. I, cap. 1. — Hanc vero 

(Sideritim) Fuchsius in suo herbario novisse yidetur Ipsa enim Fuchsii 

pictura de Lusitani fide maxime testatur. — Apolog. adv. Amatum. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 5 

Au surplus, l'acception attribuée au mot Herbarium pendant 
le XVI e siècle et même la plus grande partie du XVII e siècle 
était parfaitement conforme à la tradition conservée dans les 
Écoles du moyen-âge et à la définition qu'en avaient donnée deux 
érudits dont les ouvrages faisaient autorité en matière d'onomas- 
tique scientifique, nous voulons parler d'AureliusCassiodore, né 
à la fin du V e siècle, et d'Isidore, qui fut nommé évêque de Séville 
en l'an 601. Dans son traité de Lnstitutione divinarum scriptu- 
rarum, Cassiodore recommande pardessus tout aux ecclésiasti- 
ques chargés du soin des malades d'étudier assidûment la Ma- 
tière médicale de Dioscoride, et au lieu de désigner ce livre 
sous son véritable titre, il l'appelle herbarium (1). Il est bon 
d'ajouter ici qu'au temps où vivait Cassiodore et dans les siècles 
précédents, les exemplaires manuscrits de la Matière médicale 
de Dioscoride étaient accompagnés de figures. On conserve pré- 
cieusement à la Bibliothèque de Vienne deux anciens exemplaires 
de ces manuscrits. Il y en a aussi un à Paris, à la Bibliothèque 
Nationale, et trois à Leide. 

Dans le chapitre de ses Origines consacré aux livres de mé- 
decine, Isidore dit que les mots botanicum et herbarium s'appli- 
quent à des ouvrages contenant la description des plantes (2). 
Si l'on ouvre à l'article botanicum un des dictionnaires latin 
français en usage actuellement, on y lit que ce substantif, em- 
ployé par Isidore, signifie un herbier. Or, comme nos contem- 
porains ignorent l'ancienne acception du mot herbier et de son 
équivalent latin herbarium, ils seront inévitablement portés à 
conclure, d'après cette version fallacieuse, que vers l'an 600 de 
l'ère chrétienne les botanistes faisaient des herbiers, c'est-à-dire 
réunissaient sous forme de volume des collections de plantes 
séchées et comprimées. Une telle conséquence montre une fois 
de plus combien il faut se défier des lexiques faits ordinairement 
par des auteurs qui se bornent à copier ceux de leurs prédéces- 
seurs et nous apprend que, pour connaître la valeur exacte des 
expressions, il faut toujours avoir soin de remonter aux ouvrages 
où elles ont été employées (3). 



(1) Imprimis habetis herbarium Dioscoridis qui herbas agrorum mirabili 
proprietate disseruit atque depinxit, de medicis cap. 31. 

(2) Botanicum herbarium dicitur quoi ibi herbae notentur, IV, 10. 

(3) Dans un précédent écrit (Reforme de la nomenclature botanique, 
p. 38-60), nous avons donné une autre preuve du peu de clairvoyance des 



6 HISTOIRE DES HERBIERS. 

Le substantif herbarium a été pris quelquefois, mais beau- 
coup plus rarement, dans le sens de droguier, ou collection de 
produits médicinaux, tels que racines, feuilles, fleurs, fruits, 
graines, écorces, gommes, résines, poudres végétales et miné- 
rales, conformément à la définition donnée par Firmicus : «her- 
baria faciet qui scilicet herbas solerti arte collectas ad mede- 
lam laborantium servent » lib. VIII, cap. 13. Si l'on n'était 
prévenu, on risquerait fort de donner une interprétation erronée 
à la phrase suivante de YHistoria rei herbariae de Sprengel : 
« Grâce à la munificence du duc Alphonse d'Esté, Antonius 
Musa Brasavola établit dans une île du Po, près de Ferrare, un 
jardin botanique et un riche herbarium » (t. 1, p. 329). Une peut 
exister aucun doute sur le contenu du susdit herbarium, car 
AmatusLusitanus dit dans ses Enarrationes : «J'ai vu ces pou- 
dres (il s'agit de deux sortes de Phompholix et du Spodium) à 
Ferrare, chez mon excellent ami Antonius Musa Brasavola, lequel 
a réuni en diverses cassettes une collection de tous les Simples 
qu'il montre avec une parfaite bonne grâce à toutes les personnes 
désireuses de la voir. » (Enarr. lib. V, cap. 44). Tiraboschi, dans 
la Storia délia litteratura italiana (t. VII, part. 11, p. 57) 
parle en ces termes du droguier d'Ant. Musa Brasavola : « gran 
raccolta di simplici divisi con ordine in diversi scrigni ». Ces 
explications étaient indispensables pour l'intelligence de cette 
seconde acception du mot herbarium (1). 



lexicographes à propos du genre grammatical de plusieurs noms de plantes 
cités par Pline. Nous avons aussi expliqué qu'ils n'ont même pas su rectifier 
des erreurs de copiste, comme, par exemple, la faute d'orthographe « po- 
tamogeton » pour potamogiton. Cependant, il n'est pas nécessaire d'être 
profondément versé dans la science philologique pour savoir que dans la 
transcription latine la diphthongue grecque ei se change en i et que, par 
conséquent, potamogeiton (voisin des fleuves) devient dans la langue de 
Pline potamogiton. La même règle a été observée dans les mots Aristo- 
giton (Aristogeiton), Chirurgia (cheirourgia), Dinotherium (Deinotherium), 
Lichen (Leichen), Liriodendron, (Leiriodendron), et une multitude d'au- 
tres semblables. 

(1) Antonius Musa Brasavola est né à Ferrare en 1500, et a publié à Rome, 
en 1536, un ouvrage intitulé : «Examen omnium simplicium medicamento- 
rum quorum usus est in publiais discipliais et officinis ». Il importe de 
remarquer que Brasavola qui, par l'établissement du jardin botanique du 
Belvédère et d'un riche droguier, a donné une preuve manifeste de sou 
amour pour les collections de plantes, n'a pas eu l'idée d'en former une com- 
posée de plantes comprimées et réunies en volumes. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 7 

III 

Ancienneté des jardins botaniques. 

Nous n'avous pas le dessein de présenter ici l'histoire com- 
plète des jardins botaniques : un tel exposé, si intéressant qu'il 
soit, nous entraînerait trop loin hors de notre sujet. Nous vou- 
lons seulement montrer que l'institution des jardins botaniques 
est de beaucoup antérieure à l'usage des herbiers, quoique ce- 
lui-ci, à la portée de tout le monde, soit incomparablement plus 
facile à réaliser d'une manière pratique. 

Nous ne parlerons pas des jardins d'agrément qui, dès les 
temps les plus reculés, ont été établis autour des demeures prin- 
cières, non seulement à Babylone, près des splendides palais de 
l'opulente Sémiramis, mais encore jusque dans les petites îles 
d'Ithaque et de Corcyre où régnaient sur un petit nombre de 
sujets Laerte, père d'Ulysse, et Antinous, roi des Phéaciens. 

Une sera question dans ce chapitre que des jardins établis en 
vue de l'étude des plantes, considérées soit en elles-mêmes sous 
le rapport purement botanique, soit en ce qui concerne l'utilité 
thérapeutique de chacune d'elles. Or, le premier jardin qui 
semble avoir été constitué pour une telle destination est celui 
que fonda Aristote au Lycée d'Athènes en même temps que le 
premier musée d'histoire naturelle et la première bibliothèque 
scientifique. Les historiens n'ont donné aucun détail sur l'ar- 
rangement de ce jardin; nous savons seulement qu'il fut confié 
à Théophraste, et que celui-ci en mourant légua à dix de ses 
élèves, dont les noms ont été conservés par Diogène de Laerte, 
le jardin et des logements pour chacun d'eux, le musée et un 
petit temple élevé à la mémoire d' Aristote, à condition que la 
propriété de cet Institut resterait indivise, inaliénable, et ne 
serait jamais affectée à une autre destination. Les discordes qui 
agitèrent la République athénienne et surtout les guerres qui 
amenèrent sa ruine empêchèrent la réalisation du désir exprimé 
par Théophraste dans son testament. Pour comble de malheur, les 
disciples de Théophraste ne surent même pas conserver la part la 
plus précieuse de l'héritage qu'ils avaient reçu, c'est-à-dire les 
œuvres de leur maître et celles d' Aristote dont l'ensemble 



8 HISTOIRE DES HERBIERS. 

formait une véritable encyclopédie des connaissances humai- 
nes (1). 

On a vu des rois... cultiver avec amour la Botanique. Il est vrai 
que cela n'est pas arrivé souvent, et que d'ordinaire la plupart 
des monarques se livrent de préférence à d'autres délassements 
moins scientifiques et surtout moins inoffensifs pour leurs sujets 
et pour ceux qu'il leur plaît de prendre pour ennemis. Si rare 
que soit le fait, notons qu'Attale Philométor, roi de Pergame, 
et Mithridate Eupator, roi de Pont, établirent à grands frais de 
vastes jardins où ils cultivaient toutes les plantes connues de 
leur temps, et surtout celles qui pouvaient servir de remèdes. 
Suivant Crataevas et Lenaeus, cités par Pline (XXV, 26, 27,29), 
Mithridate aurait découvert les vertus du Scoi^dotis et de deux 
autres plantes qui portent son nom, la Mithridatia et YEupa- 
torion. Mithridate avait composé un antidote contre les poisons 
et la morsure des animaux venimeux. — Attale s'appliqua par- 
ticulièrement à étudier les propriétés de l'Hellébore, de l'Aconit, 
de la Ciguë, de la Jusquiame et du Dorycnion. (Galien, péri 
Antidotôn I, 1. — Plutarque, Demètrius XXV) (2). 

Lorsque la Grèce eut été subjuguée par les rois de Macédoine, 
et ensuite par les généraux romains, le foyer des sciences, des 
lettres et des arts fut transporté à Alexandrie. Là, sous l'habile 
direction d'Hérophile et d'Erasistrate, l'Anatomie, la Physiolo- 
gie et la Matière médicale firent de grands progrès. Les écrits 
des maîtres de cette École ne nous sont pas parvenus ; cependant 
nous avons une partie de ceux de Galien, qui fut un des élèves 
les plus distingués de l'École d'Alexandrie. On sait avec quel 
soin minutieux cet illustre médecin étudia les plantes médici- 
nales. Afin de bien les connaître, il voulut les voir toutes dans 
leur pays natal, et à cet effet, il visita l'Asie-Mineure, la Pales- 
tine, l'Egypte, la Grèce et une grande partie de l'Italie. Suivant 
lui, il ne suffît pas que le médecin, vraiment digne de ce nom, 



(1) Vie des philosophes illustres. — Les dix légataires désignés par Théo- 
phraste étaient Hipparque, Nélée, Straton, Callinus, Démotime, Démarate, 
Cailisthène, Mêlante, Pancréon et Nicippe. Jamais on ne vit pareille décurie 
de maladroits ! 

{%) On sait que, d'après une vieille tradition, les vertus du Teucrion au- 
raient été découvertes par Teucer, roi des Troyens; celles de la Gentiane par 
Gentius, roi d'Illyrie; celles de la Lysimachia par Lysimaque, roi de Thrace 
et de Macédoine, et enfin celles de ÏEuphorbion par Juba, roi de Numidie, 
lequel dédia la plante à son médecin Euphorbe. trois et quatre fois heu- 
reux les peuples gouvernés par des rois adonnésà l'étude des Simples ! 



HISTOIRE DES HERBIERS. 9 

ait vu les Simples envoyés de l'île de Crète par les herboristes, 
il faut encore qu'il aille lui-même les cueillir vivants en un 
grand nombre de pays, aussi intéressants sous le rapport phyto- 
logique que la Crète. Déjà dans la préface de sa Matière mé- 
dicale, Dioscoride avait proclamé que les voyages sont le com- 
plément indispensable des études botaniques. 

Certes, voilà qui est admirablement dit. Toutefois, en donnant 
cet excellent conseil, Dioscoride et Galien paraissent avoir ou- 
blé le vieux proverbe suivant lequel « il n'est pas donné à tout 
le monde d'aller vivre à Corinthe », où la vie est si chère. A 
plus forte raison n'est-il pas possible à tous les naturalistes de 
visiter les diverses contrées de l'Europe, de l'Asie et de l'Afri- 
que afin d'acquérir une connaissance approfondie des plantes. 
Aussi la plupart d'entre eux sont-ils obligés de se contenter 
d'examiner celles-ci dans les jardins botaniques. C'est le parti 
auquel Pline s'était arrêté, d'abord parce que sa fonction de 
commandant de la flotte romaine ne lui laissait pas le loisir 
d'entreprendre de longs voyages sur terre, ensuite parce que 
n'étant pas médecin ni même naturaliste, il n'éprouvait pas le 
besoin de devenir un botaniste consommé. Au surplus, n'ayant 
d'autre prétention que celle de résumer en une compilation 
écrite en latin les ouvrages des phytologues grecs peu connus 
de la plupart de ses compatriotes, il lui suffisait d'être assez 
frotté de Botanique pour éviter de commettre, dans sa transcrip- 
tion, de grosses bévues, comme, par exemple, de prendre pour 
une plante le fromage des Scythes appelé Hippax, ou de con- 
fondre le Stachys creticus avec VAllium porrum (Porreau). 
C'est pourquoi il se plaisait à visiter souvent le jardin où toutes 
les espèces végétales connues étaient cultivées par Antonius 
Castor, qui, malgré son âge avancé (il était alors plus que cen- 
tenaire), avait conservé une mémoire et une vigueur extraordi- 
naires (XXV, 5). 

Après la chute de l'empire romain et son morcellement en 
empire d'Orient et empire d'Occident, la tradition scientifique 
passa chez les Arabes. Sachant que les médecins arabes dirigé - 
rent surtout leurs études du côté de la Matière médicale, on 
serait porté à penser qu'ils ont dû établir des jardins botaniques; 
cependant, faute de preuves, il est impossible d'émettre une 
affirmation à ce sujet. Aussi nous avons hâte d'arriver à un fait 
de la plus haute importance dans l'histoire de la Botanique : il 



10 HISTOIRE DES HERBIERS. 

s'agit de l'édit de Charlemagne ordonnant l'établissement de 
jardins botaniques dans toutes les villes de l'Empire (1). 

Nous donnons ci-après la liste des plantes dont la culture est 
prescrite par l'édit des Capitulaires de ce grand monarque qui, 
après une longue période de barbarie, essaya de restaurer en 
Europe le culte des sciences et des lettres. 



Nom dans les capitulaires . 
Lilium. 
Rosa. 

Fœnum grsecum. 
Costum. 
Salvia. 
Ruta. 

Abrotonum. 
Gucumis. 
Fasiolus. 
Giminum. 
Ros marinus. 
Careium. 
Cicer italicum. 
Squilla. 

Gladiolus. 

Dragontea. 

Anetum. 

Coloquentida. 

Solsequium. 

Ameum. 

Silum. 

Lactuca. 

Git. 

Eruca alba. 

Nasturtium. 

Parduna. 

Puledium. 

Olisatum. 

Petreselinum. 

Leiusticum. 

Savina. 

Anesum. 

Fenicolum. 

Intuba. 



Nom moderne. 
L. candidum. 
R. centifolia. 

Trigonella fœnum graecum. 
Balsamita vulgaris. 
S. officinalis. 
R. graveolens. 
Artemisia abrotonum. 
C. sativus. 
Fasiolus vulgaris. 
Cuminum cyminum. 
R. officinalis. 
Garum carvi. 
G- arietinum. 
Scilla maritima. 
G. communis. 

Iris germanica et florentina. 
Artemisia dracunculus. 
Anethum graveolens. 
Gucumis colocynthis. 
Cichorium intybus. 
Ammi majus. 
Tordylium officinale. 
L. sativa. 
Nigella sativa. 
E. sativa. 
N. officinale. 
Lappa major. 
Mentha pulegium. 
Smyrnium olus atrum. 
Apium petroselinum. 
Levisticum officinale. 
Juniperus sabina. 
Pimpinella anisum. 
Fœniculum officinale. 
Cichorium endivia. 



(1) Capitulare de Villis Karoli magni dans la collection de Steph. Balu- 
zius, tomel, p. 342, §70. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



11 



Nom dans les capitulaires . 
Diptamnus. 
Sinape. 
Satureia. 
Sisimbrium. 
Menta. 
Mentastrum. 
Tanazita. 
Nepta. 
Febrifugia. 
Papaver. 
Beta. 

Vulgigina. 
Mismalva. 
Mal va. 
Carvita. 
Pastenaca. 
Adripia. 
Blitum. 
Ravacaulos. 
Caulos. 
Unio. 
Britla. 
Porrum. 
Radix. 
Ascalonica. 
Cepa. 
Allium. 
Warentia. 
Gardo. 
Faba major. 
Pisus mauriscus. 
Coriandrum. 
Gerfolium. 
Lacteris. 
Sclareia. 
Jovis barba. 
Pomum. 
Pirus. 
Prunus. 
Sorbus. 
Mespilus. 
Castanea. 
Persica. 
Gotoniaria. 
Avellana 
Amandalarius. 
Morarius. 



Nom moderne. 
Dictamnus albus. 
Sinapis nigra. 
Satureia hortensis. 
Mentha sativa. 
Mentha crispa. 
Mentha silvestris. 
Tanacetum vulgare. 
Nepetacataria. 
Ghironia centaurium. 
P. sommiferum. 
B. vulgaris. 
Asarum europaeum. 
Althaea officinalis. 
M. silvestris. 
Daucus carota. 
Pastinaca sativa. 
Atriplex hortensis. 
B. capitatum. 
Brassica râpa. 

B. oleracea. 
Allium cepa. 
Allium schcenoprasum. 
Allium porrum. 
Raphanus sativus. 
Allium ascalonicum. 
A. cepa. 

A. sativum. 
Rubia tinctorum. 
Dipsacus fullonum. 
Faba vulgaris. 
Pisum sativum. 

C. sativum. 

Anthriscus cerefolium. 
Euphorbia lathyris. 
Salvia sclarea. 
Sempervivum tectorum. 
Pirus malus. 

P. communis. 
P. domestica. 
S. domestica. 
M. germanica. 
Castanea vesca. 
Persica vulgaris. 
Cydonia vulgaris. 
Corylus avellana. 
Amygdalus communis. 
Morus nigra. 



12 



HISTOIRE 


DES HERBIERS. 


lans les capitulaires. 


Nom moderne. 


Laurus. 


L. nobilis. 


Pinus. 


Pinus cembra. 


Ficus. 


F. carica. 


Nucarius. 


Juglans regia. 


Ceresarius. 


Cerasus vulgaris. 



Cette liste de 86 espèces doit être considérée seulement comme 
un minimum. Il est hors de doute qu'il était permis aux direc- 
teurs de jardins botaniques d'étendre leurs cultures au-delà du 
nombre prescrit par l'édit impérial. Le fait important à consta- 
ter est l'institution officielle de l'enseignement de la Botanique 
au moyen des plantes vivantes. 

Hélas ! cette utile institution ne devait pas survivre long- 
temps à son illustre fondateur. L'empire de Charlemagne 
était d'ailleurs trop vaste pour subsister, et, en effet, de ses 
débris se formèrent bientôt les royaumes de France, d'Italie 
et de Germanie. Les descendants de Charlemagne ne parvin- 
rent même pas à se maintenir dans leurs États ; ceux qui 
occupaient le trône de France se laissèrent supplanter par 
Hugues, qui devint le chef de la dynastie capétienne. En 
même temps, les possesseurs de fiefs profitèrent des embarras 
des souverains pour se rendre indépendants, et ainsi se forma 
le régime anarchique appelé du nom de féodalité. Enfin la folie 
des croisades, les pestes, les famines, les longues guerres entre 
la France, l'Angleterre et l'Italie, plongèrent les peuples dans 
une telle désolation et dans une si profonde misère que per- 
sonne ne fut tenté de se livrer à des recherches scientifiques. 

Pendant cette tourmente, qui agita la plupart des Etats de 
l'Europe jusqu'à l'époque de la Renaissance, l'étude de la Bota- 
nique médicinale s'était réfugiée dans la paisible retraite habi- 
tée par quelques moines sur le sommet du Mont-Cassin, dans la 
chaîne de l'Apennin, qui limite au nord la Terre-de-Labour. 
Là s'était retiré, après quarante années passées dans les Ecoles 
de médecine de l'Orient, le Carthaginois Constantin, pour s'y 
livrer à la rédaction en latin d'un grand ouvrage résumant la 
tradition des Grecs et des Arabes. Ses disciples fondèrent à Sa- 
lerne une École de médecine qui, sous la direction de Platearius 
et de Matthaeus Silvaticus, acquit un grand renom dans toute 
l'Europe. En même temps qu'il écrivait ses Pandectae medici- 
nae, Matthaeus Silvaticus établissait à Salerne (1317) uq jardin 



HISTOIRE DES HERBIERS. 13 

botanique, à l'imitation duquel ont été fondés ceux de Venise, 
en 1333, par Gualterius ; de Pise, en 1544, par Luca Ghini; de 
Padoue, en 1546, par Anguillara ; et de Bologne, en 1568, par 
Aldrovandi (1). 

17 
Quel est l'inventeur de l'art de composer un herbier? 

Rien ne pèse autant à l'esprit humain que l'ignorance des 
causes et des origines. Aussi voyons-nous les savants n'être 
jamais embarrassés pour expliquer les phénomènes soumis à leur 
observation. Connaissant bien la curiosité insatiable de leurs 
lecteurs, les historiens ne manquent jamais de remonter jusqu'à 
l'origine des institutions humaines et, à défaut de faits certains, 
ils ne se font aucun scrupule d'inventer des fictions. Sous ce 
rapport, les Grecs étaient passés maîtres. 

Qui a inventé l'Agriculture ? La réponse est facile. Après l'en- 
lèvement de Proserpine, Cérès se mit à parcourir la terre un 
flambeau à la main, cherchant partout les traces de sa fille chérie. 
Un jour, épuisée de fatigue, elle s'arrêta près d'une fontaine au 
lieu où plus tard fut bâtie la ville d'Eleusis en Attique. Les filles 
du roi de ce pays l'aperçurent, et touchées de compassion la 
conduisirent vers leur mère, qui lui offrit gracieusement l'hos- 
pitalité. En reconnaissance du bon accueil qu'elle avait reçu, 
Cérès se chargea de l'éducation de Triptolème, fils de la reine; 
elle lui enseigna l'agriculture et l'art de faire le pain. Tripto- 
lème, de retour dans son pays, apprit à ses compatriotes les se- 
crets que lui avait révélés la déesse et institua en l'honneur de 
sa bienfaitrice les fêtes éleusines. 

Quel est l'inventeur de la Médecine ? Apollon enseigna à son 
fils Esculape l'art de guérir toutes les maladies qui affligent 
l'humanité. Esculape opéra un si grand nombre de cures que 



(1) Voici la date de fondation de quelques autres jardins botaniques. 
1577 Leyde, créé par Cluyt, — 1580 Leipzig, — 1581, Kœnigsberg, — 1587 
Breslau, — 1597 Montpellier, par Richier de Belleval, — 1626 Paris, par 
Hérouard, — 1725 Halleet Saint-Pétersbourg, — 1760 Kew près de Londres,— 
1764 jardin de l'Ecole vétérinaire de Lyon, établi par l'abbé Rozier et Claret 
de La Tourette, — 1792 jardin des plantes de Lyon établi d'abord à l'Ob- 
servance, puis à la Déserte, par Gilibert. 



14 HISTOIRE DES HERBIERS. 

Pluton fut obligé d'aller se plaindre au maître de l'Olympe, al- 
léguant que l'empire des morts serait bientôt désert, s'il était 
permis au fils d'Apollon de continuer l'exercice de la Médecine. 

A qui devons-nous la Musique? Cette fois, c'est Apollon lui- 
même qui s'est chargé d'enseigner aux hommes cet art charmant. 
Après avoir été chassé du ciel, il se réfugia chez Admète, roi 
de Thessalie, et pendant qu'il gardait les troupeaux de son hôte, 
il apprenait aux bergers d'alentour à jouer de la flûte et de 
divers autres instruments. 

On sait que le même Apollon, de concert avec ses filles, les 
neuf Muses, enseigna aux hommes la Poésie, l'Éloquence, l'His- 
toire, l'Astronomie et même la Danse, art dans lequel excellait 
sa gracieuse fille Terpsichore. 

Enfin, personne n'ignore que Mercure initia les hommes à 
tous les secrets du commerce et de l'industrie, et que Minerve ne 
dédaigna pas de leur faire connaître l'art de l'écriture et de la 
peinture, et apprit aussi aux jeunes filles à filer, à tisser la laine, 
à l'orner de broderies. Décidément Voltaire était mal informé 
quand il a dit que l'origine des Beaux-Arts est aussi obscure que 
celle de la Syphilis. 

Qui donc a inventé l'art de composer un herbier ? Les Grecs 
ont oublié de nous le faire savoir, mais il est facile de le deviner. 

Il y avait autrefois à Thèbes, en Béotie, un roi et une reine 
qui s'appelaient, le premier Amphion, l'autre Niobé. Ils eurent 
quatorze enfants, sept fils et sept filles. La plus jeune de celles- 
ci, nommée Chloris, était belle autant qu'on puisse l'être et 
avait reçu de ses sœurs le surnom de Flore, parcequ'elle se 
plaisait à aller à la campagne cueillir des fleurs pour en orner 
sa robe aux larges plis flottants. 

Zéphyre, fils d'Eole et d'Aurore, l'ayant un jour rencontrée 
pendant une de ses promenades, resta quelques instants en 
extase devant la gracieuse apparition qui s'offrait à ses regards, 
puis il cueillit un bouquet des plus jolies fleurs qu'il put trouver 
et vint l'offrir à la belle Chloris. Le lendemain, on ne sait par 
quel hasard, Zéphyre rencontra de nouveau Chloris et lui pré- 
senta encore un bouquet de fleurs.... et ainsi de même les jours 
suivants. Tant et si bien que, la botanique aidant, nos deux 
jeunes gens s'aimèrent d'un tendre amour. Chloris, ne pouvant 
se résoudre à voir se faner les objets qui lui rappelaient de si 
chers souvenirs, serrait chaque jour entre des étoffes les fleurs 



HISTOIRE DES HERBIERS. 15 

offertes par son bien-aimé. C'est ainsi que, sous l'inspiration 
de l'amour, fut composé le premier herbier. 

Hélas ! peut-on se fier aux serments de Zéphyre?... Autant en 
emporte le vent. Bientôt l'infortunée Chloris, abandonnée par 
son volage amant, fut réduite à contempler avec tristesse les 
fleurs desséchées qui lui rappelaient son bonheur perdu. Sou- 
vent on la vit errer aux lieux où elle avait passé des heures 
délicieuses en compagnie de l'infidèle, puis subitement se baisser 
pour cueillir une de ces fleurettes à pétales rayonnes que les 
personnes au cœur tendre se plaisent à interroger en les effeuil- 
lant. — Il m'aime il ne m'aime plus! répondait l'impitoyable 

Chrysanthème. 

Resta-t-elle toujours inconsolable? Un autre sut-il adoucir 
sa douleur en lui fournissant l'occasion d'ajouter un second 
volume à son herbier ? Enfin, de combien de volumes se composa 
la collection de la sensible Flore? Nous n'osons le dire, et à 
parler sincèrement, nous sommes obligés d'avouer que nous 
n'en savons rien. Ce que nous savons mieux, c'est que le procédé 
de conservation des plantes, trouvé sans effort par une jeune 
fille, fut perdu, et qu'il se passa long temps, bien longtemps, 
avant qu'on le découvre de nouveau. 

Nous voilà ramené à poser une seconde fois la question de 
savoir quel est l'inventeur de l'art des herbiers. Dans le premier 
chapitre de ce travail nous avons dit quel fut l'embarras de 
Meyer lorsque subitement on lui demanda de nommer cet in- 
venteur. Il se vit obligé, chose cruelle pour un savant, de con- 
fesser son ignorance et même de déclarer que jusqu'alors il 
n'avait pas soupçonné que l'usage des herbiers ne fût pas aussi 
ancien que l'étude des plantes. Après de nombreuses recherches 
il crut pouvoir attribuer l'invention à Luca Ghini, qui enseignait 
la Botanique de 1534 à 1544 à Bologne, puis de 1544 à 1556 h 
Pise. Il est vrai que parmi les herbiers les plus anciens se trou- 
vent ceux que formèrent, de 1553 à 1563, Aldrovandi et Cesal- 
pino, tous deux élèves du botaniste pisan, Malheureusement il 
ne reste aucun écrit de Ghini, et ses disciples ont oublié d'in- 
diquer l'inventeur du procédé employé par eux pour la prépa- 
ration des collections de plantes séchées et comprimées. Nous 
savons seulement que Ghini, alors directeur du jardin botanique 
de Pise, envoya à Mattioli, célèbre botaniste de Sienne, un 
grand nombre de plantes, qui servirent à composer les dessins 



16 HISTOIRE DES HERBIERS. 

représentés dans les Commentaires sur la Matière médicale de 
Dioscoride (1). Mattioli ne dit pas dans quel état étaient les 
plantes qui lui furent envoyées par Grhini. Comme la distance 
entre Pise et Sienne n'est pas grande, on peut supposer que 
plusieurs étaient envoyées vivantes, d'autres simplement des- 
séchées à l'air, sans compression, entre des feuilles de papier. 
Cette dernière supposition se trouve même corroborée par le 
passage suivant d'une lettre de Mattioli à Maranta : «J'avoue 
que plusieurs des figures publiées dans mes Commentaires sont 
des dessins faits d'après les plantes sèches qui m'ont été en- 
voyées. Mais je puis assurer que, malgré que celles-ci fussent 
contractées et recroquevillées par la dessiccation, j'ai réussi, 
en les faisant macérer dans l'eau froide, à les étendre ensuite et 
à leur restituer à peu près la forme qu'elles avaient vivantes (2). 
Dans une lettre de Guglielmus Quacelbenus (iib. m) il est 
parlé de plantes envoyées dans une caisse à Mattioli, sans au- 
cune indication relativement au mode de dessiccation employé. 
Le procédé par compression entre des feuilles de papier n'est 
mentionné nulle part dans les écrits de Mattioli et dans les lettres 
de ses correspondants. Cependant la description de ce procédé 
aurait pu trouver place dans le premier chapitre des Commen- 
taires où Mattioli donne des conseils sur l'art de récolter et de 
dessécher les plantes. L'auteur ne parle que de dessiccation à 
l'air sans compression, suivant l'usage des herboristes. Ensuite 
il donne des préceptes concernant la cueillette des fleurs, des 



(1) Non solum ad me (Ghini) gratulatorias scripsit litteras, sed et quam 
plurimas misit plantas quas il li sane refero ubi earum imaginibus nostrum 
ornavimus Gommentarium. — Epistola Matthioli ad Georgium Marium 
Herbipolensen, lib. III. 

Dans une lettre de Maranta à Mattioli, on trouve encore la mention de 
cet envoi de plantes : « Scito plantas omnes quas ad te Pisis Luca Ghini anno 
abhinc nono misit, mihi prius ab eo fuisse ostensas, inscriptionesque quas 
singulis plantis apposuerat non solum vidisse me, sed etiam descripsisse. » 
Epist., lib. IV. 

On sait que les Commentaires de Matthiole sur la Matière médicale de Dios- 
coride eurent un grand succès, ce que prouvent d'ailleurs les nombreuses 
éditions qui en furent faites en italien (1544, 1547, 1548, 1549, 1552\ et en 
latin (1554, 1558, 1560, 1565, 1569, 1596, 1598, 1674;, ainsi que les 'traduc- 
tions en français et en allemand. 

(2) Non negaverim plures me dédisse plantarum imagines quae è siccis 
plantis ad me transmissis delineari curaverim ; sed affirmaverim, quod aquae 
gelidae maceratione contractas è siccitate rugas adeo in iis extenderim, ut 
hac ratione redivivae et parum admodum à viridibus distantes viderentur. 
Lib. IV. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 17 

fruits, des gommes et des résines. Dans une lettre écrite, le 
15 septembre 1553, à Aldrovandi, il avoue même qu'il a toujours 
négligé de former une collection de plantes et qu'il s'est borné 
à faire dessiner celles qu'il a observées ; il répète le même aveu 
dans une autre lettre du 19 septembre 1554(1). 

Nous avons quelque motif de croire que Ghini, pas plus que 
Mattioli, n'a jamais eu d'herbier, et qu'il s'est surtout appliqué 
à cultiver les plantes et à les faire dessiner. En effet, au livre ni 
de la correspondance de Mattioli nous trouvons une lettre par 
laquelle Georgius Marius, de Wurzburg, exhorte Mattioli à faire 
des recherches dans le but de retrouver les dessins de plantes 
exécutés par les ordres de Ghini ; il lui recommande surtout de 
demander des renseignements au frère de Ghini, chirurgien à 
Bologne, ainsi qu'à ses amis Camille et Ulysse, qui certainement 
connaissent l'artiste chargé par Ghini de composer les dessins. 
Il promet de faire des recherches de son côté, et il ajoute qu'il 
serait bien désirable que les descriptions et les dessins fussent 
retrouvés (2). 

Le renseignement le plus ancien touchant les herbiers de 
plantes comprimées et réunies en volume se trouve dans les 
Enarrationes in Dioscoridis libros du botaniste portugais Jean 
Rodrigo de Castell Branco, plus connu sous le pseudonyme 



(1) « Io non ho fatto mai uso di serbar semplici, contentandomi semprede 

giardino délia Natura e di quello, che ho fatto intagliare hora nel libro 

Ne bisogna che perciô aspettiateda me veruna di queste piante, perché iono 
homaiatteso a conservare piante, anzi corne le ho fatte disegnare, le ho 
lasciate andare tutte di maie, perché non ne faceva stima, avendone conse- 
guito quello, che io ne voleva, ne mai mi sarei all'hora immaginato che mi 
fossero state richieste da alcuno ; e pur hora me accorgo, che quelli, che mi 
succedono, fanno quello, che io mai ho fatto, considerando piu avanti. Li ri- 
tratti délia Golocasia, délia Persea, del Siccomoroe del Draconcolo maggior, 
se li voleté io ve li mandarô volontieri, ma le piante da me non le possete 
avère altrimenti, perché non le ho salvate. » Memorie délia vita di Aldro- 
vandi, par Giov. Fantuzzi, pages 153 et 168. 

(2) Lucas Ghinus, vir omni immortalitate dignissimus, quum me superio- 
ribus annis medicinam doceret, in eas cogitationes venerat ut depingendis 
et scribendis plantis deliberaret. Cseterum ita suis artificis picturis delec- 
tatus est, ut earum -aliquot seorsim pingi voluerit, ea voluntate, ut eas tuo 
judicio et censurae submitteret. — Vivit adhuc Bononiae ejus frater chirur- 
gus ; vivit doctor Gamillus et Ulysses qui illi familiares quotidie fuerunt, 
quibus, credo, pictor ille notissimus erit, à quibus omnia percontari et in- 
terrogare licebit. Neque ego operam et studium prsetermitto à studiosis 
Germanis inquirere siquid ex picturis supersit. Pinxerat idem aliquot elegan- 
tiores plantas quae, descriptae quidem à te, sed non expressae simulacris 
eraut. Utinam illius scripta non perpetuo latere possent 1 



18 HISTOIRE DES HERBIERS. 

d'Amatus Lusitanus. Ce célèbre naturaliste raconte que, durant 
son séjour à Ferrare, de 1540 à 1547, il eut occasion d'herbo- 
riser avec plusieurs botanistes zélés et très savants, parmi les- 
quels il cite en particulier un Anglais nommé John Falconer. 
Celui-ci, pendant les voyages qu'il avait faits en diverses con- 
trées, avait acquis une connaissance des plautes aussi approfon- 
die que qui que soit, et, en outre, il avait formé une collection 
variée d'un grand nombre d'échantillons admirablement pré- 
parés et collés sur des feuilles de papier réunies en volume (1). 
L'existence de l'herbier de Falconer est encore attestée par Tur- 
ner, lequel eut l'occasion de l'examiner à Londres (2). 

Le témoignage d'Amatus Lusitanus a une très grande im- 
portance dans la question de l'histoire des herbiers, attendu que 
ce botaniste était fort érudit et parfaitement renseigné sur 
l'état des connaissances phytologiques en Europe, grâce aux 
voyages qu'il avait faits pendant la plus grande partie de sa 
vie, non seulement en Portugal et en Espagne, mais encore en 
France, en Italie, en Hollande, en Allemagne et jusqu'en Tur- 
quie. Pendant son long séjour en Italie, il avait été en relation 
avec les botanistes les plus éminents, et particulièrement à 
Ferrare avec Brasavola, à Bologne avec Ghini et ses élèves Al- 
drovandi , Cesalpino et Anguillara , à Sienne avec Mattioli, . 
dont il s'attira l'inimitié par ses critiques. Au surplus, c'est en 
vain que nous avons cherché un mot, un seul mot, se rappor- 
tant à l'art de composer un herbier, dans les Pandectae de 
Matthaeus Silvaticus , dans YHortus sanitatis, les Castiga- 
tiones d'Hermolaus Barbarus et deLeonicenus, les Epistolaede 
Manardus, et enfin dans les divers écrits de Symphorien Cham- 
pier, Brunfels, Tragus, Ruel, Fuchs, Gesner, Belon, Matthiole, 
Brasavola, Dodoens et autres auteurs du XV e siècle et de la 
première moitié du XVI e siècle. Ainsi que nous l'avons expliqué 
dans un chapitre précédent, le mot Herbarium s'appliquait à un 



(1) Quum Ferrariae mihi contigerit herbatum ire cum nonnullis viris doc- 
tissimis et rerum naturalium diligentissimis inquisitoribus, inter quos mihi 
nominandi veniunt Joannes Falconerius anglus, vir mea sententia cum quo- 
vis doctissimo herbario conferendus, et qui pro dignoscendis herbis varias 
brbis partes perlustraverat, quarum plures et varias, miro artificio, codici 
cuidam consitas ac agglutinatas afferebat. Alter vero, Gabriel Mutinensis... 
Enarrat. lib. III, cap. 78. 

(2) Voyez Historical and biographical Sketches ofthe progress of Botany 
in England by Pulteney, t. ï, p. 56. London, 1790. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 19 

traité de botanique accompagné de figures, et, plus rarement, 
à un droguier, tel que celui que prépara Brasavola à son jardin 
botanique du Belvédère, près de Ferrare. Il n'est pas inutile de 
constater que les expressions de Hortus hiemalis, Hortus sic- 
cus par lesquels on désigna au XVII e siècle ce que nous ap- 
pelons aujourd'hui un herbier, apparaissent pour la première 
fois dans un ouvrage publié en 1606 à Padoue par Adrien Spi- 
gel sous le titre de « Isagoge in rem herbariam ». Voici ce 
que dit cet auteur : « Comme toutes les plantes sont mortes en 
hiver, il ne reste alors d'autre ressource que de botaniser dans 
les jardins d'hiver (horti hiemales), c'est-à-dire dans les livres 
composés d'un assemblage de plantes sèches collées sur des 
feuilles de papier. » L'expression de hortus hiemalis fut peu 
employée et ne tarda pas à être remplacée par celle de hortus 
siccus, et quelquefois par celle à'Herbarium, dont Tournefort, 
en 1700 , a donné la définition suivante : « Herbarium sive 
hortum siccum appel tant collectionem plant arum exsicca- 
tarum quae in coclicibus vel capsis asservantur, ut quavis 
anni teynpestate inspici possint. » Institutiones rei herba- 
riae I, 67L 

Lorsque Meyer , cherchant partout une lanterne à la main 
l'inventeur de l'art des herbiers, est arrivé à la page des Enar- 
rationes d'Amatus citée plus haut , comment ne s'est-il pas 
écrié, comme autrefois Archimède : Eurêca, eurêca f Enfin, je 
l'ai trouvé cet inventeur dont on me demande le nom : c'est 
Falconer. — Non, a-t-il dit, ce n'est pas Falconer, c'est Ghini. 
La Botanique était trop arriérée à cette époque pour qu'un 
Anglais ait pu découvrir l'art de composer un herbier. 

S'il est permis de comparer les petites choses aux grandes, 
nous demanderons ce qu'on penserait d'un critique qui, raison- 
nant comme Meyer, oserait soutenir que l'Anglais Shakespeare 
n'a pas pu composer les chefs-d'œuvre qui s'appellent Roméo et 
Juliette, le Roi Lear, Macbeth, Hamlet, Othello, Henri IV, 
parce que l'art théâtral était alors dans l'enfance en Angleterre. 
Au surplus, et en admettant pour un instant qu'il faille une 
gouttelette de génie pour inventer le procédé de dessiccation des 
plantes par compression entre des feuilles de papier, Falconer 
était aussi capable qu'aucun de ses contemporains d'imaginer 
ce procédé, puisque, suivant Amatus Lusitanus, c'était un bo- 
taniste très habile et ne le cédant à aucun autre sous le rapport 
du savoir (cum quovis doctissimo herbario conferendus) . 



20 HISTOIRE DES HERBIERS. 

Meyer croit que, pendant son séjour à Bologne, Falconer 
aura eu connaissance du procédé employé par Ghini pour la 
préparation des plantes sèches et comprimées. Nous, au con- 
traire, d'après les motifs précédemment exposés, nous pensons, 
avec MM. Camus et Penzig, que la priorité appartient incon- 
testablement à Falconer, tout Anglais qu'il est. 

MM. Camus et Penzig, persuadés comme l'était Meyer, que 
l'invention de l'art des herbiers ne peut être attribuée, d'après 
^b*[5u*n*' I es documents historiques connus, qu'à Ghini ou à Falconer, 
lyuAJi*? ont accordé sans hésitation la priorité à Falconer, quoique An- 
glais. L'alternative dans laquelle se sont enfermés nos savants 
critiques nous paraît ressembler à ces dilemmes incomplets 
entre les cornes desquels il est facile de passer, comme disent 
les logiciens. En effet, d'une part Ghini, de même que Mattioli 
et plusieurs autres botanistes de la même époque, n'a jamais 
composé un herbier et s'est borné à faire dessiner les plantes, 
ainsi qu'il résulte des lettres citées plus haut (V. pages 16 et 17) : 
il n'a donc pas le moindre droit au titre d'inventeur de l'art de 
conserver les plantes sèches. D'autre part, il est impossible de 
prouver qu'aucun des contemporains et prédécesseurs de Fal- 
coner n'a eu l'idée, si simple et si facile à réaliser, de réunir en 
volumes des collections de plantes comprimées. Nous osons 
même dire que, longtemps avant Falconer, plusieurs médecins 
et pharmacopoles ont dû intercaler entre les feuillets de quel- 
que gros in-folio les plantes qui étaient l'objet de leurs études. 
Cette supposition acquiert un haut degré de vraisemblance 
pour quiconque sait quelle place considérable occupaient les 
végétaux dans la Matière médicale jusqu'à la fin du XVII e siè- 
cle. Comment d'ailleurs pourrait-on admettre un seul instant 
que les hommes adonnés aux études phytologiques aient be- 
soin d'un Messie pour leur révéler le procédé de conservation 
que pratiquent tous les jours les enfants lorsque, au retour de 
l'école, ils font de petits herbiers en insérant des fleurettes en- 
tre les feuillets de leurs livres classiques. La découverte du 
moyen de conserver les plantes sèches exige un si faible effort 
d'esprit que nous n'hésitons pas à faire à la question posée en 
tête de ce chapitre « Quel est l'inventeur de l'art des herbiers? » 
cette simple réponse : Ce n'est personne en particulier , c'est 
tout le monde. Aussi, voulant dès le début donner à nos lec- 
teurs un pressentiment de la conclusion que nous devions 



HISTOIRE DES HERBIERS. 21 

adopter, sans l'énoncer d'une manière trop explicite, ce qui au- 
rait affaibli l'intérêt de notre argumentation, nous avons dit 
sous une forme allégorique : Le premier des herbiers fut fait 
par les mains de la belle Chloris. 

Indépendamment de la considération générale que nous ve- 
nons de présenter, nous avons un autre motif pour refuser 
d'admettre la généalogie d'après laquelle Falconer aurait fait 
connaître son procédé à Ghini, professeur de botanique à Pise, 
celui-ci à ses élèves Aldrovandi, Cesalpino et Anguillara, les- 
quels auraient propagé la bonne nouvelle à Bologne, à Pise et 
à Rome, à Padoue et à Ferrare, d'où elle se serait peu à peu ré- 
pandue dans le reste du monde. Pendant qu' Aldrovandi et Ce- 
salpino préparaient des collections de plantes, un jeune élève en 
chirurgie, nommé Jean Girault (et non Gréault, comme on l'a 
appelé jusqu'à ce jour), faisait à Lyon un herbier de plantes sè- 
ches qui se trouve actuellement au Muséum d'histoire naturelle 
de Paris. Cet herbier porte la date de 1558, écrite de la main de 
Girault ; l'herbier de Cesalpino porte celle de 1563, indiquée 
dans la dédicace qu'adressa l'illustre naturaliste d'Arezzo au 
grand-duc de Toscane et à l'évêque Alfonso Tornabuoni, à cha- 
cun desquels il offrit un libro di fiante agglutinate. Jusqu'à 
présent la date du commencement des récoltes d' Aldrovandi 
était restée indécise. Nous expliquerons plus loin comment il 
est possible de la déterminer d'une manière exacte. Pour le mo- 
ment, nous nous bornons à dire qu'elle est peu éloignée de celle 
qui est écrite dans la suscription mise par le jeune élève en 
chirurgie de Lyon à la première page de son herbier. Nous 
croyons avoir le droit de dire que probablement Girault n'était 
point le seul parmi ses condisciples à faire des collections de 
plantes d*après les conseils de son maître Jacques Daléchamps, 
et surtout d'affirmer que si le procédé de conservation des 
plantes avait été récemment découvert, Daléchamps n'aurait 
pas manqué de le décrire dans YHistoria plant arum publiée 
après sa mort par les soins de son élève Jean Desmoulins. 

Pareille omission n'est pas moins surprenante dans le traité 
de Plantis que fit imprimer à Florence, en 1583, l'illustre Ce- 
salpino, ainsi que dans la dédicace adressée au grand-duc de 
Toscane et à Tornabuoni, à l'occasion du présent qu'il fit à ces 
deux éminents personnages de ses plantae libro agglutinatae. 

Mais voici un argument encore plus décisif : Aldrovandi, le 



22 HISTOIRE DES HERBIERS. 

naturaliste le plus prolixe de tous ceux qui ont jamais écrit, 
garde le silence le plus complet sur cette invention, soit dans 
les quatorze volumes in-folio de ses œuvres imprimées, soit 
clans les nombreux manuscrits qui restent encore. Dans son 
testament, il recommande au Sénat de Bologne de veiller à la 
conservation de son musée, de sa bibliothèque, de ses manus- 
crits, de ses dix-huit volumes de dessins et enfin de ses lïbri di 
piante agglutinate che sono quindici e un altro di non agglu- 
tinate, et il n'ajoute pas que ces seize volumes de plantes au- 
ront dans l'avenir un prix inestimable, parce qu'ils sont, après 
l'herbier de Falconer, la plus ancienne application de l'ingé- 
nieux procédé de conservation des Simples. Quoi ! Aldrovandi 
aurait oublié de parler d'une invention à laquelle son nom de- 
vait rester attaché, lui qui, suivant Buffon, a dit tant de choses 
superflues, lui qui avait au suprême degré le défaut des anciens 
naturalistes si enclins à « grossir à dessein leurs ouvrages d'une 
quantité d'érudition inutile, en sorte que le sujet qu'ils trai- 
tent est noyé dans une profusion de matières étrangères sur 
lesquelles ils raisonnent avec une telle complaisance qu'ils sem- 
blent avoir oublié leurs propres observations pour raconter ce 
qu'ont dit les autres ». 

Dans la lettre à Aldrovandi, citée précédemment (V. page 17), 
Mattioli avoue qu'il a négligé de conserver les plantes deman- 
dées par son ami, et qu'il s'est contenté de les faire dessiner. Il 
recommande à ses successeurs de pas imiter son exemple. 

Enfin, dans un passage des Enarrationes in Dioscoridis 
libros, cité précédemment (page 18), on a vu qu'Amatus Lusi- 
tanus parle avec admiration de l'habileté avec laquelle John 
Falconer avait arrangé les plantes cueillies par lui durant ses 
voyages, mais il se garde bien d'ajouter que la collection de 
plantes sèches du botaniste anglais était « une chose inouïe » 
et inusitée jusqu'alors (1). La seule conclusion à tirer des paroles 
du botaniste portugais et des aveux de Matthiole, c'est que l'u- 
sage des herbiers était loin d'être aussi répandu au XVI siècle, 
et à plus forte raison au XV e siècle, qu'ill'est actuellement. L'in- 



_ (1) lnvece nessuno ne fa parola, nemmeno l'Aldrovandi, che ebbe agio di 
visitare le carte de Ghini, mentre vediamo la raccolta di Falconer provocare 
l'ammirazione di Amato Lusitano, corne cosa inaudita al suo tempo. — Illus- 
trazione del ducale erbario estense p. 11 da J. Camus ed 0. Penzig, 1885, 
Modena. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 25 

térêt de l'étude, qui est l'objet du présent travail, consiste pré- 
cisément à suivre le progrès de l'institution des herbiers autant 
du moins que le permettent les documents historiques, depuis 
le temps où elle se manifeste par les collections de Falconer, 
d' Aldrovandi, de Girault, de Cesalpino, de Rauwolf et de 
C. Bauhin jusqu'à l'époque où elle se généralise au point que 
l'auteur de la Philosophie botanique peut dire sans rencontrer 
de contradicteur: omni botanico herbarium necessariwn. Au- 
delà de cette époque, l'histoire des herbiers ne mérite plus qu'on 
s'en occupe, parce que les collections de plantes sèches, de même 
que celles des plantes vivantes qu'on cultive dans les jardins 
botaniques, sont devenues une institution générale chez tous 
les peuples civilisés et un moyen d'instruction, dont l'utilité est 
universellement reconnue, au même titre que les collections de 
minéraux, de roches, d'animaux morts et vivants, qu'on expose 
aux regards du public dans les Musées et les Ménageries, tout 
comme les collections de livres dans les Bibliothèques. 



V 
Période préhistorique des herbiers. 

Il a été établi dans le chapitre précédent que la période histo- 
rique de l'art des herbiers s'étend depuis l'année à laquelle fut 
commencée la première collection connue, jusqu'à l'époque où 
l'usage des herbiers est devenu à peu près général parmi les 
botanistes, c'est-à-dire de 1545 à 1650, soit pendant un siècle 
environ. Mais comme, dans leurs écrits, les botanistes de la se- 
conde moitié du XVI e siècle n'ont pas fait la moindre allusion 
à la découverte récente d'un procédé de conservation des plantes, 
nous avons conclu que ce procédé, dont l'invention aurait pu 
être faite par une jeune fille ou même par un enfant, avait été 
déjà employé avant Falconer, Aldrovandi, Girault et Césalpin. 
Toutefois les collections de plantes sèches composées avant celle 
de Falconer n'ont jamais été signalées dans aucun document et 
appartiennent à une période que nous appellerons préhistorique. 
Au premier abord, et puisqu'il ne reste pas de monument de 
cette période, ni même de renseignement à son égard, il semble 
que tout est dit lorsqu'on a prouvé au moyen de raisonnements 



24 HISTOIRE DES HERBIERS. 

plausibles que l'art de faire des herbiers n'a pas été subitement 
révélé vers le milieu du XVI e siècle. Cependant, malgré le si- 
lence des historiens, il nous a paru possible de déterminer à un 
demi-siècle près l'époque à laquelle on a commencé à former 
des collections de plantes sèches, suivant le procédé en usage 
actuellement. Une telle approximation serait considérée comme 
la perfection idéale par les savants qui, avec plus de zèle que 
de succès, essaient de calculer à quelques milliers de siècles 
près l'âge des dépôts au milieu desquels ont été trouvés les plus 
anciens débris de l'homme préhistorique ou les objets dont se 
sont servis nos premiers ancêtres. Nous nous empressons d'ajou- 
ter que leur entreprise est bien autrement difficile que la nôtre, 
parce que l'examen des phénomènes actuels ne donne pas la 
mesure exacte de la durée de formation des anciens sédiments 
et du degré d'énergie des causes de transport aux époques très 
éloignées de nous. 

La solution du problème chronologique que nous nous sommes 
proposé nous a paru dépendre de la réponse qu'il convient de 
faire à la question suivante : 

Pourquoi les botanistes de l'antiquité, qui ont su créer des 
jardins botaniques, dessiner et peindre les plantes, réunir dans 
leurdroguiers, ainsi que dans les officines des phytopolai et her- 
barii, des collections d'écorces, de racines, de feuilles, de ré- 
sines, de gommes et de divers autres produits végétaux, n'ont-ils 
jamais eu l'idée si simple de faire des herbiers d'étude, tels que 
ceux que nous préparons actuellement en fixant des plantes sur 
des feuilles de papier après les avoir comprimées jusqu'à dessic- 
cation complète entre des matelas de papier? Par Minerve! si 
Socrate pouvait nous entendre, il dirait sans doute que nous 
avons singulièrement exagéré sa méthode d'interrogation en 
mettant dans la question elle-même le mot de la réponse. En 
effet, il est évident que si le papier est le support indispensable 
d'une collection de plantes sèches, les anciens botanistes grecs, 
romains, arabes, et même ceux du Moyen-Age ne pouvaient pas 
faire des herbiers. 

A la rigueur, les anciens auraient pu coudre sur des morceaux 
d'étoffe des plantes préalablement comprimées et desséchées et 
composer ainsi des volumes de format in-folio ou grand in- 
quarto ; ils ne l'ont pas fait à cause de la flexibilité et de l'exces- 
sive mollesse des tissus de lin, de chanvre, de coton et de soie. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 25 

Assurément, un chimiste ne serait pas embarrassé aujourd'hui 
pour donner à une étoffe la rigidité qui lui manque, en la badi- 
geonnant avec une solution d'un silicate alcalin ou de toute au- 
tre matière solidifiante. Pas n'est besoin d'ajouter que ces sortes 
d'enduits étaient inusités autrefois. 

Avant l'invention du papyrus, les Egyptiens et les peuples 
du Latium écrivaient sur des toiles. Il est en effet facile de 
donner à celles-ci un apprêt qui les rende propres à recevoir 
l'écriture; aussi ne parvenons-nous pas à comprendre pourquoi 
le papyrus, dont la valeur vénale était très élevée relativement 
à celle de la toile, a été généralement préféré. Si nous parlons ici 
du papyrus, c'est parce que cette matière ayant tenu chez les 
anciens la place qu'occupe le papier chez les modernes, il im- 
porte de faire comprendre que le papyrus, en raison de sa flexi- 
bilité et de sa cherté, ne pouvait pas servir de support à une 
collection de plantes sèches. Il ne sera donc pas superflu de rap- 
peler le procédé de préparation de ce produit qui, suivant nous, 
a eu pendant tant de siècles une importance imméritée. 

Le papyrus était composé d'une multitude de lamelles minces, 
détachées de la tige du Cyperus papyrus d'Egypte, qu'on juxta- 
posait et qu'on collait les unes aux autres au moyen du limon 
du Nil. Au-dessus de cette première couche, on appliquait 
une seconde rangée de lamelles posées en travers des pre- 
mières et agglutinées de la même façon. Après avoir égalisé 
la surface par le martelage et l'avoir polie à l'aide d'une pierre 
ponce, on réunissait bout à bout plusieurs feuilles ayant 
chacune un demi-mètre environ de largeur et on formait des 
pièces de deux mètres et plus de longueur qui étaient conservées 
en rouleaux ou volumes (volvere), à la manière d'une 
étoffe. Pour écrire, on traçait des caractères sur ces feuilles 
ainsi préparées au moyen d'un stylet d'os ou de métal plongé, 
au moment de l'usage, dans une encre composée de noir de 
fumée délayé dans une eau gommeuse. La longue manipulation 
que nous venons de décrire brièvement explique déjà pourquoi 
le papyrus était cher. En outre, quiconque a vu dans un jardin 
botanique le Cyperus papyrus s'est facilement rendu compte de 
la petite quantité de lamelles qu'on peut tirer de chaque tige, 
dont la hauteur varie de 0,35 à 0,60 centimètres, et dont le 
diamètre est d'environ 0,03 centimètres. Enfin nous ne devons 
pas omettre d'ajouter que les rois d'Egypte s'étaient réservé le 



26 HISTOIRE DES HERBIERS. 

monopole de la vente du papyrus et que, n'ayant pas à rivaliser 
avec des concurrents, ils fixaient à leur gré le prix des volumes. 
Il arriva même une fois que la récolte du Cyperus ayant man- 
qué, ils interdirent l'exportation du papyrus. Cette mesure 
prohibitive causa dans tout le monde civilisé un émoi facile à 
comprendre, si l'on songe à la perturbation que produirait dans 
les habitudes des peuples modernes la destruction simultanée 
par le feu du ciel de toutes les fabriques et de tous les magasins 
de papier. 

La disette de papyrus eut cependant deux heureuses consé- 
quences: premièrement, on fut contraint de revenir à l'usage 
de la toile qu'on n'aurait jamais dû abandonner, et en second 
lieu le papier de peau fat inventé à Pergame (1). 

Le papyrus, avons-nous dit, ne pouvait pas, h cause de sa 
flexibilité et de sa cherté, être employé comme support d'une 
collection de plantes sèches, mais le parchemin avait la rigidité 
requise pour cet usage. Malheureusement, il avait comme le 
papyrus, à un moindre degré il est vrai, le défaut d'être trop 
cher. On va du reste en juger parle simple énoncé des nom- 
breuses opérations nécessaires pour le préparer. 

En premier lieu, il fallait faire subir aux peaux de mouton 
et de chèvre toutes les opérations comprises sous la dénomina- 
tion de chamoisage : ébourrer les peaux, c'est à-dire enlever 
le poil, laver à l'eau courante, baigner dans l'eau de chaux, 
effleurer l'épiderme, laver de nouveau à l'eau courante, huiler, 
fouler et sécher à plusieurs reprises, chauffer à l'étuve, dégrais- 
ser et sécher. 

Alors commençaient les manipulations du parcheminage, 
bien autrement délicates que celles du chamoisage. Aussi avant 
d'être admis dans la corporation des parcheminiers, fallait-il 
avoir fait un apprentissage de quatre ans, puis avoir travaillé 
pendant trois ans en qualité de compagnon, sous la direction 
d'un maître, et enfin avoir produit un chef-d'œuvre. Il va sans 
dire que le travail des parcheminiers était un des plus rémuné- 
rés. La peau destinée à être convertie en parchemin, et qui était 
sortie encore grossière des mains du chamoiseur, était d'abord 



(1) Il est très curieux de noter quel chemin a fait, sous la main des co- 
pistes, la per g amena (charta sous entendu), pour arriver à notre mot par- 
chemin en passant successivement par les étapes de pergamina, pargamina, 
parchamina, parchemina^ d'où parchemin. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 27 

ramollie à l'eau chaude, pais tondue et séchée. Après quoi, elle 
était étendue sur un châssis, écharnée au ciseau, lissée avec le 
plus grand soin parle ponçage et ratissée de manière que son 
épaisseur fût parfaitement égale. Il ne restait plus qu'à lui don- 
ner un apprêt convenable en l'enduisant uniformément d'empois 
d'amidon. 

Par suite de l'état misérable où se trouvaient les agriculteurs 
adonnés à l'élevage du bétail et les manufacturiers durant la 
longue période de guerres continuelles, de famines, de pestes et 
de calamités de toutes sortes, qui commence à la chute de l'Em- 
pire romain, la fabrication du parchemin fut peu développée. A 
la rareté de la production se joignit une autre cause de cherté, 
nous voulons dire celle qui provenait de la jalousie intéressée 
des membres de la corporation des parcheminiers, lesquels 
étaient parvenus à se faire octroyer des privilèges exorbitants. 
De ce concours de circonstances, il résulta qu'une multitude de 
copistes ignorants n'hésitèrent pas à lavera l'eau de chaux et à 
gratter les manuscrits des écrivainsjes plus illustres de l'anti- 
quité pour se procurer du parchemin. Ils détruisirent ainsi plus 
de chefs-d'œuvre que les soldats de César et que les Arabes lors- 
qu'ils incendièrent la bibliothèque d'Alexandrie. Il est certain 
que les écrits d'un grand nombre d'auteurs cités par Pline, Quin- 
tilien, Plutarque, Athénée et par d'autres érudits, ont entière- 
ment disparu, et qu'une partie des œuvres de Cicéron, de Tite- 
Live, de Varron, de Salluste, de Tacite et de Polybe ont été 
anéanties. Tous les bibliophiles savent qu'on est parvenu à 
retrouver sous les caractères de certaines bibles palimpsestes 
quelques fragments de plusieurs écrivains grecs et romains. 

Bien que sommaires, les explications que nous venons de 
donner, touchant la fabrication du papyrus et du parchemin, sont 
suffisantes pour faire comprendre que la cherté de ces deux pro- 
duits était un obstacle à leur emploi comme support d'herbier. 
Nous étions d'ailleurs tenu de fournir lapreuve historique de leur 
cherté, afin qu'on ne nous accuse pas d'avoir émis une assertion 
fantaisiste lorsque nous avons dit plus haut que les anciens bo- 
tanistes ne pouvaient pas préparer des collections de plantes 
sèches parce qu'ils ne connaissaient pas le papier ; le papier ! 
admirable chef-d'œuvre que le génie humain a su produire au 
moyen de ces vils chiffons qu'on jette aux immondices, sans le- 
quel l'imprimerie, autre invention féconde en résultats de toute 



23 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



sorte, n'aurait pu se manifester d'une manière pratique; le pa- 
pier enfin, qui se prête à tant d'emplois divers, depuis le livre 
et le journal jusqu'au billet de banque et au paquetage des 
marchandises. 

L'inventeur du papier est inconnu. Il importe d'ailleurs de re- 
marquer que si l'art de préparer une collection déplantes sèches 
peut être imaginé par le premier venu, il n'en est pas de même 
de celui de la fabrication du papier, qui se compose d'opérations 
nombreuses et compliquées. En outre, le hasard, cet auxiliaire 
de la plupart des inventeurs, n'a été d'aucun secours en cette 
affaire, car la Nature ne nous offre nulle part de la pâte de chif- 
fons toute mâchée. 

Dès le premier siècle de l'ère chrétienne, plus de cent ans 
avant l'invention de la charta pergamena,les Chinois, qu'on ap- 
pelait déjà en ce temps des barbares «négligeables », savaient 
fabriquer du papier avec les feuilles de mûrier, les tiges de riz, 
de lin et de chanvre, la soie (charta bombycina) et le coton 
(charta cotonea). Les Persans et les Arabes eurent connaissance 
des procédés de fabrication des papiers chinois, mais ce fut seu- 
lement au XII e siècle qu'on établit en Europe des fabriques de 
papier de chiffon. Toutefois, la consommation resta assez res- 
treinte pendant longtemps, parce que, toutes les opérations se 
faisant à la main, le prix du papier était assez élevé. L'inven- 
tion de l'imprimerie ayant augmenté d'une manière considé- 
rable l'importance commerciale de ce produit, les fabricants de 
papier s'ingénièrent à diminuer les frais de main-d'œuvre et 
contribuèrent pour une grande part àl'essor extraordinaire que 
prit l'art de Gutenberg à partir de l'an 1500. Comme preuve du 
bas prix des livres pendant la première moitié du XVI e siècle, 
nous rappelons que, d'après un inventaire de 1523, chaque 
exemplaire de l'édition classique des Commentaires de César 
se vendait 0,30 centimes et les autres ouvrages selon la même 
proportion. Jusqu'à l'année 1500, on a imprimé 13,000 ouvrages 
formant un total de trois millions et demi de volumes environ. 
Le nombre s'accrut suivant une progression considérable pen- 
dant la première moitié du XVI e siècle, de sorte que déjà en 
1523 les botanistes pouvaient, sans encourir le reproche de pro- 
digalité excessive, insérer des plantes entre les feuillets des li- 
vres, et, à plus forte raison, en appliquer sur des feuilles de pa- 
pier blanc, comme nous le faisons actuellement. Nous ne croyons 



HISTOIRE DES HERBIERS. 29 

pas nous tromper en disant que le livre imprimé a inspiré aux 
botanistes l'idée de composer des livres de plantes sèches, et 
que, par conséquent, l'origine des herbiers est liée à celle de 
l'imprimerie, laquelle était elle-même étroitement unie aux pro- 
grès de l'industrie du papier. Notre conception de l'origine des 
livres de plantes sèches est bien l'expression exacte du processus 
ordinaire de l'esprit humain, lequel dans toutes les choses qui 
ne dépendent pas du hasard des événements, suit un ordre lo- 
gique, de telle manière que presque jamais une invention ne 
se produit de prime-saut, mais qu'elle est, au contraire, la con- 
séquence de la découverte d'un fait antérieur d'où elle découle 
comme de sa source naturelle. C'est ainsi que l'art des herbiers 
qui, au premier abord, semble n'avoir aucun rapport avec l'im- 
primerie et la papeterie, se trouve manifestement uni à ses dé- 
buts avec ces deux importantes industries par les liens d'une 
étroite solidarité. 

Le plus ancien livre connu est le fameux psautier imprimé h 
Mayence en 1457, par Fust et SchaefTer, associés de Gutenberg; 
mais en réalité les livres ne furent à la portée de la masse du 
public que lorsque les imprimeries de Mayence, de Venise (1469) 
de Paris (1470), de Lyon (1472), d'Angers (1477), de Poitiers 
(1479), de Caen (1480) et plusieurs autres établies les années 
suivantes eurent répandu leurs produits dans toute l'Europe. 
C'est pourquoi nous estimons que les premiers herbiers ont dû 
être composés vers 1480. Les quelques tentatives qu'on a pu 
faire antérieurement sont probablement si peu nombreuses 
qu'il n'y a pas lieu d'en tenir compte. Suivant nos conjectures, 
la période préhistorique des herbiers s'étendrait donc de 1480 à 
1545. Au surplus, il est probable que les herbiers de cette pé- 
riode n'avaient qu'une « valeur sentimentale », comme aurait dit 
Léon Dufour, en ce sens que ceux qui les avaient composés 
étaient seulement animés du désir de conserver des objets leur 
rappelant l'agréable souvenir des lieux qu'ils avaient visités, et 
n'étaient pas mus par l'idée de collectionner des plantes en vue 
de l'étude de leurs caractères et d'un classement systématique. 
Quiconque connait la lenteur d'évolution de l'esprit humain 
admettra sans hésitation qu'un long temps à dû s'écouler avant 
que les herbiers aient été élevés à la hauteur d'une institution 
vraiment scientifique, au même titre que les jardins botaniques 
et que les collections de minéraux, de roches et d'animaux réu- 



30 HISTOIRE DES HERBIERS. 

nies dans les musées pour servir à l'instruction de toutes les 
personnes désireuses d'acquérir des notions exactes sur la com- 
position de notre planète et sur la structure des êtres qui l'habi- 
tent. 



VI 
Les plus anciens herbiers connus. 

HERBIER d'aLDROVANDI. 

Nous avons hâte d'arriver sur le terrain solide de la réalité 
historique et de quitter le champ vague de l'hypothèse où l'es- 
prit ne peut atteindre que la vraisemblance. On sait que le plus 
ancien herbier connu est celui qu'avait formé durant ses longs 
voyages un savant botaniste anglais, John Falconer, qui mal- 
heureusement n'a laissé aucun écrit, et dont la précieuse collec- 
tion a été perdue. Nous avons déjà dit que cette collection excita 
l'admiration des botanistes italiens qui la virent à Ferrare en 
1545, et de Turner qui l'examina attentivement à Londres, lors- 
que Falconer fut de retour dans sa patrie. Il est loin de notre 
pensée d'égaler l'invention des herbiers, si profitable qu'elle ait 
été à l'étude des plantes, à l'admirable découverte de Guten- 
berg, qui a tant contribué aux progrès de toutes les connaissan- 
ces humaines; néanmoins, cette réserve une fois exprimée, nous 
croyons pouvoir dire que l'herbier de Falconer eût été aussi 
intéressant au point de vue de l'histoire de la Botanique que la 
Bible de Gutenberg pour l'histoire de l'Imprimerie. Aussi est- 
il profondément regrettable que quelque collectionneur anglais 
n'ait pas eu la pensée de sauver cette vénérable relique. 

Avant d'avoir étudié d'une manière approfondie l'histoire des 
herbiers, nous avions admis, avec M. Caruel (1), que l'herbier 
de l'élève en chirurgie de Lyon, Jean Girault (appelé à tort jus- 
qu'à ce jour Gréault), est le plus ancien de ceux qui ont été 
conservés. En effet, comme nous le dirons plus loin, l'herbier de 
Girault porte la date de 1558, écrite de la main de l'auteur lui- 
même, tandis que celui de Césalpin porte la date de 1563. 
L'herbier d'Aldrovandi ne contenant aucune indication chrono- 

(1) Illustratio in hortum siccum A. Cœsalpini p. IX. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 31 

logique, M. Caruel supposait qu'il avait dû être fait en même 
temps que celui de Césalpin, contemporain et condisciple d'Al- 
drovandi. 

Après examen attentif de la lettre de Matthiole citée plus 
haut, nous nous rangeons à l'avis de MM. Camus et Penzig, qui 
ont conclu des termes de cette lettre que déjà en 1554 Aldro- 
vandi conservait les plantes qu'il avait cueillies (1). 

Dans la même lettre de Matthiole, nous avons trouvé un 
passage bien plus décisif encore que celui qui a été cité par 
MM. Camus et Penzig : « Aujourd'hui, 19 septembre 1554, au 
retour d'un voyage en Carniole, je trouve votre lettre datée du 
20 août, et un paquet de plantes que je n'ai pas encore eu le 
loisir de bien examiner, à cause d'affaires urgentes dont j'ai été 
obligé de m'occuper dès mon arrivée. » Il est évident que le 
paquet envoyé par Aldrovandi à Matthiole ne se composait pas 
déplantes fraîches, car celles-ci, arrivées le 20 août 1554 à 
Goritz, n'auraient pas pu se conserver jusqu'au 19 septembre 
suivant, c'est-à-dire pendant un mois, sans compter le temps 
nécessaire pour les envoyer de Bologne à Goritz. Il paraît, 
d'ailleurs, qu'elles ne couraient aucun risque, puisque Mat- 
thiole déclare être trop occupé par des affaires urgentes pour les 
examiner attentivement, et en renvoie l'étude à une époque ulté- 
rieure. Par conséquent, nous sommes en droit de conclure que 
les plantes envoyées par Aldrovandi avaient été comprimées et 
desséchées. Il est probable qu'elles avaient été récoltées dans les 
montagnes du Véronais et du Trentin, car, dans une précédente 
lettre, Matthiole écrivait à son ami : « Je suis heureux d'ap- 
prendre que vous êtes revenu en bonne santé de votre voyage 
dans les montagnes, et de savoir que vous en avez rapporté 
un magnifico tesoro di Semplici. Je regrette que vous n'ayez 
pas prolongé vos pérégrinations jusqu'à Goritz, parce que je 
vous aurais fait connaître de vive voix mon sentiment au sujet 
des Simples que vous m'avez envoyés.... J'attends avec grande 



(1) In conclusione facciamo osservare che da queste parole del Mattioli si 
deduce un fatto inavvertito finora, cioè che, raccogliendo l'Aldrovandi già 
piante nel 1554, il suo erbario dovrebbe per conseguenza essere anteriore a 
quello di Cesalpino (1563) ed anche a quello del medico lionese Greault 
(1558) riputato il più antico dopo la raccolta del Falconer. — Illustr. del 
duc. erbario estense, p. 12. 

Le passage cité par MM. Camus et Penzig se trouve au bas de la page 168 
de l'ouvrage de Fantuzzi : Ne bisogna che percio, etc. V. plus haut p. 17. 



32 HISTOIRE DES HERBIERS. 

impatience que vous vouliez bien me faire parvenir les plantes 
cueillies durant votre dernier voyage. Croyez d'ailleurs que 
j'aurai soin d'indiquer dans mon livre qu'elles me viennent 
de vous. » 

Enfin, nous pouvons citer un passage d'une lettre du 12 juil- 
let 1553, qui fixe d'une manière définitive la date des premiè- 
res récoltes d'Aldrovandi :« J'ai lu avec un extrême plaisir le 
très long et très beau (copiosissimo et bellissimo) Catalogue des 
Simples que vous m'avez adressé, et j'accepte votre offre de 
grand cœur. Pourtant, je ne serai entièrement satisfait que 
lorsque vous m'aurez donné plus encore que vous ne promettez, 
et quand j'aurai vu toutes les plantes récoltées par vous. Quel 
dommage que de nombreuses occupations me retiennent à Go- 
ritz ! Dès que je serai plus libre, j'irai à Bologne pour exami- 
ner vos Simples. En attendant, si la demande ne vous semble 
pas trop importune, je vous prie de m'envoyer par la voie de 
Venise 200 plantes serrées entre des planchettes, afin qu'elles 
ne se brisent pas pendant le transport... Lorsque vous ferez une 
nouvelle herborisation, n'oubliez pas de m'informer de ce que 
vous aurez trouvé d'intéressant ; vous ne sauriez rien faire qui 
me soit plus agréable. » 

Ainsi, il est certain qu'à la date du 12 juillet 1553 Matthiole 
avait reçu d'Aldrovandi un très long Catalogue de Simples- 
récoltés par celui-ci, et suppliait son amide lui envoyer à Goritz, 
où il résidait alors, au moins 200 espèces choisies parmi ses 
récoltes. L'herbier d'Aldrovandi a donc été commencé cinq ans 
avant celui de Girault ; il est, dans son genre, le premier des in- 
cunables, si l'on veut nous permettre d'employer une expression 
empruntée à l'histoire de l'imprimerie. Cet herbier n'est pas seu- 
lement le plus ancien, il est aussi le plus volumineux de tous ceux 
qui ont été faits au XVI e siècle. En outre, il a une valeur histo- 
rique inestimable, parce qu'il a été composé dans le but de con- 
courir, avec une multitude d'autres objets, à l'établissement, 
dans la ville de Bologne, d'un Muséum rerum naturalium, des- 
tiné à l'instruction publique. Il est impossible de lire le testa- 
ment d'Aldrovandi sans être profondément touché de l'insistance 
avec laquelle cet illustre collectionneur recommande au Sénat 
de Bologne son caro tesoro auquel il a consacré toute l'activité 
de son âme, toutes les forces de son corps, sa fortune entière, 
pendant cinquante-six ans de sa vie, ad onor di Bio ed utilità 



HISTOIRE DES HERBIERS. 33 

de Studiosi presenti e posteri. Il supplie le Sénat de conserver 
précieusement son Jardin botanique, si utile aux étudiants et 
aux médecins, ses 16 volumes déplantes sèches, ses 18 volumes 
de dessins de plantes et d'animaux, ses minéraux et les autres 
objets amassés en quantité considérable dans son Musée pour 
l'instruction des hommes studieux, toutes choses dont l'ensem- 
ble est la représentation (coseche oculis subjiciuntur) du théâ- 
tre delà Nature décrit dans ses ouvrages (1). 

Aldrovandi est, entre tous les savants, celui qui a été le plus 
mal jugé par les biographes ; tous ont dit à la suite de Buffon : 
« Le travail d' Aldrovandi pourrait être réduit à la dixième par- 
tie si l'on en ôtait toutes les inutilités, toutes les choses étran- 
gères au sujet qui remplissent les quatorze volumes in-folio de 

ses œuvres imprimées Qu'il s'agisse du Coq, du Bœuf ou du 

Chêne, Aldrovandi raconte tout ce qui a jamais été dit des Coqs, 
des Bœufs et des Chênes, tout ce que les anciens en ont pensé, 
tout ce qu'on a imaginé de leur caractère, toutes les choses aux- 
quelles on les a employés, tous les contes qu'on en a fait, tous 
les miracles qu'on leur a attribués, tous les sujets de supersti- 
tion qu'ils ont fournis, toutes les comparaisons que les poètes 
en ont tirées, tous les attributs que certains peuples leur ont 
accordés, toutes les représentations qu'on en a fait dans les hiéro- 
glyphes et dans les armoiries, enfin toutes les histoires et toutes 
les fables dont on s'est jamais avisé au sujet des Coqs, des 
Bœufs et des Chênes. » 



(1) Considerando le gran fatiche e spese che ho continuamente fatte in 
cinquantasei aimi, e faccio di continue», dirizzando sempre ognicosa ad onor 
di Dio ed utilità de' Studiosi presenti e posteri... Lascio questo mio si caro- 
tesoro e fatiche al Reggimento di Bologna de cinquanta Senatori, tanto 
immense, nelle quali, oltre le fatiche dell' animo e délia persona, che non si 
possono pagare, ho speso tutte le mie entrate intutto il tempo délia vita mia 
in far tanti viaggi in vari paesi, in pagamenti di varie cose venutemi da varie 
parti d'Europa, in libri d'ogni sorte di scienzia necessari nelle varie mie 
composizioni, in pittori, in designatori ed intagliatori mantenuti in casa 
mia per tanti anni, tre scrittori intelligenti, col salario, e pero volendo che 

tante mie fatiche seguano dopo la mia morte in onore ed utile délia Città 

Desidero, esorto e pregone il detto illusmssimo Senatoa conservarlo econti- 
nuarlo dopo me il Giardino pubblico utile de' Scolari e del Protomedicato 

tanto necessario Voglio che sia eletto un locco atto per il mio Museo e 

Studio de' libri stampati e quei délie pitture che sono quindici e tre, e délie 

piante agglutinate che sono sedici Item per maggiore conservazione del 

suddetto Museo e per più grande utilità degli Studiosi desidero che sia eletto 
un Dottore, ch'abbia cura e custodia de' Libri ed ogni minima cosa, edilme- 
demo possa mostrarlo a desiderosi di vederlo. Testamento d'Ulisse Aldro- 
vandi p. 75, 76, 77, 79, in Fantuzzi Memorie. 



34 HISTOIRE DES HERBIERS. 

On n'a pas compris que la partie capitale de l'œuvre d'Aldro- 
vandi, c'est son Musée, c'est son Herbier, son Jardin botanique, 
sa Collection de dessins. C'est là qu'il faut chercher la grande 
pensée et le véritable titre de gloire de cet homme en qui était 
incarné le génie de la collection. Ses écrits ne sont eux-mêmes 
qu'une collection de tout ce qu'on savait touchant les minéraux, 
les plantes et les animaux. Aldrovandi a été tellement occupé 
pendant sa longue carrière à dresser la statistique (1) de ce qui 
a été dit sur chaque être vivant et sur chaque production natu- 
relle qu'il n'a pas eu le temps d'ajouter ses propres observations 
à celles qu'on avait faites avant lui. On ne lui doit aucune décou- 
verte, pas même un système bien ordonné de classification, 
mais il a eu le mérite de démontrer à ses contemporains l'utilité 
de l'enseignement parles choses elles-mêmes, grande vérité, vul- 
gaire et banale aujourd'hui, mais qui au milieu du XVI e siècle, 
après la longue période scholastique, illuminait les sciences 
naturelles d'un jour nouveau. Actuellement, il n'est pas de ville 
importante qui n'ait, outre sa Bibliothèque, un Musée et un 
Jardin botanique. On ne trouverait pas un seul botaniste, adonné 
à l'étude des caractères et de la classification des végétaux qui 
ne considère son herbier comme un outil indispensable. Ceux 
même qui se livrent aux recherches anatomiques et physiologi- 
ques sont obligés d'aller quérir dans les Jardins les plantes né- 
cessaires à leurs expériences et à leurs observations. Avant 
Aldrovandi, on ne connaissait qu'un homme ayant formé un 
herbier dans un but phytographique. Lorsque Aldrovandi créa, 
en 1568, le Jardin botanique de Bologne, il n'existait en Europe 
que deux Jardins publics : celui de Pise, établi en 1544 par 
Ghini, maître d'Aldrovandi et de Cesalpino, et celui de Padoue, 
fondé en 1546, par Anguillara, élève de Ghini. 

Au commencement du XVI e siècle, il n'existait en Europe 
aucun Musée d'histoire naturelle ; cependant cette Institution 
n'était pas une chose inouïe, puisque Aristote avait établi au 
Lycée d'Athènes un Musée et un Jardin qu'il légua à ses disci- 
ples. Il est à peine croyable que, dans la capitale de la France, 
ce fut seulement en 1793 que, par décret de la Convention, on 
annexa des Cabinets de Minéralogie et de Zoologie au Jardin des 



(1) Qu'on nous pardonne d'employer un mot qui, appliqué à un naturaliste 
du xvi e siècle, est une sorte d'anachronisme. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 35 

plantes, fondé en 1626 par Hérouard et Guy de la Brosse, méde- 
cins de Louis XIII, de sorte que, parmi nos contemporains, il y 
a des hommes qui, comme le grand chimiste Chevreul, par 
exemple, ont vu, pendant leur enfance, créer le premier Musée 
d'histoire naturelle de notre pays. Décidément, il est donc bien 
vrai que rien n'est aussi difficile à inventer que ce qui est sim- 
ple et facile en apparence. Supposons qu'un naturaliste veuille 
décrire un éléphant à des personnes n'ayant jamais vu cet ani- 
mal. Il dira : L'Eléphant est une bête deux fois plus grosse qu'un 
Bœuf, dont le corps est porté sur quatre jambes énormes; sa 
peau est rugueuse et épaisse, c'est un pachyderme ; son nez 
s'allonge en un appendice ou trompe creuse dont il se sert pour 
prendre les aliments, c'est un proboscidien ; sa bouche est armée 
de quatre dents molaires et en outre de deux incisives longues, 
éburnées et arquées. Nous défions qui que ce soit d'avoir, après 
cette description, l'idée nette d'un Eléphant. Aussi, que fait le 
professeur ? Il montre à ses élèves un dessin colorié représen- 
tant le plus gros des Pachydermes. Mieux encore, il les conduit 
dans un Musée ou dans une Ménagerie, et désormais l'image de 
l'intelligent Proboscidien ne s'effacera jamais du souvenir de 
quiconque aura vu l'animal lui-même. Telle est pourtant l'idée 
simple et sublime qu'Aristote a conçue et réalisée et qu'Aldro- 
vandi a reprise pendant que ses contemporains se livraient aux 
subtilités de la philosophie scholastique. Les historiens ont sou- 
vent fait preuve d'une injustice révoltante : ils ont chanté sur 
tous les tons la louange de Bacon parce que, en 1620, il a pro- 
clamé dans son Novum Organon l'excellence de l'observation, 
de l'expérience et des procédés inductifs. Ils ont oublié que Ga- 
lilée, Aldrovandi et toute la pléiade des physiciens et des natu- 
ralistes du XVI e siècle avaient prêché d'exemple. Qu'étaient, en 
effet, le Jardin botanique, l'Herbier, les Dessins de plantes et 
d'animaux? Qu'était le Musée d' Aldrovandi, sinon une collec- 
tion d'êtres et d'objets destinés à l'étude? Etait-ce matière à syl- 
logisme? Combien nous préférons aux déclamations emphati- 
ques, violentes et haineuses du trop fameux Chancelier qui 
s'est borné à donner des préceptes, déjà savamment formulés par 
Aristote, les féconds enseignements de Galilée, le créateur de la 
Physique expérimentale, et ceux de l'illustre collectionneur de 
Bologne auquel nous sommes redevables, sinon de la décou- 
verte, du moins de la propagation d'un des plus puissants 
moyens d'étude dans les sciences naturelles. 



36 HISTOIRE DES HERBIERS. 

On asipeu compris le caractère propre du génie d'Aldrovandi 
qu'on s'est borné à faire imprimer treize volumes de sa Zoologie 
et un volume de sa Dendrologie. Ses autres ouvrages, dont l'énu- 
mération occupe 33 pages dans les Memorie de Fantuzzi, sont 
restés inédits. On a oublié de décrire son Herbier, ses Dessins et 
son Musée, c'est-à-dire la partie importante et vraiment origi- 
nale de son œuvre, alors qu'il aurait suffi d'accompagner de 
quelques commentaires les nombreuses notes rédigées par Aldro- 
vandi lui-même (1). 

Nous espérons que plusieurs naturalistes italiens s'associeront 
pour décrire la collection Aldrovandienne et surtout l'Herbier 
qui intéresse l'histoire de la Botanique, d'abord parce qu'il est 
le plus ancien monument de l'art de conserver les plantes sèches, 
et ensuite parce qu'il offrira le tableau presque complet des 
espèces végétales connues au XVP siècle et des dénominations 
qui leur étaient données. A tous les points de vue un tel travail 
fera honneur à celui qui l'accomplira et sera, en outre, un juste 
et tardif hommage rendu au collectionneur infatigable qui, par 
son zèle désintéressé pour la science, a obtenu à bon droit l'ad- 
miration de ses contemporains et mérite d'occuper une place 
éminente dans le catalogue des naturalistes dignes de mémoire. 



(1) Aldrovaudi a en effet dressé la liste détaillée des objets qui composent 
ses collections, comme on le verra par rénumération suivante : 

Icônes avium. — Index alphabeticus vu tomorum animalium pictorum. 

— Index animalium et fossilium. — Adnotationes de Serpentibus et Pis- 
cibus. — Adnotationes animalium maritimorum, nempe crustaceorum, 
testaceorum, mollium et exsanguium. — Adnotationes Insectorum. — Syn- 
taxis fossilium, plantarum et animalium. — Icônes variorum. — Index 
plantarum. — De radicibus Catalogus. — Elenchus plantarum omnium 
quae in Studiosorum Horto publico terrae gremio fuere commissa ab anno 
1568 quo primum exstructus usque ad 1582. — Index rerum naturalium 
Musaei sut. 

Des ouvrages phytologiqu es d'Aldrovandi, nous ne connaissons que la Ben 
drologia publiée par les soins d'Ovidio Montalbano. Leur intérêt est nota- 
blement diminué aujourd'hui après les progrès accomplis dans le domaine de 
la botanique. Toutefois, il est surprenant que le Sénat de Bologne n'ait pas 
autrefois ordonné l'impression des écrits dont les titres suivent : 

Scholia in Thcophrasti Historiam. — Methodus in Theophrastum de 
Causis plantarum. — Observationes in codicem graecum Theophrasti. — 
Historia plantarum ex Theophrasto ordine alphab-tico tradita. — Theo- 
phrastus de Historia atque Causis plantarum. — Methodus cognoscendi 
plantas. — De differentii s plant arum. — Methodus de partibus plantarum, 

— Plantarum in universum differentiœ. — Miscellanea de plantis. — Jw~ 
dicium animalium de plantis. — Adnotationes in Fuchsium. — De Ono- 
brychide. — De Abrotono. — De Alburno. — De Lycophano. — De Galega. 

— Discorse sopra diverse piante. — De Baaras Eerba. — Asparagi his- 
toria. — Del Farro Frumento. — Descriptio et historia Tabaci. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 37 

Nous attendons avec impatience le volume des Mémoires de 
l'Académie des sciences de Bologne qui contiendra l'Illustra- 
zione delV Erbario di U lisse Aldrovandû Le botaniste italien 
qui se dévouera à cette tâche patriotique n'aura pas seulement 
produit une œuvre utile à la connaissance de l'histoire de notre 
science, il aura encore fait une belle et bonne action. 

Au vœu que nous venons d'exprimer nous ajoutons un conseil 
qui s'adresse aux architectes chargés de construire les édifices 
destinés à recevoir les collections d'histoire naturelle. On a cou- 
tume de placer dans les salles des Musées les bustes des savants 
qui ont fait progresser la science et particulièrement ceux de 
Buffon, de Tournefort, de Linné, de Lamarck et de Cuvier. Cela 
ne suffit pas : il est juste de mettre à l'entrée, d'un côté, la statue 
d'Aristote, créateur du premier Musée d'histoire naturelle et, 
d'un autre côté, la statue d'Aldrovandi, qui, après de longs 
siècles de barbarie a été le restaurateur de cette utile Institution. 
Enfin, aux auteurs désireux d'orner le frontispice des collections 
de dessins d'animaux et de plantes ou même celui de leur her- 
bier de plantes sèches nous recommandons le portrait d'Aldro- 
vandi. Il nous paraît bon de conserver ainsi la souvenir des 
hommes dont lavie entière a été consacrée à la recherche de la 
vérité et qui ont su trouver les meilleurs moyens de la faire 
connaître. L'hommage rendu aux morts illustres n'est-il pas 
aussi pour les vivants un encouragement à bien faire ? 

Puisque nous avons été conduit par le sujet que nous trai- 
tons, c'est-à-dire par l'histoire des collections de plantes, à 
réhabiliter la mémoire d'Aldrovandi au regard de nos contem- 
porains trop portés à s'enorgueillir de leurs conquêtes et à 
oublier les services rendus parleurs prédécesseurs, nous croyons 
qu'il ne sera pas inutile de présenter une courte biographie de 
l'homme qui, depuis l'époque de la Renaissance, a le plus con- 
tribué à élever les Musées d'histoire naturelle à la hauteur d'une 
institution d'utilité publique. 

Ulysse Aldrovandi est né à Bologne le 11 septembre 1522. 
Dès son enfance, il se fit remarquer par la vivacité de son esprit. 
Il n'avait que six ans lorsqu'il perdit son père, chancelier-secré- 
taire du sénat de Bologne. A l'âge de douze ans, il fut mis en 
apprentissage chez un riche négociant de Brescia, mais bientôt 
Ulysse (c'est ainsi que l'appelle le plus souvent son biographe 
Fantuzzi), dégoûté du commerce, revient à Bologne et, accom- 



38 HISTOIRE DES HERBIERS. 

pagné d'un domestique, va à Eome, puis à N.-D. de Lorette et 
de là reprend le chemin de Bologne. Il était sur le point de ren- 
trer dans sa ville natale, lorsque à Castel San-Pietro il rencon- 
tre un Sicilien qui se rendait en pèlerinage à Saint-Jacques de 
Compostelle, dans la Galice espagnole. Vivement désireux de 
parcourir le monde, notre Ulysse, alors âgé de seize ans, se 
laisse entraîner par le Sicilien à entreprendre, sans argent, un 
long voyage à travers l'Italie, la France et l'Espagne. Nos deux 
pèlerins longent les murs de Bologne, sans entrer dans la ville, 
passent à Modène, à Gênes, à Savone, à Nice, traversent le Var 
à la nage et parviennent, après mille difficultés, à sortir de la 
Provence, alors occupée par les troupes italiennes et espagnoles 
en guerre avec l'armée du roi de France. Le Rhône franchi, ils 
pénètrent en Languedoc, visitent Montpellier, Narbonne, Per- 
pignan et se dirigent du côté de l'Espagne. Au col de Perthus 
ils sont dévalisés par une bande de brigands qui ne leur lais- 
sent que la chemise et les souliers. C'est dans ce simple appa- 
reil qu'ils arrivent à Barcelone. Là, après avoir obtenu des vête- 
ments, ils vont faire leurs dévotions à la chapelle de N.-D. de 
Montserrat, où ils demeurent trois jours ; puis, poursuivant leur 
route à travers l' Aragon, la Navarre, la Castille et la Galice, ils 
s'arrêtent quelques jours à Saint-Jacques de Compostelle, pous- 
sent jusqu'à Santa-Maria et au cap Finisterre. Ne pouvant aller 
plus loin sur le continent, ils se décident à revenir à travers les 
montagnes de la Galice, où, pendant deux jours, ne trouvant 
aucune habitation, ils n'ont d'autre nourriture que les fruits des 
arbres et arbustes sauvages. Exténués de faim et de fatigue, ils 
parviennent à Valladolid, traversent la Navarre et le Langue- 
doc et arrivent à Marseille, où ils s'embarquent pour Gênes. Au 
milieu de la traversée, ils sont poursuivis par des corsaires, 
mais, faisant force de rames, ils réussissent à leur échapper et 
à débarquer à Gênes. Le jeune Ulysse, ne pouvant selrésoudre 
à rentrer à Bologne, propose à son compagnon d'aller à Jérusa- 
lem. Mais celui-ci, dégoûté de la vie de pèlerin mendiant et ne 
voulant plus s'exposer aux privations, aux souffrances et aux pé- 
rils de cette existence nomade, déclare qu'il est bien décidé à re- 
tourner en Sicile. Le jeune Ulysse rentre donc à Bologne (1549). 
Inutile de dire avec quelle joie il est accueilli par sa mère, par 
son frère Achille et par les amis de sa famille qui, tous, le 
croyaient mort. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 39 

Les aventures de la jeunesse d'Aldrovandi nous ont paru di- 
gnes d'être rappelées, moins à cause de leur intérêt dramatique, 
que parce qu'elles donnent un pressentiment du caractère et 
de la nature d'esprit de celui qui devait être le plus curieux des 
« curieux de la nature ». 

Cédant aux sollicitations de ses parents, Ulysse consent à re- 
noncer à ses projets de voyages lointains et reste à Bologne 
pour y faire ses études de rhétorique, de philosophie, de mathé- 
matique et de médecine. Soupçonné d'hérésie, il est envoyé à 
Rome et enfermé dans les cachots de l'Inquisition. Relâché après 
quelques mois de détention, il se met à étudier les antiquités 
de Rome et compose un mémoire qui ne fut imprimé qu'en 1556 
sous le titre de Antichiià délia città di Roma. Une circons- 
tance fortuite décida de sa vocation pour les sciences naturelles. 
Etant allé un jour chez Paolo Giovio, il y trouva Rondelet, qui 
était venu à Rome, à l'occasion du Conclave, en qualité de mé- 
decin du cardinal de Tournon. La conversation entre Giovio et 
le célèbre professeur de Montpellier roula sur un ouvrage que 
celui-ci préparait et qui fut imprimé plus tard à Lyon, en 1554, 
sous le titre de: De Piscibus marinis libri XVIII. A partir de 
cejour, les marchands de la pêcherie de Rome virent souvent 
arriver près d'eux un acheteur tel qu'ils n'en avaient jamais vu 
jusqu'alors : c'était notre Ulysse qui venait quérir des poissons, 
non comme le commun des chalands, pour les faire frire à la 
poêle, mais pour en réunir une collection. Rondelet, ce fascina- 
teur d'hommes, avait gagné à la science un adepte qui devait 
lui faire honneur, non moins que ses autres élèves Daléchamps, 
Matthias de L'obel, ordinairement appelé par abréviation Lobel, 
Rauwolf, Jean Bauhin, Charles de l'Ecluse, plus connu sous le 
nom de Clusius, et Joubert. 

Rentré dans sa patrie, Aldrovandi, alors âgé de 28 ans, eut 
occasion de voir Luca Ghini, qui était venu passer à Bologne le 
temps des vacances. Le célèbre professeur de botanique sut si 
bien inspirer le goût de l'étude des plantes à Aldrovandi que 
celui-ci le suivit à Pise et devint un de ses meilleurs élèves. On 
conserve encore parmi les manuscrits d'Aldrovandi le cours 
rédigé d'après les leçons de Ghini. 

En 1551, Aldrovandi va faire une excursion botanique au 
Monte Baldo, en compagnie de Luigi Anguillara, directeur du 
Jardin de Padoue, d'Andréa Alpago de Bellune et sous la con- 



40 HISTOIRE DES HERBIERS. 

duite de Francesco Calzolari qui, depuis longtemps, avait une 
grande expérience de la flore des montagnes. — A son retour, 
Ulysse s'arrête à Padoue, où il suit pendant près de deux ans les 
leçons du célèbre professeur Gabriel Fallopia. — En 1553, il 
explore les environs de Rimini, les monts de l'Alvernia et de la 
Sibilla, Lorete, Ancone, Sirolo et tout le littoral Italien de l'Adria- 
tique. C'est durant ce voyage qu'il fait les premières récoltes de 
plantes pour son herbier. — Revenu à Bologne, il prend les 
grades de docteur en philosophie et en médecine et obtient du 
sénat de Bologne le titre de lecteur de logique, de philosophie 
et d'histoire naturelle (1). — Enfin, en 1568, il crée le jardin 
botanique de Bologne qui devait être, avec son herbier, son 
musée et ses dessins de plantes et d'animaux, la grande préoc- 
cupation de sa vie. 

Voulant que son jardin soit le plus beau de tous (2), il fait 
venir à grands frais de divers pays des caisses remplies de 
plantes. Il occupe constamment chez lui deux secrétaires et 
au dehors trois scribes, puis des dessinateurs, des peintres et 
des graveurs habiles qu'il paie géuéreusement. Après toutes ces 
dépenses, notre Ulysse ruiné, mais toujours infatigable et 
jamais découragé, demande un subside au sénat de Bologne 
pour continuer une œuvre qui fera honneur à la Cité et à l'Ita- 
lie; il en obtient 2,400 livres et une augmentation de ses émolu- 
ments de professeur. — Ces ressources épuisées, il s'adresse aux 
papes Grégoire XIII et Sixte-Quint, aux ducs de Toscane et 
d'Urbin, aux cardinaux Paleotti et Perretti, à l'archevêque de 
Majorque Campeggi. Tous, pleins de commisération pour ce 
prodigue, envoient de l'argent afin qu'on imprime trois volu- 
mes d'ornithologie et un volume d'entomologie. 

Avec l'âge vint un cortège d'infirmités qui empêchèrent 
Aldrovandi de continuer son œuvre. Il chargea de ce soin un 
jeune Hollandais , né à Delft , nommé Corneille Wterver, et 
obtint du sénat qu'il fût désigné comme devant lui succéder en 
qualité de directeur du jardin botanique. En attendant, le jeune 
collaborateur d' Aldrovandi fut nommé, en 1600, gardien de la 



(1) Au XVI e siècle, le titre de lecteur était, eu Italie et eu France, l'équi va- 
lent de celui de professeur. 

(2) Voglio che sia il primo Giardino d'Europa. — Lettre du 14 décem- 
bre 1577. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 41 

bibliothèque et du musée. Le 10 novembre 1603, Aldrovandi 
dicta le testament par lequel il donnait ses collections et ses 
livres à la ville de Bologne et mourut le 10 mai 1605, à l'âge de 
83 ans (1). 

Après avoir esquissé à grands traits la vie du botaniste qui a 
eu le mérite de donner aux collections de plantes sèches l'im- 
portance d'une institution scientifique, il est temps de décrire 
l'herbier qui est, en quelque sorte, le prototype de l'art dont 
nous écrivons l'histoire dans le présent travail (2). 

L'herbier d'Aldrovandi, se compose de 17 volumes in-folio, 
dont 14 mesurent 21 centimètres de largeur sur 31 centimètres 
de hauteur, Les volumes 15, 16 et 17 ont des dimensions un peu 
plus grandes, soit 23 centimètres de largeur sur 34 centimètres 
de hauteur. 

La couverture est un carton recouvert de parchemin antique, 
dont l'un, celui du vol. VI, est orné de miniatures. Les volumes 
VIII et XVI ont perdu le carton antérieur, le volume XVII a 
perdu ses deux cartons. A la partie supérieure du carton anté- 
rieur des quatorze autres volumes, se trouve marquée en gros 
caractères écrits transversalement l'indication numérale du 
tome, par exemple: tomus primus plant arum Ulyxis Aldro- 
vandi, et ainsi de suite pour les autres. 

Des 17 volumes, 16 sont contenus chacun dans un cartable 
qui peut se fermer au moyen de quatre rubans fixés au bord du 
carton. 

Les 17 volumes se composent de 4,378 feuilles de papier, qui 
devaient à l'origine porter environ 5,000 échantillons. Le nom- 
bre de ceux-ci est diminué par suite d'avaries dont nous parle- 
rons plus loin. Chaque feuille a un numéro d'ordre, écrit à 
droite de la partie supérieure du recto ; quelques-unes ont un 
double numérotage, dont l'un fait suite à celui du volume pré- 
cédent, ce qui semble indiquer que ces volumes ont été scindés 
en deux après n'avoir formé qu'un seul volume. 



(1) C'est par erreur que, dans le 1 er volume de la Biographie générale par 
le docteur Hoefer, il est dit que l'illustre naturaliste de Bologne est mort le 
10 novembre 1607. Il est d'ailleurs inexact, comme le remarque très bien 
ledit biographe, qu' Aldrovandi soit mort à l'hôpital dans la plus profonde 
misère ; le Sénat de Bologne lui accorda jusqu'au dernier jour de sa vie la 
continuation de ses émoluments de professeur. 

(2) Nous devons les renseignements qui suivent à l'obligeance de M. le 
docteur Giovannini, inspecteur du Jardin botanique de Bologne. 



42 HISTOIRE DES HERBIERS. 

La plupart des feuilles ne portent qu'une espèce, cependant 
quelques-unes en ont de deux à cinq. 

Les noms latins des espèces ont été écrits par Aldrovandi, à 
côté de chaque échantillon ; ils sont empruntés aux auteurs qui 
faisaient autorité pendant la seconde moitié du XVI e siècle, 
particulièrement à Fuchs, Dodoens, Gesner, Belon, Mathias de 
l'Obel, Clusius. 

Les plantes sont disposées sans ordre et paraissent avoir été 
collées sur les papiers à mesure de leur préparation. On y voit, 
par exemple, des cryptogames à côté d'espèces phanérogames. 

L'herbier d'Ulysse Aldrovandi a subi des vicissitudes nom- 
breuses et diverses. Après être resté longtemps enfoui dans une 
armoire de la Bibliothèque universitaire de Bologne, sans que 
personne s'en soit occupé, il fut enlevé, le 5 juillet 1796, par 
ordre des Commissaires de la République française, lesquels esti- 
mant sans doute que les Italiens n'étaient pas dignes de possé- 
der un tel trésor, le firent transporter, avec 17 volumes de des- 
sins de plantes et d'animaux, au Muséum d'histoire naturelle de 
Paris, afin qu'il fût minutieusement étudié et décrit comme il le 
méritait. Il n'est pas venu à notre connaissance que la collection 
de l'illustre naturaliste bolonais ait été l'objet d'une notice des- 
criptive de la part d'aucun botaniste français. Nous avouons 
même avoir cru, jusqu'à ce jour, que les Commissaires de la 
République française avaient ordonné le transfert des volumes 
de dessins seulement, mais non celui de la collection des plan- 
tes sèches. En consultant les notices écrites sur la vie d'Aldro- 
vandi, nous voyons que les historiens n'étaient pas mieux ren- 
seignés que nous-même, touchant les pérégrinations de l'herbier 
d'Ulysse (1). 



(1) Aldrovandi jouissait d'une si grande célébrité parmi les savants^ que 
quelquefois, dans les lettres et articles divers où il est question de lui, on 
omettait son nom patronymique et on le désignait seulement par son pré- 
nom. C'est ce qu'on a pu remarquer dans le passage rapporté plus haut d'une 
lettre de Georges Marius àMatthiole (note 2 de la page 17). Nous pourrions 
encore citer plusieurs lettres écrites à Aldrovandi avec la suscription « eccel- 
lentissimo signore Ulisse y>(Vita di Aldrovandi, da Giov. Fantuzzi). — Dans 
la Notice biographique écrite par Isaac Bullart (Acad. des se. et des arts, 
Amsterd., 1862, tom. II, p. 10)) nous relevons les deux phrases suivantes : 
« Si la Grèce a vanté autrefois sou Ulysse, l'Italie ne doit pas moins se glo- 
rifier de la naissance de celuy-cy qui a découvert dans ses doctes écrits toutes 

les merveilles qui paroissent sur le théâtre de l'Univers Si le prince des 

poètes grecs a chanté dans ses vers les louanges de son Ulysse, le nostre, 



HISTOIRE DES HERBIERS. 43 

Après le traité de Vienne, en 1815, l'herbier d'Aldrovandi, 
revint de Paris à Bologne, et fut restitué, comme il était juste, 
à l'Université à laquelle il appartenait. Après soixante ans de 
calme, il subit encore un nouveau déplacement, sans sortir tou- 
tefois de la ville de Bologne, et fut transporté'au Jardin bota- 
nique, où il prit place au mois de mai 1875, sous le n° 104 de 
l'inventaire général, à côté des importantes collections de 
Boccone et de Monti. 

Il n'est pas besoin d'ajouter que ces nombreux déplacements 
ont causé à l'herbier d'Aldrovandi de grands dégâts, auxquels 
se sont ajoutés les ravages des insectes, et, ce qui est plus triste 
à dire, les rapines des personnes qui l'ont examiné. « C'est 
grande pitié, dit le D r Giovannini, de constater que des feuillets 
entiers ont été arrachés par des collectionneurs sans vergogne 
qui, pour satisfaire le désir de posséder une plante cueillie par 
un naturaliste célèbre, n'ont pas hésité à mutiler l'une des 
plus vénérables reliques de la science des plantes.» D'autres 
ont enlevé les échantillons qu'ils convoitaient, et ont bien voulu 
laisser au moins le papier et l'inscription écrite de la main 
d'Aldrovandi. Enfin, quelques-uns, ayant encore des scrupules 
et le sentiment de la profanation qu'ils commettaient, se sont 
bornés à couper un fragment de plante. Pour comble de malheur, 
un employé chargé d'empoisonner l'herbier, au moyen d'une 
solution de deuto-chlorure de mercure, a gravement détérioré 
les échantillons contenus dans les volumes I et II, en les bros- 
sant avec autant de force que s'il avait étrillé un cheval. Dès 
qu'on s'en est aperçu, on s'est empressé de mettre un terme au 
zèle excessif de ce vigoureux conservateur, qui aurait détruit 
l'herbier plus vite et plus sûrement que les insectes parasites. 



l'honneur de l'Italie, voire mesme de toute l'Europe, a eu pour héraults de 
sa gloire les plus fameux poètes de son temps. » 

En ce qui concerne le transport à Paris de 1 herbier d'Ulysse, nous devons 
à M. le docteur Giovannini la connaissance d'un article publié par Serafino 
Mazetti dans les Memorie storiche sulla Universita di Bologna, où se trouve 
la liste suivante des ouvrages d'Aldrovandi, qui furent transportés à Paris 
en 1796 : 

1° 17 volumi in-folio che contengono figure dipinte d'Ucelli, Quadrupeli, 
Piante, Erbe, Insetti, Pesci, Mostri, etc. Si e aggiunto altro piccolo volume 
in-folio di piante dipinte. 

2 9 16 volumi di Erbario d'Aldrovandi compreso un altro volume di figure 
dipinte. 



44 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



C'est bien à lui qu'on aurait pu appliquer le proverbe : « Mieux 
vaut un ennemi qu'un maladroit ami.» 

Le tableau suivant présente la répartition des 4378 feuilles 
dans les 17 volumes de l'herbier. 

Numéro Nombre Numérotage 
du des double Indication de la première et de la dernière espèce. 

tome feuillets 

1 390 1 Absinthium ponticum Matthioli. 

390 Papaver spumeum viscago. 

2 354 1 Polium rnontanum. 

354 Rubia laevis Taurinensium Lobel. 

3 324 323 ] 1 Quercus cum galla — Umbilicaria herba. 

v324 Brassica selenites. 

4 347 659 ) 1 Sphondylio congener. 

347 Anthyllis alia Dioscoridis. 

5 221 1 Anonis sive Ononis flore albo. 

221 Trifolium alpestre angustifolium flore rubro. 

6 251 2 Aachusa lignosior Peiiae (manque la première 

feuille). 
251 Rhaponticum aliud ex monte Sanesio. 

7 237 447 I 1 Pinus urbana. 

683 (237 Alsines minimae species. 

8 234 218 j 1 Imperatoria. 

451 ) 234 Herbae rhenae species. 

9 193 1 Gnaphalio vulgari congener foliis angustis. 

193 Ranunculus hortensis alter Dodonaei. 

10 133 1 Tragopogon alter. 

131 ) 133 Pinus silvestris. 

11 171 302 ] 1 Osteocolli species. 

171 Iris illyrica. 

12 219 1 Costo hortensi congener. 

219 Anonidi congener : Foeno burgundico similis. 

13 237 1 Ulmus foemina fructifera et florifera. 

239 i 237 Erica baccifera lusitanica (manque feuillet 238). 

14 295 534 ) 1 Ascyron sive Ascyroides. 

295 Erythrodanum flore caeruleo. 

15 185 2 Daucus coniophyllus Gordi (manque feuillet 1). 

185 Caryophyllus flore candido (manquent feuillets 
186 et 187, — non employés, les feuillets 188 
à 223.) 

16 291 1 Alcea. 

291 Allium caninum. 

17 296 1 Aconitum lycoctonum. 

296 Helxine seu Parietaria . 

4,378 



HISTOIRE DES HERBIERS. 45 

L'herbier d'Aldrovandi, composé de 5,000 plantes placées sur 
4,378 feuilles, est sans contredit le plus volumineux de tous ceux 
qui ont été faits au XVI e siècle. Celui de Cesalpino, supérieur 
assurément sous le rapport de la classification, ne contient que 
768 plantes collées sur 260 feuilles. C'est pourquoi nous osons 
dire que l'auteur de la Geschichte der Botanik a été téméraire 
lorsqu'il a insinué que « si l'on en juge par la Dendrologia, 
ouvrage posthume arrangé par Ovidio Montalbano, l'herbier 
d'Aldrovandi doit être un amas de curiosités végétales plutôt 
qu'une collection variée de plantes. Cet herbier, ajoute Meyer, 
n'a d'autre importance que celle qui résulte de son ancienneté 
et du nom de son auteur ». — Certes, avant de porter un juge- 
ment aussi sévère, Meyer aurait dû prendre des renseignements 
auprès des botanistes de Bologne, et alors il aurait appris que la 
collection Aldrovandienne est considérable non seulement par 
le nombre des échantillons, mais encore par la variété des 
espèces qui la composent. Déjà il aurait pu le soupçonner, 
sachant qu'elle forme 17 volumes in-folio. 

Nous, au contraire, nous estimons, par les motifs exposés 
précédemment, que l'herbier d'Aldrovandi est un des monu- 
ments des plus importants de l'histoire de la Botanique et nous 
regrettons bien vivement de n'avoir pu le décrire d'une manière 
plus détaillée. Nous croyons d'ailleurs avoir amplement démon- 
tré que la gloire d'Aldrovandi n'est pas d'avoir écrit un grand 
nombre de volumes que les érudits eux-mêmes ne lisent plus, 
mais bien d'avoir été l'apôtre infatigable de la méthode d'obser- 
vation sous sa forme la plus instructive et la plus durable. 

HERBIER DE JEAN GIRÂULT. 

Pendant qu'Aldrovandi formait la collection de plantes qui, 
suivant nous, est avec son Musée et son Jardin botanique son 
principal titre à l'admiration de la postérité, on faisait aussi 
des herbiers à Lyon. Les biographes de Daléchamps assurent 
que ce célèbre naturaliste, qui enseigna dans notre ville la 
Médecine et la Botanique de 1522 à 1588, avait entrepris 
de nombreux voyages dans le bassin du Rhône depuis les 
Alpes jusqu'aux Cévennes, et qu'il avait formé une impor- 
tante collection de toutes les plantes de cette région. Malheu- 
reusement les neveux de l'illustre auteur de YHistoria plan- 



46 HISTOIRE DES HERBIERS. 

tarum emportèrent à Caen ses manuscrits, sa bibliothèque et 
ses collections et ne surent pas conserver cette précieuse part 
de leur héritage ; mais s'il ne reste rien des récoltes du maître, 
nous avons un herbier fait en 1558 par un de ses élèves, le 
jeune Jean Girault, « étant pour lors prieur des étudians en 
chirurgie », ainsi qu'il l'a dit lui-même. Or, il est inadmissible 
que le jeune étudiant ait été à Lyon le seul collectionneur de 
plantes, de sorte que son « livre », tout petit qu'il est (il n'a 
que 81 feuilles portant 310 plantes), prouve que l'art des her- 
biers était connu en France, et particulièrement à Lyon, au 
milieu du XVI e siècle ausd bien qu'en Italie. 

Nos lecteurs se souviennent que Meyer, préoccupé de trouver 
l'inventeur de l'art des herbiers, avait accordé la priorité à 
Ghini, professeur de botanique à Pise, de préférence à l'Anglais 
John Falconer, sous prétexte que l'étude de la botanique était 
trop arriérée à cette époque en Angleterre pour que Falconer 
ait pu concevoir une telle invention. Si Meyer avait eu con- 
naissance de l'herbier de Girault, il aurait été probablement 
moins prompt à attribuer à Ghini l'invention de l'art des her- 
biers. Du reste, il n'aurait pas osé alléguer que la science 
phytologique était trop arriérée à Lyon pour qu'un étudiant en 
chirurgie de cette ville ait pu employer le procédé de dessication 
des plantes au moyen de la compression entre des feuilles de pa- 
pier, puisque depuis le commencement du XVI e siècle l'étude des 
végétaux et de leurs propriétés thérapeutiques était en grand 
honneur dans la seconde ville de France. Il ne sera pas hors 
de propos de rappeler que le célèbre Symphorien Champier 
avait fondé à Lyon une Ecole de médecine qui ne tarda pas 
à devenir florissante. En deux de ses ouvrages, il s'appliqua 
à démontrer à ses contemporains que leur engouement pour 
les plantes exotiques était exagéré et que la flore française est 
tout aussi riche en espèces utiles à la Médecine que celle de n'im- 
porte quel pays lointain (1). 

Quelques années après la mort de Symphorien Champier, 
Canappe enseignait avec éclat la chirurgie à Lyon, et acquit une 
si grande renommée, que François I er le nomma son premier 
chirurgien. On verra plus loin que, dans la suscription placée 



(1) Hortus gallicus, Campus Elysiae gallicus, Lugduni, 1533. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 47 

en tête de son herbier, Girault se fait honneur d'être l'élève de 
« monsieur Jean Canappe, régent en la Faculté de médecine, 
lecteur aux chirurgiens de Lyon ». Outre plusieurs traités de 
chirurgie et d'anatomie, Canappe a publié, en 1555, un com- 
mentaire du Traité des Simples, de Galien, où il est question 
d'un grand nombre de plantes. 

Après avoir étudié la médecine à Montpellier, Rabelais vint à 
Lyon, attiré par la réputation de sa Faculté de médecine. Pen- 
dant les trois années qu'il y séjourna, il fit imprimer un livre 
contenant plusieurs traités d'Hippocrate et de Galien, ainsi que 
les Prouesses de Pantagruel et la vie inestimable du grand 
Gargantua. 

Un médecin piémontais, nommé Argentier, cédant aussi à la 
même attraction, vint dans notre cité, pour y recevoir l'ensei- 
gnement des maîtres célèbres de la Faculté de médecine, Doué 
d'une intelligence prompte, mais d'un caractère violent et pré- 
somptueux, il se fit remarquer par ses attaques contre les méde- 
cins de l'antiquité. Habile à faire valoir ses talents, il conquit 
bientôt une haute position médicale, au point que la renommée 
publique l'avait qualifié du titre pompeux de « grand médecin ». 
Cependant il paraît qu'il avait l'humeur changeante, car après 
cinq ans d'exercice de la médecine à Lyon, il passa en Hollande, 
puis en Italie, où il enseigna la médecine en plusieurs villes, no- 
tamment à Pise, à Naples et à Turin. 

Le plus célèbre des médecins lyonnais du XVI e siècle, nous 
pourrions ajouter des botanistes français, fut, sans contredit, 
Jacques Daléchamps, né près de Caen, en Normandie. Après 
avoir achevé ses études médicales à Montpellier, sous la direc- 
tion de l'illustre Rondelet, le restaurateur en France de l'His- 
toire naturelle, il vint en 1522 à Lyon, où bientôt, grâce à sa 
vaste érudition, il se plaça au premier rang des professeurs de 
la Faculté de médecine. En même temps qu'il publiait des tra- 
ductions, avec commentaires, des écrits de Pline, d'Athénée, de 
Galien, de Paul d'iEgine et de Cselius Aurelianus, il amassait 
des matériaux pour la composition d'un grand traité de Bota- 
nique. Mais, comme son enseignement et les occupations d'une 
nombreuse clientèle ne lui laissaient pas assez de loisir pour 
rédiger cet ouvrage, il chargea du soin de coordonner ses notes 
manuscrites le jeune Jean Bauhin, qui, après avoir pris ses 
grades à la Faculté de Montpellier, était venu se fixer à Lyon, 



48 HISTOIRE DES HERBIERS. 

afin d'y continuer ses études botaniques et médicales. Malheu- 
reusement, Jean Bauhin, dénoncé à l'autorité ecclésiastique 
comme sectateur de la religion réformée, se vit obligé de re- 
tourner précipitamment à Bâle, auprès de sa famille (1). 

Empêché d'abord par ses occupations professionnelles, puis, 
plus tard, par une infirmité qui le rendit incapable de tout tra- 
vail intellectuel pendant les dernières années de sa vie, Dalé- 
champs mourut en 1588, sans avoir pu achever l'œuvre qu'il 
regardait comme le couronnement de sa carrière scienti- 
fique (2). 

L'imprimeur Guillaume Roville, à qui furent remis les ma- 
nuscrits de Daléchamps, chargea un médecin de Lyon, nommé 
Jean des Moulins, d'arranger et de coordonner les notes lais- 
sées par l'illustre botaniste, et, avec son concours, publia, en 
1587, YHistoria generalis plantarumin libros XVIII digesta. 



(1) Il n'est pas sans intérêt de rappeler que la famille illustrée, par les 
frères Bauhin, Jean et Gaspard, est d'origine française. Le père de ces deux 
deux botanistes était médecin à Amiens et il acquit une telle réputation qu'il 
fut appelé à la cour de France pour y remplir la fonction de premier 
médecin, bien qu'il eût commis l'imprudence d'abandonner la religion 
catholique et d'adhérer publiquement aux doctrines de la secte luthérienne. 
La protection de Catherine, reine de Navarre, et de Marguerite, sœur de 
François I er , ne put le mettre à l'abri des poursuites exercées contre les 
hérétiques. Condamné à être brûlé, il parvint cependant'à se sauver hors de 
France, et fut réduit à errer misérablement pendant plusieurs années à tra- 
vers la Hollande et l'Allemagne, sans cesse menacé de tomber entre les mains 
des sicaires de l'inquisition. Enfin il finit par trouver un asile à Bâle, où il 
occupa d'abord l'emploi de correcteur d'imprimerie ; mais bientôt, complè- 
tement rassuré par l'esprit de tolérance qui animait ses nouveaux conci- 
toyens, il reprit l'exercice de la médecine et devint doyen du Collège de Bâle. 

(2) Dans plusieurs articles biographiques, il est dit que Daléchamps est mort 
à Lvon en 1586. Cependant il est hors de doute que ce célèbre médecin est 
mort en 1588, à l'âge de 75 ans, ainsi que le démontre l'inscription de la 
plaque commémorative en marbre noir placée, peu de temps après la mort de 
Daléchamps, dans l'église des Dominicains., appelée plus tard église des 
Jacobins. Cette église, située près de la place qui porte encore aujourd'hui 
le nom de place des Jacobins, a été démolie, mais la pierre qui recouvrait 
le tombeau de Daléchamps a été conservée et se trouve actuellement au 
Musée lapidaire de Lyon. Voici cette inscription : 

Dom. et M. AE. 
Siste gradum viator et pellege. — Jacobus Dalechampius cadomensis me- 
dicus celeberrimus notas et spectatae fidei bonorum omnium amicissimus et 
studiosissimus auctus proie dulcissima carissima annum agens LXXV cum 
magno suorum luctu universique populi desiderio mortis quondam victor à 
morte tandem victus obiit kal. mart. anni CIO IOLXXXVIII. 

Prosôpopoia. 
Me sinu Cadomus suo tenellum excepit docuit chorus Sororum artes. 
Nunc tumulus tegit jacentem at fama ingenii volât superstes. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 49 

Lugduni apud Gulielmum Rovillium, 1587, 2 vol. in- fol., sans 
nom d'auteur (1). 

Les éditeurs n'étaient pas à la hauteur de la tâche difficile 
qu'ils avaient entreprise et commirent des erreurs graves de 
synonymie, en décrivant quelquefois la même plante sous diffé- 
rents noms. Un médecin lyonnais, nommé Jacques Pons, releva 
plusieurs de ces erreurs, dans un écrit publié en 1600, sous le 
titre d' Annotationes in Historiam plantarum. L'année sui- 
vante, C. Bauhin en signala plusieurs autres dans ses Ani- 
madversiones in Historiam plantarum. Il fut tenu compte des 
rectifications indiquées par J. Pons, mais non de celles de C. 
Bauhin, dans l'édition française imprimée en 1615, par les hé- 
ritiers de Roville, sous le titre de Histoire générale des plantes, 
sortie latine de la bibliothèque de J. Daléchamps, et faite 
française par Jean des Moulins, 2 vol. in-fol. Une autre édi- 
tion, non différente de la première, parut en 1653, à Lyon, chez 
Philippe Borde. 

Malgré les lacunes et imperfections laissées par les éditeurs, 
Y Histoire générale des plantes est de beaucoup supérieure aux 
traités composés antérieurement par Brunfels, Brasavola, Tra- 
gus, Dorstenius, Gesner, Fuchs, Ruel, et peut être mise sur le 
même rang que les traités de Botanique de Dodoens, Matthiole, 
Matthias de Lobel, Tabernsemontanus et Jean Bauhin. Nous 
n'hésitons pas à affirmer que Daléchamps est le premier des 
botanistes français du XVI e siècle, puisqu'il ne nous est pas 
permis de revendiquer comme nôtres Gaspard et Jean Bauhin, 
qui seraient les plus grands de tous. 

En présentant un exposé rapide de l'état de la Botanique à 
Lyon, nous avons voulu démontrer que cette science était assez 
florissante dans notre ville au milieu du XVI e siècle, pour que 
le jeune Lyonnais Jean Girault, « pour lors prieur des étudians 



(1) Plusieurs des noms créés par Daléchamps sont restés dans la nomen- 
clature moderne, tels sont : Acer monspessulanum, Sedum (Aizoon) dasy- 
phyllum, Anthoxanthum, Mœhringia (Alsme) muscosa, Cakile (Eruca) ma- 
ritima, Althaea (Alcea) villosa ou hirsuta, Medicago (Tribulus) minima, 
Hieracium sabaudum, Corydallis (Fumaria) bulbosa, Lathyrus sativus, 
Orobus (Galega) montanus. 

En outre, il sut, le premier, distinguer plusieurs espèces, jusqu'alors 
méconnues, nous nous bornerons à citer : Bupleuron aristatum, Veronica 
urticifolia, Bunium verticillatum, Erinus alpmus, Omithopus compressus, 
Urospermon Dalechampii, Andryala sinuata, Coronilla minima. 

4 



50 HISTOIRE DES HERBIERS. 

en chirurgie sous Monsieur Canappe », ait pu composer un her- 
bier, en 1558, sans avoir reçu les leçons de Monsieur Luca Ghini, 
directeur du jardin botanique de Pise, mais seulement après 
avoir assisté à celles de Monsieur Jacques Daléchamps, lecteur 
de médecine à la Faculté de Lyon. Tous les biographes de Da- 
léchamps s'accordent à dire que ce naturaliste avait formé une 
vaste collection de toutes les plantes de la contrée lyonnaise, 
depuis les montag-nes du Forez et des Cévennes jusqu'aux 
Alpes. Quoiqu'ils ne donnent aucun détail sur le procédé em- 
ployé par Daléchamps, on peut cependant, sans invraisemblance, 
supposer que le maître était probablement aussi habile dans 
l'art de préparer les plantes que son jeune élève, Jean Girault, 
et, par conséquent, le ranger au nombre des botanistes qui, au 
XVI e siècle, surent composer un herbier. Si les collections de 
Daléchamps avaient été conservées, il est probable que nous 
aurions dû, d'après l'ordre chronologique, les citer avant celles 
d'Aldrovandi, qui n'ont été commencées qu'en 1553. Daléchamps 
enseignait, à Lyon, la Médecine et la Botanique depuis l'année 
1522, Puisque nous n'avons pas le bonheur de posséder les col- 
lections du maître, contentons-nous de décrire le petit herbier 
de l'un de ses élèves. 

L'herbier de Jean Girault, qui fait actuellement partie des 
collections du Muséum d'histoire naturelle de Paris, avait été 
considéré, avant les recherches de MM. Camus et Penzig, com- 
plétées par les nôtres, comme le plus ancien herbier parmi ceux 
qui ont été conservés. Bien qu'il ait été commencé cinq ans 
après celui d'Aldrovandi et que sa valeur intrinsèque soit mi- 
nime, cependant il a, comme nous l'avons expliqué, une 
grande importance historique (1). 

Il fut déposé dans les collections du Jardin des Plantes de 
Paris, par Antoine de Jussieu, qui succéda à Tournefort comme 
professeur de Botanique. Il avait été donné à A. de Jussieu par 
un de ses compatriotes nommé Boissier, ainsi qu'il résulte de 
la lettre suivante collée sur la garde du volume : 

« Voilà, Monsieur, un bouquet que je vous prie d'accepter, 



(1) C'est à l'obligeance de M. le docteur Edm. Bonnet, aide-naturaliste au 
Muséum, que nous devons d'avoir pu examiner l'herbier de Girault. Nous 
sommes heureux de lui exprimer notre reconnaissance et aussi de rendre 
témoignage de l'esprit libéral qui anime l'administration du Muséum d'his- 
toire naturelle de Paris. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 51 

quoique ce ne soit pas de fleurs ; il a son mérite par les feuilles 
et les herbes conservées depuis un si long temps. Je souhaite 
aussi que le témoignage de l'auteur de ce recueil puisse servir 
de quelque preuve de l'avantage de la Faculté de Lion, et 
vous asseure que je suis de tout mon cœur parfaitement, Mon- 
sieur, votre très humble et très obéissant serviteur. — Le 23 fé- 
vrier 1721. — Boissier. » 

Au dessus de cette lettre est une suscription écrite de la main 
de Girault : 

« Crainte de Dieu. 

« Ce présent livre a été commencé par moi Jehan Girault, ce 
6 jourd'aoust 1558, étant pour lors prieur des étudiants en chi- 
rurgie, sous monsieur Jehan Canappe, régent de la Faculté de 
médecine de Paris, lecteur aux chirurgiens de Lyon. » 

Eris mihi magnus Apollo. 

« Girault. » 

Comme l'écriture de Girault est difficile à lire, A. de Jussieu 
a transcrit au bas de la page la suscription que nous venons de 
reproduire, mais il a altéré le nom du signataire et a écrit 
Greault au lieu de Girault. Après examen attentif, M. le 
D r Bonnet et nous-même affirmons qu'il faut lire Girault. 
Cette rectification est d'ailleurs corroborée par une épigraphe 
en caractères de la même époque et parfaitement lisibles qui 
se trouve, on ne sait pourquoi, sur une des pages de la table : 
« François Girault bon garçon ». Ce François était-il le frère ou 
le fils de Jean Girault ? 

L'herbier de l'élève en chirurgie de Lyon est un volume relié 
en parchemin, de trente-deux centimètres et demi de hauteur 
sur vingt -deux centimètres de largeur, contenant quatre-vingt- 
une feuilles, dont les quatre premières et les quatre dernières 
n'ont pas été employées. Au commencement du volume sont 
trois feuilles non numérotées, sur lesquelles se trouve au recto 
et au verso la table alphabétique des plantes avec l'indication 
du chiffre du folio correspondant à chaque espèce. 

Les échantillons se succèdent sans aucun ordre et semblent 
avoir été placés à mesure de leur récolte ; ils sont cousus sur le 
papier au moyen d'un gros fil. Ce mode de fixation est particu- 
lier à l'herbier de Girault ; les plantes des herbiers d'Aldrovandi, 



52 HISTOIRE DES HERBIERS. 

de Césalpin et de Rauwolf sont collées sur les feuilles de papier ; 
celles de l'herbier de Gr. Bauhin sont libres. 

Dans le livre de Girault, les échantillons sont cousus au nom- 
bre de deux à six sur la même feuille ; la plupart représentent 
des espèces de la Flore lyonnaise ; cependant on remarque aussi 
quelques plantes étrangères cultivées dans les jardins. Le nom 
latin et vulgaire mentionné dans les ouvrages de Brunfels, de 
Tragus, de Fuchs et de Dodoëns est écrit à côté de chaque 
échantillon. Quelques-uns de ceux-ci montrent la plante entière 
pourvue de ses fleurs et de ses fruits ; mais un grand nombre 
d'autres consistent en un fragment de tige sans organes repro- 
ducteurs, quelquefois même seulement en une feuille. Du reste, 
il convient de remarquer que, sauf Aldrovandi, Césalpin, Rau- 
wolf, Gr. Bauhin, Joachim Burser et Tournefort, les botanistes 
du XVI e et du XVII siècle ne savaient pas préparer avec 
soin les collections de plantes, en faisant choix d'échantillons 
complets. 

L'herbier de Girault n'est ni mieux, ni plus mal composé que 
celui dont MM. Camus et Penzig ont donné la description, et 
il a sur ce dernier l'avantage de porter la mention du nom de 
son auteur et l'indication précise d'une date authentique (1558). 
Il n'est pas inférieur non plus à un autre herbier fait cent qua- 
rante-un ans plus tard par un pharmacien nommé René Marion, 
et qu'on a trouvé dernièrement au Conservatoire botanique du 
Parc de la Tète-d'Or, à Lyon (1). 

Donc, à cause de son ancienneté et parce qu'il donne une idée 
des collections botaniques faites par les élèves et les amateurs 
jusqu'à la fin du XVII e siècle, le livre de plantes du jeune élève 
en chirurgie de Lyon mérite de figurer, quoique à un rang su- 
balterne, dans notre Histoire des Herbiers, laquelle doit être 
surtout un tableau archéologique des collections de plantes sè- 



(1) Cet herbier, contenant 178 plantes, a passé d'abord entre les mains de 
Goiffon, qui eut l'honneur d'enseigner la Botanique à nos illustres compa- 
triotes Antoine et Bernard de Jussieu, puis entre les mains de Villars, lequel 
y a inscrit l'indication suivante : «. Reçu de M. Plana, M e apothicaire à 
Grenoble, le 24 février 1785. » Villar. On sait que l'auteur de Y Histoire des 
plantes du Dauphinê signait son nom tantôt Villar, tantôt Villars. A côté 
des étiquettes écrites par René Marmion, Goiffon a ajouté le nom donné à 
chaque espèce par G. Bauhin dans le Pinax. Voici le titre placé à la première 
page de cet herbier : « Recueil de plantes fait par moy René Marmion 
pharmacien de Valence en Dauphinê » 1699. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 53 

ches, quelle que soit la valeur scientifique et artistique de cha- 
cune d'elles. 

Nous donnons ci-après rénumération des trois cent treize plan- 
tes de Girault. Dans la première colonne est placé le numéro de 
la feuille, dans la seconde le numéro de la plante, dans la troi- 
sième le nom donné à chaque espèce par Girault. Lorsque ce 
nom n'est pas conforme à la nomenclature en usage au milieu 
du XVI e siècle, nous avons ajouté (entre parenthèses) celui dont 
se sont servi Brunfels, Trag-us, Fuchs, Gesner, Matthiole, 
Dodoëns et Daléchamps. Enfin, dans la quatrième colonne, à 
droite, nous avons mis la dénomination moderne, sauf dans 
quelques cas où l'échantillon manque ou quand il est brisé et 
méconnaissable. 



NOM ECRIT DANS L HERBIER 



NOM MODERNE 



1 à 4 Pas de plantes. 

5 1 Filicula, Polypodium, Polypode. Polypodium vulgare. 

2 Lilium convallium, Ephemerum. Gonvallaria maialis. 

3 Pas d'étiquette. Rumex scutatus. 

4 Spica, Pseudonardus, Aspic, Lavende. Lavandula spicata. 

5 Paeonia feraina. Paeonia officinalis. 



6 Colutea, Baguenaudier. 

7 Helenium, Inula campana, Ausnée. 

8 Cicer arietinum. 

9 Granatum, Grenadier. 



Colutea arborescens. 
Inula helenium. 
Gicer arietinum. 
Granatum puniceum. 



10 Anthémis, Anémone 

11 Capari 

12 Viola alba odorata (feuille radicale) . 

13 Gupressus arbor. 

14 Lunaria graeca (feuille). 



Anthémis arvensis. 
Capparis spinosa. 
Hesperis matronalis. 
Gupressus sempervirens. 



15 Pas d'étiquette. Scrophularia canina. 

16 Thlaspi minus, dénomination erronée Odontitis lutea. 

(Euphrasia altéra Dod. Lob. Dal.). 

17 Altaraxacon (Tripolium vulgare Dod. Aster tripolium. 

Dal). 

18 Echantillon cassé sans étiquette. indéterminé. 

19 Idem. Juncus compressus. 

20 Auricula mûris, dénomination erronée Helianthemum vulgare. 

(HelianthemumCord. Lob.). 

21 Myrice, Tamarix (rameau cassé) . Tamarix ? 



54 HISTOIRE DES HERBIERS. 

JS "* 

^'g ^J NOM ÉCRIT DANS L'HERBIER NOM MODERNE 

o 5^ o Pi 

9 22 Althaea, Malvaviscus, Hibiscus, Bis- Althaea officinalis. 
m al va. 

23 Argentaria (Argentina Dod. Pena Lo- Potentilla anserina. 

bel ; — Anserina (Trag.) 

24 Pilosella minor. Hieracium murorum. 

25 Agripalme (CardiacaMatth. Gesn.Dal.) Leonturus cardiaca. 

26 Solanum mortale (S. lethale Dod. ; — Belladona baccifera. 

Belladona Clus.). 

10 27 Eupatorium, Agrimonia. Agrimonia eupatoria. 

28 Betonica, Vettonica. Betonica officinalis. 

29 Sideritis prima (l'échantillon manque). 

30 Adianton capillus Veneris (Adiantum Asplenium adiantum nigrum. 

Plinii Pena Lobel). 

31 Elleborus niger, Veratrum nigrum. Helleborus niger. 

11 32 Tagetes indica. Tagetes erectus. 

33 Indica minor. Tagetes patulus. 

34 Gifrangulus arbor. indéterminé. 

35 Rubia tinctorum média (Rubia silves- Galium elatum. 

tris Diosc). 

12 36 Pentaphyllum, Quinquefolia. Potentilla reptans. 

37 Ficus. Ficus carica. 

38 Ruta muraria, Saxifragia. Asplenium Ruta muraria. 

39 Pas d'étiquette. Vinca média. 

40 Ocimastrum (Basilicum sive Ocimum Ocimon basilicum. 

Brunf. Lob.). 

13 41 Sphondylium. Heracleum sphondylium. 

42 Eruca silvestris lutea, Euzomon. Diplotaxis tenuifolia. 

43 Chelidonium minus. Ficaria ranunculoidea. 

44 Melilotus, Gorona regia, Sertula cam- Melilotus macrorrhiza. 

pana. 

14 45 Anonis, Resta bovis, Rémora aratri. Ononis campestris. 

46 Matricaria silvestris (Jacobaea Dod. Senecio jacobaea. 

Ger.). 

47 Scrophularia major. Scrophularia nodosa. 

15 48 Verbascum luteum minus (Blattaria Verbascum blattarium. 

Plinii Pena Lobel). 

49 Aster atticus luteus. ïnula salicina. 

50 Pas d'étiquette. Githago segetali». 

51 Antirrhinum (Orontium Dod. Lobel). Antirrhinum orontium. 

16 52 Peucedanum , Foeniculum porcinum Peucedanum oreoselinum. 

(Oreoselinum Gesner). 



HISTOIRE DES HERBIERS. 55 



NOM MODERNE 
£~ es' 6 * 

53 Vicia silvestris, Apiiaca minor. Cracca major. 

54 Aphacamajor(AracossiveCiceraDod.). Lathyrus cicera. 

55 Persicaria. Polygonum persicarium. 

17 56 Sideritis major. Stachys palustris. 

57 Dracuntium, Pied de veau (Arum ma- Arum maculatum. 

culatum Cordus). 

58 Lysimachia lutea. Lysimachia vulgaris. 

18 59 Perfoliata (Centaurium luteum Pena Chlora perfoliata. 

Lob. Dal.j. 

60 Fasiola, Dolichos, Smilax hortensis. Phaseolus vulgaris variété. 

61 Caryophyllus silvestris species. Dianthus Carthusianorum. 

19 62 Satyrium triorchis,Satyrium trifolium. Neottia autumnalis. 

63 Gothus (l'échantillon manque). 

64 Filix mas, Fougère mâle (1). Polystichum filix mas. 

20 65 Staphis agria, Herba pedicularis. Delphinium staphisagrium. 

66 Tithymali prima species (T. amygda- Euphorbia silvatica. 

loides Lob.) 

67 Aster atticus purpureus , Bubonia in- Aster amellus. 

guinaria. 

68 Agnus castus, Vitex. Vitex agnus. 

69 Tamarindorum, acida Palmula. indéterminé. 

21 70 Calamintha. Calamintha nepeta. 

71 Solanum , Cuculus Plinii (Solanum Solanum nigrum. 

nigrum Gord.). 

72 Morsus gallinae (Anagallis phœnicea Anagallis arvensis 

mas, Pena Lob. Caes. Cam.). 

73 Been album (Lychnis alba Lob. Besl.) Lychnis diœca. 

74 Mercurialis, Linosostis mas. Mercurialis annua. 

22 75 Hedera terrestris. Glechoma hederaceum. 

76 Fumaria, Fumus terrae. Fumaria officinalis. 

77 Aristolochia longa (Arist. clematitis Aristolochiaclematitis. 

Diosc. Pline). 

23 78 Aquilegia. Aquilegia vulgaris. 
79 Vinca pervinca, Glematis daphnoides. Vinca minor. 

(1) Dans nos Recherches histor. sur les mots « plante mâle et plante 
femelle », nous avons expliqué que les anciens botanistes grecs appelaient 
Fougère mâle ou grand Pteris le Pteris aquilina, et Fougère femelle ou 
Thelypteris les Fougères de taille plus petite dont les frondes multiples 
naissent sur divers points du rhizome, c'est-à dire les divers Athyrion, 
Polystichon, Blechnon, etc. — L'interprétation à contre- sens faite par 
Dodoëns des mots Fougère mâle et Fougère femelle a été suivie par tous 
les auteurs modernes. 



56 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



NOM ECRIT DANS L HERBIER NOM MODERNE 



24 80 Apium aquaticum, A. palustre. Helosciadium ncdiflorum. 

81 Pilosella major. Hieracium pilosellum. 

82 Millefolium, Stratiotes. Achillea millefoliata. 

83 Verbena mortua (Marrubium aquati- Lycopus europaeus. 

eu m Trag. Lobel.). 

84 Rubus Sentis, Chamaebatos. Rubus fruticosus. 

25 85 Ascîepias, Vincetoxicum , Dompte - Vincetoxicum officinale . 

venin.). 

86 Symphytum magnum, Consolida major. Symphytum officinale. 

87 Blitum. Amarantus blitum . 

26 88 Salicaria, Lysimachia. Lythrum salicarium. 
89 Cyanus silvestris (Jacea nigra Gesn. Centaurea jacea. 

Tab. Ger. Besl. Dal.) 

27 90 Abrotonum silvestre (Abr. campestre Artemisia campestris. 

Tab. Ger.) 

91 Vitis nigra, Viburnum (GlematisMatth. Clematis vitalba. 

Cordus, Lobel.) 

92 Gramen vel Agrostis, Dent de chien. Cynodon dactylon. 

93 Lappa magna vel Bardana. Lappa major. 

28 94 Origanum, Marulanum d'Angleterre. Origanum vulgare. 

95 Buplithalmum , Oculus bovis (Bellis Leucanthemum vulgare. 

major Trag. Matth.) 

96 Rostrum porcinum , Altaraxacum . Lactuca scariola. 

(Lactuca silvestris Theophr., Dios- 
cor. et Pline). 

97 Endivia (Sonchus laevis Matth. Gesn. Sonchus oleraceus. 

Cord.). 

98 Gauda equina (Equisetum Matth. Ang. Equisetum arvense. 

Dod. Dal.). 

99 Been album. Silène inflata. 

29 100 Daucus (Staphylinos agriaDiosc, Pas- Daucus carota. 

tinaca agrestis Pline). 

101 Papaver erraticum rubrum (Rhoeas Papaver rhoeas. 

Theophr., Diosc. Pline). 

102 Helioscopia Diosc. Euphorbia helioscopia. 

30 103 Succisa, Morsus diaboli. Succisa pratensis. 

104 Solanum lignosum , Guculus (Dulca- Solanum dulcamarum. 
mara Dod. Dal.). 

31 105 Buglosea silvestris altéra, Spina mollis Echium vulgare. 

(Echion Diosc). 
106 Blitum, Pes anserinus. Ghenopodium hybridum. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 57 

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^"l ■§* NOM ÉCRIT DANS L'HERBIER NOM MODERNE 

a o C 

32 107 Linaria (Linon Diosc. ; — L. sativum Linum usitatissimum. 

Trag. Dod.). 

108 Sanguis draconis. Rumex sanguineus. 

109 Papaver corniculatum. Glaucium luteum. 

110 Filipendula. Spiraea filipendula. 

33 111 Tussilago farfara, Ungula caballina. Tusssilago farfara. 

112 Pastinaca sativa (dénomination er ■ Caucalis daucoides. 

ronée). 

113 Stœchas citrina. Helichrysum stoechas. 

114 Pinus. Abies picea. 

115 Tithymalus cyparissias. Euphorbia cyparissias . 

116 Pimpinella (Pimp. sanguisorba Dod. Poterium sanguisorbens. 

Matth.). 

34 117 Ceterach, Scolopendrium. Ceterach officinarum. 

118 Petroselinum macedonicum (feuille ra- indéterminé. 

dicale) . 

119 Centaurea minor, Febrifuga , Liai- Erythraea centauria. 

naeum. 

120 Verrucaria scorpioides. Heliotropium europaeum. 

35 121 Pastinaca agrestis Pline, Panax hera Pastinaca pratensis. 

cleum. 

122 Mintha silvestris aquatica. Mentha silvestris. 

123 Plantago aquatica. Alisma plantage 

124 Serpyllum. Thymus serpyllus. 

36 125 Herba Roberti (Géranium Robertianum Géranium Robertianum. 

Pena Lobel Dod.) 

126 Aconitum pardalianches, Lycoctonum Astrantia major. 

luteum (feuille radicale). 

127 Asarum. Asarum europaeum. 

128 Linaria lutea (Anthora Dod. Pena Lob. Aconitum anthoru m. 

Gesner). 

129 Liquiritia, Dulcis Radix (G-lycyrrhiza Glycyrrhiza glabra. 

Theoph. Diosc. Pline). 

130 Rubia sativa (dénomination erronée), Rubia peregrina. 

(Rubia silvestris Cord.Caes.) 

37 131 Abrotonum femina. Santolina chamaecyparissus. 

132 Ageratum minus (Balsamina Brunf. Tanacetum balsamita. 

Dod.) 

133 Piperitis (échantillon cassé). indéterminé. 

134 Brunella, Bugla (Bugula Dod.) Ajuga reptans. 

135 Ghamaedrys species. Veronica teucrium. 

136 Trifolium humile , Lagopus , Pes le- Trifolium arvense. 

poris. 



58 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



NOM ECRIT DANS L HERBIER NOM MODERNE 



38 137 Verbascum nigrum [dénomination er- Verbascum lychnitis. 

ronêe) (Verbascum album foemina 
sive Lychnitis Dod. Lob. Dal.) 

138 Androsaemum (Herba perforata Trag.) Hypericum perforatum. 

139 Chamaedrys mas. Teucrium chamaedrys. 

140 Trifolium pratense. Trifolium pratense. 

39 141 Saponaria. Saponaria officinalis. 

142 Palma Christi, Ricinus, Groton, Cata- Ricinus vulgaris. 

putia major. 

143 Hyoscyamus (H. niger Diosc. Pline, Hyoscyamus niger. 

Dod. Pena Lobel). 

144 Gnaphalium, Cotonaria, (Filago Dod. Filago germanica. 

Ger.). 

145 Iva artetica (Ghamaepitys mâle Diosc. Ajuga chamaepitys. 

— Abiga Pline.) 

40 146 Berberis. Berberis vulgaris. 

147 Erica. Calluna vulgaris. 

148 Ligustrum. Ligustrum vulgare. 

149 Beta rubra et candida. Beta vulgaris rapacea. 

41 150 Lingua cerviua. Scolopendrium officinale. 

151 Senecio, Erigeron. Senecio vulgaris. 

152 Gynoglossum verum, Lingua canis. Cynoglossum officinale. 

153 Fragaria. Fragaria vesca. 

154 Tormentilla (Pentaphyllum canum Tha- Potentilla argentea. 

lius). 

155 Nénuphar (1). Hydrocotyle vulgaris. 

42 156 Eupatorium adulterinum Fuchs (Gan- Eupatorium cannabinum. 

nabina aquatica mas Pena Lob. Col.) 

157 Flos sancti Nicolai (Gonyza major Inula conyza. 

Trag. Mat.th. Dod.) 

158 Absinthium ponticum. Artemisia pontica. 

159 Nigella romana (Nigella damascena Nigella damascena. 

Trag. Cordus). 

43 160 Amarantus minor. Celosia cristata. 

161 Lappa minor, Xanthium. Lappa minor. 

162 Tanacetum. Tanacetum vulgare. 

163 Apium. Petroselinum sativum, 



(1) Les noms Nymphaeaet Nénuphar étaient donnés autrefois à plusieurs 
plantes aquatiques, d'abord à celles qui portent encore aujourd'hui ce nom, 
puis à YHydrocharis morsus ranae, à Y Hydrocotyle et à la Villarsia nym- 
phaeoidea. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 59 



*=»"g ^^ NOM ECRIT DANS L HERBIER NOM MODERNE 

ES ES 

44 164 Zizyphus, Jujubier. Zizyphus vulgaris. 

165 Pas d'étiquette. Teucrium montanum. 

166 Ptarmica. Achillea ptarmica. 

167 Melilotus purpurea (Onobrychis Dod. Onobrychis sativa. 

Gesner) . 

45 168 Filix femina (Grand Pteris mâle de Pteris aquilina. 

Theophr., Diosc. Pline.) 

169 Ulmaria. Spiraea ulmaria. 

170 Rapunculus minor. Gampanula rotundifolia. 

171 Nasturtium silvestre. Lepidium graminifolium. 

172 Nummularia, Gentummorbia. Lysimachia nummularia. 

46 173 Siler montanum majus (Thalictrum Thalictrum flavum. 

minus Dod. Ger.) 

174 Viola silvestris. Viola stagnina. 

175 Saxifraga species (Bupleurum angusti- Bupleurum falcatum. 

folium Dod. Lobel). 

176 Pes leonis (Alchimilla Trag. Dod. Pena Alchimilla vulgaris. 

Lob. Gaes). 

47 177 Ruscus, Brusca. Ruscus aculeatus. 

178 Valeriana vulgaris. Valeriana officinalis. 

179 Laureola. Daphne laureola. 

180 Balsamina mas. Momordica balsamina. 

181 Siler montanum majus (Thalictrum Thalictrum majus. 

Dod.). 

48 182 Cardiaca, Lycopus (dénomination er- feuille indéterminée. 

ronêe). 

183 Panis porcinus ( Cyclaminos Diosc. Gyclaminos europaeus. 

Pline). 

184 Malva arborescens. Lavatera arbora. 

49 185 Seseli massiliense (feuille). indéterminé. 

186 Seseli peloponnesiacum. Libanotis montana. 

187 Cauda equina mas (Equisetum palus- Equisetum palustre. 

tre Lobel). 

188 Flammula vera. Glematis recta. 

50 189 Eryngium marinum. Eryngium maritimum. 

190 Angelica silvestris, radix sancti Spiri- Berula angustifolia. 

tus (Sium sive Apium palustre Fuchs, 
Gesn. Dal.). 

191 Lepidium (L. magnum Fuchs, Gordus). Lepidium latifolium. 

192 ^Ethiopis. Salvia aethiopis. 

193 Doronicum, Petasites odorum (Aconi- Doronicum pardalianches. 

tum pardalianches Matth. Dal.) 



60 HISTOIRE DES HERBIERS. 



T'i 7 -S. N0M ECRIT DANS L HERBIER NOM MODERNE 

SZ5*" iZ3 

194 Tithymalus myrsinites. - Euphorbia myrsinitis. 

51 195 Acanthus, Branca ursina (Àcanthus Acanthus mollis. 

mollis Virgile). 

196 Polygonatum, Sigillum Salomonis an- Epipactis latifolia. 

gustifolium Caesalpin, Epipactis la- 
tifolia Besler.) 

197 Artemisia monoclonos (Daléchamps). Ambrosia maritima. 

198 Tribulus marinus Dal. (Crithmum spi- Echinophora spinosa. 

nosum Dod. Tab. Ger.). 

199 Géranium (G. cicutifolium Pliue). Erodium cicutarium. 

200 Botrys. Chenopodium botrys. 

52 201 TargofAbrotonumcampestreTab.Ger.) Artemisia campestris variété. 

202 Doronicum romanum (feuille). indéterminé. 

203 Tithymali species (Tithym. verrucosus Euphorbia verrucosa. 

Dal.). 

204 Solanum Mandragora. Belladona baccifera. 

205 Barba caprae. Spiraea aruncus. 

53 206 Levisticum Brunf. Lobel, Hipposeli- Levisticum officinale. 

num silvestre. 

207 Garpinus (Evonymus Matth. Gesn.). Evonymus europaeus. 

208 Raphanus (feuille). Cochlearia armoracia. 

209 Sanguisorba(ChamaedrysDiosc. Pline). Veronica chamaedrys. 

210 Fructus indicus. indéterminé. 

211 Anticora. Seseli gummiferum. 

54 212 Herba tinctorum (Genista tinctoria Genista tinctoria. 

Dod.). 

213 Mandragora. Belladona baccifera. 

214 Sanguisorba, Pimpinella major. Sanguisorba officinalis. 

215 Dens leonis. Taraxacum Dens leonis. 

216 Thlaspi species. l'échantillon manque. 

55 217 Pastinaca agrestis species. Orlaya grandiflora. 

218 Gonyza (Conyza aquatica Gesn. Thaï.). Pulicaria dysenterica. 

219 Pas d'étiquette. Reseda phyteuma. 

220 Lithospermum , Milium solis (L. sil- Lithospermum arvense var. 

vestre Trag. Fuchs, Dod.). incrassatum. 

221 Potamogiton. Potamogiton natans. 

56 222 Sigillum Salomonis latifolium. Polygonatum vulgare. 

223 Lysimachia species. Euphorbia lathyris. 

224 Iva moschata ( Chamaedrys femina Teucrium botrys. 

Dod. Caes. Dal.). 

225 Scabiosa species. Scabiosa columbaria. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



61 



NOM ECRIT DANS L HERBIER 



NON MODERNE 



57 226 Gallium. G. e rectum. 

227 Verbena recta. Lycopus europaeus. 

228 Atractylis minor, Carthamus agrestis Garlina vulgaris. 

(Carlina vulgaris Dod. Glus.). 



229 Rhamnus secundus Matth. Dod. 



Hippophaes rhamnoideum. 



58 230 Polytrichum Gaes.(TrichomanesDiosc) Asplenium tricliomaiies. 

231 Mentha rubra. Mentha rubra. 

232 Mentha vera. Mentha sativa. 

233 Fœniculum marinum (Grithmon Diosc.) Crithmum maritimum. 

234 Pas d'étiquette. Olea europaea. 

235 Pedicularis altéra (feuille). indéterminé. 

59 236 Ambrosia Matth. Dal . ( Abrotonon Artemisia campestris variété. 

campestre. Cam. Ger.). 

237 Crocus (G. vernus Clus.). 

238 Gistus mas, Ladanum marinum mas. 

239 Hedera terrestris species. 

240 Securidaca (échantillon cassé). 

241 Piper {dénomination erronée). 

242 Cistus femina, Ladanum marinum. 

60 243 Cedrus. 

244 Allium silvestre (échantillon cassé). 

245 Tormentilla. 

246 Anémone silvestris. 

247 Bellis (échantillon cassé). 

248 Sideritis tertia (dénom. erronée). (Scro 

phularia Ruta canina Pena Lob. Dal.) 

61 249 Scabiosa species. 

250 Sonchus cicerbita, Laiteron. 

251 Ranunculus. 

252 Géranium prima species. 



Crocus vernus. 


Gistus albidus. 


Veronica agrestis. 


indéterminable. 


Myrtus communis. 


Gistus salvifolius. 


Thuya. 


indéterminable. 


Potentilla tormentilla. 


Pulsatilla rubra. 


indéterminable. 


Scrophularia canina. 



62 253 Pastinaca, Staphylinos. 

254 Eupatorium (cassé). 

255 Amygdalus arbor. 

256 Stellaria (Mollugo Dod. Dal.). 



Knautia arvensis. 
Sonchus oleraceus. 
Ranunculus repens. 
Géranium rotundifolium. 

Pastinaca sativa. 
indéterminé, 
indéterminé. 
Galium mollugo. 



63 257 Vitis alba, Ampelos leuce. Bryonia diœca. 

258 Scrophularia minor (Ficaria Brunf.). Ficaria ranunculoidea. 

259 Ranunculus, Batrachium silvestre. Ranunculus acris. 

260 Cauda vulpina (Alectorolophos Ang.). Rhinanthus glaber. 

64 261 Pas d'étiquette. Astragalus glycyphyllus. 
262 Artemisia species (dénomination er- Senecio erucifolius. 

ronée (Jacobaea altéra Dod.). 



62 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



—.s —42 

•a s ts <*s 



NOM ECRIT DANS L HERBIER 



263 Pas d'étiquette (Valeriana palustris 

minor Lob. Dod. Dal.). 

264 Lysimachia purpurea (Lithosp. alte- 

rum Ang.). 

265 Pas d'étiquette. 

266 Ruta (R. graveolens hortensis Dod.). 



NOM MODERNE 

Valeriana diœca. 

Lithospermum purpureocae- 

ruleum. 
Polygala vulgare. 
Ruta graveolens. 



Angelica silvestris. 
Salvia sclarea. 



65 267 Barba hirci (Tragopogon Théophr. Tragopogon pratensis. 
Diosc. Pline). 

268 Pas d'étiquette. 

269 Gallitrichum (Sclarea hortensis Matth. 

Gesner). 

270 Pas d'étiquette (Senecio fœtidus Gesn. 

Dal.). 

271 Pas d'étiquette. 



Senecio viscosus. 
Hippocrepis comosa. 



66 272 Nepeta Trag. (Herba cattaria Matth.). Nepeta cataria. 

273 Pas d'étiquette. Lithospermum officinale. 

274 Psyllium. Plantago psyllium. 

275 Veronica. Veronica teucrium. 

67 276 Platanus latifolius, Sycomorus arbor. Acer pseudoplatanus. 

277 Absinthium vulgare (dênom. erronée). Pyrethrum corymbosum. 

278 Myrtillus. indéterminé. 

279 Ammi. Ammi majus. 

280 Taxus, If. Taxus baccata. 



68 281 Priapeià (Nicotiana Lon. Dal.), 

282 Siliquastrum arbor. 

283 Pistacia arbor. 

284 Capsa. 

69 285 Been rubrum. 

286 Paeonia mas média. 

70 287 Seseli aethiopicum Diosc. 
288 Gonsiligo Plinii. 

71 289 Lupinus (fruit). 

290 Cytisus. 

291 Anthémis. 

292 Glastum. 

72 293 Seseli peloponnesiacum. 

294 Seseli massiliense. 

295 Asparagus silvestris, Corruda. 

296 Tamarix. 

297 Garthamus. 



Nicotiana tabaca. 
Cercis siliquastrum. 
Pistacia terebinthus. 
Zygophyllum fabago. 

Silène conica. 
Paeonia peregrina. 

Bupleurum fruticosum. 
Falcaria Rivini. 

Lupinus. 

Cytisus laburnum. 
Anthémis tinctoria. 
Ghrysanthemum segetale. 

Laserpitium latifolium. 
Peucedanum cervarium. 
Asparagus acutifolius. 
Tamarix gallica. 
Carthamus tinctorius. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 63 

î6 «S 

— ' © — * as . 

^I ^ NOM ÉCRIT DANS L 'HERBIER NOM MODERNE 

73 298 Androsaemum. Hypericum androsaemum. 

299 Teucrium majus. Teucrium fruticans. 

300 Lotus arbor (L. celtis Dal.). Geltis australis. 

74 301 Laserpitium (Ostruthium Dod. Lon.). Imperatoria ostruthium. 

302 Stellaria (Asperula odorata Dod.). Asperula odorata. 

303 Sanicula. Sanicula europaea. 

75 304 Nigella romana (N. damascena Trag. Nigella damascena. 

Cord.), 

305 Semen massiliense. Pastinaca sativa. 

306 Paliurus. Paliurus aculeatus. 

76 307 Gramen variegatum. Phalaris variegata. 

308 Acetosella. Rumex acetosellus. 

309 Cruciata. Galium cruciatum. 

310 Platanus (fruit). Acer pseudoplatanus. 

77 311 Polemonium (P. monspeliensium Pena Jasminum fruticans. 

Lob. Dal.; Trifolium fruticans Dod.). 

312 Gicuta (l'échantillon manque). 

313 Pas d'étiquette (Veronica mas Fuchs, Veronica officinalis. 

Lon. Dod. Dal.). 

Désireux de savoir ce que devint ultérieurement notre com- 
patriote Jehan Girault, nous nous sommes mis à sa poursuite et 
nous croyons l'avoir atteint. Notre étudiant en chirurgie serait 
allé à Paris pour s'y perfectionner sous la direction d'un habile 
professeur nommé Richard Hubert, et il aurait ensuite acquis 
une grande réputation comme lithotomiste. C'est à lui, suivant 
nous, que s'applique la mention suivante insérée dans Y Index 
funereus chirurgorum parisiensum ab anno 1315 ad an- 
num 1729: « Joannes Girault, lithotomus fama insignis, obiit 
maii anni 1608». Par conséquent, si notre opinion est fondée, 
et en admettant que Girault avait vingt ans en 1558 alors qu'il 
faisait un herbier, après avoir suivi les leçons de Jacques Da- 
léchamps et pendant qu'il étudiait la Chirurgie sous « monsieur 
Canappe, » il serait mort à Paris à l'âge de 70 ans. Quelques 
explications sont nécessaires pour l'intelligence du titre de li- 
thotomus fama insignis qui lui est donné dans le susdit Obi- 
tuaire. 

On sait qu'un chirurgien nommé Germain Colot introduisit en 
France une opération qu'il avait vu pratiquer en Italie, nous 



64 HISTOIRE DES HERBIERS. 

voulons parler de la taille périnéale pour extraire les calculs 
vésicaux. Il garda le secret du procédé et le transmit à son fils, 
Laurent Colot, lequel fut nommé, en 1556, lithotomiste royal (1). 
Philippe Colot succéda à son père Laurent dans la fonction d'opé- 
rateur du Roy; mais craignant que le secret possédé par lui 
seul ne se perdit par le fait d'une mort imprévue; trouvant 
d'ailleurs trop pesante la tâche d'opérateur, à cause du grand 
nombre des malades et des obligations que lui imposait sa 
fonction de chirurgien du roy Henri IV, il se décida à initier 
deux jeunes chirurgiens à la connaissance de son procédé d'ex- 
traction des calculs vésicaux. L'un de ces chirurgiens fut Jean 
Girault, à qui il donna sa fille aînée en mariage, à condition 
qu'il instruirait son fils François, encore enfant. Philippe Colot 
eut lieu de se féliciter de la détermination qu'il avait prise, car 
quelques années après il eut besoin de subir lui-même l'opéra- 
lion dont il avait confié le secret à Girault. Après la mort de 
Philippe, une association fut établie entre François Colot, Jean 
Girault et Jacques Girault, fils de Jean Girault. 

L'autre jeune chirurgien initié par Philippe Colot à la con- 
naissance du procédé de taille périnéale fut Severin Pineau de 
Chartres, cité aussi dans V Index funereus: « Severin Pineau 
carnotensis (de Chartres), lithotomus insignis, ires disserta- 
tiones scripsit lingua vernacula super calculi e vesica extra- 
hendi inventionem et operationem. Obiit Collegii Decanus, 29 
novemb, anni 1619 ». Par cette citation, on voit que Pineau 
divulgua l'art d'extraire les calculs de la vessie et mourut comblé 
d'honneurs. Au contraire, dit Quesnay dans son Histoire de 



(1) L'appellation lithotomiste est tout à fait impropre. L'opération de la 
taille consiste à couper l'urèthre (urêthrotomie) comme le faisaient les Colot 
et leur associé Jean Girault, ou la vessie (cystotomie) à travers le périnée 
suivant le procédé autrefois décrit par Celse, ou à travers la région sus-pu- 
bienne d'après la méthode de Franco, afin de pratiquer l'extraction {exérèse) 
des calculs vésicaux. L'emploi si malheureusement fait par les chirurgiens 
du mot lithotomie, au lieu de lithéxérèse, est la conséquence d'une fausse 
interprétation d'un passage de la Médecine de Gelse, dans lequel il est dit. 
que lorsque, après avoir incisé la vessie, on constate que la pierre est trop 
grosse pour être extraite, il faut la fendre en deux au moyen de l'instrument 
imaginé par Ammonius, lequel reçut, à cause de cette invention, le surnom 
de lithotomos. Gomme on le voit, la cystotomie et la lithotomie, dont la 
lithotripsie des modernes est une variante perfectionnée, étaient déjà connues 
des anciens chirurgiens de la Grèce et de l'Italie. On a sans doute remarqué 
que nous disons lithotripsie, et non lithotritie, parce que ce dernier mot 
viole la règle qui défend l'association d'un substantif grec avec un participe 
latin. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 65 

V origine et des progrès de la Chirurgie en France (in-4° Paris, 
1749, p. 261), « Jean Girault s'abstint de dévoiler le secret des 
Colot dont il était dépositaire et n'en fit aucune mention dans le 
Traité des opérations publié à Paris un an et demi après sa 
mort, en 1610 dans la seconde édition delà Chirurgie française 
de Daléchamps (in-4°, 664 pages). Ce Traité des opérations 
est un monument de son adresse et de son scavoir, il prouve 
que Jean Girault ne brillait pas seulement par le talent mé- 
chanique mais encore par les qualités de l'esprit. » 

François Colot survécut à Jean Girault ; On lui attribue un 
Traité de Y Opération de la taille trouvé, dit-on, dans ses pa- 
piers et qui ne fut publié que longtemps après sa mort, en 1727. 
Nous en avons extrait quelques renseignements sur les motifs 
qui déterminèrent François Colot à prendre pour collaborateurs 
Girault et Severin Pineau (1). 

Nous venons de dire que Jean Girault avait voulu que son 
Traité des opérations fût joint à la Chirurgie française de Da- 
léchamps. Ce fait fournit, à notre avis, une grave présomption 
en faveur de l'identité du célèbre lithotomiste avec Jean Girault 
qui, en 1558, faisait un herbier sous la direction de Jacques 
Daléchamps et étudiait la Chirurgie « sous monsieur Canappe ». 
Nous savons d'ailleurs que l'associé et successeur des Colot 
était uni à Daléchamps par les liens d'une sincère amitié, comme 
le dit l'abbé Joly dans ses Éloges de quelques auteurs français 



(1) Dans l'ouvrage posthume attribué à François Colot, le nom de Girault 
est écrit Gyrault. Cette variante n'a pas d'importance, car on sait combien 
était fréquente autrefois la permutation de Vi en y. Une autre différence, 
plus grave en apparence, est l'attribution du prénom Restitut au lieu de 
celui de Jean. Suivant nous, et en admettant qu'il n'y a pas eu d'erreur com- 
mise par les éditeurs du Traité de l'opération de la taille, il est présumable 
que Girault, de même qu'un grand nombre d'individus s'appelant Jean-Jac- 
ques, Jean-Pierre, Jean-Marie, etc., avait deux prénoms: Jean Restitut. 
L'omission du premier ne peut jeter aucune incertitude relativement à l'iden- 
tité du collaborateur de François Colot, dénommé par celui-ci Restitut 
Gyrault et par tous les autres historiens, Jean Girault. A plus forte raison 
n'y a-t-il pas lieu de s'inquiéter de deux fautes typographiques que Haller a 
laissé subsister, par inadvertance, dans sa Bibliotheca chirurgica, où le 
nom de notre chirurgien est écrit J". Gerault aux pages 224 et 225 du tome I, 
puis Henri Girauld à la page 650 de la table qui termine le tome II. Toute- 
fois, il est bon de constater que daus le texte principal le nom de Jean 
Girault est correctement orthographié à la page 287 du tome l 8r . Enfin, pour 
qu'il ne reste aucun doute relativement à l'orthographe du nom de notre 
chirurgien, nous rappelons le titre de l'ouvrage publié en 1610, à la suite de 
la Chirurgie française, de Daléchamps : Traictê des opérations particu- 
lières, facilitées et éclair cies par Maistre Jean Girault, maistre chirurgien 
juré, à Paris. 



6$ HISTOIRE DES HERBIERS. 

(Dijon, 1742, p. 350) : « Daléchamps eut de son vivant beaucoup 
d'admirateurs et amis. Parmi ces derniers il faut citer surtout 
les fameux chirurgiens ximbr. Paré, Jacques Roy, Jean Riolan 
et Jean Girault. Celui-ci inséra son Traité des opérations h la 
suite de la Chirurgie française, publiée à Paris en 1610 (1). » 

Une seconde présomption en faveur de notre jthèse, résulte 
de l'absence du nom de Girault dans la liste des chirurgiens 
lyonnais de la seconde moitié du XVI e et du commencement du 
XVII e siècle. De sorte que, vraisemblablement, le jeune Jean 
Girault n'a pas exercé son art dans la ville où il avait fait ses 
études chirurgicales. Aussi, trouvant un Jean Girault parmi les 
chirurgiens de Paris, nous avons cru pouvoir, sans trop de té- 
mérité, le revendiquer comme nôtre. 

La démonstration serait singulièrement facilitée si l'auteur 
de l'Obituaire des chirurgiens de Paris avait eu soin d'ajouter 
au nom de Jean Girault l'épithète de lugdunensis qu'il a jointe 
aux noms de trois autres chirurgiens, Fabian Garde, chirurgien 
du Roy, mort le 9 mai 1616, Charles Serres, mort le 20 août 1659 
et Georges Bouclier, mort le 20 octobre 1702. Par une exception 
regrettable, aucune indication n'est donnée relativement à la 
patrie de J. Girault, alors que le lieu de naissance de presque 
tous les chirurgiens de Paris est mentionné (2). 



(1) La Chirurgie française, de Daléchamps, contient une traduction du 
livre VI de la Chirurgie, de Paul d'^Egine, suivie de longs commentaires 
tirés en partie des œuvres d'Hippocrate, de Galien, de Celse, d'Aétius, d'Avi- 
cenne, d'Albucasis, de Guy de Chauliac, d'Ambroise Paré, de Lanfranc, de 
Castellan et de Claude Charpentier. La plupart des figures sont empruntées 
à Ambroise Paré. Il est probable que tous les paragraphes intitulés « autres 
annotations » ont été composés par l'éditeur. Il est d'ailleurs certain qu'ils 
n'ont pas été écrits par Daléchamps, lequel n'aurait pas pu dire : Je ren- 
voyerai le lecteur studieux au commentaire qu'en afaict le docte Daléchamps 
(p. 477) ; — il n'y a rien icy d'oublié, tant de la part de l'autheur que du 
très docte interprète (p. 518) ; — le docte Daléchamps a faict un excellent 
traicté des fractures (p. 538). 

Le Traicté des opérations, qui termine la Chirurgie française (p. 625 à 
656), est entièrement de la main de maistre Jean Girault. Il contient la des- 
cription du procédé imaginé par Girault pour opérer la fistule à l'anus, puis 
celle d'un instrument propre à cautériser la fistule lacrymale, d'un autre pour 
la paracentèse abdominale, de ceux qu'employait Girault pour l'opération du 
bec-de-lièvre, d'une aiguille à séton, d'un spéculum or is et enfin du spéculum 
vaginal d'Honoré Barbier. 

(â) En lisant cette liste, nous avons remarqué, non sans quelque étonne- 
ment, que malgré la lenteur et la difficulté des moyens de communication à 
cette époque, la plupart des chirurgiens de Paris étaient originaires des 
diverses provinces de la France. Il en était venu de Mézières, Pont-à-Mous- 
son, Nancy, Langres, Reims, Dijon, Besançon, Verdun, Chalon-sur-Saône, 



histoire des herbiers. 67 

Herbier de Césalpin. 

L'herbier de Césalpin porte la date de 1563. Il tut fait en deux 
exemplaires dont l'un, offert au grand duc de Toscane Corne I, 
a été perdu. L'autre, dédié à Alphonse Tornabuoni, évêque de 
Florence, passa d'abord à la famille Pandulphi et resta inconnu 
jusqu'en 1717, époque à laquelle le botaniste florentin, Micheli, 
le découvrit dans la bibliothèque du palais Pandulphi. Micheli 
inscrivit, au-dessous des noms grecs et latins écrits par Césalpin, 
les dénominations employées dans les Institutiones rei herba- 
riae de Tournefort et composa une notice descriptive qu'on n'a 
jamais publiée. L'herbier de Césalpin retomba de nouveau dans 
l'oubli et fut une seconde fois découvert, en 1818, par Octave 
Targioni, dans la bibliohèque des Nencini, héritiers des Pan- 
dulphi. Il fut acheté pour la bibliothèque palatine de Toscane et 
enfin transporté, en 1844, au Musée d'histoire naturelle de Flo- 
rence. Par les soins de Parlatore, les plantes furent empoison- 
nées et distribuées en trois volumes en laissant un feuillet blanc 
à la suite de chaque page. 

Sauf quelques dégâts faits par les insectes parasites, la plu- 
part des plantes sont bien conservées et faciles à reconnaître. Ce 
sont des espèces récoltées en diverses parties de la Toscane et 
quelques plantes cultivées dans les jardins. L'herbier se com- 
pose de 260 feuillets in-folio numérotés et portant 768 plantes 
collées sur le papier. A côté de chaque échantillon, Césalpin a 
écrit le nom grec, le nom latin et le nom italien. Sur la première 
page est une lettre en italien adressée par Cesalpino (1) à 
Alphonse Tornabuoni. L'auteur explique que la collection des 
plantes sèches qu'il offre à Tornabuoni contient les spécimens de 
toutes les espèces mentionnées dans son Traité de plantis; puis 
il justifie la classification et la nomenclature adoptées par lui. 



Mâcon, Lyon, Vienne, Grenoble, Brignoles, Aix, Arles, Avignon, Beaucaire, 
Montpellier, Toulouse, Rodez, Gondom, Bayonne, Bordeaux, le Mans, 
Angers, Poitiers, Limoges, Orléans, Tours, Bourges, Chartres, Chateaudun, 
Nantes, Rouen, Harfleur, Valogne, Avranches, Caen, Pont-1'Évêque, Beau- 
vais, Senlis, Meaux, Noyon, Laon, Soissons, St~Quentin, Amiens, Péronne, 
Boulogne-sur-Mer, etc., etc. Nous avons même noté deux Ecossais, un 
Anglais et un Milanais. Il est juste d'ajouter que dans la liste il y a aussi 
des Parisiens de Paris. 

(1) C'est à tort que quelques auteurs écrivent Cesalpini le nom du célèbre 
naturaliste d'Arezzo. On a deux lettres de lui portant la signature Cesalpino. 



68 HISTOIRE DES HERBIERS. 

A la suite de cette lettre, se trouvent deux tables par ordre alpha, 
bétique contenant, la première les noms grecs, la seconde les 
noms latins et italiens avec l'indication des numéros correspon- 
dants des feuillets de l'herbier. 

L'ordre suivant lequel les plantes sont distribuées nous paraît 
pouvoir être indiqué de la manière suivante par rapport aux 
familles naturelles de la nomenclature moderne, à l'exception 
des numéros 1 à 63, lesquels appartiennent à des arbres et 
arbrisseaux, formant une première classe, suivant la tradi- 
tion Théophras tique. 

1 à 63 Arbres et arbustes. 497 — 503 Gentianées. 

64 — 108 Ombellifères. 504 — 508 Fumariées , Papavéracées. 

110 — 114 Valérianées. 513 — 518 Apocynées , Asclépiadées. 

119 — 129 Borraginées. 519—522 Onagrariées. 

132 — 160 Polygonées,Chénopodiées, 523 — 528 Convolvulacées. 

Salsolacées , TJrticées , 532 — 558 Crucifères. 

Plumbaginées , Parony- 559 — 563 Rubiacées. 

chiées. 577 — 594 Euphorbiacées. 

164 — 170 Mousses, Lycopodiacées , 595—624 Liliacées, Amaryllidées. 

Equisetées. 625 — 631 Orchidées. 

171—258 Composées, Dipsacées. 632—637 Hypericinées. 

259 — 278 Graminées. 645 — 662 Violariées , Résédacées , 
279—291 Cypéracées, Joncées, Ty- Cistinées, Oxalidées, Li- 

phacées. nées, Capparidées, Nym- 

292 — 351 Labiées. phaeacées. 

366 — 384 Daphnoidées , Smilacées , 666 — 671 Campanulacées. 

Aroidées. 672 — 682 Rosacées. 

386— 402 Solanées. 688—697 Malvacées. 

403—419 Silénées, Alsinées. 700 — 726 Renonculacées. 

420—429 Primulacées, Plantaginées. 728—734 Geraniées. 

430 — 462 Papilionacées. 771 — 750 Crassulacées. 

463—492 Verbascées,Scrophulariées. 753—768 Fougères et Algues. 
493—495 Saxifragées. 

Les numéros omis dans la précédente liste correspondent à 
des plantes que Césalpin n'a pas su grouper suivant leurs affi- 
nités naturelles. A part ces irrégularités peu nombreuses, l'her- 
bier du botaniste d'Arezzo est remarquable par son ordonnance 
systématique et dénote un esprit généralisateur qui manquait 
aux autres botanistes du XVI e siècle (1). Pour plus amples dé- 
tails, nous renvoyons à l'excellente Notice de M. Caruel, déjà 
citée page 1. 

(1) Les physiologistes savent que Césalpin a démontré, par la dissection, 
un fait biologique dont Michel Servet avait eu l'intuition, ainsi qu'on le voit 
par une phrase intercalée, on ne sait pourquoi, dans le traité théologique De 



histoire des herbiers. 69 

Herbier de Rauwolf. 

La quatrième collection de plantes sèches est, suivant l'ordre 
chronologique, celle de Rauwolf. Elle se recommande à l'atten- 
tion des botanistes par plusieurs mérites qu'il importe de faire 
ressortir. En premier lieu, elle a été préparée avec un tel soin 
que la plupart des échantillons, après 325 années, semblent 
avoir été récemment cueillis. Aussi fa-t-elle excité l'admiration 
de tous les connaisseurs parmi lesquels nous citerons Morison, 
Ray, Plukenet, Bobart et Breyn. Dans une lettre écrite en 1692 
à Jean Ray, Hatton assure qu'un anglais sollicita Isaac Vossius, 
qui en était l'heureux possesseur, de la lui céder moyennant 
400 livres Sterling* (10000 fr.), somme énorme pour l'époque. Il 
n'est personne, même parmi les moins connaisseurs, qui, en 
voyant ces magnifiques volumes, ne déclare aussitôt qu'il est 
impossible d'en trouver de plus précieux (1). 

Parmi les quatre volumes de l'herbier de Rauwolf, il en est 



Trinitatis erroribus, lib. VII (Basileae. 1531), nous voulons parler du mou- 
vement du sang qui, chassé du ventricule droit du cœur dans l'artère pulmo- 
naire, traverse les poumons et revient par les veines pulmonaires à l'oreillette 
gauche. Le passage suivant des Questiones peripateticae, de Gésalpin (lib. V, 
cap. IV, fol. 125), ne laisse aucun doute à cet égard : « Idcirco pulmo per 
venam arteriis similem ex dextro cordis ventriculo sanguinem hauriens, 
eum per anastomosim arteriae venali reddens, quae in sinistrum cordis ven- 
triculum tendit. Huic sanguinis circulationi ex dextro cordis ventriculo per 
pulmones in sinistrum ejusdem ventriculum optimè démon strant ea quae 
dissectione apparent. 

Dans son traité de Plantis (lib. I, cap. 2, 1583 Florentiae), Césalpin, 
comparant les végétaux aux animaux, dit que chez ceux-ci le sang est porté 
par les artères dans toutes les parties du corps, et il y a lieu de croire, bien 
qu'il ne le répète pas, que le fait est, suivant lui, démontré par la dissection 
des vaisseaux sanguins : « Nam in animalibus videmus alimentum per venas 
duci ad cor tanquam ad officinam caloris insiti, et adepta ultima perfectione, 
per arterias in universum corpus distribui. » — Il était réservé à l'illustre 
Harvey de compléter la théorie de la circulation du sang en démontrant que 
le sang revient, par les veines, de toutes les parties du corps, jusque dans 
l'oreillette droite. — Exercit. duo anat. de circul. sang. Rot., 1649. — De 
motu cordis et sanguinis circulo exercit. anat. London, 1660. 

En rappelant la part de Césalpin dans la découverte de la circulation du 
sang, nous avons voulu prouver que les faiseurs d'herbiers ne sont pas tous 
des simples, comme le disait un jour un célèbre astronome français, qui 
ne se gênait pas pour déclarer en quelle mince estime il tenait les botanis- 
tes et la Botanique. 

(1) I hâve heard Isaac Vossius déclare above 400 L. Sterling had been 
offer'd for the 4 specious Volumes he had of dried Plants collected by Rau- 
wolfius; and to most Strangers, who came to see his deservedly famed 
Library, he constantly shewd'dthoseamongsthis other most valuableBooks. 



70 HISTOIRE DES HERBIERS. 

un, en particulier qui avait un prix inestimable au XVI e siècle 
parcequ'il renfermait les plantes rapportées par Rauwolf de la 
Syrie, de la Judée, de l'Arabie, de la Mésopotamie, de l'Assyrie 
et de l'Arménie, contrées dont la végétation était presque com- 
plètement inconnue des botanistes. Il est vrai que déjà, en 1555, 
dans son livre intitulé : « Observations de plusieurs singula- 
rité* et choses mémorables trouvées en Grèce, Asie, Judée, 
Egypte, Arabie, et autres pays estr anges », Pierre Belon 
avait cité les noms de 275 plantes de l'Orient, mais il n'avait 
donné aucune description et il n'avait rapporté de son voyage 
que quelques graines. 

Enfin, l'herbier de Bauwolf est beaucoup mieux connu que 
celui d'Aldrovandi, attendu que les plantes orientales qui com- 
posent le quatrième volume ont été énumérées par Gronovius 
dans un livre imprimé à Leide, en 1755, sous le titre de « Flora 
orientalis, sive recensio plantarum quas botanicorum cory- 
phaeus Leonhardus Rauwolfius medicus augustanus annis, 
1573, 1574 et 1575, observavit et collegit, earumdemque spe- 
cimina nitidissime exsiccata et chartae adglutinata in volu- 
men retulit. » 

A cause des motifs que nous venons d'énumérer, nous croyons 
qu'il ne sera pas sans intérêt de donner quelques détails sur la 
vie de Eauwolf et sur la collection de plantes qu'il a formée. 
Rauwolf est né à Augsbourg (1). De 1560 à 1563 il visita la 
Savoie, le Genevois, le Lyonnais et le Dauphiné, puis la Pro- 
vence, le Languedoc et l'Auvergne. Les plantes qu'il récolta 
pendant ce voyage forment les deux premiers volumes de son 
herbier. 

En 1563, il passa en Italie, visita Padoue, Vérone, Mantoue, 
Ferrare, Bologne, Florence, Modène, Plaisance, Parme, puis il 
franchit le Gothard, parcourut les pays de Lucerne, de Zurich, 
de Bâle, et enfin le Schwarzwald. Les 200 plantes récoltées 
durant ce second voyage forment le troisième volume de 
l'herbier. 

Au mois de mai 1573, il s'embarqua à Marseille et aborda en 
Syrie où il parcourut la contrée de Tripoli, de Damas et d'Alep, 



(1) Suivant une coutume adoptée par plusieurs naturalistes du XVI e siècle, 
et notamment par Bock, qui avait hellénisé son nom en Tragus (bouc), 
Rauwolf avait pris le surnom de Basylycus (loup hérissé). 



HISTOIRE DES HERBIERS. 71 

puis la Mésopotamie. A partir de Birra il suivit le cours del'Eu- 
phrate jusqu'à Racha. Après avoir traversé les déserts de l'Ara- 
bie, il passa à Schara, Ana, Hadid, Juppé, Idt et enfin arriva à 
Elugo, ville bâtie sur l'emplacement de l'antique Babylone. 
Ensuite il alla à Bagdad, Scherb, Schilb, Tauck, Carcuck, Har- 
pel et Mossoul près des ruines de Ninive, revint d'Assyrie en 
Mésopotamie, puis, retourna à Tripoli. De là, il explora le Liban, 
les territoires de Jaffa, de Rama, de Jérusalem et de Bethléem 
et, pour la troisième fois, les environs de Tripoli. Enfin il s'em- 
barqua pour Venise et rentra à Augsbourg où, après avoir 
exercé la médecine pendant 32 ans, il mourut en 1596. 

La relation de son voyage, écrite d'abord en dialecte souabe, 
fut traduite en latin sous le titre de : « Hodoeporicum sive iti- 
nerarium Orientis in Syriam, Judaeam, Arabiam, Mesopota- 
miam, Babyloniam, Assyriam, et Armeniam. L'édition latine 
est très rare, ce que nous regrettons d'autant plus que, suivant 
Melchior Adam, elle contenait en appendice une Histoire des 
plantes du Lyonnais. Nous connaissons deux traductions en 
allemand, une en anglais, et une quatrième, très défectueuse, 
en langue hollandaise. La seconde édition allemande est la 
meilleure et a été imprimée, en 1583, à Lauhingen, en un 
volume in-4°de487 pages avec préface de 22 feuillets, Elle est 
divisée en quatre parties dont la dernière contient la description 
d'un grand nombre de plantes et 42 figures sur bois qui, à 
l'exception de quatre, sont assez exactes et artistement des- 
sinées. 

L'herbier de Rauwolf, après être resté cent ans inconnu à 
Augsbourg, fut enlevé par les Suédois pendant la guerre de 
Trente Ans et donné à la reine Christine. Celle-ci en fit présent 
à Isaac Vossius, lequel l'emporta en Angleterre, puis à la Haye. 
Enfin, les héritiers de Vossius le vendirent à la ville de Leide 
qui le possède encore actuellement et ne paraît pas disposée à 
s'en dessaisir, quel que soit le bénéfice offert sur le marché con- 
clu autrefois par ses intelligents magistrats avec les descen- 
dants de Vossius (1). 



(1) En écrivant ces mots, nous pensons à la ville d'Upsal, qui a laissé 
vendre à un Anglais, un vrai connaisseur, celui-là, l'herbier incomparable 
de Linné. On sait que cette collection se trouve actuellement à la Biblio- 
thèque de la Société linnéenne de Londres. 



72 HISTOIRE DES HERBIERS. 

Voici les renseignements qu'a bien voulu nous communiquer 
M. Boerlage, conservateur de l'herbier de l'État, à Leide : 

La collection de Rauwolf se compose de quatre volumes in- 
folio, contenant 972 plantes, dont 634 récoltées de 1560 à 1563, 
en France, en Savoie, en Suisse et en Italie, sont renfermées 
dans les trois premiers volumes. Les échantillons sont collés sur 
les deux faces des feuillets. Les 338 autres plantes ont été récol- 
tées de 1573 à 1575, pendant le voyage de Rauwolf en Orient, 
et sont renfermées dans le quatrième volume. Celui-ci a une 
reliure en bois recouvert de cuir, avec coins et serrure en cuivre 
gravé. Les feuillets sont de papier très-épais, revêtu sur les 
marges de fortes bandelettes de papier marbré, de telle manière 
que les plantes sont enfermées dans une sorte de cadre offrant 
le double avantage de préserver les échantillons de toute lésion 
que pourraient faire les personnes qui ouvrent le volume et de 
produire une occlusion hermétique quand celui-ci est fermé. 
C'est sans doute ce mode de fermeture qui a empêché l'invasion 
des insectes et assuré la parfaite conservation des plantes. Les 
échantillons ont été fortement comprimés et collés solidement 
sur les feuillets. 

Le titre est orné de plusieurs dessins coloriés, représentant, 
en haut Jésus à Gethsemané, en bas l'entrée du Christ à Jérusa- 
lem, ^droite un médecin (est-ce le portrait de Rauwolf?) tenant 
une fleur à la main, à gauche un paysan occupé à bêcher la 
terre. Au-dessous de ces figures sont dessinées des corbeilles 
de fleurs, et enfin des anges sont représentés sur les quatre 
angles. 

Au milieu est l'inscription suivante dont on remarquera l'or- 
thographe archaïque : 

« Vierte Kreutterbuech darein vil schone und frembde 
Kreutter durch den hochgelehrten Herrn Leonhard Rauwolf der 
Artzney Doctorn unnd der Stadt Augspùrg bestellten Medicum 
gar fleissig eingelegt unnd aufgemacht worden. Welche er nit 
allain in Piémont umbt Nissa unnd in der Provincia umb Mar- 
siglia sonder auch in Syria an dem Berge Libano auch durch 
Arabiam neben dem Fluesz Euphrate in Chaldea Assyria Arme- 
nia Mesopotamien unnd andern Orten in seinen mitt Gottes 
hilffvolbrachten dreijarigen Rayzen mit groszer Muehe arbait 
gefehrligkkhait unnd uncosten berkhùmen hat davon er auch 



HISTOIRE DES HERBIERS. 73 

in seinem Rayszbuech so in dem Drûck auszgegangen ist 
meldung thuet. » 

Geschehen nach der Geburt unseres Seligmachers Jhesu 
Christi 

MOLXXIII, LXXIIII und LXXV Jar. 

Les feuillets sont numérotés et portent chacun un échantillon 
au recto seulement. 

Les espèces sont disposées suivant l'ordre chronologique de la 
récolte, d'abord celles de Marseille, puis celles de Syrie, et ainsi 
de suite. 

En regard de chaque plante est écrit le nom latin, et souvent, 
en outre, le synonyme en allemand, en français et en arabe, 
avec l'indication de la localité et quelquefois le caractère de l'es- 
pèce. L'écriture est de la même main que celle du titre. On ne 
saurait dire si elle est de Rauwolff, attendu qu'il ne reste aucun 
autographe de ce botaniste ; toutefois cela nous paraît peu pro- 
bable, parce que Rauwolf n'aurait pas osé s'appliquer à lui- 
même l'épithète hochgelehrt (doctissimus) qu'on lit dans le 
titre. 

En raison de l'importance historique de la collection des 
plantes orientales contenues dans le quatrième volume de 
l'herbier de Rauwolf, nous présentons dans le tableau suivant 
l'énumération des susdites plantes, d'après la, Flora Orientalis 
de Gronovius. Nous avons remplacé les phrases diagnostiques, 
aujourd'hui inintelligibles, dont s'est servi Gronovius, par le 
nom moderne, que nous avons mis dans la partie gauche du ta- 
bleau. Dans la colonne du milieu, nous avons placé les déno- 
minations employées par Rauwolf, et dans la partie droite du 
tableau, l'indication de la provenance de chaque espèce. Pour 
dresser cette liste avec une parfaite exactitude, il aurait fallu 
que nous eussions sous les yeux l'herbier lui-même, afin de 
rectifier les erreurs de détermination ou de synonymie qu'a pu 
commettre Gronovius. Nous laissons cette dernière tâche au sa- 
vant Conservateur des collections botaniques de Leide. Nous 
savons d'ailleurs qu'il se propose de donner une description 
complète des quatre volumes de l'herbier de Rauwolf. Nous 
attendons avec impatience l'intéressante publication, qui nous 
fera connaître, à l'aide de commentaires détaillés, le plus bel 
herbier du XV? siècle. 



74 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



HORTUS SICCUS RAUWOLFII 



NOM MODERNE 


NOM EMPLOYE PAR RAUWOLF 


PROVENANCE DES PLANTES 


1 Canna indica. 


C. indica. 


Vendu dans les bazars 
d'Alep. 


2 Amomum cardamomum Cardamomlein. 


Id. 


3 Gostus arabicus. 


C. syriacus, Chast des Sy- 
riens. 


Antioche. 


4 Jasminum fruticans. 


Trifolium fruticans. 


Chemin de Brignole à Mar- 
seille. 


5 Phillyrea média. 


Phillyrea. 


Tripoli et Mont Liban. 


6 Olea europaea. 


Olea. 


Tripoli, Alep , le Liban, 
Rama, Bethléem. 


7 Gratiola officinalis. 


Gratiola. 


Marseille. 


8 Salvia horminum. 


Horminum sativum. 


Alep. 


9 S. ceratophylla. 


H. foliis laciniatis. 


Alep. 


10 S. acetabulosa. 


Salvia peregrina. 


Alep. 


11 Piper longum. 


P. longum. 


Vendu dans les bazars 
d'Alep. 


12 Centranthus ruber. 


Valeriana rubra. 


Marseille. 


13 Crocus sativus. 


C. sativus. 


Bagdad. île près du golfe 
phanatique. 


14 Gladiolus communis. 


Gladiolus ou Xiphion. 


Alep. 


15 Cyperus rotundus. 


C. rotundus, en arabe Soedt, 


Alep. 


16 C. esculentus. 


Dulcigini des Vénitiens , 


Cultivé en Egypte, vendu 




Habelassis en Tripoli - 


dans les bazars de Tri- 




taine, Altzolem des Ara 
bes. 
Juncus maritimus. 


poli. 


17 Scirpus mucronatus. 


Littoral de Tripoli. 


18 Saccharum officinarum 


. Ebosia canna, Canna mellis. 


Tripoli. 


19 Andropogon nardus. 


Spica nardi. 


Mont des Oliviers. 


20 A. schœnanthus. 




Racka dans le désert d'A- 
rabie. 


21 Avena sativa. 


Avena. 


Cultivé à Alep. 


22 Phragmites communis 


. Syringes seu Fistularis de 


Employé comme plume à 




Dioscoride. 


écrire par les Turcs et 

les Arabes. 


23 Donax arundinaceus. 


Arundo longa. 


Vendu dans les bazars 
d'Alep. 


24 Phalaris arundinacea. 


Gramen arundinaceum. 


Bagdad. 


25 Triticum hibernum. 


Triticum. 


Cultivé en Syrie. 


26 Hordeum distichon. 


Hordeum. 


Alep, rives de l'Euphrate, 
Mont Liban. 


27 Globularia alypum. 


Alypum. 


Mont Liban. 


28 Scabiosa cretica. 


S. peregrina. 


Tripoli. 


29 Rubia tinctorum. 


Ferberotte. 


Marseille. 


30 Plantago albicans. 


Holostium monspeliense. 





HISTOIRE DES HERBIERS. 



75 



NOM MODERNE 


NOM EMPLOYE PAR RAUWOLF 


PROVENANCE DES PLANTES 


31 P. psyllium. 


Psyllium. 


Marseille. 


32 P. lagopus. 


Catanance Dioscoridis. 


Marseille. 


33 Salix eegyptiaca. 


S . peregrina , Eleagnos , 
Safsaf des Syriens, Zar- 
neb des Arabes. 


, Alep. 


34 Elaeagnus. 


Seifefun des Arabes. 


Alep, Mont Liban. 


35 Cuscuta europaea. 




Parasite sur l'Hedysarum 
Agul. 


36 Hypecoum procumbens 


. Guminum silvestre. 


Alep. 


37 Heliotropium europae- 


H. majus. 


Tripoli. 


um. 

38 Echium orientale. 


Lycopsis Dioscoridis. 


Alep. 


39 Onosma echioideum. 


Pseudo anchusa Plinii. 


Alep. 


40 Primula auricula. 


Auricula ursi. 


Veldkirch. 


41 Lysimachia vulgaris. 


L. lutea. 


Tripoli. 


42 Plumbago europaea. 


Dentillaria. 


Marseille. 


43 Gonvolvulus cneorum. 


Cantabrica Plinii. 


Tripoli. 


44 C. nil. 


Gampanula caerulea. 


Cultivé à Alep dans les 
jardins. 


45 C. turpethum. 


Turbith. 


Vendu dans les baz. d' Alep. 


46 G. scammonia. 


Scammonia. 


Id. 


47 G. soldanella. 


Brassica marina. 


Littoral de Tripoli. 


48 Michauxia campanu- 


Médium Dioscoridis. 


Mont Liban. 


loidea. 






49 Coffea arabica. 


Cahua des Arabes. 


Egypte. 


50 Hyoscyamus niger. 


Dolkraut. 


Murs de Tripoli. 


51 H. reticulatus. 


H. Bilsemen. 


Alep. 


52 H. albus. 


H. albus, apollinaris. 


Murs de Tripoli et d' Alep. 


53 Mandragora vernalis. 


M. flore caeruleo. 


Ile de Calderon près de la 
Crète. 


54 Verbascum sinuatum. 


V. foliis papaveri corni- 
culati dissectis. 


■ Marseille. 


55 Coris monspeliensis. 


G. monspeliensium. 


Ibid. 


56 Zizyphus vulgaris. 


Zizyphus, Ennab des Sy- 


Ibid. 



57 Zizyphus vulgaris var. 

58 Rhamnus spina Christi. 

59 Lycium europaeum. 

60 L . prunifolium ? G. 

Bauhin. 

61 Strychnos nux vomica. 

62 Solanum insanum. 

63 S. melongena. 

64 Vitis vinifera. 



riens. 

Rh. tertius Dioscoridis. 
Rh. primus, Hausegi des 

Arabes. 
Lycium, Zaroa des Syriens, 

Hadhadh des Arabes. 
Nux vomica. 
Melantzana nigra, Bâties - 

chaim des Arabes. 
Melantzana, Melongena des 

Arabes. 



Entre Rama et Jaffa, Tri- 
poli. 
Tripoli, Alep, Jérusalem. 

Mont Liban , Jérusalem , 
Tripoli. 



Cultivé à Alep. 
Autour de Tripoli, Mont 
Liban. 



76 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



NOM MODERNE 

65 Ribes uva crispa. 

66 R. rubrum. 

67 Nerium oleander. 

68 Periploca graeca. 

69 Cynanchum erectum. 

70 C. acutum. 

71 Paronychia argentea. 

72 Salsola kali. 

73 Anabasis aphylla. 

74 Eryngium maritimum. 

75 E. campestre. 

76 E. tricuspidatum. 

77 Bupleurum fruticosum. 

78 Tordylium syriacum. 

79 Pastinaca secacul. 

80 Turgenia latifolia. 

81 Artedia squamata. 

82 Daucus carota. 

83 Ammi visnaga. 

84 Molospermum cicuta 

rium. 

85 Siler trilobum. 

86 Coriandrum sativum. 

87 Scandix pecten. 

88 Seseli cretense? Mo- 

rison. 

89 Fœniculum vulgare. 

90 Apium graveolens. 

91 Rhus coriaria. 



NOM EMPLOYE PAR RAUWOLF 


PROVENANCE DES PLANTES 


Krausselbeer. 


Alep. 




St-Johans Treublein. 


Alep. 




Oleander. 


Tripoli, Mont Liban. 




Apocynum repens. 


Mont Liban. 




Apocynum asclepiadi si - 


Tripoli, Birra vers 


l'Eu- 


mile. 


phrate. 




Scammoniummouspeliense, 


, Tripoli. 




Polygonum peregrinum. 


Alep. 




Kali des Arabes. 


Tripoli, rives de 
phrate près Racka. 


rEu- 


Autre kali. 


Tripoli. 




E. marinum. 


Marseille. 




E. Panicault des Français, 






E. caeruleum pumilum. 


Alep. 




Seseli sethiopicum fruticans, 


, Marseille. 




Gaucalidis species. 


Syrie. 




Secacul des Arabes. 


Alep. 




Gaucalidis species flore Gin 






gidii. 






Gingidium Dioscoridis. 


Mont Liban. 




Gelbe und weissen Ruben. 


Cultivé à Alep. 




Visnaga. 


Tripoli, Mont Liban. 




Seseli peloponnesiacum. 


Chemin de Érignole à 
seille. 


Mar- 



92 R. cotinus. 

93 Tamarix ga 



lica. 



94 T. aegyptia. 

95 Statice limonium. 

96 S. sinuata. 

97 Linum maritimum. 

98 Narcissus multiplex? 

Rauw. 



Coriandrum romanum. Employé par les pâtissiers. 

Pecten Veneris. Tripoli. 

Daucus tertius Dioscoridis Alep. 
Zarneb Melchi des Sy- 
riens. 

Foeniculum majus. Jardins d'Alep. 

Eppich des Syriens. Tripoli, Alep. 

Rhus obsoniorum et coria- Alep, Rama. 
rium, Surnach des Arabes. 

Cotinus Plinii. Mont Brothos. 

T. narbonica, Tharse des Marseille. 
Arabes , Athel des Sy- 
riens. 

T. praealtus. 



Limonium parvum oleifo- 

lium. 
L. exoticum. 
Linum silvestre, Bezerche- 

ten des Arabes. 
Modalph des Syriens. 



Mésopotamie 
phrate. 



Jaffa. 



vers l'Eu- 



HISTOIRE DES HERBIERS. 77 

NOM MODERNE NOM EMPLOYÉ PAR RAUWOLF PROVENANCE DES PLANTES 

99 N. tazetta. N.medioluteus, iVer^'esdes Jardins d'Alep. 

Arabes. 

100 Ixia bulbocodium. Sisyrinchium. Theophrasti. Alep. 

101 Allium sativum. Knobloch. 

102 A. cepa. Zwibel, Bassal des Syriens. Jardins de Tripoli et d'A- 

lep. 

103 A. ursinum. A. silvestre sive ursinum. Alep. 

104 Lilium bulbiferum. L. purpureum. Géra- 

105 L. candidum. L . album sive Hemero- Tripoli, Jaffa. 

callis. 

106 L. candidum variété. L. Theophrasti. Alep. 

107 Tulipa Gesneriana. Tulipa. Mont Liban. 

108 Asphodelus albus. A. albus. Alep. 

109 Scilla maritima. Mohrzwibel. Tripoli. 

110 Ornithogalum sulphu- O. majus. Alep. 

reum. 

111 O. umbellatum. Feldwibel. Ibid. 

112 Asparagus acutifolius. Aspargen. Marseille, jardins de Tripoli. 

113 Leonticechrysogonum. Chrysogonum Dioscoridis. Alep. 

114 L. leontopetalon. Leontopetalon , Assab des Alep, Attique. 

Syriens. 

115 Hyacinthus orientalis. H. orientalis, Zumbel des Alep, Bagdad. 

Syriens. 

116 H. tripolitanus? J. Bau- H. Ayur des Syriens. Alep. 

hin. 

117 H. comosus'minor var. 

du précédent. 

118 H. comosus major va- Bagdad. 

riété du précédent. 

119 Aloe perfoliata. Aloe viridis. Cultivé à Rama. 

120 Berberis vulgaris. Berberis. Mont Liban. 

121 Cordia myxa. Sebestena, Malcita des Ara- Tripoli, Alep. 

bes. 
152 Colchicum illyricum ? G. syriacum , Kusam des Alep. 
G. Bauhin. Syriens. 

123 Menispermum cocculus Cocculus orientalis , Doam Employé comme amorce 

Samec des Arabes. par les pêcheurs des ri- 

ves de l'Euphrate. 

124 Lawsonia inermis. Alcanna sive Henné Ara- Apporté du Caire à Tri- 

bum. poli. 

125 Passerina tarton raira. Tarton Raira. Marseille. 

126 P. orientalis. Sanamunda. Mont Liban. 

127 Ghrysoplenium opposi- Saxifraga aurea. Veldkirch. 

tifolium. 

128 Laurus cinnamomum. Tamalapatra. Vendu dans les bazars d'A- 

lep. 

129 Rheum rhabarbarum. Radix Rheubarbara. Id. 



78 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



NOM MODERNE 

130 R. ribes. 

131 Cercis siliquastrum. 

132 Zygophyllum fabago. 

133 Melia azederach. 

134 Ruta montana. 

135 R. graveolens. 

136 Tribulus terrestris. 

137 Arbutus unedo. 

138 Lychnis viscaria. 

139 Silène muscipula. 

140 Spergularia rubra. 

141 Umbilicus Veneris. 

142 Sedum album. 

143 Glinus lotoideus. 

144 Punica granatum. 

145 Myrtus communis. 

146 Amygdalus communis. 

147 Persica vulgaris. 
148*Laurus persea. 

148 Gerasus vulgaris. 
349 Styrax officinalis. 

150 Crataegus oxyacantha. 

151 Sorbus aucuparia. 

152 Gydonia vulgaris. 

153 Geum montanum. 

154 Capparis spinosa. 

155 Glaucium luteum flore 

caeruleo. 

156 Papaver somniferum. 

157 P. rhoeas. 

158 P. argemone. 



NOM EMPLOYE PAR RAUWOLF 


PROVENANCE DES PLANTES 


Ribes Arabum. 


Mont Liban. 


Juda arbor, St-Jans Brood. 


Mont Liban. 


Ardifrigi Avicennae, Morg- 


Tripoli, Alep. 


sani des Syriens. 




Azedarach Avicennae, Zen- 


Alep, Tripoli. 


zelacht des Syriens. 




Ruta silvestris secunda. 




R. silvestris prima, Sedah Marseille, Alep. 


Arabum. 




T. terrestris. 


Tripoli. 


Arbutus. 


Rama. 


L. silvestris. 




Muscipula sive Viscaria. 




Polygonum marinum. 




U. Veneris seu Cotylédon. 


Rama. 


Crassula minor seu Sem - 


Marseille. 



pervivum minus. 



Alsine exotica. 


Rives de l'Euphrate. 


P. silvestris, Malus granata 


. Jardins d'Alep , Tripoli , 




Bethléem. 


Myrtus. 


Alep, Tripoli. 


A. silvestris, Lauzi Ara- 


Tripoli, Alep. 


bum. 




Persica mala. 


Alep. 


Fructus Persis Sepha. 




Amarellen. 




Styrax arbor, Astarach Ara- 


Mont Liban, Rama. 


bum. 




Oxyacantha. 


Tripoli. 


Wilde Sperlingbaum. 


Mont Liban. 


Quittenbaum. 


Alep. 


Caryophyllata alpina. 


Veldkirch. 


C. silvestris. 


Ile Galeta vers l'entrée de 




Salamine, Tripoli, Alep. 


Papaver corniculatum flo- 


Nissa, Alep. 


ribus caeruleis. 




P. album Cascach. 


Vendu dans les bazars d'A- 




lep. 


P. erraticum , Schuck des 


Alep. 



159 Mimosa nilotica. 



Syriens. 

Argemone floribus purpu- 
rascentibus, Sakaick des 
Arabes, Schagech des Sy- 
riens. 

Acatia, Schack des Syriens, 
Schamuth des Arabes. 



Alep. 



Alep, Birra, Racka, bords 
du Tigre et de l'Eu 
phrate. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



79 



NOM MODERNE 

160 Euphorbia mauritanica 



161 E. chamaesyce. 

162 E. paralias. 

163 E. peplus. 

164 E. orientalis hirsuta ? 

Morison. 

165 Peganum harmala. 

166 Helianthemum vulgare. 

167 Cistus salvifolius. 

168 C. monspeliensis. 

169 Helianthemum hirtum. 

170 Corchorus olitorius. 

171 Reseda lutea. 

172 Anémone lutea? Rauw. 

173 Adonis autumnalis. 

174 Ceratocephalus falca- 

tus. 

175 Teucrium polium, 

176 Satureia capitata. 



NOM EMPLOYÉ PAR RAUWOLF PROVENANCE DES PLANTES 

Xabra seu Camaronus Rha- Alep, Tripoli. 

zis, Tanaghut sive Sabra 

des Arabes. 
Chamaesyce. Racka en Mésopotamie. 

Tithymalus paralius , sive Tripoli. 

Lactuca marina. 
Peplion sive Peplis. Littoral de Tripoli. 

Peplium. Alep. 



Ib. 



177 S. thymbra. 

178 Lavandula stœchas. 

179 Marrubium peregri- 

num. 

180 Phlomis lychnitis. 

181 Molucella laevis. 

182 Thymus mastichina. 

183 T. Tragoriganum. 

184 Melissa officinalis. 

185 Galamintha officinalis. 

186 Origanum creticum. 

187 Rhinanthus cristagalli. 

188 Linaria cymbalaria. 

189 Orobanche rapum. 

190 Sesamum orientale. 



Harmala, Harmel des Ara- 
bes. 

Planta quae Panax Ghiro- 
nium refert. 

C. floribus albis. 

Ladanum latifolium. 

L. angustis rosmarinifoliis. 

CPlimi, Moluchi Arabum. Alep, Ana près de l'Eu- 

phrate. 

R. Plinii. 

A. lutea, Sakaik Al far. 

Œnanthes species. 

Melampyrum pusillum lu- 
teum. 

Polium montanum. 

Thymum Dioscoridis , Sa- Tripoli, Bethléem, Rama, 
thar des Syriens, Hasce Jaffa. 
des Arabes. 

S. Dioscoridis. Tripoli. 

Stœchas. Brignole. 

M. creticum. Mont Liban. 



Ib. 

Marseille. 

Nissa. 
Marseille. 



Alep. 
Alep. 



Alep. 

Tripoli, Mont Liban. 



Verbascum silvestre. 


Alep. 


Melissa moluca. 


Tripoli. 


Tragoriganum. 




T. alterum. 


Mont Liban. 


Melissa. 


Cultivé dans les jardins 




d'Alep. 


C. montana. 


Route de Brignole à Mar- 




seille. 


0. onitis. 


Mont Liban et des Oliviers, 




entre Rama et Jaffa. 


Crista galli. 


Veldkirch. 


Cymbalaria. 


Géra. 


O. halium. 


Alep. 


Sesamum, Semsain des 


Sy- Cultivé dans les jardins de 


riens. 


Tripoli, Felugo ou Ba- 




bylone. 



80 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



NOM MODERNE 

191 Vitex agnus. 

192 Acanthus Dioscoridis. 

193 Anastaticahierochuntia 

194 A. syriaca. 

195 Lepidium chalepcnse. 

196 L. perfoliatum. 

197 L. latifolium. 

198 Cochlearia armoracia. 

199 Farsetia clypeata. 

200 Matthiola triscupidata. 

201 Raphanus sativus. 

202 Cakile maritima. 

203 Brassica oleracea. 

204 B. râpa. 

205 Narturtium officinale. 

206 Erucastrum obtusangu- 

lum. 

207 Géranium gruinum. 

208 Gossypium arboreum. 

209 Hibiscus syriacus. 

210 H. sabdariffa. 

211 Spartium junceum. 

212 Galycotome spinosa. 

213 Galega officinalis. 

214 Astragalus syriacus. 

215 Phaseolus vulgaris. 

216 P. turcicus Rauwolf. 

217 P. max. 

218 Ulex europaeus. 
B Ulex provincialis. 

219 Cytisus nigricans. 

220 Gicer arietinum. 

221 Lens vulgaris. 

222 Astragalus christianus. 

223 A. hamosus. 

224 A. tragacanthoides. 

225 A. tragacantha. 

226 A. poterium. 



NOM EMPLOYE PAR RAUWOLF 

Agnus castus. 

A. Dioscoridis, "Welschen 

Berenklauw. 
Rosa hierichuntina. 

Draba Dioscoridis. 
Nasturtium peregrinum. 
Tarcon Rhazis, Cozirihan 

des Syriens, 
Kren. 

Alysson Dioscoridis. 
Leucoium marinum. 
Rettich. 

Raphanus marinus. 
Caulorapa. 
Ruben. 

N. aquaticum. 
Eruca minor. 

G. pulchrum, Rostrum Ci- 

coniae. 
Gossypium, Gottonum Ita- 

lorum vel Bombasus. 
Malva arborescens, Cheth- 

mie des Syriens. 
Trionum Theophrasti, En- 

digi Arabum. 
Spartium. 

Acacia altéra folio Cytisi. 
Galega, Gayssraute. 
Astragalus Dioscoridis , 

Ghristiana radix. 
Phaseolus. 



PROVENANCE DES PLANTES 

Alep, Racka. 
Mont Liban. 

Syrie, Arabie, Mont Sinaï. 

Syrie. 

Alep. 

Alep. 

Cultivé à Alep. 

Cultivé à Tripoli. 
Mont Liban. 
Littoral de Tripoli. 
Cultivé dans les jardins. 
Littoral de Tripoli. 
Cultivé à Tripoli et Alep. 
Ibid. 

Murs d'Alep. 

Alep. 



Mas Arabum. 

Scorpius. 

Nepa. 

Pseudocytisus. 

C. arietinum, Ommos Ara- 
bum. 

Orobus, Ades des Syriens. 

A. christiana radix. 

Securidaca minor. 

Tragium alterum Dioscoridis 

Tragacantha. 

Poterion Dioscoridis, Mega- 
sac des Syriens. 



Rama et autres lieux de 

la Judée. 
Jardins de Tripoli. 

Ana près de l'Euphrate , 

Rama. 
Rama et Jaffa. 
Marseille, Mont Liban. 
Alep, rives de l'Euphrate. 
Alep. 

Cultivé à Alep. 

Tripoli. 

Alep. 

Mont Liban. 

Marseille. 

Alep, Bethléem. 

Cultivé en Syrie. 
Alep. 
Tripoli. 
. Alep. 
Marseille. 
Alep. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



81 



NOM MODERNE 

227 Tragacantha humilior 

luteis floribus C . 
Bauhin. 

228 Hedysarum alhagi. 

229 Hippocrepis unisili - 

quosa. 

230 Medicago marina. 

231 M. radiata. 

232 M. sativa. 

233 M. polymorpha. 

234 Trigonella corniculata. 

235 Trifolium tomentosum, 

236 Psoralea bituminosa. 

237 Indigofera tinctoria. 

238 Citrus medica. 

239 C. aurantium. 



240 Hypericum coris. 

241 Chondrilla juncea. 

242 Lactuca sativa. 

243 Picris echioides. 

244 Scorzonera hispanica. 

245 Sonchus oleraceus. 

246 S. maritimus. 

247 Scolymus maculatus. 

248 Cichorium endivia. 

249 Echinops sphaeroce - 

phalus. 

250 Carthamus corymbo- 

sus. 

251 Gundelia Tournefortii. 

252 Silybum Marianum. 

253 Cinara scolymus. 

254 Carthamus tinctorius. 



NOM EMPLOYÉ PAR RAUWOLF PROVENANCE DES PLANTES 

Tragacanthae species alia. Mont Liban. 



Agul et Alhagi Arabum. Bagdad et Racka, îles Ti- 

nos et Syra. 
Sferra cavallo. Tripoli. 



Medica marina. 

Trifolium peregrinum folli- 

culis Sennae. 
Medica, Foin de Bourgogne 

des Français. 
Medica trifolia foliis dissec- 

tis. 
Trifolium corniculatum. 
T. peregrinum. 
T. asphaltites. 
Pigmentum caeruleum, In- 

disch dictum. 
Limon. 
Pomerantzen. 



Coris floribus luteis. 
Ch. viminea. 
Lattich. 

Sonchus asper. 

S. flore purpureo, Corton des 

Syriens. 
S. laevis. 

Hieracium marinum. 
Cardaus chrysanthemus. 
Endivien. 
Carduus sphaerocephalus. 



Littoral de Marseille et de 

Tripoli. 
Alep. 



Alep. 

Ibid. 
Ibid. 

Marseille. 

Vendu dans les bazars d'A- 
lep. 

Jardins d'Alep et de Tri- 
poli, Mont des Oliviers, 
jardins de Salomon près 
de Bethléem. 

Alep. 

Marseille. 

Jardins de Tripoli et d'Al- 
ger. 

Alep. 



Jardins de Tripoli et d'Alep. 



Chamaeleon niger Diosco- Tripoli, Mont Liban. 

ridis. 
Silybum Dioscoridis. Alep, Baibout en Anatolie. 

Carduus Mariae albus, Be- Alep. 

deguard Arabum. 
Raxos Serapionis Articho- Cultivé à Alep. 

cki. 
Wilde garten Safran. Employé comme condiment 

à Alep. 



82 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



NOM MODERNE NOM EMPLOYE PAR RAUWOLF PROVENANCE DES PLANTES 

255 Bidens tripartitus. Cannabina , sive Eupato- Rives de l'Euphrate. 

rium flore stellato luteo. 

256 Santolina chamaecypa- Abrotonon fœmina. 

rissus. 

257 Diotis candidissima. Gnaphalium marinum. 



258 Artemisiadracunculus. Tarcon Rhasis. 



259 Artemisiajudaica. 



Absinthium santonicum , 
Scheha Arabum. 



260 Gnaphalium stœchas. Stoechas citrina. 

261 Helichrysum syriacum? Gnaphalium candidissimis 

MorisonanHelichry- floribus. 
sum frigidum ? 

262 Gnaphalium sangui - Baccharis Dioscoridis. 

neum. 

263 Xeranthemumannuum. Asteris attici species. 

264 X. flore albo simplici ? Gyanus albus rarus. 

Herm. 

265 X. inapertum. 

266 Erigeron tuberosus. Chondrillae alterum genus. 

267 Cupularia viscosa. Conyza major. 

268 Baccharis Dioscoridis. G. minor Dioscoridis. 

269 Doronicum plantagi- Eakinrigi Arabum. 

neum. 

270 Ghrysanthemum vul- Bellis alpina Plinii. 

gare. 

271 Anthémis valentina. 



Tortona en Italie, chemin 
de Damas à Alep. 

Littoral de Marseille et de 
Tripoli. 

Cultivé dans les jardins de 
Tripoli. 

Bethléem , abondant en 
Arabie et dans les dé- 
serts de Numidie. 

Mont Brothos. 

Mont Liban. 



Mont Liban et Garmel, 



Alep. 
Marseille. 
Tripoli. 

Les racines sont vendues 
dans les officines d'Alep. 
Veldkirch. 



272 Pallenis spinosa. 

273 Centaurea behen. 

274 C. crupina. 

275 C. calcitrapa. 

276 C. solstitialis. 

277 Cineraria maritima. 

278 Viola odorata. 



Buphthalmum perpulchrum, 

Bihaa Arabum. 
Aster atticus luteus. 
Behen album Arabum. 
Scabiosa minima perrara. 
Garduus stellatus. 
Spina solstitialis. 
Cineraria , sive Jacobaea 

marina. 
Viola martia. 



279 Sisyrinchium chale - Tharasalis des Syriens. 

pense? Ray. 

280 Aristolochia Mauro - Rhasut et Rumigi Mauro- 

rum. rum. 

281 A. rotunda. A. rotunda, Borustum Ara- 

bum. 

282 Calla orientalis. Arum minus, Carsaami des 

Syriens. 

283 G. orientalis variété. Ari minoris species. 



Marseille. 
Mont Liban. 
Alep. 

Ibid. 

Ibid. 
Mont Brothos. 

Jardins d'Alep et de Bagdad 
Alep. 

Alep. 

Ile Simles en Afrique. 

Alep. 

Ibid. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 83 

NOM MODERNE NOM EMPLOYÉ PAR RAUWOLF PROVENANCE DES PLANTES 

284 Arum dracunculus. Dracunculus minor, Luph Ibid. 

Arabum. 

285 A. colocasia. Colocassia. Ibid., bords du Tigre en 

Assyrie. 

286 A. tenuifolium. Arisarum angustifolium , Ibid. 

Homaid des Syriens. 

287 Zea mais. Frumentum indicum Mays Birra vers l'Euphrate. 

dictum. 

288 Ambrosia maritima. Ambrosia. Jardin botanique de Jac- 

ques Renaud à Mar- 
seille (1). 

289 Amarântus tricolor. A. tricolor, Symphonia Pli- Cultivé dans les jardins 

nii. d'Alep. 

290 Poterium spinosum. Pimpinellasanguisorbaspi- Pied du Mont Liban. 

nosa, Bellan Maurorum. 

291 Quercus coccifera. Ilex coccifera. Marseille, Tripoli, Jérusa- 

lem, Rama. 

292 Corylus avellana. Corylus. Fruits transportés d'Eu- 

rope en Asie. 

293 Platanus orientalis. Platanus montis Libani , 

Bulb Arabum. 

294 Pinus silvestris et baie- P. silvestris. Mont Liban. 

pensis. 

295 P. cedrus. Cedrus Libani, Sebin Ara- 

bum. 

296 Cupressus sempervi - Cypressus, Sarub des Sy- Alep. 

rens. riens, Saraub des Maures. 

297 G. nana ? Plukenet. La résine est vendue dans 

les bazars d'Alep. 

298 Croton tinctorius. Heliotropium minus tricoc- Alep. 

cum Clusii. 

299 Ricinus communis. Ricinus cataputia major , Tripoli. 

Cerua Arabum. 

300 Momordica elaterium. Cucumis silvestris, Adjurai Alep. 

hamar Arabum. 

301 Cucumis sativus. Cucumis. Cultivé dans les jardins de 

Deer. 

302 C. oblongus. C. longus anguinus, Gette Cultivé à Alep. 

des Syriens. 

303 Melo vulgaris. Melones. Cultivé à Tripoli. 

304 Cucumis colocynthis. Colocynthis, Hensal et Aléa Rives de l'Euphrate. 

Arabum. 



(1) Dans r ' Hodoeporicum (part. 1, cap. 1, p. 9) il est dit que Rauwolf visita, à 
Marseille, un médecin nommé Jacques Renaud, qui lui montra son jardin botani- 
que et un grand nombre de plantes sèches conservées dans des feuilles de papier. 



84 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



NOM MODERNE 

305 Cucurbita citrullus. 

306 C. lagenaria. 

307 Salix babylonica. 

308 Osyris alba. 

309 Morus alba. 

310 Pistacia lentiscus. 

311 P. terebinthus. 

312 P. vera. 

313 P. narbonensis. 

314 Terebinthus indica. 

315 Ceratonia siliqua. 



NOM EMPLOYE PAR RAUWOLF PROVENANCE DES PLANTES 

Cultivé à Tripoli, Alep et 

Rama. 
Cultivé à Tripoli, Alep et 

Deer. 



Auguria Bathieca dicta. 
Curbsen. 



Garb Arabum. 

Cassia Monspeliensium. 

M. alba, Thut Arabum. 



Rives de l'Euphrate. 
Mont Liban. 

Tripoli, Alep, Damas, Ra- 
ma. 
Lentiscus quae mastichen Marseille, Jaffa, Rama. 

praebet. 
Terebinthus. Marseille, Tripoli , Alep, 

Mont des Oliviers. 
Pistacia arbor, Pistachi des Alep. 

Syriens. 
Terebinthus Bot in Arabum; Perse, Mésopotamie et Ar- 

Terbaick Persarum. ménie. 

T. indica minor, Botin Ara- Mésopotamie, Arménie et 

bum. Perse. 

Siliqua, Charnubi des Sy- Tripoli , Rama et divers 





riens. 




lieux de la Judée. 


316 Smilax aspera. 


S. aspera. 




Route de Brignole à Mar- 
seille. 


317 S. china. 


Radix china. 




Vendu dans les bazars d'A- 
lep. 


318 Tamus communis. 


Vitis nigra. 




Tripoli. 


319 Populus alba. 


P. alba, Eaur Arabum. 


Tripoli, Alep. 


320 Juniperus lycia. 


Oxycedrus. 




Ile Calderon. 


321 J. sabina. 


Sabina baccifera. 




Tripoli. 


322 Ephedra distachya. 


Polygonum majus 


i Clusii. 


Ibid. 


323 Ruscus aculeatus. 


Ruscum. 




Marseille. 


324 Musa paradisiaca. 


Musa Arabum , 


Wac des 


; Tripoli, Bagdad. 



325 Sorghum vulgare. 

326 Atriplex halimus. 

327 A. laciniata. 

328 Ficus carica. 



329 F. sycomorus. 

330 Adiantum capillus Ve- 

neris. 

331 Geterach officinarum. 

332 Rocella tinctoria. 

333 Algue indéterminée ? 



Syriens, Palla des Persans. 

Milium indicum, Dora Ara- Syrie au Mont Liban, Ara- 
bum. bie autour d'Ana. 

Portulaca marina. 

A. marina. Littoral de Tripoli. 

Ficus. Alep, Mont des Oliviers, 

Bethléem dans le jardin 
de Salomon. 

F. silvestris, Mumeits Ara- Tripoli, Mont Liban, 
bum. 

A. capillus Veneris. Tripoli. 

Ceterach. Pied du Mont Liban. 

Alga marina purpureum Vendu dans les bazars d' A- 

praebens colorem. lep. 
Fucus marinus. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 85 

NOM MODERNE NOM EMPLOYÉ PAR RAUWOLF PROVENANCE DES PLANTES 

334 Phœnix dacty- Palma, Machla sive Nachal Syrie, Arabie. Palestine. 

lifera. Arabum. 

335 Guilandina mo- Machaleb album, Nahand La graine est vendue dans 

ringa. Serapionis. les officines de Bagdad. 

336 Myristica aro- Muscatnuff. Vendu dans les bazars d'A- 

matica. lep. 

337 Balsalmodendron Arbor gummi Bdellium Apporté à Tripoli par les 

agallocha. praebens. marchands arabes. 

338 Amomum aroma- Eamama Arabum. 

ticum. 



Herbier du jardin ducal de Ferrare. 

En 1882, M. Cesare Foucard annonça au dixième Congrès de 
l'Association médicale d'Italie qu'on venait de découvrir dans 
les archives de Modène une collection portant le titre de « Du- 
cale Erbario estense del secolo XVI e sul fine ». MM. Camus et 
Penzig ont donné (1) une description très détaillée de cet herbier 
et, à cette occasion, ils ont fort judicieusement discuté la ques- 
tion de l'invention de l'art des herbiers. C'est à ce Mémoire que 
nous empruntons ce qui suit. 

U Erbario estense est un volume cartonné de 0,32 sur 0,22, 
contenant 146 feuillets numérotés sur lesquels sont collées 
au recto 182 plantes accompagnées d'un numéro d'ordre et 
de l'indication du nom vulgaire en langue italienne. A 
l'exception de quelques espèces exotiques, la plupart des plan- 
tes paraissent avoir été récoltées dans les environs de Fer- 
rare et dans la province de Venise. Il est digne de remarque 
que les filigranes du papier sont les mêmes que ceux des lettres 
écrites à Ferrare vers la fin du XV e siècle. En outre, l'ortho- 
graphe des noms est conforme à l'usage adopté à cette époque 
dans la province de Venise. 

MM. Camus et Penzig croient que cet herbier a été composé 
par un jardinier du palais d'Esté à Ferrare, et à l'appui de leur 
opinion, ils ont reproduit un Catalogue des espèces cultivées 
vers la fin du XVI e siècle dans le jardin ducal de Ferrare. 

Les plantes se succèdent sans ordre méthodique ou alphabé- 



(1) Illustrazione del ducale Erbario estense. Atti délia Società dei natu- 
ralisti di Modena, IV, 1885. 



86 HISTOIRE DES HERBIERS. 

tique. L'auteur n'était ni lettré, ni savant ; car, outre plusieurs 
fautes d'orthographe (comme Lauro gregio pour Lauro regio, 
Asconito pour Aconito), il a commis des erreurs d'attribution. 
C'est ainsi qu'il appelle Phu ou Valeriana minor le Thalictron 
angustifolium, Coniza minore la Scrophularia canina, Cen- 
taurea maggiore le Silène armeria. 

Quoique l'herbier du jardinier anonyme de Ferrare soit, de 
même que celui de notre compatriote Jean Girault, complète- 
ment dépourvu de valeur scientifique et ne supporte pas la 
comparaison avec les collections formées par des maîtres tels 
que Aldrovandi, Cesalpino, Rauwolf et G. Bauhin, cependant 
nous ne pouvions nous dispenser d'en faire mention dans notre 
Histoire des herbiers, à la place qui lui appartient dans l'ordre 
chronologique. 

Herbier de G. Bauhin. 

Parmi les botanistes antérieurs à Linné, il n'en est pas qui 
aient autant contribué aux progrès de la Botanique que les deux 
frères Bauhin (1). Il n'en est pas non plus dont la réputation ait 
été aussi grande; aussi estimons-nous que l'examen de la col- 
lection de plantes sèches formée par G. Bauhin clôt dignement 
la série des recherches historiques que nous avons entreprise 
au sujet des anciens herbiers. Avant d'aborder cette étude, il 
nous paraît intéressant de présenter un aperçu rapide de la vie 
et des travaux de ces deux éminents botanistes. 

Jean Bauhin est né en 1541 à Bâle où son père, poursuivi 
comme hérétique, avait cherché un refuge, ainsi que nous 
l'avons expliqué précédemment (p. 48). Attiré dès sa jeunesse 
vers l'étude des plantes, il alla compléter son instruction bota- 
nique, d'abord à Tiïbingen sous la direction de Fuchs, puis à 
Zurich où il se lia d'amitié avec le célèbre Conrad Gesner. Il 
parcourut une grande partie de la Suisse, l'Alsace, le Schwarz- 



(1) Cette pensée a été exprimée d'une manière fort élégante par Sprengel 
dans le chapitre de son Historia rei herbariae consacré aux travaux des in- 
venteurs : « claudant agmen inventorum, fratrum Bauhinorum sidéra luci- 
da, quorum tôt tantaque sunt in promovenda et perficienda re herbaria mé- 
rita, ut ab uno Linnaeo ferè superentur. » On reconnaît dans cet éloge une 
réminiscence du vers bien connu d'Horace « Sic fratres Helenae, lucida si- 
déra », dans lequel il est question de Castor et de Pollux (Ode III au vaisseau 
de Virgile). 



HISTOIRE DES HERBIERS. 87 

wald, la Franche-Comté, le nord de l'Italie et alla jusqu'à 
Bologne pour y voir les collections amassées par Aldrovandi. 
Passant de là en France, il vint à Montpellier suivre les leçons 
de Rondelet et y prendre ses grades, puis il se rendit à Lyon où 
il fut pendant quelque temps le collaborateur de Daléchamps. 
Dénoncé comme hérétique, il quitta brusquement notre ville et 
retourna à Baie. En 1570, le duc Ulric de Wurtternberg-Mont- 
belliard l'attacha à sa personne en qualité de premier médecin. 
Il mourut à Montbéliard en 1613, à l'âge de 72 ans, avant 
d'avoir pu terminer le grand ouvrage auquel il avait travaillé 
pendant 50 ans. Par les soins de Cherler, un premier volume 
in-4° fut publié en 1619 à Yverdun, sous le titre de Historiée 
plantarum. Ce livre n'était que le prélude d'une publication 
plus importante faite dans la même ville, en 1650 et 1651, par 
Fr.-Louis de Grafenried et Chabrée, sous la désignation de 
Historia universalis plantarum. Cet ouvrage, en trois vo- 
lumes in-folio, contient la description de 5,000 plantes, accom- 
pagnée dans le texte de 3,600 gravures sur bois. Jean Bauhin 
avait établi un jardin botanique à Montbéliard, près du château 
de son protecteur, et faisait de fréquents envois de plantes à son 
frère, ainsi que celui-ci l'atteste en plusieurs passages de ses 
écrits. Il ne reste aucune trace de son herbier et nous ne saurions 
dire s'il a été réuni à celui de Gaspard Bauhin. 

Gaspard Bauhin est né à Baie le 17 janvier 1560. Après avoir 
reçu dans sa ville natale les leçons des célèbres médecins 
Zwinger et Félix Plater, il alla, en 1577, à Padoue pour y 
étudier l'Anatomie, sous la direction de Fabrizio d'Aquapen- 
dente, et la Botanique sous celle de Cortusi et de Guilandini. 
Pendant deux ans il parcourut l'Italie pour y récolter des plantes, 
puis séjourna un an (1579) à Montpellier, alla étudier à Paris la 
Chirurgie sous Séverin Pineau, associé du fameux lithotomiste 
Colot dont il a été question dans un précédent chapitre, et enfin 
retourna à Baie où il fut reçu docteur en médecine en 1581. On 
créa pour lui, en 1588, une chaire de Botanique et d'Anatomie 
qu'il occupa jusqu'en 1614, époque à laquelle il fut appelé à 
remplacer comme professeur de médecine son maître Félix 
Plater. Il mourut à Bâle le 5 décembre 1624, à l'âge de 65 ans (1). 



(1) Pour plus amples détails concernant la vie de G. Bauhin, on consul- 
tera l'ouvrage de Hess, publié à Bâle en 1860, sous le titre de « Kaspar 
Bauhin' s Leben und Character ». 



88 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



Nous ne parlerons pas des écrits anatomiques de G. Bauhin, 
si ce n'est pour rappeler que dans l'un d'eux (Theatrum anato- 
micum, Basil. 1592) se trouve une description de la valvule 
iléo-cœcale dont la découverte avait été faite par Rondelet. Les 
ouvrages botaniques de G. Bauhin, les seuls dont nous devions 
nous occuper, sont les suivants : 

Phytopinaoo, volume in-4° de 669 pages, avec 8 gravures 
xylographiques, contenant un catalogue de 2,700 espèces et 
variétés (Bâle, 1596). C'est dans ce livre que la Pomme de terre 
est décrite pour la première fois sous le nom de Solanum tube- 
rosum. 

Animadversiones in historiam plantarum Lugduni, vol. 
in-4° de 95 pages, dans lequel sont relevées les erreurs commises 
par les éditeurs de l'ouvrage de Daléchamps. 

Prodromos theatri botanici (Bâle, 1620), volume in-4° de 
160 pages, contenant la description de 600 espèces nouvelles ou 
peu connues, avec 138 gravures sur bois. Une seconde édition 
parut en Bâle en 1671. 

Catalogus plantarum circa Basileam sponte nascentium 
(Bâle, 1623), volume in~8° de 113 pages, qui a servi de modèle 
à toutes les Flores régionales composées au] XVII e siècle et 
pendant le siècle suivant. 

Pinax theatri botanici (Bâle, 1623, réimprimé en 1671), 
volume in-4° de 518 pages outre la préface et l'index, contenant 
Ténumération de 6,000 plantes avec la synonymie complète de 
tous les noms qui leur ont été donnés. 

Theatrum botanicum sive Historia plantarum, liber primus 
(seul publié) ; un volume in-folio de 683 pages avec 254 gravures 
sur bois, imprimé à Bâle en 1658, c'est-à-dire 34 ans après la 
mort de G. Bauhin, par les soins de son fils Jean-Gaspard. 

Enfin, G. Bauhin a publié à Bâle, en 1598, une édition des 
œuvres de Matthiole, avec de nombreuses additions. 

Dans Ylsagoge in rem herbariam, Tournefort présente, en 
suivant l'ordre chronologique, un résumé des travaux des bo- 
tanistes les plus méritants. Après avoir parlé de Matthiole, de 
Belon, de Daléchamps, de Dodoens, de Tabernaemontanus, de 
Rauwolf, de l'Ecluse et de Matthias de l'Obel, il continue en 
ces termes: « Arrivons maintenant à Jean et à Gaspard Bauhin, 






HISTOIRE DES HERBIERS. 89 

ces deux illustres frères, par nobile fratrum (1), dont l'autorité 
est si grande que jamais aucun botaniste, à propos d'une plante 
quelconque, même la plus minuscule des herbes, n'omet de 
rappeler le nom qui lui a été imposé par les deux Bauhin. Il 
n'est pas de livre plus utile que le Pinax iheatri botanici, et 
assurément il était impossible d'en faire un meilleur au temps 
où il fut composé. D'ailleurs, les descriptions trop brèves du 
Pinax sont admirablement complétées par celles beaucoup plus 
étendues, que Jean Bauliin a données dans son Historia plan- 
tarum. Toutefois on peut reprocher à ces deux éminents bota- 
nistes de n'avoir pas apporté assez de soin dans rétablissement 
des genres, partie fondamentale de la science phytologique. » 
Isagoge, p. 42 et 43. 

Tournefort lui-même ne manque jamais de citer les noms 
Bauhiniens. Vaillant, Morison, Ray, Linné, Haller, Jacquin, 
Boerhaave, Gérard, Allioni, Villars, Claret de la Tourrette, 
Gilibert, Lamarck et tous les auteurs du XVIII e siècle et du 
premier quart du XIX e siècle suivent fidèlement le même usage. 
La tradition, bien que fort négligée aujourd'hui, n'est pas 
encore entièrement abandonnée par les Aoristes contemporains, 
comme le prouve l'exemple de Kirschleger qui, dans sa Flore 
vogéso-rhênane, n'omet jamais de citer Jean et Gaspard Bauhin. 
Un livre, tel que le Pinax, qui a été pendant deux siècles l'É- 
vangile des botanistes, occupe certainement une place hors 
ligne dans la littérature scientifique. Au surplus, le reproche 
de brièveté excessive, adressé par Tournefort aux descriptions 
du Pinax, n'est point fondé, car, dans la pensée de l'auteur, ce 
livre était un simple catalogue de toutes les espèces végétales 
connues. G. Bauhin avait composé un grand ouvrage en 12 li- 
vres, intitulé Thealrum botanicum sive historia plantarum, 
où celles-ci étaient longuement décrites. Le premier livre, con- 
tenant les Graminées, les Cypéracées, les Joncées, quelques 
Iris et Asphodèles, a été publié par les soins de son fils, Jean 
Gaspard. Par conséquent on peut affirmer que la brièveté des 
noms de plantes cités dans le Pinax, loin d'être un défaut, est 
au contraire une qualité qui a été la principale cause du succès 
de ce livre, de sorte que, suivant nous, G. Bauhin mérite d'être 



(1) Réminiscence du vers d'Horace « Quinti progenies Arrî, par nobile 
fratrum », Satires, lib. II, 3. 



90 HISTOIRE DES HERBIERS. 

considéré comme un des précurseurs de la réforme Linnéenne (1). 
Mieux que personne, Tournefort devait être porté à rendre 
justice aux efforts faits par G. Bauhin pour simplifier la no- 
menclature, lui qui a dit avec raison : « Nomina plantarum 
brevia sint...... Aliud profecto est plantam appellare, aliud 

describere. » Isag., p. 64. 

Tournefort a manqué à ses babitudes d'impartialité quand il 
a reproché aux deux Baubin de n'avoir pas apporté une pré- 
cision suffisante dans l'établissement des genres. On peut 
répondre que ce défaut n'est pas particulier aux écrits des deux 
botanistes bâlois, car il existe plus manifestement encore dans 
ceux de Dodoëns, de Dalécbamps, de Mattb. de l'Obel, de Mat- 
tbiole et des autres phytologues du XVI e siècle. 

Au surplus, si Jean et Gaspard Baubin avaient eu une notion 
exacte de la véritable valeur des groupes génériques, Linné 
n'aurait pas pu dire de l'auteur des Institutiones rei herbariœ: 
« Tournefortius primus cbaracteres genericos ex lege artis con- 
didit. » (Philos, bot., 209). Pareillement, si les frères Baubin 
avaient fait un plus fréquent usage des dénominations binaires, 
Linné nous serait surtout connu pour avoir inventé un système 
de classification fondé sur le nombre et la disposition des éta- 
mines et des pistils, de telle manière que dans le groupe de la 
Triandrie, par exemple, on voit réunis les genres suivants : 



(1) Nous avons en portefeuille un travail tout prêt dans lequel, prenant un 
à un les noms de plantes du Species plantarum, nous faisons le triage de 
ceux que Linné a empruntés à ses prédécesseurs et même aux anciens bota- 
nistes grecs et romains. La part qui revient à G. Bauhin est incontestable- 
ment la plus considérable. Nous démontrons que Linné a tantôt pris, tel 
quel, le nom Bauhinien lorsqu'il était conforme au principe de la nomencla- 
ture binominale, ex. : Fumaria officinalis, Althaea hirsuta, Lepidium lati- 
folium, Ammi majus, Glauoc maritima, Eupatoriumcannabinum, Echium 
vulgare, Gentiana cruciata, Fraxinus excelsior, Lamium maculatum, Cro- 
cus sativus, Sparganium ramosum, Ophioglosum vulgatum, etc. ; — tan- 
tôt il a choisi parmi les trois ou quatre épithètes jointes au nom de genre 
celle qui lui paraissait la plus caractéristique, ex. : Gentiana (major) lutea, 
Solanum tuberosum (esculentum), Pirola rotundifolia (major), Scrophula- 
ria nodosa (foetida), Yeronica scutellata (A. aquatica angustifolia), etc. ; — 
tantôt enfin il a soudé deux mots en un seul, ex. : Malva rotundifolia (folio 
rotundo), Erodium cicutarium (Gicutae folio), Hippocrepis unisiliquosa 
(siliqua singulari), Bidens tripartitus (folio tripartito) Yeronica hederifolia 
(Hederae folio), etc. Il est bien entendu qu'en signalant ces emprunts, nous 
ne voulons en aucune manière contester à l'illustre Suédois le mérite d'avoir 
généralisé et systématisé le principe de la nomenclature binominale (Voyez 
notre opuscule intitulé : « Quel est l'inventeur de la nomenclature binaire »). 
Ann. Soc. Linnéenne de Lyon XXIX, 1882. 






HISTOIRE DES HERBIERS. 91 

Valeriana, Crocus, Ixia, Gladiolus, Iris, Schœnus, Cyperus, 
Scirpus et la plupart des genres de Graminées. 

Un autre défaut du Pinax, pour lequel nous sommes moins 
indulgent, est le manque de subordination des variétés aux 
types auxquels elles se rattachent, d'où il résulte que le lecteur, 
les voyant énumérées sous des numéros d'ordre consécutifs, est 
porté à croire qu'elles sont aussi des espèces de valeur égale 
aux précédentes. En outre, comme l'a fort bien remarqué Haller, 
(Enumer. stirp. Helvetiœ, préf. 6), G. Bauhin, accordant trop 
facilement confiance aux indications fournies par ses corres- 
pondants, a plusieurs fois cité la même plante sous des noms 
différents. Il était d'autant plus tenu à se montrer prudent à 
cet égard que, dans ses Animadversiones in Historiam plan- 
tarum, il avait reproché en termes sévères aux éditeurs de 
Y Historiée plantarum de Daléchamps d'avoir commis de pa- 
reilles erreurs. 

Malgré ces imperfections, le Pinax est un des documents les 
plus utiles pour la connaissance de la nomenclature anté- 
Linnéenne. Sous ce rapport, il n'a- rien perdu de sa valeur et il 
est encore aujourd'hui indispensable à quiconque veut connaître 
la concordance synonymique des noms de plantes cités par les 
anciens botanistes. Supposons, par exemple, qu'on veuille 
rechercher tout ce qui a été dit au sujet du Lathyrus sativus. 
Linné nous apprend qu'il est appelé dans le Pinax « Lathyrus 
sativus flore fructuque albo », page 343. Ouvrons cet ouvrage 
au paragraphe indiqué et nous voyons que la susdite Papiliona- 
cée a été désignée : par Tragus, Pisum Grœcorum sativum; — 
par Fuchs, Ervum album sativum; — par Dodoens, Lathyrus 
Cicercula; — par Cordus, Phaseolus minor; — par Lacuna, 
Ervum; par Anguillara, Lonitzer, Césalpin, Castor, Palladius, 
Pline et Columelle, Cicercula; — enfin, par Théophraste, La- 
thyros. 

Certes, un ouvrage qui fournit de tels renseignements n'a 
point vieilli et sera toujours avantageusement consulté par les 
botanistes désireux de connaître l'histoire de la science qu'ils 
cultivent. Instruit par une longue expérience en cette matière, 
nous demandons qu'il nous soit permis de rendre témoignage 
des services que ce livre nous a rendus. Toutefois, nous devons 
ajouter que, pour la commodité des recherches, nous avons eu 
la précaution d'inscrire, en marge sur les feuillets de notre 



92 HISTOIRE DES HERBIERS. 

exemplaire, le nom moderne correspondant à la dénomination 
Bauhinienne (1). 

Il est bien entendu que nous ne venons pas demander qu'on 
revienne à l'usage consistant à énumérer dans les flores pro- 
vinciales et régionales tous les noms qui ont été donnés suc- 
cessivement à chaque espèce végétale. Nous avons longuement 
expliqué, en plusieurs de nos opuscules, que la nomenclature 
est uniquement destinée à nommer les plantes d'une manière 
claire et commode et non à en retracer les péripéties historiques. 
«La recherche de la priorité des noms et de leur synonymie, 
avons-nous dit, a sa place dans les monographies étendues des 
genres et des espèces, ouvrages auxquels il est facile de se 
reporter. Mais il importe de ne jamais oublier que le langage 
parlé ou écrit, surtout en ce qui concerne les nomina trivialia, 
est fait exclusivement pour notre usage et à seule fin que nous 
nous entendions aussi bien que possible. Dans ce but, il faut 
qu'il se compose des dénominations les plus connues, à condi- 
tion que les épithètes spécifiques soient exactes, correctes et 
qu'elles forment avec les noms génériques un ensemble homo- 
gène et bien ordonné. Par conséquent, le meilleur nom est le 
plus usité, qu'il soit ancien ou récent, pourvu qu'il n'offense 
pas la vérité, le bon goût, non plus que les règles inviolables 
de l'orthographe et de la grammaire. 

« Afin de nous délivrer de la nécessité de citer le nom de 
l'auteur qui a créé l'expression dont nous nous servons, il serait 
indispensable que, pour chaque embranchement du règne vé- 
gétal et du monde animal, il fût dressé un inventaire détaillé 
des genres et des espèces avec leur synonymie et un court ré- 
sumé historique auquel chacun de nous se référerait, de sorte 
que la mention du nom de l'auteur ne serait faite que dans le 
cas où on ne jugerait pas à propos d'adopter la dénomination 
mise en première ligne par le compilateur. Quelle économie de 



(1) D'autres botanistes ont reconnu avant nous l'utilité de cette addition. 
En effet, nous lisons dans le Thésaurus literaturae botanicae de Pritzel 
(p. 17 de la 2 e édition) que A. Pyr. de Candolle se rendit à Bâle pour étudier 
l'herbier de G. Bauhin et écrivit sur l'exemplaire du Pinax de sa Bibliothè- 
que les synonymes de la nomenclature linnéenne. A la Bibliothèque de Lyon 
se trouve aussi un exemplaire du même ouvrage annoté par un botaniste 
nommé Vaivolet, d'après les indications contenues dans le tome V du Système 
des plantes de Mouton-Fontenille (Lyon, 1805). Ces indications elles-mêmes 
ont été puisées dans le Species plantarum de Linné. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 93 

temps et d'argent résulterait de cette simple convention qui 
nous débarrasserait du lourd bagage de la synonymie que nous 
traînons sans cesse avec nous ! 

« Ces Nomenclatures seraient réédités de demi-siècle en demi- 
siècle, soit afin d'y introduire les noms des espèces nouvellement 
créées, soit pour mettre à la retraite, c'est-à-dire à l'arrière- 
plan, les expressions démodées ou pour réformer les locutions 
vicieuses, sans aucun souci de la priorité. Sur ce point nous 
ne pouvons admettre, avec le CongTès international réuni à 
Bologne en 1881, que la fixité des noms est la suprême loi de 
la nomenclature. Nous croyons, au contraire, que le langage 
est destiné à une évolution indéfinie, comme la science elle- 
même dont il est l'expression, et nous osons ajouter qu'il n'est 
au pouvoir de personne de fixer des bornes à la liberté indomp- 
table de l'esprit humain » [Bull. Soc. linnèenne de Lyon, 
n°13, janvier 1884). 

Comme on le voit, nous sommes d'avis que la nomenclature 
doit rester distincte et complètement indépendante de l'histoire 
de la science, de sorte que d'une part nous réservons les droits 
de celle-ci et d'autre part nous ne voulons pas que les morts 
tyrannisent les vivants au point de leur imposer des formules 
perpétuelles et immuables. Le langage appartient à ceux qui 
le parlent et l'écrivent, et il dépend entièrement d'eux d'y ap- 
porter les modifications qui leur paraissent utiles. 

Nous tenions à prouver qu'il n'existe pas de contradiction 
entre nos déclarations antérieures et le jugement porté plus 
haut par nous sur l'œuvre de G. Bauhin, puisque ce que nous 
avons surtout admiré en elle concerne l'histoire de la nomen- 
clature botanique. 

A ce dernier point de vue le Pinax est un livre d'une utilité 
incontestable, parce qu'il dispense, lorsqu'il ne s'agit que d'un 
renseignement sommaire, de recourir aux écrits des anciens 
botanistes. Mais pour que cet ouvrage soit intelligible, avons- 
nous dit, il faut nécessairement connaître la correspondance 
exacte de chaque nom Bauhinien avec les dénominations mo- 
dernes. Or, rien n'était plus propre à faciliter la notion précise 
de cette concordance synonymique que l'herbier de G, Bauhin, 
collection qui est, en quelque sorte, un atlas en un exemplaire 
unique, servant d'illustration au Pinax. Aussi sommes-nous 
profondément étonné que jamais, au siècle précédent, alors 



94 HISTOIRE DES HERBIERS. 

que le Pinax était encore un livre classique à l'usage de tous 
les botanistes, aucun Aoriste de Baie, ville où l'herbier de 
G. Bauhin est conservé, n'ait eu l'idée de publier une nouvelle 
édition de cet ouvrage avec l'addition en marge des noms de 
la nomenclature Linnéenne, ou simplement un Clams ad G. 
Bauhini Pinacem (1). 

Durant ses voyages en Suisse, en Allemagne, en Italie et en 
France, G. Bauhin avait récolté une grande quantité de plantes. 
En outre, il s'était mis en relation avec la plupart des botanistes 
des pays ci-dessus énumérés et avec ceux de l'Angleterre, de 
l'Ecosse, de la Hollande, du Danemark, de la Pologne et de 
la Grèce. Dans l'introduction de son Prodromos, il cite les noms 
de 41 correspondants parmi lesquels il signale surtout un méde- 
cin de l'île de Crète, Honoré Belli (de Vicence) et son élève 
dévoué Joachim Burser qui, pendant plusieurs années, parcou- 
rut les Alpes helvétiques, bavaroises et autrichiennes, la Bohême, 
la Lusace, la Thuringe, la Saxe, le Languedoc, les Pyrénées, 
la Provence et une partie de l'Italie (2). A l'aide des impor- 
tantes contributions de ses correspondants et surtout, comme il 
le dit lui-même, « grâce à un travail persévérant de 43 années 
pour lequel il ne recula devant aucune dépense ni aucune fati- 
gue, G. Bauhin torma un herbier contenant plus de quatre mille 
plantes au su et au vu d'un grand nombre de Docteurs et d'Etu- 
diants de toutes les nations » (3). 



(1) Tel est le titre sous lequel P. Th. A. Bruliin a publié, dans le tome XXIII 
(et non XIII, comme le dit Pritzel), du Zeitschrift fur die gesammten Natur- 
wissenschaften, la synonymie des noms cités dans le premier livre du Pinax 
en se servant des indications données par Sprengel (Hist. rei herb.) et qui 
ne sont que la répétition de celles du Species plantarum de Linné, et aussi 
d'après les indications contenues dans le Tentamen Florae Basileensis par 
G. F. Hagenbach. Nous ne savons pourquoi Bruhin n'a pas continué la publi- 
cation de la synonymie des onze autres livres du Pinax. Il est encore plus 
regrettable que Hagenbach, qui avait examiné attentivement l'herbier de 
G. Bauhin, n'ait pas composé lui-même un Clavis ad Pinacem, et se soit 
borné à signaler seulement dans son Tentamen les plantes de l'herbier de 
G. Bauhin qui appartiennent à la flore bâloise. 

(2) Burser avait formé un herbier en 25 volumes in folio qui, après sa 
mort, fut donné à la Bibliothèque d'Upsal. Linné en tira grand profit dans la 
composition de son Species plantarum notamment pour établir la concor- 
dance entre les noms qu'il avait adoptés et les dénominations Bauhiniennes. 
Malheureusement, trois volumes (2, 5 et 17) de cette importante collection 
ont été détruits en 1702 pendant un incendie. Amoenitates academicae 1, 141. 

(3) Nunc ab annis quadraginta quatuor, nullis laboribus, nullis sumptibus 
parcens, nequidem molestas peregrinationes intermittens quo et plantarum 
cognitionem solidam mini compararem, easdem colligerem et asservarem et 



HISTOIRE DES HERBIERS. UO 

L'herbier de G. Bauliin n'a pas subi les mêmes vicissitudes 
que ceux d'Aldrovandi, de Césalpin et de Eauwolf : il n'est 
jamais sorti de la patrie de son auteur. D'abord transmis au fils 
et au petit-fils de G. Bauhin, il passa ensuite entre les mains 
du professeur Lachenal qui le donna, en même temps que son 
herbier, à l'Université de Baie. A ces deux importantes collec- 
tions se joignit plus tard celle de Jacob Hagenbach (1). 

L'herbier de G. Bauhin est contenu en vingt gros cartons de 
43 centimètres de hauteur sur 29 centimètres de largeur, recou- 
verts extérieurement d'un papier pointillé de couleur brune. Les 
cartons sont du temps de G. Bauhin, mais le papier qui les 
recouvre a été probablement appliqué par Lachenal, car il est 
tout à fait pareil à celui que ce dernier a mis sur les cartons de 
son herbier. La fermeture se fait au moyen de six cordons dont 
quatre ont été fixés sur le grand bord et deux au milieu du petit 
bord de chaque carton. Les plantes sont libres à l'intérieur d'une 
feuille de papier blanc buvard de 40 centimètres de longueur sur 
24 centimètres de largeur. Le papier, sans marque ni filigrane, 
est de la fin du XVI e siècle, d'après M. Oser, fabricant de Bâle 
très expérimenté. 

11 est impossible de savoir si, comme il est probable, les plantes 
avaient été disposées par G. Bauhin suivant l'ordre du Pinax, 
car actuellement elles sont réunies par familles dont les titres 
ont été placés en tête de chacune d'elles. Une chemise commune 
enveloppe, soit les échantillons de la même espèce provenant de 
diverses localités, soit les variétés d'une même espèce. Du reste, 
l'arrangement n'a pas d'importance, puisqu'il a été remanié 
après la mort de l'auteur. 

Les étiquettes ont 12 centimètres de largeur sur 5 centimètres 
de hauteur. Sur chacune d'elles G. Bauhin a écrit le nom de la 
plante avec les synonymes comme dans le Pinax. Il y a souvent 
ajouté des dessins coupés dans les ouvrages de ses prédécesseurs, 
Fuchs, Tragus, Matthiole, Dodoens, Matth. de l'Obel, Taber- 



cum authorum descriptionibus conferrem : unde factum ut domi meae in 
horto meo sicco suprà quatuor millia plantarum demonstrare possim, quod 
quam plurimi Doctores et Studiosi diversarum nationum testari poterunt. 
Prodr. theatri botan. introd. 

(1) Les renseignements ci-après mentionnés nous ont été fournis par 
M. Voechting, profess-eur de botanique et directeur du Jardin de Bâle, et par 
M. Christ, auteur de plusieurs monographies bien connues des botanistes et 
de l'admirable ouvrage intitulé : « La Flore de la Suisse et ses origines. » 



98 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



naemontanus et Clusius. Hagenbach y a joint des étiquettes sur 
lesquelles il a mis le nom Linnéen correspondant à celui du 
Pinaœ. 

Le nombre des feuilles est de 2,400 contenant environ 2,000 
espèces ou variétés ; mais comme G. Bauhin dit que son herbier 
se composait de plus de 4,000 plantes, on est en droit de conclure 
que 2000 au moins de celles-ci ont disparu, probablement parce 
qu'on a jeté les plantes qui avaient été attaquées par les insectes. 
Les échantillons qui restent sont la plupart en très bon état et 
paraissent avoir été fortement comprimés. Un grand nombre pré- 
sentent des fleurs dont le coloris est bien conservé. 

Après ce qui a été dit plus haut au sujet de la place impor- 
tante que tient le Pinax dans la littérature botanique et de 
l'utilité qu'a encore actuellement ce livre pour établir la concor- 
dance des anciens noms avec les dénominations modernes, il 
est superflu de faire ressortir plus amplement l'intérêt qu'offri- 
rait la description de l'herbier de G. Bauhin. Nous avons déjà 
exprimé le regret que cette description n'ait pas été faite lorsque 
la collection Bauhinienne n'avait encore éprouvé aucun dom- 
mage ni amoindrissement. Toutefois, nous souvenant du vieux 
proverbe « mieux vaut tard que jamais », nous avions formé le 
projet d'aller à Baie pour y faire le Catalogue des espèces con- 
tenues dans les vingt volumes de cette collection. Empêché par 
diverses circonstances de dresser cet inventaire, nous avons 
voulu au moins en reconstituer une partie à l'aide des indications 
fournies par C.-F. Hagenbach dans son Tentamen Florœ Basi- 
leensis adjeciis C. Bauhini synonymis ope horli ejus sicci corn- 
probatis, 2 vol. et supplem. in-12, 1821, 1834, 1843, Basil. 
Comme l'ouvrage de Hagenbach, est peu connu et que, d'ailleurs, 
les plantes y sont énumérées suivant le système sexuel de Linné, 
nous avons cru que notre Catalogue de l'herbier de G. Bauhin, 
bien que restreint aux espèces citées dans la Flore bâloise, ne 
serait pas dépourvu d'utilité, en attendant que nous ayons le 
loisir de le compléter. 

Clematis vitalba G. silvestris latifolia. 300 Pinax. 

Thalictrum aquilegifolium T. florum staminibus purpurascentibus 337. 

T. flavum T. majus flavum staminibus luteis vel glauco 

folio 336. 

Anémone pulsatilla Puisât, folio tenuius inciso et flore minore 177. 

A. silvestris A. silvestris alba minor 176. 

A. nemorosa A. nemorosa flore majore id. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



97 



A. narcissiflora 

Hepatica triloba 
Adonis aestivalis 

— vdr. pallida 
Myosurus minimus 
Ranunculus aquatilis capil- 

laceus 

— var. caespitosus 
R. divaricatus 

R. fluitans 

R. platanifolius 
R. lanuginosus 
Caltha palustris 
Eranthis hiemalis 
Helleborus fœtidus 
Nigella damascena 

N. arvensis 
Delphinium consolida 
D. Ajacis 

Paeonia officinalis 
Nymphaea alba 
Papaver somniferum 

— var. album 
P. argemone 
Chelidonium majus 
Fumaria officinalis 
Gorydalis cava 

C. intermedia 

G. solida 

Raphanus raphanistrum 

R. sativus 

Sinapis cheiranthus 

S alba 

Diplotaxis tenuifolia " 

Erucastrum obtusangulum 

Cheiranthus cheiri 

Erysimum perfoliatum 

Barbarea vulgaris 

Sisymbrium officinale 

S. asperum 

S. alliarium 

Nasturtium anceps 

Arabis hirsuta 



Ranunculus montanus hirsutus humilior Nar- 

cissi flore 182. 
Trifolium hepaticum flore simplici 330. 
A. silv. flore phoeniceo ejusque foliis longio- 

ribus 178. 
A. silv. flore luteo pallido et albo id. 
Holosteo affinis cauda mûris 190. 
R. aquaticus capillaceus 180. 

Millefolium aquaticum cornutum majus 141. 

Herbier. 

M. aquat. foliis Fœniculi, Ranunculi flore et 

capitule 141. 
Caryophyllata alpina quinquefolia 322. 
R. montanus subhirsutus Geranii folio 182. 
Caryophyllata palustris flore simplici 276. 
Aconitum unifolium luteum bulbosum 183. 
H. niger fœtidus 185. 
N. angustifolia flore majore simplici caeruleo 

145. 
N. arvensis cornuta id. 
Consolida regalis arvensis 142. 
C. regalis hortensis flore majore et simplici id. 
P. communis vel fœmina 323. 
N. alba major 193. 
P. hortense nigro semine 170. 
P. hort. semine albo id. 
Argemoue capitulo longiore 172. 
C. majus vulgare 144. 
F. officinarum et Dioscoridis 143. 
Fumaria bulbosa radice cava major id. 
F. bulbosa radice non cava minor 144. 
F. bulbosa radice non cava major id. 
Rapistrum flore albo siliqua articulata 95. 
Raphanus major orbicularis 96. 
Leucoium luteum Erucse folio 201. 
Sinapi Apii folio 99. 
Sinapi Erucse folio id. 

Eruca silvestris major lutea caule aspero 98. 
Leucoium luteum vulgare 202. 
Brassica campestris perfoliata flore albo 112. 
Eruca lutea latifolia sive Barbarea 98. 
Erysimum vulgare 100. 

Sinapi parvum siliqua aspera 99, Montpellier. 
Alliaria 110. 
Herbier. 
Erysimo similis hirsuta non laciniata floribus 

albis 101. 



98 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



Arabis perfoliata 

A. Thaliana 
A. arenosa 
Cardamine silvatica 
Dentaria digitata 
D. phmata 
Lunaria rediviva 
L. annua 

Alyssum calycinum 
Draba aizoides 
Roripa nasturtioides 

R. pyrenaica 

R. amphibia 
Armoracia rusticana 
Isatis tinctoria 
Iberis amara 
Teesdalia nudicaulis 
Thlaspi perfoliatum 
Capsella bursa pastoris 

— variété 
Lepidium draba 
Senebiera coronopus 
Rapistrum rugosum 
Anastatica hierochuntina 

Gakile maritima 
Helianthemum vulgare 
Viola odorata 
V. alba 

— var. flore pleno 
V. collina 

V. Riviniana 
V. canina 
V. stagnina 
V. tricolor 

— var. 
Reseda lutea 
R. luteola 

Drosera rotundifolia 
D. anglica 
Parnassia palustris 
Polygala vulgaris 
P. austriaca 

Cucubalus baccifer 



Brassica silvestris foliis circa radicem cicho- 

raceis 112. 
Bursae pastoris similis siliquosa major 108. 
Eruca caerulea in arenosis crescens 99. 
Herbier. 

D. pentaphyllos 322. 
D. heptaphyllos id. 

Viola lunaria major siliqua oblonga 203. 
V. 1. m. siliqua rotunda id. cultivé. 
Thlaspi Alysson dictum campestre majus 107. 
Sedum alpinum hirsutum luteum 284. 
Raphanus aquaticus foliis in profundas lacinias 

divisis 97. 
Eruca palustris Nasturtii folio capsula minima 

Herbier. 
Raphanus aquaticus alter 97. 
R. rusticanus 96. 
Isatis silvestris angustifolia 113. 
Thlaspi umbellatum arvense Iberidis folio 106. 
Bursa pastoris minor foliis incisis 108. 
T. arvense perfoliatum minus 106. 
Bursa pastoris major folio non sinuato 108. 
B. past. média id. 
Herbier. 

Ambrosia campestris repens 138. 
Rapistrum monospermum 95. 
Rosa Hiericontea 484 cultivé dans le jardin de 

Bauhin. 
Eruca maritima italica 99, cultivé id. 
Ghamaecistus vulgaris flore luteo 465. 
V. martia purpurea flore simplici odoro 199. 
V. martia alba id. 
V. martia multiplici flore id. 
Herbier. 

V. martia inodora silvestris id. 
V. martia inodora silvestris id. 
V. martia arborescens purpurea id. 
V. tricolor hortensis repens id. 
V. bicolor arvensis 200. 
R. vulgaris 100. 
Luteola herba Salicis folio id. 
Ros solis folio rotundo 357. 
R. solis foliis oblongis id. 
Gramen Parnassi albo simplici flore 309. 
P. major vulgaris 215. 
P. foliis circa radicem rotund., sapore admo- 

dum amaro id. 
Lyc hnis silvestris quœ Been album dicitur 205. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



99 



Silène rupestris 
S. noctiflora 

S. nutans 

Lychnis Flos Cuculi 

L. diœca 

L. silvestris 

L. githago 

Saponaria officinalis 

S. ocimoides 

S. vaccaria 

Gypsophila muralis 

Dianthus prolifer 

D. armerius 

D. carthusianorum. 

— var. multiflorus 
D. csesius 

D. silvestris 
D. superbus 
Sagina procumben3 
S. nodosa 
Alsine fasciculata 
Moehringia muscosa 
Arenaria serpyllifolia 
Stellaria média 
S. holostea 

S. graminea 
S. uliginosa 
Holosteum umbellatum 

Moenchia erecta 
Gerastium viscosum 
C. semidecandrum 
C. arvense 
C. aquaticum 
Spergula arvensis 
Spergularia rubra 
Linum tenuifolium 

— var. 

L. catharticum 
Tilia parvifolia 
T. grandifolia . 
Malva moschata 
M. alcea 
M. silvestris 
M. rotundifolia 



Alsine alpina glabra 251 . 

Lychnis silv. latifol. calyculis turgidis striatis 

205. 
L. montana viscosa alba latifolia id. 
Caryophyllus pratensis flore laciniato sive Flos 

Cuculi 210. 
L. silvestris alba simplex 204. 
L. silv. sive aquatica purpurea simplex id. 
L. segetum major id. 
S. major laevis 206. 

Lychnis vel Ocimoides repens montanum id. 
L. segetum rubra foliis Perfoliatae 204. 
Caryophyllus minimus muralis 211. 
G. silvestris prolifer 209. 
C. barbatus silvestris id. 
C. silvestris vulgaris id. 
Armeria rubra multiflora Herbier. 
C. simplex minor Herbier. 
C. silvestris biflorus 209. 
G. flore tenuissime dissecto id. 
Alsine fontana Herbier. 
A. nodosa gallica 251. 
Polygono angustissimo folio affinis 281. 
Alsine tenuifolia muscosa 251. 
A. minor multicaulis 250. 
A. média id. 
Caryophyllus holostius arvensis glaber flore 

majore 210. 
C. arvensis glaber flore minore id. 
Alsine aquatica média 251. 
Caryophyllus arvensis umbellatus folio glabro 

210. 
A. verna lugdunensis Herbier. 
A. hirsuta altéra viscosa 251. 
A. hirsuta minor id. 

Caryophyllus arvensis hirsutus flore majore 210. 
Alsine altissima nemorum 250. 
A Spergula dicta major 251. 
A. Spergulaefacie minor sive Spergula minor id. 
L. silvestre angustifolium flore magno 214. 
L. silv. angust. flore minore id. 
L. pratense floribus exiguis id. 
T. fœmina folio minore 426. 
T. fœm. folio majore 427. 
Alcea folio rotundo laciniato 316. 
Alcea vulgaris major id. 
M. silvestris folio sinuato 314. 
M. silv. folio rotundo id. 



100 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



Althaea officinalis 
A. hirsuta 

Géranium silvaticum 
G. pratense 
G. sanguineum 
G. columbinum 
G. dissectum 
G. rotundifolium 
G. Robertianum 
Erodium moschatum 
E. cicutarium 
Hypericum perforatum 

— var. angustifolium 
H. humifusum 

H. montanum 

— var. triphyllum 
Acer pseudo platanus 
A. platanoides 

A. campestre 
Vitis vinifera 
Hippocastanon vulgare 
Impatiens noli tangere 
Oxalis acetosella 
Dictamnus albus 
Evonymus europaeus 

— var. 

Staphylea pinnata 
Aquifolium vulgare Tourn. 
Rhamnus cathartica 
R. alpina 
R. frangula 
Sarothamnus vulgaris 
Genista sagittalis 
G. pilosa 
G. tinctoria 
G. germanica 
Ononis campestris 
0. arvensis Lam. 
Anthyllis vulneraria 
Medicago lupulina 

M. falcata 

M. sativa 
M. minima 
Melilotus officinalis 



A. Dioscoridis et Plinii 315. 

Alcea hirsuta 317. 

G. batrachioides folio Aconiti id. 

G. batrachioides, Gratia dei Germanorum 318. 

G. sanguineum maximo flore id. 

G. columbinum tenuius laciniatum id. 

G, batrach. Gollum gruis Germanorum id. 

G folio Malvse rotundo id. 

G. Robertianum primum 319. 

G. Cicutse folio moschatum id. 

G. Cicutse folio id. 

H. vulgare 279. 

H. minus erectum id. 

H. minus supinum glabrum id. 

Ascyrum sive Hypericum glabrum bifoliumnon 

perforatum 280. 
H. Ascyron dictum Trifolium id. 
A. montanum candidum 430. 
A. mont, tenuissimis et acutissimis foliis 431. 
A. campestre et minus id. 
V. vinifera 299. 
Castanea folio multifido 419. 
Balsamina lutea sive Noli me tangere 306. 
Trifolium acetosum vulgare 300. 

D. albus sive Fraxinella 222. 

E. vulgaris granis rubentibus 428. 

E. vulg. granis albidis. — E. vulg. granis ni- 

gris id. 
Pistacia silvestris 401. 
Ilex aculeata baccifera folio sinuato 425. 
Rh. catharticus 478. 
Alnus nigra polycarpos 428. 
A. nigra baccifera id. 
Genista angulosa scoparia 395. 
Chamsegenista sagittalis id. 
Ch. montana hispida 396. 
G. tinctoria germanica 395. 
G. spinosa minor germanica id. 
Anonis spinosa flore purpureo 389. 
A. spinis carens purpurea id. 
Loto affinis Vulneraria pratensis 332. 
Trifolium pratense luteum capitulo breviore 

328. 
Tr. silvestre luteum siliqua cornuta vel Medica 

frutescens 330. 
Tr. siliqua cornuta sive Medica id. 
Tr. echinatum arvense fructu minore id. 
Melilotus officinarum 331. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



101 



Trifolium rubens 
T. alpestre 

T. médium 

T. incarnatum 

T. pratense 

T. arvense 

T. scabrum 

T. montanum 

T. repens 

T. agrarium 

T. badium 

Lotus corniculatus var. pi- 

losus. 
Tetragonolobus siliquosus 
Astragalus glycyphyllus 

Golutea arborescens 
Vicia angustifolia 

V. sepium 

V. dumetorum 

V. cracca 

Vicia varia var. polyphylla 

E. hirsutum 

Ervum tetraspermum 

E. gracile 

Lens esculenta 

Lathyrus aphaca 

L. Nissolia 

L. hirsutus 

L. cicera 

L. sativus 

L. latifolius 

L. silvestris 

L- tuberosus 

L. pratensis 

Orobus vernus 

0. tuberosus 

0. niger 

Coronilla emerus 

G. vaginalis 

C. varia 

Ornithopus perpusillus 
Hippocrepis comosa 



Tr. montanum spica longissima rubente 328. 
Tr. montanum purpureum folio acuto crenato 

id. 
Tr. montanum purpureum majus id. 
Tr. spica subrotunda rubra 388. 
Tr. pratense purpureum 327. 
Tr. arvense humile spicatum sive Lagopus 328. 
Tr. capitulo oblongo aspero 329. 
T. montanum album 328. 
T. pratense album 327. 
T. pratense luteum capitulo Lupuli 328. 
T. montanum lupulinum id. 
Lotus 5-phyllus minor hirsutus 332. 

Lotus pratensis siliquosus luteusid. 
Glycyrrhiza silvestris floribus luteo pallescen- 

tibus 352. 
G. vesicaria 396. 
V. vulgaris acutiore folio semine parvo nigro 

345. 
V. sepium folio rotundiore acuto id. 
V. maxima dumetorum 345. 
V. silvestris spicata id. 
Herbier. 
Vicia segetum cum siliquis plurimis hirsutis 

345. 
V. segetum singularibus siliquis glabris id. 
Herbier. 

Lens vulgaris 346. 

Vicia lutea foliis convolvuli minoris 345. 
L. silvestris minor 344. 
L. angustifolius siliqua hirsuta id. 
L. sativus flore purpureo id. 
L. sativus, flore fructuque albo 343. 
L. latifolius 344. 
L. silvestris major id. 
L. arvensis repens tuberosus id. 
L. silvestris luteus foliis Viciae id. 
0. silvaticus purpureus vernus 351. 
0. silv. angustifolius Asphodeli radice id. 
0. silv. Viciae foliis 352. 
Golutea siliquosa sive scorpioides major 397. 
C. siliquosa scorpioides minor id. 
Securidaca dumetorum minor pallide caerulea 

349. 
Ornithopodium minus 350. 
Ferrum equinum germanicum sUiquis in sum- 

mitate 349. 



102 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



Prunus insititia 
P. padus 
Geum urbauum 
G. rivale 

Potentilla fragaria 
P. opaca 

P. verna 

P. tormentilla 

P. reptans 

P. anserina 

P. rupestris 

P. supina 

Gomarum palustre 

Fragaria vesca 

F. collina 

Rubus saxatilis 

R. caesius 

R. fruticosus 

R. idaeus 

Agrimonia eupatoria 

Poterium sanguisorba 

Sanguisorba officinalis 

Alchimilla arvensis 

Cratsegus oxyacantha 

Cotoneaster vulgaris 
Sorbus domestica 
S. aria 
S. torminalis 

Amelanchier vulgaris 
Epilobium trigonum 
Œnothera biennis 
Circaea lutetiana 
Myriophyllum verticilla- 

tum 
M. spicatum 
Trapa natans 
Hippuris vulgaris 
Lythrum salicarium 
L. hyssopifolium 
Peplis portula 
Myricaria germanica 

Philadelphus coronarius 
Bryonia diœca 
Portulaca oleracea 



P. silvestris prsecox 444. 

Cerasus racemosa silv. fructu non eduli 451. 

Garyophyllata vulgaris 321. 

G. aquatica nutante flore id. 

Fragaria sterilis 327. 

Quinquefolium montanum erectum hirsutum 
luteum 325. 

Q. minus repens luteum id. 

Tormentilla silvestris 327. 

Quinquef. majus repens 325. 

Potentilla 321. 

Quinquef. fragiferum 326. 

Quinquef. fragifero affinis id. 

Quinquef. palustre rubrum id. 

Frag. vulgaris id. 

F. fructu albo id. 

Chameerubus saxatilis 479. 

R. repens fructu caesio id. 

R. vulgaris fructu nigro id. 

R. idaeus spinosus id. 

Eupatorium veterum sive Agrimonia 321. 

Pimpinella sanguisorba minor hirsuta 160. 

P. Sanguisorba major id. 

Chaerophyllo nonnihil similis 152. 

Mespilus Apii folio silv. spinosa sive Oxya- 
cantha 454. 

C. folio rotundo non serrato 452. 

S. sativa 415. 

Alni effigie lanato folio major 452. 

Mespilus Apii folio silvestris non spinosa sive 
Sorbus torminalis 454. 

Alni effigie lanato folio minor 452. 

Lysimachia siliquosa glabra 245. 

L. lutea corniculata id. 

Solanifolia Circsea dicta major 168. 

Millefolium aquaticum flosculis ad foliorum 
nodos 141. 

M. aquat. pennatum spicatum id. 

Tribulus aquaticus 194. 

Equisetum palustre Linariae Scoparise folio 15. 

Lysimachia spicata purpurea 246. 

Hyssopifolia sive Gratiola minor 218. 

Alsine palustris minor serpyllifolia 251. 

Tamarix fruticosa folio crassiore sive germa- 
nica 485. 

Syringa alba sive Philadelphus Athenaei 398. 

B. aspera alba baccis rubris 297. 

P. angustifolia silvestris 288. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



103 



Montia rivularis 
Herniaria glabra 

H. hirsuta 

Corrigiola littoralis 

Scleranthus annuus 

S. père unis 
Polycnemum arvense 
Grassula rubens 
Sedum villosum 
S. album 
S. acre 

S. sexangulare 
S. reflexum 
Ribes nigrum 
R. rubrum 

R. alpinum 
R. uva crispa 
Saxifraga stellaris 

— var. 

S. aizoides 
S. hirculus 
S. aizoon 

— var. 
Chrysosplenium aitemifo- 

lium. 
C. oppositifolium 
Daucus carota 

Gaucalis daucoides 
Torilis anthriscus 
Goriandrum sativum 
Laserpitium latifolium 
Angelica silvestris 

— var. 

Selinum carvifolium 

Peucedanum cervarium 

— var. 

P. alsaticum 

P. oreoselinum 
P. palustre 
Imperatoria ostruthium 



Alsine palustris minor folio oblongo 251. 
Polygouum minus glabrum vel Herniaria glabra 

Herbier. 
P. minus vel Millegrana major var. hirsuta 

282. 
P. littoreum minus flosculis spadiceis albican- 

tibus281. 
P. angustissimo et acuto vel gramineo folio 

minus repens id. 
P. gramineo folio majus erectum id. 
Camphorata glabra congener 486. 
Sedum arvense flore rubente 283. 
S. palustre subhirsutum purpureum 285. 
S. minus teretifolium album 283. 
S. minus vermiculatum acre id. 
S. minus vermiculatum insipidum 284. 
S. minus luteum ramis reflexis 283. 
G-rossularia non spinosa fructu nigro 455. 
G. multiplici acino sive non spinosa hortensis 

rubra seu Ribes officinarum id. 
Ribes montana Oxyacanthae sapore 160. 
G. simplici acino vel spinosa silvestris 455. 
Sanicula montana rotundifolio minor 243. 
S. montana longifolia serrata id. 
Sedum alpinum flore pallido 284. 
Chamaecistus frisicus folio Nardi celticse 466. 
Cotylédon minor foliis subrotundis serratis285. 
G. mediis foliis oblongis serratis id. 
Saxifraga rotundifolia aurea 309. 

S. rotund. aurea altéra id. 
Pastinaca tenuifolia silvestris Dioscoridis sive 
Daucus officinarum 151. 

C. arvensis echinata parvo flore et fructu 152. 
Gaucalis semine aspero flosculis rubentibus 153. 
Coriandrum majus 158. 

Libanotis latifolia 157. 

A. silvestris major 155. 

A. silvestris minor aquatica 156. 

Seseli pratense tenuifolium vel Daucus pratensis 

tenuifolius 162. 
Daucus montanus Apii folio major 150. 

D. pratensis Apii folio id. 

D. alsaticus Prodr. 77. — D. montanus Apii 

folio flore luteo id. 
Apium montanum folio ampliore 153. 
Seseli palustre lactescens 162. 
Imperatoria major 156. 



104 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



Heracleum sphondylium 
— var. 
H. alpinum 
Pastinaca sativa 
Meum athamanticum 
M. mutellinum 
Silaus pratensis 
Athamanta cretensis 
Libanotis montana 
Fœniculum vulgare 
^Ethusa cynapium 
Œnanthe peucedanifolia 
Œ. fistulosa 
Phellandrium aquaticum 

Bupleurum rotundifolium 
B. tenuissimum 
B. falcatum 
Berula angustifolia 
Pimpinella magna 

— var. flore roseo 
P. saxifraga 

— var. dissecta 
Bunium carvi 

B. bulbocastanum 
./Egopodium podagrarium 
Falcaria Rivini 
Ptychotis heterophylla 
Trinia vulgaris 

Apium graveolens 
Cicuta virosa 
Scandix pecten 
Anthriscus vulgaris 
A. cerefolium 
A. silvestris 

Chaerephyllum bulbosum 
Ch. aureum 
Ch. hirsutum 
Ch. cicutaria 
Gh. temulum 
Conium maculatum 
Hydrocotyle vulgaris 
Eryngium campestre 
Sanicula europaea 
Hedera hélix 
Cornus mas 
Sambucus ebulus 



Sphondylium vulgare hirsutum 157. 

Sph. hirsutum foliis angustioribus id. 

Sph. alpinum glabrum id. 

P. silvestris latifolia 155. 

Meum foliis Anethi 148. 

M. alpinum umbella purpurascente id. 

Seseli pratense, Silaus forte Plinii 162. 

Daucus montanus multifido longoque folio 150. 

D. montanus Apii folio minor Prodr. 77. 

F. vulgare germanicum 147. 

Cicuta minor petroselino similis 160. 

Œ. Apii folio 162. 

CE. aquatica id. 

Cicutaria palustris tenuifolia 161. — Millefolium 

aquaticum umbellatum Goriandri folio 141. 
Perfoliata vulgatissima sive arvensis 277. 
B. angustissimo folio 228. 
B. folio subrotundo sive vulgatissimum 278. 
Sium seu Apium palustre foliis oblongis 154. 
P. saxifraga major umbella candida 159. 
P. saxifr. major umbella rubente id. 
P. saxifraga minor 160. 
P. saxifr. tenuifolia id. 

Cuminum pratense sive Carvi officinarum 158. 
Bulbocastanum majus folio Apii 162. 
Angelica silvestris minor sive erratica 155. 
Eryngium arvense foliis serrée similibus 386. 
Pimpinella saxifraga tenuifolia 160. 
Daucus montanus multifido folio Selini semine 

150. 
Apium palustre officinarum 154. 
Sium erucifolium 154. 
Scandix semine rostrato vulgaris 160. 
Myrrhis silvestris seminibus asperis id. 
Chaerephyllum sativum 152. 
Myrrhis silvestris seminibus leevibus 160. 
Cicutaria bulbosa 161. 
Myrrhis minor 160. 
Cicutaria palustris latifolia alba 161. 
Seseli montanum Cicutee folio subhirsutum id. 
Gh. silvestre 152. 
Cicuta major 160. 

Ranunculus aquaticus Cotyledonis folio 180. 
Er. vulgare 380. 
San. officinarum 319. 
Hedera arborea 305. 
G. silvestris mas 447. 
S. humilis sive Ebulus 456. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



105 



S. ebulus var. laciniata 
S. nigra 

— var. laciniata 
S. racemosa 
Viburnum lantana 
V. opulus 

— var. 
Lonicera xylosteum 

L. alpigena 

Galium cruciatum 
G. rotundifolium 
G. boréale 
G, verum 
G. silvaticum 
G. erectum 
G. palustre 
Asperula odorata 
A. cynanchica 
A. arvensis 
Sherarda arvensis 
Valeriana officinalis 
V. dioeca 
V. tripteris 
V. montana 
Valerianella olitoria 
V. dentata 
V. auriculata 
Dipsacus silvestris 
D. laciniatus 
D. pilosus 

Scabiosa arvensis 
S. silvatica 
S. columbaria 

— var. 
S. lucida 
S. succisa 

— var. incisa 
Eupatorium cannabinum 
Cacalia alpina 
Petasites vulgaris 

P. albus 
Linosyris vulgaris 

Erigeron acris 
Aster amellus 



S. foliis laciniatis id. 

S. fructu nigro id. 

S. laciniato folio id. 

S. racemosa rubra id. 

Viburnum vulgo 429. 

Sambucus flore simplici 456. 

S. cyma globosa flore pleno id. 

Chamsecerasus dumetorum fructu gemino rubro 

451. 
Ch. alpina fructu gemino rubro duobus punctis 

notato id. 
G. latifolium asperum seu Cruciata minor 335. 
Rubia quadrifolia seu rotundifolia lsevis 334. 
Rubia pratensis lsevis acuto folio 333. 
G. luteum 335. 

Mollugo montana latifolia ramosa 334. 
Rubia silvestris lsevis 335. 
G. palustre album id. 
A. seu Rubeola montana odora 334. 
Rubia cynanchica 333. 
A. cserulea arvensis 334. 
Rubeola inermis repens ceerulea id. 
V. silvestris major 164. 
V. palustris minor id. 
V. alpina prima id. 
V. montana subrotundo folio 165. 
V. campestris inodora major 164. 
V. dentata Herbier. 
Herbier. 

D. silvestris vel Virga pastoris major 385. 
D. folio laciniato id. 

D. silvest. capitulo minore vel Virga pastoris 
minor id. 

Scabiosa pratensis hirsuta officinarum 269. 

S. montana latifolia non laciniata rubra 270. 

S. capitulo globoso major id. 

S. capit. glob. foliis laciniatis id. 

S. capit. glob. minor id. 

Succisa glabra 269. 

S. angustifolia palustris id. 

E. cannabinum 320. 

C. foliis cutaneis acutioribus et glabris 198. 

P. major et vulgaris 197. 

P. minor id. 

Linaria folioso capitulo luteo major et minor 

213. 
Gonyza caerulea acris 265. 
A. atticus caeruleus vulgaris 267. 



106 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



Bellis perennis 

— var. 

Arnica montana 
Senecio vulgaris 
S. viscosus 

S. silvaticus 
S. aquaticus 
S. Jacobaea 
S. erucifolius 

— var. heterophyllus 

S. paludosus 
S. sarracenicus 
Artemisia absinthium 

A. vulgaris 
A. campestris 
Tanacetum vulgare 
Leucanthemum vulgare 
L. atratum DC. 
Pyrethrum corymbosum 

P. parthenium 
Matricaria chamomilla 
Anthémis cotula 
A. tinctoria 
Achillea millefolium 
A. nobilis 

A. ptarmica 
Bidens tripartitus 

B. cernuus 

Buphthalmum salicifolium 
Inula conyza 

I. salicina 
I. britannica 
I. helenium 
Pulicaria dysenterica 
P. vulgaris 
Gnaphalium luteo album 

G. silvaticum 
G. uliginosum 
Antennaria diœca 

— var. 

Filago germanica 
Galendula arvensis 

C. officinalis 
Echinops sphaerocephala 



B. silvestris minor 261. 

B. perennis proliféra Herbier. 

Doronicum plantaginis folio alterum 185. 

S. minor vulgaris 131. 

S. incarnas pinguis id. 

S. minor latiore folio sive montanus id. 

Jacobaea subrotundo minus laciniato folio id. 

J. vulgaris laciniata id. 

J. vulgaris laciniata Erucse folio id. 

Senecio foliis infer. ovatis crenatis super, pin- 

natifidis Herbier. 
Conyza palustris serratifolia 266. 
Virga aurea angustifolia serrata 268. 
Absinthium ponticum sive romanum officina- 

rum 138. 
Artemisia vulgaris major 137. 
Abrotonum campestre 136. 
T. vulgare luteum 132. 
Bellis silvestris caule folioso major 261. 

B. alpina major rigido folio id. 
Tanacetum montanum inodorum minore flore 

132. 
Matricaria vulgaris seu sativa 133. 
Chamsemelum vulgare 135. 

C. foetidum 135. 

Buphthalmum Tanaceti minoris foliis 134. 

Millefolium vulgare album 140. 

Tanacetum minus album odore Camphorse 132. 

Dracunculus pratensis serrato folio 98. 

Cannabina aquatica folio tripartito diviso 321. 

G. aquat. folio non diviso id. 

Aster luteus major foliis Succisee 266. 

Conyza major vulgaris 265. 

Aster montanus luteus Salicis glabro folio 266. 

Conyza aquatica Asteris flore aureo id. 

Helenium vulgare 276. 

Conyza média Asteris flore luteo 265. 

G. minor flore globoso 266. 

Helichrysum silvestre latifolium capitulis con- 

globatis 264. 
G. majus angusto oblongo folio 263. 
G. minus repens Herbier. 
G. montanum flore rotundiore 263. 
G. mont, longiore et folio et flore id. 
G. médium id. 
Caltha arvensis 276, 
C. vulgaris 275. 
Carduus sphserocephalus latifolius vulgaris 381. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



107 



Silybummaculatum Mcench 

Onopordon acanthium 

Girsium lanceolatum 

C. eriophorum 

C. palustre 

C. oleraceum 

G. bulbosum 

C. rivulare 

G. acaule 

C. arvense 

C. oleraceo -rivulare 

Carduus personatus 

C. nu tans 

C. defloratus 

— var. pinnatifidus 
Centaurea jacea 

— var angustifolia 
C. montana 

G. cyanus 
C. scabiosa 
C. paniculata 
C. calcitrapa 
C. solstitialis 
Serratula tinctoria 
Carlina vulgaris 

— var. multiflora 
C. acaulis 
Lappa major 

L. tomentosa 
Cichorium intybus 
Arnoseris pusilla 
Lampsana communis 
Hypochœris glabra 

H. radicata 

— var. bulbifera 
Leontodon autumnalis 

L. hastilis 
L. hispidus 
Picris hieracioides 

— var. 

Tragopogon pratensis 
T. porrifolius 



Carduus albis maculis notatus id. 

Spina alba tomentosa latifolia silvestris 382. 

Carduus lanceolatus latifolius 385. 

C. capite rotundo tomentoso 382. 

C. palustris 377. 

C. pratensis latifolius 376. 

C. pratensis Asphodeli radiée latifolius 377. 

Cirsium angustifolium non laciniatum id. 

Carlina acaulos minore purpureo flore 380. 

Carduus vinearum repens folio Sonchi 377. 

Herbier. 

G. mollis latifolius Lappse capitulis 377. 

C. spinosissimus sphserocephalus rigidis aculeis 
armatus 385. 

Cirsium singularibus capitulis parvis 377. 

G. angustifolium id. 

Jacea nigra pratensis latifolia 271. 

J. nigra prat. angustifolia id. 

Cyanus montanus latifolius 273. 

C. segetum id. 

Scabiosa major capitulis squamatis 269. 

Stoebe major calyculis non splendentibus 273. 

Carduus stellatus foliis Papaveris erratici 387. 

C. stellatus luteus foliis Cyani id. 

Serratula 235. 

Cnicus silvestris spinosus 378. 

C. silv. spinosus polyfephalos id. 

C. acaulis magno flore 380. 

Lappa major Arctium Dioscoridis 198. 

L. major montana capitulis tomentosis id. 

C. silvestre officinarum 125. 

Hieracium minus folio subrotundo 127. 

Soncho affinis Lampsana domestica 124. 

Hieracium minus Dentis Leonis folio obtuso 
glabro 127. 

H. Dentis Leonis folio obtuso majus id. 

H. Dent. Léon, folio bulbulis donatus Herbier. 

H. foliis Coronopi radice succisa majus et 
minus Herbier. 

Apargia hastilis monoclonon glabrum Herbier, 

Hieracium Dentis Leonis folio sub aspero 127. 

Cichorium pratense luteum hirsutie asperum 
126. 

Hieracium montanum hirsutum ramosum par- 
vis floribus Herbier. 

T. pratensis luteus hirsutie asper 274. 

T. purpureo cseruleus porrifolio quod Artifi 
vulgo id. 



108 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



Chondrilla juncea 
Taraxacum officinale 
T. palustre 
Lactuca scariola 
L. perennis 
Prenanthes muralis 

P. purpurea 
Sonchus oleraceus 
S. asper 
S. arvensis 

Mulgedium alpinum 

Crépis taraxacifolia 

C. setosa 

C. fœtida 
C. praemorsa 

— var. pauciflora 
G. biennis 

G. virens 

— var. 

C. blattarioides 

G. paludosa 

Hieracium pilosellum 

H. auriculatum 

H. fallax 

H. praealtum 

H. pratense 

H. glaucum 

H. amplexicaule 

H. pulmonarifolium 

H. murorum 

H. Jacquini var. lyrato ■ 
acutum Vill. 

— var. subintegrifolium 

H. sabaudum 

— var. latifolium 
H. umbellatum 

— var. latifolium 

— Caule fasciato 
Xanthium strumarium 
Jasione montana 



C. juncea viscosa arvensis 130. 

Dens Leonis latiore folio 126. 

Dens Leonis angustiore folio id. 

L. silvestris costa spinosa 123. 

Chondrilla caerulea Cichorii silvestris folio 130l 

Sonchus lsevis laciniatus muralis parvis floribus 

124. 
Lactuca montana purpureo caerulea major 123. 
S. leevis laciniatus latifolius 124. 
S. asper laciniatus id. 
Hieracium majus folio Sonchi vel Hieracium 

sonchites 126. 
Sonchus lsevis laciniatus caeruleus vel Sonchus 

alpinus caeruleus 124. 
Hieracium maximum asperum Chondrillee folio 

127. 
H. Chondrillse folio hirsutum foliis angustio- 

ribus Herbier. 
H. Chondrillse folio hirsutum 127. 
H. pratense latifolium non sinuatum majus 129. 
H. pratense latif. non sinuatum minus id. 
H. majus erectum latifolium caule aspero 127. 
H. majus erectum angustifolium caule lsevi id. 
H. minus glabrum foliis eleganter virentibusid. 
H. montanum latifolium glabrum majus 129. 
H. mont, latif. glabrum minus id. 
Pilosella major repens hirsuta 262. 
P. major repens minus hirsuta id. 
P. major erecta id. 
P. major erecta altéra id. 
H. murorum angustifolium non sinuatum 129. 
H. Tragopogonis folio id. 
H. saxatile asperum folio oblongo Herbier, 
H. pumilum saxatile asperum radice praemorsa 

128. 
H. murorum laciniatum minus pilosum 129. 
H. montanum lanuginosum parvo flore id. 

H. pumilum saxat. asperum radice praemorsa 

128. 
H. fruticosum latifolium hirsutum 129. 
H. latifolium foliis dentatis glabris Herbier. 
H. fruticosum angustifolium majus 129. 
H. fruticoso affine folio oblongo subrotundo 

Herbier. 
Auricula mûris major silvatica Herbier. 
Lappa minor, Xanthium Dioscoridis 198. 
Rapunculus Scabiosse capitulo caeruleo 92. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



109 



Phyteuma orbiculare 
P. spicatum 
— var. 
Specularia arvensis 

Campanula glomerata 

G. cervicaria 

C. trachelium 

C. ranunculoides 

C. pusilla 

C. rapunculus 

G. persicifolia 

C. rotundifolia 

Vaccinium myrtillus 

V. uliginosum 

V. vitis idaea 

V. oxycoccos 
Arbutus uva ursi 
Calluna vulgaris 
Pirola rotundifolia 
P. secunda 
P. uniflora 
Utricularia vulgaris 
Hottonia palustris 
Primula officinalis 
P. grandiflora 
P. elatior 
P. farinosa 
P. auricula 
Androsace lactea 
Lysimachia vulgaris 
L. nummularia 
L. nemoralis 
Anagallis phœnicea 
A. caerulea 
A. tenella 
Fraxinus excelsior 
Vinca minor 
Vincetoxicum officinale 
Erythraea centaurium 
Ghlora perfoliata 
Gentiana lutea 
G. cruciata 
G. asclepiadea 
G. pneumonanthe 
G. Kochiana 
G. verna 



R. folio oblongo spica orbiculari id. 

R. spicatus 92 R. albus foemina Herbier. 

R. albus mas Herbier. 
Onobrychis arvensis vel Campanula arvensis 

erecta 215. 
C pratensis flore conglomerato 94. 
G. foliis Echii id. 
G. vulgatior foliis Urticse 94. 
G. hortensis Rapunculi radice id. 
G. minor rotundifolia alpina 93. 
Rapunculus esculentus 92. 
R. persicifolius magno flore 93. 
Campanula minor rotundifolia vulgaris id. 
Vitis idsea foliis oblongis fructu nigricante 470. 
V. idaea foliis subrotundis exalbidis id. 
V. idaea foliis subrotundis non crenatis baccis 

rubris id. 
V. idaea palustris 471. 
V. idsea foliis carnosis 470. 
Erica vulgaris glabra 485. 
P. rotundifolia major 191. 
P. folio mucronato serrato id. 
P. rotundifolia minor id. 
Millefolium aquaticum lenticulatum 141. 
M. aquaticum sive Viola aquatica caule nudo id. 
Verbasculum pratense odoratum 241. 
V. silvestre majus singulari flore id. 
V. pratense vel silvaticum inodorum id. 
V. umbellatum alpinum minus 242. 
Sanicula alpina lutea id. 

Sedum alpinum gramineo folio lacteo flore 284. 
L. lutea major 252. 
Nummularia minore flore 309 Herbier. 
Anagallis lutea nemorum 252. 
A. phoeniceo flore id. 
A. c&eruleo flore id. 
Nummularia minor purpurascente flore 310. 

F. excelsior 416. 

Glematis daphnoides minor 301. 
Asclepias albo flore 303. 
Centaurium minus 278. 
C. luteum perfoliatum id. 

G. major lutea 187. 
G. cruciata 188. 

G. Asclepiadis folio 187. 

G. palustris angustifolia 188. 

G. alpina angustifolia magno flore 187. 

Gentianella alpina verna minor 188. 



110 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



Gentiana germanica 

var. 
G. campestris 
G. utriculosa 
G. ciliata 

Menyanthes trifolîata 
Polemonium caeruleum 
Gonvolvulus sepium 
C. arvensis 
Borago officinalis 
Symphytum officinale 
Anchusa officinalis 
Lycopsis arvensis 
Lithospermum purpureo- 

caeruleum 
L. officinale 
Echium vulgare 
Pulmonaria officinalis 
P. angustifolia 
Myosotis palustris 
M. stricta 
M. versicolor 
M. intermedia 
Echinospermum lappulum 
Cynoglossum officinale 
C. montanum 
Asperugo procumbens 

Heliotropium europaeum 
Solanum nigrum 
S. dulcamarum 
Physalis Alkekengi 
Belladona baccifera 
Datura stramonium 
Hyoscyamus niger 
Verbascum phlomoides 
V. lychnitis 
V. nigrum 
V. blattaria 

V. collinum, Thapso ni- 
grum 
V. ni gro -lychnitis 
Scrophularia nodosa 
S. aquatica 
S. canina 

Antirrhinum oruntium 
A. majus 
Linaria elatine 



G. autumnalis ramosa id. 

G. ceerulea oris pilosis id. 

G. pratensis flore breviore et majore id. 

G. utriculis ventricosis id. 

G. angustifolia autumnalis Catal. 56. 

Trifolium palustre 327. 

Valeriana caerulea 164. 

C. major albus 294. 

C. minor arvensis id. 

Buglossum latifolium 256. 

S. consolida major 259. 

Buglossum angustifolium minus 256. 

B. silvestre minus id. 

L. minus repens latifolium 258. 

L. majus erectum id. 

E. vulgare 254. 

Symphytum maculosum 259. 

Symph. seu Pulmonaria angustifolia 260. 

Echium scorpioides palustre 254. 

E. scorpioides arvense id. 

E. scorp. minus flosculis luteis id. 

E. scorpioides Herbier. 

Cynoglossum minus 257. 

G. majus vulgare id. 

C. sempervirens id. 

Buglossum silvestre caulibus procumbentibus 

257. 
H. majus Dioscoridis 253. 
S. officinarum 166. 
S. scandens seu Dulcamara 167. 
S. vesicarium 166. 
S. bacca nigra Melanocerasos id. 
S. fœtidum pomo spinoso oblongo 168. 
H. vulgaris vel niger 169. 
V. flore luteo magno 239. 
V. lychnitis flore albo parvo 240. 
V. nigrum flore exluteo purpurascente id. 
Blattaria lutea folio oblongo laciniato id. 
Herbier. 

Herbier. 

S. nodosa foetida 235. 

S. aquatica major id. 

S. Ruta canina dicta vulgaris 236. 

A. arvense majus 212. 

A. majus alterum folio longiore 211. 

Elatine folio acuminato flore luteo 253. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



111 



Linaria vulgaris 

L. minor 

Gratiola officinalis 

Veronica chamaedrys 

V. urticifolia 

V. teucrium forme latifolia 

— var. angustifolia 

V. beccabunga 

V. anagallis 

V. scutellata 

V. montana 

V. officinalis 
V. saxatilis 
V. arvensis 

V. verna 
V. triphylla 
V. praecox 
V. agrestis 

"V. polita 

V. hederifolia 

Erinus alpinus 

Limosella aquatica 

Digitalis purpurea 

D. lutea 

D. grandiflora 

Euphrasia officinalis 

Odontitis rubra 

0. lutea 

Bartschia alpina 

Rhinanthus major 

Pedicularis palustris 

Melampyrum cristatum 

M. arvense 

M. pratense 

Tozzia alpina 

Orobanche rubens 

0. amethystina 

0. Hederae 

Mentha rotundifolia 

M. silvestris 



M. viridis 
M. aquatica 
M. crispa 



L. vulgaris lutea flore majore 212. 

Antirrhinum arvense minus id. 

Gr. ceatauroides 279. 

Chamaedrys spuria minor rotundifolia 249. 

Ch. spuria major latifolia 248. 

Ch. spuria major sive frutescens id. 

Ch. spuria major angustifolia 249. 

Anagallis aquatica major folio subrotundo 252. 

A. aquatica major folio oblongo id. 

A. aquatica angustifolia scutellata id. 

Chamaedrys spuriae affinis rotundifolia scu- 
tellata 249. 

V. mas supina et vulgatissima 246. 

V. alpina frutescens 247. 

Alsine Veronicae foliis flosculis cauliculis 
adhaerentibus 250. 

A. Veronicae foliis Herbier. 

A. triphyllos caerulea 250. 

Herbier. 

A. Chamaedryfolia flosculis pediculis oblongis 
insidentibus id. 

Herbier, 

A. hederulae folio 250. 

Ageratum serratum alpinum 221. 

Plantaginella palustris 190. 

D. purpurea folio aspero 243. 

D. major lutea vel pallida parvo flore 244. 

D. lutea magno flore id. 

E. officinarum 233. 

E. pratensis rubra 234. 

E. pratensis lutea id. 

Clinopodium alpinum hirsutum 225. 

Pedicularis pratensis lutea vel Cristagalli 163. 

P. pratensis purpurea id. 

M. luteum angustifolium 234. 

M. purpurascente coma id. 

M. luteum latifolium id. 

Euphrasia lutea Alsinefolia radice squamataid. 

Herbier. 

Herbier. 

Herbier. 

M. silvestris rotundiore folio 227. 

M. silvestris longioribus nigrioribus et minus 

incanis foliis id. 
Nepeta aquatica Trago Herbier. 
M. angustifolia spicata 227. 
M. rotundifolia palustris Catal. 64. 
M. rotundifolia crispa spicata 227. 



112 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



Mentha hirsuta 
M. arvensis 
M. pulegium 
Lycopus exaltatus 
L. europaeus 
Origanum vulgare 
Thymus serpyllum 

— var. major 

— var. angustifolius 
Glinopodium vulgare 
Calamintha officinalis 
C. nepeta 

C. acinos. 

— var. hirsuta 
Melissa officinalis 
Salvia pratensis 
S. glutinosa 
Nepeta cataria 
Glechoma hederacea 
Lamium amplexicaule 

L. purpureum 
L. maculatum 
L. album 

Leonturus cardiaca 
Galeopsis angustifolia 
G. ochroleuca 
G. tetrahit 
Stachys germanicus. 
S. alpinus 
S. palustris 
S. ambiguus 
S. annuus 
S. arvensis 
Betonica officinalis 
Ballota fœtida 
Sideritis scordioides 
S. montana 

Marrubium vulgare 
Melittis melissophylla 
Scutellaria galericulata 

Brunella vulgaris 
— var. laciniata. 
B. alba 

B. hyssopifolia 
Teucrium botrys 



M. verticillata minor flore globoso 228. 

Calamintha arvensis verticillata 229. 

Pulegium latifolium alterum 222. 

Marrubium palustre hirsutum 230, Autriche. 

Marrubium palustre glabrum id. 

0. silvestre album 223. 

Serpyllum vulgare minus 220. 

S. vulgare majus id. 

S. vulg. angustifolium glabrum id. 

G. Origano simile 224. 

C. vulgaris vel officinarum 228. 

C. Pulegii odore sive Nepeta id. 

Clinoporlium arvense Ocimi facie 225. 

Calamintha incana Ocimi facie Herbier. 

M. hortensis 229. 

Horminum pratense foliis serratis 238. 

H. luteum glutinosum id. 

Mentha cataria vulgaris et major 228. 

Hedera terrestris \ulgaris 306. 

L. foliis caulem ambientibus majus et minus 
231. 

L. purpureum fœtidum folio subrotundo 230. 

L. macuratum 231. 

L. album non fœtens folio oblongo id. 

Marrubium Cardiaca dictum 230. 

Sideritis arvensis angustifolia rubra 233. 

S. arvensis oblongo luteo flore Phytopinax 342. 

Urtica aculeata foliis serratis 232. 

S. major germanica 263. 

Pseudostachys alpina 236. 

S. palustris fœtida id. 

S. palustris Herbier. 

Sideritis vulgaris hirsuta erecta 233. 

Sid. alsine Trixaginis folio id. 

B. purpurea 235. 

Marrubium nigrum fœtidum 230. 

S. foliis hirsutis profunde crenatis 233. 

Symphytum petraeum foliis Thymi 280, Goritz 

en Frioul. 
M. album vulgare 230. 
Lamium montanum Melissse folio 231. 
Lysimachia cserulea galericulata vel Gratiola 

caerulea 246. 
B. major folio non dissecto 261. 
B. caeruleo magno flore foliis laciniatis id. 
B. minor alba id. 
B. m. hyssopifolia id. 
Botrys cham£edryoides 138. 



HISTOIRE DES HERBIERS, 



113 



Teucrium montanum 
Ajuga reptans 
A. pyramidalis 
A. genevensis 
Verbena officinalis 
Plantago média 

— var. 

P. lanceolata (fasciée) 

Globularia vulgaris 

G. cordifolia 

Atriplex angustifolia 

Ghenopodium vulvarium 

G. polyspermum 

G. Bonus Henricus 

Rumex pulcher 

R. nemorosus 

R. obtusifolius 

R. acutus 

R. crispus 

R. hydrolapathum 

R. alpinus 

R. scutatus 

R. acetosus 

R. acetosellus 

Polygonum bistortum 

P. amphibium 
P. persicarium 
P. minus 
P. hydropiper 
P. aviculare 

— var. 

— var. 

P. convolvulus 
P, fagopyrum 

Stellera passerina 
Thesium alpinum 
T. pratense 
Hippophae rhamnoides 
Euphorbia palustris 
E. cyparissias 
E. peplus 
E. silvatica 
Mercurialis perennis 
M. annua 
Buxus sempervirens 



Polium lavandulifolium 220. 

Consolida média pratensis purpurea 260. 

C. média pratensis cserulea id. 

Bugula tenuifolia Herbier. 

V. communis cseruleo flore 269. 

P. latifolia incana 189. 

P. latifolia hirsuta minor id. 

P. 5-nervia angustifolia major caulium sum- 

mitate foliosa id. 
Bellis cserulea caule folioso 262. 
B. montana fruteseens id. 
A. siivestris angusto oblongo folio 119. 
Atriplex fœtida id. 
Blitum polyspermum 118. 
Lapathum unctuosum folio triangulo 115. 
Herbier. 

L. aquaticum minus 116. 
L. folio minus acuto 115. 
L. folio acuto piano id. 
L. folio acuto crispo id. 
L. aquaticum folio cubitali 116. 
L. hortense rotundifolium sive montanum 1Î5. 
Acetosa scutata repens 114. 
A. pratensis id. 
A. arvensis lanceolata id. 
Bistorta major radice magis vel minus intorta 

192. 
Potamogeton Salicis folio 193. 
Persicaria mitis maculosa 101. 
P. minor id. 

P. urens sive hydropiper id. 
Polygonum brevi angustoque folio 281. 
P. oblongo angustoque folio id. 
P. latifolium id. 

Gonvolvulus minor semine triangulo 295. 
Tragopyrum et Phygopyrum Theophrasti folio 

hederaceo 27. 
Lithospermum Linarise folio germanicum 259. 
Linaria montana flosculis albicantibus 213. 
Herbier. 

Rhamnus Salicis folio fructu flavescente 477. 
Tithymalus palustris fruticosus 292. 
T. cyparissias 291. 
Peplus sive Esula rotunda 292. 
Tithymalus silvaticus lunato flore 290. 
M. montana testiculata 122. 
M. spicata sive foemina 121. 
B. arborescens foliis rotundioribus 471. 

8 



114 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



Ulmus campestris 
U. effusa 
Urtica urens 
U. dioeca 

Parietaria officinalis 
Cannabis sativa 
Quercus sessiliflora 
Q. pedunculata 
Garpinus betulus 

Salix fragilis 

S. alba 

S. purpurea 

— var. 
S. caprea. 
S. repens 
Populus tremula 
P. alba 

P. canescens 
P. nigra 
Betula alba 
Alnus glutinosa 
A. incana 
Alisma plantago 

— var. 
Sagittaria aquatica 

— var. 

— var. 

Butomus umbellatus 
Veratrum Lobelianum 
Tulipa silvestris 
Lilium martagon 
Scilla bifolia 

— var. albiflora 

— var. trifolia 
S. italica 

Ornithogalum umbellatum 
0. sulphureum 

Gagia lutea 
G. arvensis 
Allium vineale 
A. ampeloprasum 
A. sphaerocephalum 
A. nigrum 
A. ursinum 
A. oleraceum 
A. carinatum 



U. campestris 426. 

U. montana 427. 

U. urens minor 232. 

U. urens maxima id. 

P. officinarum et Dioscoridis 121. 

G. sativa 320, C. erratica mas id. 

Q. latifolia quee brevi pediculo est 419. 

Q. cum longo pediculo 420. 

Ostrya Ulmo similis fructu in umbilicis folia- 

ceis 427. 
S. folio amygdalino utrinque virente aurito 473. 
S. vulgaris alba arborescens id. 
S. vulg. nigricans folio non serrato id. 
S. humilis capitulo squamoso 474. 
S. latifolia rotunda id. 
S. humilis angustifolia id. 
P. tremula 429. 
P. alba majoribus foliis id. 
P. alba minoribus foliis id. 
P. nigra id. 
Betula 427. 

Alnus rotundifolia glutinosa viridis 428. 
A^folio incano id. 
Plantago' aquatica latifolia 190. 
P. aquatica angustifolia id. 
S. aquatica major 194. 
S. aquatica minor angustifolia id. 
S. aquat. minor latifolia id. 
Juncus floridus major 12. 
Helleborus albus flore sub viridi 186. 
T. lutea minor gallica 63. 
L. floribus reflexis montan. flore rubente 77. 
Hyacinthus stellaris bifolius germanicus 45. 
H. stellaris albus id. 
H. stellaris trifolius id. 
H. stellatus cinereus 46. 
0. majus umbellatum angustifolium 70. 
O. angustif. majus floribus ex albo virescen- 

tibus id. 
0. luteum magno flore 71. 
0. luteum minus id. 
A. silvestre campestre purpurascens 74. 
A. sphserico capite folio latiore id. 
A. silv. tenuifolium capitatum purpurascens id, 
Herbier. 

A. silv. latifolium id. 
A. montanum bicorne flore ex albido 75. 
A. montanum bicorne angustif. flore purpu- 

rascente 74. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



115 



A. fallax. 

Muscari comosum 
M. racemosum 
Phalangium liliago 
P. ramosum 
Paris quadrifolia 
Polygonatum verticillatum 
P. multiflorum 
P. vulgare 
Convallaria maialis 
Maianthemum bifolium 
Asparagus officinalis var. 

maritimus 
— var. tenuifolius 
Crocus vernus 
Iris germanica 
I. pseudacorus 
I. sibirica 
Galanthus nivalis 
Leucoium vernum 
Narcissus pseudonarcissus 
Ophrys arachnites 
Triglochin palustre 
Potamogiton natans 
P. crispus 
P. pectinatus 
P. compressus 
Arum maculatum var. nou 

maculatum 
Acorus calamus 

Typha latifolia 

T. minima 

Sparganium ramosum 

Juncus conglomeratus 

J. diffusus 

J. filiformis 

J. lamprocarpus 

J. silvaticus 

J. squarrosus 

J. compressus 

J. bufonius 

Luzula vernalis 

L. maxima 

L. spadicea 

L. albida 

L. campestris 

L. congesta 



A. montan. foliis Narcissi minus 75. 

Hyacinthus comosus major purpureus 42. 

H. racemo3us caeruleus minor juncifolius 43. 

P. parvo flore non ramosum 29. 

P. parvo flore ramosum id. 

Solanum quadrifolium bacciferum 167. 

P. angustifolium non ramosum 303. 

P. latifolium vulgare id. 

P. latifolium flore majore odoro id. 

Lilium convallium majus 87. 

L. convallium minus 304. 

A. maritimus crassiore folio 490. 

A. silvestris tenuissimo folio id. 

C. vernus latifolius 65. 

I. hortensis latifolia 31. 

Acorus adulterinus 34. 

I. pratensis angustifolia non fœtida altior 32. 

Leucoium bulbosum trifolium minus 56. 

L. vulgare 55. 

N. silvestris pallidus calyce luteo 52. 

0. fucum referens foliolis superior. candidis 

et purpurascentibus 83. 
Gramen junceum spicatum sive Triglochin 6. 
P. rotundifolium Dioscoridis 193. 
P. foliis crispis id. 
P. gramineum ramosum id. 
P. racemosum angustifolium id. 
A vulgare non maculatum 135. 
A. verus sive Calamus aromaticus officinarum 

34, 
T. palustris major 20. 
T. palustris minor id. 
S. ramosum 15. 

J. lsevis panicula non sparsa 12. 
J. lsevis alter id. 

J. lsevis panicula sparsa minor id. 
Gramen junceum folio articulato aquaticum 5. 
Gr. junceum folio articulato silvaticum id. 
Gr. junceum foliis et spica junci id. 
J. parvus cum pericarpio rotundo Herbier. 
Gr. nemorosum calyculis paleaceis 7. 
Gr. hirsutum latifolium minus id. 
Gr. hirsutum latifolium majus id. 
Herbier. 

Gr. hirsutum angustifolium majus id. 
Gr. hirsutum capitulis Psyllii id. 
Gr. hirsutum capitulo globoso id. 



116 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



Cyperus fuscus 

C. flavescens 

Eriophorum latifolium 

Scirpus silvaticus 

S. maritimus 

S. lacustris var. Tabernae- 

montani 
S. Duvalii 
S. triqueter 
S. Rothii 
S. setaceus 
Carex disticha 

G. brizoides 
C. vulpina 
G. muricata 

— var. virens 

Carex divulsa 

C. stellulata 
C. remota 
C. stricta 
C. maxima 

C. alba 
C. prsecox 

— var. umbrosa 
C. montana 

G. digitata 

C. ornithopoda 

G. silvatica 

C. flava 

C. Hornschuchiana var. 

fulva 
C. pseudocyperus 
C. paludosa 

G. riparia 

C. hirta 

Phalaris arundinacea 

Ph. variegata 
Anthoxanthum odoratum 



Gr. cyperoides minus panicula sparsa nigri- 

cante 6. 
Gr. cyper. min. panic. sparsa subflavescente id. 
Gr. pratense tomentosum panicula sparsa 4. 
Gr. cyperoides miliaceum 6. 
Cyperus rotundus inodorus germanicus 14. 
Juncus sive Scirpus médius 12. 

Herbier. 

Juncus acutus maritimus caule triangulo 11. 

G, junceum minimo capitulo squamoso 6. 

Gr. nemorosum palustre spica rufescente molli 

7. 
Gr. foliis et spica junci minus Herbier. 
Gr. cyperoides palustre majus spica compacta 6. 
Gr. nemorosum spicis parvis asperis 7. 
Gr. cyperoides spicis minoribus minus com- 

pactis id. 
Gr. cyperoides spicis minoribus minus com- 

pactis 6. 
Gr. cyperoides spicis minoribus Prodr. 13. 
Gr. junceum polystachyon Herbier. 
Gr. cyperoides angustifolium caule triangulo 6. 
Gr. cyper. spica pendula longiore et angustiore 

id. 
Gr. silvaticum angustifolium spina alba 4. 
Gr. spicatum caryophyllatum pratense majus 

Herbier. 
Herbier. 

Gr. spicatum angustifolium montanum Herbier. 
Gr. caryophyllatum montanum spica varia 4. 
Gr. caryopliyllatum nemorosum spica multi- 

plici id. 
Gr. arundinaceum spica multiplici 7. 
Gr. palustre aculeatum germanicum vel minus 7. 
Herbier. 

Gr. cyperoides spica pendula breviore 6. 

Gr. cyper. latifolium spica rufa caule triangulo 
id. 

Gr. cyper. latif. spica spadiceo viridi majus 
id. 

Gr. spicatum foliis et spicis hirsutis mollibus 4. 

Gr. paniculatum latifolium arundinaceum spi- 
catum 6. 

Gr. paniculatum folio variegato 3. 

Gr. pratense spica flavescente Theatr. 44. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



117 



Phleum pratense 
P. nodosum 

— var. 

P. Boehmeri 
Alopecurus pratensis 
A. agrestis 
A. fulvus 
Seslera caerulea 
Setaria viridis 
S. verticillata 
Panicum crus galli var. 
muticum 

— var. aristatum 
P. sanguinale 

— var. 

Cynodon dactylon 
Andropogon ischaemum 
Phragmites communis 
Galamagrostis epigeios 

Agrostis vulgaris 

A. spica venti 
Lasiagrostis argentea 

Milium effusum 
Aira canescens 

Avena sativa 

A. nuda 

Arrhenaterum elatius var. 

bulbosum 
Holcus lanatus 
Glyceria fluitans. 
Poa nemoralis 

P. bulbosa 
P. compressa 
P. silvatica Vill. 
Eragrostis poaeoides 
E. pilosa 
Melica ciliata 
M. nutans 
M. uniflora 
Briza média 
Dactylis glomerata 
Molinia caerulea 
Gynosurus cristatus 



Gr. typhoïdes maximum spica longissima 4. 

Gr. typhoïdes asperum alterum id. 

Gr. typhoides culmo reclinato id. 

Gr. typhoides asperum primum id. 

Gr. phalaroides spica molli id. 

Gr. typhoides spica angustiore id. 

Herbier. 

Gr. glumis variis 10. 

Gr. paniceum spica simplici 8. 

Gr. paniceum spica aspera id. 

Gr. Sorghi panicula erectum id. 

Gr. paniceum spica aristis longis armata id. 

Gr. dactylon folio latiore 8. 

Gr. dactylon esculentum 8. 

Gr. dactylon folio arundinaceo majus 7. 

Gr. dactylon spicis villosis 8. 

Arundo vulgaris seu Phragmites Dioscoridis 17. 

Gr. arundinaceum panicula molli spadicea ma- 
jus 7. 

Gr. montanum panicula miliacea sparsa Her- 
bier. 

Gr. segetum panicula arundinacea Theatr. 34. 

Gr. arundinaceum panicula molli spadicea 
minus 7. 

Gr. silvaticum panicula miliacea sparsa 8. 

Gr. sparteummonspoliacumvel capillaceo folio 
minimum 5. 

Avena vulgaris alba 23. 

A. nuda id. 

Gr. nodosum avenacea panicula 2. 

Gr. pratense paniculatum molle id. 
Gr. aquaticum fluitans multiplici spica 3. 
Gr. foliolis junceis oblongis radice alba Her- 
bier. 
Gr. arvense panicula crispa 3. 
Herbier. 

Gr. pratense paniculatum minus 2. 
Herbier. 
Herbier. 

Gr. avenaceum montanum lanuginosum 10. 
Gr. avenac. mont, locustis rubris id. 
Gr. avenac. locustis rarioribus ii. 
Gr. tremulum majus 2. 
Gr. spicatum folio aspero 3. 
Gr. arundinaceum enode majus montanum 7. 
Gr. pratense cristatum 3. 



118 



HISTOIRE DES HERBIERS. 



Festuca heterophylla Herbier. 

Bromus tectorum Festuca avenacea sterilis humilior 9. 

B. sterilis F. avenacea sterilis elatior id. 

B. erectus F. pratensis lanuginosa id. 

B. commutatus F. graminea glumis vacuis 9. 

B. squarrosus F. aristis longis incurvis Herbier. 

Hordeum hexastichon Hord. polystichum hibernum 22. 

H. murinum G r . hordeaceum minus et vulgare 9. 

Elymus europaeus Gr. hordeaceum montanum majus id. 

Triticum hibernum T. hibernum aristis carens 21. 

T.turgidum T. longioribus aristis spica caerulea id. 

— var. compositum T. multiplici spica id. 

T. spelta Zea dicoccos vel major 22. 

T. monococcum Z. Briza dicta vel monococcos 21. 

T. amyleum Z. amylea vel Zeopyron amyleum 22. 

Agropyrum junceum Gr. angustifolium spica tritici muticae simili 9. 

A. repens Gr. latifolium spica triticea latiore 8. 

A. caninum Gr. spica secalina Prodr. 18. 
Brachypodium silvaticum Festuca dumetorum 10. 

B. pinnatum Gr. spica Brizae majus 9. 

Lolium perenne Gr. loliaceum latifolium angustiori folio et 

spica id. 

Avec la description de la collection de plantes sèches formée 
par G. Bauhin se termine notre Histoire des anciens herbiers. 
Ainsi que nous l'avons expliqué dans un précédent chapitre 
(p. 23), l'usage de conserver les plantes en vue de l'étude de 
leurs caractères et de leur arrangement systématique est devenu 
tellement général parmi les botanistes à partir du milieu 
du XVII e siècle que nous avons été obligé de renoncer à 
poursuivre nos recherches au-delà de cette époque, d'abord à 
cause des difficultés de l'entreprise et ensuite en raison de 
l'étendue trop considérable qu'aurait eue notre notice histo- 
rique, déjà assez longue pour épuiser la patience du lecteur (1). 



(1) On aura une idée de ces difficultés par la simple énumération de 
quelques herbiers de botanistes célèbres : 

Herbiers de Jacquin, Host, Boccone, conservés à Vienne ; — de Plukenet, 
Ray, Kaempfer et Linné, à Londres ; — de Dillenius et Sibthorp, à Oxford ; 

— de Joachim Burser, à Upsal ; — d'Hermann, à Leide ; — de Rivin, à Dresde ; 

— de "Wildenow, à Berlin ; — de Micheli, à Florence ; — de Loureiro, à 
Lisbonne; — de Vaillant, Tournefort, Jussieu, Paul Lucas, Gaston d'Or- 
léans, Michaux, Desfontaines, à Paris ; — de Goiffon, Glaret de la Tourrette 
et l'abbé Rozier, à Lyon ; — de Villars et de Mutel, à Grenoble ; — de La- 
peyrouse, à Toulouse, (l'herbier de Chaix a été détruit pendant un incendie) ; 

— de Pierre Chirac (l'herbier de Chirac a été faussement attribué à Magnol, 
lequel donna son herbier à Linné) ; de Gouan et de Broussonnet, à Montpel- 
lier. Nous nous bornons à ces quelques exemples ne voulant pas donner ici 
la liste de tous les herbiers qui ont été conservés. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 119 

Nous osons espérer que, malgré ses imperfections, notre tra- 
vail sera jugé avec indulgence par les savants qui s'intéressent 
aux recherches rétrospectives se rapportant aux manifestations 
de l'esprit humain, à quelque ordre d'idées qu'elles appartien- 
nent. Personne n'est étonné de voir les artistes et les archi- 
tectes s'appliquer avec zèle à l'étude des formes diverses de l'art 
et à celle des monuments de l'Antiquité, du Moyen Age et de la 
Renaissance. Les historiens ne se sont fait aucun scrupule d'écrire 
plusieurs volumes sur le passage des Alpes par Annibal, sur l'em- 
placement d'Alesia, la forteresse gauloise assiégée par César, et 
sur une multitude d'autres questions de pure curiosité. Pourquoi 
ne serait-il pas permis aux naturalistes de rechercher les ori- 
gines de l'institution des Musées, des Jardins botaniques et 
zoologiques dont ils ont retiré un si grand profit pour l'étude 
des animaux, des minéraux, des roches et des plantes ? L'his- 
toire des herbiers, objet du présent travail, n'est-elle pas digne 
d'intéresser les botanistes, puisque chacun d'eux a coutume de 
former, pour son utilité particulière, un Musée de plantes 
sèches contenant non seulement les espèces végétales récoltées 
par lui-même, mais encore celles qui lui ont été envoyées par 
ses correspondants de divers pays. Aux matériaux d'étude 
amassés isolément par le travail individuel, s'ajoutent encore 
ceux, incomparablement plus importants, qu'on accumule sans 
cesse dans les Musées botaniques annexés à tous les grands 
établissements d'instruction publique. Assurément, l'examen 
des plantes mortes est beaucoup moins instructif que l'inspec- 
tion des plantes vivantes, car certains caractères ne peuvent 
être constatés que sur le vif, et d'ailleurs la vue d'un être vivant 
laisse dans l'esprit une impression plus exacte et des souvenirs 
plus durables que celle d'un cadavre. Toutefois, les herbiers ont 
sur les jardins l'avantage d'offrir en un petit espace, une collec- 
tion variée de végétaux que chacun peut examiner en toute sai- 
son, et aussi souvent qu'il le désire. Si l'on veut nous permettre 
une comparaison qui traduit bien notre pensée, nous dirons que, 
dans un herbier bien ordonné, chaque échantillon est comme 
un serviteur docile qui répond au premier appel. Outre la com- 
modité qu'elles offrent pour l'examen des caractères spécifiques, 
les collections de plantes sèches donnent à ceux qui les arran- 
gent l'habitude du classement méthodique sans lequel la Bota- 
nique descriptive ne serait qu'un affreux G&kQsCA&oâ , 



120 HISTOIRE DES HERBIERS. 

De toute œuvre bien conçue se dégage une pensée philoso- 
phique qui a dirigé l'auteur dans ses investigations. C'est 
pourquoi nous croyons devoir exprimer sous forme de conclu- 
sion l'idée dominante de notre travail. En premier lieu, nous 
déclarons que, suivant nous, l'Institution des Herbiers est inti- 
mement liée à celle des Jardins botaniques et des Musées en 
général. Secondement, nous appuyant sur les faits historiques 
exposés dans un précédent écrit (1), nous constatons que les 
Sciences naturelles n'ont été véritablement constituées en corps 
de doctrine que lorsqu'un homme de génie, sans être mieux 
doué que ses prédécesseurs sous le rapport du talent d'observa- 
tion, a eu l'idée sublime de collectionner des êtres vivants afin 
que, les ayant constamment sous les yeux, il pût facilement 
noter leurs caractères et en même temps leurs ressemblances et 
différences. Telle est, à notre avis, l'origine des admirables dé- 
couvertes d'Aristote. 

Après la mort de cet illustre collectionneur et de son élève 
Théophraste, l'Institution des Musées disparaît, et dès lors les 
sciences naturelles restent stationnaires pendant une longue 
période qui a duré dix-sept fois cent ans. Elles prennent un 
nouvel essor lorsque d'autres collectionneurs reviennent à la 
tradition Aristotélique jusque-là délaissée. Nous sommes donc 
autorisé par les enseignements de l'Histoire à conclure que 
l'Institution des Musées, en facilitant l'observation des roches, 
des plantes et des animaux, a été la principale cause des pro- 
grès accomplis dans l'étude des sciences naturelles. 

Assurément de tels services justifient la tentative que nous 
avons faite d'introduire dans l'histoire générale de la Botani- 
que un chapitre concernant les origines de l'Institution des 
Herbiers. 



(1) Origines des sciences naturelles. Paris, 1882, J.-B. Baillière. 



"\ 



RECHERCHES 



SUR 



LES ANCIENS HEEBABIA 



Le Dr SAINT-LAGER 



L'impression de Y Histoire des herbiers venait d'être terminée 
lorsque nous avons reçu de M. Jules Camus une notice concer- 
nant deux manuscrits du XV e siècle déposés dans la Biblioteca 
Estense de Modène. L'un est le texte primitif du Grant Herbier 
en francoys, l'autre est le traité cite Simpliei medicina (Circa 
instans) composé vers le milieu du XII e siècle par Platearius, 
l'un des plus célèbres médecins de l'École de Salerne (1). 

Nous avions d'abord projeté de faire un compte rendu de 
l'ouvrage de M. J. Camus, mais peu à peu nous avons été 
conduit à étudier d'une manière approfondie la question des 
anciens Herbaria que nous avions seulement effleurée dans 
notre précédent travail (p. 2 à 6). Nous venons actuellement 
exposer le résultat de nos recherches qui, réunies à celles du 
savant professeur de Modène, nous semblent former un chapitre 
intéressant et peu connu de l'Histoire de la Botanique. 

Pour l'intelligence de ce qui va suivre, il est nécessaire de 
rappeler que le titre à'Herbarium était autrefois donné, non 



(1) U opéra salernitana « Circa instans » ed il testo primitivo del « Grant 
herbier en francois », Modena, 1886, in-4°, 155, p. tirage à part d'un article 
inséré dans les Meraorie délia R. Accademia di scienze, lettere ed arti di 
Modena, IV de la série II. 



Z LES ANCIENS HERBARIA. 

comme aujourd'hui à une collection de plantes sèches, mais 
bien à un traité de Botanique médicinale accompagné de dessins 
le plus souvent coloriés. 

La Matière médicale de Dioscoride illustrée de pareils dessins 
était elle-même appelée Herharium. Tel était aussi le titre donné 
au traité des plantes, composé au IV e siècle de notre ère par 
Apuleius Platonicus. On sait que cet ouvragée est resté, 
jusqu'aux écrits de Platearius, le Compendiwn classique à 
l'usage de toutes les personnes s'occupant, par nécessité pro- 
fessionnelle ou par goût, de l'étude des plantes. Nous en don- 
nerons une nouvelle preuve à la fin de cet article à propos 
d'un manuscrit du XI e siècle qui se trouve dans les archives du 
chapitre d'Ivrée. 

Dans notre Histoire des herbiers, nous avons expliqué com- 
ment la tradition scientifique, presque délaissée en Europe après 
la chute de l'empire romain, passa chez les Arabes et fut ensuite 
rapportée sn Italie par le Carthaginois Constantin, qui après 
avoir étudié pendant quarante années dans les écoles de l'Orient, 
vint s'établir dans le monastère de Saint-Benoît au mont Cassin. 
L'École fondée à Saleme par ses disciples acquit, sous la direc- 
tion de Platearius, un grand renom dans toute l'Europe. Pour 
donner une idée de l'autorité dont jouissait Platearius, il nous 
suffira de rappeler que, depuis le XIII e jusqu'au XV e siècle, la 
plupart des auteurs d'ouvrages relatifs h la Médecine et à la 
Matière médicale n'omettent jamais de rapporter l'opinion du 
célèbre professeur de Salerne à la suite de celle de Dioscoride, 
de Galien et des médecins arabes; du reste, nous fournirons 
plus loin la preuve de ce que nous venons d'affirmer à l'aide de 
citations tirées des écrits d'iEgidius, de Vincent de Beauvais, de 
Pierre de Crescenzi et de quelques autres auteurs du XIII e et du 
XIV e siècle. 

Trois ouvrages de Platearius sont parvenus jusqu'à nous; ce 
sont : les Glossae super Antidotarium Nicolai, la brevis Prac- 
tica et le Liber de simplici medicina qu'on appelle quelquefois 
Circa instans parce que ces deux mots se trouvent dans la première 
phrase du prologue de l'ouvrage (1). Ces deux derniers écrits 



(1) « Circa instans negocium in simplicihus wiedicinis nos trum versât ur 
proposition. » 



LES ANCIENS HEBBARIA. 3 

furent imprimés avec la Practica de Serapion, à Ferrare en 
1433, à Venise en 1497, 1499, 1530, à Lyon en 1525, puis avec 
Y Anlidotarium de Nicolaus Praepositus (1) à Lyon en 1512, 
1536, et à Paris en 1582. L'Antidotarium avec commentaires 
de Platearius a été aussi joint aux œuvres de Mesue imprimées 
à Venise en 1562. 

La Practica brevis est un traité de médecine dans lequel sont 
exposés, en 76 chapitres, les symptômes, les causes et le traite- 
ment des maladies. 

Le Liber de simplici medicina (Circa instans) est un traité 
de Matière médicale où sont décrits successivement, suivant l'or- 
dre alphabétique des noms, 273 Simples d'origine minérale, 
animale et végétale. Dans un prologue, l'auteur annonce que, 
pour chaque Simple, il indiquera le lieu de provenance, la di- 
versité des sortes et les caractères auxquels on reconnaît les 
meilleures de celles-ci, les moyens propres h déceler les sophis- 
tications et à empêcher l'altération spontanée, le mode de pré- 
paration et d'emploi. En ce qui concerne les Simples d'origine 
végétale, il dira pour chaque plante quelle est la partie dont il 
convient de se servir, racine, bois, écorce, feuille, fleur (Tilleul), 
graines, fruit (Noix muscade). Enfin il fera connaître brièvement 
les principales applications thérapeutiques de tous les médica- 
ments naturels. Telles sont les diverses questions traitées dans 
le livre des Simples. 

Immédiatement avant le prologue, les éditeurs ont mis un 
avertissement en ces termes : « Incipit liber de simplici medi- 
cina secundum Platearium, dictus Circa instans ». A la fin de 



(1) Il ne faut pas confondre Nicolaus dit Praepositus, médecin de Salerne 
et prédécesseur de Platearius, avec Nicolaus Myrepsus d'Alexandrie, lequel a 
écrit en grec, vers la fin du XII e siècle, un traité de Compositione medica - 
ment or um dont Leonhard Fuctis a donné une traduction en latin ; celle ci 
a été insérée par Henri Estienne dans le tome III de la collection des Medè- 
cae art? s principes. 

Nicolaus Praepositus vivait au commencement du XII e siècle et son élève 
Platearius au milieu de ce même siècle 

Dans notre Histoire des herbiers nous avons omis de mentionner un autre 
ouvrage du VII e siècle, assez intéressant au point de vue de Ja connaissance 
des noms vulgaires de plantes : il s'agit de la Physica de Sainte Hildegarde, 
âbbesse de Saint Rupert près Bingen. Les livres II et III de cette sorte de 
traité d'histoire naturelle peuvent être considérés comme un Herbarium 
contenant l'indication des propriétés des végétaux. Voy. Sprengel, Hist. rei 
hrrb. I. 226-228; — Reuss de libris physicis S. Hîldegardis, 1835 Wirceb. ; 
— Meyer Gcschichte der Bo.anik III, 517-536. 



4 LES ANCIENS HERBAMA. 

l'ouvrage ils ont ajouté la formule suivante : « eœplicit liber 
de simplicibus medicinis eœcelleniissimi vzri Joannis Pla- 
tearii. » 

Les historiens ne sont pas d'accord relativement au prénom 
de l'auteur du livre de Simplici medicina, commençant par les 
deux mots « Circa instans ». Seguier [Bibl. boian. p. 292) et 
Haller {Bibl. boian. I, p. 221) répètent l'indication que nous ve- 
nons de reproduire d'après l'édition imprimée à Venise en 
1497. Haller ajoute que le célèbre médecin de Salerne, Jean 
Platearius de Saint-Paul, auteur du Circa instans, vivait au 
commencement du XIII e siècle, avant Pierre de Crescenzi, qui 
en a parlé dans son Traité d'agriculture. 

Haller répète, après les éditeurs des œuvres de Mesue, que les 
commentaires suri' Anti dot arium de Nicolaus Praepositus joints 
à celles-ci (Venise, 1502) ne sont pas l'œuvre de Jean Platea- 
rius, mais plutôt celle d'un compilateur allemand, lequel cite 
souvent Platearius (1). 

Ackermann (Regimen sanit. Salemit. 1790, p. 59 Stenda- 
liae) attribue les commentaires sur YAntidotarium de Nicolai 
à Jean Platearius: « Antiquissimas ex Us qui his temporibus 
vixere, Nicolaus est, eu jus Anlidotarium Joannes Platearius 
annotationibus auxit. » 

Fabricius (Bibl. latinaV, 303, Bibl. graeca XIII, 299) dit 
que l'auteur du Liber de Simplici medicina, de la Practica 
brevis, et du Comment arium in Anlidotarium Nicolai est Jean 
Platearius de Salerne. Cet historien -bibliograplie a oublié que 
dans le même volume de la Bibliotheca latina(V, 52), il avait 
attribué les susdits ouvrages, d'après iEgidius de Corbeil dont il 
cite les paroles, à Matthaeus Platearius. 

Tiraboschi (Storia délia literatura italiana (III, 409) se garde 
bien d'une pareille contradiction et se fie entièrement au témoi- 
gnage d'iEgidius. 

En vertu de la même attestation, Sprengel (Hist. rei herbariae 
I, 276 et 297) n'hésite pas à regarder Matthaeus Platearius 



(1) Dans l'édition de 1623 que nous avons actuellement sous les yeux, 
nous lisons la remarque suivante mise à la fin de Y Anlidotarium a glossas 
autem istas non esse Platearii, sed cujusdam Germani supra haec exposi- 
tions super Esdrae confectionem aperte adiscere licet, et ex eo etiam quia 
persa-^pe Platearius ipse allegatur ». 



LES ANCIENS HERBARIA. 

comme l'auteur du Circa instans, mais n'ayant pas sous les 
yeux le poème d'iEgidius, il ajoute « qu'il ne faut pas confon- 
dre Mattheus Platearius (senior) avec Matth. Platearius Pisan 
(junior) lequel a écrit au XV e siècle des commentaires sur l'An- 
tidotarium de Nicolai qu'on a joints aux œuvres de Mesue. 
L'auteur de ces commentaires cite en plusieurs passages Matthaeus 
Silvaticus et Simon de Gênes qui vivaient au commencement 
du XIV siècle, c'est-à-dire postérieurement à l'époque ou Mat- 
thaeus Platearius écrivit le Circa instans ». Nous démontrerons 
plus loin que Sprengel a confondu l'auteur des Commentaires 
avec l'auteur des Notes additionnelles. 

Comme si la question n'avait pas été assez embrouillée par les 
historiens, de Renzi (Collectio Salemitana, I, 180) croit qu'il 
y a eu au moins six médecins du nom de Platearius. Sprengel, 
ainsi que nous l'avons dit, n'en comptait que deux, et Haller 
trois (Bibl. botan., II, 658). Voici le dénombrement de cette 
hexandrie hypothétique : Jean Platearius I du XI e siècle, Jean 
Platearius II du XII e siècle, Jean Platearius III Pisan et Jean 
Chrysostome Platearius IV, tous deux du XV e siècle, — puis 
Mathieu Platearius I et Mathieu Platearius II du XII e siècle. 

Devine si tu peux et choisis si tu l'oses. 

Pourtant le choix n'est pas aussi difficile qu'il semble au 
premier abord, car au pis-aller, c'est-à-dire en admettant que 
le Liber de simplici medicina {Circa instans), la Practica 
brevis et les Glossae super Antidotarium Nicolai ont été com- 
posés par trois auteurs distincts, restent trois Platearius dont 
nous n'avons pas à nous occuper, puisque leurs écrits, s'ils ont 
existé, ne nous sont pas parvenus. 

Le premier historien ayant parlé des susdits ouvrages est 
Grilles de Corbeil (en latin iEgidius Corbolensis) qui a été méde- 
cin du roi de France Philippe-Auguste (1180-1223). Le témoi- 
gnage de cet auteur a, dans la question actuelle, une impor- 
tance d'autant plus grande que, comme il le dit lui-même, il est 
allé à Salerne afin d'y suivre les leçons des célèbres professeurs 
de l'Ecole de médecine de cette ville. Dans son poème de laudi- 
bus et virtutibus compositorum medicaminum (1), iEgidius, 



(1) La meilleure édition est celle qui a été publiée à Leipzig en 1826, par 
Louis Choulant, professeur de médecine à Dresde. 
Elle contient, outre le poème cité ci-dessus, deux autres traitée en vers 



6 LES ANCIENS HERIÏÀRIA. 

avant de décrire les médicaments, chante la louange des profes- 
seurs Musandinus et Maurus dont il a recueilli renseignement: 

utinam Musandinus nunc viveret auctor ! 
111e meos versus digno celebraret honore, 
Et quod in irriguis illius crevorat hortis, 
Ipse meum sentiret oins , 

Vers 100- 104 

Suppléât et Pétri Maurus mihi damna reformet, 

Pastor ovem, membrumque caput, famulumque patroaus, 

Doctor discipulum, noscat sua mater alumnum. 



Mente bona mea Gastalius décréta Johannss 
Suscipiat, quem, dum puériles volveret annos 
Myrtum humilem Musandino sub praeside vidi 



Vers 107-109 



Vers 126-128 



Mais c'est surtout à Matthaeus Platearius qu'il adresse 
l'hommage de sa reconnaissance : Oh ! que ne puis-je, par un 
bienfait divin, voir encore parmi les vivants Platearius, le savant 
maître de la science médicale ! Combien il serait heureux de 
retrouver dans mes vers sa doctrine assujettie au rhythme poé- 
tique : 

Vellem, quod medicae doctor Platearius artis 

Munere divino vitales carperet auras, 

Gauderet rnetricis pedibus sua scripta ligari, 

Et numeris parère meis. 

Vers 110-113. 

Dans la préface, il se plaît à informer le lecteur que le fonds 
de son ouvrage appartient entièrement à Matthaeus Platearius : 

« Virtutes omnium medicaminum seriem exponamus, 
substramentum et materiam nostrae expositionis sumentes 
Glossas super Antidotarium a magistro Matthaeo Plateario 
éditas. » 

Entre l'assertion des éditeurs qui, en 1497, ont fait imprimer 
les œuvres de Platearius avec celles de Mesue et de Serapion et 
le témoignage si précis de l'élève du célèbre professeur de 
Salerne, le choix ne peut rester douteux, à moins de méconnaître 
les règles élémentaires de la critique historique. Il est donc 



latins hexamètres, ayant pour titre l'un « de urinis ». l'autre « de pulsi- 
bus », tous deux du même auteur. Une autre édition moins bonne, avait été 
donnée par Leyser dans son Ristoria poetdrum medii aevi (Halae-Magd. 
1721.) 



LES ANCIENS HERBAIUA. / 

prouvé que Matthaeus Platearius, qui enseignait la médecine à 
Salerne pendant la seconde moitié du XII e siècle, est l'auteur 
des Commentaires sur Y Antidotarium de Nicolaus Praepositus, 
son prédécesseur. 

Nous allons maintenant démontrer que le Liber de Simplici 
medicina a été composé par le même Platearius qui a écrit les 
Glossae super Antidotarium. 

Vincent de Beau vais, né en 1190, c'est-à-dire au temps même 
où Gilles de Corbeil composait son poème sur les vertus des 
médicaments, a écrit vers l'année 1240, par l'ordre de saint 
Louis, une sorte d'encyclopédie des connaissances humaines, 
sous le titre de Spéculum majus quadruplex (1). 

Laissant de côté les parties 2 à 4 qui traitent de la Morale, 
de la Théologie et de l'Histoire, nous ne nous occuperons que 
de la première partie intitulée « Spéculum naturale » et compre- 
nant l'étude des minéraux (livres VII et VIII), celle des plantes 
(livres IX à XIV) et enfin celle des animaux (livres XVI à XX). 

En ce qui concerne l'Histoire naturelle, Vincent de Beauvais, 
qui était surtout théologien et moraliste, cite textuellement les 
passages des auteurs faisant autorité en cette matière, de sorte 
que son Spéculum naturale est presque entièrement composé 
de paragraphes copiés dans les écrits des naturalistes grecs, 
romains, arabes et italiens (Aristote, Dioscoride, Pline, Palla- 
dius, Macer ; — Avicenne, Razis, Papias, Isaac) et surtout dans 
les ouvrages d'Isidore, d'Ambroise, de Constantin et de Platea- 
rius. Il est juste d'ajouter que notre Dominicain, ne voulant pas 
se parer des plumes d'autrui, omet rarement de citer en tête de 
chaque paragraphe le nom de l'auteur auquel il fait un emprunt. 
Dans un tableau placé plus loin, nous avons signalé 220 em- 
prunts faits par Vincent de Beauvais au Liber de simplici medi- 
cina de Platearius. Nous avons, en outre, remarqué plusieurs 
citations tirées de Y Herbarium d'un auteur inconnu (2). 

Après Vincent de Beauvais nous devons citer un autre com- 



(1) Le Spéculum majus quadruplex a été imprimé pour la première fois à 
Strasbourg en 1473 76 en dix volumes in-folio. Plusieurs réimpressions ont 
été faites successivement à Nuremberg en 1483, à Venise en 1494, et à Douai 
en 1624. C'est à cette dernière, plus facile à consulter, que nous avons 
emprunté les citations faites dans le présent travail. 

(2) La mention de cet Herbarium se trouve dans les chapitres suivants : 
Anchusa, Baccharis, Capillus Veneris, Chamaeleon, Cerefolium, Conyza, 
Lacterides, Mandragora, Mille folium, Opobalsamum, Origanum, Phlomos, 
Salvia, Senect-), Strychnos, Tribulus, Verbascum. 



8 LES ANCIENS HERBARIA. 

pilateur qui a fait de nombreux emprunts aux écrits de Platea- 
rius. Nous voulons parler de Thomas le Brabantin, connu sous 
le nom de Thomas de Cantimpré. Né en 1201 à Lewis près de 
Bruxelles, il devint chanoine de Tordre de Saint-Augustin à 
l'Abbaye de Cantimpré près Cambrai (1). Après quinze ans de 
séjour dans cette Abbaye, il entra en 1232 dans l'ordre des 
Frères prêcheurs de Saint-Dominique et fut envoyé à Cologne 
pour y suivre les leçons d'Albert le Grand, puis à Paris où il 
acheva ses études. Il fut nommé professeur à Louvain en 1248 
et mourut vers 1270. 

Il a écrit vers 1255 un traité de natura rerum à la composi- 
tion duquel il travailla pendant quinze années et qui, comme il 
le dit lui-même dans la préface de son livre de Apibus (Douai, 
1627), est une compilation de plusieurs auteurs (2), Ceux qu'il 
cite le plus souvent sont Aristote, Columelie, Pline, Galien, 
Palladius, Isidore et Platearius. Il ne paraît pas connaître, si ce 
n'est par tradition, les écrits des médecins arabes et, chose sur- 
prenante, il ne cite pas ceux de son maître Albert le Grand. 
Cette omission a porté quelques historiens mal informés et 
qui n'avaient pas pris la peine de lire le livre de Apibus à croire 
que le traité de natura rerum est d'Albert le Grand. Nous 
pensons qu'elle peut s'expliquer par cette considération que les 
copies des manuscrits du célèbre Dominicain étaient peu répan- 
dues à cette époque. Les seules parties intéressantes pour nous 
du traité de la nature des choses sont les livres VII à IX de ani- 
malibus, et les livres X à XII de arboribus et herbis. Il est très 
regrettable, au point de vue de l'histoire des sciences au 
XIII e siècle, qu'ils n'aient jamais été imprimés. 

Pierre de Crescenzi, né à Bologne vers l'année 1235, peut être 
considéré à bon droit comme le restaurateur de la science agro- 
nomique. Sur l'invitation de Charles II, roi de Sicile, il écrivit, 
vers l'année 1300, sous le titre de Opus ruralium commodorum, 
un traité d'agriculture qui obtint un très grand succès lorsque 
les imprimeries d'Augsburg (1471), de Mayence (1493) et de 
Baie (1538 et 1548) l'eurent répandu dans toute l'Europe. Il fut 
traduit en allemand, en polonais, en français et en italien. La 



(1) Cette Abbaye a été détruite en 1580. 

(0) « Revolvi hune librum de natura rerum quem ipse multo labore per 
annoa quindecim de diversis autoribus utilissirnè compilavi. » 



LES ANCIENS HERBARIA. 9 

meilleure traduction est celle qui fut faite en italien par Fran- 
cesco Sansovino (Venise 1561 et 1564, Bologne 1784 avec notes 
et introduction par Bastiano de Rossi, Florence 1605) (1). 

Pierre de Crescenzi cite fréquemment les agronomes romains, 
et, en outra, Dioscoride, Pline, Eufus, Isidore, Avicenne, 
Isaac, Nicolas, Constantin, Albert le Grand. 

Ainsi que l'a déjà remarqué avant nous Ernst Meyer (Ges- 
chichte der Botanik, IV, 153), il ne cite que trois fois Matthaeus 
Platearius, quoiqu'il lui ait fait de nombreux emprunts, comme 
on le verra dans le tableau ci-après où nous avons noté 
107 paragraphes textuellement extraits du Liber de simplici 
medicina. 

Barthélemi de Glanville, surnommé l'Anglais, écrivit vers 
1360 un livre intitulé Tractatus de proprieiatibus rerum en 
XIX livres, qui fut ensuite imprimé (sine loco) en 1482 sous 
forme d'un volume in»4° de 268 feuillets dont le texte en carac- 
tères gothiques est disposé sur deux colonnes (2), Le livre XVI 
traite des pierres et des métaux, le livre XVII des arbres et des 
plantes, le livre XVIII des animaux. 

L'ouvrage commence par ces mots : « incipit prohaemium 
de proprietatibus rerum fratris Bartholomaei anglici fratrum 
minorum », et se termine par la formule ordinaire : « explicit 
tractatus de proprietatibus rerum editus a fratre Bartholo- 
maeo anglico ordinis fratrum minorum, impressum anno 
domini 1482. » 

A l'avant-dernière page est une énumération des anciens 
auteurs grecs et latins ainsi que des écrivains italiens et fran- 
çais du XIII e siècle auxquels Barthélemi de Glanville a fait des 
emprunts. Parmi ces derniers, les plus souvent cités sont Cons- 
tantin, Platearius (59 fois) et iEgidius de Corbeil. 

Il est temps de nous occuper actuellement d'une collection 
d'ouvrages qui, bien que différant les uns des autres par la forme, 
sont similaires quant au fonds, et ont tenu une grande place 
dans la littérature botanique et médicale du XIV e et du XV e siècle, 



(1) Outre les éditions que nous venons de citer, la Bibliothèque de Lyon 
possède celles de Vicence (1490), de Venise (1511, 1519, 1534, 1536, 1542J 
et l'édition française de 1539. 

(2) Les éditions suivantes furent imprimées à Nuremberg et à Cologne en 
1483, à Strasbourg en 1491, 1492, et 1505. Une traduction en français par 
Jean Corbichon parut à Paris on 1525 ; d'autres en langue hollandaise à Har- 
lem en 1585. 



10 



LSS ANCIENS HERBARIA. 



Nous voulons parler des traités des Simples désignés sous les 
titres à'Herbarius, de Grant Herbier en francoys, (L'Herbolario 
volgare, à\B.)Ortus sanitatis ou Jardin de santé. Sur la foi 
de quelques historiens, nous avons dit (Histoire des Herbiers, 
p. 3j que tous les susdits Herbaria sont des variantes de Y lier- 
bolario vulgare composé au milieu du XIV e siècle par Giacomo 
Dondi de Padoue. 

Après un examen approfondi de cette question historique, 
nous avons eu une nouvelle occasion de reconnaître la sagesse 
de l'antique maxime qui recommande de « ne jamais jurer aveu- 
glément sur la parole du maître ». En effet, nous avons cons- 
taté que le Promptuarium medicinae, sive de aggregatione 
médicament or um de G. Dondi est un catalogue des Simples 
classés d'après leurs vertus thérapeutiques et ne contient aucune 
description. 

L'auteur renvoie pour plus ample information aux écrits an- 
ciens et récents où l'emploi thérapeutique de chaque Simple est 
savamment et longuement expliqué. Le Circa instans de Platea- 
rius est un de ceux que cite le plus souvent notre Aggregator 
patavinus. Le Promptuarium medicinae n'est donc pas, à 
proprement parler, un Herbarium (1). 



(1) L'ouvrage de G-. Dondi fut imprimé sous le titre de Promptuarium 
medicinae, à Venise en 1481 et sous celui à' Aggregator en Î543 et 1576. 
C'est un volume in-folio de 220 pages dont le texte est disposé en trois colon- 
nes. 

Il est divisé en dix livres portant les titres suivants : 1° de primis virtuti- 
bus; 2° de seeundis virtutibus ; 3° de tertiis virtutibus ; 4° de praeparanti- 
bus ad sanativam partem ; 5° de aegr-itudinibus universalibus; 6° de pertinen- 
tibus ad partem dncorationis ; 7° de dispositionibus chirurgiae pertinentibus ; 
8o de pertinentibus ad venena et animalia venenosa ; 9° de pertinentibus ad 
inanunata et animata ; 10° de nominibus medicinarum deserviens omnibus 
auctoribus nominatis. 

G. Dondi nous apprend que son Promptuarium medicinae, à la composition 
duquel il travailla pendant un grand nombre d'années, fut achevé en 1355 : 
« Opus quidem hoc, longis rétro temporibus inchoatum, completum est 
per me artium et medicinae doctorem, magistrum Jacobum Paduanum 
anno domini 1355. » Au lieu de cette date, Meyer a écrit dans sa Geschichle 
der Botanik (IV, p. 178) celle de 1385. Puisque G. Dondi est mort en 1359 
il n'a pas pu mettre la dernière main à son ouvrage en 1385. 

Nous avons nous-même commis un pareil lapsus calami (p . 45, 47 et 50) dans no- 
tre Histoire des herbiers lorsque nous avons dit que Jacques Daléchamps a en- 
seigné la médecine à Lyon depuis l'année 1522. — C'est 1552 qu'il faut lire. 
— Daléchamps ne pouvait pas être en 1522 professeur à l'Ecole de médecine 
de Lyon, car à cette date il n'avait que neuf ans. Que celui qui n'a jamais 
omis de corriger une faute typographique dans ses ouvrages nous jette la 
première pierre ! 



LES ANCIENS HERBARîA. 11 

En outre, lors même qu'on le rangerait, ainsi que Yherbola- 
rio volgare quenous ne connais3ons pas et qui a été aussi attri- 
bué à G. Dondi, dans la catégorie des Herbaria, ces deux ou- 
vrages ne peuvent être considérés comme le type primitif des 
Herbaria, puisque, indépendamment du livre d'Apuleius Pla- 
tonicus, il existait au commencement du XIIP siècle un Herba- 
rium plusieurs fois cité par Vincent de Beauvais, comme nous 
l'avons dit plus haut, et aussi par l'auteur de YOrtus sani- 
tatis. 

Nous ne savons pas si le Grant Herbier en francoys trans- 
laté du latin est une traduction exacte de cet ancien Herba- 
rium, ainsi qu'on peut le supposer d'après l'affirmation de son 
auteur qui dit l'avoir translaté du latin. Quoi qu'il en soit à cet 
égard, nous tenons pour certain que le Grant Herbier en fran- 
coys est un des monuments les plus intéressants de la littérature 
botanique du XIV e siècle. 

Avant de décrire le Grant Herbier ■, il importe d'établir que 
l'auteur n'a pas eu la prétention de produire une œuvre origi- 
nale, mais seulement une compilation tirée des écrits des méde- 
cins arabes et salernitains. C'est en effet ce qui ressort du titre 
mis en tête du livre : 

« Le Grant herbier en francoys contenant les qualitez : 
vertus et proprietez des herbes : arbres : gommes : semences. 
Extraict de plusieurs traictez de médecine: comme de Avi- 
cenne : Razis : Constantin : Isaac : Plat aire. Selon le commun 
usaige. Et a ete nouvellement imprime a Paris par Jaques 
Nyverd. » 

Toutes les éditions du Grant Herbier sont conformes et con- 
sistent en un in-4° dont le texte avec gravures xylographiques 
est imprimé en caractères gothiques sur deux colonnes. Les 
unes se composent de 176 feuillets contenant en moyenne 41 li- 
gnes par page, les autres de 108 feuillets contenant 46 lignes 
par page, plus une table sur 12 feuillets. 

Des deux exemplaires qui se trouvent à la Bibliothèque de 
Lyon, l'un, plus ancien, ne porte pas de date et a le frontispice 
orné de la marque de Guillaume Nyvert, telle qu'elle est repro- 
duite par Brunet dans le Manuel du libraire (tome II, p. 1707) ; 
l'autre, plus récent, est daté de 1525 et a le frontispice orné de la 
marque de Jacques Nyverd représentant un arbre au sommet 



12 



LES ANCIENS HERBARIA. 



duquel est la Sainte Vierge, et au-dessous la devise : soli Deo 
honor et gloria. 

A la dernière page se trouve la formule indiquant la fin de 
l'ouvrage, suivant la coutume des imprimeurs de ce temps : 
« Cy finist le Grant Herbier translate de latin en francoys »... 
Le reste comme dans le titre. 

L'ouvrage est divisé en 475 chapitres et contient sur le texte 
lui-même 304 gravures d'une simplicité telle qu'elles semblent 
avoir été dessinées par un enfant qui, pour la première fois, 
aurait essayé de tracer sur un papier les contours d'une plante. 
Assurément, sans l'étiquette que les éditeurs ont eu soin de 
placer près de chaque image, il serait tout à fait impossible de 
reconnaître les objets que l'artiste a voulu représenter (1). 

Dans le tableau qu'on verra plus loin nous avons indiqué 
264 chapitres du Grant Herbier qui ont été en partie copiés dans 
le Liber de simplici medicina de Platearius. 

On aura une idée de la conformité des deux textes par l'exem- 
ple suivant des phrases mises au commencement du premier et 
du second chapitre dans l'un et l'autre ouvrage. 



le»- chapitre de liber de Simplici 

medicina de Platearius 
Aloes calidse et siccae complexio- 
nis est in secundo gradu. Aloes ex 
succo herbae fit quae barba suo no- 
mine Aloen appellatur. Haec autem 
herba non solum in India, Persia et 
Graecia, vel etiam in Apulia reperitur. 
Aloes tria sunt gênera: cicotrinum, 
hepaticum, caballinum. Fit autem 
Aloes hoc modo : herba teritur, suc- 
cus exprimitur, ad ignem ponitur 
quousquebuliat, et postquam bulierit 
ab igné removetur, soli exponitur et 
exsiccatur. etc. 



1 er chapitre du Grant herbier en 
francoys imprimé 

Aloen est de chaulde et sèche com- 
plexion au second degré. Aloen est 
du jus d'une herbe qui est ainsi ap- 
pelée Aloen, mais nous l'appelons 
cymbre. Ceste herbe ne croist pas 
seulement en Inde, Perse, ne Grèce 
mais enPuille. Et sont trois manières 
d' Aloen : cicotrin, epatice, cabalin. 
Et est fait Aloen en ceste manière : 
l'herbe est pillée et en espraint on 
le jus, puis est mis au feu jusques 
a tant qu'il boulle, et quant il boult 
on le oste du feu et est mis au soleil 
seicher. etc. 



(1) Parmi ces images, il en est deux figurées aussi dans YOrtus sanitatis, 
qui, moins grossières que les autres, représentent, l'une la Mandragore mâle, 
l'autre la Mandragore femelle, que vendaient sur les places publiques certains 
charlatans (Voyez nos Recherches historiques sur les mots « plante mâle et 
plante femelle » p. 30.) 



LES ANCIENS HERBARïA. 



13 



2 e chapitre 
Aloes lignum est calidum et siccum 
in secundo gradu. Reperitur in ma- 
gno fiumine superioris Babyloniae cui 
jungiturfluviusparadisi,undequidam 
dicuntquod in cacuminibus montium 
locoruni desertorum circa supra die* 
tum locum existentium oritur hoc 
lignum, quod impulsu venti aut tem- 
poris vetustate cadit i n fluvium . Habi- 
tantes circafluminaàpraedictis mon- 
tibus remotissimi, immissis retibus, 
in flumina ligna intercipiunt. etc. 



2 e chapitre 
Aloes c'est bois qui est appelle 
Aloes et est chault et sec au second 
degré. Le bois est trouve en ung 
fleuve de haulte Babylone auquel 
sadjouste ung des fleuves de paradis 
terrestre, et dient aucuns que par la 
roideur de ce fleuve ce bois est amené. 
Les autres dient que es lieux devant 
ditz es montaignes désertes croist ce 
bois et que par la force des vents ou 
par la vieillesse des arbres ce bois 
chet en celle rivière. Les abitans sur 
icelle rivière bien loing diceulx monts 
mettent retz en leaue et peschent ce 
bois, etc. 



Outre le Grant Herbier, on connaît d'autres Herbaria pu- 
bliés, les uns sous le titre à'Herbarius, les autres sous celui 
à'Ortws sanitatis ou Jardin de santé. La plus ancienne édition 
de ce dernier ouvrage a été imprimée à Mayence, en 1491, par 
Jean Meydenbach, successeur de Schaeffer qui avait été l'asso- 
cié des fondateurs de l'imprimerie de Mayence, nous voulons 
dire de Fust et de Gutenberg. Elle contient 453 feuillets et un 
grand nombre de gravures sur bois. 

Une autre édition, que nous avons actuellement sous les yeux, 
porte la date de 1517 et contient 355 feuillets dont le texte en 
caractères gothiques est disposé sur deux colonnes, avec des gra- 
vures xylographiques d'une simplicité presque aussi naïve que 
celles du Grant herbier, mais beaucoup plus nombreuses. La pre- 
mière partie, consacrée aux herbes et aux arbres, se compose de 
530 chapitres sur 201 feuillets ; la seconde traite des animaux ; 
la troisième des oiseaux; la quatrième des poissons; la cin- 
quième des pierres. Vient ensuite un traité des urines occupant 
8 feuillets et suivi d'une table générale en 16 feuillets. 

L'auteur de cette compilation annonce dans la préface qu'il a 
mis largement à profit les œuvres des médecins et naturalistes 
de l'antiquité, celles des Arabes, puis les travaux de Constantin, 
de Platearius, d'Albert-le-Grand et de Vincent de Beauvais. Il 
ajoute qu'il a aussi utilisé les observations, faites par un savant 
et noble personnage pendant de longs voyages à travers l'Eu- 
rope, la Palestine, l'Arabie, l'Assyrie et l'Egypte. La mention 
de Vincent de Beauvais, mort en 1264, et d'Albert-le-Grand, 



14 LES ANCIENS HERBARIA. 

mort en 1280, prouve que Y Ortus sanitatis n'a pas été composé 
avant la fin du XIII e siècle, Les citations empruntées àPlatearius 
ne sont pas toujours indiquées ; cependant en tête de plusieurs 
d'entre elles l'auteur a eu soin d'écrire : Pla. ou Platea. et plus 
rarement Platearius in lihro desimplici medicina, comme, par 
exemple, au commencement du chapitre consacré à YAgnus 
cas tus (1). 

Le dernier compilateur dont nous allons parler est Matthaeus 
Silvaticus deMantoue, lequel a composé, vers 1338, un traité de 
médecine intitulé Pandectae medicinae et dédié à Robert, roi de 
de Sicile (2). Le titre de Pandectae (recueil) indique suffisam- 
ment que Matthaeus Silvaticus, laissant de côté toute prétention 
à l'originalité, avait seulement pour but de présenter à ses lec- 
teurs un résumé de l'enseignement botanique et médical des 
maîtres. Aussi n'hésite-t-il pas à mettre en tête de chaque para- 
graphe le nom de l'auteur auquel il fait un emprunt, et 
notamment ceux de Dioscoride, Pline, Galien, Oribase, Paul 
d'iEgine, Rufus, Averroes, Avicenne, Mesue, Razis, Isaac, Theod. 
Priscianus, Serapion, Nicolas dit Praepositus, Constantin, 
Albert-le- Grand (à propos des matières minérales) et Simon de 
Gènes. Bien qu'il ait copié 67 passages du Liber de simplici 
medicina, il ne cite que deux fois le nom de Platearius à l'occa- 
sion du Garyophyllum et du Sempervivum (chap. 330, fol. 97, 
Append. fol. 169 B de l'édition lyonnaise de 1541). Cette réti- 
cence est d'autant plus surprenante que notre compilateur 



(1) Outre ies deux éditions latines que nous venons de citer, d'autres por- 
tent le titre d' Herbarius ; telles sont celles de Mayence en 1484 ; de Padoue 
(ou Passau suivant quelques historiens) en 1485 en 1486 ; de Vicenco en 14'rl ; 
de Venise en 1499, 1502 et 1509. 

Nous n'avons pas vu ies éditions en langue hollandaise imprimées à Anvers 
en 1482, 1484, 1538; — ni les éditions en langue italienne imprimées à Venise 
en 1522, 1536, 1539 et 1540. 

En ce qui concerne les autres éditions, sans date ni lieu, des Eerbarii 
(ou mieux Herbaria) et de V(H) ortus sanitatis, on consultera le Thésaurus 
literaturae botanicae par Pritzel, 2 e édition, pages 362 à 367. 

(2) Les Pandectae medicinae furent imprimées à Bologne et à Naples en 
1474, à Venise en 1478, 1480, 1489, 1498 et 1523 c puis à Lyon en 1478 et 1541. 
L'édition de 1541 est la meilleure, parce que Martin de Sospitello y a mis une 
table alphabétique du nom latin de chaque Simple avec renvoi au folio où 
le même nom est répété en tête du chapitre. Dans les autres éditions, la plu- 
part des chapitres commencent ex abrupto par le nom arabe du médicament» 
Grâce à cette addition, les Pandectae medicinae sont très utiles à consulter 
lorsqu'on, veut connaître la concordance synonymique des noms latins avec 
les noms arabes des Simples. 



LES ANCIENS HERBARIA. 15 

devait, mieux qu'aucun autre, connaître les ouvrages du célèbre 
professeur salernitain, puisqu'il avait lui-même étudié la mé- 
decine à Salerne (1). 

L'édition lyonnaise de 1541 se compose de 716 chapitres 
sur 172 feuillets dont le texte sur deux colonnes, sans figures 
intercalées, est imprimé en caractères gothiques. A la suite du 
716 me chapitre, l'auteur a ajouté un appendice contenant la 
description de 36 médicaments simples qu'il avait omis dans 
son ouvrage. 

Afin de compléter notre démonstration, nous avons formé un 
tableau où dans une colonne verticale sont énumérés les noms 
des Simples décrits par Platearius, puis sur des lignes horizon- 
tales les noms des compilateurs qui ont copié, ainsi que nous 
l'avons expliqué précédemment, soit des paragraphes entiers du 
Liber de simplici medicina, comme l'ont fait Vincent do 
Beauvais (indiqué dans le tableau par la lettre V) et l'auteur du 
Grant Herbier (H), soit quelques phrases seulement, comme 
c'est le cas de Barthélemi de Glanville (B), de Pierre de Crescenzi 
(P), de l'auteur de YOrtus sanitatis (0), et enfin de Matthaeus 
Silvaticus (M). 

Nous avons choisi de préférence ces compilateurs d'abord à 
cause de leur grande notoriété et ensuite parce qu'ils ont vécu, 
les uns au XIII e siècle, les autres au XIV e siècle, c'est-à-dire 
à une époque peu éloignée de celle à laquelle florissait le grand 
coryphée de l'École salernitaine. Nous aurions pu ajouter aussi 
à notre liste Arnauld de Villeneuve (mort en 1314), qui dans ses 
Commentaires sur les Aphorismes de l'Ecole de Salerne [de con- 
servanda bona valetudine, Paris, 1555), a cité l'opinion de 
Platearius à propos de plusieurs Simples, notamment dans les 
paragraphes consacrés au Palegium, au Nasturtium> au Che~ 
lidonion ; ™ puis Christophorus de Honestis, lequel, dans ses 
Commentaires sur l'Antidotarium de Mesue, a souvent invoqué 
l'autorité du professeur de Salerne; — enfin, pour clore une 
énumération qui pourrait être démesurément longue, notre 
compatriote Symphorien Champier. Dans ses Silvae medicinale s 
de Simplicibus (Lugduni, 1507), le fondateur de l'École de 



(1) Dans le chapitre 110, folio 37 B (édition de 1541), Matthaeus Silvaticus 
dit : « et ego vidi eos Druculos Salerni anno dominicce incamationis. 
1297. » 



16 



LES ANCIENS HERBARIA. 



médecine de Lyon rappelle ce qu'a dit Platearius touchant les 
vertus de la Bistorte, du Fer, de la Manne, du Sisymbrion, du 
Spodiuin, et de la Scabieuse. 



Aloes V BHOM 

Aloes lignum V H M 

iEs ustum V H 

Aurum V BH M 

Assa fœtida V HO 

Argentum vivum V B H 

Agnus castus V PBHOM 

Alumen V H M 

Apium PBHOM 

Apium cerefolium. ... H 

Amylum V H M 

Antimonium H M 

Acacia V HO 

Agaricus V H M 

Anethum VP HOM 

Asphodelus VP H 

Allium VP HO 

Acorus V H M 

AmmoniacumGummi. V BHOM 

Anisum VP HO 

Absinthium VPBHOM 

Anacardus V H 

Amygdalus amarus. . VP H 

Aristolochia V P HOM 

Ambra seu Sperma 

Ceti V HOM 

Artemisia V P HOM 

Acetum V H 

Alcanna V HO 

Auripigmentum B H 

Asphaltum vel Bitu- 

mcn H 

Arnoglossa vel Plan- 

tago VP HO 

Avena P B H 

Abrotonon V P HO 

Asaron V HO 

Ammi V HO 

Aron V P H 

Anagallis 

Asparagus V P 

Balsamus arbor 

Bolus armeniacus. . . . 

Balaustia V 

Borago V 

Baucia vel Pastinaca.. V 

Borax V H 

Betonica V P HO 

Bernix ou Karabe. ... V HO 

Branca ursina V P HO 

Belirici V 

Beta V P H 

Berberis V P HO 

Belliculus marinus. . . V HO 



M 



M 



M 



H 
HOM 
H M 
H 
HOM 
H 



M 



M 



M 



Bistorta P H M 

Bdellium BH 

Cyclamen V HOM 

Camphora V HOM 

Coloquintida V BH 

Cassia fistula V B H 

Cassia lignea. ....... V HO 

Cuscuta P H 

Gardamomum V HO 

Gerusa V HO 

Capparis V BHOM 

Calamenthum VPBHO 

Centaurea VPBHO 

Gastoreum V BHOM 

Cubebe V HO 

Capillus Veneris..... VP HO 

Cupressus V B H 

Ginnamomum V B H 

Chamaedrys V HO 

Ghamaepitys HO 

Garvi V HO 

Cyminum VPBHOM 

Crocus VPBHO 

Cicuta VP HO 

Cyperus V HO 

Cataputia VP HOM 

Calamus aromaticus.. V B H 

Corallus H M 

CrithmonseuCretanus P HOM 

Costus V HO 

Cantabrum H M 

Colofoma V HO M 

Cucurbita VP HOM 

Chelidonion VPBHO 

Goriandrum... VPBHO 

Calx B H 

Cepa HO 

Diagridium V H 

Dragacanthum vel Tra- 

gacantha BHOM 

Daucus .......VP HO 

Dragantium seu Vi- 

triolum.. H 

Dictamnus VPBHO 

Endivia vel Cicbo - 

rium V P HO 

Enula campana seu 

Helenium V P HO 

Epithymum V BHOM 

Euphorbion V HO 

Elaterium V H 

Esula V HO 

Eruca VP HOM 

Ebulus ...VPBHOM 



Eupatorium 

Emblicus 

Flammula 

Ferrum 

Fumaria seu Fumus- 

terrse 

Filipendula 

Fraxinus 

Fœniculum 

Fœnum grœcum 

Garyophyllum 

Garyophyllata 

Gentiana 

Galauga 

Galbanum 

Gummi arabicum .... 

Gith 

Granum solis 

GalLitrichum 

Galla 

Genestula 

Gallia moschata 

Hepatica 

Hœmatites lapis 

Hermodactylus 

Hippoglossum 

Hordeum 

Hyoscyamus 

Hyssopus 

Helleborus 

Hypoquistide , 

Iris 

Juniperus. 

Ladanum 

Liquiritia vel Glycyr- 

rhiza 

Lapis lazuli 

Lilium 

Lycium, 

Linozostis vel Mercu- 

rialis 

Lingua avis 

Lapathum 

Lithargyrum 

Lactuca 

Lupinus 

Laurus 

Lentiscus 

Lenticula 

Laureola 

Levisticum 

Lapis maguetes 

Myrtus 

Maima 

Melilotus 

Malva 

Mastix 

Mentha 

Margarita 

Mumia 



LES ANCIENS HERBARIA. 17 

H Mandragora PBHO 

V HO Meum vel Meu P HO 

V P HO Malum cydonium V HO 

V H Malum granatum V HO 

Malum Marcianum.. . H 

VPBHOM Marrubium .VP HO 

V H M Malabathrum 

VPBHO Mel... 9 HO 

VPBHO Muscus H 

V P H M Mirobolanum V H M 

V HO Macis V HO 

VP HO M Myrrha V HO 

VP HO Majorana VP HO 

V HOM Melissa V HO 

V B H Morus VPBHO 

V HO Nardus celtica V B 

V BH Nasturtium VP HOM 

H Nitrum V BH 

V HO Nenufar VP HO 

V HO Nigella VP HOM 

V HO Nux moschata V B H 

H Nux indica HO 

V P HOM Nux vomica HO 

V B H Ocimum VP HOM 

HO Opoponax V HO 

V Opium V H 

V HO Origanum VP HO 

V P HO Oxyphœnicia vel Ta- 

V P HO marindus V H 

V BHOM Os cordis Cervi V HO 

V HO OsSepiae V HO 

VP HO Oiibanum H 

V B H Polygonum vel San- 

H gumaria V HO 

Pyrethrum V HO 

VP HOM Piper V HO 

H Paeonia V HO 

VPBHO Papaver VPBHO 

V HO Peucedarmm VP HO 

Petroselinum VPBHO 

V H Pollicaria seu Gonyza. V HO 

V HO Pinea V BH 

VPBHOM Prunus VP H 

V H Psyllium VP HO 

VP HO Polypodium VP HO 

H Petroleum . . . H 

V HO Paritaria vel Vitreola. V P M 
PBH Portulaca., VP H 

H Pulegium VP OM 

V P HO Pirus VP 

P HO Pomum citrinum .... V M 

V H Passula uva V 

V P HO Pistacia V 

V HO Plumbum V H 

VP HOM Polium HOM 

VPBHOM Pix V HO 

V HO Phu V H 

VPBHOM Rosa VPBHO 

V B H Raphanus V P HO 

H M Radix V HO 



18 



LES ANCIENS HERBARIA. 



Rheu barbarum 

Rheu ponticum 

Rubea.. . , 

Ruta 

Rosmarinus 

Rubus 

Scamonia 

Spica nardi 

Solatrum seu Strycnon 

vel Morella 

Storax 

Squilla, Sciila vel Cèpe 

marina 

Sambucus.. 

Sumac. 

Sandalos 

Staphis agria.. 

Serapinum vel Saga- 

penum 

Sempervivum 

Seseli vel Siler mon- 

tanum. 

Sulphur 

Sanguis draconis .... 

Sqninantum 

Sinapi 

Sarcocolla. 

Stœchas 

Sisymbrium 

Satyrion 

Sponsasolis sive Inty- 

bum 

Spodium , Ossa ele - 

phantis 

Struthium 



H M 

H OM 

H 

H 

H 

B H 



■ H 



VP HO 

V B H 

V P HO 
P B H 

V HO 
H 
H 



V 
V P 

VP 
V 
V 
V 



H 

H M 



H 
BHO 

H 

H 

H 

H 

H 

H 

H 



M 



M 



V P B H 

y p 



H 
H 



Stincus. 

Scordium 

Sapo 

Sabina.. 

Saxifraga 

Sa! 

Sal ammoniacum 
Sal gemma. ......... 

Scabiosa 

Serpentaria vel Dra- 

contium 

Salvia 

Senecio 

Sene 

Serpyllum 

Satureia 



V P 



V P 



Tamariseus ......... 

Tithymalus 

Terra sigillata vel Chi 

molea 

Turbith 

Thapsia 

Tapsus barbatus 

Tartareum 

Terebinthina. 

Tetrahit 

Viticella. . 

Viola 

Vitrum 

Virga pastoris 

Zinziber ..,',, 

Zuccaruin vel Saecha 

mm, 

Zeduar ...... 



H 
H 
H 

H 
H 
B H 
H 
H 
H 

B H 
H 
HO 
HO 
H 
H 
H 
H 

H 

H 

H 

H 
H 

H 

H 

H 

H 

H 

H 

H 



V HO 

V BHO 



RECAPITULATION 

Vincent de Beauvais ; ..... . « 220 

Pierre de Crescenzi. 107 

Barthélemi de Glanville.. . ....... ....... 59 

Grant Herbier en francoys 264 

Ortus Sanitatis 211 

Matthaeus Silvaticus. . . ....... . . . . . . , a . 67 



Par les explications ci-dessus présentées il est donc parfaite- 
ment établi que, depuis le XIII e jusqu'au XIV e siècle, Platea- 
rius a été unanimement considéré comme le plus illustre maître 
de l'Ecole de Salerne. Il est certain que ses écrits touchant la 
Matière médicale ont eu une notoriété plus grande que ceux de 
son prédécesseur Constantin, dit l'Africain, et ont été cités par 
tous les compilateurs, immédiatement après les ouvrages de 
Dioscoride, de Galien et des médecins arabes. 

Il n'était d'ailleurs pas superflu de donner une démonstration 
de l'influence considérable que les travaux de Platearius ont 



LES ANCIENS HERBARIà. 19 

exercée en leur temps sur la littérature botanique et médicale (1), 
puisqu'elle a été complètement méconnue par les historiens de 
la Médecine et de la Botanique, lesquels consacrent à peine 
quelques lignes à rappeler l'existence d'un médecin inconnu de 
Salerne (ignotus homo medicus Saler nit anus \ comme dit Haller 
Bibl. botan. 1, 221), appelé par les uns Jean Platearius, par 
les autres Mathieu Platearius, auquel on attribue trois traités de 
médecine composés, suivant certains érudits, par trois auteurs 
distincts, dont le premier aurait vécu au XII e siècle, le second 
au XIII e , le troisième au XIV e siècle (2). 

Gloire ! ne serais-tu qu'un vain mot! Quoi, cet homme 
dont le nom, durant sa vie et longtemps après sa mort, a été 
prononcé avec honneur par les cent bouches de la Renommée, 
est tombé dans le plus complet oubli, au point qu'il a été, pour 
ainsi dire, découvert en 1857 par un érudit allemand. Suivant 
les traces de Meyer, un savant italien a déclaré, en 1886, qu'il 
a eu la bonne fortune de trouver un manuscrit de l'un des trois 
ouvrages de Platearius, et il a cru qu'il serait intéressant d'en 
donner un commentaire. Enfin nous -même, venons actuelle- 
ment ajouter le résultat de nos recherches à celles de nos deux 
prédécesseurs, en vue de réhabiliter la mémoire oubliée du 
Maître salernitain qui a eu le mérite de propager en Europe 
la tradition botanique et médicale dont les Arabes avaient été 
jusqu'alors les seuls dépositaires et interprètes. 

En méditant sur les causes de cet injuste délaissement, nous 
n'avons pas tardé à reconnaître qu'il ne s'agit pas d'un cas isolé, 
mais bien d'un fait général dans l'histoire des œuvres de l'esprit 
humain. On constate en effet que parmi les ouvrages qui ont eu 
en leur temps une grande renommée, les uns, surtout ceux qui 

(1) Il importe de ne pas oublier que l'autonomie de la Botanique, conçue 
d'abord par Aristote et réalisée ensuite par son disciple Théophraste, fut 
perdue depuis la mort de ce dernier jusqu'à la fin du XV e siècle, de telle 
sorte que durant cette longue période l'étude des plantes resta intimement 
liée à la Matière médicale. Nous faisons cette remarque afin que les bota- 
nistes ne nous reprochent pas d'avoir traité un sujet étrangère l'histoire de 
la science qu'ils cultivent. 

(2) 11 est juste d'ajouter que Meyer, mieux informé que ses prédécesseurs, 
n'hésite pas à déclarer que les trois écrits de Matth. Platearius sont pour les 
botanistes la manifestation la plus importante de l'Ecole de Salerne. (Gesch. 
der Botan. III, 506). Après une telle déclaration nous sommes surpris que 
le savant historien de la Botanique n'ait consacré que cinq pages à l'examen 
de l'œuvre du Maître salernitain. Il est vrai que si Meyer avait étéplus expli- 
cite, notre travail n'aurait pas eu de raison d'être. 



20 LES ANCIENS HERBARIÂ. 

se rapportent aux sciences physiques, chimiques et biologiques, 
vieillissent vite et tombent enfin dans l'oubli ; les autres, par- 
ticulièrement ceux qui concernent les arts et les belles-lettres, 
conservent jusqu'à nos jours leur ancienne réputation. Nous 
avons alors compris la profonde justesse de la remarque expri- 
mée par Buffon dans son Discours à V Académie française. 
Oui, l'histoire montre que la pérennité n'appartient qu'aux œu- 
vres remarquables par la beauté de la forme, indépendamment de 
la valeur intrinsèque du fond. Car, ainsi que l'a dit l'illustre 
académicien, « la quantité des connaissances, la singularité des 
faits, la nouveauté même des découvertes ne sont pas de sûrs 
garants de l'immortalité. Si les ouvrages qui les contiennent 
sont écrits sans goût, sans noblesse et sans génie, ils périront, 
parce que les connaissances, les faits et les découvertes s'enlè- 
vent aisément, se transportent et gagnent même à être mis en 
œuvre par des mains plus habiles. Les ouvrages bien écrits 
seront les seuls qui passeront à la postérité. » 

Toutefois il importe de tirer de cette proposition, vraie dans 
sa formule générale, une conséquence non prévue par Buffon : 
c'est que les ouvrages concernant les Mathématiques, la Phy- 
sique, la Chimie et les Sciences biologiques « ne passeront pas 
à la postérité » comme les ouvrages purement littéraires, 
parce que, par suite des progrès incessants de la science, ils ne 
tardent pas à être dépassés par d'autres mieux faits, et ensuite 
parce qu'ils ne peuvent être embellis des grâces du style, dans 
le sens ordinaire de cette expression. Qui oserait jeter à pleines 
mains des fleurs de rhétorique dans la démonstration des rap- 
ports du carré de l'hypoténuse avec les deux autres côtés du 
triangle rectangle, ainsi que dans la description des diverses 
espèces d'Escargot et de Pissenlit! En pareille matière, le fond 
est la chose importante, et il suffit, en ce qui concerne la forme, 
que le style soit clair et précis. 

Le sort des ouvrages de Buffon est une preuve de ce que nous 
venons d'avancer. Personne aujourd'hui n'étudie la Zoologie et 
la Géologie dans sa volumineuse Histoire naturelle ; cependant 
quelques pages admirablement écrites ont été réunies sous le 
titre de Morceaux choisis de Buffon, pour être proposées aux 
élèves comme des modèles de style noble et harmonieux. 

Au regard des historiens, Buffon fut un naturaliste qui, en 
son temps, a rendu de grands services en vulgarisant la con- 



LES ANCIENS HERBARIA. 21 

naissance des animaux; pour nous et pour la postérité il est et 
sera toujours un éminent littérateur (1). 

Il y a longtemps qu'on n'étudie plus la Botanique dans le Spe- 
cies plantarum de Linné, ni la Mécanique céleste dans l'As- 
tronome seu Physica cœlestis de Kepler, non plus que dans les 
Principes de physique mathématique de Newton. On n'apprend 
plus aujourd'hui la Chimie dans les ouvrages de Lavoisier, qui 
pourtant ne remontent pas à plus d'un siècle en arrière. Si tel 
a été le sort des travaux des plus grands parmi les inventeurs, 
il est facile de prévoir quel sera celui des recherches faites par 
les savants de second et de troisième ordre. 

Bien différente est la destinée des chefs-d'œuvre artistiques 
et littéraires. Tant qu'il y aura des hommes de goût sur la terre, 
la Minerve du Parthénon et le Moïse qui orne l'église de Saint- 
Pierre-ès liens à Rome perpétueront la gloire de Phidias et de 
Michel-Ange. 

Trois mille ans ont passé sur la cendre d'Homère, 
Et depuis trois mille ans, Homère respecté 
Est jeune encor de gloire et d'immortalité. 

Horace ne se trompait pas lorsque, devançant le jugement de 
la postérité, il a osé dire de ses œuvres : 

Exegi monumentum aère perennius. 

Nous ne nous risquerons pas à rechercher s'il faut plus de 
génie pour découvrir les lois du monde physique et pour utiliser 

(1) Nous venons de relire ces Morceaux choisis et, malgré le vif plaisir que 
nous a procuré cette lecture, nous n'hésitons pas à soutenir que le style tour 
à tour solennel et gracieux de Buffon ne convient pas à un ouvrage d'histoire 
naturelle. Au surplus, nous constatons qu'il n'est plus de mode aujourd'hui 
d'écrire des traités de Géologie et de Zoologie suivant la manière de l'illustre 
écrivain. 

« La plus noble conquête que l'homme ait jamais faite est celle de ce fier 
et fougueux animal qui partage avec lui les fatigues de la guerre et la gloire 
des combats, » etc. 

« Lorsque dans un beau jour de printemps nous voyons la verdure renaître, 
les fleurs s'épanouir, tous les germes éclore, les abeilles revivre, l'hirondelle 
arriver, le rossignol chanter l'amour, le bélier en bondir, le taureau en 
mugir, » etc. 

« Qu'elle est belle cette nature cultivée ! Que par les soins de l'homme 
elle est brillante et pompeusement parée ! Il en fait lui-même le principal 

ornement et la production la plus noble Tout marque dans l'homme sa 

supériorité sur les autres êtres vivants : il se soutient droit et élevé, son 
attitude est celle du commandement, sa tête regarde le ciel et présente une 
face auguste sur laquelle est imprimé le caractère de sa dignité ; son port 
majesteux, sa démarche ferme et hardie, annoncent sa noblesse et son 
rang, » etc. 



22 LES ANCIENS HERBARIA. 

à notre profit les forces naturelles que pour donner une forme 
agréable aux pensées et aux sentiments. Faute de critérium, 
il nous est impossible de décider si le mérite du savant 
qui, après de longues observations et expériences, est par- 
venu à augmenter notre bien-être , l'emporte sur celui de 
l'homme de lettres dont les productions charment notre esprit 
aux heures de loisir et de l'artiste dont les œuvres embellissent 
nos cités et nos demeures. Nous admettons volontiers que toutes 
les grandes et belles manifestations de l'esprit humain sont 
d'égale valeur. Cependant, à considérer la durée de la gloire 
qui revient à leurs auteurs, combien les unes pèsent plus que 
les autres dans la balance de la justice distributive. Aussi, n'é- 
taient certains motifs qu'il serait trop long de développer à 
cette place, nous serions presque tenté de dire à ceux qui, 
comme nous, ont versé du côté le moins avantageux, c'est-à- 
dire dans l'étude des sciences physiques, chimiques et biologi- 
ques : Très chers frères, voulez-vous acquérir une gloire impé- 
rissable, faites des statues et des monuments, composez des 
poèmes, des romans, des pièces de théâtre, sonnez même des 
sonnets, pourvu qu'ils soient de bonne facture ; Boileau, le 
solennel auteur de Y Art poétique, vous y invite : 

Un sonnet sans défaut vaut seul un long poème. 

Au surplus, Oronte vous apprend qu'il ne faut pas plus d'un 
quart d'heure pour composer un sonnet : 

Au reste, vous saurez 
Que je n'ai demeuré qu'un quart d'heure à le faire, 

D'où l'on peut conclure que si les virtuoses qui excellent en 
cet art délicat et charmant ne produisent pas un plus grand 
nombre de sonnets, c'est de leur part pure coquetterie. 

Craignez-vous q-ue la Muse ne daigne pas vous inspirer et 
préférez-vous persévérer dans la voie où vous êtes entrés ? Dans 
ce cas, soyez-en bien convaincus, vous irez avec vos livres crou- 
pir au fond des eaux paisibles du Léthé, heureux si dans quel- 
ques siècles un de nos pareils, touché de compassion, s'avise de 
vous repêcher et vient ensuite, comme nous l'avons fait en faveur 
de Platearius, solliciter que votre nom soit inscrit dans le Tem- 
ple de Mémoire. Toutefois, il est présumable qu'il sera de plus 
en plus difficile d'obtenir cet honneur, à cause du nombre tou- 
jours croissant des adeptes de la science. Il n'est pas donné à 



LES ANCIENS HERBARIA. 23 

tout le monde d'être, comme Platearius, le chef d'une École et 
le promoteur d'un mouvement scientifique. 

Un ancien juif, estimant qu'il est plus facile de fonder la morale 
sur l'égoïsme individuel tempéré par l'intérêt social que sur la 
considération abstraite du beau, du vrai et du juste, disait à ses 
compatriotes : « Honorez le médecin, parce que vous aurez 
besoin de son secours. » (Eccles. 38). Nous sera-t-il permis de 
vous prier humblement de ne pas trop mépriser les patients 
travailleurs qui, sans profit et sans gloire, se dévouent à la tâche 
de bibliographe et de biographe, car peut-être un jour l'un 
d'eux tirera vos ouvrages et votre nom d'un injuste oubli. 

II 

La démonstration de la thèse que nous nous étions proposée 
est faite; cependant nous avons, à dessein, négligé de discuter 
quelques questions secondaires, de peur d'alourdir notre argu- 
mentation, déjà chargée de nombreuses citations de dates et de 
textes. Plus libre maintenant dans notre allure, nous allons 
réparer nos omissions. 

Il est prouvé par le témoignage de Gilles de Corbeil cité 
précédemment, que l'auteur des Glossae super Antidota- 
rium Nicolai est Matthaeus Platearius, célèbre professeur de 
l'École de Salerne. Comme les compilateurs qui, postérieure- 
ment à Gilles, ont copié des chapitres du Liber de simplici 
medicina n'ont jamais accompagné le nom de Platearius de son 
prénom, on pourrait supposer que peut-être ce dernier ouvrage 
a été écrit par un autre Platearius. Cependant, il nous semble 
que, dans ce cas, les susdits compilateurs n'auraient pas manqué 
de distinguer par leur prénom les divers écrivains portant le 
même nom patronymique. Or, puisque tous disent simplement 
Platearius, on est en droit de conclure qu'en réalité il n'exis- 
tait pas d'autre auteur de ce nom que l'illustre Matthaeus Pla- 
tearius, chef de l'École de Salerne, dont la louange a été chan- 
tée par son élève Gilles de Corbeil. 

Pourquoi donc Platearius a-t-il été appelé Joannes par les 
éditeurs qui ont joint ses oeuvres à celles de Mesue (Venise, 
1502 et 1623) et à celles de Serapion (Venise, 1497, 1499, 1530 ; 
Lyon, 1512, 1536)? Cette erreur nous paraît être le résultat 
d'une fausse interprétation de deux phrases des Commentaires 



24 LES ANCIENS HERBARIA. 

de Platearius sur Y Antidotarium de Nicolas dit Praepositus : 
« Lapidem Aurea frangit. Nota secundum doctrinam 
Joannis Platearii, quum dari débet calculosis, quum confiez - 
tur removeatur Opium (folio 160 B). — Ce qui signifie que, 
suivant l'opinion de Jean Platearius, il faut s'abstenir démettre 
de l'Opium dans le remède dit Aurea, lorsqu'on veut adminis- 
ter celui-ci à des calculeux dans le but de dissoudre les calculs 
vésicaux. 

« Nota quod magister Copho et magister Joannes de Platea 
in hocerant gemelli, quia fere omnes àlii de Esdra discorda- 
bant (folio 175 A). L'auteur des Commentaires veut dire que, 
relativement à la préparation de l'opiat inventé par le prophète 
Esdra, Copho et Jean Platearius étaient du même avis, pendant 
que tous les autres médecins étaient en désaccord (1). 

Les éditeurs des œuvres de Platearius auront probablement 
cru que, dans ces deux phrases, l'auteur des Commentaires a 
parlé de lui-même et en ont conclu que son prénom est Jean. 
Cette interprétation nous semble inadmissible, parce que dans 
le cas où Platearius aurait voulu, comme on l'a supposé, rappe- 
ler la doctrine professée par lui, il aurait dit, soit à la première 
personne de l'indicatif présent : « Sur ce point, je suis du 
même avis que Copho » ; ou à la troisième personne du présent 
indicatif (2) : « Platearius est du même avis que Copho. » On ne 

(1) 1? Aurea était composé des drogues suivantes : Asaron, Carpobalsamon, 
Hyoscyamus, Garyophyllum, Opium, Myrrha, Gyperus, Balsamon, Ginnamo- 
mum, Zedoar, Zingiber, Gostus, Corallus, Cassia lignea, Euphorbion, Tra« 
gacantha, Thus, Meum, Styrax, Salhmca, Cardamon, Seseli, Napi, Saxifra- 
gia, Anethum, Anisum, lignum Aloes, Rhabarbarum, Alipta, Castoreum, 
Spica, Galanga, Opopanax, Anacardus, Mastix, Sulphur, Paeonia, Eryngium, 
Rosa, Thymus, Acorus, Pulegium, Aristolochia longa, Gentiana, Mandragora, 
Chamaedrys, Phu, Bacca Lauri, Ammi, Daucus, Macropiper, Leucopiper, 
Xylobalsamon, Carvi, Amomum, Petroselinum, Levisticum, Ruta, Sinon, 
Aurum, Argentum, Margarita. Blacta byzantia, Os de corde cervi, limatura 
Eboris, Calamus aromaticus, Pyrethrum, Mel et Vinum. 

Comme on le voit, 69 drogues simples entraient dans la composition de 
Y Aurea. L'opiat du prophète Esdra était encore plus compliqué et se com- 
posait de 141 drogues que nous nous abstenons d'énumérer et dont on pourra 
lire la liste dans Y Antidotarium de Nicolas, si l'on veut avoir une idée de 
la polypharmacie en usage chez les médecins arabes et chez leurs successeurs 
jusqu'au XII e siècle. 

(2) Matthaeus Platearius parle quelquefois de lui à la troisième personne, 
comme on le voit dans la phrase suivante : « Magister vero Platearius tam 
diu bullire fecit cum syrupo. » Glossae super Antid. folio 176 A. 

« Dixit autem Matthaeus de Platea quod postquam oxymel laxativum ser- 
vaverat per iiij vel iij, illum secure donabat acute febricitantibus. » Ibid., 
folio 181 B. 

« Sic liberatus est magister Matthaeus Platearius et mater magistri PJa- 






LES 



ANCIENS HERBARIA. 25 



comprend pas pourquoi il aurait employé l'imparfait du temps 
passé : « Copho et Jean Platearius étaient du même avis, alors 
que tous les autres médecins étaient en désaccord. » 

En outre, la remarque de notre Matthaeus relativement au 
consensus de Copho et de Jean Platearius sur un point de doctrine 
médicale s'explique parfaitement, puisque ces deux médecins 
étaient contemporains (1). 

Qu'est donc ce Jean Platearius qui vivait au commencement 
du XII e siècle en même temps que Copho ? Il est, suivant nous, 
le père de notre Matthaeus qui se plaît à invoquer son autorité 
en plusieurs passages de ses écrits, comme on va le voir par les 
citations suivantes : 

« Meus pater Platearius ea (Trypheria) utebatur cum opio 
Mironis ». Glossae folio 187 B. 

« Pater meus aliter conficiebat vomitium Patriarchae. Ibid. 
folio 189 A. 

« Pater meus post omnia remédia solebat ponere lethargi- 
cum in balneo de calidis herbis facto, ut vel eam solveret vel 
phrenesim induceret » Practica brevis. Folio 171 B. 

« Hoc pater meus beatae memoriae fecit » Ibid. Folio 176 B. 
Il s'ag-it de l'incision des abcès du pharynx en cas de suffocation 
imminente. 

« Dentur electuaria humectantia et electuarium patris mei 
ad reslaurationem humectationis » Ibid. Folio 176 B. Gilles de 
Corbeil a aussi parlé de cet électuaire (III, 745). 

Bien plus, la grand' mère de Matthaeus exerçait aussi la 
médecine: « Solummodo licinio tali madefacto in oleo et 
extincto mater Joannis Platearii liberavit quamdam nobi- 
lem. » De simpl. medic. Folio 189 B. 

Il résulte évidemment de ce qui précède que, d'après les 
données historiques, nous ne connaissons d'une manière certaine 
que deux médecins du nom de Platearius. Le premier, Jean 
Platearius, n'a rien écrit, car s'il en eût été autrement, son fils, 
si respectueux pour sa mémoire, n'aurait pas manqué de citer 



tearii. » De simpl. medic. 193 A. « Hoc remedio (Struthio) Platearius fuit 
liberatus s> de simpl. medic. folio 209 B. 

(i) Meyer a parfaitement démontré que Copho vivait au commencement du 
XII e siècle (Gesch. der Bot. III, 508). D'autre part, nous savons que Matthaeus 
enseignait la médecine à Salerne au milieu du XII e siècle, d'où il suit que 
son père, Jean Platearius, était contemporain de Copho. 



26 LES ANCIENS HERBARIA. 

les titres de ses ouvrages ; le second, Matthieu Platearius, est 
l'auteur des trois traités dont il a été souvent question dans le 
présent travail et dans lesquels ont largement puisé tous les 
compilateurs du XIII e et du XIV e siècle (1). 

Comme on le voit, Platearius ne s'est pas borné à présenter 
un résumé de la médecine d'après les écrits des naturalistes de 
l'antiquité, des médecins arabes et de son prédécesseur Cons- 
tantin, il a encore ajouté à l'héritage laissé par ses devanciers 
les résultats de ses observations personnelles et de l'expérience 
accumulée dans sa famille pendant deux générations. A ce titre, 
ses ouvrages ont une originalité qui manque à ceux de Mat- 
thaeus Silvaticus et des autres compilateurs. 

III 

Après avoir lu dans l'introduction du Liber de simplici medi- 
cina (Circa instans) le programme des questions que l'auteur 
s'est proposé de traiter successivement, on s'attend à trouver 
ensuite un traité complet de Matière médicale ; mais on éprouve 



(1) Ne voulant dissimuler aucun argument contraire à notre thèse, nous 
devons citer^m passage de la Practica brevis (fol. 177 B) qui semblerait 
prouver que^Tautéur du susdit traité de médecine s'appelait Matthaeus et non 
Joannes, comme nous le soutenons. Voici cette phrase : « Jam pluries probavi 
haec vera esse, et nunquam deceptus sum. In Sinone comité haec expertus 
sum ego et magister Matthaeus Platearius. » 

Pour résoudre cette difficulté, il suffit de considérer que cette dernière 
phrase est en contradiction manifeste avec les deux passages, cités plus haut, 
des Glossae super Antidotarium (160 B et 175 A) où le père de notre auteur 
est appelé Joannes ; de sorte que si la dénomination indiquée dans ce der- 
nier ouvrage est exacte, comme le prouve la conformité avec celle qui a été 
donnée par Gilles de Gorbeil dans la préface du poème de compositis medica- 
minibus, nous devons nécessairement conclure que la phrase de la Practica 
brevis a été altérée par les éditeurs des œuvres de Platearius. Partant de 
l'idée erronée que le prénom de celui-ci était Joannes, ils ont été conduits à 
corriger le manuscrit en mettant Matthaeus au lieu de Joannes. 

Les éditeurs des œuvres de Platearius ont encore donné une preuve de 
leur manque de clairvoyance lorsqu'ils ont dit à la fin de Y Antidotarium que 
les Commentaires sur Y Antidotarium ne peuvent avoir été écrits par Joannes 
Platearius, puisqu'on y trouve mentionnée l'opinion de médecins qui oot 
vécu longtemps après le célèbre professeur de Salerne (Matthaeus Silvaticus, 
Gilbert l'Anglais, Barthélemi de Glanville) et même celle de Platearius lui- 
même, comme on le voit dans la phrase suivante : <r Circa instans ait Ambra, 
id est sperma Ceti. » Ils supposent que les Glossae sont l'œuvre d'un critique 
allemand inconnu. Ils n'ont pas vu que ces citations se trouvent, non dans 
les Commentaires de Platearius, mais bien dans les paragraphes ajoutés par 
un commentateur, lequel a eu soin de mettre en tête de ceux-ci le titre 
Additio, afin d'établir une distinction très apparente entre ses gloses et 
celles de Platearius. 



LES ANCIENS HERBARIA. 27 

une grande déception, lorsqu'on lisant ce livre on constate que 
les Simples, même les plus usités, sont très brièvement décrits, 
comme si l'auteur s'était borné à tracer le plan de son œuvre 
au moyen de propositions courtes qu'il avait le dessein de déve- 
lopper plus tard. En outre, plusieurs chapitres sont réduits à 
quelques lignes et ne sont pas même esquissés. L'auteur n'aurait- 
il pas eu le temps de remplir son programme ? Les éditeurs 
auraient-ils eu la main malheureuse dans le choix du manuscrit 
qu'ils ont fait imprimer? En faveur de la seconde hypothèse, on 
pourrait alléguer qu'il est difficile de comprendre comment un 
ouvrage présentant de nombreuses lacunes et péchant par une 
excessive concision de langage a pu atteindre à une aussi 
grande renommée, Au surplus, nous- même avons remarqué que 
plusieurs chapitres cités dans le Spéculum de Vincent de Beau- 
vais et dans YOrtus sanitatis manquent à toutes les éditions du 
traité des Simples (1). Pour résoudre cette question, on a recher- 
ché dans les bibliothèques s'il n'existait pas quelque document 
à l'aide duquel on parviendrait à reconstituer l'œuvre complète 
du Maître de Salerne, 

En 1837, Henschel découvrit dans la bibliothèque Magdalena, 
à Breslau, un manuscrit du XII e siècle contenant la collection 
de trente-cinq traités de la Médecine salernitaine. Le premier 
de ces traités portait le titre de Liber simpliciuminedicinarum 
et avait cent quatre-vingt-cinq chapitres de plus et quatorze de 
moins que le Circa instans imprimé à Ferrare, à Venise et à 
Lyon (2). 

Henschel, persuadé que le Codex de Breslau était le véritable 
texte du fameux ouvrage de Platearius, n'hésita pas à déclarer 
apocryphes les quatorze chapitres dont nous venons de parler et 
supposa qu'ils avaient été tirés de quelque autre livre par un 
copiste peu soucieux de la vérité historique et ajoutés au manus- 
crit qui a servi lors de l'impression du Liber de simplici medi- 
cina. Il est regrettable que Henschel n'ait pas publié le manus- 
crit de Breslau, car alors nous aurions pu juger si les cent 



(1) Entre autres chapitres manquant au texte imprimé, nous pouvons citer 
ceux qui concernent les Simples suivants : Alcanna, Barba Jovis, Gucurbita, 
Fragaria, Gramen, Granum tinctorium seu Kermès, Gummi Lacca, Hemero- 
calles, Herba paralysis, Hippoglosson, Jacea. 

(2) Zeitschrift fur Geschichte und Litteratur der Medicin, in Janus, IL 
p. 65. 



28 LES ANCIENS HERBAJtlÀ. 

quatre-vingt-cinq chapitres qui manquent au texte imprimé du 
Circa instans sont entièrement inédits et d'ailleurs composés 
suivant la manière du célèbre professeur de Salerne ou si, au 
contraire, ils ont été empruntés à Serapion, àMesue, à Avicenne, 
ou à quelque autre auteur dont les écrits nous sont parvenus. 
Nous aurions peut-être aussi pu trouver l'origine des quatorze 
chapitres qui, suivant Henschel, ont été ajoutés au Circa ins- 
tans. Dépourvu de ce moyen de contrôle, nous ne pouvons savoir 
si le Codex de Breslau contient le texte complet du Circa instans 
de Platearius, ou s'il est une de ces compilations connues aux XII e 
et XIII e siècles sous le nom d' Herbarius ou mieux Herbarium. 
Nous penchons du côté de cette seconde hypothèse à cause de 
certains motifs que nous expliquerons plus loin à propos du 
manuscrit de Modène. 

Vers Tannée 1850, E. Meyer trouva dans la bibliothèque de 
Kœnigsberg un manuscrit de YArbolayre ou Grant Herbier 
translaté de latin en francoys. Il se compose de deux cents 
feuillets petit in-folio écrits sur deux colonnes avec des dessins 
coloriés. A la fin, on lit : « Et pour éviter prolixité cy est la fin 
de ce livre en quel sont contenus les secres de Salerne. » 
L'ouvrage est divisé en quatre cent soixante-trois chapitres 
dont deux cent cinquante-quatre sont en partie copiés dans le 
Circa instans de Platearius. D'autre part, Meyer constata que sur 
quatre cent soixante-huit chapitres du Grant Herbier, imprimé 
vers 1500 à Paris, par Alain Lotrian, deux cent cinquante-huit 
chapitres sont copiés en partie dans le Circa instans. En outre, 
dix-neuf chapitres du Circa instans manquent au Codex de 
Kœnigsberg et quinze chapitres de ce même ouvrage ne se trou- 
vent pas dans le Grant Herbier imprimé. Cette omission vient 
sans doute, dit Meyer, de la négligence du copiste. Parmi les 
chapitres qui ne sont pas tirés du Circa instans, quelques-uns 
sont probablement empruntés à Isaac, d'autres à Apuleius Pla- 
tonicus. Meyer aurait dû examiner si les quinze chapitres man- 
quant à l'édition du Grant Herbier, qu'il a consultée (celle 
d'Alain Lotrian, imprimeur et libraire demeurant en la rue 
Neuf ve -Notre-Dame, à l'enseigne de lescu de France), ne se 
trouvent pas dans l'une des éditions imprimées à Paris par 
Guillaume Nyverd, Jacques Nyverd, Denis Janot et Jehan Janot. 
Nous croyons être d'autant plus autorisé à émettre ce soupçon, 
que les éditions de nous connues, celles de Guillaume et de 



LES ANCIENS HERBARIA. 29 

Jacques Nyverd, contiennent sept chapitres de plus que celle 
d'Alain Lotrian, dont s'est servi Meyer, soit quatre cent soixante- 
quinze chapitres au lieu de quatre cent soixante-huit. Aussi 
n'est-il pas surprenant que, sur ces quatre cent soixante-quinze 
chapitres, deux cent soixante-quatre soient en partie copiés dans 
le Circa instans, tandis que dans l'édition consultée par Meyer, 
la proportion est seulement de deux cent cinquante-huit copies 
sur quatre cent soixante-huit chapitres. Pour élucider cette 
question, il aurait fallu que nous eussions entre les mains toutes 
les éditions du Grant Herbier, y compris celle de Pierre Caron, 
la plus ancienne, afin de noter la provenance de tous les cha- 
pitres contenus dans les divers exemplaires de cet ouvrage. 
Il est possible que, outre la part déjà faite par nous de ce qui 
appartient certainement à Platearius et après avoir déterminé 
les emprunts tirés des écrits de Dioscoride, de Pline, de Galien, 
d'Avicenne, de Razis, d'Isaac et de Constantin (emprunts haute- 
ment avoués par le compilateur du Grant Herbier), il serait 
resté un résidu qu'il nous eût été permis d'ajouter au contingent 
du professeur de Salerne. Déjà, en vue de cette statistique, nous 
avons noté plusieurs passages qui ont été copiés dans YHerba- 
rium d'Apuleius Platonicus (1); mais nos recherches sur les 
origines du Grant Herbier sont restées incomplètes parce qus le 
manuscrit de Kœnigsberg a été perdu. 

Nous arrivons maintenant aux deux manuscrits de la Biblio- 
teca Estense dont M. Jules Camus a donné une excellente 
description dans la Notice déjà mentionnée par nous à la pre- 
mière page du présent travail. 

Dans le catalogue des manuscrits de la Biblioteca Estense se 
trouve sous le numéro 993, l'indication suivante : « Bioseorides 
Tractatus de herbis, cum Platonis, Galieni et Macri hujus- 
modi a Bar th. Mundsens. Cod. membran. cum figuribus colo- 
ribus depictis infolio saeculi XV. Le bibliothécaire a ajouté en 



(1) Parmi les chapitres tirés d'Apuleius Platonicus, nous avons surtout 
remarqué ceux qui portent les titres suivants : Althaea, Artemisia lepto- 
phyllos et A.tagetes,Betonica, Britannica, Buglossa, Chamaeleon, Crias, 
Echium seu Viperina, Hedera nigra, Pentaphyllon, Serpyllum. 

Il ne serait pas aussi facile de faire la part de ce qui revient à Isaac Ben 
Amram, médecin arabe du X e siècle, dont les écrits, aujourd'hui perdus, ont 
été souvent cités par Ibn Baithar, par Serapion et par tous les compilateurs 
des XIR XIII» et XIV* siècles. 



30 LES ANCIENS HERBARIÀ. 

1833 la remarque suivante: «Cet ouvrage est le texte complet d a 
Circa instans (1). » 

Le manuscrit se compose de quatre cent soixante-dix cha- 
pitres et de cent soixante sept feuillets. Il est écrit en caractères 
gothiques sur deux colonnes et contient quatre cent soixante- 
dix dessins de plantes. Sur la première feuille on lit la première 
phrase du Liber de simplici medicina de Platearius : « Circa 
instans negocium in simplicibus medicinis nostrum versatur 
propositum » ; puis sur le feuillet 142 : « Explicit tractatus 
herbarum Dioscoridis et Platonis atque Galieno et Macrone 
(Macer) translatate manu et intellectu Bartholomaei minid* 
senis in art e speciarie semper infusus. 

Explicit cest Herboliaire 
Auquel a heu asses affaire 
Abourg II a este escript 
Mil CGCC cinquante et huit 
Et la escript cest tout certain 
Le patron de sa propre main 
Priés pour luy je vous en prye 
Pour l'amour de la Compaignye 
Le petit pelous 
1458 

Nous avons dit plus haut que le bibliothécaire de Modènen'a 
pas hésité, en 1833, à déclarer que le Tractatus de herbis est le 
texte complet du Circa instans. M. J. Camus, après une étude 
attentive de ce manus:ritet de toutes les questions qui s'y rat- 
tachent, s'est rangé à l'avis du bibliothécaire. Ces deux savants 
ont été sans doute conduits à la même conclusion par la ressem- 
blance frappante du texte d'un grand nombre de paragraphes et 
quelquefois même de chapitres entiers du Codex de Modène et 
du Liber de simplici medicina. Déjà, en voyant reproduit sur 
la première feuille du manuscrit le prologue du Liber de 
Platearius (Circa instans negocium, etc.), ils ont dû être 
portés à soupçonner l'identité de ces deux ouvrages. 

On croit aisément ce qu'on désire. Aussi, après avoir lu au 

(1) Suivant M. Camus, ce Barthélemi Mini de Senis était probablement un 
compilateur qui s'était donné la tâche d'ajouter au texte du Circa instans 
quelques chapitres tirés de divers auteurs et, en outre, une longue synonymie 
des noms grecs, latins et arabes des plantes employées en médecine. Le Petit 
Pelous, qui a copié en 1458 le Tractatus Herbarium, ou Herboliaire, était 
un jeune français venu, en Italie pour y étudier la médecine. 



LES ANCIENS HER3AIUA. 31 

commencement du Mémoire de M. J. Camus l'annonce de la 
découverte du texte complet du Circa instans, nous ressen- 
tîmes l'ineffable satisfaction du bibliophile qui vient de recevoir 
enfin un livre rare, depuis longtemps convoité par lui. Cette 
disposition favorable de notre esprit était encore augmentée par 
le penchant que nous avons à accepter avec confiance les opi- 
nions d'un savant qui sera un jour un des maîtres les plus auto- 
risés en matière de critique historique, s'il persévère dans la 
voie où il est si heureusement entré. 

Cependant, malgré l'impulsion de nos désirs et de notre 
sympathie, nous ne tardâmes pas à être sollicité en sens con- 
traire après avoir lu le titre du Codex : « Bioscoriclis Tracta- 
tus de herbis, cum Platonis, Galeni et Macri a Bartholomaeo 
Mundsens . » 

De cet énoncé ne résulte- t-il pas manifestement que Bartho- 
lomeo Mini de Senis (Mino de Siena) a voulu composer un 
Traité des plantes, ou, comme dit le Petit Pelons, le copiste du 
manuscrit, un Herbollaire, en réunissant des fragments tirés 
de Dioscoride, d'Apuleius Platonicus, de Galien, d'Emile Macer, 
et probablement aussi d'Avicenne, de Razis, d'isaac, de Cons- 
tantin et de Platearius ? Lorsque l'auteur assure que son 
ouvrage est une compilation, avons-nous le droit de soutenir 
que, sauf un minime alliage, le bijou qu'il nous offre est en or 
pur de Salerne, façonné par la main du grand artiste Platearius ? 

En vain alléguerions-nous que peut-être le véritable titre de 
X Herbarium de Bartolomeo Mino a été perdu, puis arbitraire- 
ment remplacé par celui qui se trouve actuellement en tête de 
l'ouvrage, car nous savons que le compilateur du Grant Herbier 
imprimé à la fin du XV e siècle a positivement dit de son livre : 
extraict de plusieurs traiclez de médecine, comme de Avicenne, 
de Razis } de Constantin, d'isaac et de Platatre ». Or ce Grant 
Herbier translate de latin en francoys est la version du 
Traclatus herbarum de Bartolomeo Mino. 

Outre le Tractatus herbarum, M. J. Camus a trouvé à la 
Biblioteca Estense une copie du Grant Herbier translate de latin 
en francoys. C'est un volume in-folio en caractères g-othiques 
du XV e siècle qui, sauf quelques variantes insignifiantes, est 
identique au Grant Herbier imprimé à Paris par Guillaume 
Nyver.i, puis par Jacques Nyverd. Il a appartenu à un nommé 
Dune qui a écrit en tête du Codex « Livre des Simples ». 



32 LES ANCIENS HEKBARIA. 

Gomme dans le texte imprimé à Paris on a mis à la première 
page la traduction du prologue du Circa instans de Platearius : 
« En ceste présente besoingne cest nostre propos et intention 
de traiter des simples medicines, etc. » A la fin on lit la formule 
déjà citée plus haut à propos du manuscrit de Kœnigsberg: « Et 
pour éviter prolixité cy est la fin de ce livre en quel sont conte- 
nus les secres de Salerne. » Le texte est accompagné de dessins 
plus finement exécutés et d'un coloris plus vif que ceux de 
Y Herbarium de Bartolomeo Mino de Siena. De même que dans 
le Grant Herbier imprimé, quatre chapitres de Y Herbarium 
(Baxillus, Pes leporinus, Spongia, Terra sigillata) manquent 
au manuscrit français. Au contraire, huit chapitres de celui-ci 
(Fuligo, Gummi Lacca, Seseli, Staphisagria, Sistra, Saliunca 
et Trifolium) ne se trouvent pas dans le Codex latin. Il est bien 
regrettable que le manuscrit du Grant Herbier de la Biblio- 
thèque de Kœnigsberg ait été perdu par la négligence de 
quelque emprunteur, car il aurait été très intéressant d'abord 
de le comparer avec le manuscrit de laBiblioteca Estense, puis 
de noter les variantes de l'un et de l'autre Codex en regard du 
texte du Grant Herbier imprimé. Ces différences, insignifiantes 
au fond dans ce cas particulier, ont quelque importance au point 
de vue philologique et auraient pu contribuera la connaissance 
des diverses formes du vieux langage francoys. 

Le Tractatus herbarum de Bartolomeo Mino n'est donc pas, 
comme l'a cru M. J. Camus, le texte complet du Circa instans 
de Platearius, mais bien une de ces compilations faites au 
XV e siècle sous le titre de Herbarium et qui furent traduites 
en hollandais, en italien et en françois (1). Nous sommes surpris 
que cette conséquence ait échappé à la perspicacité du savant 
professeur de Modène, puisqu'il a pris la peine de collationner les 
textes des deux manuscrits de la Biblioteca Estense avec celui du 
Grant Herbier translaté de latin en francoys. Mieux qu'aucun 
autre, notre érudit confrère a pu constater que les deux manus- 
crits et le livre imprimé sont, malgré quelques variantes, un seul 
et même ouvrage. Or, nous savons pertinemment que le Grant 
Herbier en francoys est une compilation tirée, non seulement 
des écrits de Platearius, mais aussi de ceux de plusieurs autres 



(1) Voyez dans le Thésaurus literaturae hotanicae de Pritzei la liste de 
ces Herbaria (pages 362 et 383) . 



LES ANCIENS HERBARIA. 33 

médecins, et notamment, ainsi que le dit l'auteur lui-même, 
d'Avicenne, de Razis, d'Isaac Ben Amram et de Constantin. En 
outre, n'eussions-nous pas été prévenus par le compilateur, il 
serait possible de trouver l'origine des 475 chapitres du Grant 
herbier. Déjà nous avons établi que 264 d'entre eux sont en 
partie copiés dans le Circa instans. Nous pouvons aussi indi- 
quer la provenance de la plupart des autres. 

Chapitres en partie copiés dans la Matière médicale de 
Dioscoride. 

Acanthum, Adiantos, Galbanum, Faba graeca, Lens, Râpa, Salix. 

Ch. copiés dans Herbarium d'Apuleius Platonicus. 

Agrimonia, Apium Risus vel Herba scelerata, Althaea, Artemisia lepto- 
phyilos et A. tagetes, Betonica^ Britannica, Buglossa, Chamaeleon, Chamae- 
melon seu Chamomilla, Cannabis, Cotylédon, Crias, Hedera nigra, Hippuris, 
Leontopodion , Pentaphyllon , Satyrion, Serpyllum, Urtica, Verbena seu 
Hierobotane vel Peristereon, Xiphion sive Spatula foetida. 

Ch. copiés dans le traité de Herbarum virtutibus d'iEmilius 

Macer. 

Atriplex, Lolium, Porrum, Urtica. 

Ch. copiés dans la Matière médicale de Paulos ^Eginetes. 

Amomum, Anthera, Fraxinus, Scabiosa. 

Ch. copiés dans le Traité des Simples (perdu) d'Isaac Ben 

Amram. 

Atriplex, Avellana, Beta, Castanea, Caulis, Cicer, Citrullus, Cucumer, 
Cucurbita, Doronicum, Faba, Ficus, Fungus, Lens, Lactuca silvestris, Lingua 
avis sive Fraxini semen, Melo, Mespilus, Milium, Nux, Oleum, Oliva, Oleum, 
Porrum, Palma vel Dactylos, Panicum, Persica, Râpa, Radix, Risum, Sca- 
biosa, Sebesten, Spinacia, Triticum, Urtica, Uva (1). 



(1) Le compilateur du Grant Herbier paraît avoir beaucoup emprunté à 
Isaac qu'il cite souvent et notamment dans les chapitres consacrés à Cucur- 
bita, Ficus, Lens, Lini semen, Melo, Melongena, Radix, Saccharum, Sisa- 
nia. Ces passages sont d'ailleurs entièrement conformes à ceux qui ont été 
attribués à Isaac par Vincent de Beauvais, Barthélemi de Glanville, Pierre de 
Crescenzi, Mattbaeus Silvaticus et autres compilateurs. 

Il cite des phrases de Dioscoride à propos de Cepa, Coriandrum, Faba, 
Fumaria, Galbanum, Lactuca silvestris, Lens, Milium vel Cenchros, Oliva, 
Satureia, Serpyllum, Salix. 

Il cite des passages de Galien à propos de Cepa, Citrullus, Faba, Oliva, 
Risum. 

Il cite Hippocrate à propos de Bryonia et de Cicer; et Avicenne dans les 



34 LES ANCIENS HERBARIA. 

Ch. copiés dans le Liber de gradibus de Constantin l'Africain, 
Amygdalae amarao, Bedegart, Narcissus. 

Au surplus, voulant donner à nos lecteurs la preuve que dans 
les exemples cités précédemment il s'agit, non d'une para- 
phrase, mais bien d'une copie, nous reproduisons, à titre de 
spécimen (a duobus disce omnes), deux fragments de chapitres 
tirés, l'un du poème d'iEinilius Macer, l'autre du Liber de gra- 
dibus de Constantin, et nous mettons en regard la traduction 
en francoys de l'auteur du Grant Herbier. 



^Emilius Macer. 
Graecus Acalephen, nos Urticam vocitamus 
Fervida non modice vis il li dicitur esse. 
Unde nec immerito nomen sumpsisse videtur 
Tacta quod exurat digitos urtica tenentis. 
Haecsolet ictericos cum vino sumptajuvare. 
Illius semen colicis cum melle medetur, 
Et tussim veterem curât si saepe bibatur. 
Frigus pulmonis pellit, ventrisquetumorem. 
Omnibus his prodest pulvis cum melle ju 

gatus, 
Aut succus viridis cum vino saepius haustus 
Gum sale de foliis ejus factum cataplasma. 
Ulceribus prodest et vulnera sordida purgat 
Et contra morsus valet hoc cataplasma ca- 

ninos, 
Hoc cancros, et parotidas, luxataque curât. 
Hocque: reformatur caro quae discessit ab 

osse 
Et solet humores hoc dessicare nocentes. 
Suivent 31 autres vers. 



Grant Herbier en francoys. 
Urtica Ortie les Grecs lap- 

pellent Acalife Elle a vertu 

moult chaulde car quant ont la 
touche elle herd et point et 
lappelle on Urtica. Elle vault 
contre jaunisse en ceste ma 
niere : soit Iherbe cuite en vin 
et quon te boive il rend la cou- 
leur merveilleusement. Contre 
toux ancienne soit cuyte la se- 
mence en eau et y soit mis du 
miel et quon le boive il garist 
la toux. Si oste la froidure du 
polmon et l'enfl eure du ventre. . 
Item les feuilles broyées avec 
sel puis mises sus ulcères ou 
playes plaines de boue ou or- 
dure ils les garissent. Le mesme 
vault contre morsure de chien 
et chancre et rejoint la chair 
séparée des os et sèche les hu- 
meurs nuysans etc., etc. 



chapitres concernant Faba, Cepa, Melo, Nux, Portulaca, Prunus, Persica 
et Urtica. 

En lisant dans le Grant Herbier les chapitres qui, par hypothèse, auraient 
été omis dans le Circa instans imprimé, nous n'avons pas reconnu la ma- 
nière didactique et aphoristique, le style concis du professeur de Salerne, 
lequel enseigne d'après sa propre expérience et celle de son père, et rie rap- 
pelle que très rarement l'opinion des auteurs de Traités de Matière médicale. 
En effet, nous n'avons trouvé dans le Circa instans que les citations suivantes : 
Constantin aux chapitres de YAloes, p. 186 B ; de la Centaurea, 193 ; du 
Chelidonion, 195 B ; de YOcimum, 204 B. — Galien, chapitre concernant la 
Cepa, 195 B, — Dioscoride, chapitre consacré au Balsamus arbor, 190 B. 



LES ANCIENS HERBARIA. 



35 



Constantin : de gradibus Liber. 

Bedigar frigidus in primo gradu me- 
diocris inter siccitatem et humidita- 
tem, et stomachum confortât, febrem 
diuturnam mitigat. Prodest contra 
spasmum qui fit ex stomachi defec- 
tione. Masticata et super morsum 
reptilium imposita, dolorem mitigat. 
Radix ejus valet contra fluxum san- 
guinis et ventris. Quae cataplasmata 
membra confortât. Unde expellit 
humores ad ea defluentes, humidum 
etiam apostema dissolvit. De cujus 
apozemate os si fuerit lotus, dolorem 
dentium amputat ; etc. 



Grant Herbier en francoys. 
Bedegart cest espie blanche — elle 
est froide au premier degré mais elle 
est moyenne entre moyte et seiche... 
Elle conforte lestomac et apaise lon- 
gues fièvres et vault contre la cheute 
des membres qui viennent de la dé- 
fection de lestomac — et sion la 
masche puis met sur morsures de 
bestes venimeuses elle apaise la dou- 
leur. Elle vault contre flux de ventre 
et quant elle est chauffée et mise sur 
les membres elle les conforte et 
reboute les humeurs courans a iceulx 
membres. Elle degaste humeurs et 
espart les apostumes moites. Si on 
lave la bouche deaue ou elle aura 
cuyt elle appaise la douleur des dens, 
etc., etc. 



Outre les chapitres dont la plus grande partie est empruntée à 
un ou à deux auteurs, il en est d'autres qui sont composés au 
moyen de phrases extraites des écrits de Dioscoride, de Galien, 
d'Avicenne, et surtout d'Isaac Ibn Amram. Il serait fastidieux de 
donner ici le détail de cette compilation bigarrée. An surplus, 
en insistant davantage, nous semblerions nous être donné la 
tâche, assurément trop facile, de démontrer à l'aide d'un grand 
luxe de preuves que l'auteur de Y Herbarium latin et son com- 
plice, le traducteur francoys, ne se sont pas trompés eux-mêmes 
ou n'ont pas voulu tromper leurs lecteurs, quand ils ont déclaré 
que leur livre est une compilation extraite des ouvrages des 
médecins grecs, latins, arabes et salernitains. 

La reproduction, au commencement de Y Herbarium latin et 
du Grant Herbier, du prologue du Liber desimplici medicina 
de Platearius, ne tire pas à conséquence, car un compilateur 
qui, de son aveu, emprunte à un auteur deux cent soixante- 
quatre chapitres ou paragraphes, ne doit pas se faire scrupule 
de lui emprunter aussi la préface, lorsqu'elle lui semble parfai- 
tement convenir à son Herbarium ou Traité des Simples. 

Le texte complet du Circa instans du célèbre maître de 
Salerne est encore a trouver. Toutefois, suivant nous, la décou- 
verte de Y Herbarium de Bartolomeo Mino, dont nous ne 
connaissions jusqu'à ce jour que la traduction en francoys a une 



36 LES ANCIENS HERBARIÀ. 

importance considérable pour l'histoire de la Botanique et fait 
le plus grand honneur au savant professeur de Modène qui a su 
montrer fort habilement la corrélation de cet ouvrage avec le 
Traité des Simples de Platearias. 

Nous sera-t-il permis d'exprimer un regret? M. J. Camus n'a 
publié que des fragments des deux Codex de la Biblioteca 
Estense. Or, on sait quel sort est réservé aux manuscrits. On ne 
connaîtra jamais le nombre de ceux qui, avant l'invention de 
l'imprimerie, ont été détruits par la main des hommes, par l'in- 
cendie, par les ravages des insectes et par les diverses causes de 
détérioration qui s'accumulent avec le temps. Tempus edax 
rerum, disait avec raison le poète Ovide. Parlerons -nous des 
voleurs ? Ils ne sont pas rares parmi les collectionneurs de 
livres précieux (cette race est sans pitié) ; on a même vu des 
inspecteurs de bibliothèques dérober des manuscrits et des incu- 
nables, pour les vendre à quelque riche Anglais. Plus redou- 
tables encore sont les emprunteurs négligents qui meurent 
avant d'avoir restitué les livres et les manuscrits qu'on leur 
avait confiés. Après leur mort, les paperasses sont données à la 
cuisinière pour allumer le feu ; les livres sont vendus aux bou- 
quinistes. Qu'est devenu le Grant Herbier manuscrit de Kœ- 
nigsberg? 

Il importe donc de sauver de la destruction YHerbarium 
latin de Bartolomeo Mino, et de l'imprimer en y ajoutant les 
variantes du manuscrit de Breslau. Plusieurs exemplaires du 
Grant Herbier en francoyi existent encore dans les biblio- 
thèques, mais Y Herbarium latin est inédit. Les Herbaria de 
Mayence (1484), de Passau (1485-86), de Vicence (1481) et plu- 
sieurs autres, qui d'ailleurs sont fort rares dans les biblio- 
thèques publiques, appartiennent à un autre type. 

L'Académie des sciences de Modène ne voudra pas sans doute 
laisser à d'autres sociétés savantes l'honneur de publier un des 
documents les plus importants de la littérature scientifique du 
XV e siècle. Elle nous a déjà donné l'excellent commentaire du 
professeur J. Camus sur YHerbarium de Bartolomeo Mino. 
Nos convoitises sont excitées, nous voulons YHerbarium lui- 
même. 



LES ANCIENS HEBBÂBIÂ. 37 

IV 

Nous allons maintenant passer à un autre groupe à'Herbaria 
plus anciens, et dont celui d'Apuleius Platonicus est en quelque 
sorte le prototype. Ce médecin, qu'il ne faut pas confondre avec 
le célèbre auteur de Y Ane d'Or, a composé au IV e siècle de 
notre ère un traité intitulé De virtutibus herbarum en cent 
trente chapitres, dont chacun contient la description d'une 
plante et l'indication de ses propriétés médicinales, des divers 
noms qu'elle a reçus et du pays où elle croît (1). Dans un tableau 
placé plus loin, on pourra lire rénumération des espèces végé- 
tales décrites dans cet ouvrage (lettre A). Le Traité des vertus 
des plantes était souvent appelé Herbarius et était, dans ce cas, 
orné de dessins coloriés, à l'imitation de Y Herbarium du mé- 
decin grec Crataevas, dont Pline a parlé (XXV, 4 ; édit. Littré), 
Sprengel dit que Vossius possédait dans sa bibliothèque un 
exemplaire orné de figures de Y Herbarium d'Apuleius Platonicus 
copié au XI e siècle. Plus tard, à une époque qu'il est impossible 
de préciser, fut composé un autre Herbarium (ou Herbarius) 
qui semble être une édition augmentée de celui d'Apuleius. 
Nous ne le connaissons que par les citations qui en ont été 
faites dans le Spéculum naturale de Vincent de Beauvais et 
dans YOrtus sanitatis à propos de plusieurs plantes et notam- 
ment de Anchusa, Basilica, Capillus Veneris, Cerefblium, 
Chamaelea, Conyza minor, Lacterides, Lactuca leporina, 
Mandragora, Mille folium, Phlomos, Nepeta, Origanum, 
Salvia, Senecio, Serpyllum, Tribulosa, Verbascum. Nous 
avons constaté que le texte des paragraphes cités est conforme à 
celui du livre d'Apuleius, à l'exception de trois paragraphes qui 
manquent dans ce dernier et ont été empruntés à la Matière 
médicale de Dioscoride. 

La même remarque a été faite par le professeur Piero Giacosa 
à propos d'un Herbarium manuscrit, qui est catalogué sous le 
titre de Ricettario (n° 87) dans l'inventaire de la bibliothèque 



(1) Il a été imprimé sous le titre d' Herbarium Apuleii Platonici ad 
Marcum Agrippam eu 1493 à Rome, puis sous celui de De virtutibus her- 
barum eu 1528 et 1543 à Paris, eu 1528 et 1532 à Bâle, eu 1533 à Strasbourg, 
en 1537 à Zurich, enfin eu 1788 à Nuremberg. Il a été aussi imprimé eu 1547 
par un des Aides de Venise dans le recueil intitulé Medici antiqui. 



38 LES ANCIENS HERBARIÀ. 

du Chapitre d'Ivrée (1). Use compose de dix-neuf feuillets écrits 
sur deux colonnes et comprend dix-sept chapitres dont chacun 
porte au commencement un titre indiquant la spécialité théra- 
peutique à laquelle se rapportent les Simples qui y sont décrits. 
Ceux-ci, au nombre de cent cinquante-deux, sont la plupart 
d'origine végétale ; neuf seulement appartiennent au règne 
minéral et trente-huit sont tirés des animaux, comme, par 
exemple, les diverses sortes de graisse, de chair, de bile et de 
sang (2). 

Il est digne de remarque que des noms de plantes sont énu- 
mérés dans la table, suivant l'ordre adopté par Apuleius Plato- 
nicus et que vingt-huit chapitres ont été copiés dans le traité 
De virtutibus herbarum de ce médecin. Le compilateur a aussi 
fait quelques emprunts à un Herbarium en vers latins hexa- 
mètres, composé vers la fin du IX e siècle par iEmilius Macer, et 
souvent cité par tous les auteurs qui ont disserté sur la Matière 
médicale (3), Le poème De virtutibus herbarum de Macer mérite 
assurément la faveur dont il a joui auprès des médecins ; ce 
n'est pas une de ces amplifications où l'auteur, sacrifiant le 
fond à la forme, s'est surtout appliqué à montrer son talent de 
versificateur, comme c'est le cas de Walafridus Strabus et 
d'iEgidius Corbolensis. Nous avons fait en français une traduc- 



(1) A la même bibliothèque se trouve un autre manuscrit (n° 92) conte- 
tenant un catalogue de remèdes. 

(2) Un Ricettario del secololLl esistente nelV Archivio capitolare d^Ivrea, 
Notizie del professore Piero Giacosa in Memorie délia R. Academia délie 
scienze di Torino, p. 643, t. XXXVII, 1886. 

(3) /Emilius Macer n'est pas le premier médecin qui ait eu l'idée de chanter 
en vers les vertus des plantes. Un autre médecin, portant le même nom, 
avait déjà écrit un ouvrage de même genre. C'est de lui qu'Ovide avait dit : 
a Souvent le vieux Macer me lut ses Oiseaux et son Livre des Serpents veni- 
meux où il fait connaître les Simples qui combattent les effets de la morsure 
de ces animaux». (Trist. IV, X, 44). Nicandros de Colophon avait aussi 
composé sur le même sujet deux poèmes en vers grecs, les Theriaca et les 
Alexipharmaca (Voyez collection des Poetae didactici et bucolici publiée 
par Didot, Paris, 1846). 

Choulant a donné une bonne édition avec notes du poème d'Emile Macer 
et de plusieurs autres poèmes similaires de "Walafridus Strabus, d'Otho Cre- 
monensis et de Joannes Folcz (Leipzig, 1832). L'ouvrage de Macer a aussi été 
inséré dans la collection imprimée en 1547 à Venise par les Aides, sous le 
titre de Medici antiqui. Dans le même recueil se trouvent encore le susdit 
poème de Walafridus Strabus, le Traité de virtutibus herbarum d' Apuleius 
Platonicus, les Traités de medicamentis de Marcellus Empiricus et de Scri- 
bonius Largus, la Médecine de Celse, la partie botanique de l' Histoire natu- 
relle de Pline et enfin divers traités de médecine de Caelius Aurelianus. de 
Theodorus Priscianus et de quelques autres auteurs dont les œuvres ne se 
rapportent pas directement à notre sujet. 



LES ANCIENS HERBARIA. 39 

tion libre de quelques chapitres de Y Herharium de Macer, et 
nous pouvons assurer qu'après la suppression des chevilles ser- 
vant à l'assemblage des pièces de l'édifice poétique, nous avons 
obtenu un Traité de botanique médicinale qui n'est point in- 
férieur aux autres ouvrages de Matière médicale écrits au XIII e 
et au XIV e siècle. Nous connaissons plusieurs pièces de vers, et 
des plus vantées, qui ne résistent pas aussi bien à cette épreuve : 
dépouillées de la mesure, de la cadence rimée, des mots sonores 
et de tout l'appareil extérieur du langage des Dieux, il ne reste 
rien. C'est une musique sans idée : sunt verba et voces, praete- 
reaque nihil. 

h' Herharium, ou traité de virtutibus herbarum de Macer se 
compose de soixante-dix-sept chapitres dont chacun est con- 
sacré à la description d'une plante. Le nombre total des vers 
s'élève à deux mille deux cent soixante-huit. UHortu lus de 
Walafrid Strabon ne contient que quatre cent quarante-trois 
vers hexamètres répartis en vingt-cinq chapitres. Dans le 
tableau suivant nous présentons Ténumération des plantes 
décrites dans les Herbaria d'Apuleius Platonicus (A), de Macer 
(M), de Walafrid Strabon (S), et dans le Ricettario d'Ivrée(R). 

Absinthium ponticum A M S Balsamum R 

Absinthium marinum A Barba Jovis R 

Abrotonon M S Bardana major et minor. . R 

Acetum R Batrachion . . A 

Acoros A Beta R 

Agaricus R Betonica A M S 

Agrimonia A SR Borago M 

Allium vel Scorodon M Boletus. R 

Aloe M R Brassica sativa seu Caulis. M 

Althaea vel Hibiscus A M Br. silvestris seu Crambe., A 

Ambrosia S Brathys vel Sabina A M R 

Ammoniacum gummi R Britannica A 

Anesum R Bryonia, Vitis alba, seu 

Anethum A M Uva taminia A 

Antirrhinon seu Gynoce- Buglossa A M 

phalon A Callitrichon vel Poly tri- 

Apium AMSR chon A 

Aristolochia AM R Camphora ......... R 

Artemisia AM Canna R 

Art. leptophyllos. , A Cannabis sativa A 

Art. tagetes A Cann. althaeoides A 

Arnoglossa vel Plantage . A M R Carduus silvestris A R 

Asarum. M R Cassia .. R 

Asparagus agrestis A Celtica cortix. R 

Aster A Centaurion majus et minus A M R 

Asphodelus seu Hastula Cepa M 

regia A Cerefolium seu Paederota. . A M S 

Atriplex seu Atraphaxis. . M Chamaeleon A R 

Avena silvestris R Chamaepitys A 



40 



LES ANCIENS HERBA RIA. 



Chamaedrys A M 

Chamaedaphne A 

Chamaemelum seu Chamo- 

milla A M 

Ghelidonion M R 

Gicuta M R 

Cinnamon M R 

Colubrina vel Dragontea. . A M 

Gomaros seu Fragus A 

Coriandrum vel Corion ... A M R 
Costus rubens et subalbus. M 
Cotylédon seu Umbilicus 

Veneris A 

Crocus .... R 

Crisios herba A 

Cucurbita S 

Cyclaminos . A 

Gyminum M R 

Cynoglosson A 

Cyperus , . . M 

Cryas ... A 

Dactylus R 

Dictamnus A 

Ebulus vel Chamaeacte . . . A R 

Echium seu Viperina A 

Elaterium vel Cucumis sil- 

vestris A 

Eruea M 

Eriphium seu Ruta agrestis A 

Esula A 

Faba ■ R 

Filicina seu Radiola herba A 
Foeniculum vel Marathron A M S R 

Foeuum graecum R 

Frumentum R 

Farina R 

Fraxinus R 

Galanga M 

Gallicrus herba A 

Garyophyllum M R 

Gentiana. . A 

Gladiolus S 

Glycyrrhiza vel Liquiritia. R 

Hedera nigra seu Cissos 

mêlas A R 

Hed. chrysocanthos A 

Heliotropion vel Solago 

major A 

Hel. vel Solago minor. ... A 
Helleborus albus et niger.. M 

Hieribulbus A 

Heptaphyllon A 

Helichryson seu Basilica 

herba A 

Hippuris vel Equisetum.. . A 
Hyoscyamus vel Jusquia- 

mus A M 

Hippoglosson seu Daphne 
Alexandrina A 



Hyssopus M R 

Inula campana ve] Hele- 

nium AM R 

Iris illyrica M R 

Isatis A 

Ischas vulgo Gaisda M 

Lactuca sativa A 

Lact. silvestris AM R 

Lact. leporina A 

Lagopus A 

Larix R 

Lathyris vel Chamaelea... A 
Lapathum vel Rumex vulgo 

Paratella A M 

Laurus R 

Leontopodion A 

Libanum R 

Ligusticum , M S 

Linum R 

Lilium, Lirion vel Crinon. A M S 

Lolium M 

Lupinus vel Thermos A 

Malva silvestris A M 

Mandragora R 

MaurelJa seu Strydinos. . . M 
Marrubium vel Prasion. . . A M S R 

Mastix R 

Mel R 

Melilotus R 

Mentha sativa seu Hedyos- 

mos A M S R 

Mentha silvestris A 

Mercurialis sive Linozostis A 

Millefolium A R 

Moly A 

Narcissus vel Bulbus eme 

ticus A 

Nasturtium sive Gardamon A M 
Nepeta velMentastrum sive 

Calamentha AMSR 

Nux R 

Nymphaea A 

Ocimum A 

Œnanthe A 

Oleum R 

Opium R 

Origanon A M 

Ostriago A 

Oxylapathon A 

Papaver somniferum M S R 

Pap. silvestre vel Rhoeas. . A M 
Pap. aphrodes sive Hera- 

clios A 

Pap. ceratites vel Mecon 

ceratites A 

Paeonia A M 

Pastinaca sativa A M R 

Past. silvestris sive Sta- 
phylinos A M 



LES ANCIENS HEIIBARIA. 



41 



Parietaria seu Helxine vel 

Perdicalis herba A 

Pentaphyllcm seu Quinque- 

folium A i 

Persica r 

Personata vel Prosopis... A 

Petroselinoii A R 

Peganon seu Ruta montana A 

Peucedanon A 

Piper album , lougum et 

nigrum M R 

Pix R 

Polion A 

Porrum vel Prason M R 

Polypodium R 

Prunus R 

Portulaca vel Andrachne. . A M 
Polygonon seu Sanguinaria A 

Pulegium AMS R 

Pyrethrum M 

Quercus R 

Raphanus S R 

Reu ponticum R 

Rosa M S R 

Rubus vel Batos A 

Ruta hortensis AMSR 

Sambucus R 

Satyrion vel Cynosorchis.. A 
Saxifraga seu Adianton 

nigrum. A 

Salvia sive Elelisphacos . . AMS 

Satureia vel Thymbra M 

Scelerata herba seu Apium 

risus A 



Scilla sive Pancration 

Sclarea 

Sempervivum vel Aizoon.. 

Senecio sive Erigeron 

Serpyllum 

Sinapis 

Sisymbrion 

Smyrnion vel Olus atrum. 
Spica Nardi vel Nardus in- 

dica 

Splenion 

Struthium vulgo Ostru- 

thium 

Strychnos manicos sive 

Apollinaris herba 

Symphytum seu Consolida 

major 

Thus 



A M 
M 
A M 
M 
A 
A 



M 



Tithymalus 1° Characias, 
2° Amygdaloides 

— 3° Helioscopios, 4° Myr- 
sinites, 5° Paralios 

— 6« Cyparissias, 7° Den- 
drodes, 8° platyphyllos. 

Tragacantha. 

Urtica vel Acalephe 

Verbena seu Hierobotane 

vel Peristereon 

Viola. 

Xiphium 

Zedoar 

Zinziber 



M 



M 

AM 
M 

A 
M 
M 



R 



M R 



R 



R 



R 



Explicit historia veterum herbariorum ex Dioscoride, Ga- 
lène... Cy finist l'histoire des anciens herbiers extraicts de 
plusieurs traictez de médecine, comme de Ypocras, Dioscoride, 
Galien, Apulée Plato, Macer, Avicenne, Razis, Isaac, Coustantin 
et Plataire. 

Dans la présente étude, nous nous sommes efforcé de faire 
abstraction des connaissances actuelles en Botanique et de nous 
reporter par la pensée au temps où vivaient les auteurs des 
Herbaria dont nous avons écrit l'histoire. En effet, quiconque' 
veut tracer le tableau du mouvement scientifique dans les 
temps passés doit en quelque sorte s'illusionner au point de 
croire qu'il a été le contemporain des hommes dont il étudie 
les ouvrages ; c'est ainsi qu'il acquiert le sentiment archéolo- 
gique sans lequel l'histoire des œuvres de l'esprit humain est 
absolument inintelligible. C'est surtout lorsqu'on veut juger 
les œuvres scientifiques qu'il importe de se placer au point de 



42 LES ANCIENS HERBARIA. 

vue chranoscopique, car, dans le domaine illimité des sciences 
d'observation, chaque siècle ajoute de nouvelles conquêtes à 
celles des siècles précédents. Cette nécessité de l'adaptation 
synchronique de notre vue est assurément moins impérieuse 
quand il s'agit d'apprécier les productions artistiques et litté- 
raires, parce que les formes du beau étant peu nombreuses, les 
inventions esthétiques ne sont pas destinées à faire de grands 
progrès dans la suite des âges. Sans doute, grand serait le désap- 
pointement de celui de nos lecteurs qui, dépourvu du sentiment 
archéologique dont nous avons parlé, aurait la curiosité de con- 
trôler nos assertions en parcourant les écrits de Dioscoride, de 
Pline, de Galien, d'Apulée, deMacer, d'Avicenne, de Mesue, de 
Sérapion et du Maître salernitain dont nous avons fait si grand 
bruit. Etait-ce bien la peine, dirait-il, devenir nous conter la 
longue et ennuyeuse histoire de revenants si peu dignes d'in- 
térêt ? Certainement, l'auteur de cette élucubration, sans profit 
pour l'avancement delà science, est un de ces naïfs louangeurs 
du temps passé, Laudator temporis acti, ou un pédant dont le 
seul but a été de faire étalage de son érudition et de montrer 
qu'il sait lire couramment le latin et qu'il balbutie le grec. 

En premier lieu, il convient de remarquer que le rôle de 
l'historien n'est pas « de faire avancer la science » ; mais bien 
de constater ses progrès, de sorte qu'il serait souverainement 
injuste de demander à la critique historique d'autres enseigne- 
ments que ceux qu'elle comporte. Secondement, personne au- 
jourd'hui n'oserait dire ave3 Buffon que « Y Histoire des animaux 
d'Aristote est peut-être ce que nous avons de mieux fait en ce 
genre ». Actuellement il ne viendrait à la pensée d'aucun 
savant de comparer nos connaissances en Physique, en Chimie, 
en Zoologie, en Botanique et en Médecine avec celles de nos 
prédécesseurs dans les siècles passés. Même en ce qui concerne 
la Littérature et les Beaux-Arts, on ne s'occupe plus, depuis 
Voltaire, de la question de « prééminence entre les anciens et 
les modernes », si vivement discutée par Desmarest, Perrault, 
Fontenelle, Boileau, Racine, Madame Dacier, Saint-Evremond 
etFénelon. Ces comparaisons boiteuses sont tout à fait démodées 
maintenant, du moins sous la forme trop générale qu'on leur 
donnait autrefois. Les professeurs expérimentés se bornent à 
exercer leurs élèves à établir des rapprochements entre les com- 
positions faites sur le même sujet comme, par exemple, l'Iphi- 



LES ANCIENS HE UB ARIA. 43 

génie d'Euripide et l'Iphigénie de Bacine, ou un apologue traité 
successivement par Esope, Phèdre et La Fontaine. 

Au contraire, les ouvrages scientifiques composés à diverses 
époques ne sauraient être mis en parallèle. Jamais personne ne 
s'avisera de comparer la description d'une espèce végétale dans 
les anciens Herbaria, amalgames de Botanique et de Médecine, 
avec la diagnose si détaillée et si précise de l'un des habiles 
Aoristes du temps actuel, non plus que les notions de Physiolo- 
gie végétale contenues dans Y Histoire des plantes de Théo- 
phraste avec celles des maîtres, nos contemporains. Est-ce à 
dire qu'il faille laisser dans un méprisant oubli les tâtonnements 
de la science phytolog'ique durant la longue période d'enfance, 
c'est-à-dire jusqu'à la fin du XVP siècle? Nous ne le pensons 
pas et nous tenons pour certain que l'histoire des anciens Her- 
baria fournit un enseignement qui n'est point à dédaigner. En 
effet, il n'est pas sans utilité pour la direction ultérieure de nos 
études de rechercher pourquoi, pendant une durée de près 
de 2000 ans, depuis Théophraste et Dioscoride jusqu'à la pléiade 
des phytologues du XVP siècle (Brunfels, Tragus, Euel, Fuchs, 
Matthiole, Valerius Cordus, Gesner, Dodoens, Lobel, de l'Ecluse 
et Dalechamps), la Botanique n'a pas fait de progrès notable, 
si ce n'est en ce qui concerne l'accroissement du nombre des 
plantes connues. Certes, les hommes de génie n'ont pas manqué 
pendant cette longue période. Quel événement, quelle décou- 
verte a donc révolutionné notre science vers la fin du 
XVP siècle ? 

En 1583 fut imprimé à Florence un livre intitulé De plantis 
libri XVI. 

L'auteur considérant que le nombre des plantes connues a été 
considérablement augmenté à la suite des observations faites 
dans les Indes orientales et occidentales par plusieurs voyageurs, 
et notamment par Garcia, Acosta et Monardes, déclare qu'il est 
absolument indispensable de classer les végétaux d'après leurs 
affinités naturelles et de renoncer aux arrangements arbitraires 
et artificiels, par ordre alphabétique des noms ou par catégories 
médicamenteuses, dont on s'est contenté jusqu'à ce jour. Après 
avoir nettement défini les espèces, il importe de grouper celles- 
ci en genres et les genres en classes, d'après la considération des 
ressemblances et des différences, la seule qui soit vraiment 
scientifique. Par conséquent, puisque les caractères organiques 



44 LES ANCIENS HERBARIA- 

sont la base d'une classification bien ordonnée, l'organographie 
végétale est le prélude nécessaire d'un traité de Botanique, ainsi 
que l'avait bien compris Théophraste. 

Dépourvues de la faculté de sentir et de se mouvoir, les 
plantes ont une struature beaucoup plus simple que les ani- 
maux. Toutefois, bien qu'elles n'aient pas, comme ceux-ci, des 
nerfs, des muscles, des viscères, un cœur, des artères et des 
veines, elles ont cependant des canaux, particulièrement déve- 
loppés entre l'écorce et le bois, à travers lesquels circulent les 
sucs nutritifs puisés dans le sol et dans l'air; puis des tissus 
constituant les racines, la tige et les feuilles; enfin, un appareil 
propre à la reproduction de l'espèce, c'est-à-dire des fleurs et des 
graines, Pourtant, il en est comme les Champignons, les 
Lichens, les Algues marines, les Mousses et les Fougères qui 
n'ont ni fleurs, ni fruits. Chez celles-ci existent, à la face infé- 
rieure des feuilles, des corpuscules qui remplissent le même rôle 
que les graines. Dans les Equiseta, ces corpuscules occupent 
le sommet de la tige. 

Dans la fleur et dans la graine il faut distinguer une partie 
accessoire servant d'enveloppe et une partie principale. L'enve- 
loppe des fleurs simple ou double, verte ou colorée, tantôt tombe 
après l'anthèse, tantôt persiste autour du fruit. La partie essen- 
tielle se compose des Flocci (étamines au sens moderne) et des 
Stamina (pistil). Les Flocci portent au sommet de leurs fila- 
ments des corpuscules (anthères) contenant une poussière qui 
sert à féconder les Stamina. La partie accessoire des fruits est le 
péricarpe ; la partie principale est le germe (embryon) entouré 
d'une amande. Dans quelques fruits, comme, par exemple, 
dans ceux du Pin, du Sapin et des autres Conifères, la graine 
est nue (Gymnosperme). 

La logique veut que dans l'établissement des groupes de 
l'ordre le plus élevé, c'est-à-dire des Classes, on s'appuie sur les 
caractères organiques les plus importants et, par conséquent, 
sur la forme, le nombre et la position des graines. Les caractères 
tirés des organes accessoires, tiges, feuilles, enveloppes florales 
serviront à la constitution des genres. 

Enfin restera une dernière classe, celle des Fougères, des 
Mousses, des Lichens, des Algues et des Champignons dont le 
caractère propre est de n'avoir ni fleurs, ni fruits. 

Telle est la donnée fondamentale du Traité des plantes de 



LES ANCIENS HERBARTA. 45 

Césalpin, l'héritier direct de Théophraste, le père de la Bota- 
nique moderne. Désormais est close la période de ces Herbaria 
qui, tous, étaient une paraphrase de la Matière médicale de 
Dioscoride et le résumé de la Médecine de Galien. La Botanique 
a conquis définitivement son autonomie ; les plantes sont étu- 
diées pour elles-mêmes et indépendamment de l'utilité qu'on 
peut en retirer pour la préparation des ptisanes et des clystères. 

Quoi ! il a fallu que l'humanité attende jusqu'à l'année 1583 
de l'ère chrétienne pour être en possession de vérités si simples ! 

C'est ce que démontre notre Histoire des anciens Herbaria. 



I-yon, Association typographique, rue de la Barve,12. — F. Plan, directeur. 



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ED IN PAETICOLAEE 



DEI RIOETTARf FIORENTINI 



MEMORIA 



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MILANO 

FRATELLI RECHIEDEI EDITORI 



1S87 



Estratto dagli Annali Universali di Medicina, Vol. 279, Anno 1887. 



Ora che sta per pubblicarsi la nuova Farmacopea italiana 
non sarà maie sapere ciô che venne fatto in proposito dagli avi 
nostri : è uno studio nuovo, e che ben si collega con la storia 
délia medicina e délia farmacia. 



Il Biceitario âorentino è senza dubbio la prima pulblica far- 
macopea, quale oggi l'intendiamo, un libro cioè , che scritto per 
ordine deile Autorità e da esse con le débite sanzioni ratificato, 
indichi i medicamenti da tenersi nelle officine farmaceutiche, e 
ordini le regole da seguirsi nel prepararli , formando cosi una 
specie di Codice , che mentre tutela la salute pubblica serve di 
guida ai medici ed ai farmacisti. Non già che gli antichi non si 
accordassero nella composizione de' medicamenti : erano dessi 
forse più concordi che noi, dopo tanti Congressi internazionali 
per mettere insieme la Farmacopea universale ; gli antidotarj di 
Mesue e dei due Niccolô (il Salernitano e T Alessandrino ) ne 
tenevano le veci. siccome quelli che avevano attinto aile mede- 
sime fonti aile opère di Dioscoride e di Galeno , di Serapione e 
di Avicenna, che è quanto dire dei maggiori maestri délia scienza 
medica contro i quali non era lecito alzare la voce ; e nes- 
suno osava zittire. Anzi troviamo che taluno di quegli antido- 
tarj veniva adottato corne ufficiale e quindi con l'obbligo di os- 
servarne la contenenza (1) ; ma era sempre Topera altrui, Topera 



(1) La Facoltà medica di Parigi verso il 1300 faceva suo il Auva^pov 
di Niccolo Mirepso o d'Alessandria (Haeser « Lehrbuch der Geschichte 
der Medicin. > Jena, 1875, I, 849 ) ; ad Heidelberg invece, giusta Tordi- 



d'un privato , che veniva accettata , imposta o raccomandata ; e 
perô quegli Antidotarù', erano non più che i precursori dell' o- 
dierno Codex medicamentarius : tali nell'effetto, non ne avevano 
l'origine, non essendo sorti per ordine pubblico. Invece l'una e 
Faltra qualità erano nel Ricettario fiorentino ; componevaio il 
Collegio de'Medici ad istanza dei Consoli dell' Università degli 
speziali e per pubblico coramodo. Bene disse pertanto Alberto 
Hailer quando scrisse , a proposito del Ricettario suddetto • 
Primum , quantum reperi , dispensarium (1). Ma ei non vide il 
volume; si côntentô di citarlo prendendone il titolo dal Mait- 
taire, ed abbreviato lo riferiva inesattamente (2). Il P. Audiffredi 
invece lo esponeva per intero, e di più descriveva con la con- 
sueta sua diligenza e precisione l'esemplare, che potè vedere fra 
i libri del Canonico Devoti (3). 

Nvovo (4) Receptario composto dal 

Famosissimo Chollegio degli 

eximii doctori della ar 

te et Medicina del 

LA INCLITA ClP 

TA DI FlREN 

ZE 

In fine. 

Impkesso Nella inclyta Ciptà di Firenze per la compagnia 
del Dragho adi XXI di Genaio mcccclxxxxviii 
ad instantia delli Signori Chonsoli délia uni- 
versità delli spetiali : El segno délia qua 
le si pone in questa présente 
charta (5) 



nanza del 1471, gli Speziali dovevano seguire PAntidotario salernitano 
e quando alcun medicamento in questo non si trovasse, era loro pre- 
scritto d'attenersi airaltro di Avicenna o d'Arnaldo di Villanova [Fin- 
ckiger F. A. « Die Franckfurter Liste, ecc. » Halle, 1873, p. 48). 

(1) Hailer Âïb. «Bibliotheca Botanica », 1, 244. 

(2) Ricettario di dottori deirarte e di medicina del Collegio Fioren- 
tino air instantia delli Signori Consoli délia Università degli Speciali. 
Firenze 1498. 

(3) Audiffredi Jo. Bapt. «Spécimen historico-criticum Editionum Ita- 
licarum Saeculi XV. > Romae, 1794, p. 368. 

(4) L'Audiffredi mette novo. 

(5) Il segno di eûi si accenna è Tefdgie délia Madonna che stringesi al 
seno il bambino Gesù, con sotto, in un quadretto più piccolo, un drago 



11 volume è rarissimo : e come prezioso cimelio lo serba la 
Ciblioteca nazionale centrale di Firenze: ed è appunto i' esem- 
plare di essa, che mi fu dato di poter comodamente consultare, 
onde che ho potuto rilevare la singolarità , non avvertita dal- 
l'accuratissimo Audiffredi, che le carte ne dovevano essere nu- 
merate, tanto che la tavola, che segue al frontespizio, porta taie 
numerazione in cifre romane, la quale poi venne ommessa non 
si sa perché, ma certo con grande scomodo di chi aveva da ser- 
virsi d' un libro di si fréquente uso. Naturalmente si dovè 
supplire ai difetto segnando i numeri a mano , come vedesi nel 
predetto esemplare : è pure da notare che la numerazione délia 
tavola è giusta , come per vari riscontri ho potuto verifîcare , 
e giunge precisamente alla carta lxxxyii. 

Quantunque il Bicettario si dica nuovo, altra stampa non v'ha 
anteriore a questa del 1498 , e del tutto supposta , come mi ac- 
certava l'egregio Sig. Cav. Chilovi Prefetto di quella Biblioteca, 
è Tedizione del 1490 : non è registrata di fatti dal suliodato Au- 
diffredi ne da altri bibliograO in fuori del Moreni , lo Hain poi 
non segna neppure quella del 98; la quale dunque resta prima 
rispetto aile successive ristampe, ed unica rispetto ai quattro- 
cento. 

Ma veniamo al contenuto , e innanzi tutto rechiamo per 
intero il Prohemio, che espone la ragione e la nécessita del libro. 



alato ed a piedi le lettere A. M. A. — Il volume in folio piccolo è 
stampato con caratteri romani bene scolpiti , con le segnature, a due 
colonne, in fuori délia seconda carta nella quale in linee intere stanno 
il Proemio e la divisione dell' opéra; la prima carta nel retto ha il 
frontespizio suddetto, nel verso è vuota: i fogli non banno numera- 
zione, bensi queste segnature: Ai, ii, iii, Bi, ii, iii, Ci, ii, iii; ai, ii , 

iii, Ii, ii, iii: Tultima carta del foglio C e del foglio l (cioè la 

18. a e la 88.*) sono bianche da ambe le faccie. L'Audiffredi vi conto 
per 86 le carte (folio), mentre realmente sono 88; ma forse 1' esem- 
plare da lui esaminato era privo délie suddette due carte bianche, 
onde che egli ebbe a soggiungere che nel volume desunt custodes , 
quando veramente taie ultima carta fa da riguardo. Sono bianche poi 
nel verso le carte 30, 77, 79: la colonna intera è di 40 linee. — Veg- 
gasi anche la descrizione che ne porge il Fossi (Catal. Cod. Saec. XV- 
Florentiae 1795, III, 134, Append.): lo spazio che esso avverte vuoto 
nel principio del Proemio per ornarvi la lettera iniziale, nelfesem- 
plare che ho dinanzi ô riempito da un brutto rabesco a mano di colore 
violetto e rosso. 



6 

« Considerando noi doctori dell'artë et di medicina del famosissimo 
« Collegio Fiorentino Spectabili S. Consoli in quanti pericoli gFinfermi 
« nella cipta nostra incorrono , et quanti errori e nostri Spetiali | si 
« nella cipta | si nel contado existent!, per la diversità delli receptatii 
« {leggi receptarii) commettino : li quali flno al présente di circha la 
« preparatione ed electione | et conseruatione | et compositione di tutti 
« e lactouarii | semplici | et composti a decti Spetiali necessarii, hanno 
« usati: onde molta infamia ne seguita alli medici in quella practi- 
« canti: Volendo adunque a tali inconuenienti et pericoli di in fer mi et 
« infamia a medici falsamente data: iuxta el potere nostro con più 
« honoreuole et più laudabile et miglior modo riparare et obuiare: 
« Essendo coadunati tutti insième nella nostra solita residentia si per 
« conforto délie S. V. si anco per la utilita comune et publica: la quale 
« più è degna délia privatai sperando nondimeno el decto di Platon© 
« doversi veriflcare : cioè | Non esser libro alcuno possa schifare di 
« non essere ripreso i o per essere troppo breue et obschuro o per 
« essere troppo lungho et fastidioso: pur seruando la uia del mezo ci è 
« paruto a tutti di uno volere, essere necessario componere uno nuovo 
« riceptario | non passando | ne aggiugnendo: immo seguendo 1 ordine 
« di Mesue | Niccholao | Auicenna j Galeno | Lalmansore I e tutti gfi 
« auctori | li quali hanno scripto sotto brevità : non per questo la- 
« sciando le chose necessarie ; ma le cose superflue resecando | et po- 
« nendo in epso tutte le ricepte emendate dalli errori | et cosi tutte 
« le cose dalli medici in decta cipta familiarmente et canonicamente 
« practicanti | solite ordinarsi : secondo el quale e uostri Spetiali non 
« solamente in decta cipta: ma in tutto el contado et distrecto uostro 
« habbino le loro preparatione | electione | compositione et preserua- 
« tione fare et obseruare : Le quali cose se con fede I amore | studio 
« et diligentia delli decti Spetiali saranno obseruuate | non solamente 
« gli Spetiali senza alcuno errore I opéra loro: ma ancora e medici el 
« magisterio indubitantemente exercitare potranno; et appresso a dio 
« premio et retributione grande ne conseguiteranno : Valete. 

« Diuideremo adunque questa nostra opéra in tre libri. Nel primo 
« porremo tutte le cose necessarie circha la electione | preparatione 
« et conseruatione di tutti li semplici. Nel secodo porremo tutti e lac- 
« touari amari et dolci| sciroppil pillole | trocisci| etc., et le loro com- 
« positioni. Nel terzo porremo alcuni canoni circha la preparatione f 
« compositione | electione I et preservatione necessarii. Et nel primo 
« libro porremo dodici doctrine. Nel secondo libro porremo distinctio- 
« ni XVIII. Nel terzo libro saranno più preparatione j incineratione r 
« | trituratione | st lavatione ». 

Da questo Proemio rileviamo subito corne allora corressero 
parecchi ricettari, i quali con la loro diversità erano cagioni di 
errori nella composizione de' medicamenti e quindi di pericolo 



agl'infermi : Tarte degli Speziali di Firenze ad evitare si grave 
sconcio, volgevasi per mezzô de'suoi Consoli al Collegio de'Me- 
dici pregandolo di compiiare un nuovo ricettario che potesse ser- 
vire con pari sicurezza all'esercizio délia farmacia e délia me- 
dicina (1). Accettava il Collegio l'invito perché a lui pure pre- 
meva di torre tanti inconvénient^ i quali, oltre che nuocere agli 
infermi, offendevano la fama de'medici praticanti : e perô mentre 
esso era lieto di poter appagare il desiderio de'colleghi, compia- 
cevasi di far cosa valevole per la utilità comune e pubblica, la 
quale è più degna délia privata. In questa compilazione gli Au- 
tori proponevansi di non essere per soverchia succintezza oscuri, 
ne stucchevoli per prolissità; e perô volendo battere si fatta via 
di mezzo sfrondavano le cose superflue e non ritenevano che le 
cose a parer loro necessarie ; ammettevano tutte le ricette emen- 
date dagli errori e le altre cose solite ad ordinarsi dai medici che 
canonicaraente, cioè legalmente, esercitavano Tarte nella città: ma 
in tutto questo non si dipartivano da ciô che Galeno ne'suoi li- 
bri terapeutici, Rhazes nel ketaab altehh Almansuri (2), Avicenna 
nel Canone, Mesue e Niccolô nei loro Antidotarj avevano scritto ; 
ne seguivano anche Tordine, ne questo ossequio pareva servilità, 
bensi guarentigia délia bontà delTopera. 

L'invito degli speziali ai medici e T accoglimento da parte di 
questi di purgare e rinnovare il Ricettario onora gli uni e gli 
altri : giovavano eglino alla propria riputazione provvedendo alla 
salute del prossimo. E le due arti avevano tanta autorità , che 
senza il braccio del magistrato , sotto mette vano alT osservanza 
del codice farmaceutico i medici e gli speziali non solamente di 
Firenze, ma del contado e del distretto ; se non che ben senti- 
vano che la mera osservanza non sarebbe bastata afflnchè Topera 
e il magisterio loro procedesse sicuro e senz'errori ; invocavano 
qualche cosa di più che non è il semplice adempimento del do- 
vere, e perô si ripromettevano, se tutti avessero posto nelT a- 
dempimento délie proprie cose fede, amore , studio e diligenza , 



(1) Nuovo dûnque rispetto alla compilazione, non alla stampa; a 
rneno che inaspettatamente non venisse fuori Tedizione del 1490 citata 
dal Moreni, di cui dicemmo, non che sopra, anche nei Documenti sto- 
rici spettanti alla Medicina, Chirurgia, Farmaceutica conservait nel- 
VArchivio di Stato in Modena. Milano, 1885, p. 67. («Ann. un. Med. »). 

(2) Liber medicinalis Almansoris, cosi detto perché dedicato ad Al- 
mansor Principe di Chorasan. 



8 

non pure il vantaggio particolare , ma premio e retribuzione 
grande appresso a Dio. 

Divisa l'opéra in tre libri, nel 1.° che riguarda la parte géné- 
rale direbbesi délia farmacia , è detto délia bottega dello spe- 
ziale e dei libri clfesso deve tenervi (Dottrina l. a e 2. a ): quella 
aveva da essere in sito cosi posta da poter conservare tutte le 
cose semplici e composte, lontana dal vento, dalla polvere, dal sole» 
dall'umidità e dal fumo. Ed i libri che lo speziale doveva avère 
alla mano per potere provvedersi debitamente de'medicamenti, per 
prepararli e spedirne le ricette erano, oltre que' medesimi, che 
avevano servito di guida alla compilazione dei Ricettario, alcuni 
altri : uno semplicista , chôme è Symon Genovese , le Pandette, il 
quarto dei Servitore (1). Veniva quindi indicato mese per mese 



(1) Intendi Simone da Cordo, o Simone genovese, medico di Niccolô IV 
dal 1288 al 1292; la cui Clavis sanationis , stampata più volte nel se- 
colo XV, è una specie di Dizionario botanico compilato su gli autori 
greci ed arabi, non che da informazioni ch'egli da ogni parte, ex toio 
mundo, procacciavasi. -— Le Pandette sono il Liber Pandectarum com- 
poste da Matteo Selvatico nel 1317 e dedicato al Re Roberto di Napoli, 
o, corne s'intitolava di Sicilia; compilazione di materia medica per 
ordine alfabetico più ampia délia Clavis di Simone, ma di merito infe- 
riore : dei resto le due opère spesso si trovano più che riunite fuse in- 
sieme in parecchie edizioni dei quattrocento ed anche dei secolo XVI 
(Venezia, 1498, 1499. Pavia, 1508, ecc). — Il Liber Servitoris, seu liber 
de preparatione simplicium , attribuito ad Albucasis, délia cui opéra 
Altasrif {Liber theoricae necnon practicae) sarebbe il 28.°, venne tra- 
dotto in latino da Simone Genovese e da Abramo Giudeo, quindi stam- 
pato la prima volta da se a Venezia nel 1471, ed appresso più volte 
in fine aile opère di Mesue, di seguito all'Antidotario di Niccolô, corne 
ad esempio neU'edizione di Venezia dei 1484: Incipit liber Servitoris 
liber XX Vil 1 Bulchasin Benaberaçerin ; translatus a Simone ianuensi 
interprète Abraam iudeo tortuosiensi. Ma al libro venne dato un titolo 
che non gli spettava, com3 appare dal Proemio al libro medesimo: 
Diœit Aggregator huius operis. Postquam collegi librum hune magnum 
in medicinis composais qui est liber magni momenti , quam nominavi 
librum servitGrem, et complevi libros suos omnes secundum volunta- 
tem meam ; inveni in multis medicinis composais libri huius medi- 
cinas multas simplices que indigent preparatione ante horam neces* 
sitatis magne earum; quemadmodum succos exprimer e, et medicinas 
comburere et conficere aliquas ex eis , discerner e quae ex eis bona 
sunt, et quae non bona, et alia secundum hanc formam. Praediligitur 
aggregare omne quodest necessarium in hoc secundum remémorât ion em 



9 

(incominciando l'anno dal raarzo secondo 1' uso fiorentino) quali 
erbe, fiori, semi, barbe (radici) e corteccie il diligente speziale 
'doveva cogliere o far cogliere , e soggiungendo poi il modo di 
conservare la fatta raccolta (Dottrina 3. a e 4. a ). Ma per la con- 
servazione ûè'semplici solutivi, quali T aloe, i mirabolani, il ra- 
barbaro, l'alscebram ossia esula, il grano almeus (1) ed altri non 
solutivi, siccorae il luf o serpentaria, il lapide stellato (lapis laz- 
zuli e marcassita), il bolo armeno , v T era uno spéciale capitolo 
(Dottr. 5.*): del pari per la conservazione de^succhi e de'grassi, 
non che degli elettuari si dolci corne amari, de'conditi con miele 
o con zucchero, degli sciroppi, délie pillole , délie polveri , degli 
unguenti, degli empiastri e simili preparazioni (Dottr. G. a e 7. a ) ; 
per le quali cose anche erano indicati i vasi in cui metterle. 
Ma poichè moite cose medicinali di pregio vengono portate per 



meam. Il nome dunque di Servitcre va ai precedenti libri che trattano 
dei medicamenti composti, non a questo che riguarda i medicamenti 
semplici , la loro preparazione e le operazioni farmaceutiche. Il Le- 
clerc ha avvertito quest'indebita applicazione di nome {Histoire de 
la Médecine arabe. Paris, 1876, 1, 451) ; ma prima ancora nelle edizioni 
di Venezia del 1558 e del 1570 délie opère di Mesue troviamo che men- 
tre nel corpo dei volume è mantenuto il titolo di Liber Servitoris , 
nella tavola si legge Le proportione medicinarum, Lib. XXVIII Albu- 
casis. Del quale Albucasis (Abdul-Kasem) oggi non abbiamo aile stampe 
che 3 dei trenta libri che componevano il Tesrif, specie di enciclopedia 
medica, cioè il I e il II (Liber Theoricae nec non practicae Alzaharavii, 
l'Albucasis essendo pure latinamente detto Alzaharavius ed anche 
Agararius dal luogo di nascita Al Zahra presso Cordova) ed il XXVIII 
che ô il predetto Aggregator, ed impropriamente Liber Servitoris; ma 
nel medio evo tutta la collezione era tradotta in latino, e nel principio 
del secolo XVII si avevano due esemplari più o meno interi di questa 
traduzione, poichè la cita G. Giorgio Schenk nella Biblia iatrica stam- 
pata a Francoforte nel 1609, e forse, osserva il Leclerc , ve ne ha tut- 
tora un esemplare in Inghilterra (Op. cit., p. 445): or bene il trovare 
prescritto dal Ricettario fiorentino siccome libro necessario all'esercizio 
délia Farmacia il quarto del Servitore, è solenne testimonianza quanto 
aliora fosse nota e adoprata la collezione alzaharaviana sopra tutto 
in quella parte che riguarda la materia medica e la preparazione dei 
medicamenti. 

(1) Intendi il granum àlmesus di Mesue, ossia la noce di Ben, glans 
unguentaria, délia Moringa pterygosperma ed aptera, di cui distingue- 
vansi due specie, la grande e la piccola ; ma questa poco usata perché 
reputata nocivai 



10 

vere e sono false, cosl veniva (Dottr. 9. a ) posto il modo corne si 
falsano, non perche gli spesiali si mettessero a falsarle, ma per- 
ché loro conoschino quelle che sono fàlsate, quali il muschio, l'am- 
bra, la canfora, il balsamo , la manna , la scamonea, 1' osso di 
cuore di cervo , il legno aloe , la mummia (1) , e lo spodio od 
avorio usto, che più d'ogni altra cosa appartenante allô speziale 
veniva adulterato; crede che meglio valeva per averlo buono e 
fîdato farselo da se bruciando lo stinco dell' elefante (2). — Se- 
gue nel 10.° capitolo la nota délie cose semplici che gli speziali 
dovevano tenere in bottega cosi divise : 

Semi — Frutti — Fiori — Foglie — Legni — Scorze -— Barbe 
( Eadici e Rizomi ) : — Sughi — Gomme — Ossa — Viscère e 
carne d' animali — Grassi — Fieli — Sterchi — Fragmenti 
(piètre) preziosi — Sali — Metalli — Terre. 

Queste distinzioni sono tutt'altro che précise e naturali, onde 
che più sostanze stanno insieme sebbene di diversissima specie, 
ed altre rimangono fuori di posto pur tenendo giusta denomi- 
nazione. Cosi la cera ed il miele appajono fra i sughi usuali con 
Tassenzio, l'oppio, la liquerizia ; la colla di pesce e la gromma (3) 
fra le gomme ; il semé del dattero, i noccioli délie ciliege ama- 
rene (4) e délie pesche stanno insieme con l'avorio, con il dente 
di lupo , il corno e 1* osso del cuore del cervo , la concrezione 
calcare délia seppia : e cosi vanno con le piètre usuali tanto il 
lapislazzuli, l'ematite, la pietra armena, il marmo pesto quanto 
la lacca, il borace, i coralli, l'antimonio : l'aspalto od asfalto, lo 
zolfo, l'allume bianco, il bolo armeno, il solfato di ferro ( vetri- 
uolo romano e coppa rosa) e di calce , l'ocra rossa (senopia, 
o sinopia) formavano le terre unitamente aU'arsenico ed a'suoi 
solfuri orpimento e risalgallo (5). 



(1) Il risudamenfco dei corpi morti imbalsamati con mistura di aloe, 
mirra, zafferano , balsamo ed altre cose simili, ovvero empiuti di bi- 
tume e pece, veniva dagli Arabi raccolto e messo in commercio col 
nome di mummia. 

(2) Questo lo spodio degli Arabi: quello de' Greci era la parte più 
grossa délia pomfolice, che si solleva dallo zinco incandescente, o vi 
sta sopra se liquefatto ; lo spodio appunto, perché più grève, cade 
in terra e si raccoglie terroso e imbrattato nello spazzo délia fornace- 

(3) Gomma di vino vermiglio, Gomma di vino bianco : se non è ri- 
petuto errore di stampa, gomma per gromma non è nel vocabolario. 

(4) La Crusca ha amarine e non amarene. 

(5) Per risagallo, o risigallo; solfuro rosso d'arsenico , detto anche 
realgar. 



11 

Negli ultimi due capitoli (Dottr. 11.* e 12. a ) sono posti tutti 
gli elettuari allora in voga secondo Niccolô , Avicenna ed altri 
dottori, ed insieme il tempo délia loro durata. Ma sotto la de- 
nominazione di Elactovari assai cose si comprendevano che ne 
1' uso, ne l'etimologia consentivano (1) : cosi fra i 57 elactovari 
secondo Niccholao troviamo degïi empiastri e degli unguetiti, oi- 
tre che délie pillole ; e fra gli altri 43 , secondo Mesue , com- 
pajono il miele e lo zucchero rosati e violati. 

L'elenco poi si chiude con 1* avvertenza che il diligente spe- 
ziale segni qualunque lattovario oppiato faccia, affinchè non sia 
adoprato innanzi a mesi sei, se il raedico non ordini diversa- 
mente : facendo cosi, farà, dicevasi, onore a se ed a chi adopera 
il medicamento ; aUrimenti dannerà V anima sua, vendendo queïlo 
non deboe vendere. 

Il secondo libro che forma propriamente V Antidotario com- 
prende 18 capitoli o distinzioni intitolate corne segue : 

I. de lactovari dolci 
IL » amari 

III. » oppiati 

IV. délie medicine lenitive et solutive 
V. de'conditi 

VI. de'locchi 

VIL delli sciroppi et giulebbi 
VIII. de'robubbi (2). 
IX. de'trocisci 
X. de'suffuff (3) et polvere 



(1) Elettuario ô pharmacum ex electis rebits confectum; onde lo spe- 
ziale interrogato negli esami cosa fosse si fatta composizione, rispon- 
deva: Dico quod tantum est dicere electarium quantum electum ex 
variis, quia ex multis et varijs rébus electaria conficiuntur communi- 
ter (Saladini de Asculo, « Compendium Aromatariorum. » In: Mesue , 
Opéra. Venet. 1558, II, 288 v.). E poichè gli elettuari corrispondevano 
agli Antidoti dei Greci, sappiamo che caratteri essenziali di questi era 
essere remédia, quae non extrinsecus corpori imposita , sed intro as- 
sumpta, pravis affectibus medentur (Galeni t « De Antidotis ». Lib. I, cap. I 
Op. omn. Lipsiae, 1827, XIV, 1). 

(2) Cosi nella tavola, ma nel testo leggesi robbi, o vero robub. 

(3) Il testo corregge scrivendo sufuf: polvere finissima, impalpabile 
era paragonata aH'alcohol, cioè agli atomi del polviscolo volteggianti 
in ispera di sole cosi sottili, qui vix tactu comprehenduntur. 



12 

XL délie pillole 
XII. de sieffi (1) 

XIII. de'collyrii (2) 

XIV. delli unguenti 
XV. delli empiastri 

XVI. delli olii 

XVII. di spetie di pictima (3) 
XVIII. di più confectioni cordiali. 

Chiudesi il libro con Tavvertenza che moite confezioni , elet- 
tuari ed altri medicamenti si possono comporre secondo la fan- 
tasia del medico arroçendo et ïeuando a sua discretione et secondo 
la nécessita per clii si ordina ; per altro simili ricette non ve- 
nivano poste per la varietà delli operanti et loro phantasie , ed 
anche perché « qualche ignorante et presumptuoso spetiale si 
presumerebbe poter fare da se medesimo senza el medico perito, 
et seguiterebbene scandali infiniti : e pero in questo nostro pré- 
sente riceptario non si è posto cosa alchuna a che si sia ap- 
propriata, perche speriamo che chi l'ha (da) adoperare lo sappia, 
et chi non lo sa lo impari, et poi lo adoperi canonicamehte. » 

Gli aromatarj diligenti erano invitati a leggere il terzo od ul- 
timo libro, assicurando che n'avrebbero avuto consolazione (men- 
tre gli Autori di esso ne sarebbero rimasti soddisfatti ), poichè 
v' avrebbero trovato certe regole universali per torre via ogni 
ambiguità, la quale nascere potesse quanto aile composizioni e 
ai modi di preparazione, non che alla lavatura , .ail" adustione e 
alla quantità délie spezie da introdurre in dette ricette. Tene- 
vano dietro alcune regole più particolari per dichiarare talun 
semplice meritevole di un poco di nota, e cosi componevansi i 
seguenti articoli: 

Délia quantità délie spetie si debbono mettere in su le composioni; 
. Délia quaûtità délia cera negli unguenti ; 
Del psilio si mette nelle medicine; 
Del mêle; 



(1) Sief è voce arabica per significare medicamento per gli occhi : 
équivale a collirio secco. 

(2) Collirii nel testo. 

(3) Epitema: specie di fomente- che applicavasi più particoiarmente 
dalla parte del cuore e del fegato. 



13 

Quello si ricerca a purifichare il mêle ; 
Délia trituratione délie spetie; 
Quando si truova an parte equale. 
Tortellli di seni (1) ; 
Délie medicine oppiate (2); 
Di certi nomi incogniti (3) ; 
Trochischi di tyro (4) ; 

Quando in una ricepta si truova una chosa che ne sia più(5), quaîe 
abbiamo a torre ? 
Chandi rosati et violati (6) ; 

Délia trituratione délia Schamonea et Reubarbero et Coloquintidi; 
Délia trituratione délie Spetie ; 
Chôme et quando si mettono le spetie ne lactovari; 
Del legno aloe (7); 



(1) Erano di fior di farina impastato con mastice e cotto in forma 
di schiacciata, che poi fattane polvere, andava rimpastata e rieotta in 
guisa da averne trochisci. Dicevansi de seni dalla regione idest de 
terra Yerusalem , quoniarn ibi Arabes impastant eos cum aqua ma- 
sticis (Suardi Pauli « Thésaurus Aromatariorum. > Venetiis, 1506, p. 59). 
Avvertiva il Mattioli che il lentisco, il quale nasce abbondantemente 
in Italia e specialmente nelle maremme di Siena, produce anche fra 
noi il mastice , corne che non tanto quanto fa in Chio e in Candia 
(« Discorsi nei sei libri di Pedacio Dioscoride. » Venetia, 1559 , p. 89). 

(2) Lo speziale non doveva venderle prima di sei mesi se il medico 
non le chiedeva. 

(3) Ecco i nomi incogniti, dei quali i compilatori davano la dichia- 
razione senza grande sforzo di erudizione etimologica. — Rodoleon (olio 
rosato) — Rodozucchera (zucchero rosato) — Rodornel (miele rosato) 
— Gelenidbin ( miele rosato colato ) — Mellicratum (idromele) — Se» 
chaniabin (sciroppo acetoso) — Oœimel (aceto e miele) — Oxizachera 
(aceto e zucchero). 

(4) Composti délia carne dei serpente tyro , specie di vipera, cosi 
detto per corruzione di Sr^piov animale velenoso in génère : non avendo 
tal carne, si contentavano di sostituirvi il dittamo e la tormentilla, l'una 
e Paîtra pianta valendo assai contro al veleno. 

(5) La domanda è ripresa, e meglio espressa, neU'articolo che pur ne 
dà la risposta ; e cioè quando in una ricetta si trova alcun nome che 
significhi più cose sempre deve intendersi la più nobile. Ad esempio 
quando si legga senz'altra speciflcazione spiga, rose, gomma, cassia , 
storace deve prendersi spigonardi, rose rosse, gomma arabica, cassia 
lignea, storace, càlamita. 

(6) Zucchero candito con sciroppo di rose o di viole. 

(7) Agallochon dei Greci , Agalugin degli Arabi, ahalot degli Ebrei, 
donde il nome di legno d'aloe, che nulla ha che fare con il noto succo 



14 



Mêle tabarzet (1); 

Dello oro (2) ; 

Cassia (3) ; 

Modo di preparare el feghato del lupo (4) ; 



purgativo, ne con la pianta gigliacea che lo produce. V hanno parec 
chie specie di cotesto legno in grande pregio una volta per averne 
bruciandolo fumi odorosi e tonici; ma le principali sono due: il Legno 
calumbae, Agallochum praestantissimum t d&WAloeccylum agallochum al- 
bero délia famiglia délie leguminose-cesalpinee, che cresce nella Con- 
chinchina e nella penisola di Malacca ; è assai raro : il Garo, o Legno 
d'aloe ordinario del commercio, Agallochum officinarum^ Lignum aqui- 
lae (corruzione dell'arabo" agalugin) dall 1 Aquilaria secundaria o ma- 
laccensis délia piccola famiglia délie Aquilarinee. Il Ricettario, seguendo 
Mesue, distingue il legno d'aloe crudo dal cotto; e quello, migliore di 
questo, avrebbe colore fosco, sarebbe grave, nodoso, amaro al gusto 
« ardendolo farebbe fumo odorifero; il cotto invece non peserebbe 
tanto, muterebbe colore, sarebbe più stiptico e più lieve. 

(1) « Dico che mêle tabarzet è mêle biancho , el quale cade di cielo 
a modo di rugiada; et ô più biancho et più spesso che il mêle di pec- 
chie, et quasi s'apressa alla natura dello zucchero. » — Qui v' ha er- 
rore e nella cosa e nel nome: taie materia zuccherina, non occorre 
dire, non piove già dal cielo, ma ô l'efflorescenza di parecchie piante 
{Calotropis gigantea, Tamarix gallica, Hedisarum Alhagi): da Galeno 
fn detta 8poc?cfyieXi ed aèprfpsXi (« De alimentorum facultatibus, » lib. III^ 
uap. XXXIX.— «Op. omn.», ed. Kùhn , Lipsiae, 1823, VI, 739); dagli 
Arabi tarandschabin o thaïe adschabin , ed anche tereniabin , ovvero 
trungibin. Il tabarzet o trabarzad è lo zucchero bianco ( Serapionis 
«De Simplic. Med.» Cap. XXII, L. XXXV. Venet. 1552, p. 13, 28. — 
Ebn Baithar «Heil und Nahrungsmittel. » Stuttgard, 1862, II, 152. — 
JSprengel C. « Historia Rei Herbariae. » Amsterdam, 1807 , I, 266). — 
V'era pure il miele tabarzet, ma non era Tindicato dal Ricettario, bensi 
quod remansit in vase, in quo fit zuccarum tabarzet \ et non fuit coa- 
gulatum sed remansit liquidum sicut syrupus (Avicennae , Op. omn. 
cit. II, 420). Se poi taie fioritura sia il prodotto, anzichô délia pianta, 
de' particolari insetti che vi stanno sopra , corne sarebbe deWAphis 
evonymi rispetto alla fusaggine, non è qui da ricercare. 

(2) Avevasi l'oro per molto cordiale; ma dovevasene torre la limatura 
piuttosto che le foglie, perché nel batterlo tanto il métallo perdeva (e 
ciô pure avveniva dell'argento) délia sua virtù. 

(3) Trovando nelle ricette cassia absolute, lo speziale doveva guar- 
dare se la medicina era solutiva ono; se si, doveva prendere la Cassia 
fistula (polpa di cassia), altrimenti la corteccia del Laurus cassia. 

(4) Buono nelle malattie di fegato , nelle idropisie e nella tabe. Le 
budella dei lupo scacciavano i dolori colici, e bastava con esse legare 
la pancia, 



L5 



Spigo (1) ; 

Gomme (2); 

Laccha lavata (3); 

Jiusquiamo et Peonea (4) ; 

Lapis Lazuli et Armeno (5) ; 

Ramich (6); 

Draganti preparati (7); 

Mêle passulato (8); 

Modo a trarre il sugho délia cipolla délia Squilla (9) ; 



(1) Intendesi Spigonardi o spica indica, vale a dire il ciuffo di 
fibre, o foglie secche, che erette a guisa di spica circondano il colletto 
délia radiée délia Valeriana ja'amansi del Lambert , o Nardostachys 
Jatamansia del Decandolle. 

(2) Le gomme che entravano negli elettuari dovevano essere dis- 
soluté e non peste; e ciô perché nel pestarle si risolve la virtù loro. 

(3) Doveva lavarsi con acqua ove prima fosse stata cotta deU'ari- 
stolochia e con essa dello squinanto o giunco odorato (Andropogon 
schoenanthus) : e nel lavarla la lacca acquistava sottilità. 

(4) Intendesi il semé di giusquiamo bianco e non del nero , che è 
pessimo ; non trovando del bianco doveasi prendere del oigerongnolo 
(sic). Dioscoride che aveva già riprovato il giusquiamo nero siccome 
pessimo, snggeriva di usare nel mancamento del bianco, quello che ha 
il semé rossigno e i fiori che nel giallo rosseggiano (H. aureus) : il 
semé bigionerognolo del nostro Ricettario probabîlmente non è che il 
semé mezzo maturo del giusquiamo nero, il quale maturando da bianco 
che era dapprima finisce per imbrunire e nereggiare. — La radice di 
peonia non doveva adoperarsi se non monda dalle barbe o fibre che 
collegano i tuberi ovali o fusiformi in cui quella si spartisce. 

(5) Amendue dovevano essere lavati per estrarne loro la soverchia 
acutezza quattro volte, e l'ultima con acqua di rose. Il Lapis lazuli 
{Hager alezaoard, Laziuard, ed anche Azul degli Arabi), non ô in so- 
stanza che un silicato di allumina e di soda; nondimeno gli si attri- 
buivano grandi virtù medicinali , ed era uno degi' ingredienti délia 
confezione alchermes di Mesue. Maggiori usi ancora aveva il Bolo ar- 
meno corne assorbeate e detersivo per la natura sua d'argiila ocracea. 

(6) Ramich od Alramech degli Arabi ; confezione astringente com- 
posta per solito di uva passa, di polvere di noce di galla, di sapa o 
miele : aggiungendo muschio od altri aromi avevansi le altre confezioni 
distinte col nome di gallie (Serapionis « De simplic. Medicam. » Cap. C, 
p. 820. — Mesue «Op. omn. » Venet, 1558, p. 135). 

(7) Gomma adragante ammollita nel miele e passata per istaccio. 

(8) Miele bollito con uva passa e spremuto. 

(9) Il succo tratto pigiando la parte di mezzo del bulbo di scilla im- 
pastata con farina e cotta in forno temperato. 



16 



Modo a preparare el polmone délia volpe (1) 

Modo da arrostire e mirabolani (2); 

Folio 3); 

Sughi di herbe (4); 

Modo da incenerare il vetro (5); 

Modo di incenerare gli schorpioni (6); 

Modo di incenerare e chavoli (7); 

Modo di incenerare la lèpre (8); 



(1) Il polmone di volpe, asperso di zucchero, seccato al forno , e 
conservât© rinvolto in assenzio, adopravasi contro la difûcoltà del re- 
spiro ed altri vizi polmonari. 

(2) I mirabolani (frutti di varie specie di Terminalia délia famiglia 
délie combretacee) erano molto stimati, ricchi essendo di acido tannico 
e di acido gallico, corne astringenti: arrostivansi in padella di ferro 
dopo essere stati infusi per un giorno nel sugo di mêle cotogne o di 
melagrano, quindi unti con olio rosato o masticino. 

(3 # ) Non avendosi nelle spezierie il vero folio o malabatro (che oggi 
ancora non sappiamo che fosse, e se ad esso corrisponda veramente 
il Laurus malabathrum di Burmann e il Cinnamomum malàbathrum 
di Batka), gli si sostituivano le foglie di garofani. 

(4) Riguarda unicamente il modo di spremere succhi délie erbe, di 
chiarirli e serbarli in vasi con collo lungo con sopra dell'olio. 

(5) So in pezzi o soppesto tenevasi il vetro veleno di molta mali- 
gnità, medicamento invece di non poco pregio ridotto in sottilissima 
polvere, in cenere: Avicenna ne commémora le virtù, pur dicendo che 
il vetro inter lapides, est sicut slultus inter homines (Lib. II, Tract. II, 
Cap. 729. In: «Op. omn.» Venet. 1595, I, 409). 

(6) Dioscoride s'era contentato di dire che lo scorpione era rimedio 
alla puntura fatta da se stesso , applicandovelo sopra trito e crudo, 
ovvero mangiandolo arrostito (Lib. II, Cap. 13); ma poi i medici arabi 
ne accrebbero mirabilmente le virtù, e a gara i seguaci le andavano 
celebrando : il nostro Mattioli nella seconda meta del cinquecento glo- 
riavasi di avère un olio di scorpione, il quale valeva, ungendone sem- 
plicemente il cuore ed i polsi di tutto il corpo, a liberare da ogni sorte 
di veleno non corrosivo tolto per bocca, a preservare dalla peste, a 
sanare dalle petecchie , dai vermi e da tutti i dolori intrinsechi del 
corpo (« Discorsi cit. >, p. 198). Il Ricettario raccomandava di andar 
cauti nello sturare la pentola, in cui eran stati arrostiti nel forno per 
uno di e una notte gli scorpioni vivi, perché il fiato loro è pericoloso. 

(7) Adopravansi a ci6 i cavoli nàbati (voce, se non è erronea, non 
registrata), ossia non trapiantati. 

(8) Più umananamente che con gli scorpioni , procedevasi ad ince- 
nerare la lèpre : le si mozzava prima il capo, e cosi, insieme col san» 



17 



Modo di incenerare le ghuscia délie uova (1) ; 
Modo di preparare el sangue del becclio (2) ; 
Mtu (3); 
Aristologia (4); 
Saliucha (5); 



gue e senza scorticarla la si metteva entro una pentola ben serrata 
perché non isfiatasse in forno tanto che diventasse cenere. La quale 
poi valeva aile infermità dell' orina e massime aile piètre de' reni e 
délia vescica. 

(1) I gusci délie uova ridotti in cenere mm habent, continuavasi a 
dire nel seicento , lithontripticam , tartareamque mucilaginem inci- 
dendi (Schrôderi « Pharmacopoeia. » Ulmae, 1650, V, 319): ma non tutti 
i gusci servivano a ci6, bensi quelli délie uova donde sia nato il pul- 
cino. 

(2) La preparazione di questo sangue non era mica lieve faccecda , 
imperocchè la si doveva fare in una data stagione dell'anno , cioè nei 
giorni canicolari dal 10 luglio al 20 agosto , e con parecchie avver- 
tenze incominciando da quella che l'animale avesse quattr'anni. Per 
40 giorni andava tenuto al sole e cibato con certe deterrcinate erbe 
amare ed aromatiche , dandogli a bere vino puro e buono: cosi pre- 
parato e quando Tonna sua cominciava adiventar nera, gli si tagliava 
la testa, e lasciatone uscire il primo sangue, se ne pigliava il secondo, 
e raggrumato che fosse, lo si metteva a prosciugare in una pentola 
nuova ben lavata e coperta da panno sottile e rado al sole ed al sereno, 
guardando che rugiada od acqua non vi andasse suso: lo si serbava 
secco per due anni e mezzo. Il sangue ircino aveva fama di alessifarma- 
co, di sciogliere non solo i coaguli del sangue, ma anche i calcol». — 
Van Helmont nell' inflammazione délia pleura e del polmone non aveva 
di meglio da opporre che il sangue di becco, ma non il vénale, bensi 
quello ch'egli traeva dall'animale, con certo suo modo legato, dbsectis 
testibus («Sextuplex digestio alimenti humani » In: «Ujusd., Ortus Me- 
dicinae. » Lugduni, 1667, p. 138). 

(3) Aethusa meum , Meum Athamanticum ; pianta ombreliifera di 
acuto odore; uno dei tanti ingredienti délia teriaca. È il ix^ov dei Greci, 
il mu degli Arabi: atamantico dal monte Atamante délia Tessalia. 

(4) Intendasi Taristolochia rotonda, migliore e più apta délia lunga 
aile medicine, buone soprattutto a promovere i lochî : Aristoloclria no- 
men inde accepiû, quod optimum praebere auxilium puerpeHs (à'ptc-ra 
Toaç Xo)(oT;) creditur (Dioscoridis , Lib. III, Cap. 4). 

(5) Leggasi Saliunca. « È spetie di spigha romana: benchè alcuni 
vogliono che sia di spiga celtica.» Ê la radice délia Valeriana celtica^ 
conosciuta nelle farmacie col nome di Spica celtica, Nardus celtica; 
ha le foglie simili al salice, ma più piccole; forse da ciô il nome di 
Saliunca. 

Cor.adi. 2 



18 



Lemnias (1); 

Heil (2); 

Anici feniculi (3)5 

Litosperma (4); 

Anacardi, Mêle anacardino (5) 

Burungi (6); 

Seta cruda adusta (7); 

Ozimo (8) ; 

Citraria (9); 

Been et Ben (10); 



(1) Terra Lemnia, da Lemno , oggi Stalimene , isola dell'Arcipelago 
greco , d' onde la si portava segnata col sigillo di Diana. Galeno per 
ben conoscerla e per iscoprire le falsità dei truffatori, eue flno da quel 
tempo la contrafacevano, due volte navigava cola a posta, e compiacente 
narrava le moite virtù di si fatta terra («De Simpl. medicam. temperam. 
ac facultat.» Lib.VII, Cap. I, §2); la quale perché argillosa ed ocracea 
poteva essere astringente assorbente e nulla più. 

(2) Cardamomo maggiore. 

(3) Mette l'avvertenza che trovando in una ricetta anioi feniculi , 
sempre s' intende del semé. 

(4) Semé, o piuttosto frutto (nucula, achena) del lithospermum offi- 
cinale; detto, e per Taspetto e la grossezza eonsimile al miglio, milium 
solis. granum salis. Bianco-grigi, duri, lustri, oleosi mucilagginosi, que- 
sti grani, ebbero fama di diuretici e litontritici. Forse non v'ha pianta 
che contenga tante sostanze minerali corne il litosperma, ricchissimo 
in fatti di carbonato e fosfato di calce, non che di silice. 

(5) È il miele nel quale sono stati conservati i frutti freschi, cor- 
diformi deWanacardio orientale. La noce d'acajou, ripiegata a foggia 
di rené, è Yanacardio occidentale; il quale, al pari dell' orientale , è 
dato da albero délia famiglia dei terebinti. 

(6) Semé délia Nigella sativa (Melanzio domestico, Cominella). 

(7) Sono i bozzoli, trattone il verme morto, messi in una pentola ad 
abbrustolire nel forno, tanto che si possano polverizzare ; ma piuttosto 
soggiunge il Ricettario, è da tritaro minutissima la seta che arderla, 
perché meglio si conserva la sua virtù. La quale era di molto pregio, 
imperocchè confortava il cuore, ristorava gli spiriti; e perô entrava 
nella confezione alchermes, nel diamusco dolce di Mesue, ecc. 

t8) Per ozimo, messo cosi assolutamente , s'intende il semé del bas- 
silico largo (Ùcymum basilicum, bassilico massimd), invece ozimo ga- 
riofilato, vuol dire semé di Bassilico citrino. 

(9) Erba cedronella, erba cedrata {Melissa officinalis). 

(10) Con due ee « tanto vuol dire quanto herba che ha le barbe rosse, 
ed è quella che usiamo (Behen rosso , Staticen limonium). Ma quando 



;9 

Pepe(l); 
Spodio (2) ; 
Darseni (3); 
Sedenegi (4); 
Sel (5); 
Sardino (6); 
Alfeleniemusch (7); 
Zurumbet (.8); 

tu trovi scritto Ben per uno e , vuol dire semé di schataputia. » Sa- 
rebbe cioè il semé délia catapuzia (Euphorbia lathyris), chiamata se- 
coado il Mattioli, in Lombardia cacapuzza dall'effetto che fa di sol- 
vere per vomito e per di sotto (« Discorsi cit.», p. 623); ma non leggo 
altrove che la voce ben avesse cotesta ultima sigoificazione o corri- 
spondenza che le dà il Ricettario florentino. 

(1) Pepe nero. 

(2) Ripete che la vera opinione intorno alla natura dello spodio è 
ch'esso sia osso di elefante arso: e pero si chiama spodio di canna, 
perché fatto con ossa, corne quelle dell'elefante, chavate drento et bu- 
chate [corne la canna. Ma taie appellazione è piuttosto abbreviazione 
di alcanna, Avicenna avendo fatto il suo spodio con la radiée bru- 
ciata di essa pianta. Se non che questi erano piuttosto antispodj , 
il vero spodio , quello almeno de' Greci, essendo la parte più grosso- 
lana délia pomfolice corne fu segnato in altra nota. Il Mattioli avver- 
tiva già che ai suoi tempi nelle spezierie non trovavansi che degli 
antispodii fatti di radici di canna e di ossa di stinchi di buci abbruciati 
(«Discorsi cit. » p. 675). 

(3) Darseni o darsini chiamavano gli Àrabi la cannella : la qualità 
fina era distinta con la semplice denominazione arabica, la grossa con 
questa e insieme con l'altra di cennamo traduzione di cinnamum, ossia 
cinnamomum (xtvva^.w(i.ov), 

(4) La Lapis haematites nel linguaggio degli Arabi: avverte il Ri- 
cettario che presso Avicenna Secdenegi vuol dire semé di canapé. 

(5) Bel, Set et Fel sono medicamenti cosi denominati dagli Arabi e 
portati dairindie: hanno virtù calde e siccative. Serapione, citando 
Isacco Tlsraelita, soggiunge in particolare per il Sel, che esso ô il 
Cydonium indurn , consimile nelle virtù allô zenzero (De simpl. Med. 
Cap. XII, p. 90); il quale appunto, siccome avverte il Ricettario, veni- 
vagli sostituito, il Cicomo indo (sic) non trovandosi nel nostro paese. 

(6) È il sardonico: in luogo di esso mettevansi in diverse confezioni 
i rubini. 

(7) Uno degPingredienti deli'elettuario di gemme, e sarebbe Pocimo 
carioflllato. 

(8) Pianta simile al cipero molto odorifera: è VAmabo di Paolo Egi- 
neta, non già la zedoaria, che nondimeno veniva adoprata corne suc- 



20 



Aureo (1); 
Assaro (2) ; 
Schamonea (3); 
Sugho di rose (4); 
Gomma cedri (5); 
Rami di cedro (6); 
Illafeos (7) ; 
Clima vel Cadimia (8) ; 
Litium (9) ; 
Massachumie (10) ; 



cedaneo. A che poi corrisponda l'apvafo, ancora non ben sappiamo; certo 
è che anche ai tempi dell' Egineta era raro, tanto che lo si suppliva 
con la cannella ( « Medicinae totius Enchiridion » Lib. VII , Basilerc 
1551, p. 561). 

(1) Nome di peso: la settima parte di un' oncia, cioè 3J e gr. x per 
le medicine solutive, e 3J e y 2 per le non solutive. 

(2) Asaro (Asarum europaeum, Nardus sylvestris). 

(3) Se data per bocca doveva essere la correpta, se in unzione la 
non correpta, perché la scamonea nel quocerla si correggie délia sua 
acuità. 

(4) Succo spremuto dai petali délie rose rosse e serbalo con V olio 
a fine che si conservi meglio. 

(5) Gomma elemi , Elemi orientale, prodotta âal¥Àmpris zeilanica: 
taîuno vi sostituiva la gomma di ginepro, et questo interviene agli 
spetiali ignoranti. 

(6) Uno degli ingredienti del mitridato ; non trovandosi, malamente 
adopravansi in sua vece le foglie e i flori délia sauina. 

(7) Cioè Bardana o Lappa maggiore ( Arclium majus, Arctium lappd). 

(8) Climia è voce araba, e cadimia è la cadmia (xaBfjtst'a), già ricor- 
<lata da Dioscoride quale prodotto fuligginoso del fondersi de' metalli 
nelle fornaci : pare traesse il nome da Cadmo fenicio, che seconde 
Igino, Aeris tractationem usumque graecos docuerit (Dioscoridis, « Mat. 
med. » Lib. V, Cap. 84. Sprengel, « Comment. > Lipsiae 1830, II, 644). 

(9) Correggasi licium , Ài'xiov, succo astersivo, costrettivo, e materia 
colorante insieme, che probabilmente traevasi, secondo lo Sprengel 
( « Comment, cit. » p. 404) dal Rhamnus infectorius di Linneo, Rh. Ly- 
cium dello Scopoli ; ïrutice comune , oltre che nell' Europa méridio- 
nale e nell'Asia minore, nella Licia donde trasse il nome: le bacche 
di questo ramno o spincervino, e di altre specie affini, trovansi in com- 
mercio sotto il nome di Qrana d'Avignone, di Persia, d'Adrianopoli, 
di Morea, ecc. per levarne color giallo buono alla tintoria. 

(10) Cioè « Acqua di uetro, et acqua di uasi donde si chava el uetro. 
Alchuni djcono che è uetro non perfectamente cocto : et è materia di 



21 



Memite (1); 

Hysopo humida corne si chavi (2) ; 

Demptali et Entali (3); 

Lingua avis (4); 

Herba venti (5); 



che si fa el uetro uolgarmente Massacocto. Alcuni dicono Tessere uno 
colore che si dà alli vasi di terra, et chiamasi Petanum ». Sarebbe 
dunque il silicato di potassa, di soda od altro simile: da massacocto 
puô credersi derivi il nome di massicot, che volgarmente si dà all'os- 
sido di piombo, ciô che nessuao etimologista, parmi, abbia avvertito. 
Il Fanfani cita massacocto riferendo le predette parole del Ricetta- 
rio, ma nulla di più per chiarirle : taie voce procède senza dubbio dal- 
Tarabo masaeuma, che è « spuma vitri liquefacti, quae cum infrigidatur 
fit sicut sal (Avicennae, Op. omn. II, 420). » 

(1) Memhite degli Arabi, yXcomov dei Greci: pianta délia famiglia 
délie papaveracce, affine al chelidonio maggiore, donde il nome di Che- 
lidonium glaucium avuto da Linneo, sostituito poscia dall' altro di 
Glaucium flavum per denotare il colore bianco verdino dell'erba, e quello 
giallo del suo succo. 

(2) Oggi che abbiamo la lanolina mérita di sentire cosa ne teneva 
le veci nel quattrocento e prima ancora: « Lana sucida di pechore 
Lib. X. — Fondi sopra essa acqua calda tanto che sia choperta, et 
lascia stare per sette giorni : dipoi dagli un bollore et lieua da fuoco, 
et expriemi forte la lana : poi cola l'acqua ; et quoci a lento fuocho in 
una chaldaia, sempre mestando tanto che uenga alla sua spessitudine, 
di mêle et serua. » — Questa preparazione trovasi già in Mesue (An- 
tidotarium, Distinctio XI De unguentis. Op. omnia. Venet. 1558, p. 146). 
— Avvertasi che hysopo, è qui corruzione di oesypum, lana succida 
vellus succidum, voce tratta dalla greca oïaunoç quasi l'Coc, f'Jwoç ovis 
sordes. 

(3) Se ne eccettui la fgrandezza ( gli entali alquanto maggiori dei 
demptali), sono la stessa cosa, ossia ossa oianche corne denti cani , 
forati drento chôme la canna; entrambi nascono nel fondo del mare 
in certe caverne di pietra. Non è d' uopo dire che tali ossa bianche 
sono aemplicemente la conchiglia univalve, composta di carbonato di 
calce con un po' di materia gelatinosa, di molluschi cirrobranchi ma- 
rini affini ai gasteropodi, de' quali la specie più comune ô il Denta- 
Uum elephantinum. Entravano in parecchie preparazioni medicinali, 
corne Tunguento citrino. 

(4) È il semé o piuttosto il frutto ( samara) lanceolato-lineare, an- 
gusto, liscio, pendulo deirorniello (Frooinus ornus); al quale attribui- 
vansi moite virtù, e dagli Arabi anche quella di provocare lussuria. 

(5) Ne distingue due specie: per la maggiore s'intende la, parietaria. 
{Purietaria officinales) o vetriuola per esser in uso a spurare i bic- 



22 



Herba crassula (1) ; 
Herba Santa Maria (2) ; 
Herba muschata (3) ; 
Laureola (4); 
Policharia(5); 
Olio muscellino (6) ; 
Chalamo (7); 
Aioe(8); 
Darsessahan (9); 



ehieri e gli altri vasi di vetro ; per la minore la Consolida maggiore 
(Symphitum officinale). Ma non trovo che altri abbia applicato a queste 
piante la denominazione di erba del vento, serbata invece all'anemone 
(à'v£[xoç, vento) i cui fiori s' aprono al soffiare dei venti, secondo che 
dice Plinio. 

(1) Herba crassula maggiore, herba San Giovanni {Semprevivo mag- 
giore, Sedo maggiore; Sempervivum tectorum L., Sempervivum majus 
Neck., Seclum tectorum Scop.,) Herba crassula minore, herba vermichu- 
laria (Sedo acre, Sedo minore, Sedum acre L., S. neglectum Ten.). 

(2) Detta anche erbaamara, menta greca, salvia romana (Pyretrum 
tanacetum Dec, Tanacetum balsamita L., Balsamita suaveolens Pers., 
B. major Desf., B. vulgaris Desf.). 

(3) Erba moscadella, Sclarea, Erba di San Giovanni secondo il Mat- 
tioli, Salvia Sclarea L.). 

(4) Laureola, olivella (Daphne laureola L. ): il Ricettario la vor- 
rebbe distinta dai mezereon (Daphne mezereum L.) perché questo fa 
lacticinio e quella no. Ma non in ciô sta la differenza. 

(5) Pulicaria, perché, siccome scrisse Dioscoride, ammazza le pulcî, 
e scaccia le zanzare (Lib. III, Cap. 126), donde il nome greco di Conyza 
xtovw']/, zanzara). La coniza maggiore (Inula pulicaria L.) veniva so- 
stituita daU'elleboro nero : la minore (Inula saxatilis Lamk.) dal bianco 
perché, dice il Ricettario, ne Tuna ne Paîtra si truova. 

(6) Cosi detto probabilmente dal muschio che v'entrava. 

(7) Senz'altra aggiunta doveva intendersi il calamo aromatico. 

(8) L'aloe che ponevasi in unguenti ed empiastri sempre doveva 
essere lavato. 

(9) Ë voce arabica e risponde aXVaspalato, uno de' semplici più pre- 
giati dalPantichità; ma non ancora è ben certo quale pianta sotto ta* 
nome abbiano voluto indicare Dioscoride, Plinio e Galeno. Il Ricettario 
av verte che 1' aspalato non trovasi fra noi sebbene entri ? nei trocisci 
andaracharon ( alindarachon, alindararacon presso Avicenna, àluida- 
racaron nell'Antidotario di Niccolô), che poi sono i classici hedycroi di 
Andromaco. « In luogo suo ponghono la sirocharapta, corne vuole Gu- 
glielmo. Niccholao pone in luogo di queste, coralli rossi ». — Non so 



23 



Zucchero (1) ; 

Lilinfagus (2) ; 

Litargirio (3) ; 

Piombo arso (4) ; 

Chalcina lavata (5); 

Modo a chavare el sugo dell'assenzio (6) ; 

Propoleon (7); 



se il Gaglielmo cui accenna il Ricettario sia quello da Brescia detto 
VAggregatore, che fiori nel sec. XIII e fu délia famiglia Corvi, ovvero 
il Guglielmo da Varignana di cui appresso , od altro meno noto ; ben 
so che assai prima venne suggerita taie sostituzione: e per vero Avi- 
cenna proponeva di farla col frutto aliembut (« Op. omn. » Venetiis, 
1595, I, 308, II, 427); il quale ô species œylocaractae , çuXoxspatTa : 
e questa œilocerata in bocca de'barbari diveniva œilocaracta per finire, 
comecchè in bocche gentili, nella sempre più corrotta sirocharapta, la 
quale non è poi altro che il frutto délia Ceratonia siliqua , la nota 
carniba (Charnub degli Arabi). 

(1) Negli sciroppi doveva adoprarsi zucchero fino e non grasso , im- 
perocchè questo facilmente per la sua calidità si couverte in collera, 
il che non fa il fino per essere più astersivo e meno caldo ; e perô 
avevano da aver cura a questo coloro che il più délie volte mettono 
zuccheri grassi in sugli sciroppi con pregiudizio délie anima (sic) loro 
et fanno scandolo (danno) alli înfermi. 

(2) Salvia selvatica: quel lilinfagus è strana storpiatura delP aelis- 
facos od elifacos nome délia salvia presso gli Arabi, che ricorda 
l'iXcXi'c-cpay.ov de' Greci, che vorrebbe significare l' essere délia salvia 
herba semper retorrida et eœsucca (IXeX'Çeiv clamare e acpooco; saliva). 

(3) Del litargirio ( protossido di piombo semivetroso ) deve preferirsi 
la varietà gialla {litargirio d' oro, chrysitis), ed è iadicata corne la- 
varla. 

(4) Limatura di piombo e zolfo in polvere liquefatti insieme al 
fuoco del carbone corne appunto suggeriva Dioscoride (Lib. V, Cap. 55); 
al plumbo usto attribuivansi le medesime virtù refrigerative e costret- 
tive del lavato, ma in vero assai potenti. 

(5) Andava lavata sette volte. 

(6) Doveva l'erba essere pestata innanzi il levar del sole, e il succo 
cavatone allô strettojo andava messo al sole ovvero cotto tanto ne 
fosse quasi rappreso, per farne quindi trocisci. Nello stesso modo si 
facevano i sughi di fumosterno, di eupatorio e di ogni altra erba. 

(7) « Questa è la cera più grassa , o vogliamo dire la parte délia 
cera grassa che si chava dalle chasse délie pecchie ». È la propoli, 
materia resinosa di cui, corne ô noto, le api.servonsi per ispalmare 
l'interno dell'alveare e chiuderne l'accesso : dall'ufûcio, il nome (-^pô da- 
vanti e tto'Xiç ciêtà). 



24 

Chiude il libro il capitolo de Pesi et uarii nomi de quelli. È 
detto che i granelli de'quali si compone lo scropulo debbono es- 
sere mediocri, perché in diversi luoghi sono maggiori et minori 
granella di grano : cosi mentre comunemente 20 granelie di grano 
mezzano facevano uno scropulo, a Firenze se ne mettevano 24 ; 
e perô volendo pareggiare il peso bisognava ad ogni grano de'co- 
muni aggiungerne un quinto. A Padova, siccome a Firenze, l'on- 
cia era di 8 dramme, ma a Salerno di 9 e a Napoli di 10 , Y e- 
sagio, il solido e Yaureo valevano quanto 2 dramme e mezzo; e 
cosi il sestario médicinale corrispondeva a libbre 2 e mezzo. Go- 
trïla era lo stesso che sestario, cotila invece il peso di 9 once. 
L'obolo formava un mezzo scrupolo, e 4 càlculi (ognuno de^quali 
pesava due granella di ceci) facevano l'obolo. L'emina (liemina, 
o ^{iipa), equivaleva a 3 libbre, o secondo altri ad una libbra 
e 3 oncie. All'indicazione di questi pesi seguiva 1' altra di pesi 
arabici (1), o con le denominazioni, più o meno alterate, dagli Arabi 
usate, concludendo « cosi liai e pesi che si truovano apresso 
de medici, o la maggior parte et li più noti. » 

Tutto dunque mostra nel vecchio Ricettario fiorentino, la pa- 
dronanza quasi assoluta délia medicina e farmacia araba nelle 
scuole e nella pratica: non solo quella imponeva le sue mol- 
tiformi preparazioni, le sue farraginose composte, ma lo stesso 
suo linguaggio non importa se a traverso le più ridevoli stor- 
piature. E che Tinfluenza degli Arabi maggiormente pesasse su 
l'arte farmaceutica se n' ha la ragione nella natura stessa del- 
l'uomo; il quale puô ben rimanere indifférente circa la dottrina 
de'morbi o le dispute che intorno ad essi si fanno, non cosi per 
tutto ciô che alla malattia si oppone , che toglie od allevia il 
dolore, che si propone di custodire la salute , di mantenere la 



(1) Satil 


peso di 


2 sestarj 


Kirat 


» 


3 grani 


Kamech 


» 


6 chirat 


Charmes 


» 


1 grano d'orzo 


Danich 


» 


6 grani d'orzo 


Arsinium 


» 


1 dramma e l ï s 


Dechamich 


» 


1 dramma 


Drachaminum 


» 


% oncia 


Bathath 


» 


8 grani d'orzo 


Raftcii * 


» 


l l 2 scropulo 


Sacrati 


» 


1 aureo e l i 2 



25 

frescîiezza délia gioventù, di rimuovere gli acciacchi délia vec- 
chiaja : ora tutto questo promettevano gli Arabi e vantavano di 
averne i mezzi. Ne altra medicina quanto l'orientale era raeglio 
in grado di abbagliare le menti , di cullare gli animi in fallaci 
speranze, di accarezzare la naturale tendenza al meraviglioso ; 
chè ad essa servivano l'enfasi délia parola, il linguaggio imma- 
ginoso e figurato, la novità de' medicamenti , la stranezza délie 
forme di alcuni, gli smaglianti colori di altri, l'olezzo de'balsami, 
l'aroma de^profumi. Il commercio, la curiosità, il sentimento re- 
ligioso spingevano verso i paesi di levante le galee di Àmalfi, 
di Pisa, di Genova, di Venezia ; i traffîchi , le imprese guerre- 
sche , le crociate recavano fra noi i prodotti di quelle terre: 
il mercante, il viaggiatore, il pellegrino, il soldato rimpatriando 
portavano con se gusti, costumanze, cose e parole di quelle genti ; 
e perô divenivano insieme diffonditori délia medicina di esse, 
essendo clie la medicina segue più che non si crede nelle sue 
forme la vita de'popoli, appunto perché provvede ad uno de'mag- 
giori bisogni di quella. In oltre gli Arabi con quella loro indu- 
stria di raccogliere, di manipolare e di comporre , di fare délie 
collezioni {colliget) e dei manuali (tacuini), di essere insieme 
aggregatori ed abbrevîatori si facevano largo nelle scuole, dove 
le opère migliori non hanno accoglienza né corso se non siano 
accomodate in modo da renderne agevole l'uso : quindi la sempre 
sicura riescita dei trattati ristretti in facili compendj, e cosi di- 
sposti da servire alla memoria ed all'uso. Al quai fine appari- 
vano tanto acconci Yàlakrâbâdin di Maswijeh al Mardini (1), il 
liber de medicamentis semplicibus di Serabi (2), da non averli più 
che da osservare, ovvero da prenderli a modello per consimili 
compilazioni, quali gli Antidotarj dei due Niccolô, e le Pandette 
di Matteo Selvatico. 

E perô fra i 60 elettuarj, fra dolci amari ed oppiati, compresi 
nelle tre prime distinzioni dei Ricettario, quasi tutti sono levati 
da Mesue o da Niccolô (3) : perfino la ricetta délia tyriaca di 
Andromaco antiquissimo medico veniva presa da Avicenna, men- 
tre che poi per la composizione délia Merapicra viene ricordata 



(1) Antidotarium sive Gràbaddin di Mesue juniore. 

(2) Serapione il giovine. 

(3) In parti eguali, cioè 26 dell'uno e delPaltro: 5 da Avicenna, 2 da 
Rhazes ed 1 da Albuchasis. 



26 

la descrizione di Galeno (1). Soltanto nelle medicine solutive 
troviamo medicamenti nuovi , od attinti ad altre fonti che non 
le comuni sovrindicate : sono pochi e per ciô li possiamo qui 
ricordare. 

JDyasena frescJia , elettuario magistrale con sena di maestro 
Tommaso del Garbo che usavasi in Firenze ; 

JDyapolipodio, elettuario con polipodio, aceto scillitico e zen- 
zero di maestro Lodovico da Prato ; 

Dyacassia, modincazione di quella di Niccolô ; 

JDyasena, di Gentile da Foligno (2); 

JDyasena, in uso neli'ospitale di S. Maria Nuova di Firenze; 

Lactouaro solutko, buono e provato dei suddetto Gentile. 

Fra gli sciroppi è Xossimiele composto magistrale di maestro 
Cristoforo Giorgi in uso a Firenze, lo sciroppo di oetonica, 
mta, ecc, di Marsilio da Santa Sofia ma non adoperato : alcune 
polveri magistral! aromatiche , sialagoghe , purgative , sono ri- 
cordate con la polvere di sena del Montagnana ; e cosi le pil- 
lole imperiaïi ( con aloe ed aromi ) del suddetto Cristoforo , le 
altre con aloe e coloquintide di Dino del Garbo, di maestro An- 
tonio dalla Scarperia (3), di Niccolô Falcucci (4), di Pietro d'A- 
bano (5), di Giovanni da Lucca (6), di Alberto magno, o piutto- 
sto di Alberto bolognese (7). Nessun collirio di medico nostrale; 
bensi Tavvertenza, in fine dei capitolo, allô speziale di non fare 
ne spedire collirio che non siagli ordinato dal medico che praii- 



(1) Uo£ santa , per le virtù, e fttxpût amara essendo in sostanza un 
elettuario con aloe ed aromi. 

(2) Ne dà anche un' altra formola, secondo il Gentile, più composta» 
nella quale entravano molti aromi, la seta cremisi e la seta cruda 
arsa, l'ambra e la polpa di carne di vipera. 

(3) Una variante délie pillole di ierapicra di Galeno poste nell'Anti- 
dotario di Niccolô. 

(4) Pillole contro la peste per usare ne' tempi caldi composte di 
mirra, croco, bolo armeno coralli rossi, charabe (ambra), chebuli (mi- 
rabolani). 

(5) Pillole prodostome del Conciliatore fatte d'aloe soccotrino, di ma- 
stice, di agarico, infuso in ossimiele. 

(6) Varnoglossum (Plantago major) è detto anche agnina lingua, per 
la somiglianza délie sue foglie con la lingua d'agnello. 

(7) Anici, cannella, noce moscata ed altri aromi con rabarbaro ed 
aloe. 



27 

cha in bottegha, imperocchè bisogna andare adagio nel fatto de- 
gli occhi, rocchio essendo membro troppo nobile per non dover 
considerar bene innanzi quali medicamenti si pongono su di esso. 
In mezzo ai 34 unguenti figurano quello astringente per noce di 
galla, ecc, délia Contessa d'Austria, ii vermifugo di Gentile da 
Foligno composto di foglie d'assenzio d'aloe, di coriandoli e di 
coniino, di farina di lupini e simili, lïunguento nobile buono ad 
ogni ferita attribuito a Papa Bonifacio, gli Autori del Ricettario 
trovavano che era di Galeno : la bettonica con altre erbe an* 
dava incorporato con trementina, ragia di pino, cera e mastice. 
Di Guglielmo Piacentino o da Saliceto registravansi quattro 
empiastri per U timpanitide asclytici , ma si avverte che sol- 
tanto uno di essi era in uso (l) : è data pure la ricetta di un 
enpiastro magistrale per spïenelzci in cui entra vano da oltre 40 
ingredienti incominciando dalle barbe di finocchio, e sebbene non 
si usasse veniva scritto perché notabile. Usato inveCe era un 
altro empiastro strectivo con pece navale ed aloe soccotrino, ecc. 
NeU'empiastro ovvero unguento del Gonciliatore, molto chapitale, 
entravano la gomma elemi , la ragia di pino , la gomma ammo- 
niaca e la trementina. Di Guglielmo da Piacenza è ricordato 
un olio, che anche teneva luogo di balsamo , e del quale face- 
vano parte la trementina, la canneila, l'euforbio, i garofani nel 
mastice, l'incenso, ecc. È notato che gli unguenti e gli olj più 
che possono durare è un anno od un anno e mezzo. Gli epitemi, 
pictime, sono 4 : la cordiale fresca , la calda, la temperata , e la 
fresca da fegato. E nell'ultimo capitolo a proposito délie confe- 
zioni cordiali con piètre preziose è soggiunto , che usando taie 
mistura nelle febbri acute giova assai. 

Notiamo che di talune composizione è la ricetta, quantunque 
si aggiunga non in uso (2) ; e di averle non ostante riferito è 
pur addotta la ragione : p. e., Yélettuario di gemme era posto per 
la sua nobiità, e l'altro de cineribus per insegnare agli speziali 
a preparare moite cose. 

Taie il primo Ricettario fiorentino, e taie la farmacia alla fine 
del quattrocento : ora vediamo quale fosse questa nel secolo 
successivo nelle nuove edizioni che di quello vennero fatte. 



(1) Facevasi con rose rosse, con sandali bianchi, citrini e rossi con 
mastice, ecc. 

(2) Diarodon di Mesue (usato invece comunemente il Diarodon Abatis 
registrato da Niccolô Salernitano ). — Lattovaro di Re — Diacimino 
di Mesue. 



28 

II. 

Dopo il 1498 non venne fatta altra eàlzione che nel 1550 : se 
ve ne ebbero non ci sono note, ovvero furono semplici ristampe 
délia prima, una délie quali in 8.° fu veduta dal Moreni, che la 
giudicô, sebbene senz' alcuna nota tipografica, di origine fioren- 
tina. Ma si questa, come quella del 1550 uscita dai torchi dei 
Torrentino, sono tanto rare che niun bibliografo, tranne il sud- 
detto Moreni, ebbe la buona ventura d'incontrarle (l), onde che 
neppure la Biblioteca nazionale centrale di Firenze le possède, 
mentre ha la princeps quattrocentina, siccome dicemmo. Il for- 
tunato Canonico, nel fare la storia délia stamperia torrentinana, 
dà il titolo dell'opera, e descrive il volume (2); ma naturalmente 
egli non va più in là délia parte bibliogratica, onde che sempre 
più duole sia mancata a noi e ad altri J'opportunità di riscon- 
trare quanto il Ricettario del 1550 differisca dall' anteriore del 
1498 : imperocchè è con questo soltanto che potrebbe cadere il 
confronto per la ragione che nella dedicatoria agli rispettabili 



(1) Av verte il Moreni che Tedizionedel 1550 oltre che estrema- 
mente rara siccome le p^ecedenti (fra le quali mette, qaantunque non 
veduta, quella del 1490, che ora sappiamo non aver mai esistita), a 
niuno dei bibliografi, per quanto ei sapesse, era nota (Annali délia 
Tipografia Fiorentina di Lorenzo Torrentino. Firenze, p. 65). Il Pog- 
giali (Série de' Testi di lingua. Livorno, 1813, I, 294) ed il Gamba (Sé- 
rie de'Testi di lingua. Venezia, 1839, p. 254) la ricordano, ma sembra 
piuttosto sulla notizia del Moreni, che per propria scienza. 

(2) «El Ricettario dell'Arte, et Vniversità de' Medici, et Spetiali délia 
città di Firenze, Riueduto dal Collegio de' Medici per ordine dello Mlu- 
strissimo et Eccellentissimo Signor Duca di Firenze. Stampato in Fio- 
renza appresso Lorenzo Torrentino Stampator Ducale, del mese di 
Settemb. Tanno 1550 in fol.» — Alla pag. 4 vi è il prospetto dell'opera 
divisa in tre Parti. L' impaginatura, compreso il frontispizio, continua 
a tutta la Parte II, e contiene pagg. 186. La Parte III, che racchiude 
la Dichiarazione de" Pesi et Misure, et il Succedaneo de' Pesi et MU 
sure, è di pagg. 3 non numerate, ed una in bianco. Quindi ne segue 
la Tavola di pagg. 10 , parimente non numerate , poi un 1 abbondante 
errata-corrige , quali errori , diee il tipografo a tergo del titolo , cia- 
scuno, che debba usare questo nostro Ricettario gli correggha innanzi, 
che usi el lïbro; finalmente in una pagina bianca la SS. Vergine col 
divino Redentore in braccio, incisa in legno, e al di dietro di altra pa- 
gina lo Stemma Mediceo simile a quello, che è nel frontespizio. > 



29 

Signori Consoli delVArte et Vnirersità de Mcdki, e Spetiali délia 
città di Firenze et Collegio de'Medici è detto esservene stato un 
altro innanzi ai 1550 e non di più; le quaii parole escludono 
che nuovi e distinti Ricettari siano stati pubblicati in que' 52 
anni, pur consentendo la ristampa , anche in diverso sesto del- 
l'originale, vale a dire del primitivo Ricettario del 98 (1). . 

Non andiamo forse molto lontani dal vero dicendo che 1' edi- 
zione del 1550 è più vicina air anteriore , che alla successiva 
del 67, sebbene da quella ne la disgiunga mezzo secolo , e da 
questa soltanto 17 anni ; e vi era vicina anche , dirô cosl , per 
l'origine, giacchè appare opéra spontanea, siccome la prima si 
deli'arte de'medici corne dell'arte degli speziali ; tanto che il li- 
bro continuava ad essere dedicato dal Collegio di quella ai Con- 
soli di questa. Uguale pure la ripartizione di guisa che la nota 
de'pesi e délie misure sta in ultimo, anzi che nella seconda Parte 
corne nelFedizione posteriore : da cui si discosta altresl per non 
esser mono délia prima gremita di errori, ad emendare i quali 
non bastava la nota délie correzioni, che per fare più presto, 
o perché non reputata necessaria , venne del tutto ommessa 
dagli editori quattrocentini. Invece la nuova stampa del 1567 
è bastantemente corretta e da essa incominciarono gli Accade- 
mici délia Crusca a prendere le citazioni per il vocabolario ; 
non più opéra del Collegio medico , ma di dodici persone elette 
dalle Altezze serenissime , H Duca e il Principe di ïirenze e 
Siena, aile quali poi dagli stessi eletti il volume veniva de- 
dicato per averne l'approvazione e la protezione e renderlo cosi 
comune non pure a tuite le spezierie del felicissimo stato di quelle, 
ma a tutte quelV altre ancora che lo destderassero, Chiedevano 
essi il permesso di pubblicarlo in benefizio del pubblico, ed an- 
che perché il mondo conoscesse ed apparasse come i Principi , 
del cui nome il libro andava ornato, non solo s'ingegnavano di 
giovare a' loro popoli , ma quasi padri comuni ed amorevoli si 
sforzavano d'essere utili ad ognuno in ogni loro affare. E poichè 
per le premure de'Principi medesimi si erano ritrovati in To- 
scana tanti semplici e composti dagli antichi celebrati ed a mo- 
derni incog ïîti, assai Iode meritavano eglino, e da stamparsi nel 
tempio etcmo délie loro gloriose osservazioni, avansando di grau 



(1) Taie avvertenza nella' dedicatoria del Collegio medico avrebbe 
dovuto fare più guar dingo il Moreni ad accettare per reale V edizione 
del 1490. 



30 

fièzëèt quelli Re, che posono in uso la Lisimachia, la Genziana e 
il Mitridato. 

I riformatori, di cui si taciono i nomi , erano stati scelti da 
tutto il corpo de'medici e speziali délia città, ed i Consoli del- 
l'Arte e Università de* Medici e Speziali délia città di Firenze 
desiderosi che la volontà del Principe si nobile, si giusta , si 
santa si eseguisse con fedeltà, diligenza eprestezza commettevano 
ai colleghi dalla volontà stessa non dalla propria designati, non 
solo di purgare il ricettario di quelle macchie, che variavano di 
gran lunga il sentimento délie prescrizioni , e lo facevano pieno 
di dubbj, ma di aggiungere ancora le composizioni d'alcuni rae- 
dicamenti nobili, che mancando lo rendevano meno utile, che non 
doveva essere. E gli eletti prendevano anitnosamente e volen- 
tieri l'assunto, per esser lor dato da uomini i cui cenni (per rap- 
presentare eglino le Altezze Serenissime) erano ad essi comanda- 
menti espressi. Gosi in soli diciasette anni il signor Cosimo, che 
dapprima s'era contentato di avère apposto neir ultima pagina 
del Ricettario lo stemma délia famiglia , aveva saputo far in 
modo non pure di togliere ogni libertà all'arte de'medici e degli 
speziali senza che questa se ne risentisse, ma di piegare gli animi 
in guisa di non avère per accetti ordini di essa se non appari- 
vano comandamenti di lui ! Ne perché comandava intendeva di 
spendere : quest' incombenza la lasciava ai Magnifici Signori 
Consoli, i quali , sebbene non piccola , interamente la soddisfa- 
cevano , neppur ad altro qualsiasi disagio guardando. Nulla- 
dimeno in mezzo alla servile adulazione c'era ne' Kiformatori il 
pensiero di fare del Ricettario fiorentino una, corne oggi direb- 
besi, Farmacopea nazionàle , registrando in esso le forme délie 
ricette di quasi tutti medicamenti , i quali hoggi per lo più sono 
in uso nelle Spezierie italiane. Mercè degli emendamenti fatti 
e délie aggiunte introdotte confldavano essi che « qualunque 
speziale esercitato mezzanamente nella bella, utile, et necessaria 
arte sua, possa con la scorta di un libro taie accresciuto et cor- 
retto, comporre non con minore ragione et diligenza , che sicu- 
rezza, et lealtà, tutti quei medicamenti che da esso preparati in- 
nanzi con giudizio deono esser composti, et conservati nella sua 
bottega necessariamente in seruigio del génère humano. » 

I dodici Riformatori presentavano V opéra loro aspettata con 
desiderio al Duca ed al Principe ereditario il dicioto (sic) di Qiugno 
MDLXV1I, ed ottenutane 1' approvazione stendevano dopo due 
mesi (15 agosto) la lettera dJnooïlissimi leltori, nella quale ripe- 



31 

tevano confebbero l'ordine di rivedere il Ricettario e di ridurlo 
in quel termine che a loro paresse migliore, per il che avendo 
confrontato la varietà di tutti i testi , di coraun parère gli ave- 
vano dato quella forma nella quale lo appresentavano. Imperô , 
soggiungevano, se si ritrovassero variazioni nel numéro , nelle 
dosi o nel modo di comporre alcun medicamento , non andava 
attribuito ad errore, conciosiachè in tante diversità di scritti , 
sempre si erano risoluti a quello che loro era parso che meglio 
quadrasse alV intenzione delVautore proprio. 

Gli eredi di Bernardo Giunti stampavano nel detto anno il 
volume in foglio con bei caratteri e con bella antiporta isto- 
riata incisa in rame; con questo titolo : Il | Ricettario \ Médici- 
nale | Necessario a tutti i Medici, et Speziali. \ Nel quale con bel- 
lissimo ordine \ si insegna tuUo quello che si puo desiderare | in- 
torno alla cognizione del provedere \ eleggere, conservare , prepa- 
rare, \ et comporre quai si voglia | sorte di Medica \ mento ; \ se- 
condo Vvso dé'migliori e piv eccellenti medici |. Di nuouo per or- 
dine ddVIll™ et Ecc. mo S. re Duca, et del S° r Principe di \ FiO- 
renza, et di Siena, Ricorretto et ampliato da \ Dodici Riforma- 
tori periti di taie Arte, \ et elelti da loro Ecc. Illust. \ Con Li- 
cenza De Svperiori (1). 

Non occorre farne descrizione poicbè già fatta accuratamente 
dal Poggiali , dal G-amba e più di récente dal ftazzolini e dal 
Bacchi Délia Lega ; i quali anche notarono le differenze che 
passano fra i diversi esemplari di quest' edizione in ordine alla 
distribuzione e ai novero délie prime carte, onde che se ne po- 
tevano formare tre gruppi (2). Dopo sette anni la stamperia 



(1) Sotto vi ha il giglio insegna de 1 Giunti e a' piedi délia pagina: 
la Fiorenza\ Nella Stamperia de i Giunti | (MDLXII) | Con Privilegij di 
N. S. Pio Quinto, et del Duca di Fiorenza, et di Siena. 

(2) Razzolini Luigi e Bacchi Délia Lega Alberto, Bibliografla dei 
testi di lingua a stampa usati dagli Accademici délia Crusca. Bologna, 
1878, p. 293. — L' esempiare che ho sott'occhi , ed è délia Biblioteca 
dell'Università di Pavia, nelle prime 6 carte non numerate ha nella 
1* l'anzidetta antiporta ûgurata, nella 2. a il surriferito frontespizio, 
nella 3. a e 4* la dedicatoria dei Riformatori al Duca e figlio, nella 5. a 
la dedicatoria dei medesimi agli nobilissimi lettori , nel retto , e nel 
verso la divisione del libro, nella 6. a la lettera di Filippo Jacopo Giunti 
di Giovanni Dini. E perô esso apparterrebbe al terzo gruppo formato 
da que'duu bibliografl, o meglio daU'Avv. PietroBilancioni di cui eglino 
dicevano seguire le indicazioni, vale a dire al più raro a trovarsi. 



32 

de'Giunti rinnovava l'edizione, ommettendo per altro l'antiporta 
incisa che ornava la prima, e mutando il frontespizio soltanto 
in quelPultima parte dove è detto da chi veniva ordinata la ri- 
forraa, affine di adattare i titoli alla nuova e maggiore dignità 
conseguita appunto dagli ordinatori (l). V era pure aggiunta la 
nota seconda impressione, la quale facevasi con Ucentia et pri- 
vilegiiy senza indicare, com'era stato fatto nella prima impres- 
sione, da chi tali privilegj erano stati conceduti; e di fatti uno 
de'conceditori, il Pontefice Pio V, non era più da due anni (2). 
Posta sopra i'avvertenza che il libro usciva privilegiato non oc- 
correva più di apporla sotto l'insegna del giglio, che pur veniva 
ripetuta, insieme con le note tipografiche , le quali pertanto si 
riducevano a queste sole : Iri Fiorenza Nella Stamperia dei 
Giunti, M. D. LXXIIII. 

Notava il Poggiali la présente edizione altro non essere , che 
che se ne dica in contrario sul frontespizio, se non una semplice 
ristampa dell'antecedente, e se mai contiene qualche correzione 
od accrescimenti , debbono essere di lieve momento , ed inseriti 
nel corpo deli'opera (3). Ma in verità gli stampatori non altro 
si proposero di fare che una seconda impressione del Ricettario 
di nuovo ricorretto ed ampliato, cioè di quello del 1567 che ernen- 
dava ed accresceva il Ricettario del 1550, siccome questo aveva 
fatto del primo del 1498. Ai valente bibliografo pareva altresl (e 
l'osservazione sua veniva ripetuta dal Gamba) fosse corso sbaglio 
nell'anno délia dedicatoria, poichè nel 1567 Cosimo De' Medici 
non era per anche Granduca come qui s'intitola, non essendo 
stato incoronato taie che nel 156J in Roma dal Pontefice S. Pio V; 
ma quando i Giunti davano fuori il nuovo volume il fatto era 
già avvenuto, e poichè non avevano inteso di far altro, ripe- 
tiamo, che una seconda impressione, bastava loro che la mag- 
giore dignità conferita ( a cui del resto il Principe teneva ed 
anche non poco) apparisse, onde che, mutato il titolo di Eccel- 
lenze Illustrissime in Serenissime Altezze (4), ogn' altra cosa 



(1) Ecco le varianti contraddistinte in carattere italico « Di nuovo 
per ordine de' Serenissimi Granduca et Principe di Toscana. Ricorretto, 
et ampliato da' Dodici Riformatori periti di tal Arte, ed eletti da loro 
Altezze Serenissime. 

(2) Era morto il 1 maggio 1572. 

(3) Poggiali, Série de' testi di lingua cit. I, 292. 

(4) Questo mutamento di nécessita doveva seguire nella dedicatoria 
de' riformatori , la quale anzi che portare l'indirizzo «Agli illust. et 



33 

rimaneva presso a poco siccome sette anni prima (1). Ne segue 
pertanto che i due Ricettari del 1567 e del 1574 nella sostanza 
essendo uguali, l'uno o Taltro indifferentemente puô essere con- 
frontato con il primo del 1498, essendoci tolto di fare qualsiasi 
paragone con il secondo del 1550, irreperibiie siccome fu detto. 
Diciamo presso a poco , perché differenze pur vi sono , quali 
quelle del maggior numéro délie pagine nella nuova impres- 
sione (2), l'esser in questa la tavola délie tre Parti in cui si 
divide il Ricettario subito dopo V avviso ai lettori , anzi che 
in fine del Ricettario medesimo frapponendosi cosi ad esso ed 
alla raccolta di Ordini Provisioni Capitoli, Statuti, et Additioni 
attenenti alli Medici, Spetiali, ecc.; la quale in amendue le stampe 
è contenuta in 29 pagine non numerate, ma in carattere cor- 
sivo nella seconda, mentre che nella prima continua , quantun- 
que di minor corpo, il carattere tondo, col quale le altri parti 
del volume sono composte. In oltre 1' edizione del 1574 non ha 
nel verso délia carta, che nella prima tiene la lettera ai lettori, 
la divisione dell'opera, ne la successiva lettera di Filippo e Ja- 
copo Giunti al molto magnifico M. Giovanni Dini Gentilliuomo 
Fiorentino , con la quale lo ringraziavano di essersi adoperato 



Eccellent. Signori, il S. Duca, et il S. Principe di Firenze, et di Siena 
Signori, et Padroni nostri» corne nella prima stampa , prendeva, in- 
vece, quest'altro « Il Serenissimo S/gnore il Gran Buca , et il Gran 
Principe di Toscana, Signori nostri-». Per la stessa ragione la lettera 
incominciava « E piacque a Vostre Altesze Serenissirne etc. » anzi che 
« Egli vi piacque lllustrissimi , et Eccellentissimi Signori, ecc.» : e cosi 
nel corpo délia lettera dove occorreva la variazione seguiva di confor- 
mità, siccome nella lettera ai lettori in quel passo in cui i Principi 
venivano ricordati per aver ordinata la correzione del ricettario. Inol- 
tre veggo, ci6 che da altri non venne rilevato, che nella prima stampa 
la suddetta dedicatoria ha la data del quindici , nella seconda del di- 
ciotto sempre del mese d'agosto e dello stesso anno 1567. 

(1) V hanno esemplari con la data del 1573, ma non hanno differenze, 
o lievissime, con quelli dell'anno posteriore. 

(2) Cioè le pagine numerate che sono 278 neir edizione del 1574 e 
246 nell'altra del 67, quantunque i caratteri siano i medesimi ed eguale 
il numéro délie righe , 37 , nella pagina piena. Fin dalla seconda pa- 
gina vien meno la corrispondenza délie due edizioni, unicamente per- 
ché il titolo de' capitoli {dello speziale; — délia boitega dello speziale 
— délie manière de 1 medicamenti semplici , ecc), sono nella seconda 
edizione parte in lettere majuscole, parte in due linee, anzi che in 
corsivo e in unica linea corne nella prima. 

Corradù 3 



34 

perché ïa stampa del Ricettario fosse loro affidata, e in segno 
délia gratitudine che gli professavano dedicavangli il volume che 
eglino avevano condotto con tanta diUgeuza et ordine ai vari ca- 
ratteri, et di cosï proportionata disposizione in tra di loro , et 
tanto bene adaiti, da parer loro potesse comparire a paragone 
tra i migliori et vaghi volumi (1). 

L'edizione del 67 ha una sola incisione in legno dove discorre 
del modo di stillare le acque, mentre che l'altra ne ha tre (2) ; 
similmente questa recita due modi di stillare per istufa umida 
e per istufa secca, quella invece un solo. L' edizione posteriore 
ha pure la particolarità di avère aggiunto al foglio terno I un 
duerno, il quale ripete nelle quattro pagine il numéro 103 di- 
stinto con le lettere d' alfabeto a b c d. La 2. a edizione è più 
corretta délia prima; nondimeno la tavola délia terza parte a lato 
ai numeri délia pagina non ha quello délia coionna (le pagine es- 
sendo in taie parte bipartite), indicazione che invece è nella stampa 
anteriore. Ma coteste sono presso che tutte differenze tipogra- 
fiche o di forma ; le altre che toccano la sostanza lievissime af- 
faatto : e pero i due Ricettari del 15G7 e 74 rispetto alla raate- 
ria restano uguali ; e l'uno e l'altro come piaccia puô essere con- 
frontato con il primo del 1498, essendoci tolto, ripetiamo, qual- 
siasi paragone con il secondo del 1550. Ora è questo paragone 
che intendiamo di fare brevemente per vedere le mutazioni che 
dopo settant'anni parve opportuno o necessario d'introdurre. 

Al pari dell'originale il nuovo Ricettario è diviso in tre parti, 
délie quali la prima corrisponde in entrambi : in essa è trattato 
quali debbano essere i raedicamenti semplici e quali i composti 
più in uso nella città, e quale debba essere lo speziale che pro- 
vede e compone i medicamenti bisognevo'i al medico;e ciô per 
istruzione e documento degli esercenti Tarte « acciocchè pos- 
sono eleggere, comporre e conservare i medicamenti, che sono 
in uso : e mancando esser corretti dal magistrato délia nostra 
Vniversità a honore di Dio, e de'nostri Serenissimi Signori , et 
a commune utilità (3). » La materia di questa prima parte che 



(1) Questa lettera è in corsivo, siccotne Paîtra ai lettori, la quale 
ha i medesimi caratteri anche nella seconda edizione. 

(2) Questa differenza e le altre appresso non vennero notate dai bî- 
bliografl. 

(3) Cosi nel Proemio, e partitamente là dove (neiredizione del 1567) 
è detto come il libro ô diviso si legge: «Nella prima parte si tratta 



neU'antico Ricettario veniva divisa in 12 distinzioni , nel nuovo 
ripartivasi ne'seguenti 157 capi : 



9. 

10. 

11. 

12. 
13, 
14. 
15. 
16. 
17. 
18. 
19. 



Dello speziale 

Délia bottega dello speziale 

Délia maniera dei medica- 
menti semplici. 

Del prouedere , eleggere et 
conseruare le medicine sem- 
plici, e prima dell'acque 

Dell'acque distillate 

Délia terra 

Délie medicine che si cavaco 
dagli animali 

Délie piante nostrali 
» forestière. 
» forestière che non 

nascono ne i nostri paesi 

Délie radici 

Délie scorze 

De legni 

De flori 

De frutti 

De semi 

De liquori, lagrime et gomme 

De sughi 

De metalli, e cose che nascono 
nelPacque 



20. Dell'acacia 

21. Dell'acoro 



22. 


DeU'allume 


23. 


Dell'aloè 


24. 


Dell'ambra gialla 


25. 


» nera 


26. 


» odorifera 


27. 


Dell'ammi 


28. 


Dell'amomo 


29. 


DeU'aristolochie 


30. 


Dell'armoniaco 


31. 


Dell'aspalatho 


32. 


Dell'assa fetida 


33. 


Del balsamo orientale 


34. 


Dei balsamo occidentale 


35. 


Del bdellio 


36. 


Del bedeguar 


37. 


Del been 


38. 


Del bengiù 


39. 


Dei berberi 


40. 


Del bitume 


41. 


Délie blatte bisanzie 


42. 


Del bolo armeno. 


43. 


Délia borace 


44. 


Del calamo aromatico 


45. 


Del cardamomo 


46. 


Del chaiciti 


47. 


Délia canfora 


48. 


Délie cantharelle 


49. 


Délia casia de' Greci 



quai debba essere lo speziale , e quale la sua bottega. Et si fa una 
diuisioae vniuersale di tutti i medicamenti semplici, colle regole ge- 
nerali da prouederli, eleggergli, et conseruargli. Et si descriuono quei 
medicamenti semplici, che sono di maggiore importanza per la cooi- 
posizione; mettendo i segni per i quali si comprendono i migliori da 
essere eletti, il modo, il tempo e '1 luogo da conseruarii. In oltre di 
tutte le preparazioni, che son necessarie alla composizioue di essi tanto 
in générale , quanto in particolare di ciascuno. Dichiarando ancora 
tutte le forme de' medicamenti composti , che debbe saper far lo Spe- 
ziale; col descriuere ciascuna forma che cosa ella sia, quanto duri, e 
corne si conserui. » 



36 



50. Délia cassia degli Arabi 


92 Del leuistico 


51. Del castoro 


93. Del lithargyro 


52. Délia centaurea 


94. Délia manna 


53. Délia cera 


95. Del maro 


54. Délia cina 


96'. Délia mastice 


55. Del cinnamomo 


97. Del mêle 


56. Délia cynoglossa 


98. Del meliloto 


57. Del cippero 


99. Del meu 


58. Del costo 


100. Del mezzereon 


59. Délie cubebe 


101. Délie midolle 


60. Délia curcuma 


102. De'myrabolani 


61. Délia cuscuta 


103. Délia myrha 


62. Del diphryge 


104. Délia mvmia 


63. Del dragante 


105. Del musco 


64. Deirelaterio 


106. » degli arbori 


65. Dell'elleboro 


107. Délia nigella 


66. Dell'elleboro nero 


108. Del nitro 


67. DelPepithymo 


109. Délia noce moscada 


68. Dell'esula 


110. Dell'oesypo 


69. Deireuphorbio 


111. Dell'opoponaco 


70. Dell'eupatorio 


112. Dell'oppio 


71. Del fegato del lupo e d'altri 


113. Dell'orobo 


aniraali 


114. Dell'origano 


72. De îleli 


115. DelTorpimento 


73. Del flore del rame 


116. De papaueri 


74. De gagli degli animali 


117. Délia pece 


75. Délia galanga 


118. » grec a 


76. Del galbano 


119. Délia pegola 


77. De gherofani 


120. Del pepe 


78. Délia gomma elemi 


121. De polmoni degli animali 


79. Délia grana 


122. Délia ragia 


80. De grassi e sugne degli ani- 


123. Del rame 


mali 


124. Del rhapontico 


81. DelPHarmel 


125. Del rhabarbaro 


82. Dell'Hermodattilo 


126. Del ribes % 


83. DelPhypocistide 


127. Del saie 


84. Dell'byssopo 


158. Délia salsapariglia 


85. Dell'incenso 


129. Délia sandaracha 


86. Délia lacca 


130. De sangui 


87. Del lapis armeno 


131. Del sangue di drago 


88. Dei lapis lazzoli 


132. Délia sarcocolla 


$9. Del ladano 


133. De satyrii 


90 Del legno aloè 


134. Délia scaglia de metalli 


91. •» gvaiaco 


135. Délia scoria de metalli 



37 

136. Délia scamraonea 147. Del tamarindo 

137. Deîlo scordeo 148. Délia terra sigillata 

138. Délia sena 149. Del thymo 

139. Del serapino 150. Del thlapsi 

140. Del seseli 151. Del trifoglio 

141. Délia sinopia 152. Del turbith 

142. Délia spiga celtica 153. Délia tuzia 

143. » nardi 154. Délia valeriana 

144. Dello spodio 155. Del verderame 

145. Dello squinantho 156. Del vetriuolo 

146. Dello storace 157. Del zafferano 

A quest'elenco délie sostanze o materie de' medicamenti segue 
il discorso délie preparazioni délie médiane semplki, elle nel ri- 
cettario del £8 è messo nell'ultima parte; e in prima si tratta 
del seccare, quindi del purgare — insalare — inumidire — nu- 
trire le medicine — infondere — dissoïvere et stemperare — strug- 
gere e liqiiefare — ammorbidire — indurire — scaldare — £e- 
nere al sole, sotto il Ictame, sotto le vînaccie, sotto la sansa, sotto 
la rena e sotto la terra — ciDcere — arrostire , friggere ed ab- 
bronzare — ardere le medicine — spegnere — pestare — soppe- 
stare — macinare — polverizzare le medicine freganclole in su la 
pietra d'arrotare — stacciare e passar per istaccio — lavare — 
modo del trarre i sughi — modo del trarre le mueellagini — 
sp réméré le medicine — colare — chiarire (1) — colonre — pre- 
parazione di alcune parti degli animali, et délia prrparazione del 
sangue di becco — trarre gli olij — modo di dillare Vacqua per 
istufa humida — modo di slillare per istufa secca (2). Segue il 
trattato de medicamenti semplicz et compost i che debbe saper fart 
lo speziale; ma non di tutto è discorso per non far cosa troppo 
lunga e tediosa, bensi soltanto di quelli che oltre essere in uso 
sono ancora diffîcili a comporsi ; e quindi de* conditi e délie con- 
serve — délie infusioni — délie decozioni — de* robbi , de' giu- 
lebbi e sciroppi — de' locchi — de' lattouari — de' morselletti — 
délie polveri — délie pillole — de' trocisci e sieffl — degli un- 
guentiy empiastri et cerotti. 



(1) Dello stiumare è aggiunto neU'edizione del 1574. 

(2) Corne già fu avvertito l'edizione del 1567 ha una sola figura in- 
cisa in legno, tre invece la successiva; la quale eziandio per l 1 una e 
l'altra specie di distillazione indica due modi. 



38 

Cosl si chiude la 1.* Parte, clie nelfedizione del 67 giunge alla 
pag. 112 (per errore di stainpa 121) e nella posteriore alla pag. 122. 
La 2. a Parte, nella quale si contiene la àichiaratione de pesi et 
misure et succidanei, è compresa in arabedue le stampe, in sole 
4 pagine: 136 invece nella stampa più antica e 152 nella più ré- 
cente servono (divisa la pagina, corne si è detto, in due colonne) 
alla 3. a Parte in cui sono descritte le ricette (i.). La materia vi 
è distribuita come sopra nella parte générale a proposito de'medi- 
camenti composti (canditi e conserve, tnfuszoni, ecc.) aggiungendo 
queste altre preparazioni Acque composte — olii — linimenti ca- 
pitelli o vero rotlorii — vescicatorii — senapismi — rfstaurativi; 
i quali ultimi corn' erano un' aggiunta nuovamente stampata al 
ricettario del 1567, continuavano ad essere tali nel successive , 
confermando anche su questo punto il carattere di ristarapa (2). 

Appendice del tutto nuova sono gli Ordini, Provisioni, Capi- 
toli, Stahtti, et addilioni attenenti alli Mcdici, Spetiali, et altri 
compresi soilo VArte, et vniuersità de' Me&ici, Spetiali, et Merciai 
délia città di Firenze nuovamente posti in osservantia, et ridotti 
insieme. ïncomincia con la Conclusione de nuovi Slatuti sopra li 
torcliî (torcie) et altri lauori di cera , gli speziali essendo pure 
allora cerajuoli, o per lo meno avendo Tarte délia cera dipen- 
dente dall'arte di quelli. 1 vecchi statuti venivano modificati, per 
cagione d' una supplica degli speziali di Firenze, dalli spetiaoili 
Signor 1 Consoli delVArte e dalï 'Università delli Spetiali in suf- 
ficcnti numéro ragunati , ma soltanto dopo il rescritto avutone 
dal Duca, il quale poi approvava le modificazioni fatte il 6 lu- 
glio 1056. Seguono la Prouistone et Gapitoli attenenti (3) alïarte 
delli Spetiali di tutto il felicissimo dominio Fiorentino, per bene- 



(1) Cosi in capo al libro; ma nella tavola la seraplice indicazione è 
dichiarata a queste modo : « Nella terza parte si descriuono particular- 
mente tutte le sorti de'medicaraenti composti, clie s'vsano hoggi comu- 
nemente da tutti i Medici ; col titolo che cosa siano, et da chi tratti ; 
col peso o misura de' semplici , et col modo di comporli.» 

(2) Non figurano in tutte due le edizioni come medicamenti parti- 
colari i morselletti, de' quali pur si tratta nella parte générale dicendo 
che si fanno « di spetii di lattouari piaceuoli ; et si toglie per ogni 
libbra di zuechero cotto a forma di manuschristi un'oncia di spezij , 
e dassegli forma tonda, e stiacciata, o a modo di mandorla, di peso 
d'una dramma , o due, secondo che piace al medico. » 

(3) Nell'edizione prima leggesi per errore attenemti. 



39 

fitio délia vita liumana del 5 settembre 1561; venivano questi 
non più deliberati dai Consoli o dalla Corporazione dopo il per- 
messo e secondo le intenzioni del Principe, ma addirittura pas- 
sait intra li Mag, S. Luogotenente, et Consiglieri di S. E. Illust. (1). 
La quale con lo stesso procedimento (si ormai la potenza sua 
era divenuta assoluta ed incontrastata) poco dopo bandiva \& pro- 
visione et capitoli, sopra li Medici et Spetiall , non solo délia 
città di Fiorenza, ma di tutto il suo Dominio, circa la Tara, Ri- 
cettari, et Matricule (2). Con questo provvedimento era fatto ob- 
bligo a tutti i medici e speziali d'inscriversi nei registro del- 
l'arte, la quale per essere cxausta, ritraeva dalla tassa d'iscri- 
zione modo per sollevarsi ; ed essa nelle strettezze in cui si di- 
batteva accoglieva il sussidio senza badare come le fosse dato, 



(1) Giova riferirne il preambolo. «Considerando l'Illustriss. et Eccell. 
S. il S. Duca di Fiorenza et di Siena (il Sereniss. Gran Duca di Toscana 
nell'ediziene del 1474), quanto siano utili li ordini dati alli Spetiali 
délia città di Fiorenza, et a quella di Pisa circa le dispense, et con- 
seruatione del Médicinale, per la conualescenza (qui non è per sem- 
plice ricoveramento di sanità , ma per guarigione; nel quale signift- 
cato la voce non è registrata nel vocabolario) delli infermi, a commo- 
de- , et benefitio uniuersale: et volendo che li Spetiali di tutto il do- 
minio Fiorentino si gouernino sotto la medesima regola, et modo, et 
ridurli in miglior forma, che per l'adietro non sono stati. Impero la 
prefata S. E. I. (Altezza Serenissima nell'edizione posteriore ) insieme 
con li Magniflci Consiglieri hanno prouisto, ordinato et deliberato Tin- 
frascritti capitoli. » Cioè 

Cap. I. DelTelezione dei Veditori e del medico; 

t> II. DelFautorità de' medesimi; 

» III. Délie dispensée composizioni del médicinale; 

» IV. Dell'obbligo dei ueditori e del medico circa le dispense e 
composizioni; , 

» V. Del saiario dei veditori e del medico; deila pena dei ri- 
fiuto ; 

» VI. Délie terre et luoghi ove sia poco numéro di speziali; 

<s VII. Délia consegna délie robe, e cose délie 'botteghe degli spe- 
ziali; 

» VIII. Délie pêne di chi transgredirà respettivamente li prefati 
capitoli; 

t> IX. Délie pêne de' Consolati e dei Rettori. 

(2) « Passati per sua Eccell. Illust. (sua Altezza Sereniss.) et li suoi 
Mag. Consiglieri, il di 5 di Dicembre, et il di 20 di Gennaio 1561 (Stat. 
fiorentino). » 



40 

e corne perdesse, pur ricevendo un benefizio, qualsiasi autorità, 
poichè quella che le rimaneva venivale conferita dal Duca, nelle 
cui mani l'Arte diventava un amminicolo amministrativo , uno 
strumento di governo. Ed al governo suo volea Cosimo tutti 
fossero soggetti, e perô, non consultando il Collegio de'medici, 
ma valendosi de* suoi Consiglieri , ordinava nello stesso anno 
(21 aprile 15^2) che ail' tifficio Veditori del Médicinale fossero 
sottoposte le spezierie degli spedali, e le altre dei conventi e dei 
monasteri che volessero vendere o dar fuori alcuna sorta di 
medicaniento o di droga. Anche questa Provisione entrava a far 
parte deil'anzidetta Appendice insieme con il divieto di prepa- 
rare lisci, ove entrino cose chiare o dulbie di poter nuocere al 
corpo humario , nelle botteghe in cui si fanno medicinali , o si 
soppestano robe per gl' infermi e si preparano unguenti, impia- 
stri e purgagioni (l). Si soggiungevano altre prescrizioni per im- 
pedire l'esercizio abusivo délia medicina, délia 'chirurgia e délia 
farmacia, per mantenere nelle imposte limitazioni coloro che non 
avevano ottenuto la licenza o patente dai quattro deputati del- 
l'Arte di esercitare la medicina o la chirurgia per non più che una 
parte di essa. Allora, siccome oggi , v'era non solo da sterpare 
la mala pianta degli empirici, de' medicastri, dei ciurmadori, ma 
da contenere gli altri che di continuo tendevano ad uscir fuori 
dal campo prescritto ; erano chirurghi che volevano fare senza 
consiglio dei fisici, cacciar sangue, ordinare legno (intendi legno 
santo ossia guajaco), evacuanti, stufe e simili cose loro proibite. 
Tutti questi prowedimenti, capitoli, statuti, ecc. venivano poi 
compresi e ristretti in Brève compendio , il quale chiude il vo- 
lume, con r avvertenza altresi «che li Medici , et Spetiali deb- 
bino tener appresso di loro il Kicettario che riceueranno dai- 
l'Arte, et auerne uno da detta Arte pena lire X per qualunque 
a chi non sarà trovato suo nome. » Quest'obbligo e questa minac- 
cia (la quale, oltre che al buon esercizio délia farmacia, prov- 
vedeva alla cassa dell'Arte degli speziali che aveva preso a 
pubblicare a sue spese il libro ) ci riconduce a dire del Kicet- 
tario e délia materia di esso, molto più che degli anzidetti prov- 
vedimenti di medica polizia abbiamo discorso abbastanza per co- 



(1) « Provisione , et Capitoli attenenti all'Arte delli Spetiali di tutto 
il felicissimo Dominio Fiorentino. Sopra li Spedali, Conuenti, Monasterii, 
Lisci, Metricole (Matricole nella 2.* edizione ) , et Medici. A beneficio 
vniuersale. » 



41 

glierne lo spirito in altra accasione (1). Soltanto ci piace di estrarre 
dalla predetta Appendice, anche perché soggetto che entra pie- 
namente nell' argomento prefissoci in questo studio, Notula di 
quanto dovevano vedere H veditori del médicinale, cioè i quattro 
Dottori medici stati eletti con due speziali a taie ufficio. Fra 
gli sciroppi erano da vedere soltanto questi: Yacetosita di cedro, 
— lo sciroppo violato di miele (2) — d'indioia composta — di menta 
maggiore — di assenzio — di calamento — à'epitimo — di steca 
composto (3) — d' eupatorio — d' ermodattili (1) e miva aroma- 
tica (5). 

Non si rivedevano le conserve semplici, corne cotognati, con- 
serve d'erbe, di fiori, di radice e di frutti in succo, od in miele sem- 
plice ; tutti i giulebbi semplici, le infusioni e decozioni ; tutte le 
polveri meno la polvere capitale calda e temperata, la potoere 
constrettiva ai miele; tutti gli olj semplici a sole (6) eccetto 
quelli che andassero con olio omfacino (7), e Yolio rosato com- 
plète. Fra gli olj a fuoeo per bollizione e per sublimazione an- 
davano riveduti Yolio melino e il muscelUno (8), l'olio di mastice, 
di nardino, di sansucino (9), d'iperico, di scorpioni semplice e 
composto, di castoro (10), di euforbio e di costo e cosi fra gli un- 
guenti l' infrigidante di Galeno (11) — il pdtorale — lo stomatîco 



(1) Corradi A, «Gli antichi Statuti degîi Speziali.» In: «Ann. un. 
Med.» 1886, Vol. CCLXXVII. 

(2) Miele. 

(3) Stecade (Lavandula Stoechas) 

(4) Ermodateri nella 1.* edizione. 

(5) La miva è il succo di mêle cotogne bollito con vino, e di nuovo 
cotto con miele ed aromi. 

(6) Cioè fatti tenendo Tolio e le droghe infuse al sole. Nella 1.* edi- 
zione sta per errore sale. 

(7) E non imfacino corne nella l. a edizione: Yomfacinum oleum era 
Polio spremuto da olive immature (daojxcpa^, uva immatura). 

(8) Amendue questi olj sono delTAntidotario di Niccolô Alessandrino; 
il primo (che il Ricettario del 1507 scrive erroneamente mellino) ha 
quel nome perché fatto con gli spicchi e il succo délie mêle cotogne? 
e nel testo del libro trovasi non altrimenti che corne Olio di cotogne 
di Mesue. L'altro olio, il muscellino, veniva cosi detto dal muschio che 
ne era uno degli ingredienti. 

(9) Dalle foglie e dal succo di persa o maggiorana (-a^cpu/ov) infuse 
nell'olio. 

(10) Scarpioni e Castro ha la prima stampa. 

(11) Olio rosato omfacino con cera : nella tavola di amendue le edi- 
zioni non ô registrato sotto Unguento, ma sotto Infrigidante. 



42 

— il sctndalino — Yegiziaco (1) — quello tfarlanita, — di ma- 
dresélva — di tuzia — del Gonciliaiore (2) — degli Apostoli (3) 

— délia Confessa (4) — di altri con gomma (5). Tutti gli em- 
piastri e cerotti erano esonerati da visita sal vo i sottoscritti 
empiastro di meliloto, diafinicon (G), cerotto gratia Dei (7), dia- 
cadmia (8), Isis di Galeno (9), ossocrotto (10), di pelle arictina (11). 
Per lo contrario, qualsiasi loc, all'infuori di quello di psilio, di 
scilla e dei capi di papavero o diacodion, sottoponevasi airocchio 
de' veditori , a cui non dovevano sfuggire neppure gli elettuari 
tutti , siccome quelli che tenevano principale posto neU'officina 
farmaceutica. 



(1) Maîamente unguento, perché composto senza veruna materia 
grassa, ma soltanto di verderame , miele ed aceto forte: egiziano 
poi dalla provenienza. Trovasi ricordato da Ippocrate appunto corne 
AtyyVctQv {Aopov (De natura muliebri. Op. omn. Lipsise 1826, II, 786). 

(2) Pietro d' Abano detto il Conciliatore. — Olio rcsato con gomma 
elemi, gomma ammoniaca, trementina, ragia di pino e cera. 

(3) Unguentum apostolorum, dodeca pharmacum, perché composto di 
12 ingredienti (cera bianca, trementina, ragia, gomma an moniaca, 
aristolochia lunga, incenso maschio, bdellio, mirra, galbano, litargirio 
opoponace, fior di rame). 

(4) Unguento délia Contessa di Guglielmo di Varignana: astringente 
per la polvere di corteccie di ghiande, di querce, di galla, ecc. — Gu- 
glielmo da Varignana, terra del Bolognese presso Imola, figlio di Bar- 
tolomeo, e forse corne il padre Professore nello studio di Bologna, è 
autore di sécréta sublimia ad vnrios curandos morbos, 

(5) JDialtera nell'edizione del 67. 

(6) E non deafenicon corne nella l. a edizione: empiastro fatto con la 
polpa de 1 datteri (Stoc. per, ex, e cpot'vi? dactylus). 

(7) Conteneva galbano, opopanace, verderame, incenso, aristolochia 
lunga, mastice, mirra, litargirio, ecc. 

(8) Cioè fatto con cadmia (tuzia): e quindi non diacalmia corne nella 
prima stampa. 

(9) «Isis vocatum emplastrum gilvum (cenericcio), ad fluentia, diu- 
turna, maligna valet ac vix curabilia, maxime in partibus extremis 
(Galeni, « De compositione medicamentorum p.r gênera. » Lib. IV, 
Cap. XIII. In: Op. omn. Lipsiae 1827, XIII, 736). » Cera cotta con quanto 
basta d' aceto insieme con pece, scaglie di rame, verderame, aristolo- 
chia, incenso, sale ammoniaco, allume, mirra, aloe, ecc. 

(10) È il cerotto od empiastro oxycroceum di Niccol6 Alessandrino, 
cosi detto dall' aceto e dallo zafferano che vi erano incorporati con la 
pece, la trementina, il galbano, la mirra, l'incenso, ecc. 

(11) Aristina nella stampa del 67. 



43 
III. 

Da quanto abbiamo riferito appare manifesto corne di fronte 
al Ricettario del 1498 sia assai migliore quello del 1567; si per 
la forma, il linguaggio e la correzione, corne per Y ordinamento 
délie materie, là preparazione dei medicamenti, le aggiunte fatte 
e più ancora per la depurazione che gli aniraosi riformatori vi 
recavano. Basterebbe alla loro iode l'aver levati via gli sterchi, 
che nell'antico Ricettario figuravano fra le cose semplici che gli 
speziali dovevano tenere in bottega, ed erano non meno di 
otto fi): ne a que' terapi il dare lo sfratto a taie merce era im- 
presa da pigliare a gabbo, imperocchè aveva per se non pure 
la credulità del volgo, ma V autorità de'maggiori maestri, da 
Asclepiade (2) a Dioscoride (3) , da Galeno ad Àvicenna (4) , 
dalla scuola di Cnido a quella di Salerno (5). Proprio in quei 
giorni in cui i riformatori fiorentini condannavano la farmacia 
stercoraria non parlandone , il Mattioli ripetevane le lodi dio- 
scoridee e galeniche , ed insisteva sulla differenza del tempera- 
mento delio sterco ; imperocchè 1' uno è men caldo o più caldo. 
dell' altro secondo la natura degli animali di diverse specie, e 



(1) Sterco di colomba, di topi, d' asmo, d' uomo, di gallina, di gallo, 
di lupo, di tasso. 

(2) Hippocratis. « De morbis mulierum. » Lîb. II, Op. omn. cit. 

(3) Dioscoridis. Lib. II, cap. 98. 

(4) « Asclepiades, cui cognomentum erat pharmacon, et alia omnia 
medicamenta collegit, ut multos impleret libros, et stercore ad multos 
saepe affectus utitur non modo medicamentis, quae foris imponuntur 
commiscens, sed iis quoque quae intro in os sumuntur. Sane ego memini 
me admirandum tum humani, tum canini stercoris expertus facultatem 
(Galeni, « De simplicium medicamentorum temperamentis ac faculta- 
tibus. » Lib. X, Cap. II, § 18, 19. In: Op. omn., Lipsias 1826, XII, 291). > 

— « Stercus humanum est theriaca ad nocumenta ex sagittis armenis 
(Avicennae, Op. omn. Venet. 1595, II, 208). » 

(5) È délia scuola di Cnido l'Autore dei due libri délie malattie délie 
donne, nel secondo dei quali suggerisce lo sterco di gallina stemperato 
nell'acquacoQ uova ed erbe aromatiche ed emollienti per injezioni nell'u- 
tero inflammato e pieno di ventosità; e parimente lo sterco di pic- 
cione in frizioni per rimedio délia calvizie (Hipprocatis, Op. omn. cit., II ? 
849,854). — Sllvatici Maûthaei, Opus Pandectarum (Sub voce Fimus). 

— Aegidii Corboliensis , Carmina medica, Lib. IV, v. 1474. Lipsise 1826> 
p. 193. 



44 

similmente secondo la natura dei cibi in quelli d'una medesima 
specie (1). Ne gli encomiatori di tanta schifezza sparivano col 
cinquecento; nel bel raezzo del secolo XVII una Farmacopea, la 
quale usciva sotto gli auspicj e con la revisione del collegio 
medico di Ulma, annoverava 12 specie di sterchi fra i più. usati 
in medicina, ciô che lascia credere altri ne fossero ancora, quello 
di cocodrillo ad esempio: e bisogna sentire le mirabili virtù che 
si attribuivano soprattutto allô sterco degli uccelli, il quale per 
essere tutto nitroso aveva mirificam vim discuticndi, incidendi, 
attenuandi, dissolvendi, aperiendi, àbstergendi : simili galanterie 
amministravansi anche per bocca facendone acque ed olj distil- 
lati, ovvero estraendone i sali (2). Che più ! Quasi puô dirsi fino 
a' di nostri gli escrementi del cane sotto nome di album graecum 
figuravano nell' officina farmaceutica, ed uno de" 1 migliori nostri 
Antidotarj e délie nostre più coite città indicava il modo di 
prepararlo (3). 

Ma il dominio délia medicina arabica era stato troppo lungo, 
e troppo ferreo il giogo per poterlo scuotere d' un tratto : d n al- 
tronde i maestri rimanevano sempre i medesimi. Lo speziaie 
doveva saper tanto délia lingua latina da poter leggere Diosco- 
rîde, Galeno, Plinio, Serapione, Mesue, Avicenna; ovvero non 
ne sapendo doveva esercitarsi in leggere i modérai, i quaii ave- 
vano tradotto o scritto délia materia dello speziaie in lingua 
rolgare; le quali opère erano assai poche e pochissime di tal 
pregio ed autorità da dare nuovo avviamento agli studj, rmovo 
aspetto alla farmacia; che del resto doveva attendere per mutar 
se stessa si mutassero la medicina, la chimica, le scienze natu- 
rali tutte. Per buona ventura in quel capitolo, dove appunto 
sono designati i testi a^quali lo speziaie doveva attenersi, è pur 
indicata la via pratica di osservazioni e di ricerche che quegli, 
giovane dlngegno e di corpo destro, di buoni costumi, non avaro, 
diligente, fedele, aveva da seguire ; esercitarsi cioè di buon' ora 
nella cognizione délie medicine semplici e délie composte, e cer- 



(1) Mattioli, Discorsi etc.Venezia 1559, p. 250. 

(2) Schrôderi Joh., « Pharmacopœia medica chymica. » tllmas 1650, 
If, p. 124. 

(3) « Canis longo jejunio maceratus solis ossibus nutriatur per plures 
dies. Excrementa albi coloris supra lapidem laevigentur, ed in pastillos 
fingantur (Antidotarium Collegii Medicorum Bononiensis. Editum anno 
MDCCLXX, p. 471). » 



45 

care tutti i luoghi atti a produire erbe ed altre medicine, che 
nascono nel nostro paese (1). 

Ma meglio ancora spiccano le differenze fra il Kicettario vec- 
chio ed il nuovo, e quindi il cammino fatto dalla medicina e 
dalla farmacia in mezzo secolo (intendiamoci in mezzo secoio del 
cinquecento), mettendo a confronto il materiale compreso nella 
III Parte del libro , vale a dire in quella dove sono descritte 
le ricette. La ripartizione de' medicamenti non è la medesima, e 
neppure uguale ne è il numéro siccome rilevasi dai seguente 
prospetto : 

Distinzioni dei Medicamenti nel Ricettario fîorentino. 

Edizione antica (A. 1498). Edizione nuova (A. 1567, 1574). 

I. EleUuari (lactovari) dolci 39 I. Conditi e conserve. . . 24 

II. » » amari 12 II. Infusioni e decozionî . . 25 

III. » » oppiati 11 III. Robbi, giulebbiesciroppi 75 

IV. Medicine lenitiveesolutive 30 IV. Locchi 23 

V. Conditi 26 V. Lattovari ...... 38 

VI. Locchi 15 VI. » purganti ... 47 

VII. Sciroppi e giulebbi. . . 54 VII. Polveri 38 

VIII. Robbi (Robubbi) .... 22 VIII. Pillole 50 

IX. Trocisci 31 IX. Trocisci e sieffl . ... 66 

X. Sufuf e polveri .... 15 X. Acque composte .... 8 

XI. Pillole 52 XI. Olii 44 

XII. Sieffi 26 XII. Liaimenti 3 

XIII. Collirii 18 XIII. Unguenti,impiastri,cerotti 47 

XIV. Unguenti 35 XIV. Capitelli o vero rottorii . 4 

XV. Empiastri 29 XV. Vescicatorii 4 

XVI. Olii 61 XVI. Senapismi 45 

XVII. Spezie da pictima ... 4 XVII. Restaurativi 6 

XVIII. Confezioni cordiali magi- 

stral]. . 9 

489 547 

La differenza fra le classi nei due Kicettari più che nel nu- 
méro è nella costituzione : alcune vi sorgevano nuove, altre ne 
scomparivano oppure non vi rimanevano che come parti di mag- 
giori o subordinate. Nuove erano nel Ricettario ammordenato le 
classi délie Infusioni e decozioni délie Acque composte, dei Lini- 
menti, dei Capitelli ovvero Rottorii, dei Vescicatori, dei Senapismi, 



(1) Ricettario fiorentino p. 2 (dell'una e dell'altra edizione). 



45 

dei Iiestaurativi : ma non nuovo interamente il materiale di 
ciascuna di esse ; una porzione derivava dalle vecchie distin- 
zioni di guisa che alla fin fine riesciva non altro che uno sposta- 
mento. 

Le prime 9 classi erano presso che tutte per le medicine da 
prendersi per bocca, le rimanenti 8 per le altre di uso esterno. 
Quelle incominciavano con i conditi e le conserve, cioè con pre- 
parazioni che servivano massimamente da eccipienti e da cor- 
rettivi : questa I classe corrispondeva alla V del Ricettario vec- 
chio. Dalla YII1 di qnesto, dove le decozioni formavano corne un 
appendice ai Robbi , traeva la II classe del Ricettario nuovo 
parecchi de'suoi componenti : le infusioni e le decozioni si face- 
vano o per usarle da per se, o per mescolarle con alcuna me- 
dicina concorrendo nell'effetto secondo la sua composizione , od 
anche semplicemente per dissolvere o stemperare quella cui ve- 
niva aggiuntaacciocchè si pigliasse più agevolmente. La III classe 
abbracciando i robbi, i giultbbi e gli sciroppi componeva in una 
la VII e I' VIII distinzione del primo Ricettario: la IV dei 
ïocchi rimaneva immutata (1) , la V riduceva a se molti degli 
elettuarj spartiti prima in tre grunpi, rimettendo alla classe suc- 
cessiva il resto con le medicine lenitive e solutive , che già for- 
mavano una spéciale distinzione (2) ; onde che figurano iasieme 
la teriaca, il filonio, la requie magna ed altri composti oppiati 
con gli elettuarj purganti per coloquintida "aloe sena cassia e 
-simili: meglio aveva provveduto il vecchio Ricettario tenendo 
distinti gli tlettuari oppiati. Se non che a dir vero taie inten- 
zione ebbero almeno per un momento i compilatori del nuovo , 
allorquando nella prima Parte di esso si proponevano di seguire 
l'ordine de'predecessori (3); ma poscia, qualunque ne fosse la 
ragione , non segnarono nella terza parte che due divisioni di 
elettuarj {Lattovari senza veruna speciftcazione e lattovari pur- 



(1) Gli Arabi chiamavano Ïocchi quella sorta di medicina che i Greci 
dissero eclernmi et eclecta e i Latini Ùncti, perché si pigliano in bocca 
a modo di lambire e leccare ( ly.\v'ybi lingo, lambo) e a poco a poco 
si lasciano discendere nella canna del polmone. 

(2) La IV nel Ricettario vecchio. 

(3) « Noi gli ridurremo a lattovari grati , et piacevoli al gusto; a 
lattovari amari et ingrati, a lattovari purganti et solutivi , et aile te- 
riache et lattovari oppiati, et cosi secondo questo ordine gli desciïve- 
remo al luogo loro (p. p. 108 ediz. del 1567, p. 116 ediz. del 1574). » 



47 

ganti) mettendo in fine dell'ultima quelli che contenevano oppio 
non senza frammescolarci pareccbi che n' erano privi (l). Le 
polveri e le pillole (VII ed VI LI classe) non facevano che mutare 
di sito ; la prima per altro tirava in se le spezie da pictima che 
già avevano posto distinto (XVII); e, corne queste, applicavansi 
pure al di fuori le diverse polveri costrettive, incarnative e cor- 
rosive utili aile ferite, agli ulceri e per diversi effetti su questa 
o quella parte esteriore del corpo. Le pillole servivano per la 
maggior parte a purgare ed evacuare , ond' è che poteva dirsi 
che corne la cera era la materia ossia base degli unguenti, cosl 
l'aloe era taie rispetto aile pillole (2). I trocisci e gli sieffi dianzi 
separati (IX e XII distinzione) riunivansi per formare la classe IX: 
Le acque composte délia X, servivano tutte, tranne che una, alla 
chirurgia. La classe degli olj (XI) corrispondeva, salvo il minor 
numéro, aU'antica XVI: Il piccolo gruppo dei Uniment i costi- 
tuiva la nuova classe XII, mentre che la XIII sorgeva dalle due 
riunite degli unguenti ed empiostri che nel Ricettario del 98 
avevano il XIV e il XT posto. Le classi dei capitelli e dei ve- 
scicatorj (XV e XVI) erano affatto nuove anche pei componenti ; 
in vece quella dei senapismi non aveva di nuovo che quasi il 
nome, improprio del resto corne vedremo. Le ultime due classi 
delFuno e deil' altro Ricettario non hanno riscontro, sebbene a 
prima vista qualche analogia si potesse scorgere nel fine cui do- 
vevano servire : ma poi neppur questo si trova , essendo che 
le confezioni cordiali magistrali del primo Ricettario altro non 
erano in sostanza che elettuari caldi stimolativi o pozioni tem- 
peranti, laddove che le polpe confette i brodi e gli stillati del 
secondo si proponevano non una fugace eccitazione , ma di 
riparare e rinvigorire rincorporando : la denominazione ne era 
bene acconcia, corne che poi il desiderato restauro rimanesse con 
quegli argoraenti piuttosto neirintendimento che neU'effetto (3). 
Il vecchio Ricettario prendeva le sue distinzioni da Mesue , e 



(1) P. e., il diarceuthi Ion fatto con coccole di ginepro , Yathanasia 
di Damocrate, la trifera saracenica, il diacastoreo magistrale. 

(2) Alcune per altro appresso agli Arabi servivano a stupefare il 
senso corne le pillole di cinoglossa e simili valevoli a lenire la tosse. 

(3) Il vocabolario ha ristorativo, e non restaurativo , corne mette il 
Ricettario, sebbene quello registri restaurameuto , restauro , restaura- 
tore, ecc. 



48 HISTOIRE DES HERBIERS. 

afin d'y continuer ses études botaniques et médicales. Malheu- 
reusement, Jean Bauhin, dénoncé à l'autorité ecclésiastique 
comme sectateur de la religion réformée, se vit obligé de re- 
tourner précipitamment à Bàle, auprès de sa famille (1). 

Empêché d'abord par ses occupations professionnelles, puis, 
plus tard, par une infirmité qui le rendit incapable de tout tra- 
vail intellectuel pendant les dernières années de sa vie, Dalé- 
champs mourut en 1588, sans avoir pu achever l'œuvre qu'il 
regardait comme le couronnement de sa carrière scienti- 
fique (2). 

L'imprimeur Guillaume Roville, à qui furent remis les ma- 
nuscrits de Daléchamps, chargea un médecin de Lyon, nommé 
Jean des Moulins, d'arranger et de coordonner les notes lais- 
sées par l'illustre botaniste, et, avec son concours, publia, en 
1587, YHistoria generalis plantarum in libros XVIII digesta. 



(1) Il n'est pas sans intérêt de rappeler que la famille illustrée, par les 
frères Bauhin, Jean et Gaspard, est d'origine française. Le père de ces deux 
deux botanistes était médecin à Amiens et il acquit une telle réputation qu'il 
fut appelé à la cour de France pour y remplir la fonction de premier 
médecin, bien qu'il eût commis l'imprudence d'abandonner la religion 
catholique et d'adhérer publiquement aux doctrines de la secte luthérienne. 
La protection de Catherine, reine de Navarre, et de Marguerite, sœur de 
François I er , ne put le mettre à l'abri des poursuites exercées contre les 
hérétiques. Condamné à être brûlé, il parvint cependant'à se sauver hors de 
France, et fut réduit à errer misérablement pendant plusieurs années à tra- 
vers la Hollande et l'Allemagne, sans cesse menacé de tomber entre les mains 
des sicaires de l'inquisition. Enfin il finit par trouver un asile à Bâle, où il 
occupa d'abord l'emploi de correcteur d'imprimerie ; mais bientôt, complè- 
tement rassuré . par l'esprit de tolérance qui animait ses nouveaux conci- 
toyens, il reprit l'exercice de la médecine et devint doyen du Collège de Bâle. 

(2) Dans plusieurs articles biographiques, il est dit que Daléchamps est mort 
à Lyon en 1586. Cependant il est hors de doute que ce célèbre médecin est 
mort en 1588, à l'âge de 75 ans, ainsi que le démontre l'inscription de la 
plaque commémorative en marbre noir placée, peu de temps après la mort de 
Daléchamps, dans l'église des Dominicains., appelée plus tard église des 
Jacobins. Cette église, située près de la place qui porte encore aujourd'hui 
le nom de place des Jacobins, a été démolie, mais la pierre qui recouvrait 
le tombeau de Daléchamps a été conservée et se trouve actuellement au 
Musée lapidaire de Lyon. Voici cette inscription : 

Dom. et M. AE. 
Siste gradum viator et pellege. — Jacobus Dalechampius cadomensis me- 
dicus celeberrimus notée et spectatse fidei bonorum omnium amicissimus et 
studiosissimus auctus proie dulcissima carissima annum agens LXXV cum 
magno suorum luctu universique populi desiderio mortis quondam victor à 
morte tandem victus obiit kal. mart. anni CIO IOLXXXVIII. 

Prosôpopoia. 
Me sinu Cadomus suo tenellum excepit docuit chorus Sororum artes. 
Nunc tumulus tegit jacentem at fama ingenii volât superstes. 



HISTOIRE DES HERBIERS. 49 

Lugduni apud Gulielmum Rovillium, 1587, 2 vol. in- fol., sans 
nom d'auteur (1). 

Les éditeurs n'étaient pas à la hauteur de la tâche difficile 
qu'ils avaient entreprise et commirent des erreurs graves de 
synonymie, en décrivant quelquefois la même plante sous diffé- 
rents noms. Un médecin lyonnais, nommé Jacques Pons, releva 
plusieurs de ces erreurs, dans un écrit publié en 1600, sous le 
titre d' Annotationes in Historiam plant arum. L'année sui- 
vante, C. Bauhin en signala plusieurs autres dans ses Ani- 
madversiones in Historiam plantarum. Il fut tenu compte des 
rectifications indiquées par J. Pons, mais non de celles de C. 
Bauhin, dans l'édition française imprimée en 1615, par les hé- 
ritiers de Roville, sous le titre de Histoire générale des plantes, 
sortie latine de la bibliothèque de J. Dalèchamps, et faite 
française par Jean des Moulins, 2 vol. in-fol. Une autre édi- 
tion, non différente de la première, parut en 1653, à Lyon, chez 
Philippe Borde. 

Malgré les lacunes et imperfections laissées par les éditeurs, 
Y Histoire générale des plantes est de beaucoup supérieure aux 
traités composés antérieurement par Brunfels, Brasavola, Tra- 
gus, Dorstenius, Gesner, Fuchs, Ruel, et peut être mise sur le 
même rang que les traités de Botanique de Dodoens, Matthiole, 
Matthias de Lobel, Tabernasmontanus et Jean Bauhin. Nous 
n'hésitons pas à affirmer que Dalèchamps est le premier des 
botanistes français du XVI e siècle, puisqu'il ne nous est pas 
permis de revendiquer comme nôtres Gaspard et Jean Bauhin, 
qui seraient les plus grands de tous. 

En présentant un exposé rapide de l'état de la Botanique à 
Lyon, nous avons voulu démontrer que cette science était assez 
florissante dans notre ville au milieu du XVI e siècle, pour que 
le jeune Lyonnais Jean Girault, « pour lors prieur des étudians 



(1) Plusieurs des noms créés par Dalèchamps sont restés dans la nomen- 
clature moderne, tels sont : Acer monspessulanum, Sedum (Aizoon) dasy- 
phyllum, Anthoxanthum, Mœhringia (Alsme) muscosa, Cakile (Eruca) ma- 
ritima, Althaea (Alcea) villosa ou hirsuta, Medicago (Tribulus) minima, 
Hieracium sabaudurn, Corydallis (Fumaria) bulbosa, Lathyrus sativus, 
Orobus (Galega) montanus. 



En outre, il sut, le premier, distinguer plusieurs espèces, jusqu'alors 
-reconnues, nous nous bornerons à citer : Bupleuron aristatum, Veronica 
urticifolia, Bunium verticillatum, Erinus alpmus, Ornithopus compressus, 
Urospermon Dalechampii, Andryala sinuata, Coronilla minima. 



50 

Nella quale ripartizione subito salta agli occhi il dominio che la 
medicina greca prendeva sull'arabica ; ne il distaccarsi dall* una 
scuola per volgersi all'altra era un semplice mutare di sogge- 
zione, imperocchè quel risalimento aile fonti délia medicina 
classica, oltre inchiudere in se stesso un progresse- , coincideva 
con un aumento di prescrizioni rnagistrali , o di autori saliti in 
taie riputazione da rendere raccomandate le loro ricette alla 
pubblica Farmacopea. Ad alcune già ammesse dalla prima stampa 
di Gentile da Foligno, di Niccolô Falcucci, di Antonio da Scar- 
pena, di Pietro d'Abano, di Guglielmo da Varignana, di Lodovico 
da Prato, di Bartolomeo da Montagnana, altre ne venivano ag- 
giunte di Guido da Cauliaco , di Arnaldo da Villanova, di An- 
tonio Guaineri , e di Michèle Savonarola : e fra gli autori più 
recenti ossia deila prima meta deL cinquecento troviamo il me- 
dico Giambattista Mooti, o latinamente Montano, i due chirurghi 
Giovanni da Yico e Berengario da Carpi, i due anatomici Gia- 
como Siivio, ovverossia Du Bois, e Gabriele Falloppio; il quale era 
morto soltanto da cinque anni (1) , quando il nuovo Ricettario 
fiorentino inseriva quelia sua acqua con allume e sublimato cor- 
rosivo iutissima ad pustulas gallieas , e che già andava per le 
farmacie col nome di lui , vivo tuttora e célèbre , siccome ot- 
timo rimedio (2). 

Era questo uno dei pochi preparati chimici a cui s' apriva 
T armadio farmaceutico , la cui materia continuava ad essere 
nella sostanza di semplici , di droghe , di animali o di parti di 
essi , donde poi la moltitudine délie preparazioni galeniche , a 
petto délie chimiche, corne puô rilevarsi dall'elenco che abbiamo 
posto a pag. 35 e dall'anzidetta tavola A. E le poche preparazioni 
chimiche erano riserbate all'uso esterno ; vero è che minerali, piè- 
tre , sali e metalli erano pure dati internamente , e basterebbe 
ricordare il lettovarlo di gemme, il diacorallo, il diaematite, ecc.; 
ma questi e simili intrugli rimanevano pur sempre nei campo 
délia farmacia galenica, si per le manipolazioni , corne anche 
perché le più volte la virtù del minérale, quando ne aveva, ve- 
niva sopraffatta da queila de' semplici e délie droghe che nella 
loro abbondanza nascondevano o rendevano stérile qualsiasi al- 



(1) Il 9 ottobre 1562. 

(2) « Hac aqua madefacio pustulas et tantum ei fido, ufc ad nullum 
aliud deveniam, et certe optimum est medicamentum (Falloppii G, 
« 1)3 morbo gallico. » — « Op. omn. » Venet. 1606, II, 195). » # 



51 

tro effetto. E cosl erano rimedj esterni o chirurgici gli altri presi 
da Giovanni di Vico : contenevano quando tuzia e litargiro (l), 
quando raercurio calcinato (2), minio(o), fior di rame e allume (4). 
Nessuna sostanza minérale o metallica entrava invece nell' un- 
gueato di madreselva di Berengario da Carpi ; neppure nel ce- 
rotto di bettonica e nell'altro detto capitale dello stesso Beren- 
gario, nel quale il famoso chirurgo, non contento di impinzarvi 
trementine, résine e bitumi di varie sorte, nonchè succhi di pa- 
recchie piante, vi intrometteva altresi latte di donna. Il subli- 
mato corrosivo lo troviamo in altri due medicamenti nuovi , 
ma anche questi di uso esteriore, per far cauteno cioè o ve- 
sciche (5). Fra gli unguenti va notato quello da rogna magi- 
strale, che contiene per primo ingrediente lo storace liquido, 
sostanza balsamica del Liquidombar or tentait s , commendata 
oggi corne uno de' migliori rimedj contro la scabbia. Medica- 
menti pur nuovi il legno santo e la Salsapariglia : del primo, 
che è quanto dire del guajaco (Çu^jacum officinale) facevansi 
tre manière di decotto ; una con il legno senza scorza , Taltra 
con la scorza, la terza pure con la scorza ma con 1' aggiunta 
di buon vino greco. Di cotesto legno descrivonsi i caratteri 
per averlo di ottima qualità, avvertendo che la corteccia , la 
quale anche si usava separatamente, talvolta veniva adulterata 
con quella del frassino, del moro o d'altra simile, le quali poi 
si conoscevano dal sapore ed odor propio (6). Délia salsapariglia 
sceglievasi quella che veniva dall'isola délia Puna, presso Guaya- 
quil nel Perù, del mare del Sur (7), e prima di tagiiarla, acciaccarla 
e cuocerla la si lavava in vino bianco senza punto rastiarla, ac- 
ciocchè non si levasse la buccia. Dell'una e dell'altra droga face- 
vansi due bolliture : la prima serbavasi per lo sciroppo, la seconda 
serviva per bere a parte e fuori di pasto, Ai decotti di guajaco e di 
salsapariglia seguiva quello di cina (Smilax cina) a cui l'use fat- 
tone da Carlo V e dai suoi cortigiani, aveva dato molta riputa- 



(1) Polvere da incarnare e stagnare il sangue. — Unguento di tuzia, 

(2) Precipitato. 

(3) Trocisci di minio corrosivo. 

(4) Unguento 'egiziaco délia seconda descrizione. 

(5) Vedi il secondo dei capitelli o rottorii e il quarto de' vescica- 
torii. 

(6) Parte I, p. 43, P. III, p. 125 deU'edlz. dei 1567, ovvero p. 44 e 137 
deiredizione del 1574. 

(7) Cosi in amendue le ediz. (p. 59, p. 61) e nelle successive. 



52 

zione, non ostante che l'archiatro di quello, il grande Vesalio, 
n'avesse talmente moderati gli eneomj , da dire che da cotale 
radiée tanto potevasi sperare quanto dalla decozione d'orzo (1), 
precorrendo cosi il giudizio che i più oggi ne fanno (2). Ecco 
dunque tre médicament! per la cura interna délia sifilide, ma 
tutti tre forniti da piante : il mercurio non appare ancora, ne 
per questa ne per aStra malattia interiore; neppure veniva 
accettato l'unguento mercuriale sebbene da tempo nella medicina 
volgare, e prima ancora che in quella degli uoraini , nell'altra 
degli animali. Vero è che si fatto medicamento era allora caduto 
in tanto sospetto e discredito, per l'abuso che ne avevano fatto gli 
empirici, specialmente nel morbo gallico, da non volerne più sen- 
tire a parlare e da proibirne perfino i'uso negli ospedali (3) ; ma 
anche prima, cioè ne! Ricettario del 98, non era desso registrato, 
non ostante che Mesue avesse un unguento ad scabiem con ar- 
gento vivo estinto nelîa saliva e rafforzato dal sale com.une (clo- 
ruro di sodio), ed un altro parimente n'avesse Niccolô Salerni- 
tano contra serpiginém, impetigmem atque elephantiam, nel quale 
ad esso métallo tenevano compagnia lo zolfo , il litargirio, l'ar- 
senico con il tartaro, l'aloe, il mastice ed altre materie resinose. , 
L'unzione facevasi al sole o davanti al fuoco, post balneum aquae 
dulcis,$u tutto il corpo con l'unguento di Niccolô, ovvero sulla 
palma délie mani confrieando forte per otto sere di seguito con 
l' aitro di Mesue (4); ma questo era già fuori di uso quando 
Cristoforo de Honestis commentava l'Àntidotario del medico ara- 
bo, vale a dire sul principio del secolo XV, e probabilmente non 
lo si adoprava siccome pericoloso, onde che lo stesso Cristoforo 
suggeriva contro la scàbia nmida un'altra ricetta in cui ommesso 
il mercurio entravano la cerussa e il litargiro bagnati con un 
po' d'aceto. Ne ciô che seguiva quando il morbo gallico prorora- 
peva a guisa di epidemia valeva a render accetto 1' unguento 



(1) Yesalii Andreae. « Radicis chynae usus •». Lugduni, 1547, p. 27. 

(2) Ammessa dalla Farmacopea belgica e dalla francese , venne re- 
spinta dalla austriaca, dalla germanica e dall' inglese. 

(3) Corradi A. « Nuovi documenti per la storia délie malattie véné- 
rée in Italia. » Milano, 1884, p. 62 (« Ann. Un. Me.]. > Vol. CCLXIX). 

(4) Mesuae. « Antidotarium. Op. omnia. » Venet. 1570, p. 180. — Ni* 
colai. Id. Ibid. p. 22i — Questa medesimo unguento per le medesime 
infermità veniva inseritto da Teodorico nella sua « Cyrurgia. » (Lib. III r 
cap. 50. Venet. 1498. p. 139 v.). 



53 

mercuriale, di guisa che Jacopo Silvio, commentando Topera di 
Mesue, asseriva che quello era medicamento sospe^to massima- 
mente prope partes principes ; invece togliendone i'argento vivo, 
iutum erit, neque in?fficax; e che non potesse nuocere si poteva 
esser sicuri, dappoichè non restavano più che rnastice ed incenso 
cotti neH'olio di alloro, nell'assungia e neila cera co' succhi di 
piantagine e di fumaria. Il guajaco invece saliva in tanta ripu- 
tazione da buscarsi l'appellativo di santo , e si fattamente era 
conosciuto che bastava dir legno per intender che di esso e non 
d'altro medicamento si voleva dire (1), 

Fra i rimedj nuovi compajono anche i senapismi^ de' quali con- 
tavansi quattro specie, tre in forma d' empiastro e una di un- 
guento. Allora per empiastro ritenevasi qualsiasi dura confection 
dura rispetto ali'unguento , et sine oleis; ma questa distinzione 
non era sempre osservata, imperocchè andavano col norne d'im- 
piastro certe preparazioni che, stando alla definizione, s'avrebbero 
dovuto chiamare unguenti od in altro modo (2), e il nostro Ricet- 
tario seguiva egli stesso l'andazzo, e per di più in cotesta clas- 
se XVI che intitolava senapismi , metteva insieme tante altre 
preparazioni che non avevano con quelîi nulla che fare(3), e 
avrebbero dovuto andare invece neila XIII, data appunto agli 
unguenti, agli empiastn, ai cerotti ; ma questa poi in realtà non 
conteneva che unguenti, o preparazioni che cosi si d^nomina- 
vano senza che proprio la loro composizione corrispondesse 
alla definizione che nelle scuole se ne dava, e seconJo la quale 
sostanze minerali non avrebbero dovuto entrarci, Ma il vero è 



(1) Cosi il nostro Ricettario si contenta di scrivere Decotto di legno._ 
Su questo particolare veggasi la nostra memoria VAcqua del legno 
(« Ann. un. Med. » Milano, 1884, vol. CCLXIX). 

(2) P. E. Impiastro di Meliloto di Mesue, che conteneva diverse dro- 
ghe ridotte in polvere, cera, olio nardino, olio di persa, sevo di capra? 
impiastro diaphinicon caldo di Mesue composto di cera, olio rosato, 
olio nardino, datteri secchi, biscotti, ecc. , o nelle scuole s'andava ri- 
petendo in versi per meglio ricordarseae : 

Tune cataplasma facis, cum succum ponis et herbas 
Unguentum faciunt, oleum cera cum sneciebus. 

(Saladini. « Compendium Aromatariorum. In: Mesuae, Op. omn. Venet. 
1558, p. 289). 

(3> P. E. il Cerotto di minio &Aezio> il cerotfo di ccrussa, il cerotlo 
di bettonicaa^ il cerotto capi'ale del Carpi. 



54 

che molta incertezza era in si fatta materia incominciando da 
ciô che le denominazioni nuove non corrispondevano più aile 
antiche, ne quelle erano più précise di queste : cosl i Greci chia- 
mavano unguentï gli olj composti. che ricevevano aromi e per 
mezzo del calore del fuoco o dei sole si riducevano a tal forma 
da potersi usare per ugnere il corpo ; gli Arabi sotto il mede- 
simo nome coraprendevano i cerotti degli antichi i malagmi (1) e 
alcuni degVimpiastri non perô cotti a quella misura che quelli face- 
vano. GY impiastri, che appresso i Greci raccoglievano varie sorte 
di medicamenti soprattutto metallici cotti sino a tanto che non 
imbrattassero le mani, successivamente venivano chiamati cerotti 
dagli Arabi e dai raoderni; pei quali erano invece impiastri ciô 
che i Greci chiamavano malagmi, catapïasmi ed epitemi composti 
di fiori, di farine, di olj e di grassi ne cotti tanto da arrivare 
alla cottura degi'impiastri : i cerotti poi dei Greci erano medi- 
camenti fatti con olio e cera , in cui entravano alcuna volta me- 
dicine odorate. Cosi il Ricettario florentine, parafrasando quanto 
aveva avvertito il Manardo neile annotazioni all'antidotario di 
Mesue, scritte parte nel 1521, parte nel 1534 (2). 



(1) Màlagma da [/.a^cro-to (ammoUisco), presso a poco lo stesso che 
cataplas'na. Fu Galeno che ridusse il signiûcato di malagma conforme 
all'etimologia, cioè sinonimo tfemolliente, laddove che Asclepiade An- 
dromaco ed altri chiamarono , non si sa perché , malagmata tutti i 
medicamenti che applicavansi al di fuori sive astringendo condensent 
sive iudurent. («De compos. Medicam. secundum locos.» Lib. VIII, cap. V» 
— « De compos. Medicam. per gênera. » Lib. VII, cap. 1. Op. omn. XIII, 
177, 947). 

(2) Nel 1521 le annotazioni sui medicamenti sempîici, nel 1534 le altre 
sui medicamenti composti, come appare dalle date délie due lettere a 
quelle preposte e che PAutore dirigeva ai giovani studiosi délia medicina* 
Le due parti uscirono separatamente, e poi insieme di seguito aile Epi- 
stole medicinoli dello stesso Manardi , siccome vedesi nell' edizione di 
Basilea del 1549. Alla p. 588 di questa leggesi appunto il diverso signi- 
ficato che antichi e neoterici davano aile voci unguento, empiastro e ce- 
rotto : i primi unguenta ea duntaxat vocabunt, quae ex odoratis rébus 
conficiebantur ; emplastra quae ec metallicis ; cerota quae ex oleo et 
cera, Neotericis unguenti nomen ad antiquorum emplastra et cerota 
extenditur a cerota ea solum vocantes , quae ita cute haerent , ut vix 
avelli possint; quae ab haerendi vi a Galeno s^sxoXXoc dicta sunt, Em- 
plastra vero neoterici, quae antigua cataplasmata nominant. > I com- 
pilatori del Ricettario, dopo quanto sopra si è riferitogcirca gl' im- 



IV. 

Non ancora finiva il secolo e trovavasi il bisog.wo di rivedere 
il Kicettario ; il Collegio medico alla meta di novembre 1597 lo 
presentava al Serenissimo Don Ferdinando Medici Gran Duca di 
Toscana riveduto et a quella miglior forma ridotto, che Vintélli- 
gensa qualche volta ambigua, per non dir fallace, de' medicamenti 
pote concéder e aWingegno degli offcrenti. I quali s' erano accinti 
all'opera, come i loro predecessori, per ordine del Principe; ciô 
che ripetevano i quattro cui venne commessa la revisione del 
libro (1): e questi nella lettera che pochi giorni dopo (24 novem- 
bre) dirigevano allô stesso Gran Duca, da cui riconoscevano il 
nobile cornandarnento, mentre profonde vano al loro umco Signorc, 
alla serenissima Casa e ai due Cosimi lodi si ampie da riesf-ire 
ad incomportabili adulazioni (2), non avevano verbo per il Col- 



piastri dei Greci chiamati cerotti dagli Arabi, soggiungono; i ceroîti 
degli antichi sono (come s* è detto) gVimpiastri de* Greci, invece di 
dire i cerotti degli Arabi e dei moderni: e Terrore passava dall' una 
aU'altra edizione. 

(1) Due fisici (Neri Neri, Gio. Batista Beaadù) due speziali (Francesco 
Rosselli, Giovanni Galletti). 

(2) Cosi di Cosimo il vecehio, che cuiamano divino, per la protezione 
data ai Greci profughi da Costantinopoli caduta in mano dei Turchi , 
dicevano che aveva mantenuto in piedi per la parte délie lettere il 
greco imperio ; e l'altro Oosimo, che per l'illustre virtù aveva meri- 
tato l'ereditario principato, avrebbe con tanto affetto e fervore riguar- 
data la medicina , che non riformata o àbbellita ma nata piuttosto al 
suo tempo e resuscitata da morte a vita. Al Gran Duca régnante fa- 
cevasi merito d'à ver arricchito la medicina di inusitati e non prima 
conosciuti medicamenti, di nuove e gentilissime foggie di rimedi non 
meno valorosi, quanto di indicibile refrigerio ad ogni qualunque fasti- 
dito infermo. Vago e dovizioso tesoro poi la Oalleria eretta allora in 
Pisa da quel principe ; ivi si trovavano raccolte tante sorti di minière,, 
piètre tanto varie e singolari ed altre si innumerabili produzioni na- 
turali da parère cosa incredibiie l'averle potuto, ricercandole da tutte 
le parti del mondo, in un sol luogo ridurre. Laonde i devotissimi ser- 
vitori conchiudevano, se per vilissimo diletto di gustare un pesce di- 
visatoli più saporito in Africa che in Italia altri si deliberô inconti- 
nente dar remi in acqua, e farsi tantosto porre nel lito africano, cer- 
tamente non vi sarà alcuno, benchè molto lontano , che qualche poco 
di sentimento abbia di bella litteratura, che non debba a sua buona 
fortuna riputarsi il condursi a pascer Tintelletto di cibo si esquisito, 
quale si rappresenta, a cui punto cale di gentilezza, la galleria délie 
cose naturali di Pisa. 



56 

legio medico, del quale non appare fosse neppure cercata V ap- 
provazione, onde che l'ufficio di esso riducevasi a far aggradire 
gli altrui lodevoli sudori: e sudata fatica era stata quella dei 
quattro revisori, dappoichè eglino non tacevano che la briga data 
loro per lieve e piccola invece era riescita difficile egravssima; 
soggiungevano anzi d' averci posto intenso studio con lunghe vi- 
gdie, ma con quale effetto ora vedremo. 

Il libro continua ad essere diviso in 3 parti con in fine gli 
Ordïni, Provzsioni, CapitoH, Statuti et additioni attenenti aïli 
Medici) Spezi.aU, etc. La l. a parte manteneva le stesse suddivi- 
sioni, la stessa materia che nell'edizione del 1574, e soltanto in 
alcuni particolari riceveva qualche modificazione. Ad eserapio 
cancellava il passo che incolpava l'acqua del Tevere non essere 
più buona corne per lo passato, tanto che le si attribuiva d'essere 
causa délia gran quantità di renella e di piètre che a Roma si 
vedeva, ancorchè di taie accidente si potessero assegnare altre 
cagioni (1). V acoro di Dioscoride è identificato con il calamo 
aromatico délie spezierie coltivato ne' giardini di S. A. Circa Yaloe 
s'avverte di adoperare per bocca sempre il soccotrino (2), mentre 
cne nella hiera di Nicolao, nelle polveri costrettive e per i me- 
dicamenti di fuori si poteva usare quello chiamato volgarmente 
epatico. È determinato l'odore che l'ambra gialla spande nei bru- 
ciare, cioè di bitume: rifatto interamente l'articolo deWambra odo- 
rifera per sostenere che è un bitume nato nel fondo nel mare, 
non già una terra od escremento di balena, del che dava bastante 
prova il vederla galleggiare nell' acqua e colliquarsi al fuoeo, 
Cambiato anche il detto deh'ammi , del quale il migliore era il 
levantino : di quello de\V assa fetida non sono tenute che le ul- 
time righe che raccomandavano di eleggere la più puzzolenta : 
ne era da dire maggiormente, nulla sapendosi di certo intorno 
alla pianta che produce simile sostanza. Del bdellio prescelto il 
trasparente, amaro e odorato : le alquante righe date prima al 
heen bianco e rosso si compendiano nelle poche che suggeriscono 
di adoprare invece la pastinaca selvatica. Dei pari più brève, ma 
insieme più preciso e conforme alla descrizione del Garcia , il 
discorso intorno al bensoe (bengiui): lo stesso del bitume. Invece 
délia terra rossa portata da Alessandria sotto nome di bolo ar- 
vneno è raccomandata certa terra bianca dell' Elba , similissima 



(1) Ricettario del 1567 e 1574, p. 5. 

(2) Nelle due edizioni anteriori leggevasi zoeotorino e zoeotora. 



57 

dal colore in poi al bolo armeno descritto da Galeno. Giusta- 
mente è corretto il capitoletto délia borace: non vi è più ricor- 
dato l'artiflciale che facevasi colforina di un putto, rimenata in 
un mortajo di rame, e che pur s' usava nelle medicine; avendo 
oggi copia, è detto, délia vera e délia raffinata si usino queste 
dai nostri speziali nei medicamenti. Il calamo odorato , non più 
da dirsi aromatico per non generare confusione con il nostrale 
cosl denominato, non veniva più recato nelle farmacie; e perô» 
consideratene le facoità, le cime dello squinantho meglio che aitra 
cosa si potevano usare in suo luogo. Pochissi me parole per la 
canfora che è non già un bitume , ma una go mma di albero 
indiano. Per le cantereVe è fatto il precetto di suffumigarle in 
ogni modo con aceto. Délia casia deGreci e del cinnamomo i pré- 
cèdent Ricettarj discorrevano separatamente , questo invece ne 
tratta a lungo (1) insieme, essendo che lioggi è cosa notissima, 
che la planta del cimmomo et délia cassia (sic) sono le medesime, 
non simili di spetie, corne anticamente fu crcduto. Ommessa, non 
si sa perché, la ceniaurea, parlavasi del costo. che si portava al- 
lora nelle farmacie, più favorevolraente che non avesse fatto il 
précédente Ricettario; e perô mentre esso , disperando di avère 
il costo legittimo, consigliava di adoperare piuttosto la radice di 
angelica, il nuovo non voleva taie sostituzione che per nécessita, 
giacchè il costo poteva aversi con tutte le condizioni attribui- 
tegli da Dioscoride, eccetto quella gran fragranza d' odore. Se- 
guita a dire che le CMbebe sono un semé , ma toglie che invece 
di esse si possa adoprare la valeriana. E notato che mancava il 
diphryge, specie di feccia del rame, e perô si suppliva con il 
rame arso o la marcassita. Del doronico, di cui dice il vecchio 
Kicettario, si fa sapere che è specie d'aconito pardialanche. Reci- 
samente è affermato che T elleboro nero di Dioscoride , il solo 
adoprato in medicina, è l'erba nocca dei Toscani, mentre da prima 
non si trovava fra Tuna e Y altro che certa somiglianza. Per 
Yesula scritta assolutamente s'intenda la minore (2), ne si adoperi 
se non macerata prima neU'aceto , ove siano cotte le cotogne. 
Confermasi sempre più che la grana délie spezierie , considerata 
corne frutto di pianta, è il cocco tintorio di Dioscoride; si chia- 
•risce la natura délia lacca: « gomma che nelT India è raccolta 
su certi alberi, e lavoratavi da certe formiche alate simili aile 



(1) In quasi 5 pagine, dalla 26 alla 30. 

(2) Euphorbia cyparissias. 



58 

nostre cuterzole. » In luogo del lapis armeno , di cui avevansi 
piuttosto saggi che quantité, le stampe precedenti consigliavano 
il lapis lazzoli, questa invece suggeriva la horrace che fa il me- 
desimo secondo Dioscoride. Kitorna essa sopra il guajaco per 
fermare vie meglio i caratteri proprj délia miglior qualité. Il M- 
targirio per l'uso délia raedicina era il minérale che di Schiavo- 
nia veniva portato a Venezia. Quando si a ordinata la mumia-, 
non è da togliere le fascie o le carni del cadavere conservato r 
bensi la mistura di aloe , mirra , zafferano e simili , con cui si 
empivano i corpi morti, e V umore che ne risudava. 1/ ottimo 
muschio, regalo da principi, non portavasi in Europa; il migliore 
dopo di esso era quello di Levante. Per i medicamenti non era 
da usare che il nitro di Volterra, lasciando ogn'aitra cosa che 
volgarmente passa sotto nome di nitro; parimente una sola spe- 
cie di origano , quello portato da Candia, doveva usarsi corne 
valoroso. Intorno la pece, basti l'avvertire che due sono le qua-- 
lità usate, la navale o nera, e la secca o greca. Nulla délia pegola 
o propoli délie pecchie, e del pepc, lasciate fuori le altre parole, 
si ricorda che ve n'hanno tre spec'e di tre piante diverse, come 
affermano quelli, che hanno navigato all'Indie e scritto la loro 
istoria (1). Il petroseUno, semé simile a quel deirapio viene por- 
tato da Candia; ma anche seminasi qua da noi e viene. Per 
ragia assolutamente scritta si pigli quella del pino, che è liquida 
e bianca. ^Pei sangue di drago s' insiste nel non adoprare che 
quello di color rosso anche trasparente e frangibile, lasciando 
l'altro in pani o fattizio. Si è visto venuto da Goa dell'Indie 
orientali il vero Spodio detto là tabaxir. Dello squinantho, o 
fiore di giunco odorato, era da prescegliere la parte del fusto 
verso la cima perché più efficace. La storace da mettere nei 
medicamenti per bocca si chiama storace in lagrima. Iï albero 
che dà i tamarindi non è già una palma, bensl simile di fat- 
tezza al carrubbio. Puô supplirsi alla terra sigillata délie spezie- 
rie con il bolo armeno orientale di color rosso non ruvido ma 
emplastico, e con la sopraddetta terra dell'Elba. 

Le varie manière di preparare le medicine semplici ebbero al- 
cune aggiunte o dichiarazioni nei macinare 5 nel polverizzare le 
medicine soffrcgandole su la pietra oVarrotino, nello stacciare, nel 
lavare, nel trarre gli olj. Nessuna mutazione nel capitolo dei 
medicamenti semplici et composti che debbe saper fare lo speziale; 



(1) Pepe nero, bianco, lungo. 



59 

anzi parrebbe che quello fosse dato a ristampare senz' altro , 
giacchè vi troviamo mantenuti non solo i modi di scrivere di 
certe voci (per eserapio il raddoppiamento délia z in decozione), 
ma anche l'errore che di sopra avvertimmo relativamente agli 
impiastri e cerotti (1). 

Nella II Parte dei Ricettario cadono alcune variazioni ne' suc- 
cedanei e precisamente in quelli che si riferiscono air acacia , 
sùYammi, aWaspalto, al balsamo liquore od opobalsamo, al balsa- 
mo legno o xïlobahamo, ai due been, ai bolo arrneno, al lapis ar- 
meno, al litio, al sale indo. Ominesse le voci carta combusta, ci- 
nabro de Greci, loto amara, macer di Dioscoride, olio di cherva, 
petrosellino, pliu, styrace rossa^ venere (scorze d'ostriche) ; intro- 
dotto invece X allume rotondo e liquido , in luogo del quale po- 
teva mettersi l'allume di roccho (sic) bianco. La sostituzione del 
nardo indico al folio, non era cosl assoluta corne prima, essendo 
che il vero folio portavasi allora in Italia, o credevasi, soggiun- 
giamo noi , si portasse , giacchè neppur oggi siamo sicuri cosa 
abbiano inteso gli antichi col nome di folio ovverossia di mala- 
batro: aile cubebe si potevano sostituire le radici di valeriana , 
quando non si avesse quel semé , che ci si porta per cubebe , ma 
pieno. 

Ora alla Parte III e vediamo quant'abbia di nuovo. Poco ce 
n'ha davvero, corne mostra il seguente prospetto : 

Medicamenti nuovi del Ricettario ilorentino del 1597 o 1623 
in confronta aile précèdent! edizioni del 15S7 e 1574. 

I. Conditi e Conserve. 

1. Miva acetosa di Mesue (2) 

2. Lenitivo d'amoscine in forma di cotognata (3). 

3. » di passule » » (4). 



(1) I cerotti degli antichi sono {corne s'è detto) gli impiastri de'Greci, 
mentre che sarebbe da leggere i cerotti degli arabi e dei modsrni. 

(2) sugo di cotogne cotto con aceto bianco e zucchero. 

(3) Susine ben mature cotte nella decozione di sena. 

(4) Uve di Coranto (leggi Corinto ) con polipodio, sena, radice 
d'altea, ecc. 



60 

III. Bobbi, Giulébbi e Sciroppi. 

1. Sciroppo di Messer Agostino Sessa (1). 

2. » » Hieronimo Mercuriale (2). 

IV. Locchi. 

1. Loch di Scilla composto di Mesue e chiamato Loch ad 
asma (3). 

VIII. Pillole. 

1. Pasticche di gomma draganto. 

2. » » con musco. 

3. Panellini fatti con olio d'anici. 

X. Acque composte. 
h Acqua da febbri maligne (4). 

XIII. Unguenti, Impiastri e Gerotti. 

1. Untione cordiale di M. Baccio Baldini (5). 

2. TJnguento da contusione (6). 



(1) Quel Ser Agostino dev'essere il famoso Nifo suessano : in cotesto 
sciroppo andavano insieme l'uva passa e il guajaco con il rapontico i 
miraboiani citrini, i foilicoli di sena, il polipodio, ecc. 

(2) Polipodio quercino, radice d' elleboro nero , epitimo , foglie di 
sena, ecc. Il Mercuriale, morto nel 1606, aveva l'onore, fra i tanti, di 
vedere inscritto il suo sciroppo nel maggiore degli Antidotarj di quel 
tempo, e senza che ve ne fosse il bisogno. 

(3) Scilla arrostita, marrobbio, isopo, ghlaggiuolo, mirra, zafferano. 
— Questo loch flgurava già nel Ricettario del 14'J8. 

(4) Carlina, carpobalsamo, semé di ruta, mace, borrace, xilobalsamo, 
cannella, acquavite, ecc. acqua distillata a btgno maria. 

(5) Baccio Baldini archiatro di Cosimo I : quella unzione , in cui 
non entrava alcun olio, bensi cera, componevasi di flori d' arancio, 
garofani, legno d 1 aloe, scorza di cedro, noce moscata, doronici, semé 
di basilico, zedoaria, coralli rossi, magarite bianche, ecc. 

(6) Olio rosato di costo e d'assenzio, bolo armeno, cera gialla, grasso 
41 polio, trementina veneta, isopo umida. 



61 
XVI. Senapismi. 

1. Cerotto da ossa rotte di Gio. di Vico (1). 

2. » mollitivo magistrale (2). 

3. Altro cerotto mollitivo. 

XVII. Restaurativi. 
1. Elesire vite (3). 

Sedici rimedj nuovi in tutto, e parecchi nuovi unicamente ïrt 
grazia del confronto, essendo roba mesuesca e già adoprata dal 
vecchio Ricettario; nessuno poi importante e meritevole di figu- 
rare in pubblica dispensa ne pari all'autorità dell'uomo del cui 
nome s'insignivano. Ned alcuno dei medicamenti délia précédente 
edizione veniva scartato ; onde che l'aumento di que' sedici non 
venendo in veruna guisa defalcato , la somma de* medicamenti 
del Ricettario da 547 che era, riusciva di 563. 

Proprio neppure ad una di quelle vecchie composte davasi il 
bando, onde che rimaneva tutt'ora Yelettuano di gemme sebbene 
il Manardi 1' avesse respinto da tanto tempo con vive parole e 
con buone considerazioni, le quali avrebbero dovuto non dimen- 
ticare i facitori di ricettarj (4). Il valentuomo respingeva altresi 



(1) Olio mirtino, rosat'omfacino, sugo di radies d'alfcea, radiée e fo- 
glie di frassino, radiée e foglie di consolida minore, foglie e coccole di 
mortella, foglie di salvia : bollita ogni cosa nel vino vi si aggiungeva 
mirra ed incenso, grasso di becco, trementina, mastice, litargiro, bolo 
armeno, terra sigillata, minio. 

(2) Mucellaggine di radiée d' altea, di semé di lino, di fieno greco, 
olio -di semé di lino, di gigli bianchi , midolle di bue, litargiro, peee, 
trementina, cera, ecc. 

(3) 52 ingredienti infusi in acquavite di greco sflegmata di sorte che 
ardesse tutta, e poscia stillata: fra tutti que'flori, quelle erbe e radici 
frammischiavansi perle non perforate, foglie d'oro, frammenti di sme- 
raldi orientali, jacinti e rubini pure orientali. 

(4) Electuarium de Gemmis. « Nec hoc in tabernis invenietur, alioqui 
et eo possunt carere homines, Gemmis enim in antidotis non sunt usi 
antiqui; nec ego libenter utor: siquidem quae eis contritis ad confor- 
tandum vis? Et si qua etiam sit, bonas perfringere oporteret, non ra- 
mentis quibusdam uti, quibus nulla praeterquam coloris cum veris 
Gemmis conformitas. Similiter argenti et auri folia non nisi ad deco- 
rem et ostentationem puto conducere (Manardi Jg. « In composita 
Mesue Annotationes. » In: Ejusd. } Epistol. cit., pag. 566). > 



62 

la foglie d' oro e d' argento siccome cosa di mera pompa ; ma 
tanto queste quanto le perle, gli smeraldi, i giacinti e i rubini 
venivano accolti dai quattro deputati per regalare Yelisire vite,- 
il quale solo basterebbe per lamentare che la depurazione inco- 
minciata da coloro che nel 1567 attesero alla ristampa del Ri- 
cettario fiorentino non continuasse ed anzi, più che fermarsi, 
desse un passo indietro. Ond' è che vedendo questa nuova edi- 
zione nella sostanza mantenersi la stessa che era trent' anni 
prima, e perfino in qualche punto inferiore, non possiamo per- 
suaderci che a darla fuori occorressero, corne si affermava, in- 
tenso studio e lunghe vigïlie. Se non che queglino che cosi scri- 
vevano forse senza avvedersene si conformavano air ampollosa 
intonazione délia loro dedicatoria: e se éleva vano i meriti al- 
trui, perché non elevare i proprj? In ogni modo anche di tal 
guisa appare quanto pertinace fosse tuttora la tirannide délie 
dottrine arabiche nelle scuole mediche, sebbene tanto avanti 
fosse il risorgimento deile lettere e tanto lo slancio per le libertà 
del pensiero ! Ed agli Arabi per i'appunto in quella stessa de- 
dicatoria, si davano le maggiori lodi per avère ampliato l'im- 
menso mare di composizioni délie quali con laborioso studio fu~ 
rono i Greci inventori e che in molti volumi registrate si repu- 
tavano pur troppo a bastanza. Ed avendo essi avuto il vantag^io 
di conoscere molti preziosi odori e aromi occulti prima e per 
l'uso délia medicina non solo sicuri ed efficaci, ma dilettevoli e 
gratissimi alla natura umana , poterono condurre la farmacia a 
quella delicatezza ed eccellenza, alla quale a pena pareva po- 
tesse aspirare. E per essere l' ingegno arabo sottilissimo, non 
quietavasi nelle cose possibili, bensi cupido délie incredibili 
aveva ardire di contendere con la natura e per industria d'arte 
fabricare di raaterie rozze e volgari Toro e T argento i più no- 
bili dei metalli. Dal che, qualunque fosse il successo del loro 
primiero concetto, la medicina ne consegul pure non piccola 
utilità, essendo con taie occasione venuta a luce Tarte chimica 
e destillatoria, délie cui mirabili operazioni traggono profitto e 
la medicina e moite arti. Ma tutte coteste benemerenze erano 
poca cosa a petto di quelle délia casa Medici, la quale siffatta- 
mente aveva favorito e nobilitato simili studj che di molto 
spazio s' era lasciato a dietro e i Principi antichi e quelli del 
suo tempo. E per vero, continuavano i lodatori , chi con mag- 
giore spesa ha mandato per ogni regione benchè lontanissima a 
investigare e condurre le piante forestière uomini peritissimi? 



63 

Chi per la conservazione di esse ha mai fatto giardini tanto 
vaghi e spaziosi e ripieni d'ogni sorte di semplici più rari e più 
pellegrini, che per industria umana siano potuto trasportarcisi e 
conservarsi? Incredibile il tesoro di composizioni e misture medi- 
einali d'inusitata virtù, che e Cosimo e i figli di lui dispensavano 
ogni giorno per comune utilità; al quai fine attendevano eglino 
stessi a cotali preparazioni per chiarirsi con la ricerla rïpruova 
délie speriense di molti segreti di natura, non si potendo quest'arte 
esercitare sensa qualche filosofica speculazione. Per la forza di quei 
principeschi rimedj infinito numéro di persone erano state tolte 
di mano alla morte e in vita per miracolo ritenute. La grandu- 
cale officina farmaceutica, che dicevasi fonderiez, era divenuta 
famosa in tutta Europa, e con inesausta e pietosa liberalità non 
meno negli stranieri che nei sudditi toscani arrecava altrui in un 
tempo medesimo consolazione e medicina : da essa come da ottima 
maestra avevano gli artefici dei medicamenti imparato a ripu- 
lire una certa antica rozzezza ed imperizia, che per ingiuria 
de' tempi era in ogni provincia trascorsa a contaminare non 
meno Tarte loro, quanto a macchiare di una sozzissima barbarie 
tutte l'altre buone discipline. Splendido eiogio affè, ma che non 
potremmo, senz' allargarci fuor di proposito, esaminare quanto 
veritiero ed equo : nemmeno per uguale ragione c' è possibile 
Tindagare se tutto ciô che usciva dai mediceo laboratorio era 
medicamento e se tutte le sperienze che se ne facevano valevano 
unicamente ad appagare la curiosità di sapere rimanendo in- 
nocui strumenti di pura filosofica speculazione (1). Bensl è fuori 
di dubbio che i lodatori avrebbero oggi per se parte di quelle 
lodi di cui furono si larghi agli altri, se avessero continuât© a 
ripulire, conforme ne avevano avuto Tesempio, Topera che non 
senza sussiego presentavano persuasi che in essa molto era 
quello, che bene stando, andava encomiato. 

Nulla è a dire sulT 'appendice contenente gli ordini e le disci- 
pline relative alT esercizio ddlla farmacia e professioni ad essa 
affini poichè rimaneva tal quale la vedemmo nelle stampe an- 
teriori. Questa del 1597 usciva in Firenze dai torchi di Giorgio 
Marescotti, per indi ricomparire nel 1623, con i caratteri di 
Pietro Cecconcelli, il quale nulla ebbe a fare di più che cam- 



(1) Su questi particolari veggasi : Corradi A. « Degli esperimenti 
tossicologici in anima nobïli nel cinquecento. (Mem. del R. Istit. Lomb. 
1886, Vol. XVI 7 p. 38 e seg.). 



64 

biare le date e correggere gli alquanti errori caduti nella an- 
técédente; ma neppure tutti li corresse, e qualcuno gii scappô 
di quelli che ivi il Marescotti aveva dato Y emenda alla fine 
délia tavola. Del resto i due volurai pienamente corrispondono (1), 
e se rAccademia délia Crusca cita Y edizione del 1623 anzi che 
Faltra del 1597, è unicamente perché la prima è più corretta. 

Eesta da vedere i Ricettarj che vennero pubblicati nel corso 
del secolo XVII dopo quello del 1623, il quale corne abbiamo 
veduto si confonde con Tultimo del cinquecento. 

V. 

Sono essi due : uno del 1670 V altro del 1696. Incominciamo 
dal primo, che naturalmente metteremo a confronto con quello 
del 1597, o x623 che dir si voglia , dopo aver detto come e da 
chi venisse alla luce. 

Questa volta il Collegio de* Medici riprende la propria balia : 
è desso che commette a quattro de' suoi di correggere il Eicet- 
tario per la nuova stampa; e queglino (2), soddisfatto ail' inca- 
rico, ne presentavano Y opéra agli eccellentissimi signori Medici 
del Collegio di Firenze lieti d 1 aver impiegato volentieri il loro 
studio e la loro fatica « alla gloria dell'Altissimo che creô la 
Medicina per utilità del prossimo, ed onore di questo venerabil 
Collegio. » Eglino avevano compiuta la correzione nell' aprile 
del 1669, ma il volume non veniva fuori che alla fine del 1670 
quando già da alcuni mesi il Gran Duca Cosimo III era suc- 
ceduto ai padre Ferdinando : e perô il Collegio medico suppli- 
cava gli fosse consentito di dedicare al nome del nuovo Signore, 
cioè a dire alV immort alita, il Ricettario fiorentino che con feli- 



(1) Avvertasi per altro che nell'ediz. del 97 il foglio Ff, ossia ultimo, 
è duerno, mentre in quella del 23 è solo vale a dire semplice: e per6 
in questa gli Ordini eec, sono compresi in 14 carte senza numéro, e 
neiraltra in 16, parimente non numerate , contando anche l'estrema 
che rimane bianca. — La tavola, che nella stampa del 1567 era divisa 
in due corrispondentemente aile due parti principali delPopera, e che 
nella successiva del 1574 diventava di tre avendo distinto il contenuto 
délia 2. a parte la più piccola di tutte , in questi ricettarj del 1597 e 
1623 tolte tutte le distinzioni riesciva unica. 

(2) Antonio Lorenzi e Luzio Pierucci fisici , Gio. Maria Vestrini e 
Gio. Batt. Fantungheri speziali. 



65 

cissimo auspicio tornava ad escire alla luce, ed insieme invocava 
sopra il Collegio raedesimo la sovrana protezione (1). 

I correttori avvisavàno i Colleghi elle se in moite parti aves- 
sero trovato la nuova starapa dissimile dalle passate, ciô non 
seguitô per dissentire dagli autorevoli decreti de' dottissirni an- 
tesignani, ma per avvicinarsi vieppià allHdioma toscano, e man- 
dare alla luce quello che forse non era a tutti noto, e più aggiu- 
stato ancora il riceltato (2). 

E le correzioni o modificazioni, per ciô che si riferisce ai me- 
dicamenti semplici, sono parecchie, anzi moite, se si voglia te- 
ner conto di tutte piccole o grandi che siano. In générale si 
mostra il proposito d'abbreviare e restringere: cosl ad esempio 
il lungo articclo di quasi 5 pagine intorno alla cannella delF e- 
dizione précédente, si accorcia in questa a poco a poco più di 
mezza pagina; lasciate tutte le difficoltà e le diverse opinioni 
intorno a simile droga, avvertendo solamente la medesima spe- 
cie d' albero, o sia più giovane, o più vecchio, nato in aria, o 
terreno migliore o peggiore, e che la scorza medesiraa secondo 
che tolta dal tronco, dai rami o dal cespuglio possono far na- 
scere tutte le differenze degli scrittori diffusamente narrate : e 
perô consideravano corne la stessa cosa del cinnamomo la can- 
nella, la cassia e la casia, indotti daU'autorità del Garzia, di 
Cristoforo a Costa e di Filippo Sassetti gentiluomo fiorentino ? 



(1) La dedicatoria veniva scritta da Firenze il 1.° dicembre 1670; 
il Gran Duca Ferdinando II era morto il 23 maggio di quello stesso 
anno, e la lettera dei due flsici e dei due speziali al Collegio aveva 
la data del 24 aprile dell'anno prima. 

(2) Cosi è stampato : e altri errori in quella dedicatoria sfuggirono, 
i quali è da credere siano stati corretti neU'ampia errata-corrige che, 
secondo il Poggiali, occupava due intere carte, dopo una bianca poste 
fra la fine del Ricettario e la tavola (Série de' testi di lingua, Livorno 
1813,1, 293): ma nell'esemplare, d'altronde belhssimo che ho sotfc'occhi 
délia Biblioteca nazionale centrale di Firenze, di tali carte non v'ha 
che l'inutile, cioè la bianca; difetto per altro, avverte il diligente biblio- 
grafio, che moite volte suolsi incontrare. Il Gamba indica pure le sud- 
dette tre carte, ma le mette in fine al volume ; il Razzolini e Bacchi 
Délia Lega segnano le medesime e quali tutte bianche nel luogo indi- 
cato dal Poggiali, coliocando poi in fine altre due carte senza numéro 
e segnatura contenenti le Correzioni délia stampa. Il volume usciva 
dalla Stamperia di S. A. Serenissima per Vincenzio Vangelisti e Pietro 
Matini. 

Corradi. 5 



66 

il quale con dispendio consideralnle e C'jn lunghe navigasioni in 
quel paesi, ne aveva resi sicuri (1). Pertanto nelle composizioni 
dove fosse ricettata alcuna délie sopraddette voci era da raettere 
la cannella fine portata di Zeilan, migliore di quella di Malabar. 
Non più che sei righe per il castoro, mentre che dianzi era un'in- 
tera pagina; e ciô perché, lasciata da parte la descrizione del- 
T animale, non si fa cenno délie due borsette. le quaii si conti- 
nuano a credere testicoli, e dei liquore condensato a guisa di 
era in esse contenuto (2). Dall'elenco deile sostanze medicinali 



(1) Or bene questo brano nelia précédente edizione è reso corne segue: 
« Questa (cannella) fu descritta dal Garzia (intendi Garcia d'Orta por- 
toghese), e doppo lui da Cristoforo Acosta, et quello che accresce ad 
ambiduoi la fede, ultimamente da Messer Filippo Sassetti nostro Gentil- 
huomo più diffusamente in un trattato , da lui dedicato a si nobil 
Pianta. Al quale quanto sia da prestare fede in simil materia, certis- 
simo se ne puô hauere dallo essere stato non meno instrutto nella 
cognitione de semplici, et délia Medicina, che egli si fosse nella Filo- 
sofla, Astronomia et Cosmografia, nelle quali esso s'annovera tra i per- 
fettissimi del nostro secolo. Per il che con nobilissimo pensiero spese 
quantità d'oro a molti non credibile per aceertarsi su' 1 luogo di ogni 
particolarità del cinamomo, et di tutte le cose, che nate nell'Indie 
hanno appresso di noi qualche ambiguità, o menzogna (p. 26-27). » — 
Il Sassetti corne è noto moriva immaturamente di 48 anoi a Goa nel 
1588 : il suo discorso sopra del cinnamomo non forma trattato a se, 
ma seguito alla lettera a Baccio Valori scriita da Coccino il 6 gen- 
najo 1587 (è la CV nell' edizione di Firenze del 1855) e pubblicata la 
prima volta nel Vol. III, délia Parte IV délie Prose Florentine (p. 26 
dell'ediz. di Venezia del 1751). 

(2) Gti altri articoli più o meno modificati sono i relativi aWacqua, 
ai been, al benzoino, alla cassia, alla cina, al cippero, al costo, al dit- 
tamOy 'dWelaterio, ail' euforbin, alla galanga, alla grana, aXVincenso, 
alla nigella, aXVoppio, al rabarbaro, allô scordeo t alla sena, alllo squi- 
nanto y allô zafferano. Ma talvolta la variazione è lievissima ; per 
esempio, circa Vacqua è semplicemente aggiunto che pur quella del- 
l'Arno è buona: tal'altra non è quasi che di dicitura corne rispetto alla 
grana dove il si conosce che altro che cocco non è la grana volgare, 
è più convenevolmente mutato in si conosce che il cocco non è altro 
che la grana volgare. Anche vi sono cambiamenti di ortografia, corne 
muschio per musco: ad harmel (ruta selvatica) herrnodattïlo, hypoci- 
stide, hyssopo, venue levata Yh } e sostituita ne' due u timi l'i alla y: 
cïô nondimeno le quattro voci rimanevano al posto di prima, cioô 
fuuri dell'ordine alfabetico. 



"07 

venne escluso il solo calciti, sebbene più innanzi (p. 79) si dica 
come ottenerlo abbruciando il vetriuolo romano per farne poscia 
ingrediente délia teriaca. I medicamenti nuovi non sono che 
tre e tutti tre d'origine americana : due radici purgative, il me- 
cioacan (1) e la s&arappa o giaïappa (2) ed un legno, il sassa- 
fras (Laurus sassafras), reputato sudorifico, e del quale prefe- 
rivasi parimente la radice come parte migliore. 

Qualche altro mutamento veniva introdotto nelle préparation^ 
de medicamenti semplici: aggiungevasi il modo di stiVare Vacque 
detto da a J cuni per vescicd, e da altri per tambarlano con la relativa 
figura del fornello e suo réfrigérante, ma senz'ajtra dichiarazione 
trattandosi, è detto, di cosa notissima e chiarissima (p. 94), Cam- 
biato il fornello per istillare le acque a bagno maria, ovvero 
sfufa umida; ma nulla è riferito del modo di fabbricarlo e di ser- 
virsene per essere anche questa cosa chiarissima; neppure la tavola 
che lo rappresenta dà spiegazione. Facendo valere la stessa ra- 
gione sulla distillazione délie acque per stufa secca, nulla di più è 
soggiunto che délia maggiore sua utilità rispetto all'umida « atteso 
che la medesima spesa del fuoco farà stillare maggiore quantità 
d'acqua, d'ogni perfezione migliore: » e cosi la tavola va senza 
comraento (3). 

Nessuna innovazione nelle regole général! per la composizione 
de' medicamenti semplici e composti tanto che si ripete il solito 
errore che rilevammo circa i cerotti e gli impiastri : e non è 
mica da dire che quelle pagine fossero straiciate e spedite al 
proto perché le ricomponesse; erano esse lette e rimuginate, 
qua e là avendone emendate parole e manière di dire, e dap- 
poichè que' deputati alla revisione s' erano proposti, conforme 
notammo, di avvicinare vie più il Kicettario aXl'idioma toscano, 



(1) Convolvulus mechoacanna detto anche rabarbaro bianco, scam- 
monea o bHonia d' America; ha le medesime propriété, ma in minor 
grado, délia giaïappa. 

(2) Convolvulus officinalis, ovvero Eooogonium purga di Bentham, 
Ipomaea purga del Choisy. Tanto la giaïappa quanto il meeioacan 
sono compresi in un solo articolo. 

(3) Le tre tavole sono intagli in rame, laddove che le precedenti 
edizioni non avevano che incisioni in legno ed anche rozze. Invece 
Tantiporta, pur essa scolpita in rame, era la medesima in tutte le an- 
noverate edizioni, meno che in quella del 1574, la quale, siccome di- 
eemmo, non ne era punto ornata. 



68 

délia cui purezza era custode non solamente l'Accademia délia 
Crusca , la quale nel 162B pubblicava la 2. a edizione dei suo 
Yocabolario, ma lo stesso Granduca all'Accademia cosl benevolo 
che alla medesima voile essere aggregato in età giovaniie, sic- 
come più tardi avvenne di Giangastone suo figlio. 

Ne* précèdent! Kicettarj la dichiarazione de pesi e délie misure y 
dé succedanei formava la seconda Parte, quantunque assai sottile, 
di essi; invece nell' edizione che esaminiamo scompariva essa 
venendo incorporata nella prima. E veramente non v' era più 
ragione che rimanesse, se si guardi alla mole, taie ripartizione, 
giacchè il capitolo de* 1 succedanei che n'era il principale si ridu- 
ceva a non avère più che quattordici medicamenti, li quali al 
présente pare impossibile provvedere, o vero in queste parti mollo 
difficile (1); mentre che nell'edizione del 1597-1628 ne contava 51, 
e nella précédente dei 1567-74 dieci di più. 

Con tutte queste sottrazioni non compensate dalle scarse ag- 
giunte, la 1.* Parte del Eicettario suddetto, compresa quella che 
dianzi era seconda, non abbracciava che 114 pagine, quando in- 
vece Tultima ne comprendeva 129, la pagina avendo in amendue 
lo stesso numéro di linee, cioè 35. Uguale invece in tutte due 
le edizioni lo spazio assegnato alla Parte nella quale sono de- 
scritte le ricette, rimanendone sempre ferme le classi e nell'or- 
dine e nel numéro. Ciô nondimeno differenze vi sono : vedîamo 
quali e quante siano : 

Medicamenti del Bicettario 1597-1623 
non accoiti in quello del 1670. 

II. Infusioni e Decosioni. 

1-3. Decotto di legno santo (tutte tre le formole). 

4. » di salsapariglia (2). 

5. » di cina. 



(1) Erano dessi : Acqua marina, Allume rotondo e liquido, Balsamo 
legno, che è il Silobalsamo, Balsamo semé, che è il Carpo balsamo, 
Been biauco e Been rosso, Lifrige, Doronici, Lapis armeno , Lapis 
chistes, Lapis chistes e Lapis stellato , Sisone , Stratiote dell'acque, 
Terra samia. 

(2) Nella tavola figura il Decotto di salsapariglia magistrale col 
rinvio a p. 127, ma ne quivi ne altrove si trova. 



69 

III. Bobbi, GiuJebbi c Sciroppi. 

1. Sciroppo d'acetosità di cederno magistrale (1). 

X. Acque composte. 

1. Acqua per piaghe maligna magistrale. 

2-4. » verde prima, seconda e terza magistrale. 

XVI. Scnapismi- 

1. Marziato di Paulo. 

Mentre uscivano 11 medicamenti 6 nuovi m entrano: un giu- 
lebbo^ due sciroppi, due élettuari ed un cerotto (2); e perché v'en- 
trassero non appare ne il bisogno, ne la ragione, nessuno avendo 
in se particolare prerogativa di composizione , di virtù, o d'ap- 
plicazione. Per avère il giulebbo aureo solutîvo , occorreva pro- 
prio incomodare il povero speziale col rischio di buscarsi le 
febbri ad andare a raccogliere la rugiada su le prata con le 
spugne net mese di maggio in tempo non piovoso per poi infon- 
dervi, inzuccherandole nove volte, rose incarnate rugiadose? Non 
bastavano i parecchi sciroppi rosati che già si avevano? G' era 
il diamarglieriton caldo di Niccolô (3), il quale contentavasi délie 
perle forate e non forate, e n' era di troppo: piacque di ag- 
giungere il freddo, a cui, con il togliere quasi tutti gli aromi 
dell'altro , levavasi puô dirsi ogni virtù; chè certamente non 
gliene davano i zaffiri orientali, i giacinti, gli smeraldi, che vi si 
sostituivano. E queste gioje con altre ancora stavano a capo 
délia lunga lista degl' ingredienti ( 34) del latUvaro jacintino, 
che, corne cosa sua, insigniva del proprio nome il Collegio Fio- 
rentino. Il quale bisogna credere avesse grande fiducia nelle 
gemme, posciachè non solo risuscitava a pro loro vecchi medica- 
menti e ne immaginava de' nuovi , ma anche in quelli che già 
erano procurava di dar ad esse il più cospicuo poste; cosi capo- 



(1) Ritenendo gli altri due consimili sciroppi, ne canibia alcun poco 
il nome chiamandoli sciroppi d'agro di cedro e d'agro di limoni, an- 
zichè d'acetosità di cederno, tfacelosità di limoni. 

(2) Giulebbo aureo solutivo. — Sciroppo d' ibisco e di rosolacei. — 
Diamargaritors freddo. — Lattovario jacintino. — Cerotto capitale del 
Montagrana. 

(3) Continuavasi ad attribuirne la ricetta a Niccolô d'Alessandria* 
mentre, corne si disse, è dell'altro Niccolô di Salerno. 



70 

volgeva la ricetta àeW'elisir vile, pomposo regalo del précédente 
Ricettario, per raetter primi, da ultimi che stavano, i frammenti 
orientàli di smeraldi, di jacinti, di granati, di zaffiri, di rubini. 
Il cerolto capitale del Montagnana (composto di laudano, leggasi 
ladano , gomma elemi, vernice soda, incenso in lagrima, storace 
liquida, storace calamita), nulla aveva in se di cosi spéciale che 
raccomandasse di diseppellirlo dopo più di due secoli, molto più 
che gli stava a lato altro consimile cerotto fatto di storace in- 
censo e mirra. Ma se le aggiunte non erano giustificate , meno 
ancora scusavansi le esclusioni dei decotti di guajaco, di salsa- 
pariglia e di cina, quando nulla, non avendo ancora aceolto l'un- 
guento napoletano od altro preparato mercuriale per uso in- 
terno, nulla avevasi di meglio da opporre aile malattie veneree ; 
le quali, sebbene non più cosl estese come neila prima meta del 
cinquecento, esigevano pur sempre assidua cura ed efficaci ri- 
medj. 

Pertanto non possiamo tenerci soddisfatti neppure di questa 
nuova edizione, sopra tutto se ne consideriamo l'ultima Parte, 
la quale in confronto a quella délie précèdent! edizioni non an- 
dava innanzi, e piuttosto peggiorava; non valgono a compensare 
i difetti alcuni miglioramenti che pur si trovano: p. e., l'aver 
tolto dagli elettuarj purganti la teriaca e il mitridato che prima 
malamente vi stavano frammisti, l'aver messo in miglior posto 
Vunzione cordiale del Baldini, cioè fra i linimenti (1). Le dissi- 
miglianze in moite parti rispetto aile stampe passate, cui ac- 
cennano i revisori nella lettera al Collegio medico, non sono 
per la massima parte che di lingua e di forma: la sostanza ri- 
maneva quale prima , e perô il nuovo ïllustrato che portava il 
frontespizio era un ahnunzio, se non bugiardo, prosuntuoso; sic- 
come lo era e più anrora per il Ricettario che l'aveva prece- 
duto: ma non è da fare gran conto di taie annunzio , giacchè 
esso trasmettevasi insieme con l'antiporta istoriata a guisa di 
cartello dall'una all'aitra edizione, conforme che più sopra av- 
vertimmo (2). 



(1) E s' intitola appunto linimento cordiale, avvertendo, ciô che non 
era detto nella précédente edizione, che dei fiori d'arancio prendevasi 
Tolio fatto per infusione in quello di mandorle dolei. 

(2) La tavola délie délie due Parti del Ricettario continuava ad es- 
sere unica, come nella précédente edizione: immutati si ripetevano 
gli ordini, le discipline ecc. per l'esercizio délia farmacia stabiliti fin 
dal tempo di Cosimo I. 



71 

E cosl \o riceveva Tultima edizione del 1696, sebbene nessuna 
nuova illustrazione potesse vantare, essendo rispetto alla conte- 
nenza per la massima parte semplice rislampa deli' antécédente 
e materiale tanto in certi punti da ripeterne gli errori: valga ad 
esempio la lettera a Cosimo III (1). Portava questa la data 
primiera , mentre Taltra agli eccellentissimî signori Medici dd 
Colïegio di Firenze appariva scritta il 26 marzo 1696, pur ripe- 
tendo ad una ad una le parole di quella di 27 anni avanti: ed 
il più curioso si è che con molta disinvoltura i signori fisici 
Giuseppe Zamboni e Panfilo Fabbri , e gli speziali Bartolomeo 
Spighi e Bastiano Sandrini prendevaqo il posto dei colleghi di 
27 anni prima, e che pur potevano essere vivi, siccome era vivo. 
il Principe, cui l'uno e l'altro volume andava dedicato (2). 

Notiamo le poche varianti che cadono nella 2. a Parte : tutte ag- 
giunte, veruna falcidia essendo stata fatta. 

Medica menti nuovi relativamente al Ricettario del 1670 

1. Estratto di contrajerva (3). 

2. Giulebbo gemmato (4). 

3. » perlato (5). 



(1) « Con felicissimo auspicio esce nuovamente alla luce il Ricer,- 
tario Fibrentino mentre segue nel principio del Regno di V. A. S. da- 
toci da Dio per supremo Signore. ...» Cosi nelle due edizioni : ma 
evidentemente dopo il -mentre deve and are un cib e in luogo di datoci 
si ha da leggere dataci. Ne credasi che il foglio fosse sempre il me- 
desimo trasportato daU'uno all'altro volume; no, quello, siccome il resto 
del volume, effettivamente ristampavasi. — Altri err ori ripetati : p. e., 
gaïla invece di gallia a pag. 143; uno poi nuovo, credendo di fare una 
correzione, è quello a pag. 280, ove leggesi Madittamo di Jera secondo 
Gàleno: il Ricettario del 1670 aveva scritto Era rende ndo toscano il 
greco Hera ( c, Hpaç), nome di antico scritto re di farmacolo gia e grande 
manipolatore di medicamenti ; mettendo jera sostituivasi una cosa ad 
una persona, jera essendo un elettuario purgante corne più vclt9 ab- 
biamo avvertito. 

(2) Al Poggiali per distrazione accadeva di anno verare corne II que- 
sto Cosimo, a cui i Ricettarj andavano dedicati, mentre era il III Gran- 
duca di tal nome. 

(3) Radiée di parecchie specie di Dorstenia, e particolarmente délia 
brasiliensis , reputata alessifarmaca; il nome stesso ne doveva espri- 
mere la virtù (yerba, erba, contra sott'intendi vêlent). 

(4) Sale di gemme, ambra e muschio cotti in acqua di rosa zuccherata. 

(5) Sal di perîe soluto con zucchero in acqua rosa e ridotto a con- 
sistenza di giulebbo. 



4. Acqua per piaghe maligne magistrale (1). 

5. » verde prima magistrale. 

6. » » seconda » 

7. Oiio d'apparizio (2). 

8. Olio contro veleni (3). 

9. Olio da bachi (4). 

10. » da stomaco (5). 

11. » da spasimo (6). 

Sono 11 medicamenti nuovi o svecchiati; ma quali ! L' olio 
contro veleni e l'altro da spasimo erano già stati accolti da molto 
tempo nelle farmacie con la designazione di olj del Oranduca (7), 
ed anzi fa meraviglia corne allora soltanto entrassero nel Ri- 
cettario fiorentino , e senza qucll'appellativo col quale per ogni 
dove erano conosciuti. L'olio contro veleni era invenzione dei 
successore di Cosimo, Erancesco I, il quale se ne compiaceva, 
vantando le mirabili virtù con gli ambasciatori clie andavano a 
oorteggiarlo , siccome buono contro ogni infezione pestilenziale 
e qualsiasi sorte di tossico (8); onde che dovrebbesi credere non 
Favessero da canto ne egli, ne la sua Bianca quando un veleno 
od altra maiigna infermità li toise entrambi quasi nella stessa 
ora di vita! Checchè sia di ciô , aveva si fatto olio tanta ripu- 
tazione che da ogni parte veniva ricercato, di guisa che per pre- 
pararlo consumavansi in Firenze ogni anno da oltre 400 libbre 
di scorpioni (9), i quali dovevano essere raccolti nel tempo délia 



(1) Quest' acqua e le altre due verdi sono riâorimenti dei Ricettarj 
anteriori. 

(2) Cioè fatta con la ragia d'abete, ovvero trementina , inceuso, va- 
leriana, ecc. 

(3) Olio di scorpioni e vino greco in cui era stata digerita délia 
teriaca e del mitridato insieme cou rabarbaro, aloe, zafferano, nardo, 
mirra, dittamo, bistorta, genziana, tormentilla. 

(4) Fecce d' olio contro veleni, aile quali s' aggiungeva olio vecchio, 
triaca, mitridato e vino greco. 

(5) Olio d' assenzio e di mastice, noci moscate, mace, garofani, as- 
senzio, menta, legno aloe, cannella e greco. 

(6) Olio d'iperico, trementina, vernice, ca^toro, euforbio, zafferano. 

(7) De Sgobbis Antonio, < Theatro farmaceutico. » Venetia 1667, pa- 
gina 143. 

(8) Corradi A. « Degli esperimenti tossicologici. » Cit. p. 38. 

(9) Redi Francesco. « Esperienze intorno alla generazione degli in- 
setti. » Opère. Milano, 1810, III, 64. 



73 

canieola e messi vivi in olio vecchicT, dove stavano infusi per 
quaranta giorni. 

Erano pure duchesche le acque da mal di fianco e da febbri mali- 
gne, anzi ritrovamenti del vero fondatore del principato mediceo, 
che pur altri rimedj aveva saputo trovare in quel suo continue 
lavorare intorno ai fornelli ed ai iambicchi , chè egli non sola- 
mente era intendente de' seraplici e délie altre cose naturali, ma 
stillatore ed alchimista (1), forse reputando di potere tramutare i 
metalli, nello stesso modo che gli riusciva di piegare a sègli animi 
e di muoverli a suo talento. Ne soltanto gli uomini, ma anche 
le dame manipolavano medicamenti in quelia Corte : la polvere 
antiepilettica délia Oranduchessa tenevasi per uno de' più efficaci 
rimedj contro il brutto maie, e Suor Oaterina De Ricci , poscia 
Santa, domandava alla serenissima Cappeilo, madré e signora ca- 
rissima, per una sua monachella un po' d'acciajo stillato, molto 
più sicuro dell'ordinario, per l'oppilazione, vale a dire per la clo- 
rosi (2). Ed ecco un altro medicaraento che usciva dalla célèbre 
fonâeria, e non compreso nel Codice farmaceutico ; il quale, ac- 
cogliendo medicamenti caduti in disuso, ed invece non riceven- 
done altri comunemente adoprati, flniva per non rispondere più 
alla realtà, ne di soddisfare ai bisogni délia pratica medica. Ed 
invero se badar si dovesse unicarnente al Ricettario del 1696 se 
ne dovrebbe inferire che le malattie veneree si fossero del tutto 
spente, o rese si miti da poter essere curate con degli sieri e 
con de* giulebbi: difatti niun medicamento spéciale per esse, le- 
vati persino quelli che erano nelle precedenti edizioni con fama 
di pur avère qualche virtù contro simili malanni ; i quali erano 
tutt'altro che scomparsi, corne puô rilevarsi dagli stessi Con- 
sulti de 1 , Redi, che pure c' insegnano corne non solo davansi per 
bocca decotti di guajaco, di salsapariglia, di china e di sapona- 



(1) « Ha ritrovato (il Duca Cosimo) rimedj alla punta (pleurite) al 
fianco (colica), aile strette di urina, ed aile ferite délia testa, che in 
Toscana per la sottilità dell'aria erano tutte mortali, ed ora sono fatte 
sanabili. ... Eznndio aile cose naturali attende questo principe per 
scoprire li mirabili secreti délia natura, fra li quali si comprenda 
eziandio l'investigazione dei metalli. (Fedeli Yincenzo. < Relazione ai 
Senato Veneto. In: Alberi E, L'ItaLa nel secolo XVI, ossia le Relazioni 
degli Ambasciatori Veneti. » Firenze 1858, I, 356). » 

(2) De' Ricci, S. Caterina. « Le lettere spirituali e familiari. » Prato 
1861, p. 103. 



74 

ria, ma anche il mercurio dolce; e tanto si adoperavano da dover 
poi sanare il maie procurato dai medicamenti. Il medicamento 
del francese, detto cosi da quel taie Monsieur Beauregard che 
lo mise in voga a Firenze poco dopo la meta del secolo XVI; 
era un decotto di guajaco più gagliardo del comune non per l'ag- 
giunta délia salsapariglia, délia cina e del legno d'aloe, ma, a 
quel che pare, del mercurio (1). 11 quale sotto forma di pomata 
o manteca era pure allora adoperato non solamente per ucci- 
dere i pidocchi, pulire la pelle dalla rogna e la testa dalla tigna, 
ma anche per medicare il morbo gallico , ungendone tutto il 
corpo (2). Di più proponevasi in occasione délia peste del 1630 
quale preservativo l'acqua comune , od alcun cordiale , sbattuta 
con l'argentovivo; che anche serviva ad impedire la genera- 
zione de' bachi nelle budella e ad ammazzarli con l'intensa sua 
freddezza ove li incontrasse. E la proposta partiva dal Dottor 
Antonio Pellicini, che scriveva d'ordine del Collegio de Medich 
fiorentinî p?r comandamento del Serenissimo Granduca di To- 
scana (3). Ne perché nel Ricettario non fîgurano distintamente 
preparati marziali, è da credere non si adoperasse il ferro: sotto 
forma di scaglia, di limatura , di ossido, di sale, e con diversi 
nomi (di ruggine, di croco, di vetriolo , ecc), entrava in parec- 
chie composizioni, essendo già esso parte di aitre combinazioni 
naturali, siccome piètre, terre e minière diverse (4). Nessun me- 
dicamento antimoniale, non ostante il molto rumore che aveva 
levato Marco Cornacchini, Professore pubblico di medicina pra- 
tica nelT Universîtà di Pisa , con la sua polvere de tribus, la 
quale tuto cito et jucunde doveva guarire tutte le malattie pro- 
dotte da umori soverchi o corrotti (5): si fatto silenzio pûô 



(1) Targioni Tozzetti Gio. « Notizie degli aggrandimenti délie Scienze 
fisiche accaduti in Toscana. » Firenze 1780, III, 204. — Redi. «Opère.» 
Milano 1881, VI, 138. 

(2) Targioni Tozzetti. « Op. cit. > pag. 213. 

(3) Pellicini Antonio. « Discorso sopra de' mali contagiosi pestilen- 
ziali. » Fiorenza 1630, pag. 17. 

(4) Il Redi, seguendo Celio Aureliano, dava a bere 1' acqua in cui 
i ferraj spengono i loro ferri infuocati, ovvero l'acqua di Nocera spen- 
tovi pure entro il ferro e aggiungendovi, secondo il caso, vino rosso. 
(Consulti. Firenze 1863, pag. 204). 

(5) Cornacchini M. « Methodus qua omnes humani corporis affec- 
tiones etc. », stampato a Firenze due volte nel j619, di nuovo l' anno 
dopo, e nel 1628 a Francoforte. 



per molta parte spiegarsi par le obiezioni e le contrarietà che 
il nuovo medicamento ebbe e dai professori di Pisa e dai me- 
dici fiorentini, nonchè per le pretensioni dell'Autore, che neppur 
ebbe tempo di sostenerle, essendo inorto poco appresso (1). Non 
cosl puô dirsi délia corteccia di china, i cui trionfi facevano 
tacere gii avversarj , o le cui censure servivano a rendere più 
corretto Puso dei medicamento, non a respingerlo: ma non per- 
ché il Ricettario faceva lo gnorri, gli altri si privavano del be- 
nefizio délia china; la si prendeva in CoHe e nel seguito dei 
Principe ereditario (2); ed oltre che in polvere e in decozione, 
il Redi consigliava di usarla, facendola cuocere nel ventre di 
una pollastrina ben netta dagl' interiori (3). 

Pertanto la Farmacopea del 1696 corne nulia aveva accolto 
del nuovo, ed era parecchio che meritava accoglimento, neppur 
nulla aveva deposto dei vecchio ciarpame , inutile e costoso in- 
gombro (4); cosi essa, che giungeva ultima e nondimeno si teneva 
immota, riesciva inferiore, se'obene più linda e ordinata, aile al- 
tre consimili che lavevano preceduto , ed aile quali il restar 
ferme era minor colpa, minore essendo all'intorno il movi- 
mento. Questo pure toccava di vedere che là dove più gagliardo 
appariva Fimpulso aile scienze fisiche, più battuta la via deli'esperi- 
mento, sagace e libéra l'investigazione délie cose naturaii, vivo 
il sentimento di risalire alla medicina classica e di renderne 
semplici i mezzi di cura, la farmacia rimanesse tuttora avvilup- 
pata fra le frasche délia superstizione, gonfla di vacuità, spavalda 
nel promettere, dimessa nell'attenere; i suoi maestri erano quei 
medesimi da cui s'istruivano gli speziaïi del medio evo (5), da 



(1) Fabroni Angell. « Historia Academiae Pisanae. > Pisis 1792, II, 63. 
— I suoi nemici dissero che era morto prendendo la stessa polvere 
che dava a 1 suoi ammalati composta d'antimouio , scamonea e cremor 
di tartaro. 

(2) Dai Conte Lorenzo Magalotti, accompagnando a Parigi nel 1669 
il Principe poscia Granduca Cosimo III {Magalotti L. « Lettere fami- 
liari. » Firenze 1769, I, 40). 

(3) Redi. « Op. cit. > V, 419. 

(4) Manteneva altresi le solite Provisioni per gli speziaïi, droghieri , 
cerajuoli, ecc. 

(5) Sei erano i libri necessarj a qualsiasi spezialeri due libri dei 
Semplici di Avicenna e Serapione, il libro de' Sinonimi di Simone da 
Genova, Taltro del Servitore, Topera di Mesue, VAniidotario minore di 



7G 

cui attingevano il Luminare majus , il Thésaurus aromalario- 
rum del quattrocento: ai Saggi dell'Accademia del Ciraento fa- 
cevano davvero meschino riscontro i Ricettarj che li seguivano 
dappresso ed uscivano dalla stessa Firenze, e perfino dalla stessa 
ducale stamperia (1). Ma v'ha di più: quelli venivano alla luce 
sotto gli occhi di chi sfatava i lattovari jacintini, le confezioni 
alchermes, i diamargheriton caldi e freddi, i cristalli raacinati, 
i giulebbi gemmati e perlati (2); venivano alla luce sotto gli oc- 
chi di quel Eedi che metteva in burla le jere, le benedette las- 
sative, i diacatoliconi , i diafiniconi , i diatrionpipereoni ed altre 
imbrogliate decozionacce con nomi da fare spintare i cani (3); 
che tartassava que* medici che non avevano scrupolo d'empiere 
altrui lo stomaco di mille intingoli e di mille pestiferi guazza- 
bugli, stendendo ricette lunghe mezzo miglio (4). I due Eicettarj 
venivano dedicati al Granduca Cosimo III, che li gradiva seb- 
bene altrimenti ei si curasse seguendo i consigli del Redi suo 
archiatro, che alla farragine de' medicamenti aveva sostituito il 
vitto pittagorico (5): non era dunque per volontà del Principe 
che quelli comparivano tali, bensl per la prepotenza délia con- 
suetudine e délia credulità del volgo, a cui obbediva il Gran- 



JXiccolô da Salerno. Erano raccomandati , siccome libri utili e buoni, 
V Antidotario maggiore del suddetto Niccolô, il Circa inst ans di Platea- 
rio, Dioscoride e Macro Florido: sed non sunt, soggiungeva il Saladini 
da Ascoli, in usu medicorum ut praedicti (Mesuae, op. cit., p. 288). Or 
bene il Ricettario del 1696 dopo due secoli ripeteva quanto aveva 
detto il Ricettario del 1498, e cioè- che il buono speziale doveva saper 
tanto délia lingua latina da poter leggere Dioscoride, Galeno, Plinio, 
Serapione, Mesue, Avicenna. 

(1) La l. a edizione dei Saggi di naturali esperienze veniva fatta nel 
1666 o 67 con i caratteri di Giuseppe Cocchini, la 2.* nel 1691 con quelli 
di Gio. Filippo Cecchi; che di li a poco pubblicava anche il Ricet- 
tario del 1696: l'altro del 1670 era stato impresso, corne abbiamo ve- 
duto, dal Vangelisti e Matini, i quali allora, corne poscia il Cecchi, di- 
rigevano la stamperia di sua Altezza Serenissima. 

(2) « Oltrecchè ogni giovanetto sa molto bene, che quelle piètre pre- 
ziose del lattovaro jacintino non sono abili ad essere attuate (disciolte, 
stemperatè), quando ne anco la stessa acqua forte non le attua, e }o 
stesso zolfo ardente ne meno le attua {Redi, Consulto cit., p. 239). » 

(3) Ivi, p. 146,. 182. 

(4) Ivi, p. 66, 92, 150, 256, 272, 343. 

(5) Galluzzi, Storia del Granducato di Toscana. Firenze, 1812, VIII, 161. 



77 

duca quando dalla sua fonderia lasciava andar fuori Yélisir vite 
di cui già notammo la strana composizione. Yi obbediva altresi 
a quando a quando, e questo è dir tutto, il Redi medesimo o 
per âare soddisfazione al popolo corn' egli diceva (1), ovvero per- 
ché non sapesse interamente smagliare le reti dellà polifarmacia, 
ne sfuggire alla tirannide dell' uso e de' pregiudizj: comunque, 
lo troviamo prescrivere i trochischi viperini col fiele di gallo 
secco per collirio (2), l'avorio impalpabilmente macinato con le 
radiche di consolida maggiore e le rose rosse siccome giôve- 
vole alla testa ed aile emorroidi (3), la gelatina di corno di cervo, 
per rendere il sangue più fibroso, più forte e raen sottile e men 
fluido (4); si compiace altresi del rugiadoso ^giulebbo aureo (5), 
ne respinge l'elettuario alessandrino (6) e la confezione mitri- 
datica con parecchie conserve e l'ambra grigia (7). I suoi aceti 
solutivi co' quali condire Tinsalata o farne marinate (8); le sue 
pillole, fossero pur fatte d'innocentissimi sughi e polpe di varj 
fiori e frutti (9), erano pur sempre di troppe cose composte e 
lontane da quella semplicità ne' medicamenti e moderazione nella 
cura, che il Redi s'era proposto e di fatti generalmente seguiva. Ei 
tenne ancora per certo tempo la direzione délia spezieria gran- 
ducale, e cosl ebbe l'opportunità di saggiare le millantate virtù 
di una od altra tintura, di questa o quella panacea, ma sempre 
trovo che desse erano inganni volontarj, o semplicità di uo- 
vnini creduh (10): nondimeno la mano che vergava queste sincd- 



(1) Redi, Consulti cit., p. 343. 

(2) Ivi, p. 351. 

(3) Ivi, p. 202. 

(4) Ivi, p. 203. 

(5) Ivi, p. 68, 126, 220, 342. 

(6) Fatto con polipodio quercino fresco e sena, a cui, compiuta che fosse 
la bollitura, aggiungevasi zibibbo lavato con malvagia e zucchero. Il 
Livi, annotatore dei Consulti rediani, neU'eJizione che qui si cita (Fi- 
renze, 1863, p. 199), credette che taie elettuario fosse il famoso elec- 
tuarium letitiae di Galeno, composto di sughi d'erbe, di limatura d'oro, 
d'argento, ecc; ma corne vedesi la composizione sua è bon diversa da 
quella del precitato elettuario alessandrino quale viene descritto dal- 
VAntidotario romano (Roma, 1689, p. 350). 

(7) Ivi, p. 358. 

(8) Aceto bianco forte in cui andavano infusi per tre giorni poli- 
podio quercino, sena, coriandoli e manna (Ivi, p. 199). 

(9) Ivi, p. 69. 
(10) Ivi, p. 301. 



73 

rissime parole, poneva il nihil obstat perché gli elisiri, gli olj, gli 
antidoti di cui dicemmo uscissero da queU'ofiicina insigniti del 
nome del Principe per maggiore guarentigia de' buoni effetti che 
se ne attendevano. 

Ne ûell'essere rimasto il Eicettario in tanta imperfezione è 
da incolpare i tempi di servitù; perocchè non pesava questa su 
gli Accademici del Cimento, che con gli auspicj e con l'ajuto 
délia Casa medicea, dei principi ecclesiastici e secolari di essa 
îiberamente ricercavano le cose naturali e ne facevano esperi- 
raento. E poi forse che puô paragonarsi nelPautorità e nel co- 
mando Cosimo III a Côsimo I? Eppure sotto quest'ultimo e per 
suo comando venne fatta la prima revisione del Eicettario; la 
quale è memorabile*negli annali délia medicina, perché segna 
un vero progresso ; ma pur troppo non ebbe seguito, tanto che 
stando aile apparenze potrebbe dedursene che la tirannide più 
che il mite governo giovava agli aggrandimenti délia scienza ; 
quando in verità per buona ventura questa si sottrae a qual- 
siasi influenza politica, purchè incontri uomini che sappiano 
sollevarla dalla soggezione délie scuole, deila consuetudine e 
dei pregiudizj: uomini valorosi erano pure nel secolo XVI in 
medicina , ma i tempi erano tuttora troppo avversi perché al 
loro combattere seguisse tosto il trionfo; gettavano essi il semé, 
altri ne coglieva il frutto come suol sempre accadere d'ogni ri- 
forma. E perô quasi un secolo doveva passare innanzi che le 
idée innovatrici tanto incaizassero da costringere la Farmacia 
ufficiale, che rimasta appartata e solinga più non rappresentava 
ne dirigeva la farmacia delVuso, a rimutarsi tutta quanta, a 
spogliarsi di quegli albagiosi vecchiumi, che non le mantenevano 
più autorità, a vivificare se stessa movendosi. 

E cosl veniva fuori nel 1789 il nuovo Eicettario Fiorentino (1) 
ridotto all'uso moderno e compilato per ordine del Granduca 
Pietro Leopoldo dai Deputati del Collegio medico ; i quali con- 
formandosi aU'esempio e aile adulazioni de' predecessori , ardi- 
vano umiliare il volume composto in sollievo delfuman génère, 
all'augusto trono di quell'Altezza Reale, nelia quale, fra gli al- 
tri pregj e le altre virtù, Tuniverso ammirava la vera filosofia 
délia mente e del cuore. Attesero alla nuova opéra tre medici e 



(1) Firenze, per Gaetano Cambiagi Stampatore Granducale, con ap- 
'ovazione. 8.° gr. pp. VII, 350. 



79 

tre speziali (1), e la dettava Àgostino Rensi , che con vocabolo 
nuovo chiamavasi estensore; ma se questi accomodavasi all'uso 
nelle parole, gli altri indulgevano aile moltitudini, non osando 
privarle interamente di alcune preparazioni che acquistate dal- 
l'antichità con grande riputazione si mantenevano. Cosl conti- 
nuavano ad essere inscritti i lattovarj di Mitridate e la Requie 
magna, e veniva accolto il Fercolo dei Sassonia, stante il gran 
ûr édita che aveva nel volgo (2); la teriaca riformata a norma 
delli Àustriaci , non ostante che si potesse ridurre a pochi 
capi , il che i compilatori lasciavano ai posteri. Ed i posteri, 
queglino soggiungevano , faranno alla nostra Farmacopea ciô 
che fecero all'antico e rinomato Ricettario Fiorentino i nostri 
savj antecessori in questo Collegio; se non che eglino non eb- 
bero nelle varie edizioni che a correggere o ristaurare, ad am- 
pliare od illustrare il già fatto, ne mai furono costretti a to~ 
talmente rinnovarle, siccome doveva farsi in conseguenza dei 
nuovi sistemi egregiam'Ute fissati in tutta Vistoria naturale ar- 
ricchita di nuove scoperte e dalla chimica sempre più coltivata 
ed estesa alla farmacia. Confidavano essi che Topera loro im- 
piegata per la pubblica salute, non sia desiituita dei suo frutto, 
e che le malattie diventino meno pericolose, e più pronta , per 
quanto sia sperabïle, la guarigione di esse. 

I riformatori per maggiore comodità non disponevano più i 
medicamenti corne dianzi per ciassi , bensi in série alfabetica. 
Lo stesso ordine era tenuto per la materia farmaceutica com- 
parsa nella l. a Parte: data délie sostanze mineraii brevissima de- 
finizione, lasciavasi aile piante il nome assegnato dal Mattioli 
per maggior facilita degli speziali, aggiungendo (e cosi pure per 
gli animali per le piètre e i metalli) l'officinale in lingua la- 
tina, il sistematico di Linneo, non che i nomi francesi , inglesi 
e tedeschi per comodo dei forestieri (3). Levate affatto le disci- 



(l)Imedici erano Luca Martini, Gesualdo Vannucci, Ale?sandro Bic- 
chierai; gli speziali Ignazio Mini, Alberto Francesco Hoefer, Pietro 
Giuntini. 

(2) Era farina d'orzo cotta con zucchero a lento calore; alcuni vi 
aggiungevano cannella , cina , salsapariglia Ercoie Sassonia fu uno 
de' più famosi Professori deir Università di Padova , dove mori nel 
1607. 

(3) Seguivano in forma quasi d'appendice da pag. 94 a pag. 113 : — 
1.° Esposizione dei caratteri chimiei, che sono certi segni inventati 



80 

pline per l'esercizio délia farmacia; alla fine délia 2. a Parte ve- 
niva inserita una tavola per dimostrare la proporzione dei mer- 
curiàli e deWoppio in àlcuni medicamenii composti (1). 

A che poi riescisse l'annunziata totale rinnovazione puô age- 
volmente rilevarsi, mettendo a confronto la tavola C (la quale 
riassume la II Parte del libro e va dalla pagina 113 alla 326) 
con le due precedenti e con quanto si è detto finora dei diversi 
ricettarj fiorentini che si sono susseguiti in due secoli, dal 1498 
al 1696. E certaraente il rimutamento è stato grandissimo : po- 
teva essere maggiore e migliore senza dubbio; ma non tutto puô 
farsi in una volta, chè gli errori, le false credenze, i torti giu- 
dizj non si svellono o si correggono d'un tratto : gli stessi ri- 
formatori drcevano , corne abbiarno sentito , ch' essi avevano do- 
vuto concedere alquante cose al gusto del volgo , bruciare un 
granello d'incenso per quegl' idoli da cui continuava tuttora l'a- 
dorazione perché sempre viva era la fede nella loro virtù. Ma 
il furao deli'aroma si spande e nella sua nube avvolge simulacri 
cui non era dedicato; e perô vediamo figurare senza reticenze 
la jerapicra (2), Yolio di scorpioni, Yolio di mattoni , ed i coralîi 
préparait; accolte tuttavia in alcune preparazioni le conchiglie 
marine, gli occhi di granchi, le madreperle, le foglie d'oro , i 
lombrichi: di tutti i vecchi sief non rimaneva che il bianco di Rha- 
sis, nel quale la cerusa veniva agglutinata, non che dalla gomma 
arabica e adragante, dalla sarcocolla; la turba délie dia ristrin- 
gevasi si in un manipolo, ma anche cosi incatorzolita aveva 
animo di adescare qualche nuovo gregario, quale il cerotto dia- 
pomfoligos e la mistura diatrzon. Altre voîte non avendo il co- 



per indicare le principali sostanze, ed operazioni in un modo più brève; 
— 2.° Pesi farmaceutici; — 3.° Definizione deila Farmacia, ossia Arte 
farmaceutica; — 4.° Tempo di raccogliere le piante e le loro parti, modo 
di seccarle e conservarle; — 5.° Determinazione di alcnni semplici dei 
regno végétale, che si comprendono insieme in un certo numéro; — 
6.° Spiegazione di alcuni termini tecnici. 

(1) E cioè per l'oppio: elettuario diascordio , mitridato, requie ma- 
gna, triaca, laudano liquida del Sydenham , pillole di cinoglossa t pil- 
lole di storace; e per il mercurio cerotto mercuriale , pillole mercu- 
riali, pillole mercuriali di Belloste, unguento mercuriale. 

{2) In forma d' elettuario che si poteva preparare ex tempore me- 
scolando miele con le spezie d'jera picra; quali fossero coteste *pezie 
non è poi detto. 



81 

raggio di bandire un nome, lo si conservava corne titolo per 
accreditare la merce di composizione affatto diversa dall' origi- 
nale: ad esempio registravasi la confesione jacintina, sebbene le 
fossero state tolte le piètre preziose e con esse i giacinti , es- 
senâo hen chiaro e manifesto, che queste piètre dure sono affatto 
sprovviste di virtîi; ed è cosl, e cosi era stato detto , siccome 
avvertimmo , da quasi tre secoli ; ma frattanto a quella stessa 
confezione si concedeva di tenere i coralli rossi , oui non so 
quale virtù i nostri riformatori attribuivano. Parimente il looch 
sano di Mesue non rimaneva più che una mucilaggine fatta con 
le spezie diaireos e Temulsione comune. Se non che lasciando 
da parte questi che non diremo scambietti di mala fede o sot- 
terfugj di paura, bensi espedienti di opportunità; non poco sa- 
rebbe da dire su la nuova roba accolta , poichè non tutta era 
buona, ne tutta necessaria, e neppure utile; ma il rovistare in 
quella farragine di aceti, di acque, di estratti, di sali, di siroppi, 
di tinture; l'esaminare partitamente se proprio i riformatori 
nella loro opéra si fossero astenuti, corne si proponevano tanto 
dalVantico superfluo, quanto dal moderno periglioso lusso médi- 
cinale, troppo ci condurrebbe per le lunghe , ed anche fuori del 
proposito di dare uno sguardo aile vecchie nostre farmacopee 
mentre che questa del 1789 non va più paragonata con quelle , 
bensi con le- moderne, délie quali puô dirsi essa âpre la série. 
E perô ci dobbiamo fermare , ma non senza una domanda : 
donde trassero i compilatori delTultimo Kicettario fîorentino il 
materiale e il modelio per si ampia e piena riforma? Se la ra- 
gione di essa era già nella dottrina e nella pratica délia medi- 
cina quale l'intendevano il Redi e i suoi seguaci, l'eserapio ve- 
niva dal di fuori; la Prancia, l'Inghilterra* la Germania avendo 
già nelle proprie farmacopee messo in atto per buona parte ciô 
che fra noi da tanto tempo si commendava: altri ci furô le mosse, 
perché aile buone intenzioni, aile belle parole non seguirono gli 
effetti si pronti e si generali quali occorrevano perché Topera 
délia riforma potesse aversi per compiuta; del quale manca- 
mento fu pure causa il non avère le scienze naturali e sopra 
tutte la chimica continuato a perfezionarsi cosi come n'avevano 
dato speranza. Ne dell'aver seguito l'altrui esempio faremo colpa 
al Collegio medico di Firenze, perocchè la scienza va presa dov'è: 
ma come che povera fosse la casa nostra, essa non era cosi 
ammiserita da non poter, quando con intelligente amore fosse 
stata ricercata , offrire alcuna cosa , o per lo meno il modo di 
Corradi. $ 



82 

dare all'opera forma, veste e colore nazîonale. Sotto l'assoluta 
padronanza del primo Cosimo miravasi a fare un Eicettario che 
potesse servire a tutte le spezierie italiane, sotto il mite e libérale 
governo di Pietro Leopoldo si stava contenti di provvedere alla 
sola Toscana , e di più s' andava a prendere fuori e con altra 
denominazione la roba nostrale ; onde che vi compariva corne 
cosa à'Algarot quella polvere che ebbe nome da Yittore Algarotti 
medico veronese , che sulla fine del cinquecento la fece cono- 
scere e ne celebrô T efficacia quale mercurio di vûa, con sua 
grande fortuna e riputazione (1). Il vecchio Ricettario fioren- 
tino veniva preso a modello e perché più generalmente servisse 
fa tradotto in latino da uno de'più benemeriti botanici del secolo 
XVI, Carlo de l'Écluse ovverossia Clusius (2); il nuovo invece 
conformavasi su gli altri, ne teneva del proprio neppure la buona 
lingua (3). 

VI. 

Non essendo, dopo moite ricerche, riesciti a vedere Tedizione 
del Ricettario fiorentino fatta nel 1550, fa d'uopo che ci rife- 
rïamo aile ristampe fattene nel 1556 e 60 a Venezia da Vincenzo 
Yalgrisi, sebbene con titolo diverso (4). 



(1) Ebbe per ciô molti invidiosi, anzi dicesi che per mal animo di 
costoro l'Algarotti fosse spento di veleno nel 1604. 

(2) Antidotarium florentinum. Antwerpiae 1561. 

(3) Ne venne fatta una ristampa a Venezia nel 1802. 

(4) « Ricettario vtili§simo et molto necessario a tutti gli spetiali , 
che uogliono preparar le medicine regolatamente, da diversi et eccei- 
lenti medici riueduto et approuato , et nuouamente mandato in luce. 
In Venetia, nelia Bottega d'Erasmo, appresso Vincenzo Yalgrisi. MDLVr, 
corretto et esposto con breuissime dichiarationi dove bisogna. » — 
Invece 1' edizione originale di Firsnze del Torrentino è intitolata (se- 
condo che scrive il Moreni e secondo che riferimmo a p. 28 ). « El 
Ricettario dell'Arte , et Vniversità de'Medici et Spetiali délia città di 
Firenze, ecc. » — Affatto diversa poi la forma, poichè mentre V editio 
jprinceps è in foglio , la ristampa veneziana è un modesto volumetto 
in 12.° di carte 164 numerate, incominciando dal frontespizio , e 10 
non numerate per la Tavola. — L'edizione veneta successiva risponde 
in tutto alla précédente del 1556, tranne che nel frontespizio, in 
luogo di nuovamente mandato in lue, ecc, si legge et nuovamente 
corretto et esposto con breuissime dichiarationi doue bisogna. In Ye- 



33 

Ii libro è diviso nelle solite tre parti : nella prima si conton- 
gono ie Regole generali utili a prouedere, eleggere, conseruare et 
preparare le medicine semplici (1); nella seconda lutte le ricette 
di varie sorti di medicine usuali , traite da diuersi Autori (2); 
nella terza: ].° la dicliiarazione de* pesi e misure, 2.° i medica- 
menti succedanei (3). A taie ripartizione, che sta sul rovescio del 
frontespizîo , succède la dedicatoria del Collegio de Medici a gli 
spettabili Signori Consoli delVArte et uniuersità de medici et spe- 
tiali délia Città di Firenze, la quale è bene di qui riferire perché 
ci avvisa délia ragione dell'opera e corne prima di essa non vi 
sia stato che un Bicettario, quello del 1493, di cui probabilmente 
neppure vennero fatte ristampe , poichè è detto ne mancavano 
gli esemplari quando si faceva l'edizione del 1550; confermando 
cosl ciô che precedentemente (p. 28) diceramo. 

« Fu, et con ragione et con prudenza da i nostri antecessori 
« ordinato, che tutti gli spetiali deila nostra città componessino 
« le médecine con un medesimo Ricettario, acciocchè ei potessino 
« correggere coloro, che alcuna fraude commetter uolessino: la 
< quai cosa agevolmente si sarebbe potuta nascondere , se gli 
« spetiali non fussino stati costretti a comporre le medicine con 
« una medesima regola. Onde da gli Magistrati allora presenti 



netia appresso Vincenzo Vaïgrùi, 1560. — Il nuovamente mandate* in 
luce délia stampa del 1556 ne fa supporre un'anteriore ; ma questa non 
ho veduto, e d'altronde, quando ci sia, non deve essere punto diversa, 
almeno nella materia, dalle due surriferite edizioni. 

(1) « In oltre le manière délie medicine composte, che nel nostro 
Ricettario saranno descritte , et le regole generali di comporle , et di 
porgerie , et ministrarle a gl 1 infermi , quando saranno ordinate da i 
medici. > 

(2) « Le quali hanno in fronte il nome délia medicina, et il nome 
deilo Autore donde sono tratte, et le medicine semplici sono chiamate 
pel nome volgare quelle che l' hanno commune a tutti gli spetiali, 
quelle che non l'hanno commune, son chiamate per il nome Latino, 
G-reco o Arabo secondo che le sono, ridotto quanto è stato possibile a 
uso del nostro volgare. > 

(3) « Cioè, el modo del supplire in luogo délie medicine, che man- 
cano con alcuna altra, che più si accosti a quelle, et in questo segui- 
teremo, et la ragione et la autorità de medici antichi. Et in prima 
sarà scritto il nome délie medicine che mancano per 1' ordine dell' al- 
phabeto, et al rincontro il nome di una, o più, quali vogliamo, si usino 
in cambio di quelle. » 



84 

< fu data la cura al Collegio de Medici di esaminare, et mettere 
« insieme tutte le ricette che erano in uso in quegli tempi, con 
« quelle considerationi et avvertimenti, che ei giudicauano utili 
« alla compositione délie medicine, et in lingua volgare, acciochè 
« elle fussino comuni a ognuno , cosi nella città, corne in tutto 
« questo Dominio; la quai cosa fu da i detti diligentemente ese- 
« quita, et ridotte tutte le ricette che s'usauano allora in un 
« libro , il quale è stato infino a questo giorno comune a tutti 

< gli spetiali. Al présente per esser mancato detto libro, et per 
« hauere il tempo mostrato nuove sorti di medicine per molti 
« rispetti desiderando Y. S. che i uostri spetiali, per le mede- 
« sime cagioni che mossono i uostri passati, componghino le 
« médecine con una medesima regola, hanno dato la cura a me- 
« dici del Collegio présente di riuedere il Ricettario passato, et 
« aggiungerci tutto quello, che o per il tempo, o per quai si vo- 
« glia altra occasioné fussi uenuto a la luce. Al quai ragioneuole 
« desiderio, et comandamento ci siamo sforzati di soddisfare, et 
« habbiamo con breuità, et chiarezza raccolto nel présente libro 
« tutto quello ci è paruto necessario a soddisfare a quanto ne 
« hauete imposto: del quale V. S. disporranno quello gli piacerà 
« a commune utilità, et honore di Dio ». 

Senza proemio incomincia la Parte I, col dire quali doti debba 
avère lo speziale, e come debba studiare in Dioscoride, Galeno, 
Serapione, Mesue, Avicenna (1); e ciô con le parole che leg- 
giamo nelle edizioni posteriori. Nello stesso modo è pur detto 
délia bottega. Quindi vengono i brevi articoli délie manière del 
medicamentl semplici — delïerbe nostrali — dell'er&e forestière, 
distingendo quelle che possono nascere od essere coltivate fra 
noi , dalle altre che assolutamente bisogna prendere di fuori. 
Seguono i fiorî, i semi, i frutli, le radicï, i suglii, i liquori, lagrime 
e gomme, le scorze, i ïegni , le medicine degll animali, le terre, 
i metalli e le cose che nascono neJVaeque. Questi articoli sono 
pure nel Bicettario del 67, ma non nel medesimo ordine , ne 
conforrai; mentre poi taluno (l'ultimo, ad esempio) è ripetuto 
con le medesime parole, od esposto con lievi variazioni qualche 
altro, quello deiracqua e délie acque distillate manca affatto. 
Succède Telenco délie medicine semplici forestière o che hanno 
difflcoltà nel conoscersi , dicendosi allora, come poscia, che se 



(1) Ncn si dice di Plinio citato nel Ricettario del 1567. 



8> 

ne dava la descrizione secondo gli scrittori antichi e se ne da- 
vano i segni con i quali si comprende la loro bontà e fraude se 
alcuna ne fosse stata usata in esse. L'elenco è lo stesso che ab- 
biarao riferito a p. 35, meno queste sostanze: ambra nera (1), 
balsamo orientale e occidentale (2), blatte bisanzie (3), cina, ghe- 
rofani, grana , salsapariglia ;, seseli , verderame. Ma oltre il fare 
deile aggiunte, il Ricettario dei 67 raodificava parecchi articoli, 
siccome quelli delValoe, délia manna, ecc. , ovvero metteva in- 
sieme alcune voci che dianzi andavano separate, ad esempio, 
mace, noce moscata, scorza e manna dHncenso. 

Il capitolo délie préparations délie medicine semplici è per la 
massima parte quale vedemmo nelie edizioni del 67 e 74, con le 
niedesime partizioni , quantunque non tutte nel medesimo or- 
dine ; dello slillare è qui detto brevissimaraente , laddove che 
nelle precitate edizioni posteriori se ne fa lungo discorso e per 
di più con il sussidio di figure. 

Il successivo capitolo comprende le manière délie medicine 
composte che sono in uso^ e la compositione et conservatione loro, 
riunendo cosî due parti che poi vennero aliontanate (4). I gruppi 
délie medicine composte sono sempre gli stessi, o con pochissimi 
cambiamenti ; i più riievanti cadono neirarticolo degli sciroppi: 
i morselletti sono compresi nell'altro degli elettuarj. Da questo 
Eicettario incoraincia Terrore, che notammo a p. 54, intorno ai 
cerotti (5). Chiudono il capitolo alcune avvertenze allô speziale 
nel porgere e ministrare le sue medicine. 



(1) Vambra nera si cava, notava il Ricettario del 1567 , sotto terra 
a Grenoboli di Francia; la quale ô di natura di bitume, corne la terra 
ambelite, farmacite e simili. 

(2) Del balsamo il Ricettario del 1550 lasciava di dirne perché hoggi 
ai manca, riserbandosi di dargli nel succidaneo lo scambio. 

(3) Blatte bisanzie degli Arabi, unghie odorate de' Greci : specie di 
nicchio che acceso spira odore di castoro e di bitume con qualche 
parte non insoave; gli antichi se ne servivano nondimeno per profumo 
e gli attribuivano virtù antisteriche e antiepilettiche. Vunguis odoratus 
( ovu; di Dioscoride ) si ritiene generalmente debba riferirsi air oper- 
culo délia conchiglia dello Strombo lentiginoso mollusco gasteropodo 
délia famiglia dei buccinoidi. 

(4) Il provvedere, l'eleggere e conservare le medicine semplici nelle 
stampe posteriori sta in principio e subito dopo al capitolo délia ma- 
niera dei medicamenti semplici. 

(5) 1 cerotti degli antichi, invece di dire i cerotti degli arabi. 



86 

La Parte seconda, quelîa cioè nella quale sono descritte le re- 
cette, tiene l'ordine délie classi, segulto dai Ricettarj nuovi, ma 
il numéro ne è minore dell'indicato a p. 45, essendo che mancano 
le quattro ultime classi, le due piccole délie acque composte e 
dei linimenti, l'altra degli élettuarj rimanendo indivisa , onde che 
invece di 17 le classi non sono più di 10. Ne il numéro de'me- 
dicamenti in esse comprese è il medesimo. 

Numéro dei Medicamenti nei due Ricettarj florentin! degli 

anni 
Classi comuni 1550 1567 e 74 

I. Conditi e conserve 4 24 

II. Infusioni e decozioni 19 25 

III. Kobbi, giulebbi e sciroppi ... 67 75 

IV. Locchi 24 23 

V. Lattovarj 79 85 

VI. Polveri 33 38 

VIL Pillole 50 50 

VIII. Trocisci e sieffl 6ij 66 

IX. Olj 39 44 

X. Unguenti, impiastri, cerotti (l) . 81 92 

462 522 

La differenza è di 60, fra le classi de* medicamenti comuni aile 
due edizioni; di 85 invece se mettiamo nel computo anche le 
8 acque composte , i 3 linimenti, i 4 vescicatorj e gli altrettanti 
rottorj e i 6 restaurativi dei Eicettario dei 67, che non hanno 
riscontro di classi neiranteriore. 

Ma, corne abbiamo fatto per le precedenti edizioni, bisogna 
anche per questa dei 1550 vedere quali medicamenti essa com- 
prendesse in paragone con l'altra che la precorse ed a quella 
che le venne dietro , appunto per conoscere quanto essa abbia 
dato alla nuova. Se non che, avendo noi già instituito taie com- 
parazione fra i due Eicettarj dei 1498 e dei 1567 (Vedi le ta- 
vole A e B), non resta più che raffrontare la stampa dei 1550 
<;on la posteriore, e quindi notare quali medicamenti di quella 
non siano passati nella seconda ossia nel Eicettario dei 1567, 
e quali di questo i nuovi : per tal modo si avrà il bilancio délie 
per dite e degli acquisti. 



(1) E Senapismi nel Ricettario dei 1567 e 74. 



87 



Médicament! del Ricettario 

del 1550 

non passai! in quello del 1567. 



Medicamenti nuovi del Ricettario 

del 1567 
rispetto al Ricettario del 1550 (1). 



I. Classe. 



Conditi e conserve. 



*1 Zucchero rosato (Tav. A n.° 1) 

2 » in morselletti 






*3 » violato (n.° 3) 


4 » in morselletti 


5 Conserva di 


fiori di borrana 


6 » 


buglossa 


7 » 


arancio 


8 » 


limone 


9 » 


cedro 


10 » 


foglie di bettonica 


11 » 


» stecade 


12 > 


» ramerino 


13 » 


» salvia 


14 Cotognato 




*15 Conserva di sorbe (n.° 15) 


16 » 


corniole 


17 » 


sugo di coccole di spin 




cervino 


*18 » 


marasche o diamari 




nata (n ° 18) 


19 Marasche condite 


20 Conserva di peonia. 



IL Infusioni e decozioni. 



1 Deeozione fresca magistrale (2) 

2 > capitale calda (3) 



1 Deeozione di mirobalani del Montano 

(n.° 12) 

2 » carminativa magistrale per 

i serviziali 

3 Decotto di sena magistrale 

4 •» di legno santo senza scorza 

(n.° 19-25) 

5 » di legno santo con la scorza 

6 » » » col vino 

7 » di salsapariglia 

8 » di cina 



(1) I segnati con asterisco * sono medicamenti che già erano nel Ricettario del 
1498. 

(2) Susine, tamarindi, passule, orzo, viole, semi comuni maggiori. 

(3) Stecade, bettonica, salvia, ecc. 



88 



III. Robbi , giulebbi e sciroppL 



1 Oxyzacchara composto di Niccolao (1) 

2 Sciroppo di menta minore 



stecade semplice 
ûinfea di Francesco 

demontano 
ermodattili 



Pe- 



Ossimiele composto del comentatore 
di Mesue (n.° 16) 

Sciroppo di acetosità di cederno ma- 
gistrale (n.° 26) 

Mêle zuccherino soiutivo (n.° 31) 
» colato (n.° 32) 



5 Sciroppo di porcellana di Mesue (q.° 42) 

6 » di rabarbaro (n.° 6Q) 
> , di sugo d' acetosa di Mesue 

(n.° 69) 
>. di bettonica (n.° 70) 
di borrana (n.° 71) 
di bettonica magistrale (n.° 72j 
di farfaro semplice (n.° 73) 
di scordeo magistrale (n.° 74) 
di artemisia » (n.° 75) 



6 

*7 

8 

*9 

10 

11 

*12 

*13 



IV. Locchi. 



1 Diadragante calido di Niccolô (2) 

2 Loch di scilla composto 



1 Loch di prassio composto di Paulo 
(n.° 14) 



V. Eïettuarj. 



Diamargheriton frigido di Niccolb (3) 
Hiera composta di Galeno (4) 
Diasena di Gentile (5) 
» di Niccolô (6) 



5 Diaprunis soiutivo (7) 

6 Teriaca diatesseron di Mesue (8) 

7 Mitridato di Démocrate (9) 



*1 Rosata novella (n.° 9) 
2 Lattovaro alchermes di Mesue (n.° 11) 
*3 " 

4 



Lattovaro di gemme (n.° 14) 
Panellini da bachi del Savonarola 
(n.° 20) 
5 Lattovaro di soldanella magistrale 

(n.° 31) 
c 6 » Justino di Niccolao (n.° 34) 

h 7 > litontripton » 



(1) Capelvenere, lingua cervina (Scolopendrium officinale), cetracca {Ceterach 
officinarum) , pollitrico (Asplenium trichomanes) , fegatella od epatica (Asperula 
odorata), viole, radici di finocchio, di brusci, d'asparagi, di gramigna. 

(2) Draganti, isopo, pinocchi, mandorle, semé di lino, fien greco, cinnamomo, 
iiquerizia, zenzero, zucchero. 

(3) Semi di citriuolo, zucche, cocomero , popone ? porcellana , papavero ; sandali 
bianchi e citrini, legno aloe, zenzero, rose rosse, fiori di ninfea, granelli di mirto, 
coralli bianchi e rossi, perle, zucchero. 

(4) La hiera semplice aveva 8 ingredienti; la composta ne aveva 30: incomin- 
ciava con la coloquintida e la scilla, e finiva con il petroselino ed il castoro. 

(5) Sena, nocciuole, seta arsa, lapis armeno, zucchero, miele. 

(6) Le suddette sostanze più 14 altre; lapislazzuli, cinnamomo, gherofani, ga- 
langa, pepe nero, ecc. 

(7) Diaprunis soiutivo con scamonea. 

(8) Genziana, coccole d'alloro, mirra, aristolochia rotonda, miele. 

(9) Mirra, zafferano , agarico , zenzero con 43 aitri ingredienti, più il vino ed 
il miele per comporre, secondo Tarte, elettuario. 



89 

Lattovari purganti. 

8 ïïiera di Rasis (n.° 2) 
*9 > di Galeno secondo Niccolao 
Alessandrino (n.° 3) 
*10 » picra di Galeno secondo Mesue 

(n.° 7) 
*11 Micheletta di Niccolao (n.° 32) 
*12 Trifera saracenica di Mesue (n.° 44) 
13 Diacastoreo magistrale (n.° 47) 

VI. Polveri. 

1 Spezie di p ttima cordiale caldo (1) 1 Precipitato bigio magistrale (n.° 33) 

2 Un altro precipitato magistrale (n.°34) 

3 > » semplice 

(n.° 35) 

4 Sale teriacale di Galeno (n.° 36) 

5 Polvere di granchi d'Eschnoce (n.° 37) 

6 Un'altra magistrale (n.° 38) 

VII. Pillole (nessuna variazione). 

VIII. Trocisci e sieffh (2). 

IX. Olj. 

1 Oiio nardino semplice di Mesue. *1 Olio violato di Mesue (n.° 3) 

2 » sansucino » (n.° 20) 

3 » d'euforbio composto (n. 30) 

4 » di cederno magistrale (n.° 35) 
*5 » di camomilla magistrale (n.°40) 
*6 » di mattoni di Mesue (n.° 43) 

X. Unguenti, empiastri, cerotti (3). 

1 Unguento d'altea con gomnie 1 Unguento secondo da occhio (n.° 6) 

: 1 ïmpiastro di Galeno (4). 2 » da fuoco secondo (n° 9) 

3 » » terzo (u.° 10) 

4 » modiflcativo magistrale 

con sugo d'oppio (n ° 39) 

5 » di cimbalaria (n.° 45) 

6 » d 7 alabastro del Faenza 

(n.° 46) 

7 » » da milza magi- 

strale (n.° 47) 

Senapismi. 

1 Senapismo primo (n.° 1) 

2 » secondo (n.° 2) 

3 » terzo (n.° 3) 

4 > informa d'unguento (n.° 4) 

5 Impiastro di fermento di Paulo (n. 18) 

6 Cerotto d'Eschrione (n.° 19) 

(1) Sandali bianchi, rossi e citrini, been bianco e rosso, osso di cuore di cervo, 
zafîerano, cinnamomo, gherofani, legno aloe, ambra, musco. 

(2) Nessuna variazione, tranne eue di nomi: il sief rosso di Galeno del Ricet- 
tario del 1567 (n. 60) non ha nome specifleato noir altro del 1550, dove poi è chia- 
mato sief giallo di Mesue, quello che nel posteriore è intitolato sief bianco d'A- 
■lessandro, secondo Mesue (n. 61). 

(3) E senapismi del E-icettario del 1567. 

(4) Farina di mochi, ossia d'orobo (specie di veccia). 



90 

Conie vedesï, ben poco del Ricettario del 1550 veniva scartato 
dall'altro del 1567 : non più di 20 preparazioni. Àlcune cîassi tra- 
passavano intere (1), altre scemate soltanto di uno o due medi- 
camenti (2), le maggiori diminuzioni non essendo che di cinque 
fra i robbi, i giulébhi e gli sctroppi; di sette fra gli eïettuarj di 
qualsiasi specie. 

Il nuovo Kicettario alla molta materia che accoglieva dall'an- 
tecessore, altra aggregavasene impinguando i gruppi già fatti, ov- 
vero formandone, siccome vedemmo, de' nuovi. Se non che questa 
non era tutta un'acquisizione, bensi per buona parte un ricupera- 
mento , avvegnacchè degli 85 medicamenti che figurano come 
nuovi, 20 appartenevano già al Ricettario del 1498, e sono quelli 
che nel précédente Prospetto vanno contraddistinti con asteri- 
sco. Or bene, di coteste rintroduzioni nessuna appare commen- 
devole ne per virtù di effetti, ne per nécessita di uso; lasciando 
da parte i conditi e gli sciroppi, c'è proprio da chiedere eut bono 
risuscitare la rosata novella , il lattovaro di gemme , l'altro di 
Giustino e il litontripton di Niccolô? Erano già sepolti, ed al 
seppellimento li aveva in certa guisa avviati lo stesso Kicettario 
del 98, quando notificava che inseriva il lactovaro di gemme non 
perché fosse in uso, ma per la sua nobiïtâ. Con tante prepara- 
zioni d'aloe non si scorge il bisogno di ripescare altre due Mère 
dal mare magno galenico modificate per giunta da Niccolô 
Alessandrino e da Mesue; la michleta e la trypliera saracenica 
non erano che modi di amministrare i mirobalani , e de' quali 
ce n'erano pur tanti. L'otto di mattoni poi aveva avuto lo sfratto, 
e sfrattato doveva rimanere. 

D' altra parte , guardando ai nuovi acquisti, se ne leviamo 
quelli , che pur non essendo nelle precedenti edizioni , venivano 
assunti dai soliti antidotarj di Galeno, di Mesue e dei due Nic- 
colô, troviamo che non molti ne restano e meno ancora meri- 
tevoli di considerazione. Fra questi pochi sono da notare i de- 
cotti di guajaco, di sàlsapariglia e di cina, i senapismi e i ve- 
scicatorj propriamente detti, non che alcuni precipitati non tanto 
per la loro entità, quanto come indizio deirimportanza che si con- 



(1) Quelle de' conditi, délie pillole e de' trocisci (I e VII, VIII). 

(2) Nella Classe VI (polveri) e IX (olj) un solo medicamento veniva 
rifiutato, e due nelle Classi II (infusioni e decozioni) t IV (ïocchi) e 
X (unguenti, ecc. , e senapismi). 



9i 

cedeva alla chimica e ne' suoi prodotti e nelle sue operazioni. Il 
quale avviamento si manifestava altresi nell'ampiezza con cui 
veniva discorso nella prima Parte dei varj modi di distillazione 
e nelle nuove classi délie acque composte, e dei capitelli ovvero 
rottorj. Notabiie pure l'introduzione dei vescicatorj e dei sena- 
pismi , sebbene la classe, che da questi ultimi prendeva nome, 
fosse alquanto eterogenea, poichè, corne avvertimmo, vi si fram- 
mescolavano impiastri, cataplasmi e cerotti. 

L'ultima parte dei Ricettario dei 1550 corrisponde alla se- 
conda dell'edizione posteriore, e ne ha la medesima contenenza, 
con nessun divario nella dichiarazione de' pesi e misure , con 
lievissime nel succédanée-]; il quale rimaneva di 71 sostanze sm? 
a tanto che il tempo, o la providentia dei nostro lllustrissimo, et 
Eccellentissimo Signor Buca ne provegga il suo felice stato, corne 
ha fatto di moite altre cose necessarie al oen vivere. Lo stesso 
ripetevano gli editori dei Ricettario dei 1567 e <4 (1), soggiun- 
gendo che se avevano lasciato indietro medicine semplici che erano 
nelYaltro Ricettario (2), ciô avevano fatto o perché non leritro- 
vavano nelle ricette di esso, o perché si erano ritrovate le vere, 
corne il dittamo e il timo di Candia, la lacca, Wmeu e simili; e 
cosi le sostanze aile quali occorreva di dare il cambio, non po- 
tendosi averle o difflcilmente, rimanevano 60. 

Da quanto abbiamo esposto in questo capitolo è manifesto 
corne il Ricettario dei 1567 non sorgeva taie e quale V abbiamo 
veduto di per se, bensl mercè ai Ricettario dei 1550: gli apriva 
esso la via e gl'insegnava a depurare l'officina farmaceutica dei 
vecchiumi e délie superfluità che vi manteneva 1' antidotario di 
mezzo secolo prima; anzi è da deplorare l'esempio dato non 
solo non fosse più alacremente seguito, ma pur troppo tal- 
volta dimenticato, sicchè ritornavano a galla medicamenti, che 
avevasi per sicuro non dovessero più riapparire che al cospetto 
délia storia; di coteste riprese, che non erano desiderate risur 
rezioni, ma veri regressi, il Ricettario dei 67 ne ha parecchie- 
e basta il lattovaro alchermes, Taltro di gemme e Y olio di mai- 
toni per fargii torto. 



(1) Il beneficio délia diminuzione de' succedanei anzi che dal solo 
Duca, lo si attendeva dai strenissimi Signori, essendo che la nuova 
edizione era dedicata , conforme che fu avvertito, anche al Principe 
ereditario. 

(2) Cosi, senza punto precisare Tanno deU'edizione. 



92 

Eesta fermo pertanto il giudizio che di esso abbiarao dato 
comparandolo con il Bicettario del 98, se non che la Iode attri- 
buitagli délie effettuate riforme va per buona parte volta al Ri- 
cettario del 1550, che ci spiace di non aver potuto ancora vedere 
nell'edizione originale , ed ora soltanto siamo riesciti a cono- 
scere nelle ristampe venete e nella traduzione latina, esse pure 
di non facile *ritrovamento (1), anche per ciô che il titolo non 
risponde aU'originale , siccome fin dal principio di questo ca- 
pitolo avemmo da notare riguardo all'edizione italiana del 1558 
e del 1560; sulia quale il Clusio conduceva l'anno dopo la sua 
versione, dedicandola allô speziale d'Anversa Pietro Coldenberg (2). 
Di fatti la lettera dedicatoria, scritta da Parigi il 1.° aprile 1561, 
incornincia con queste parole , che certamente non si possono 
riferire a libro comparso da undici anni: 

« Prodiit superioribus diebus Libellus italice conscriptus (Di- 
« spensarium vocant) medicamentorum compositiones continens ». 
Di più il titolo délia traduzione, quantunque non risponda ' in- 
teramente a quello délia ristampa del 1560, più ad esso s'avvi- 
cina, che ai titolo dell'opera originale (3); la quale essendo in 



(1) L* es e m pi are, che ho potuto consultare, provenivami in prestito 
dalla Biblioteca dell'Università di Strasburgo, mercè ai buoni ufûcj del 
prof. F. A. Flûckiger. 

(2) Questo Coldenberg è il Coudenberg che poscia prendeva a cor- 
reggere e a dichiarare il Dispensatorium di Valerio Cordo, nella quale 
opéra si mostrô per giudizio di Alberto Haller nimis certe asper et 
inurbanus (Bibl. med. pract. II, 221). Il predetto dispensario con le 
correzioni coudenbergiane venne più volte pubblicato ed anche tra- 
dotto in italiano (Venetia 1670). 

(3) Il titolo dell'opera originale (El Ricettario dell'arte, ecc), fu già 
dato a pag. 28, e l'altro délia ristampa {Ricettario utilissimo , ecc.) a 
pag. 82: or ecco quello délia traduzione: 

« Antidotarium sive de exacta componendorum miscendorumque me- 
dicamentorum ratione Libri très, omnibus Pharmacopoeis longe uti- 
lissimi , ex Graecorum , Arabum et Recentiorum Medicorum scriptis 
maxima cura diligentia collecti. Nunc vero primum ex Italico Sermone 
Latini facti. Antverpiae, ex ofticina Christophori Plantini MDLXI cum 
gratia et privilegio ». (In 8.° di carte 128 num. e di altre 4 non nu- 
merate per V indice dei soli medicamenti composti). — Il Privilegio 
délia stampa a vendita valeva per un triennio, ed era stato conceduto 
da Bruxelles il 7 febbrajo del detto anuo. 

Lo Haller non vide questa traduzione del Clusio, e.pero la citava 



93 

foglio non poteva certamente dirsi libellas, mentre che siffatta 
denominazione cônveniva benissimo ail' anzidetta ristampa in 
quel piccolo sesto che porta il foglio piegato in dodici parti. Ne 
l'edizione princeps è punto ricordata, ciô che mostra fin d'al- 
lora , cioè dopo pochi anni che era venuta alla luce , non la si 
trovava più od era divenuta rarissima. 

Il De l'Écluse, avendo letto l'opuscolo, parvegli taie da dover 
essere conosciuto anche dalle altre nazioni, essendo che i medi- 
camenti vi erano meglio descritti che ne'consimili antidotarj, e 
moite antiche composizioni vi erano svecchiate, quae a majo- 
ribus nostris neglectae fuerunt; e perô con grandi premure, corne 
che egli se ne schermisse, veniva pregato dal suddetto Coldenberg 
o Coudenberg e dal Plantin di farne la traduzione. La quale egli 
compiva non solo con la maggior possibile fedeltà, ma correggendo 
altresi con Tajuto dell'amico farmacista, alquante ricette, ed ag- 
giungendo quasi ad ogni medicamento la dichiarazione délie 
sue facoltà desunte dagli Autori, afîinchè nulla potesse lasciare 
a desiderare il libro per lo scopo cui doveva servire. Nelle quali 
addizioni non appare che il compilatore, ne certamente l'uomo 
d'acuto ingegno, il diligente osservatore e perspicace critico che 
descrisse le rariores stirpes, e meritô uno de* principali posti fra 
i botanici innovatori del cinquecento: ad esempio parlando délia 
teriaca ripeteva non esservi miglior presidio di essa contro la 
peste ; valevole Yolio di scorpioni, anche semplicemente spalmato 
sui lombi, sul pube o sui perineo , a frangere i calcoli ne' reni 
o nella vescica, e cosi Taltro detto composto, unicanaente perché 
aggiungeva le radici di aristolochia di genziana di cipero e di 
capperi, diventava capace mirandarum virium contra venena omnia 
et pestïlentiam (1). Ma il naturalista d'Arras non esercitava me- 
dicina, e soltanto n'aveva ottenuto a Montpellier il grado délia li- 
cenza; bensl, erudito com'era, poteva sapere che il Pietro d'Ebano, 
autore àelYolio di Balsamo, era il famoso Petrus Aponensis, os- 



imperfettamente, sbagliando altresi nel formato « Vertit (Clusiusj etiarn 
Antidotarium Florentinum, et anno 1561 Antverp. edidit fol. » {Bi- 
bîiotheca Botanica. Tiguri 1771, I, 350); ma poscia nella Bibliotheca 
Medicinae practicae (Bernae 1777, II, 137) quegli correggevasi, non per- 
ché avesse veduto il libro, ma su migliori informazioni. Ne lo SprengeJ, 
ne il Meyer nelle loro storie délia Botanica parlano di questa versione 
del Clusio. 
(1) Pag. 31, 108, 109. 



94 

sia da Abano; e 1' errore che era nelle stampe di Venezia del 
1556 e 60, e verisirailmente nell'altra del 1550, trapassava nella 
posteriore di Firenze del 67, per essere poi finalmente corretta 
nella successiva del 74, cioè nella 5. a edizione italiana, o me- 
glio nella 6. a (non contando qui se non quelle che ci sono note), 
giacchè le suddette impressioni venete materialmente ripetevansi 
due anni dopo (1562), e parimente a Venezia, appresso Domenico 
dei Farri. La quale raoltiplicità di edizioni mostra il molto credito 
cui era salito il Eicettario fiorentino , e com'esso avrebbe po- 
tuto raeglio di qualsiasi altro pretendere a quclf uso universale, 
che il medesimo Clusio credeva potesse conseguire l'Antidotario 
di Niccolô, quando fosse stato restituito alla genuina sua inté- 
grité: quest' opéra egli attendeva dal suo Coldenberg o da ai- 
tra persona erudita , quando il dottissimo Kondelet, non si 
fosse deciso a pubblicare la propria Farmacopea, la quale una 
multorum Dispensariorum instar omnibus esse possit. 

Il Professore di Montpellier pubblicava di 11 a poco la desi- 
derata opéra (i), ma quella non era taie da soddisfare all'aspet- 
tazione ; e forse il Clusio cosi la preannunziava per dar segno 
di gratitudine all'Autore di essa, il quale aveva lui accolto amo- 
revolmente, l'aveva guarito di ostinata febbre intermittente ag- 
gravata da idropisia, gli era divenuto maestro ed amico, e più 
che tutto gli aveva inspirato passione per lo studio délie scienze 
naturali e in ispecie délia botanica (2). Appunto in quel me- 
desimo anno usciva dai torchi del predetto Cristoforo Plantin, 
pure in Anversa, il libro de ponderïbus, nel quale il Professore 
e regio Cancelliere dello studio di Montpellier trattava délia 
giusta quantità e proporzione de' medicamenti, quasi proemio 
dell'altro libro de for mis remediorum che stava preparando (3) : 
e in quell'operetta spirava pur sempre l'alito del secolo, il gusto 
per la polifarmacia , la credulità in virtù meravigliose ; e perô 
vi erano determinate le dosi de' più strani medicamenti dalle 
piètre preziose alla vile orina, allô schifoso escremento (4). 



(1) Dispensatorium. Coloniae, 1565 (Haller, Bibl. Med. pract. H, 111). 

(2) Meyer Ernst., Geschichte der Botanik. Kônigsberg 1857, IV, 351. 

(3) Rondeletii Gulielmi^ De ponderibus, etc. Antverpiae 1561. 

(4) « Excrementorum alia aliis surit efflcaciora , et magis acria : ob 
id diversa prescribuntur mensura (Ivi, p. 30 v.) ». 



95 
VII. 

1/ Antidotario Bolognese. 
l.° La prima edizione. 

Al Ricettario fiorentino tien dietro , stando serapre nel campo 
délie Farmacopee uffîciali , per ragione di tempo e di credito 
Y Antidotarium Bononiense; il quale, venuto alla luce nel 1574, ebbe 
moite edizioni ne' due secoli successivi ed una perflno nel 1800 
a Venezia (1). 

Appare opéra del Collegio de' medici e de* fliosofi délia città 
di Bologna, ma in verità è cosa di Ulisse Aldrovandi, od almeno 
nel comporlo egli v'ebbe la massima parte; ne senza contrasti 
e diversi accidenti, i quali poi vennero narrati dal Fantuzzi nella 
vita del célèbre naturalista, che pure era medico e filosofo, non 
esercitando tuttavia Y arte (2). Voleva l'Aldovrandi fosse iristi- 
tuito un Protomedico stabile indipendente dal Collegio de' Me- 
dici , cura del quale fosse il comporre un Antidotario , e il so- 
praintendere alla qualità de' médicinal], ed alla composizione di 
essi nelle spezierie ; ufficio che pei meriti delV uomo insigne 
e per le aderenze che esso aveva moite ed autorevoli , senza 
dubbip sarebbe stato a lui affidato. Per megiio raggiungere lo 
scopo lo stesso Aldrovandi si valse presso il Governatore e i 
principali magistrati dell'eloquenza di valente predicatore, il Pa- 
dre Teofilo Galiinoni da Trevi , che nella città aveva molto se- 
k'uito. Ma non appena il Collegio de' Dottori (oui spettava per 
antico diritto taie ispezione e vi deputava insierne col Priore 
due de'suoi, che poi mutavansi di quattro in quattro mesi) ebbe 
sentore del trattato , forte si commosse e décrété che s' inten- 
desse escluso dal Collegio chiunque avesse aderito a ricevere 
l'uffîcio di Protomedico alla maniera che si udiva proposta. 



(1) Antidotarii Bononiensis sive de vsitata ratione compcmendorum, 
miscendorumque medicamentorum Epitome. Cum privilegio Gregorii 
XIII. Pont. Max. Bononiae, Apud Joannem Rossiam, 1574, 8. tJ 

Le altre edizioni di cui ho notizia sono de'seguenti anni e luoghi: 
1€06, 1615, 1641, 1674, 1750,1770, 1783 di Bologna; 1766, 1783, e 
1800 di Venezia. 

(2) Fantuzzi Giovanni, Memorie délia vita di Ulisse Aldrovandi. Bo- 
logna, 1774, p. 30-36. 



96 

L'Aldrovandi fu présente a tutti questi atti e dovette dissimu- 
lare, e convenirne: ciô nondimeno egli accettava di presiedere 
la commissione che dal Collegio, sollecitato dalle premure del 
Senato e dalle istanze degli stessi speziali, veniva incaricata dî 
comporre il Ricettario , che servir potesse di scorta uniforme 
per comporre le medicine. La commissione procedette alacre- 
mente nel lavoro e in un mese riusci ad esaminare circa trenta 
composti de' più difficili; se non che il Présidente di essa non 
vedendone rimunerate le fatiche e soltanto promesso un premio 
all'intero Collegio, sotto varj pretesti si ritirô dall'opera, non 
già dall'adoprarsi in pro suo e de' compagni, non che délia scienza: 
per se otteneva l'anno dopo (1565) un aumento di lire 150 alla 
sua lettura, e nel 1567 (anche allora le cose camminavano ada- 
gino) una rimunerazione di lire 200 ai Collegio per un triennio, 
acciocchè le visite de' medicinali fossero più spesso e più rego- 
larmente eseguite. In vantaggio poi degli studj gagliardameote 
insisteva perché Bologna avesse, al pari di Padova e di Pisa , 
un Orto Botanico , metteva per ciô di mezzo le preghiere degli 
scolari, le istanze de' medici, e perfino gli stimoli di certo frate 
Giovanni Yoluro minore osservante napoletano : gli scolari in- 
sistevano altresi col dire che gli oltramontani venivano in Italia 
più per ragione délia botanica e deirautonomia che d'altra cosa. 
Durarono queste pratiche quattr' anni , e finalmente nel 1568 il 
giardino de' sempïici venne instituito e l'Àldrovandi n'ebbe , in- 
sieme con il rivale Cesare Odone, la cura. Ma intanto l'Antido- 
tario dormiva; una regalia di lire 300 del Senato valse a sve- 
gliare i commissarj, e compito il lavoro lo stesso Aldrovandi 
ebbe l'incarico di stendere le dedicatorie del libro , una al Se- 
nato, l'altra agli speziali; e ciô egli fece per l'appunto, se non 
che ad amendue le lettere, quantunque scritte a nome del Col- 
legio de' Medici, appose il suo nome: fu reputato quest'arbitrio 
un'offesa, e il Collegio negô la sua approvazione. La quistione 
venne dibattuta per sei mesi , e finalmente si convenne che la 
lettera dedicatoria al Senato fosse scritta in nome solo del Col- 
legio, la successiva Prefazione diretta agli speziali dall' Aldro- 
vandi. 11 temperamento non garbô a messer Ulisse, e corne segno 
del suo disgusto non voile apporre i commentarj, che sopra gli 
antidoti e i sostituti aveva già preparati (1); nondimeno quelle 



(1) 11 Fantuzzi scrive che tali commentarj e scolj non vennero pub- 
blicati che in fine dell'Antidotario stampato nel 1611 (p. 36): correg- 



97 

valse a che finalmente l'Antidotario, da dieci anni sospirato, fosse 
prodotto nel 1574 per le stampe di Giovanni Rossi ; il quale ne 
assumeva a proprie spese la pubblicazione e perciô impetrava 
dal Pontefice il privilegio per dieci anni. Taie opéra , siccome 
l'altra délia più accurata vigilanza dei medici sui raedicinali e 
le spezierie, non è certamente , osserva il Fantuzzi , uno degli 
ultimi vantaggj , che dobbiamo riconoscere da Ulisse Aldro- 
vandi a pro délia sua patria , ne uno de' rainori frutti délie sue 
virtuose inclinazioni. Ma con buona pace del lodatore le pre- 
mure del lodato ci apparirebbero maggiormente meritevoli e 
virtuose, se meno interessate (1), più schiette eco' debiti riguardi 
verso i colleghi ; checchè sia di ciô , perché pur troppo la dot- 
trina non premunisce dal soggiacere a quegli errori od a quelle 
debolezze a cui soggiace il volgo degli uoraini , vediamo brève - 
mente quai fosse Topera che doveva essere lumen anlidotorum , 
e di cosl précisa e rigorosa norma , da poter rendere chiunque 
sicuro di trovare in tutte le officine buoni medicamenti e sem- 
pre in modo conforme preparati, a niuno speziale essendo lecito, 
senza permesso dei Collegio , scostarsi dalle prescrizioni tam 
veterum Graecorum quam Arabum (2). Il quale obbligo veniva 
ribadito nella prefazione ad Pharmacopaeos anche con più strette 
parole, non apparendo d' altronde il bisogno di fare mutazioni, 
dappoichè nel volume che, per desiderio degli stessi speziali allora 
si dava alla luce, erano stati con grande diligenza raccolti ed 
esaminati tutti i medicamenti utili e massimamente necessarj ; 
ad esso dovevano queglino ricorrere, tornavasi a dire, tanquam 
ad verum lumen et ducem prototyponque genuinum omnium mc- 
dicamentorum, riguardandolo non da meno délie opère di Mesue 
e di Serapione indispensabili per riescire periti nell'arte farma- 
ceutica. Non tralasciavasi in pari tempo di toccare dei doveri 






gasi Tannata in 1606, poichè quelli stanno di fatti in fine di questa 
seconda edizione. 

(1) La stesso Fantuzzi notava che la carica di Protomedico e la pre- 
sidenza alFOrto Botanico presentavano all'Aldrovandi un oggetto di gran 
nome e di non poco vantaggio aile sue scarse fortune; e che perciô 
egli tenta la sopraintendenza e la pratica d' entra moi (Mena, citata, 
p. 27). 

(2) Nella dedicatoria del Collegio medico agli amplissimis et magni- 
ficis pietate, prudentia omnique vlrtutum génère spectantissimis Sena- 
toribus Civitatis Bononiae. 

Corradi. 7 



98 

degli speziali, délia loro subordinazione ai medici, délia néces- 
sita délia vigilanza di questi; raccomandavasi altresl di eserci- 
tare Farte con amore, carità e diligenza, e corne che fosse duro 
od altezzoso il ricordare ai carissimi miropoli ch' eglino allô 
stringer dei conti erano operaj e ministri legittimi de medici , 
si finiva per salutarli ed abbracciarli ut fratres, accertandoli che 
il Collegio li avrebbe sempre mai accolti more consueto et lïbenti 
animo ogni volta fossero andati a lui per averne consiglio. 

Quantunque non distintaraente indicato , puô dirsi che i'Anti- 
dotario sia diviso in due parti; nella prima che è la massima 
(p. 1-447) stanno le ricette o composisioni dei medicamenti ; nella 
seconda, sebbene di sole 45 pagine, si restringono parecchie cose 
e cioè il prospetto de' pesi adoprati, l' indicazione dei tempo che 
durano i diversi medicamenti, la lunga nota dei succedanei, 
dei sinonimi con la dichiarazione di alcune cose dubbie o di 
vocaboli oscuri. I medicamenti composti sono 547 e cosl divisi : 

Elettuarj 76 — Conserve 10 — Conditi 10 — Lenitivi e Solu- 
tivi 43 — Fillole 44 — Sciroppi 64 — Glulébbi 21 — Bob o 
Succlii medicinali 10 — Loch od Eclegmi 13 — Trocliisci 44 — 
Collirj o Sief 15 — Poïveri o Sufuf ovvero Trageae 28 — 01 j 89 
— Unguenti 58 — Empiastri 6 — Cerotti 16. 

La classazione in sostanza è quella di Mesue: da lui e dai due 
Niccolô è tratta la maggior parte dei materiale dei Ricettario; 
il quale s'accosta maggiormente all'archetipo per ciô che di ogni 
composizione sono indicate le virtù e gli usi, non che le dosi , 
avvertenze ommesse, corne vedemmo nelle parecchie edizioni dei 
Ricettario florentino. Ha di questo circa lo stesso numéro di 
medicamenti (1), senza essere per altro i medesimi. Ad esempio 
non vi troviamo le decozioni di guajaco, di salsapariglia e di 
radice di cina; bensi l'olio stillato dal legno guajaco ottimo ad 
tumores gallicos et gallica ulcéra (p. 372); avvi invece l'unguento 
mercuriale di Mesue ad scabiem, nel quale si consiglia di porre 
il sublimato in luogo dell'argento vivo, per poi conchiudere tu- 
tins erit argentum abijcere (2). La limatura di ferro figura in due 



(1) S'intende relativamente aU'edizione dei 1567 o 1574, che ne con- 
tiene appunto, siccorae sopra è indicato, 547, 

(2) Pag 401. — Nel Thesauro Aromatariorum dei Saardi Vunguen- 
tum ad scabiem magistralem bonum et expertum ha il mercurio me- 
tallico ed il sublimato insieme, più délia cerussa; ad altro simile un- 
guento pro canibus (fatto con l'elleboro, lo zolfo, l'allume, il nitro, il 



99 

elettuarj, uno di Aezio, l'altro magistrale (p. 168) ; le cinque piè- 
tre presiose e le foglie d'oro hanno precipuo posto in certa pol- 
vere pro vermibus, non del tutto inutile, perché fra altre cose 
riceveva il semé santo (p. 325). La spugna marina con la lima- 
tura acuum praeparatarum, la cenere di gusci d'uova, l'osso di 
seppia, il pepe, la cannella, lo zenzero, ecc, formavano la pol- 
vere ad broncocelcm vel pro boccio (p. 328) ; coraposizione tutt'al- 
tro che nuova, poichè risaliva al medio evo, già commentata da 
Arnaldo da Villanova e dal Montagnana (1). V'erano anche il pul- 
vis irnpinguans, per molta parte di farina di ceci (p. 319), il pulvis 
ad urinae incontinentiam dal suddetto Montagnana (2) fatto con la 
membrana interna del ventriglio délia gallina e la cenere di riccio, 
il pulvis pro epilepticis coi semi di peonia e di unghie d'asino uste 
(p. 326, 327), ed altra polvere per queglino che ex alto ceciderunt, la 
quale doveva servire mercè al rabarbaro alla mummia alla rob- 
bia alla terra sigillata al bolo armeno al sangue di drago aile 
scorze di melagrano ed aU'immancabile consolida (p. 329). Contro i 
calcoli e ad ogni specie di difflcoltà d'orina ob crassitiem liumorum, 
avevansi il sangue di becco preparato, le pietruzze tolte da spugne 
marine, le cicale ed altre cose parecchie ridotte a polvere (p. 331). 
Fra gli elettuarj, che dopo quelladegli olj è la classe piùricca, 
è inserita la confedio Uberans di 39 ingredienti con in testa la 
tormentilla ed a' piedi la canfora, il muschio e l'ambra, tenendo 
il posto di mezzo le margherite, i coralli, gli smeraldi, i giacinti, 
i granati con la cannella, la zedoaria e simili; e quella doveva 
non solo liberare il corpo dalla peste, ma difenderlo dall'aere 
pestifero, e preservare gli uinori dalla corruzione. La confectio 
cordialïs, che a quella teneva dietro con lo scopo spéciale di pre- 
servare il cuore in occasione di peste, aveva di particolare le 
foglie d'oro e l'unicorno. La série dei lenitivi e solutivi si âpre 
con l'elettuario di cassia e manna di Giovanni da Concorezzo 
Professore a Bologna ne' primi anni del secolo XV (p. 118), e 
successivamente il diasulphur caduto in disuso (3), con tutte le 






sale comune e la trementina) è detto di aggiungere, volendolo più 
forte argento sublimato e terra cametti, vale a dire quella specie di 
argilla detto terra cimolia. 

(1) Corne cosa del Montagnana ne viene riferita la ricetta dal The- 
sauro Aromatariorum del Suardi (Venet., 1506, p. 47, v.). 

(2) Suardi, Thésaurus Aromatariorum cit., p. 48. 

(3) «Non est in usu nec preparata reperitur (Chrisophorus de Ho-' 
nestis. In: Mesue, Op. omn. Venet. 1570, p. 129, v.). 



100, 

virtù attribuitegli da Mesue (1). Tra le pillole compajono quelle 
cl i Tommaso del Garbo contro i raali cronici nervosi composte 
(ii cubebe, noce moscata e cannella da una parte, di coloquin- 
tida, sena ed aloe daU'altra; e ad esse tengono dietro le secrefa? 
m affections aurium et ocuïorum dei padre di lui, maestro Dino, 
ricche di non meno 30 ingredienti co' quali l 1 indispensable aloe, 
la chelidonia e ii lapislazzoli (p. 196, 197). Vi sono pure le pillole 
tli storace, incenso, mirra ed oppio del Rondelet (p. 201), e queste 
-vi stanno probabilmenta corne omaggio dei naturalisfa di Bolo- 
gna alla memoria del collega di Montpellier, morto pochi anni 
prima (1566) per aver mangiato, dicesi , troppi fichi. Il povero 
Rondelet, il Bondibilis del mordace Rabelais, oltre essere me- 
dico anatomico e scrittore di farmacia , sali in riputazione per 
un'opera erudita intorno ai pesci, che anzi sarebbe la sua miglior 
cosa, quantunque siavi stato chi, il De Thou, Tabbia detta d'al- 
trui, ma pare senza ragione. Altri medici nostri portavano di- 
scrète tributo alla numerosa filza degli sciroppi: Matteo Gradi 
ne dava uno ÏÏartemisia caro aile signore, cui calmava i turba 
menti uterini (p. 209); Gentile da Foligno, Niccolô Falcucci, Gu- 
glielmo , supponiamo sia quello da Varignana, Pietro da Tossi- 
gnano pensavano invece piuttosto agli uomini, ai diplomatici, ai 
curiali, alla gente in somma collerica e biliosa, porgendo loro il 
modo di smorzare le accensioni del fegato con i succhi inzucche- 
rati (Tendivia, di cicoria, di scolopendra e d'altre simili gentili er- 
bette (2). Ma acciocchè la troppa frigidità di queste non ingene- 
rasse oppilazione Francesco di Piemonte nello sciroppo di nînfea 
ordinario introduceva i sandali citrini, lo spodio e lo spicanardo; 
e cosi si era sicuri di estinguere i sobbollimenti délia bilegialla 
(p. 228). A corroborare lo stomaco e le viscère Arnaldo da Vil- 
nova aveva pronto lo sciroppo che chiamava di piantaggine, ma 
nel quale il succo di si fatta pianta non serviva altro che a far 
bollire noci di cipresso, sommacco, galle ed altre sostanze astrin- 
genti con Pematite , la rasura ifavorio, l' incenso ed il mastice 
(p. 239). Contro poi la paralisi c'era lo sciroppo de iva (Ajuga 



(1) «Confert febribus chronicis et phlegmaticis, thoracem et pulmones, 
purgat a pituita crassa et lenta et pure, eplenis duritiem minuit, et 
inde natum hydropem, urinas movet, calculum frangit, morsibus ve- 
nenatis, et poto iam veneno prodest (p. 155). » 

(2) Pag. 216, 217, 219, 238. 



101 

cliamaepitys, Teucrium chamaepitis) nel quale il Falcucci, ovve- 
rossia Niccolô Fiorentino , metteva a lato di quell' amarissima 
erba altre 34 droghe, di cui alcune parimente amare, altre amare 
aromatiche e calde ; questo ro degli sciroppi, non registrato nei 
Ricettari fiorentini, trovava accoglimento nell'Antidotario bolo- 
gnese. Il quale se non aveva le starne confette, aveva bensi lo 
sciroppo ex testudinïbus per soccorrere i tisici, ed a chiunque fosse 
da diuturno raorbo estenuato (p. 243). A spazzar via la reneila 
e a calmare la colica nefritica provvedevano i trochisci de ci- 
mais, impastati coi succo di sassifraga, che ricordano la sopra- 
detta polvere adversus càlculum (p. 300). Di que'tanti olj pochis- 
simi sono quelli che non siano de* consueti di Mesue od altri 
medici conosciuti : notamrao già Tolio di guajaco, ora notiamo 
quello di sasso , ovverossia pelrolio , del quale è detto nascere 
ne' monti raodenesi e valere in tutte le doglie e malattie di na- 
tura frigida (p. 366). Nell' unguento pro spina ci doveva essere 
con parecchie gomme e mucillaggini il latte di donna che desse 
il seno ad una bambina (p. 426); 1' unguento ad scabiem mitius 
et pro delicatis, dai quale era stato levato il mercurio per non 
lasciarvi in sostanza che la trementina (p. 425), veniva preso dal 
Montagnana , che non ci metteva in più che un po' di sale (1). 
Qui pure troviamo le classi degli unguenti, degli empiastri e^dei 
C'?rotti, mal definiti; le une e le altre formate giusta la volgare 
consuetudine, la quale vedendo che gli autori non andavano fra 
loro d'accordo, accomodava le cose a suo modo (2). Cosl negli em- 
piastris vulgo dictis s' incontra il senapismo fatto tuttora come 
suggeri va Democrito (3) e ripeteva Mesue ; cioè di senape trita con 
aceto e impastata con la polpa spremuta dai fichi secchi (p. 430). 
L'Antidotario chiudevasi (p. 446) con il cerotto pro foetus re- 
tentione, il quale è una variante del cerotum pro renïbus scritto 
nel Tesoro degli Bp'ziali siccome sperimentato utile e mirabiie 



(1) Il Thésaurus aromatorum lo inseriva col titolo appunto di un- 
guento per la rogna «pro pueris parvis et mulieribus gravidis et per- 
sortis delicatis Montagnanae. > (p. 62). 

(2) Per esempio il Saladini metteva come canone che Tempiastro, 
dura confectio rispetto all'unguento, facevasi senza olj. {Mesue , Li- 
ber etc. In: Op. omn., p. 289), il Suardi invece non poneva altro divario 
che la consistenza, molli essendo gli unguenti sodi gli empiastri, seb- 
bene amendue composti di olio e cera. Thésaurus cit., p. 6^ v.). 

(3) Correggasi in Damocrate. 



102 

ad impedire Taborto (l); e la variazione consisteva principal - 
mente nel sostituire ai coralli rossi i peli bruciati di lèpre e di 
talpa! Ne il Collegio medico di Bologna pensava soltanto ai ma- 
lati; egli voleva altresi i sani raangiassero bene, fossero belli in 
volto e forti in amore; e perô suggeriva il pulvis pro cibo sa- 
norum dulcis{2), l'olio di tartaro ad faciem tergendam et eru- 
gandam (p. 345), e l'olio di formiche alate perché facit ad coi- 
tum. Ma queste due ultime preparazioni non erano sue ; il Col- 
legio le trovava già nel Thesauro aromatoriorum (b). E quando 
l'olio di formiche non bastasse avevasi pronto il diasatyrion di 
Mesue, di cui nulla era più efficace ad erectionem virgae, ad ac- 
crescere lo sperma e il desiderium coeundi (p. 95). Ne il salace 
medicamento era escluso dalla curia vescovile e dairufficlo délia 
sacra inquisizione che rivedevano Y Antidotario , ricordando 
senza dubbio il precetto del crescite et multiplie amini. 

La tavola I> porge l'elenco di tutte le preparazioni contenute 
nell' Antidotario bolognese; ad essa potrà ricorrere il lettore cui 
piaccia avère più particolari ragguagli e scendere a maggiori 
confronti di quelli che ne'limiti impostici abbiamo potuto fornire. 

Corne vedesi dal Collegio medico délia dotta Bologna e daî 
coltissimo Aldrovandi potevasi aspettare qualche cosa di meglio; 
e l'uno e l'altro avevano debito di far meglio dopo le due edi- 
zioni del Ricettario fiorentino, a cui del resto neppur accennano : 
non bastava escludere la farmacia stercoraria , perché 1' opéra 
fosse degna délia scuola bolognese si célèbre per lo studio del- 
Tanatomia e délie scienze naturali; e se quella ha il pregio, 
quale li auto ri di essa erano persuasi avesse, bisogna proprio 
dire che allora tutte le cose pertinenti alla farmacia quasi te- 
nebris immersa atque involida essent (4). 



(1) Il Suardi affermava d'averne veduta la prova nella moglie del Duca 
Filippo II di Savoja detto senza terra (morto nel 1497) ed in moite 
altre donne e matrone (p. 30). 

(2) Composta di zenzero, cannella, noce moscata, chiodi di garofano, 
zafferano e zucchero (p. 330). 

(3) Pag. 45, 47. Ivi si avverte che l'olio di formiche è di Niccolb, 
senza dire di quale dei due ; ma a me non è riuscito di trovarlo ne 
nell'Antidotario del Salernitano, ne nell'altro dell'Alessandrino. 

(4) Vedi la dedicatoria al Senato. 



103 
2.° Le edizioni del secolo XVII. 

Dopo 32 anni usciva la seconda edizione deirAntidotario bo- 
lognese parimente per cura di esso Collegio medico (1); il quale 
considerando taie opéra siccome un màlato bisognevole di cura, 
premurosamente attese acciocchè quella potesse risorgere netta 
da ogni difetto, e quasi nuova. Raccogliendo il meglio dai mag- 
giori scrittori antichi e moderni, greci, arabi e italiani (2). Cer- 
tamente il volume riesciva più purgato del précédente, perché se 
non senza errori, non ne teneva tanti quanti erano in quello 
trascorsi; aveva più corrette le denorainazioni dei medicamenti 
e più esattamente designati gli autori di essi: in miglior forma, 
cresceva altresi di mole (3) e dlmportanza soprattutto per Yin- 
dex morborum quitus praesidia in hoc volumine contenta conve- 
niunt : taie indice occupa le prime 96 pagine, e va dai rimedj che 
possono impedire ïaborto (Phiïonium persicum , JJnguentum co- 
mitissae Guglielmi, Ceratum magistrale pro foetus retentionej 
B.W0H0 di mandorle amare capace di ammollire vulvae duritiem. 
Délia quale aggiunta (che riassumeva in altro ordine le appli- 
cazioni de' singoli medicamenti , indicate ora corne dianzi per 
ciascuna preparazione insieme con le rispettive dosi ) avevano 
i compilatori un esempio , senza andarlo a cercare in Mesue 
e ne* più antichi, nella tavola delli rimedi accomodati aile in fer- 
mita del corpo secondo i luoghi , incominciando dai capo et an- 



(1) Antidotarium a Bonon. Med. Collegio ampliatum ad ill. mum Sena- 
tum Bonon. Cum dupl. Tab. Una praesidiorura altéra Morborum. Cum 
Privilegio (di 10 anni) Pauli V Pont. Max. Bononiae, apud Victorium 
Benacium , 1606, 8.° 

(2) «In ipso Medicinae sinu gravi morbo ferme contabuerat Anti- 
dotarium , adeo ut quod ad corporum curationem comparatum fuerat, 
curatione ipsum in primis indigeret; hune autem languorem, ex tem- 
porum iniuria, fortasse contraxerat, neque per se se ad sanitatem re- 
stitui poterat. » Cosi flgurasi parli ai lettori ed agli studiosi di medi- 
cina lo stampatore Benacci, il quale non tralasciava loro di dire al- 
tresi in versi di comprare un libro , che con poca spesa avrebbe ad 
essi empita la borsa d'argento e oro. 

(3) 624 pagine numerate, ed altre 24 non numerate: di queste Tedi- 
zione del 1574 ne aveva 36, e di quelle 492. 



104 

dando fino alli piedi, che il Mattioii premetteva a' suoi Discorsi 
intorno a Dioscoride (1). 

Le classi dei medicamenti sono serapre le medesime , ma pa- 
recchie alquanto più cariche, essendo che, mentre sono pochis- 
sime le preparazioni riflutate deli'edizione anteriore, sono moite 
le aggiunte, conforme qui sotto notiamo : 

A. Medicamenti deir Antidotario del 1574 non ammessi 
nel successivo del 1606. 

1 Confectio altéra Hamech (V. tavola I> Lenitivi, n. 14). 

2 Benedicta simplex ( » n. 20). 

3 Confectio almezereon (> n. 36). 

4 » comune pro enemate (» QiulébM, n. 21). 

5 Pulvis cordialis priraus (> Polveri, n. li). 

6 » > communis (» » n. 15). 

B. Medicamenti nuovi dell' Antidotario del 1606. 

I. Elettuarj. 
1 Electuarium, sive conditum, sive Syrup. de fructibus Mes. (2). 
II. Lenitivi e SolutivL 

1 Triffera (sic) de epithimo (3). 

2 Hiera Paccii , Pacchij (4). 

3 > Justi (5). 



(1) Nell'edizione del 1550, che è la prima con siffatta tavola, è detto 
che «quantunque un' altra simile si ritrovi in alcuni Dioscoridi latini 
(p. e. in quelle- stampato a Venezia nel 1538) è perô da sapere, che in 
molti et molti luoghi è ella falsa non solamente ne i titoli, ma anchora 
ne li rimedij di molti morbi: il che doveva inuitare ciascuno ad imitar 
la nostra fedelmente ricauata, et lasciar quella da parte. » 

(2) Cotogne, père, mêle, sorbe cotte in infuso di sommaco. — Contro 
îa diarrea. 

(3) Mirabolani, epitimo (Cuscuta epithymum), hiera picra. 

(4) È il famoso antidoto di Antioco Paccio, medico del tempo di Ti- 
foerio, buono ad universa corporis vitia, e che qui si dà corne antipi- 
lettico (Vedi Scribonii Largi, De compos. medicam. Basileae, 1529, p. 69, 
71). Ventravano la coloquintida, il sagapeno, Topoponaco. 

(5) Questa hiera (composta di coloquintida, euforbio, scamonea, 
pepe, ecc, è suggerita per curare l'elefantiasi) nell'Antidotario è fuori 
di posto, cioè a p. 208, dopo le Pillole; nell'edizione successiva andava 
al debito luogo. 



105 

4 Aliud electuarium de limatura chalybis magistrale. 

5 Electuarium de scoria ferri Rasis. 

» de cineribus Avic. (1). 

7 » mirabile ad epilepsiam Mes. (2). 

b » ad restaurandam humiditatem Nicolai Prae- 

positi (3). 
9 » diureticum Bar. Montagnanae (4). 

10 » opticum (5). 

11 » pectorale (ti). 

12 Diacoralli. 

13 Electuarium de citro Mes. 

14 Zazenea Mes. (7). 

15 Diospoliticon (8). 

16 Diasorbis (9). 

17 Diamespilis (10). ^ 

18 Diacorneis (11). 

19 Confectio ex hyacintho. 

20 » enecans vermes effîcacissime. 

III. Pillole. 

1 Pilulae de aloe Iota. 

2 » » et mastiche Nie. Myrep. 

3 » impériales (12). 

4 > de 5 generib. Myrobalan. Nie. Alex. 



(1) Ceneri di vetro, di scorpioni, di ca^oli nabati, di gusci d'uova, 
di lèpre, ecc: per rompere ed espellere i calcoli délia vescica. 

(2) Piretro, seseli, stecade, agarico, levistico, asa fetida, aristolochia, 
peonia, ecc. 

(3) 32 ingredienti : liquerizia, rose, santali, ecc. 

(4) É una variante dell'elettuario de cineribus di Avicenna: il bravo 
Montagnana incominciava dal prendere la cenere non de' gusci, ma 
del tuorlo dell'uovo; vi metteva pure il sangue di becco preparato, e 
per di più molti pistacchi. 

(5) Aromi col succo di salvia, di ruta, di chelidonia. 

(6) Succo di liquerizia, isopo, capelvenere, ecc. 

(7) Castoro, oppio, pepe, ecc. nelle affezioni frigide , e nella sterilità 
principalmente. È la sagzenea di Avicenna, che la distingue in mag- 
giore e minore (Canon. Lib. V, Sum. I, Tract. I. Op. Venet. 1595, II > 
275). 

(8) Vedi Tavola A, Lattovari n. 17. 

(9) Sorbe immature. 

(10) Nespole parimente acerbe; corne il précédente, e più ancora, va- 
levole contro la diarrea, 

(11) Al contrario délie nespole , i frutti del corniolo ( Cornus mas ) 
<lovevano essere maturi, per averne Peffetto astringente). 

(12) Cannella, amomo, anice, mastice, cardamomo, zenzero, aloe seeco. 



106 



IV. Sciroppi. 



1 Syrupus de fumoterrae minor, s. simplex Mes. 

2 Oxysachara compos. Nicol. Praep. 

3 Syrup. de polypodio solut 

4 » » alter. 

5 » de succo bettonicae. 

6 > de bettonica comp. 

7 » de pomis compos. 

8 » de hybisco s. de althaea Fernel. 

V. GiulelhL 

1 Mel violatum simplex. 

2 » anthosatum (1). 

3 Decoctum epithymi solutivum (2). 

4 » aliud com. pro dissolv. medicam. 

5 Decoctio cordialis. 

6 Decoctum cordiale aliud p. dis. med. 

7 Infusio ros. solutiva. 

8 » viol. » 

VI. Loch. 

1 Saponea (3). 

2 Loch de papavere Gai. 

3 » de portulaca. 

4 » ad asthma (4). 

5 » loch de allijs Mes. 
(> Confectio papalis (5). 

7 » . » altéra (6). 



(1) Cioè coi fiori di rosmarino. 

(2) Avvertasi che tanto i decotti ed infusi qui notati, quanto gîi 
altri che nella tavola I> stanno sotto i d. 15-20, nella stampa del 1606 
sono fuori di posto, cioè fra le pillole e gli sciroppi senza intestatura 
o distinzione qualsiasi (p. 211-214). 

(3) Mandorle dolci, amido e zucchero, con o senza olio di mandorle 
parimente dolci. 

(4) Scilla, iride, isopo, prassio, mirra, croco. 

(5) Decotto d'altea con zucchero. 

(6) La stessa con maggior proporzione di zucchero. 



107 
VIL Polveri. 

1 Pulvis cordialis pro cibo (1). 

2 » » temperatus pro epitemate. 

3 » contra lumbricos (2). 

4 » ad partum faciliorem reddendum (3). 

5 » conferens doloribus post partum (4). 

6 » lac nmltiplicans (5). 

7 » gonorrheam auferens (6). 

8 » valde potens adversus caries et ulcéra a lue vene- 

rea pendentia (7). 

Oîj. 



1 Oleum 

2 » 

3 » 

4 » 

5 » 

6 » 


pretiosum Matheoli. 
masticis chimice extractum, 
lumbricorum aliud. 
citoniorum per os. 
aliud de papavere. 
vitrioli. 


7 » 


ex succino. 


8 


ex ammoniaca. 


9 

.0 » 


anisi. 
caryophillorum. 



Unguenta. 

1 Unguentum ex succis secundum descriptionem recentio- 

rum (8). 

2 Unguentum de plantagine. 



(1) È una variante délie due polveri cordiali del précédente Ricet- 
tario (n. 14, 15), e perô conteneva frammenti di piètre preziose, coralli, 
margherite, muschio, foglie d'oro, ecc. 

(2) Corallina e radice di dittamo. 

(3) Corteccia di cassia, di cannella, ossl di dattili, zafferano. 

(4) Alla cannella ed alla cassia fistula aggiungevasi la lignea con 
capelvenere, anice e uva passa. 

(5) Semi di navone, di pastinaca, di rafano , d' anice, di flnocchio , 
di ruta, di senape bianca, farina di ceci, cannella, salgemma. 

(6) Menta secca, semé d'agnocasto, di ruta, di lattuca, radice d'iride. 

(7) Precipitato, solfato di ferro, calce, zolfo, antimonio, sale ammo- 
niaco, allume, calcite. 

(8) Succhi di piantaggine, di solano , lapazio , centaurea minore cui 
aggiungevasi canfora. — Neiredizione del 1641 dello stesso Antidota- 
rio bolognese viene designato Tautore di quest' unguento , il célèbre 
anatomico Giulio Cesare Aranzi. 



108 

3 Unguentum ad tineam magistrale (1). 

4 » ad auferendam carunculam in virga (2). 

5 » aliud ad idem valentius (3). 

6 » post ablatam carunculam (4). 

7 » mollitivum magistrale (5). 

8 » pro fissuris mammarum (G). 

9 » de ciclamine. 

10 » mollitivum magistrale (7). 

Cerotti. 

1 Cerotum viperinum (8). 

2 » polycrestum (9). 

3 » de mucilaginibus. 

4 » sparadrappus (10). 

V'ha dunque un aumento di 77 (11) preparazioni, ossia : 
21 elettuarj — 4 pillole — 8 sciroppi — 8 giulebbi — 7 loch 
— 6 polveri — 10 olj — 10 unguenti — 4 cerotti. 

Ma fra tutte queste preparazioni poche sono le nuove e più po- 
che ancora le veramente utili : di elettuarj purganti ce n' era 
già troppi e nondimeno si portavano a più che sessanta, non 
dimenticando la trifera che prometteva di ricondurre la gio- 
ventù e di tenere il buon umore nella brigata (L2). Il nuovo eiet 



(1) Scilla, verderame, litargirio, résina di pino ed olio. 

(2) Résina, cera, olio di zolfo (acido solforico) antimonio. 

(3) Polv. di sabina, d'antimonio, di precipitato, olio di calcanto (sol- 
fato di ferro). 

(4) Olio di mandorle dolci, trementina, biacca, cera. 

(5) Olio di gigli, di camomilla, grasso di gallina, midolla di bue, mu- 
cilagine di fiengreco, di semi di lino e d'altea. 

(6) Mucil. di semi di psillio e di cotogno, adragante, olio rosato e 
violato. 

(7) Mucil. di semi di lino e di fiengreco, radiée d'altea, olio rosato. 

(8) Grasso e spina di vipera, con litargirio, minio, pece, cera. 

(9) Opoponaco, galbano, bdellio, ammoniaco, litargirio, ecc. 

(10) Ceratumsparadrappum :$ro\)&b'ûmentQ da aizd w traho, extraho, 
vello; vale a dire tela o drappo da doversi strappare per distaccarla 
dalle parti cui tenevasi agglutinata. 

(11) Più precisamente di 71, detraendo le sei rifiutate dal Ricettario 
précédente. 

(12) Délia trifera d'epitimo ô detto : facit rehwenesoere et générât gau~ 
dium (p. 75). 



109 

tuario ferruginoso aveva pur sempre la farragine di aromi del- 
l'antico (1): la confezione jacintina ripeteva su per giù l'elettua- 
rio di gemme di Mesue (2), e l' altra che doveva sicuramente 
uccidere i vermi aveva affogato la sementina (3) e i semi di nigella 
entro la corallina, il corno di cervo ed altre quisquilie (4). Col 
decotto d'epitimo, fatto solutivo dairelleboro nero dall'agarico e 
dagli ermodattili, speravasi di combattere il morbo gallico; verso 
il quale volgevansi altresi le pillole di nitro d'Aïessandro, che 
insieme contenevano aloe, coloquintida, scamonea, elleboro nero 
ed euforbio buone ad evacuare qualsiasi umore a remotis par- 
tibus (5). Nulla di spéciale che potesse garantire l'effîcacia occi- 
tocica délia polvere ad partum, e nulla pure di particolare nel- 
l'altra che doveva calmare i dolori dell'utero post partum. Nella 
polvere (ô) destinata ad accrescere il latte troviamo i semi aro- 
matici di parecchie ombrellifere, quelli di ruta e di senape bianca; 
ma dove sono de* veri galactopojetici ? Neppure oggi li sa- 
premmo indicare. Come poi dovesse fermare la gonorrea o blen- 
norrea la polvere che proponevasi ad hoc, e che si doveva pren- 
dere col vino bianco prima di desinare, non potrebbe dirsi di 
certo : contavasi senza dubbio sul pudico agnocasto (7) , al cui 
semé o meglio bacca, per sapore e forma consimile al pepe, at- 
tribuivasi, siccome ai fiori ed aile foglie, la virtù di frenare 
Yimpetus in venerem, donde poi il nome datogli anche di piper 
eunuchorum (8). Ma qui non era più il caso di prevenire il pec- 
cato, bensl di curarne gli effetti, e quel frutto, appunto perché 
fornito, al pari dei pepi, di résina e di oiio acre ed etereo poteva 
avère qualche effetto anticatarrale. Maggiore senza dubbio l'azione 
dell'ultima di quelle 8 polveri ; ma essa poteva benissimo ado- 
prarsi, siccome caustica, anche all'infuori délia carie e délie ulceri 
dipendenti dalla lue venerea, aile quali era esclusivamente desi- 
gnata (9). E contro le dogiie e gomme sifilitiche erano altresi 



(1) Cannella, noce moscata, rabarbaro, specie aromatiche (p. 156). 

(2) Pag. 168. Vedi Tav. A n. 14. 

(3) Semé santo: antodj delVArûemisia contra. 

(4) Pag. 170. 

(5) Pag. 211, 203. 

(6) Pag. 349. 

(7) Yitex agnus C2stus délia famiglia délie verbene. 

(3) Serapionis, De simplic. medicam. historia. Venet. 1552, p. 107. 
(9) Pag. 351. 



110 

Yolio di sabina e di legno guajaco, il cerotto viperino e policresto (1). 
A distruggere i restringimenti uretrali , o corne allora dicevasi 
le caruncole e carnosità, venivano inscritti due unguenti con 
sostanze acri e cateretiehe ; un terzo con materie piuttosto 
astringenti era riserbato a medicare la cicatrice (2). E queste 
erano tutte le armi ufficiali contro le diverse forme délie ma- 
lattie veneree : il mercurio non compariva che nell'uso esterno 
e sotto specie di precipitato; nessun decotto di guajaco o di sal- 
sapariglia. Più che la composizione dell' unguento resinoso per 
la tigna, che in sostanza era costrittivo per l'ossido di piombo e 
l'acetato di rame che conteneva, va notato com' esso non ve- 
niva applicato se non dopo che la testa era stata lavata con 
urina pueri non polluti (S). Gli olj fra vecchi e nuovi toccano 
il centinajo, ed il prezioso del Mattioli ne tiene il primo posto: 
4 pagine sono impiegate per descrivere il modo di prepararlo e per 
dire délie sue virtù. Doveva essere un olio secolare nel quale 
infondevansi l'iperico ed assai altre piante aromatiche, e si affo- 
gavano scdrpioni vivi (100 per ogni libbra), per poi aggiungervi 
rabarbaro, mirra, aloe, nardo indico, zafferano, teriaca, mitridato. 
Bastava ungerne ogni tre ore i polsi e la parte del cuore per ottun- 
dere qualsiasi veleno preso per bocca, purchè non corrosivo (4). 

E/antidotario del 1574 non ammise cotesta roba ; e ciô torna a 
Iode dell'Aldovrandi, del quale seguono dalla pag. 499 alla 527 le 
addizioni, di cui sopra dicemmo, e che vennero per segno di mal- 
contento o di dispetto negate dall'Autore alla prima edizione. 
Qualche aggiunta c' è pure nelle Animadversiones et praepa- 
rationes aliquot privatim medicaïnentorum, che precedono (p. 482- 
498) all'anzidetta esposizione di sostituti. Ma tutto questo non 
variava il carattere dell'antidotario, siccome non ne veniva cam- 
biato per Y esclusione di quelle sei preparazioni délia prima 
stampa, le quali potevano benissimo stare con le tante compagne 
rimaste e con le non poche nuove introdotte. 

Nel 1615, vale a dire dopo 9 anni, usciva la 3. a edizione del- 
PAntidotario Bolognese (5), ripeteva essa la seconda con questo 



(1) Pag. 395, 401, 478. 

(2) Pag. 453, 454. 

(3) Pag. 452. 

(4) Pag. 351-355. 

(5) Antidotarium Bononien. Medic. Collegii diligenter emendatum et 
auctum et amplissimo eiusdem Civitatis Senatus dicatum cum privi- 
legio Paulo V. Pont. Max. Bononiae, apud Victorium Benacium, 1615 . 



111 

divario, che in fine del volume inseriva 15 carte non numerate , 
nelle prime nove délie quali erano in due colonne correzioni ed 
aggiunte valevoli per Y una e f altra stampa : susseguiva una 
selectorum quorundam meélicamentorum additio, che comprendeva 
14 nuovi medicamenti, e cioè : 

Miele rosato solutivo con succhi depurati (1) — Pillole cocchie 
con eïléboro — Sciroppo di succo di viole — di galega — esïla- 
rante (2) — di camedrio — di pilosella (3) — di fiori di melogra- 
nato — Unguento di tabacco (4) — Trochischi isterici (5) — di man- 
dorle amare — per la gonorrea (6) — Polvere per il gozzo (7) — 
Acqua pei calcoli renali (8). 

Questa roba di cui oggi sorridiamo, pareva allora prezioso 
acquisto e 1' unguento di tabacco, in cui pure entrava la tre- 
mentina e Y ôlio d* iperico, era tenuto validissimo a medicare 
ulcéra chironia, depascentia, antiqua et mali modi$ i trocisci 
isterici dissipavano i rei vapori che si sollevano nelle donzeile 
e nelle vedove , propter seminis, aut sanguinis menstrui reten- 
tionem et corruptionem , e andavano ad offendere i nervi ed il 
cuore. La virtù dei trocisci ad gonirrhoeam era grande, purchè 
lo scolo non procedesse da morbo gallico, chè allora occorreva 
altra maniera di cura. Del vino contro il gozzo dovevasene pren- 
dere tre oncie ogni di in su Taurora a luna calante, smettendo 
quando quelia cresceva flno al pleniiunio ; e ciô fintanto che il 
tumore scompariva : intérim vivendi convenientem rationem ser- 
vato. E per broncocele intendevano allora omnem gutturis tu- 
morem, ex humore (sive puro 9 sive mixto) nascentem. Cosa poi 



(1) Succhi d' indivia, luppolo, fumaria, borragine, buglossa, oppio. 

(2) Specie di confezione d'alchermes. 

(3) Hieracium pilosella: pianta amara délia tribu délie cicoracee. 

(4) Unguentum de Nicotiana, sive Tabacco, quae dicitur herba regina, 

(5) Asafetida, galbano, mirra, castoro, asaro, sabina, aristolochia, 
ruta, ecc. 

(6) Semé d'agnocasto, di lattuca, rose, balausti, rasura d'avorio, suc- 
cino, coralli, gomma di ginepro, bolo armeno, ecc. 

(7) Pulvis ad bronchocelem , sive gutturis aquosum tumorem ; ma 
piuttosto doveva dirsi vinum, perciocchè la spugna usta, con cenere di 
carta, cannella e coralli rossi in polvere, andava infusa e macerata 
per tre giorni in vino bianco, da beversi poscia con certa regola. 

(8) Fiori di sambuco, semi di ciliegie e di persica, gomma, infusi in 
vino di Creta, che quindi successivamente distillavasi a bagnomaria. 



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dovessero fare la cenere di carta bruciata, i peli dei serai di 
rosa che andavano abbrustoliti con la spugna, e la polvere di 
corallo, sallo Iddio ! 

Di quest' edizione ne furono tirati mille esemplari, ma presto 
furono esauriti, tante erano le domande che ne venivano ai for- 
tunato librajo d'ogni parte d'Italia e fuori ; e perô dopo 26anni 
divenne necessaria una quarta edizione (1); la quale notabiimente 
si scostava dalle precedenti. 

Innanzi tutto l'elenco dei morbi o dei sintomi a'quali convengono 
i diversi rimedj registrati nell'Antidotario (2) non sono più dispo- 
sti in série alfabetica, ma con ordine in qualche guisa razionale 
che riguarda particolarmente la sede, onde che prima vengono le 
malattie locali, incominciando dal capo, poscia le générait: non 
per ciô la ripartizione è rigidamente anatomica, per modo che 
i medicamenti figurino gli uni quali cefalici, gli altri quali pet" 
torali o addominali, bensl non poche forme morbose, le più 
volte sono riferite ai singoli visceri od organi. Laonde se da 
una parte vi sono i rimedj per le malattie degli occhi e délie 
orecchie in génère, vi sono gli altri, per la cefalalgia, la deoolezza 
dei capo e dei cervelle-, le vertigini, la mania e la melancolia, il 
letargo, Yepilessia, Yapoplessia, la paralisi, le convulsioni, il ca~ 
tarro, quantunque tutti cotesti siano morbi o sintomi cerebrali. 
Dai medicamenti per le affesioni délie vie respiratorie, sono di- 
stinti quelli reputati valevoli ai vizj di cuore; cosi gli stoma- 
chici dagli epatici. Vi hanno poi gli antidoti, gli antidropici ' 
gli antclmiritici, gli astringenti, gli anoâini, gli evacuanti y e gli 
antiflogistici, distinti questi secondo la parte in cui risiede Tin- 
liarnmazione, e quelli secondo Y umore che ne manda via. Sud- 
divisi dei pari gli antipiretici giusta la specie délia febbre (3), 
e coi medicamenti buoni ad cutis vitia et foeditates. Staccati 
gli altri tenuti valevoli contro Y élefantiasi ed il cancro. Con 



(1) Antidotarium Bononien. a Medicinae Collegio nuperrime auctum 
et emendatum et amplissimo eiusdem Civitatis Senatui dicatum, Cum 
privilegio Vrbani VIII. Pon. Max. Bononia© apud Haeredem Victorii 
Benacij MDCXXXXI. 8.° 

(2) QuesV Index praesidiorum è compreso in 25 pagine senza nume- 
razione che stanno in principio dei volume, le cui restanti pagine nu- 
merate sono 503. 

<3) Ardente e bilicsa, pituitosa e mista, melancolica, pastilente e 
maligna, ettica. 



113 

posto spéciale i rimedj per i tumori, le contusioni e fratture 
délie ossa , le fente , le uïceri : cosi pure rimanevano fuori dai 
medicamenti per gl'incomodi de* reni, délia vescica e de\Y utero 
gli altri venerem adaugentia o per l'opposto reprimentia. Il ba- 
gaglio di si fatti afrodisiaci non passava per istraforo, ma que- 
sta volta pure con licenza del Penitenziere délia Metropolitana 
e deirinquisitore ; d' altronde non era troppo carico, e lo oom- 
ponevano, oltre il solito olio di formiche, parecchi elettuarj aro- 
matici che pur servivano ad espellere flati ; l'olio délia noce 
iïlndia, cioè délia noce moscata e V altro di sesamo non pure 
impinguavano, ma accrescavano lo sperma. Raggruppavansi per 
1' opposto, e malamente, gli elettuarj ed olj acconci aile emor- 
roidi, con cerotti per contenere le ernie od impedire Y aborto, 
ed unguenti per distruggere i restringimenti uretrali (1). Contro 
il morbo gallico un solo medicamento nuovo (2) o ineglio rinno- 
vato; ma di grande importanza: Yunguento mercuriale che nes- 
sun ricettario ufficiale aveva sinora osato inscrivere. Era esso 
di due gradi, il più mite conteneva il mercurio nella misura di 
circa un quarto, il più forte di un terzo ; nell'uno e nelFaltro il 
métallo entrava già estinto nella sugna e s' accompagnava a 
meta di storace liquida o di trementina (3) ; sempre poi lo 
stesso il modo di usarne, onde che, fatta l' unzione di mat- 
tino e a digiuno davanti a discreto fuoco, l' infermo ravvolto 
in una coltre calda andava